Hello à tous,
Voici la suite, j'espère que vous aimerez :)
Merci à ceux qui me suivent, ceux qui me laissent une review et à la Chouette pour ses corrections, je vous souhaite une bonne lecture !
Sur Ilum, la première lueur de l'aube filtre à travers les étoiles, tel une couronne de feuilles automnale sur la voûte indigo du ciel. Qui-Gon sent la Force vibrer avec impatience, soulageant la douleur qui meurtrit ses genoux depuis qu'il tient le rôle de sentinelle auprès des enfants. Il n'y aura pas besoin de méditation ce matin. Le plafond voûté de glace semble capter et amplifier la mélodie des cristaux, en se concentrant et en capturant l'éclat du matin et les baignant de sa lumière. La Force les caresse dans sa convergence ici, la position de l'enclave Jedi d'Ilum étant plus haute et plus centrale. Pourquoi auraient-ils besoin de méditer, de se concentrer alors que les tours d'Ilum elles-mêmes sont un cristal de focalisation pour la lumière des étoiles ?
Qui-Gon réprime un petit sourire. Le Jedi est le cristal de la Force. L'enseignement n'a jamais aussi bien fusionné en cet instant.
Le cercle des initiés et des padawans endormis forme une étoile à six branches autour des braises du feu. Enveloppés dans leurs couvertures d'un blanc immaculé, les jeunes Jedi forment les rayons d'un flocon de neige, la chaleur du feu embrasant leurs cœurs.
En fait, c'est plutôt un flocon de neige désordonné, mais cela reste toutefois un flocon de neige.
Garen Mulhn est étendu sur le ventre, les bras et les jambes écartés dans ses couvertures en désordre, de la bave menaçant de glisser de sa bouche ouverte. Quinlan Vos est couché sur le côté, frissonnant et marmonnant dans sa barbe, le front plissé alors qu'il erre dans les rêves de son passé. Les membres de Reeft Shinren sont emmêlés dans son duvet. La forme légère de Luminara Unduli repose gracieusement, les mains croisées sur son ventre, qui monte et qui descend au rythme de sa respiration. Huei Tori semble dormir tranquillement, mais Qui-Gon lève un sourcil en remarquant un renflement sous son manteau et qui révèle une main serrée autour du sabre d'entraînement.
Et bien sûr, Obi-Wan Kenobi est recroquevillé comme un chiot akk vulnérable sous les plis sombres du manteau de Qui-Gon, quelques cristaux de glace couvrant sa touffe de cheveux brun-roux. Le maître Jedi fronce les sourcils comme il se penche et brosse les cristaux sur la surface de la cape. Ils allaient devoir travailler sur la surveillance des environs en dormant. Même si la perfection du Padawan Huei Tori l'irrite, Qui-Gon sait qu'un Jedi ne peut jamais rester tranquille sur une mission. Obi-Wan aurait un travail difficile à faire sur sa propre protection au cas où un ennemi-
Qui-Gon se retient tout juste de jeter un juron en Huttish particulièrement spectaculaire quand il réalise où le courant de ses pensées l'emmène. Obi-Wan n'est pas son Padawan. La charge de sa formation n'incombe pas à Qui-Gon, mais plutôt à son futur maître, quel qu'il puisse être. Il y a très peu de chance qu'il revoie à nouveau ce jeune garçon brillant après cette mission, quelqu'un doit avoir remarqué ses compétences prodigieuses au sabre-laser lors du dernier tournoi. Cela devrait être suffisant pour prendre Obi-Wan comme Padawan. Il grimace, cela serait un petit réconfort pour quelqu'un qui ne parle pas.
Toutefois, Qui-Gon ne peut s'empêcher de ressentir une sensation soudaine de vide au creux de son estomac, ainsi qu'un sentiment inexplicable de perte.
Plongé dans son embarras, le Jedi est surpris quand une petite main chaude couvre la sienne. Les yeux bleu-gris sont encore somnolents, puis deviennent un peu confus quand ils remarquent les émotions contradictoires qui traversent le visage du Maître Jedi.
