La cinquième année fut celle des BUSE. Elles représentaient le premier « véritable examen ». Emma se mettait la pression comme jamais pour se montrer digne des résultats excellents qu'avaient obtenu ses parents. Chilpéric prétendait ne pas s'en soucier mais il travaillait dur pour conserver son titre de premier. Ariana et Childéric, quant à eux les soutenaient tout en faisant confiance à leurs propres aptitudes.

Chilpéric n'obtint que des Optimals. Emma eut à souffrir de quelques Efforts Exceptionnels. Childéric oscilla entre Effort Exceptionnel et Acceptable avec un Optimal en défense contre les forces du mal. Ariana eut certes des Optimals dans toutes les épreuves écrites et théoriques, elle se défendit asse bien en pratique mais ne parvint pas à dépasser le Désolant en DADA. Elle réussissait les sorts de défense mais autre un Expeliarmus vacillant appris en 1ère année, elle ne maîtrisait aucun sort offensif. Elle s'était d'ailleurs résignée à ne jamais réussir après maints essais mais cela ne la poussait qu'à redoubler ses efforts dans tous les autres pans de la magie qu'elle explorait.

Lors de sa sortie suivant au Pré-au-lard, Ableforth lui offrit discrètement une bierreaubeurre. Dans les quelques lettres qu'ils avaient échangé depuis les résultats, son père ne se lassait pas de la couvrir d'éloges en étalant sa fierté à toutes les lignes. La première lettre qu'elle avait reçu de son père après lui avoir communiqué ses résultats avait été parsemé de taches d'encre dilué qui lui montrait que son père n'avait pas retenu ses larmes.

Ariana savait bien qu'il était excessif et soupirait à présent lorsque sa chouette lui apportait un lourd parchemin signé de son père. Pourtant elle lui répondait toujours avec la même patience et la même affection. Elle était très certainement la plus chère pour lui et son statut actuel d'agent sous couverture ne lui permettait pas vraiment de créer de nouveaux liens. La jeune fille supportait donc sans mal les effusions émotionnelles qui constituaient sûrement l'un de ses seuls exutoires.

Emma, quant à elle, reçut une lettre de ses parents qui griffonnaient quelques congratulations froides. Elle éprouvait donc une joie étrange à pouvoir lire les lettres d'Abelforth. Dès le début ce dernier avait pris l'habitude de signer « Ton père » ou « Papa ». Les « jumeaux », eux, eurent le droit à des félicitations soutenues de leurs parents qui ne privilégiaient pas plus Childéric que Chilpéric. Tous les parchemins étaient noircis de l'écriture fine et lisible de leur mère qui travaillait comme secrétaire au Ministère. Ariana et Emma avait appris à reconnaître le style plus direct des phrases directement dictées par le père des jumeaux. Ce dernier ouvrait souvent les lettres et leur mère se laissait la fin.

Dès que cela avait été le cas, Abelforth su que sa fille n'était plus la seule à lire son courrier. Ariana lui avait tout d'abord parlé d'Emma puis de Chilpéric et Childéric. Sa connaissance des trois intrus ne changea en rien la façon dont il écrivait à sa fille mais quelques fois il laissait en fin de lettre un message qui ne la concernait plus du tout, mais intéressait uniquement l'un des comparses. Ces derniers investissaient alors le parchemin retour d'une note au père eux-même, qu'ils appelaient, avec humour et faute de mieux, « papa » eux aussi.

Les parents d'Emma aussi avaient eu vent des compagnons de leur fille. Chilpéric les intéressait particulièrement et il était le seul dont ils demandaient des nouvelles. Pour ne pas froisser Childéric, elle avait arrêter de parler d'eux. Les parents des « jumeaux » étaient heureux que leurs fils se soient faits des amies. Ils les avaient d'ailleurs invité à venir durant les vacances et n'avaient pas cherché à les connaître plus avant de pouvoir les rencontrer en chair et en os, ce qui avait été chose faite au cours de l'été de la troisième année.

