Hello et merci pour vos reviews :)

Voici un nouveau chapitre du "Chant du silence".Vous allez voir le conseil comme vous ne l'avez encore jamais vu XD

Rien ne m'appartient comme d'habitude, tout est à George Lucas et à Eirian Erisdar.

Bonne lecture !


Il est très rare que le Conseil Jedi commence sa mâtiné en étant d'aussi bonne humeur. En effet, Yoda converse tranquillement avec Maître Yaddle alors que la lueur matinale raccourcit leurs ombres déjà petites, leurs rires ressemblent moins à des grognements aujourd'hui et plus à des ricanements satisfaits. Et même si on pouvait s'y attendre de la part de Yoda, Plo Koon et Saesee Tiin rient également et discutent, le cœur léger sur leur droite, rejoints de temps à autre par le rire fracassant de Piell. Les douze chaises aux coussins rouges sont remplies l'une après l'autre, leurs occupants se saluant chaleureusement.

Mace Windu se cale confortablement dans son siège, la personnification parfaite du Code Jedi, du pouvoir tempéré et de l'élégance comme son regard pénétrant se baisse sur ses doigts soigneusement croisés. Les autres peuvent voir son manque de participation aux discussions comme une tentative pour conserver l'image du chef stoïque du Conseil Jedi mais en réalité, il fixe la fleur gravée sur le marbre uniquement pour empêcher un sourire féroce d'éclore sur ses lèvres. Il ne réussit pas complètement.

Par la Force. Il est un maître Jedi, le second après le Grand Maître Yoda, et l'hilarité enfantine qui bouillonne en lui est indigne, même du plus jeune des padawan. Déjà, ses lèvres se courbent de façon incontrôlables, en prévision de la jouissance pure que cette première réunion va apporter. Oh, il avait attendu ce moment durant des années- que Qui-Gon se débarrasse de son manteau chargé d'amertume et de culpabilité et qu'il serve l'ordre avec le même entrain qu'autrefois. Malgré son visage impassible, Mace Windu est heureux pour son vieil ami.

Et il serait donc amusant de prouver qu'il avait raison après des mois de discussions dans cette pièce. Quand Qui-Gon se rendra au Conseil, Mace pourra ainsi faire le maître généreux, compréhensif tout en lançant un regard significatif, je te l'avais dit ! à ce vieux démon.

S'il était un riche politicien, au lieu d'un Maître Jedi, Mace serait probablement en train de se frotter les mains, caquetant avec une joie sans retenue. Dommage. Il devra se contenter de l'équivalent Jedi- frire ce vieux démon ignorant avec des mots, puis le rôtir dans le dojo de haut niveau plus tard.

« Contrôle-toi, Maître Windu » glousse Yoda comme il bondit vers son siège.

« Bien sûr, mon maître » répond aisément Mace. « Première requête à l'ordre du jour ? » demande-t-il à l'ensemble du Conseil.

Adi Gallia tourne ses yeux bruns perspicaces vers lui, et prononce simplement, « Jinn »

« Bien, finissons-en avec ce désagrément » soupire Mace avec lassitude, en espérant que ses émotions ne sont pas trop évidentes sur son regard qu'il s'efforce de rester impassible.

Le membre le plus récemment promu de l'Ordre le fixe froidement en retour, balançant sa tête rehaussée d'une coiffure Tholoth.

Il détourne son regard et le braque sur les doubles portes dorées. Muahahahaha. Le Vapaad avait ses avantages. Il pourrait savourer la défaite de son adversaire, comme la Lumière se rit de lui. Mace cache son sourire derrière une main contemplative, en attendant que ses victimes entrent dans leur tanière.

OoOoOoOoO

Obi-Wan lève un regard curieux vers Qui-Gon alors qu'ils sortent des ascenseurs et se dirigent vers la flèche centrale du Temple Jedi. La marche dans l'aile des Guérisseurs avait pris plus de temps que prévu, à cause des pieds à moitié cicatrisés d'Obi-Wan. Heureusement, le grand Jedi l'avait soutenu quand il avait catégoriquement refusé le fauteuil surélevé qu'un droïde avait amené devant lui. Cependant, maintenant, la douleur sous ses pieds était suffisante pour le faire douter de sa décision.

Obi-Wan se secoue pour revenir de nouveau au présent. Qui-Gon est en train de dire quelque chose. « Obi-Wan, tu n'as pas besoin de participer à cette réunion du Conseil, à moins de le demander directement » déclare Qui-Gon sans détours, ses yeux intenses se fixant sur les portes en Duracier des ascenseurs. « Je vais faire face à ce...désagrément, moi-même »

Une question dérive à la surface des pensées d'Obi-Wan, et il l'efface rapidement avant qu'elle ait pu passer à travers leur lien. Néanmoins, le menton de Qui-Gon se baisse vers lui. L'amusement émane de sa présence de Force comme la lumière chaleureuse d'une ampoule.