« Bien. Tu es réveillé » réussit à dire Qui-Gon comme il se redresse, les traits de son visage redevenant indéchiffrables avec une vitesse due à des années de pratique. J'ai préparé du thé ainsi que du café. Fini tes ablutions matinales et sers-toi. »
Obi-Wan hoche la tête, mais fronce les sourcils lorsque le grand Jedi glisse sa main sous la sienne plus petite et saisit le tissu épais. Se retournant, Qui-Gon s'éloigne à grandes foulées pour réveiller les autres et revête son manteau, faisant semblant de ne pas remarquer le regard interrogateur d'Obi-Wan sur sa retraite empressée, ou bien la grimace qui traverse le jeune visage causée par les blessures d'hier. La chaleur d'Obi-Wa sature encore le manteau de Qui-Gon, mais il la repousse comme une distraction.
Initiés et Padawan se réveillent tranquillement, leurs récriminations puériles sont éclipsées par des années de formation rigoureuse des maîtres de crèche, ou peut-être davantage par la tâche qui les attend. Aujourd'hui serait un important rite de passage pour chacun d'entre eux le premier d'une série de tests prévus tout au long de leur période de Padawan, les test débutant par le rituel de la lame en passant par la tresse. Même Quinlan, habituellement incorrigible, est légèrement docile.
La conversation est courte et limitée alors qu'ils préparent un petit déjeuner accompagné de rations sèches, Qui-Gon remarque que la tasse d'Obi-Wan est la seule à dégager des arômes de thé qu'il porte à ses lèvres. Le pot de caff est vidé rapidement, par cinq petites mains avides d'en prendre. Obi-Wan semble un peu surpris, mais reconnaissant, quand une grande main lui offre de l'eau en silence pour remplir son thé, et Qui-Gon espère ardemment que le garçon ne réalise pas que c'est dû à un vague sentiment de culpabilité pour l'avoir dérouté quelques instants plus tôt.
Le moment du départ les rattrape aussi brusquement que soudainement. Les ombres les plus petites prennent garde à suivre la plus grande car elles marchent tranquillement dans les couloirs vides. Il n'y a pas de gorgodons dans les alcôves ce matin, ni de panthères ashrals dissimulées dans les recoins sombres. Le temple tout entier retient son souffle en silence, comme si les halls sacrés d'un Ordre passé avait été dérangé depuis des siècles, la poussière, la lumière et la neige fusionnant ensemble. La gravité d'une histoire si riche pèse un temps soit peu sur leurs épaules, leurs pas résonnant avec les cristaux et les afflux de souvenirs qui coulent dans le torrent de la Force. Au bout de ces couloirs venteux, sous des escaliers anciens et voûtés, à travers des jardins cachés aux colonnades couvertes de glace, ils cheminent, jusqu'à ce qu'ils atteignent une caverne béante dont les voûtes cristallines chantent et résonnent en cœur avec eux.
Qui-Gon lève les yeux sur l'entrée de la caverne aux cristaux, se sentant presque insignifiant, en dépit de son âge et de son rang. La terre est étouffée par un long manteau blanc, le silence étant à peine rompu par le crissement de leurs pas.
« Arrétez-vous ici » La voix habituellement grave de Qui-Gon semble atténuée, absorbée d'un côté par l'obscurité et de l'autre par un désert de neige et de glace. Six sac tombent sur le sol tout aussi calmement. Qui-Gon ferme les yeux. Il n'y a jamais de bons mots pour ce moment, seulement des mots nécessaires.
