Hello :)
Un gros merci pour vos reviews et vos encouragements et à tous ceux qui suivent cette histoire.
Le disclaimer n'a pas changé: l'univers et les personnages de Star Wars appartiennent à George Lucas, l'histoire est à Eirian Erisdar, je ne suis que la traductrice.
Bonne lecture !
Obi-Wan flotte sur les murmures doux de la Force, laissant le courant le porter dans tous les sens. L'amusement danse à travers ses rêves éveillés, car la Force n'a jamais été aussi confortable. Elle l'enveloppe dans des bandes de lumière pure, voilée et sécurisée. A mi-chemin entre le sommeil et l'éveil, Obi-Wan sourit à la berceuse tourbillonnant autour de lui, mémorisant chaque note et attachant le tout ensemble, un flot de lumière s'écoule à l'arrière de son esprit, la Force est duveteuse à souhait.
Le flot de lumière tire gentiment sur sa conscience, l'attirant petit à petit hors des nombreuses couches de ses rêves. Obi-Wan fronce les sourcils et se terre plus profondément dans la musique envoûtante de la Force. Il ne pense pas que ce soit Maître Ali-Alann qui le réveille ainsi- les plus jeunes enfants de la crèche ont peut-être besoin d'une telle suggestion de la Force pour se réveiller, mais Obi-Wan est trop vieux pour ça, n'est-ce pas ? D'ailleurs, il est assez vieux pour être un Padawan !
Padawan. Un mot résonne fort dans l'esprit groggy d'Obi-Wan, l'appel le réveille aussi efficacement qu'une main dans ses cheveux. Réveille-toi, Obi-Wan. La voie du Jedi n'est pas celle d'un fainéant. La voix de Qui-Gon est teinté d'une réprimande amusée, dansant à travers leur lien.
Maître Qui-Gon.
Obi-Wan bondit hors de son matelas comme si son lit était fait de braises brûlantes, jetant un coup d'œil à son chrono. Il est tôt. Très tôt. Son environnement le gèle sur place pendant un moment: les murs gris blanc recouverts de quelques dessin, ses affaires empilées sur le petit dessin, les maquettes de vaisseaux suspendues au plafond. Ce n'est plus la chaleur familière de la crèche, c'est la nouvelle chambre d'Obi-Wan. D'une manière ou d'une autre, il avait pensé qu'il allait se réveiller avec les bâillements simultanés de ses trois colocataires, d'aller dans la salle des jeux et de former une ligne ordonnée derrière Ali-Alann.
La porte coulisse avec un sifflement, et une silhouette apparaît, des tuniques crème, un manteau brun, et un sourire avec une barbe naissante. Qui-Gon Jinn incline sa tête comme il dit avec ironie : »Ah, mon très jeune padawan. Je pensais devoir te tirer hors de tes couvertures par une cheville, mais apparemment cette action est désormais inutile »
Obi-Wan jette un regard vers la fenêtre, où l'horizon écarlate reflété dans les tours étincelantes indique la première implantation de l'aube. Coruscant baigne d'une lueur indigo, parsemé de quelques étoiles solitaires, vrombissant avec une énergie sans fin, mais les parcelles sombres des tours en duracier éclipsent ces brins de lumières matinales.
Ayant apparemment lu les pensées d'Obi-Wan, Qui-Gon fait léviter une couverture au-dessus de lui. « La méditation calme l'esprit et te permet de te concentrer avant tout ce que les tests de la journée pourraient apporter » Il retourne dans le couloir. « Tu ferais bien d'en faire une habitude »
En repoussant la couverture sur son pyjama froissé, Obi-Wan retient de justesse un bâillement et suit son maître. Il espère de tout cœur que Qui-Gon plaisante, se réveiller chaque jour à six heure semble plutôt extrême. Il est difficile de garder ses yeux ouverts en ce moment et Obi-Wan ne s'imagine pas continuer ainsi tous les matins pendant la prochaine décennie et demie.
Mais alors qu'ils se font face, plongés dans la méditation, la fatigue s'atténue dans leurs membres, alors que les étoiles et l'indigo disparaissent, remplacées par des couleur d'azur, de cobalt et de céruléen.