« Le Conseil mérite le respect » dit finalement Qui-Gon. « Je n'ai pas besoin d'offrir plus que ça »

Obi-Wan acquiesce en hochant la tête comme une voix informatisée annonce leur arrivée au sommet de la flèche. Les portes s'ouvrent en coulissant et Obi-Wan s'arrête à mi-chemin devant la vue qui se révèle dans le hall d'attente. Il en reste bouche bée.

L'ensemble de Coruscant semble se déployer doucement en un arc bombé, les silhouettes minuscules des aéroglisseurs éparpillés sur les niveaux comme des insectes sur de l'eau argentée, la lueur de l'aube parcourant la surface de ses rayons d'or. Et comme l'océan qui miroite, la ville-planète semble sans fond, niveau après niveau elle descend, des gorges profondes accrochées aux tours obsidiennes, éthérées dans leur beauté et dures dans leurs extrémités irrégulières. Les vaisseaux interstellaires plus larges ralentissent la circulation aérienne, les ombres des croiseurs Naboo prenant de l'ampleur sous la lueur de Coruscant Prime. Non loin de là, les formes épurées des vaisseaux sénatoriales se rassemblent autour de la coupole du Sénat comme des bancs de poissons Skek. Cette image juste frappe Obi-Wan, les poissons Skek sont aveugles et chassent en groupe sans relâche, comme les politiciens.

Et une main chaude se pose sur l'épaule d'Obi-Wan, et un doigt sous son menton ferme sa mâchoire à demi-ouverte. « Concentre-toi, jeune homme » murmure Qui-Gon en souriant. Les mêmes mots qu'il a prononcé à la crèche il y a quelques jours à peine.

Tous deux arpentent le sol en duracier menant aux lourdes portes du Conseil, Qui-Gon ayant tout l'air d'un Aiwha conduisant son petit dans leur premier vol à travers l'océan infini de Coruscant.

OoOoOoO

Au moment où sa botte entre en contact avec le sol de la salle du Conseil, Qui-Gon sait que la bataille a déjà été décidée. La Force est inondée d'humour, les douze signatures de Force qui composent le conseil scintillent avec émotion. Il est à moitié aveuglé par la lumière qui rayonne à travers les grandes fenêtres. Ils froncent les sourcils. Qu'est-ce qu'ils mijotent ?

Mais tout deux peuvent également jouer à ce jeu, de sorte que Qui-Gon s'incline profondément jusqu'à la taille, sentant Obi-Wan lui emboîter le pas. Ensuite, ils attendent que le Conseil prenne la parole.

Mace Windu est le premier à briser le silence. Évidemment. « Qu'est-ce qui vous amène devant le Conseil aujourd'hui, Maître Jinn ? » demande-t-il innocemment. L'effet est quelque peu gâché par la lueur de victoire dansant dans ses yeux, et la façon dont ils regardent le menton rasé de Qui-Gon avec amusement.

Qui-Gon reconnaît ce premier coup avec une inclinaison de la tête. Mace, tu es un Gundark manipulateur. Donc, tu veux que je te dise ce que tu sais déjà. Il se tient fermement sur sa position et déclare formellement. « Je viens devant le Conseil pour vous informer, maîtres, que je souhaite prendre Obi-Wan Kenobi comme mon padawan » Il foulait une ligne stricte de l'Ordre, en informant, sans demander.

Mais Maître Windu empoigne la ligne aussi facilement que le geste qui accompagne sa réponse. « Le Conseil examinera votre demande, Maître Jinn. Mais avant cela, je pense qu'il reste quelques réponses que vous nous devez. »

Un court silence. « Et qui sont ? » réplique Qui-Gon, les joues endolories à force de se retenir de ne pas grogner.

« Pourriez-vous nous expliquer votre revirement soudain alors que nous vous avions suggérer de prendre un autre padawan ? »

La présence de Force s'embrase de colère un moment, puis elle s'apaise instantanément un instant plus tard. Quand il parle, il est l'image même du calme absolu. « La Force m'a ordonné de le faire. Et la Force, comme nous le savons tous, offre toujours de sage conseil. Contrairement à une autre source d'autorité, un certain petit troll vert.

La Force crépite de réprimande. Yoda fronce les sourcils, son bâton de Gimer entre en contact avec le côté de sa chaise avec un bruit sec. Apparemment, il a senti les paroles silencieuses de Qui-Gon, et son mécontentement remplit l'air avec des étincelles d'énergie. « Tester le Conseil, il ne faut pas, Maître Jinn »

Obi-Wan se tortille légèrement derrière Qui-Gon.

Un ton d'excuse. « Oui, mon maître » Insupportable petit troll vert.

Mais la réponse de Qui-Gon est insuffisante pour apaiser Yoda. Les grands yeux émeraude du Grand Maître brillent d'irritation. « La Force, tu as dit que c'était, n'est-ce pas ? » grogne-t-il, son front se plissant davantage.

Qui-Gon hoche la tête. « Oui, je l'ai dit. Voyez-vous... »

« Voir, nous avons pu. Voir, tu n'as pas » rétorque Maître Yoda, levant son bâton pour le pointer, accusateur vers Qui-Gon, qui le regarde avec les mêmes yeux pénétrants. Ses prochains mots sont plus doux, plus douloureux. « Aveugle, tu as été »

Qui-Gon ouvre la bouche pour répondre, mais aucun mot ne vient. Ne l'avait-il pas admis lui-même ? Il serre les mâchoires, bouillonnant.