« Ce que à quoi vous allez vous confronter dans cette caverne sera différent pour chacun de vous »commence-t-il, posant son regard sur les visages juvéniles. Déterminés, inquiets, étonnés. « C'est le premier de vos tests, et si vous trouvez le succès, ce sera un pas de plus vers la chevalerie » Comme à chaque fois, les regards des enfants s'illuminent à cela, et Qui-Gon marque une pause, durcissant son cœur pour ce qu'il va dire ensuite. « Mais il est aussi possible que vous ne réussissiez pas » dit-il doucement. Il n'a pas besoin d'élever la voix, chaque regard est rivé sur lui. « C'est peut-être la volonté de la Force. Initié ou Padawan, vous n'êtes pas tous destinés à être un Jedi »
Le regard d'Obi-Wan fixe ses pieds, puis se relève aussitôt, si fugace que Qui-Gon manque presque de le remarquer.
« Mais cela ne constitue pas un échec » continue Qui-Gon, ses mots de plus en plus légers. « Un Jedi ne vit pas uniquement pour servir la République, et servir l'Ordre. » Vaguement, il ne se demande s'il ne va pas trop loin, mais il continue néanmoins. Obi-Wan doit comprendre. « Un Jedi est le cristal de la Force » récite-t-il, son regard de plus en plus flamboyant et son sourire féroce. « Vous servez la Force, d'abord et avant tout. Rappelez-vous ceci, même si vous revenez les mains vides, vous aurez réussi bien plus que d'avoir arraché un cristal de Force à la roche. »
Des réactions mitigées suivent la réaction de Qui-Gon. Huei incline la tête et ne dit rien, mais une lueur perspicace traverse ses yeux. Luminara semble indécise. Obi-Wan, cependant, semble s'élever dans la lumière, son sourire aveuglant, et Qui-Gon croit entendre un rire danser sans son esprit. Est-ce réel ? Imaginé ?
Il met ses doutes de côté et assène un dernier avertissement. « Les traditions interdisent que vous emmeniez une arme avec vous. Vous pouvez porter une veste, des feux de détresse, mais chaque Jedi entrant dans cette caverne s'habille selon ses propres choix »
Six visages graves se posent sur lui, jeunes, mais plus naïfs à présent. Comme s'il n'y avait jamais eu d'enfants Jedi.
Qui-Gon hoche la tête en retour, comme s'il s'inclinait. Un dernier salut pour ceux qui vont s'aventurer loin. La gravité pèse ses mots. « Que la Force soit avec vous »
Huei entre d'abord, enveloppé dans un solide manteau d'hiver, sa lampe frontale semble projeter plus de poussières que de lumière. Luminara suit quelques instants plus tard, laissant une distance respectueuse entre eux, sa tête n'est pas couverte et elle est vêtue simplement d'une tunique et d'un pantalon mince. Quinlan, Garen et Reeft sont engloutis par l'obscurité presque au même moment, leurs petites torches rapidement grignotées par la nuit.
Le regard d'Obi-Wan ne croise pas celui de Qui-Gon alors qu'il se dépouille de son manteau doublé, de ses bottes, et de ses gants épais. Ses affaires rejoignent ensuite la pile qui se trouve aux pieds du Jedi. Quand il se retourne, et il est seulement habillé d'une tunique de lin légère et grossière, et d'un pantalon ample de l'Ordre Jedi. Ses pieds nus rosissent dans la neige.
« N'as-tu pas l'intention de prendre de lampe avec toi ? » Les mots s'échappent des lèvres de Qui-Gon avant même de les avoir formés dans son esprit. La question fait écho à sa préoccupation- même s'il essaye de ne pas la montrer, bien sûr.
Stylo et feuille sont sortis, et une ligne rapide de mots file sur la surface aussi rapidement qu'une toile d'araignée. Les mains d'Obi-Wan sont stables quand il tend la feuille vers lui, la page usée est encore tiède, imprégnée de la chaleur de sa peau, mais Qui-Gon ne manque pas le léger tremblement des doigts du garçon quand il lui laisse le papier.
La Force coule autour d'eux, en les liant, comme Qui-Gon baisse les yeux sur la réponse d'Obi-Wan.