OoOoOoOo
Après avoir envoyé Obi-Wan à ses cours du matin, Qui-Gon se dirige vers une chambre unique et solitaire, située en haut d'une tour séparée, d'une foulée calme et déterminée. Aucun Jedi n'a visité le sanctuaire intérieur du membre le plus respecté sans une attention prudente. Si Qui-Gon continuait à être aussi soucieux, il était sûr de recevoir un coup de bâton de Gimer dans les tibias pour son manque de concentration.
Comme toujours, la porte s'ouvre sans avoir besoin d'être touché, et la Force dans la chambre est dans l'expectative. On ne sait jamais à quoi s'attendre lorsque l'on rend visite à l'occupant de cette chambre particulière. Les fenêtres à stores projettent des barres de lumières à travers l'air poussiéreux, donnant une faible lueur au sol crasseux et au gremlin vert assis non loin d'ici.
Maître Yoda fait un signe en direction du coussin de méditation opposé sans dire un mot, préférant grogner avec humour à la place. Qui-Gon plie sa haute taille sur le coussin extrêmement sous-dimensionné et se met à attendre.
Et attendre...
Yoda s'affaire avec des feuilles de thé et deux petits tasses d'argiles, l'odeur terreuse du thé Yarba s'insinuant entre ses doigts noueux. Après un temps indéterminé, l'ancien Maître Jedi se verse une tasse de thé chaud, ignorant ostensiblement la tasse de Qui-Gon, et grognant de contentement. « Des questions tu as, Maître Jinn ? »
Qui-Gon déglutit devant sa bouche sèche avant qu'il ne réponde. Le bord strié du coussin trop petit coussin de méditation a depuis longtemps pressé des lignes engourdies dans ses tibias. « Non » répond-t-il. « Je suis venu vous informer »
Un ricanement rauque explose au-dessus de l'essence du thé Yarba. « Venu m'informer, tu es ? De quoi ? Que vécu plus longtemps que moi, tu as ? »
L'impatience commence à titiller la réserve de Qui-Gon. Il se demande si Yoda garde sa chambre dans la pénombre et fournit ces coussins inconfortables pour le simple plaisir de déséquilibrer ses visiteurs. D'une certaine manière, Qui-Gon n'est pas surpris. Mais comment dois-je répondre ? « Excusez-moi, maître » se radoucit-il. « Je ne voulais pas vous offenser »
Yoda lui lance un regard vert perçant avant de se racler la gorge avec bonne humeur et de se pencher vers la tasse vide de Qui-Gon. « Bon » marmonne-t-il comme le thé obscurcit l'argile blanc. « Mérité cela, tu as »
Qui-Gon accepte le thé avec un signe de tête gracieux et prend poliment une gorgée. Il essaie ne pas grimacer. Le thé Yarba est très loin de son favori, le thé Sapir. « J'ai senti une perturbation sur Ilum » s'aventure-t-il, ayant une brève nausée au goût terreux du liquide.
Yoda semble tirer une jouissance infinie à la souffrance de Qui-Gon, mais il lui fait signe de continuer.
En aussi peu de mots que possible, Qui-Gon relate les événements sur Ilum, les indices qui l'ont conduit à penser à un sabotage et la sombre présence qu'il a senti juste avant d'être enterré sous la glace. Mais quand il commence à décrire cette signature de Force particulière, il marque une pause, hésitant.
« Familière, cette présence t'était » Yoda n'a, apparemment, pas besoin que Qui-Gon lui explique davantage. Le vieux maître affiche son talent habituel pour connaître les pensées des autres. « Je pense que tu l'as reconnu, hmm ? »
Lui. Xana-
Qui-Gon essaye de repousser cette pensée brutale. « Je ne sais pas, maître » dit-il avec soin.
Les prochains mots de Yoda lui causent un choc. « Au courant à ce sujet, je suis » soupire-t-il, traçant un motif dans sa tasse blanche avec un doigt griffu. « Ilum, de sombres secrets, avait, et le Conseil le savait. Et pour cette raison, t'envoyer là-bas, nous t'avons »
Il faut deux respirations profondes pour que Qui-Gon reprenne son contrôle, et desserre ses mains autour de sa tasse de thé. « Dois-je comprendre » commence-t-il lentement, doucement. « Que vous avez envoyé un groupe d'enfants sans défense à Ilum en sachant très bien qu'il y avait une menace à la surface » Sa voix se bloque, tendue entre eux.