« Voir une grande souffrance en toi, le Conseil a » continue Yoda, sa voix moins rude, mais non moins réprobatrice. « Et recommander de prendre un padawan, il t'a. Et la volonté de la Force, c'était » souligne-t-il, ne donnant aucune chance à Qui-Gon de répondre. « Seulement défier le Conseil, tu n'as pas. Tu as défié la Force elle-même »

Le Conseil trésaille, murmurant. Mace Windu s'agite sur son siège. Il ne jouit pas de cette situation autant qu'il le pensait.

Qui-Gon reste silencieux durant de longues minutes, la tête baissée, la Force roulant autour de lui, retenue par des murs de pure volonté. Puis un souffle s'échappe de ses lèvres, et il rencontre le regard de Yoda. « Je demande pardon au Conseil » Les mots sont lourds comme ils tombent sur lui, mais à chaque respiration, il semble se redresser un peu plus, un fardeau invisible soulageant ses épaules. « Je l'ai réalisé moi-même sur Ilum » Son regard dérive vers Obi-Wan, dont les yeux sont écarquillés alors qu'ils se tournent vers lui, comprenant enfin. « Oui. Je craignais de prendre un autre padawan. Je craignais l'échec, et je n'avais confiance ni en moi, ni au Conseil » s'incline Qui-Gon, fermant les yeux. « Pour cela, je vous dois des excuses, mes maîtres. Il me reste beaucoup à apprendre »

Tout au long de la confession, Obi-Wan cligne des yeux face à Qui-Gon,, sa bouche légèrement ouverte, plein de surprise émerveillée. Son expression se transforme en horreur mortifiée, quand sur un geste de Yoda, Qui-Gon pivote doucement pour s'incliner devant Obi-Wan. Ce n'est pas le plus profond des saluts, mais la simple idée que ce soit un maître, son maître, s'incline devant lui, est inconcevable.

« Je te dois aussi des excuses, Obi-Wan » dit clairement Qui-Gon. Il n'y a pas de plaisanterie dans ses mouvements ou dans ses paroles. « J'ai agi en- »

Obi-Wan se penche et touche la manche de Qui-Gon, en secouant la tête pour montrer sa compréhension. Comme le maître Jedi se redresse, Obi-Wan s'incline en retour, se courbant bien plus profondément que Qui-Gon.

Puis il se tourne vers le Conseil, ses joues rougeoyantes pratiquement cramoisies à la lumière du matin. Qui-Gon lui jette un œil, puis son regard dérive vers Yoda.

Un léger sourire traverse les traits plissés de Yoda comme il observe cet échange. « Hmm » marmonne-t-il, bougon. « Résolu, c'est. A parler de cela nous n'avons plus »

Deux têtes s'inclinent vers le vieux maître.

Mace Windu se penche en avant, un sourire menaçant de briser son masque inefficace. « Maintenant que c'est résolu, nous pouvons aborder la question de l'Initié Kenobi.

« Accepté Maître Jinn comme ton maître, tu as, Obi-Wan Kenobi ? » Maître Yoda fait irruption dans le monologue de Mace avec toute la subtilité d'un bantha. Tout un exploit pour un être si physiquement petit. Maître Windu se tire vers le haut, cligne des yeux une fois, et acquiesce.

Obi-Wan hoche la tête avec enthousiasme. Il aurait plutôt opté pour le calme plutôt que pour l'empressement, mais il commence à comprendre pourquoi Maître Jinn déteste tellement les réunions du Conseil. Il pensait que cela se terminerait beaucoup plus rapidement. Qui-Gon le regarde ouvertement, la confusion voletant sur son visage imberbe. Où est ce jeune garçon cultivé, qu'il a rencontré à la crèche ?

« Bien, bien, je pense en avoir entendu assez » lance la voix râpeuse de Maître Even Piell, adressant son sourire terrifiant et marqué à Obi-Wan. Celui-ci sourit avec hésitation, ne sachant comment répondre au petit Jedi redoutable.

« Oui, vu assez, nous en avons » lance la voix noueuse de Yoda. « Approuvé ce lien, le Conseil a. Partez tous les deux. »

« Merci, Conseillers » murmure Qui-Gon, tentant de ne pas paraître surpris. Puis maître et padawan s'inclinent devant le Conseil Jedi.

Et ils prennent congé avec précipitation, le Conseil faisant semblant de ne pas le remarquer. Un Jedi sait quand se retirer.

Alors que les portes se ferment, Mace Windu n'est pas le seul membre du Conseil a laissé échapper sa joie. La Chambre du Conseil résonne des rires des douze représentants du plus haut rang de l'Ordre Jedi, celui de Maître Yoda est parmi les plus forts.