Une barre d'encre horizontal, un citation et une ligne pour le moins désarmante réunit en une seule. « Je porte ma bure afin que j'aie chaud, je porte mon sabre-laser afin que je sois en sécurité et je garde assez de crédits pour mon prochain repas, afin que je n'aie pas faim. Si la Force veut que j'ai plus, elle trouvera un moyen de me le faire savoir- Maitre Jedi Sora Kagoro »
Qui-Gon se met à cligner des yeux alors qu'un élan inattendu de fierté monte dans sa poitrine. « Une citation appropriée, petit » murmure-t-il. Il ne ruine pas l'effort d'Obi-Wan en mentionnant que sur les trois déclarations de Maître Kagaro, les deux dernières ne s'appliquent pas à lui. « En es-tu sûr ? » s'aventure Qui-Gon, sachant très bien qu'il repousse les limites, mais décide de ne pas s'en soucier.
Obi-Wan hoche la tête avec ferveur, un soupçon de sourire flottant sur ses lèvres. Petit.
Qui-Gon veut lui remettre la feuille, mais Obi-Wan secoue doucement la tête, levant les mains pour rabattre les doigts rugueux de Qui-Gon sur la feuille. Les doigts du garçon, à présent froids, y restent plus longtemps que le strict nécessaire, et aucun des deux ne sait vraiment d'où vient ce sentiment de réconfort – avant que le garçon ne se retire, son stylo soigneusement rangé dans ses affaires, et s'incline devant Qui-Gon.
Le Jedi s'incline tout aussi respectueusement, riant devant l'émerveillement évident d'Obi-Wan. Durant un moment, ils se font face, un petit sourire sur le visage, les yeux pétillants et sérieux.
Puis Obi-Wan se retourne et s'enfonce dans les ténèbres, sans se retourner.
Soudain, l'air glacial s'engouffre dans la caverne, et Qui-Gon sort la feuille de sa tunique et laisse les mots du garçon lui réchauffer le cœur. C'est un réconfort dérisoire, mais cela devrait suffire pour la longue attente à venir.
OoOoOoOoO
L'obscurité.
Lorsque l'absence de lumière est aussi complète, paradoxale, les formes éthérées se moulent à la poussière, aux courants d'ombre et aux lignes d'obsidienne, préludes aux cauchemars et aux berceuses enchanteresses, tout est immatériel, changeant, à demi-imaginé et pourtant réel. Le vide sans fin, l'air froid, pas de son, pas de contact, pas de temps. Il n'y a pas de temps ici, car la lumière est emprisonnée. Une nuit sans l'oiseau chanteur, un ciel sans étoiles, une tache d'encre immense dans les profondeurs de l'esprit.
Obi-Wan se cramponne à la Force comme un aveugle à sa canne alors qu'il erre durant une période qui lui semble indéterminable. Il sait que même si le temps ne s'écoule pas, la Force est toujours là, c'est une rivière solitaire qui coule dans un désert immobile. Ses pieds ont depuis longtemps perdu toute sensation, il aurait pu marcher dix kilomètres standards ou bien dix parsecs, bien que le premier soit plus probable. Dans cet état de non-être, il se glisse dans la méditation aussi facilement que l'endormissement. Se centrer sur lui-même alors qu'il n'y a pas de centre ne requiert aucun effort.
La première lueur est si atténuée et si douce qu'Obi-Wan oublie presque de respirer.
A chaque pas, les cristaux semblent revenir à la vie, étincelant dans les murs, les recoins, et les chemins encore inexplorés, libres et sans entraves sur les voies énergiques de la Force, toiles d'araignées dorées qui l'entourent et vibrent sous le pouvoir. Les cristaux brillent doucement dans l'ombre, refoulant l'obscurité, conférant à son corps gelé une nouvelle force. Ce nouveau monde est éclairé de façon à ce que seul les êtres sensibles à la Force peuvent le voir, où la Force est aussi intense que la chaleur sous le soleil de midi.