Après leur séjour chez les Abrahams, Ariana dût expliquer pourquoi, malgré sa bonne humeur quasi-constante dans ses missives et son apparente bonne entente avec les membres du groupe, son père ne les invitait jamais chez lui. La Poufsouffle voulait leur dire la vérité mais elle savait pourtant que rien ne serait plus compliqué que d'avouer qu'elle était une Dumbledore. Cela supposait de leur expliquer pourquoi elle avait pris un faux nom (ce qu'ils auraient pu comprendre) mais aussi pourquoi elle avait continué à mentir, qui était son père (avec le lot d'histoires familiales à raconter), ses relations à Albus ainsi que les interactions de son côté, peut-être même remonter jusqu'à l'histoire de sa tante et de Grindelwald.

Tout ça pour finalement mettre son oncle dans l'embarras, blesser son père et laisser à ses amis un sentiment amer de trahison.

Ariana avait donc choisit de se taire, d'inventer une excuse préférant les non-dits aux affirmations mensongères qui lui écorchaient la gorge jusqu'à l'âme. Par bonheur ses amis, sentant un embarras, n'insistèrent pas. Abelforth resta donc « papa » dont on connaissait bien plus que ce que l'on pensait tout en n'en sachant pas l'essentiel.

Malgré cela Ariana ne leur cachait rien. Seul son nom de famille restait dans l'ombre. Elle leur racontait toute son enfance, de ces après-midi passées dans les rues, dans la campagne et dans les forêts autour de chez elle. Ses amis connaissaient tous les noms de ses animaux aussi bien qu'elle connaissait chacun de leurs amis d'enfance, de leurs frères, cousins, parents et grand-parents.

Elle les connaissait mieux que sa mère (ce qui n'avait rien d'étonnant) et parfois il lui semblait qu'elle en savait plus sur Emma, Chilpéric et Childéric que son propre père ou encore son oncle. Mais ensuite elle relativisa, il était plus simple d'obtenir des informations sur ces élèves que sur les deux sorciers mystérieux au passé sombre et à l'avenir brumeux.

Ariana aimait pouvoir se reposer sur ses amis qui, eux, n'avaient pas de cadavres dans leur placard ou de passion étrange pour les caprins. Ils avaient une complexité toute différente de celle des membres de sa famille. Ariana ne recherchait que la simplicité, qui lui était toujours apparut comme un excès, un abus chez elle. Avec eux son calme et sa simplicité ne se mêlaient que trop bien avec le caractère des autres qui tiraient leur sérénité et leur plénitude d'elle.

À vrai dire chacun dans leur groupe apportait et contribuait à l'humeur générale du groupe. Chilpéric était toujours de bonne humeur et sa facilité à apprendre l'aidait à rester toujours souriant. Emma avait hérité de ses parents une obsession pour le travail qui l'aurait consumé si elle s'était retrouvée seule. Childéric, par sa proximité naturelle avec son frère et par son attraction singulière pour Emma, instaurait une intimité et une solidarité qui se propageait chez tous les autres. Et Ariana remplissait ce rôle de légèreté sans lequel ce groupe aurait peut-être eu tendance à se prendre trop au sérieux.

Chacun constituait un moteur dans sa classe en y important les qualités qu'il tenait des autres. Ils avaient des ennemis ou rivaux qui, par jalousie ou simple mécontentement perpétuel, s'opposaient à eux mais s'en retournaient par une contradiction délicieuse à se surpasser eux-même pour leur donner tort. Bon gré, mal gré, l'ambiance générale les poussait tous au progrès.

Ariana se retrouvait légèrement en retard magiquement parlant. Elle certes fait des progrès indéniables mais qui semblaient minimes ace aux avancées des autres. Pourtant elle ne s'en décourageait absolument pas, elle voyait ses progrès pour eux-même, dans ce qu'ils avaient de nouveau, et non pas par le biais de l'évolution d'un sorcier normal.