Les ondes de Yoda repoussent la fureur de Qui-Gon aussi facilement que la vapeur pâle du thé de sa tasse. « Sans défense, ils n'étaient pas. Protégé, tu les as »
« Ils étaient- » Qui-Gon se force à s'interrompre. Quelque chose vient de se déclencher dans son esprit. « C'était à propos d'Obi-Wan, n'est-ce pas » Ce n'était pas une question.
Une toux rauque. « La volonté de la Force, c'était »
« Vous avez joué avec la vie de cinq autres enfants pour que je le prenne comme padawan » Il est dangereusement proche de l'irrespect maintenant. Ses mains sont serrées sur ses genoux.
« Assez » grogne Yoda. Ce seul mot est suffisant pour que le respect et l'autorité balayent Qui-Gon, et la Force se contracte avec sévérité. « Assez. Incertain, l'avenir est. Ton ancien padawa, cette présence sombre peut être. Mais troublée, ta perception est »
Qui-Gon s'incline. « Mes excuses, Maître Yoda »
Un soupçon de petit rire. Déplacé, mais un soulagement bienvenu. « Hmmph. Quand des nouvelles nous aurons, parler de cela, nous pourrons »
Reconnaissant la façon de congédier de Yoda, Qui-Gon force ses membres raides à bouger, se mettant debout et saluant profondément le Grand Maître. « Merci pour votre conseil »
Qui-Gon se trouve face à la porte quand les mots d'adieu de Yoda l'atteignent comme un coup au cœur. « Forme bien ton padawan, Maître Jinn » assène Yoda. Il n'y a aucune trace d'humour dans sa voix. « Te sauver, je ne pourrais pas, si tes deux padawans chutent »
Les mots compriment la poitrine de Qui-Gon, la serrant jusqu'à ce qu'elle se relâche. Mais sa voix est calme comme la porte commence à se fermer. « Je le ferais, maître » répond-t-il, en espérant que son incertitude ne s'affiche pas dans sa voix.
OoOoOoOoO
Au moment où il atteint l'aile des Guérisseurs, l'aura de Qui-Gon est assez terrifiante pour écarter les initiés et les padawans qui se trouvent sur son chemin. Il trouve Avarin penché sur une table d'examen, sa crinière d'argent attachée.
« Avarin » le salut brièvement Qui-Gon.
Le maître guérisseur ne répond pas immédiatement, ses yeux effleurant son visiteur. « Bonjour à toi aussi » marmonne-t-il, arquant un sourcil en voyant la veine palpiter à la tempe de son ami. « Tu as besoin d'un calmant pour les maux de tête ? J'ai l'impression que tu as rendu encore visite au vieux troll, pas vrai »
« Oui » Qui-Gon est las que l'on lise aussi facilement ses pensées. « Et non, je ne demande pas de calmant. Je suis venu pour- Qu'es-tu en train de faire ? »
« Mon travail » réplique négligemment Avarin, levant un autre instrument. « Mais pour apaiser ta sympathie pour les formes de vie misérable, cette opération chirurgicale est réalisée sous sédatif »
Qui-Gon lui lance un regard incrédule, puis baisse les yeux sur la masse de fourrure qui repose sur la table d'opération. « C'est un chiot » dit-il. « Tu es en train d'opérer un chiot »
« J'aurais pensé que tu me féliciterai de ne pas être le gobelin sans cœur que tu m'a toujours dit que j'étais » rétorque Avarin, moqueur. « Le padawan qui m'a apporté cette boule de poils perdue était extrêmement sérieux dans son désir que l'on prenne soin de lui »
Qui-Gon secoue sa tête. « Je suis content de voir que je ne suis pas seul dans mes convictions »
Avarin se redresse et enlève ses gants, se tournant vers l'évier. « Bien sûr que tu ne l'es pas, surtout que le padawan en question était le tien »
Une pause. « Quoi ? »
Un sourire en coin. « Apparemment, Obi-Wan a été dispensé des exercices d'entraînement ce matin à cause de l'état de ses pieds. Alors que le reste de son groupe a couru autour du temple, on lui a relégué la tâche de chronométrer à l'entrée arrière. Il a trouvé cette petite créature recroquevillée dans les jardins, et il me l'a amené immédiatement ensuite »
Qui-Gon retourne froidement le regard d'Avarin. « Une preuve de mon bon enseignement. »