Obi-Wan arpente un chemin parsemé d'étoiles innombrables, saphir, bleu azur, bleu céruléen, jade et arlequin. Un peu de mauve et de violet ici, d'or là, bleu sarcelle et jasmin plus loin. La couleur écarlate est là aussi, mais elle n'est pas encore contaminée par les Sith, comme un sang pur qui vibrerait avec le cœur de la Force. Les cristaux irisés attirent son regard comme des bijoux, mais ils ne sont pas suffisamment purs à son goût. Celui qu'il cherche est plus profond.
Et puis les lignes énergiques scintillent et prennent une forme corporelle.
Obi-Wan s'incline devant la silhouette aux contours argentés de Qui-Gon, qui lui adresse un sourire, il y a des petits rides aux coins des yeux qu'il n'a encore jamais vu, et des mèches grises parsèment ses cheveux. Est-ce une vision du futur ? Une main incandescente presse l'épaule d'Obi-Wan, touchant une tresse qui n'existe pas. Il y a une telle affection et une telle familiarité dans ces gestes qu'Obi-Wan sent les mots lui brûler la gorge. Mais pour une fois, son incapacité à parler le trahit vraiment, et il ne peut qu'ouvrir et refermer la bouche, et ses yeux brillent sous son impuissance.
Mais Qui-Gon acquiesce avec un regard compréhensif, ses lèvres laissent échapper un petit rire, profond et sonore. « Courage, mon Padawan. C'est une route longue et difficile qui nous attend » Les mots résonnent dans l'esprit d'Obi-Wan et il sait que Qui-Gon ne se réfère pas seulement à son chemin vers le cristal. Et son cœur est encore sous le choc du titre : Padawan !
Qui-Gon s'écarte, saluant gravement. « Et tu devras donner à mon moi plus jeune un sacré coup de pied pour son entêtement » semble-t-il dire. « Vous avez tous les deux encore beaucoup à apprendre. L'un comme l'autre. » Une dernière caresse sur une tresse imaginaire, ses doigts voletant dans l'air.
Puis son maître disparaît, ne laissant que des taches d'obscurité dans sa vision.
Obi-Wan cligne des yeux brusquement humides, et trébuche en avant, saisissant le courage qu'on lui a donné.
OoOoOoOoO
Dans la pénombre de la cour, Qui-Gon se lance dans une série de mouvements et de katas avancés d'Ataru, le bourdonnement de son sabre-laser tournoie en des sphères de lumière éblouissant autour de sa silhouette. Balayant dans une esquive, la lame trace un cercle, interceptant une arme invisible. La Force s'entortille autour de ses pieds et, comme un ressort, il bondit dans les airs, ses cheveux longs et son manteau couverts de neige se soulevant sous son envol.
Il avait maîtrisé ce kata, il y a des décennies, créant une danse redoutable qui coulait sans effort. Aux yeux du maître d'armes Anoon Bondara, c'était un chef-d'œuvre qui nécessitait beaucoup de sang-froid et de détermination, et rien ne devait ne le déconcentrer de cette attaque.
Sauf qu'il y avait cette feuille de papier qui reposait sur son cœur.
C'était une page usée, et c'est la voix d'Obi-Wan. Que Obi-Wan lui ait confié quelque chose de si précieux avait choqué Qui-Gon jusqu'à l'âme. En un seul geste, le garçon avait décimé les boucliers de Qui-Gon les plus tenaces. Ce n'est pas une marque Makashi de déshonneur, comme son ancien maître l'aurait fait, ou un coup désarmant de Vaapad, mais une simple poussée de Shii-Cho qu'il aurait dû voir venir à des années lumières.
Il n'y a pas d'émotion. Il y a la paix.
Et il y a Obi-Wan.
Qui-Gon plonge dans une méditation active, désirant, espérant que la voie de la Force clarifie ses pensées et lui apporte une réponse, et il sait que quand il aura terminé son kata, quand il s'enroulera dans les flux de la Force qu'il jettera comme un coup de fouet vert, le réponse sera ce qu'il avait craint.