OoOoOoOo

Obi-Wan a du mal à réaliser qu'il est un padawan. Le padawan de Qui-Gon. C'est dans un état second qu'il marche derrière la cape gonflée de son maître, les salles familières du Temple étrangement floues à travers l'humidité soudaine de ses yeux. Il ne va pas être expédié vers l'agri-corp. Il n'aura plus à s'asseoir hébété dans la crèche, lui, l'aîné des enfants, comptant les jours jusqu'à son treizième anniversaire avec une certaine appréhension et de honte dans son cœur. Et grâce à Qui-Gon, il y a enfin une personne avec laquelle Obi-Wan pourra parler avec des images et des émotions, sans avoir besoin de stylo et de papier.

Et une pensée éclot dans sa poitrine comme un mur massif d'euphorie, le laissant à bout de souffle et plein d'allégresse. Je vais être un Jedi. De longues années de formation l'attendent encore, mais son savenir est moins assombri. La douleur dans son pied est pire que jamais- et pourtant son sourire pourrait fendre le ciel.

Qui-Gon regarde son apprenti de plus en plus entêté du coin de l'œil, et se dirige vers un banc en pierre dans une alcôve. Hésitant, Obi-Wan le suit, incertain quand aux intentions de son maître.

Avec la soutient du marbre doux et lisse en dessous d'eux et du mur chaud contre leur dos, Qui-Gon sort une petit récipient de sa robe et fait signe à Obi-Wan d'enlever ses bottes. Obi-Wan obéit, un peu confus, mais il stoppe son geste quand il comprend ce qu'il va se passer. Il secoue vigoureusement la tête, agitant une main sur le récipient métallique que Qui-Gon ouvre soigneusement.

« Padawan » Le ton de Qui-Gon ne souffre d'aucune discussion. « Tes pieds doivent guérir complètement. La douleur te distrait du présent. Ton allégresse te distrait suffisamment, donc il vaut mieux enlever la deux source de distraction »

Rouge d'embarras à présent, Obi-Wan ôte ses chaussettes et tortille ses orteils, tout en tressaillant. Des lignes rouge-vif recouvrent la plante de ses pieds.

« En voilà la preuve » dit Qui-Gon avec lassitude, mais non sans un clin d'œil. « Baume de racine de saule » répond-t-il à la question muette d'Obi-Wan. Le couvercle s'ouvre, révélant une pâte à l'odeur forte. « Tu n'es pas le premier apprenti avec qui j'ai eu à travailler » murmure Qui-Gon avec un sourire. « J'ai pris des précautions en demandant ça à Maître Avarin avant notre départ de l'aile des Guérisseurs »

Les doigts du maître Jedi sont étonnamment doux comme ils lissent le baume sur la plante des pieds d'Obi-Wan. La tête aux épis d'or-roux s'agite tandis qu'Obi-Wan glousse silencieusement. Ça chatouille. Qui-Gon note, pour la première fois, qu'il ne voit le sabre d'Obi-Wan nulle part. Le garçon doit l'avoir caché dans ses tuniques, voulant paraître soumis devant le Conseil. Obi-Wan l'a surpris une nouvelle fois avec sa capacité à anticiper.

Alors que Qui-Gon continue de mettre du baume, il bifurque sur un sujet différent. Seul son masque de contrôle empêche sa curiosité brûlante de jaillir. Cela fait un certain temps qu'il voulait avoir cette conversation avec le garçon. « Obi-Wan, quelle est ton opinion sur l'abandon de la négociation en faveur d'une approche plus directe du conflit ? »

Obi-Wan sursaute légèrement, un peu surpris par la brusquerie de la question. Ses yeux bleu-gris perspicaces se plissent. Il se mime en train d'écrire quelque chose, puis pointe un doigt accusateur vers les yeux de Qui-Gon. Il montre une feuille imaginaire sur ses genoux.

« Oui, mon très jeune apprenti, je lis tes devoirs » Qui-Gon esquisse un sourire face aux émotions confuses suintant à travers leur lien. L'appréhension est au premier plan. Obi-Wan est inquiet au sujet de la qualité de son travail. Qui-Gon se dit que la qualité devrait être le moindre des soucis d'Obi-Wan. « Je suis très intéressé par ton argumention contre l'agressivité d'un maître Jedi qui est monté à bord d'un vaisseau pirate lors du blocus Mandalorien, il y a quatorze ans » Dès qu'il eut fini d'étaler la pommade médicinale sur le pied gauche d'Obi-Wan, il passe à l'autre sans préambule. « Ai-je des raisons de penser que ton opinion reste inchangée ? »

Obi-Wan hoche lentement la tête. Qui-Gon peut presque sentir les rouages se mettre en marche dans sa tête comme il essaie de réfléchir au sens de cette leçon.

« Donc, tu crois toujours que l'usage de la force puisse être dangereux » Qui-Gon lève les yeux pour rencontrer le regard curieux d'Obi-Wan. « Et si je te disais que les pirates ont voulu mettre le feu à la capitale de la Nouvelle Mandalore après que leurs conditions aient été respectées ? »

Les yeux d'Obi-Wan s'agrandirent davantage, si c'est encore possible. Qui-Gon regarde son apprenti cligner des yeux, absorbant ce nouvel élément, puis le montrer du doigt, sa bouche ouverte dans le déni.