Avarin renifle. « Tu n'as été son maître que depuis un jour seulement »
« Cela montre la vitesse à laquelle j'influence la jeune génération »
Malheureusement, Avarin est trop loin pour entendre le sarcasme. « J'ai du travail à faire » soupire-t-il. « As-tu traversé le Temple uniquement pour m'ennuyer ? »
L'atmosphère devient un peu plus pesante. Lorsque Qui-Gon parle, il n'y a plus la moindre trace de plaisanterie dans sa voix. « Obi-Wan »
« Ah. Peut-être que tu devrais venir avec moi » Avarin se dirige vers son bureau, sa tunique sombre tourbillonnant dans un océan de guérisseur blanc. « Là » murmure-t-il, glissant ses doigts sur la surface d'un datapad, il le renverse et le remet à Qui-Gon. « C'est son dossier médical, du jour où il est entré au Temple à aujourd'hui »
Les traits de Qui-Gon sont moulés dans du marbre comme il fait défiler l'écran vers du datapad entre ses doigts. Avarin regarde les yeux de Qui-Gon s'élargir, la confusion vacillant sur son expression généralement concentrée. « Avarin » dit-il lentement, « est-ce que cela signifie... »
« Aussi incroyable que cela puisse être, oui » Les yeux redoutablement intelligents d'Avarin se plissent. « Il n'y a physiquement rien de mal chez Obi-Wan. Il n'y a pas d'anomalie dans sa gorge, sa langue, ses cordes vocales, ou les nerfs de son cortex. Et pourtant, il ne peut pas parler. Le maître de crèche qui s'occupait de lui quand il était bambin m'a contacté quand il a remarqué que lorsque Obi-Wan pleurait, il était silencieux »
« Alors qu'est-ce qui pourrait causer ceci ? »
« La Force » Avarin secoue la tête. « Je sais que cela semble impossible, mais la Force, d'une certaine façon, a bâillonné Obi-Wan. Une limitation physique lui permettrait de parler à travers un lien de Force, mais ce bâillon peut même l'empêcher de faire ça. Peut-être que Obi-Wan doit attendre le moment convenu pour s'exprimer »
« Je pense que je l'ai entendu parler » dit machinalement Qui-Gon.
« Quoi ? » Le regard perçant d'Avarin se rive sur lui. « Quand ? »
« Sur Ilum, quand notre lien a été forgé. Je ne pense pas qu'il l'ai dit à haute voix. Mais je l'ai tout de même entendu » Il ne tente pas de cacher le ton émerveillé de sa voix. « Cependant, quand nous sommes revenus, il n'a pas pu reproduire cet exploit »
« Je ne pourrais pas l'expliquer » Avarin s'installe dans son fauteuil et pose ses bottes sur le bureau, pliant les bras. « J'aime penser que Obi-Wan a une si belle voix qu'il lui faut la garder caché, et qu'elle ne se révèle que dans les moments les plus précieux, comme la formation d'un lien »
« Je ne peux pas être en désaccord avec ça » La voix d'Obi-Wan était parfaite. Un court silence, dans lequel Qui-Gon se penche au-dessus de la chaise et passe une main sur son visage.
Avarin regarde le maître Jedi du haut de la pointe de ses bottes, remarquant le petit sourire sur son visage. « Qu'a-t-il dit ? »
Qui-Gon ne peut pas s'empêcher de laisser échapper un lèger rire. « Oui, Maître » murmure-t-il. « Il a dit : « Oui, Maître »
Avarin ne dit rien de plus. Il respecte la vie privée de son ami, et garde ses réflexions pour lui-même.
OoOoOoO
Les cours de la matinée avaient été...intéressant, faute d'un meilleur mot. Garen et Reeft s'étaient jetés sur lui et l'avaient serré dans une étreinte à broyer les os, pendant que Bant étincelait joyeusement à côté d'eux. Garen avait alors laissé éclater sa joie vers le ciel, ce qui lui avait valu rapidement une tape derrière l'oreille de la part du Maître Jedi en colère qui s'occupait de leur groupe.
Et puis Obi-Wan avait trouvé un chiot.
A présent, alors que lui et ses amis pénètrent dans le réfectoire pour aller déjeuner, il commence à se poser des questions sur l'état de l'animal. Le visage de Maître Avarin avait semblé assez grave quand il avait pris le chiot entre ses mains.