Son sabre-laser stoppe brusquement, le bourdonnement lumineux se dissipe dans une dernière taillade alors qu'il s'arrache brusquement à sa méditation. La lame de plasma siffle de nouveau dans sa poignée, et Qui-Gon accroche l'arme à sa ceinture, sa poitrine se gonfle, comme il reprend sa position de départ, les mains le long du corps, le dos droit, les yeux fermés.
La peur. La réponse est là. Il a peur de prendre un autre Padawan.
La voix bougon de Yoda flotte dans son esprit, remontant à ses jeunes années. « La peur mène à la colère, hmm ? Et la colère mène à la souffrance. Face à sa peur, un Jedi doit tenir »
Qui-Gon lutte contre une soudaine envie de rire. J'ai donc été aveugle durant tout ce temps. Il s'immobilise, et il écoute. Et quand il est prêt, il ouvre les yeux et recommence.
OoOoOoOo
Obi-Wan sait qu'il a presque atteint son but lorsque les visions commencent à devenir de plus en plus lumineuses, et de plus en plus troublées. Une silhouette apparaît devant lui, des doigts caressent sa joue. Obi-Wan sait qu'il devrait s'en doute s'inquiéter, mais il se dégage de cette présence un tel rayonnement et une telle chaleur qu'il n'en éprouve pas le besoin. Elle ne parle pas quand il passe, mais les mots atteignent néanmoins son esprit. Tu prendras soin de ce Jedi borné pour moi, n'est-ce pas, très cher ?
Les unes après les autres, les visions sont implacables, laissant Obi-Wan à peine conscient du goût du sang qui perle sur sa langue, de la sécheresse de sa gorge, et des mouvements de sa poitrine de plus inégaux. Les mots défilent les uns après les autres. Ils pourraient rester à cet état latent durant des années. Mais Obi-Wan n'a pas le temps de s'éterniser à ce sujet, toutes ces visions sont incertains après tout.
Alors qu'il bifurque dans un tunnel, une divergence dans la Force, une unique petite silhouette brille avec l'éclat d'une centaine de soleils, embrasée par le feu blanc, une silhouette faite uniquement de la Force elle-même. La vision d'Obi-Wan devient plus précise, il voit des cheveux brun doré, une tunique rugueuse, des yeux bleu ciel. Et il entend une voix, jeune, excité, pleine d'adoration : « Maître ! »
Obi-Wan préfère ne pas s'interroger davantage sur ce que cela signifie. L'idée d'atteindre un jour la chevalerie et de prendre un padawan fait plus de mal que de bien, ce n'est qu'un rêve lointain.
Mais ce qui se cache derrière cette dernière vision est profondément troublante. Un tunnel est entièrement incrusté de cristaux écarlates et acérés, encastrés dans les murs, la Force bouillonne à l'intérieur de façon déséquilibrée. Il y a de l'obscurité qui plane sur ces cristaux, ces étoiles pourpres étouffent des lueurs saphirs et émeraudes. Puis finalement, il distingue tout au loin une lueur d'azur pure.
Obi-Wan s'avance vers un second tunnel, et titube vers l'avant, avançant à l'aveuglette vers l'étoile brillante de lumière pure, les visions menacent de le submerger dans un torrent d'émotions et de sons. Un monde s'ouvre à lui, une vallée grouillante de droïdes et d'hommes en armure blanche et jaune, le nombre 66 clignotant devant ses yeux, puis il a la sensation de tomber, une chaleur terrible et intense le submerge près d'un volcan qui crache du feu et il y a un cri. Après chaque pas trébuchant, des cristaux cramoisis balayent la luminosité bleu et verte devant lui, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus qu'une étoile saphir solitaire dans un ciel couvert de sang. Il entend un cri, il sait que ce cri ne peut pas provenir de lui puis la Force le percute et lui envoie une nouvelle vision, et-
Le cri d'un nouveau-né fait écho à ses oreilles, obsédant, une mélodie joyeuse, rejointe par un deuxième enfant un instant plus tard, et tous deux forment un duo apaisant et plein d'espoir. Le monde écarlate se met à craqueler devant ses yeux, et se brise comme les éclats d'un miroir.