Elle était bien consciente que le champ magique qu'elle travaillait était infiniment plus vaste que ce que l'enseignement de Poudlard dispensait. En plus de ses cours en classe et de ses cours avec Dustus, chaque après-midi qu'elle passait dans la forêt interdite ou à aider le professeur de soins aux créatures magiques, elle étudiait seule.

Sa passion pour toutes les formes de vie n'avait fait qu'accroître, et l'affinement de ses capacités de détection ne lui servait qu'à se poser de nouvelles questions. Elle connaissait par cœur la Vie et habitat des créatures magiques de Norbert Dragonneau. Elle avait aussi lu plus d'une cinquantaine de fois tous les articles qu'il avait écrit. Ariana se renseignait sur les manuels d'extermination pour essayer d'en tirer des renseignements valables implicitement ou entre les lignes.

Tous les oiseaux de la volière la connaissaient et c'était réciproque. Elle les identifiait un à un et pouvait dire quelle quantité de courrier ils apportaient sans même connaître leurs propriétaires. Il en allait de même avec tous les animaux de compagnie de Poufsouffle et ceux qui avaient l'autorisation de se balader dans les couloirs.

Ses voisines de chambre ne se plaignaient pas lorsqu'elle ramenait toutes sortes de bêtes blessées dans le chambre. Sauf peut-être une fois quand un serpencendre faillit mettre le feu au dortoir. Sinon Ariana s'occupait parfaitement de ses pensionnaires, elle veillait à ce que leur présence ne change rien à l'hygiène du lieu. Les autres filles s'en rendaient compte et l'acceptaient comme cela avec affection.


Lorsque l'été venait Chilpéric et Ariana faisaient en sorte d'être toujours « occupés » à la moindre belle après-midi ensoleillée et chaude. Ce n'était, bien entendu qu'un prétexte pour qu'Emma et Childéric passe du temps ensemble. Ils ne l'auraient jamais admis à voix haute mais ils adoraient cela. Assez paradoxalement ils utilisaient un temps considérable de ces moments pour discuter de l'évolution de la relation d'Ariana et Chilpéric.

En effet ils avaient évidement deviné qu'aucun de leurs amis n'étaient véritablement occupés, pour autant ils n'avaient pas percé à jour leur vraie motivation. Ils s'imaginaient qu'Ariana et Chilpéric s'organisaient des heures en solitaire. Sans qu'ils n'en disent rien, penser que la relation de leurs amis s'étaient déjà tant développée les rendaient un peu jaloux et presque amer.

Ces sentiments si négatifs qu'ils étaient se trouvaient être bien trop légers pour empoisonner que ce soit leur humeur ou leur relation. Ils étaient contents pour leurs amis. Malgré toutes les mauvaises interprétations, ce quiproquo ne nuisit en rien au plan initial des deux comparses.

Childéric et Emma se rapprochaient et profitaient de ces moments passés ensemble. Leur croyance que la relation de leurs amis avait évolué si rapidement aida Emma à se rapprocher physiquement un peu plus que sa zone de confort ne lui permettrait.

Bien que Emma et Childéric avait tout faux sur la motivation des deux autres, ces derniers passaient aussi beaucoup de temps ensemble, occupés globalement à travailler, à explorer plus loin la forêt interdite avec Kwëlane, à plonger, ou à faire des choses qui demandaient une patience qu'eux seuls possédaient.

C'est à cette période que leur amitié s'approfondit et se cimenta au point qu'Ariana était presque devenu une sœur pour Chilpéric. Ils se comprenaient sans dire un mot et savait se coordonner parfaitement dans leurs mouvements, leurs paroles ou leurs magies. Ce qui ne contribuait qu'à faussement pérenniser l'idée qui était née dans l'esprit de leurs deux autres.


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