« Oui, Obi-Wan » répond Qui-Gon d'un ton léger. « Je suis le maître Jedi en question » En voyant le visage de son padawan se muer en une expression de stupéfaction horrifiée, Qui-Gon réprime un petit rire. « Je ne vais pas te reprocher d'avoir argumenté ton opinion, Obi-Wan » Un sourire malicieux « Je vais seulement t'encourager à changer cela »

Obi-Wan paraît presque suffoqué, complètement désarmé avant même qu'il sache que le duel verbal avait commencé.

« Ferme donc cette bouche » murmure son maître. « C'est peu flatteur » Obi-Wan serre la bouche et replie les mains dans ses manches, redressant le dos comme il adopte l'image parfaite de l'élève modèle. Un sourire amusé rehausse les traits de Qui-Gon « Maintenant » dit-il avec désinvolture «Veux-tu, essayer encore une fois de repenser ta position sur ce sujet si je te disais que, suite à l'intention des pirates de détruire la capitale, ils ont tenu en otage un homme politique de haut rang et sa famille sur leur vaisseau ? »

Pas de réponse. Obi-Wan semble figé.

« La famille en question avait un très jeune enfant avec eux » poursuit Qui-Gon, réduisant le déni d'Obi-Wan en éclat avec la subtilité d'un pistolet à plasma. « Ce bébé de deux mois, Satine Kryze, aurait sans doute rejoint la Force à un âge précoce si je n'étais pas intervenu »

Les mains d'Obi-Wan se crispent légèrement dans ses manches volumineuses. Il incline la tête une fois à son maître. Il semble contrit et désolé. Qui-Gon marque une pause un moment avant d'envoyer une vague de consentement à son apprenti. Obi-Wan hoche son remerciement, ses joues brûlants de honte.

« Ne sois pas trop affecté par cette révélation, Padawan » soupire Qui-Gon. Le rapport d'Archive était tout simplement une version simplifiée des événements réels, et il manque certains points. Le rapport complet était destiné uniquement au Conseil. Maître Yaddle a décidé que la modification enseignerait la retenue aux initiés plus jeunes qui l'ont lu » Un soupir. « La concentration détermine la réalité. Tu ne pouvais pas te concentrer sur le problème de la même façon que moi, parce que tu n'y étais pas. La réalité est très différente de l'histoire »

Le couvercle contenant le baume aux racines de saule est solidement fermé, puis rangé dans les robes de Qui-Gon, comme la conversation s'écoule entre eux. « Ne parlons plus de ça » dit-il doucement. « La leçon a été apprise, n'est-ce pas ? »

Son padawan hoche la tête, détournant son regard. La main chaude de Qui-Gon secoue son épaule doucement. « Ne rumine pas ça, petit »

Obi-Wan se retourne vers son maître dans un revirement spectaculaire, un sourire dansant sur ses traits infantiles. Un doigt se pointe sur la poitrine de Qui-Gon à nouveau. Vous non plus.

Qui-Gon n'est pas vraiment affecté. « Je me réserve le droit de faire ce que je veux. Je n'ai pas loin d'avoir quatre décennies de plus que toi »

Ils reprennent leur lente progression vers la crèche, la main de Qui-Gon restant sur l'épaule de son padawan. Leur première leçon est terminée, mais Obi-Wan n'était pas le seul à avoir appris quelque chose.

OoOoOoOo

La boite d'Obi-Wan contenant ses biens matériels est raisonnablement petite pour un initié de l'Ordre, suivant le Code Jedi contre le matérialisme. Quelque chose le fait sursauter légèrement quand il aperçoit la collection d'objets et de maquettes de vaisseaux qui aurait davantage sa place dans un dépôt d'ordure. Mais la façon dont Obi-Wan serre la boîte contre sa poitrine révèle son importance pour lui.

« Par ici » indique Qui-Gon, montrant du doigt un couloir résidentiel au niveau dix. Le sol est incrusté de pierres brunes, chaleureuses et accueillantes. Qui-Gon avance de quelques pas, remarque alors que son apprenti est à la traîne. Un coup d'œil par-dessus son épaule lui montre Obi-Wan en train de grimacer comme il chemine sur le sol, n'osant pas appuyer sur ses pieds meurtris.

Qui-Gon hésite un moment, analysant les avantages et les inconvénients de ses prochaines actions, et décide de prendre le risque. La bouche d'Obi-Wan s'ouvre dans un glapissement muet quand la main de son maître l'attrape par le dos de sa ceinture, le soulève et le soulage de sa boîte. Qui-Gon installe les biens d'Obi-Wan confortablement sur une épaule, puis marche dans le couloir avec ses nouvelles charges.

Les bras et les jambes d'Obi-Wan se débattent un moment, puis se balancent doucement sous le rythme des pas de son maître. Il est tout à fait heureux que sa tête soit suspendue à l'envers et que le sang descende vers son visage, car cela lui donne une bonne excuse pour le rougissement de ses joues. Sa fierté en prend un sacré coup, à être suspendu de cette façon, comme un oisillon, ses bras et ses jambes pendant inutilement vers le sol à motifs.