Obi-Wan laisse échapper un cri silencieux alors qu'il ferme les yeux, une cacophonie de bruit résonnant dans ses oreilles.
Le silence.
Avec un sanglot mêlé à une respiration haletante, Obi-Wan se force à ouvrir les yeux, jetant un coup d'œil par-dessus son épaule pour trouver seulement un mur de glace derrière lui. Des lances de lumières passent par une petite ouverture nichée au-dessus de lui, dissipant légèrement l'obscurité. Il est épuisé la sueur perle sur son front, mêlé à des larmes impudiques. Il plonge ses mains dans le sol, et grimace en sentant quelque de dur s'enfoncer dans sa paume.
Osant à peine y croire, Obi-Wan lève son poing fermé devant ses yeux et ouvre lentement ses doigts.
Un cristal azur trône sur sa peau pâle, parfait, simple et mortel à la fois, chantant doucement dans une langue qu'il ne comprend pas, mais qu'il reconnaît de toute façon, comme les berceuses que sa mère lui chantait quand il était bébé, emmailloté dans les cocons de la force. La lumière scintille alors qu'il observe sur la surface inclinée, qui projette un tourbillon de couleurs sur les murs de glace autour de lui. Et quand Obi-Wan se met à rire, dans une respiration sifflante et silencieuse, le cristal rit avec lui, l'accompagnant de beauté et de musique que lui seul peut entendre.
Obi-Wan ne sait pas très bien comment il a pu sortir de ce tunnel mais c'est seulement quand des partielles de jours glissent sur ses mains et ses jambes glacées et que ses pieds marchent sur la neige craquante qu'il réalise qu'il a émergé au grand jour. Le ciel tourne au-dessus de sa tête, sans fin.
Serrant son cristal près de son cœur, Obi-Wan se recroqueville en boule dans la neige fraîchement tombée et laisse la Force glisser à travers lui. Il n'a jamais réalisé combien Ilum est belle.
OoOoOoO
Qui-Gon commence à s'inquiéter. Contrairement aux règles de l'Ordre Jedi, il avait passé ces dernières heures à s'inquiéter pour la sécurité d'Obi-Wan. Les autres étaient rentrés les uns après les autres, sortant de l'entrée principale ou par des cavernes latérales, à demi-congelés, arborant un large sourire victorieux sur les traits de leur visage, se drapant dans leurs manteaux et partageant leurs expériences avec des voix tremblantes et en claquant des dents. Garen en particulier souriait comme un fou même si sa main tremblante menaçant de renverser du caff chaud sur lui.
Et pourtant, Obi-Wan n'est pas rentré.
Qui-Gon longe la falaise près de l'entrée principale, espérant que les motifs délicats forgés dans la glace puissent le distraire. Mais en vain. Ses pensées se focalisent vers Obi-Wan une fois de plus- il devra au garçon des excuses. Un sourire ironique glisse sur son visage. Tahl aurait une fois de plus le plaisir de la victoire.
Un froid soudain dans la Force.
Qui-Gon ressent une pointe d'appréhension avant de sentir un mouvement dans l'air, comme une subtile poussée de Force. Il fronce les sourcils, commence à tourn-
Et un craquement assourdissant retentit dans l'air alors qu'un gros bloc de la falaise se détache, tombant droit vers lui dans un tourbillon de glace et d'éclat.
Il n'a même pas le temps de crier qu'une obscurité étouffante l'entoure. Ses dernières pensées avant de s'évanouir sont pour les enfants.
Et Obi-Wan.
A bientôt pour la suite :)
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé.
Tchousss