« Hey, Obi-Wan » plaisante Quinlan de l'autre côté de la table. « Qu'est-ce qui te préoccupe ? »
Obi-Wan revient brusquement au présent, pour trouver Garen, Reeft, Bant et Quinlan en train de le regarder. Il secoue rapidement la tête et hausse les épaules, plaquant un sourire niais sur son visage. Les rires explosent tout autour de lui, et tous les cinq retournent à leur nourriture.
« Il s'inquiète pour ce cabot qu'il a trouvé dehors » lance une nouvelle voix. Siri Tachi se glisse dans l'espace à côté de Garen, plaçant son plateau sur la table. « Il veut probablement le câliner ou quelque chose comme ça. Le porter comme Maître Jinn l'a porté dans le couloir, comme un oisillon désobéissant »
Au moment où elle termine, les oreille d'Obi-Wan sont écarlates. Reeft essaie de cacher ses gloussements, et Bant lui donne un coup de coude dans l'estomac. Garen dévisage Siri à côté de lui, qui engloutit nonchalamment ses tubercules. Un silence embarrassant s'installe. Obi-Wan grignote sa nourriture du bout des dents son appétit s'est envolé.
Étonnamment, c'est Quinlan qui rompt le silence. « Hey, vous avez entendu ce qu'il s'est passé pour Bruck ? » demande-t-il calmement.
Le regard d'Obi-Wan se pose sur Quinlan. Peut-être que le Jedi Kiffar l'aide à cause de ce qu'il s'est passé durant le voyage vers Ilum. Quoiqu'il en soit, Obi-Wan ne peut nier qu'il lui en est reconnaissant.
« J'ai entendu dire que le Conseil allait le garder dans le Temple, pour le moment » fait Bant avec impatience. « Ne devrait-il pas l'envoyer à l'agri-corps, maintenant ? »
« Je ne sais pas » marmonne Reeft à travers une bouchée de nerf. « Ils ont dit quelque chose sur « la surveillance de ses progrès » ou quelque chose comme ça »
« Ils le gardent emprisonné » coupe Siri, ses cheveux blonds effleurant ses yeux. « Ils ne peuvent pas risquer de l'envoyer à l'Agri-corps avec le tempérament qu'il a »
« Ouais » acquiesce sombrement Garen. « Ils ne le gardent pas parce qu'il peut trouver un maître. Il n'en trouvera pas de toute façon. Ils gardent un œil sur lui. Son attitude- c'est à cause de ça qu'il pourrait tourner du mauvais côté plus tard »
« Garen ! » siffle Bant, lui donnant une tape sur le bras.
« C'est vrai ! » siffle Garen en retour. « C'est tout aussi bien qu'il ne trouve pas de maître. « Tous les Jedi sans valeur ont basculé vers l'obscurité- »
Un bruissement, comme Obi-Wan pousse son morceau de papier au centre de la table. Cinq regards se tournent vers lui, puis se penchent ensemble sur son écriture »
« Qu'est-ce que tu veux dire par « Ne te moque pas de ceux qui basculent, mais aie de la peine pour eux et leurs proches » marmonne Quinlan, confus. « Où as-tu eu cette idée ? Les Jedi n'ont pas de famille »
Rougissant légèrement, Obi-Wan se penche pour attraper la feuille, mais une main plus grande, adulte, se pose sur le papier. Tous les six sont captés par Qui-Gon Jinn qui les regarde, impassible.
« Maître Jinn » glapit Siri.
« Padawan, retrouve-moi au niveau huit, à l'ouest du dojo dans une demi-heure » dit Qui-Gon. Obi-Wan acquiesce, et remarque sa feuille glisser dans la poche de son maître tandis qu'il s'éloigne.
Les camarades de classe d'Obi-Wan semblent tous pousser un soupir de soulagement alors que Qui-Gon disparaît dans la foule. « Très intimidant ton maître, Obi » marmonne Garen.
Obi-Wan secoue la tête. Maître Qui-Gon est beaucoup de choses, mais « intimidant » n'en fait pas parti. Il ne cherche pas à l'expliquer toutefois il se doute que lui seul comprend.