Un éclat de rire retentit de l'autre côté du couloir et Obi-Wan tourne la tête avec difficulté pour apercevoir les silhouettes inversées de Siri Tachi et Bant Eerin. Les deux initiés font tout leur possible pour conserver leur sang-froid, peine perdue, leurs épaules tressautent alors qu'elles s'inclinent face à Qui-Gon.

Qui-Gon incline sa tête en retour, les membres d'Obi-Wan se balançant à nouveau, faisant rire les filles de plus bel. Obi-Wan sent sa réputation s'envoler, et espère disparaitre le plus vite possible . Abandonné par la Force. Quelle humiliation. Il ne pourra plus jamais regarder Siri dans les yeux.

Son maître semble apprécier le désarroi de son padawan, peut-être même un peu trop. « L'orgueil n'est pas la voie du Jedi, Obi-Wan » dit-il doucement.

Obi-Wan regarde ses deux amies disparaître au détour d'un coin, leurs rires résonnant dans l'air, jusque dans la Force, et accepte son sort inévitable d'être le nouveau padawan du Maître Qui-Gon Jinn.

OoOoOoO

Qui-Gon ouvre la porte de ses quartiers- de leurs quartiers- avec une utilisation très frivole de la Force, mais avec ses deux mains occupées, c'est vraiment le choix le plus judicieux. Les membres d'Obi-Wan tournent comme Qui-Gon place la boite sur une chaise, balançant son apprenti en même temps. La chambre tourbillonne dans une sphère vertigineuse lorsque son maître le pose sur ses pieds.

Quand sa vue a cessé de tourner, Obi-Wan balaye les environs. Il ne savait pas à quoi s'attendre, étant donné que ce n'est pas le plus traditionnel des Jedi. Donc, il ne s'est pas préparé à voir un appartement de ce genre. Deux petits canapés, de la couleur de la terre, se font face sur un côté de la pièce, séparés par une simple table basse en pierre grise. Un cercle de cailloux blancs entoure un cactus marine en pot au centre de la table. Des coussins jumeaux de méditation reposent comme des lunes de crème sur l'un des côtés des canapés. Un grand tapis en laine Gabal recouvre le sol, ses couleurs irisées chatoyant sous la lumière de midi qui afflue par de larges fenêtres, lesquelles donnent sur un petit balcon baigné de lumière. Les tours argentées de Coruscant disparaissent à l'horizon, au delà de la balustrade polie. Obi-Wan se tourne vers sa droite pour trouver une table plus grande en bois Felucian, les lignes dessinant des courbes et des motifs, conférant à la surface un éclat naturel. Le petit comptoir de la cuisine derrière la table est bien approvisionné avec des boites de thé étiquetées à la main, le métal brillant s'harmonisant parfaitement avec la pierre peinte en bleu. Plusieurs objets inconnus bordent le mur à l'arrière du comptoir, des objets certainement de grande valeur aux yeux de Qui-Gon.

La chaleur global de la pièce est apaisante et réconfortante. Cela ne ressemble pas au logement d'un Jedi. C'est comme une maison.

Qui-Gon ne commente pas, arquant simplement un sourcil en voyant la lueur dans les yeux d'Obi-Wan comme il arpente l'appartement.

« Ta chambre est la plus petite au bout du couloir » déclare-t-il doucement, chauffant de l'eau pour faire le thé.

Obi-Wan serre sa boite contre sa poitrine et gambade avec impatience jusque devant la porte de la chambre de Qui-Gon- il jette furtivement un coup d'œil pour la trouver simple et pratique- passe devant le petit coin toilette situé entre la chambre de son maître et la sienne, et entre dans sa nouvelle chambre avec révérence.

Hmm. Des murs vierges, presque gris, un bureau en duracier avec une lampe standard. Obi-Wan sourit, place la boite sur son bureau, et apporte quelques modifications à sa chambre.

Qui-Gon a déjà mis la table pour le déjeuner lorsque son padawan sort de sa tanière, rayonnant. « Lave tes mains » dit Qui-Gon, sans lever les yeux de l'évier. Les pas d'Obi-Wan trottinent jusqu'aux toilettes et reviennent tout aussi rapidement.

A la gratification éternelle de Qui-Gon, Obi-Wan ne racle pas sa chaise sur le sol en s'installant sur son siège, il ne faut qu'un geste de son maître pour qu'il se jette sur sa nourriture, affamé. Qui-Gon regarde son apprenti avec un sourire ironique. Il avait oublié les puits sans fond que sont les estomacs des jeunes garçons.

« Bois ton thé, Obi-Wan, avant de t'étouffer » Qui-Gon secoue légèrement la tête. L'initié réservé qu'il avait vu lors du vol vers Ilum s'est envolé. Obi-Wan semble avoir mis sa confiance désinvolte dans son maître. Pour une raison quelconque, Qui-Gon se sent bien plus léger qu'il l'a été il y a longtemps.

Mais la façon dont Obi-Wan se goinfre est légèrement perturbante.

Toutefois, Qui-Gon est satisfait de voir qu'Obi-Wan nettoie automatiquement la table quand ils ont fini. Dans l'expérience antérieure de Qui-Gon, les padawans ont l'obligation regrettable d'être formé aux tâches de la maison, mais Obi-Wan est apparemment l'exception.

Une main sur l'épaule d'Obi-Wan l'arrête dans son mouvement. « Viens » déclare tranquillement Qui-Gon. Il emmène son padawan et lui indique de se mettre à genoux sur l'un des coussins de méditation, faisant la même chose en face de lui. Obi-Wan s'assoit sur ses talons, suivant attentivement les gestes de Qui-Gon.

« Sort ton sabre-laser »

Le garçon tressaille, une couleur pourpre s'étalant sur ses joues. Qui-Gon fronce les sourcils, ne comprenant pas, mais quand son padawan sort son sabre-laser dissimulé sous les plis de sa tunique, Qui-Gon sourit. Il est quelque peu flatté.

Obi-Wan a dû passé les quelques précieuses heures entre leur discussion dans la cuisine et l'atterrissage sur Ilum pour apporter quelques modifications à son sabre dans la petite station de travail du vaisseau. Le métal incurvé et la capsule de son nouveau sabre font échos à la conception de l'arme de Qui-Gon, comme une ombre portée évasée avec une nouvelle encre.

Sous la direction de Qui-Gon, Obi-Wan place son sabre sur le côté, comme Qui-Gon le fait avec le sien.

Qui-Gon se penche et attrape quelques mèches de cheveux d'or strié juste au-dessus de l'oreille droite d'Obi-Wan, il sépare les mèches en trois et commence à les tresser ensemble, un geste signifiant le début de leur chemin ensemble comme maître et padawan. « Le Maître, le Padawan, et la Force » souffle Qui-Gon, nouant les trois tresses. « Les trois marchent en même temps, unis en un seul, comme la tresse. La Force noue l'enseignant et l'élève ensemble, le Maître suit la Force, le Padawan suit le Maître, et la Force leur apprend et les sert tous les deux. La voie du Jedi n'a ni commencement ni fin, mais les trois marchent ensemble. »

Un dernier enroulement, les trois tresses confinant dans un ensemble homogène. Une perle pourpre minuscule glisse à la fin, au-dessus du nœud. « Du violet pour une leçon de courage enseignée par un élève à son maître » glousse Qui-Gon. « Un jalon habituellement gagné beaucoup plus tard. Tu as déjà bien travaillé, Padawan » Ses doigts caressent la tresse dès qu'il eut fini.

Courage. Obi-Wan frisonne légèrement alors qu'il se souvient d'un autre Qui-Gon, venu d'une époque plus lointaine, qui avait levé sa main et effleuré sa tresse de la même façon. Courage, avait-il dit. Car la route sera longue et difficile. Puis Qui-Gon avait souri, et disparu dans les galeries glacées d'Ilum.

Obi-Wan s'incline, remerciant non seulement son maître devant lui, mais aussi celui de cet avenir incertain.

Qui-Gon regarde étrangement Obi-Wan durant un moment, mais un sourire vacille sur son visage, et il incline la tête en retour.

OoOoOoOo

Qui-Gon donne un coup contre un mur vers la fin de l'après-midi quand il se rend compte avec un peu d'horreur qu'il était censé se rendre aux quartiers de Tahl pour le dîner, et que c'était à son tour de faire la cuisine. Il avait perdu le décompte des jours, entre sa blessure et son nouvel apprenti. Obi-Wan lève les yeux de son thé, sentant la pointe aiguë de panique émaner de son maître. Avec incertitude – car il n'a pas complètement utilisé leur lien- il envoie une vague de curiosité vers Qui-Gon.

Son maître passe une main sur son visage et respire calmement dans leur lien. « Viens ici, Obi-Wan » dit-il, plus sévèrement qu'il ne l'avait prévu. Se rattrapant, il adoucit un peu sa voix. « Tu vois ça ? » Qui-Gon montre un gros et discret pot en métal sur l'étagère.

Obi-Wan hoche la tête, le front plissé par la confusion.

« Ceci est la Cocotte » Qui-Gon souligne les deux mots avec soin. « Comme tu es mon padawan, il y a certaines choses que tu dois savoir à ce sujet » Obi-Wan penche sa tête, mais acquiesce devant la sévérité de la réponse. « Tu ne touche pas la Cocotte » ordonne Qui-Gon sévèrement. « Tu ne nettoies pas la Cocotte. Tu ne sors pas la Cocotte de l'endroit où je la laisse sans mon autorisation préalable ou de celle de Maître Uvain »

Au moment où le nom de Tahl est mentionné, une lueur d'amusement danse dans les yeux d'Obi-Wan. Il regarde solennellement la Cocotte. Il comprend parfaitement- ce doit être un rituel Jedi connu seulement des maîtres les plus honorables.

Se sentant un peu ridicule, Qui-Gon poursuit néanmoins. « Chaque semaine, Maître Uvain ou moi préparons le dîner dans la cocotte et on l'emmène ensuite dans les quartiers de l'autre, où nous allons ensuite manger. Comme tu es mon padawan, tu seras sommairement inclus dans cette tradition hebdomadaire. J'attends que tu respectes cette quintessence des convenances à tout moment »

Obi-Wan acquiesce à nouveau, les mains jointes devant lui, les yeux sérieux et agrandis tandis qu' il fixe la cocotte comme si elle était une artefact sacrée. Ce qui, suppose Qui-Gon, pourrait tout aussi bien être le cas.

La cocotte émet un bruit métallique comme Qui-Gon la pose sur la poêle. « Maintenant, passons à ta punition » dit-il, mine de rien.

Obi-Wan émerge brusquement de sa stupeur émerveillée, se tournant vers son maître en état de choc. Sa question meurt sur leur lien comme Qui-Gon le regarde froidement, une main caressant son menton nouvellement imberbe.

Ah. Ça.

« Normalement, une intrusion de cette ampleur aurait abouti à quinze tours autour du Temple » déclare Qui-Gon nonchalamment. « Mais étant donné l'état de tes pieds, nous allons plutôt t'enseigner une autre leçon précieuse » Obi-Wan hoche la tête d'un air morose, tripotant ses mains derrière son dos pendant qu'il attend que sa punition soit prononcée.

Mais sa condamnation n'est pas ce qu'elle semble être. « Tu vas suivre mon enseignement quand je ferais le dîner que j'ai planifié pour ce soir, mémoriser la recette et la méthode, et faire un rapport la semaine prochaine sur les valeurs nutritionnelles, et les avantages de chaque ingrédient. Je pense que la prochaine fois que j'exigerais le même repas, tu pourras le faire sans mon aide »

La bouche d'Obi-Wan s'ouvre à nouveau. Mais cette fois, son étonnement se transforme très vite en sourire.

OoOoOoOoO

Tahl apparaît devant leur appartement à exactement sept heures après le méridien, gratifiant Obi-Wan d'un sourire chaleureux et levant un sourcil approbateur au sourire glabre de Qui-Gon. Apparemment, elle n'a pas voulu qu'Obi-Wan aille jusqu'à ses quartiers avec ses pieds encore blessés. Le dîner s'est bien passé- Tahl avait cette qualité étonnante de tenir une conversation sans qu'Obi-Wan ne se sente mis de côté- et Obi-Wan avait mangé beaucoup plus que Qui-Gon l'aurait pensé. Une demi-heure plus tard, son padawan est endormi dans son fauteuil, une joue sur la table, plongé profondément dans un coma alimentaire.

« Il est tellement adorable » murmure Tahl, traçant un doigt sur la petite tresse qui touche à peine la table. « Tu sais, ça m'a vraiment ennuyé lorsque j'ai entendu dire que tu étais éveillé et que tu es venu le voir à l'infirmerie, tu devais certainement avoir un entretien Maître/Padawan et je n'ai pas eu le cœur à intervenir »

Qui-Gon marque une pause alors qu'il ramasse les assiettes. « Tahl »

Elle lève immédiatement les yeux, sentant l'inquiétude dans sa voix. « Que se passe-t-il ? »

« J'ai senti quelque chose sur Ilum » dit calmement Qui-Gon. Tahl écoute avec une attention soutenue, les mains posées sur les siennes, comme il lui raconte la présence sombre qu'il a ressenti, et le rôle qu'elle aurait pu jouer dans l'attaque du Gorgodon et de l'avalanche.

« Nous n'en savons pas assez pour en être sûr » murmure Tahl ensuite. « Tu dois porter cette question à Maître Yoda » Sa voix est légère, mais ses yeux rayés vert-or sont soucieux.

« Tahl, je... » déglutit Qui-Gon. Sa gorge est sèche. « La présence me semblait familière. Je pense que ce pourrait être... »

« Non » Le visage de Tahl est sévère. « J'ai toujours été honnête avec toi, Qui-Gon, tu le sais, et je vais être franche- tu ne peux laisser ce qui est arrivé à Xanathos peser encore un peu plus sur toi. Cela aurait pu être lui sur Ilum, mais le contraire est possible également. Ne ressasse pas ça à nouveau. Trouve tes réponses demain »

Qui-Gon acquiesce avec lassitude. La franchise de Tahl est l'une des nombreuses raisons pour lesquelles il valorise tant son amitié. « Merci » répond-t-il. Il effleure sa main, puis se met debout.

« Il est tard. Je devrais y aller » annonce doucement Tahl, afin de ne pas réveiller Obi-Wan. « Tu devrais coucher ta forme de vie misérable »

« Il a besoin d'apprendre que je ne vais pas le dorloter » plaisante Qui-Gon en retour.

« Tu vas le faire de toute façon, alors pourquoi vivre dans le déni ? » chuchote Tahl par-dessus son épaule, soulevant la Cocotte et la porte se referma sur son sourire.

Qui-Gon soupire, partant coucher Obi-Wan.