OoOoOoO
Qui-Gon se fraye un chemin vers les salles d'entraînement, tenant le papier dans sa manche. Il n'a pas voulu prendre la voix de son padawan comme ça mais il a vu ce que Obi-Wan avait écrit, pour lui-même. Lorsque Qui-Gon a entendu Vos lire les mots d'Obi-Wan, il a presque tressailli. Ne te moque pas de ceux qui basculent, mais aie de la peine pour eux et leurs proches. Cela montre une maturité de la part d'Obi-Wan, et une compréhension plus profonde des émotions de son maître que Qui-Gon ne l'aurait pensé. Une sensation de chaleur s'incruste dans son estomac, ce n'est pas désagréable, mais c'est très, très déroutant.
Tellement déroutant que Qui-Gon ne voit pas la menace marcher droit sur lui jusqu'à ce qu'elle soit tout proche.
« Maître Dooku » murmure-t-il respectueusement, saluant son ancien maître. De tous les endroits où je pouvais tomber sur lui !
« Qui-Gon » le timbre cultivé de Dooku est aussi insaisissable et imprévisible qu'un serpent. « Puis-je te présenter mon padawan, Hei Tori ? Mais je crois que tu l'as déjà rencontré ? »
Qui-Gon cache sa surprise derrière un masque impénétrable et regarde Dooku s'écarter devant la silhouette plus petite de Huei Tori. Il n'avait pas remarquer le padawan, comme le garçon Nautolan se tenait un pas à gauche et deux pas en arrière de la position de son maître, à l'endroit parfait, humble, du Padawan Jedi.
Cela irrite Qui-Gon au plus haut point.
« Maître Jinn » salut Huei, avançant brusquement et s'inclinant. « Je suis heureux de voir que vous allez mieux, après la mission sur Ilum »
« Padawan Tori » Qui-Gon conserve sa voix soigneusement, délicatement neutre. Il doit s'aventurer avec prudence sur ce terrain là. « Je pense que je dois te remercier pour nous avoir aidé, mon padawan et moi, à sortir de la planète »
« Absurde » coupe Dooku tel une lame de soie. « Il a simplement agi comme les cinq autres enfants »
Huei Tori marque une pause, regardant son maître, puis s'incline à nouveau. « Mon maître a raison » dit-il calmement. « Mais je suis reconnaissant pour votre compliment, Maître Jinn »
« Votre padawan est bien formé » commente Qui-Gon. Ainsi, il obéit à tous vos ordres. Intéressant. Il laisse la curiosité s'infiltrer dans sa voix. « Mais je ne pensais pas que vous prendriez un autre padawan »
Dooku regarde droit vers lui, levant un sourcil. Et un coup Makashi, droit au cœur. « Je ne pensais que pas tu en prendrais un non plus »
« Vous marquez un point » concède Qui-Gon, s'inclinant strictement. « Si vous voulez bien me pardonner, j'ai un rendez-vous dans une salle de formation » Il fait table rase.
« Tu devrais emmener ton padawan à mes appartements » dit Dooku. « J'aurais ainsi le plaisir de le rencontrer. J'ai déjà entendu beaucoup parler de lui »
« Peut-être un de ces jours » répond Qui-Gon avec ambiguïté, retournant vers le chemin usé menant au dojo. Son esprit analyse les informations, non sans inquiétude. Le Padawan Tori est le pion de Dooku, rien d'autre. Dooku avait « déjà beaucoup entendu parler de lui » ce qui signifie que Tori est les yeux et les oreilles de Dooku dans le temple. Qui-Gon soupire. Il devrait peut-être avertir Obi-Wan du padawan Nautolan.
OoOoOoO
Kit Fisto est déjà en train de s'échauffer lorsque Qui-Gon entre dans le dojo. Le Chevalier Nautolan bondit de mouvement en mouvement comme une feuille tourbillonnant dans les courants d'une rivière argentée, sa lame danse dans un étrange paradoxe de contrôle et de violence sauvage. Imprévisible et pourtant calme, son sabre se coule dans l'atmosphère, faisant des pauses aussi brèves qu'inutiles pour darder de coups obliques et brutaux des obstacles invisibles, comme les rochers d'une rivière émergeant aléatoirement d'une marée. Le sourire toujours présent de Kit étincelle à travers la brume verte, sa danse se déchaînes de plus en plus, aussi vibrante qu'une chute d'eau. La feuille solitaire se transforme en une vague émeraude, un maelström de coups et de parades, mais il reste contrôlé. Juste.
Le Shii-Sho est la voie du Sarlacc. Souvent sous-estimé, mais c'est en réalité un prédateur redoutable qui émerge seulement pour se défendre. Le sabre se rétracte dans sa poignée cachée, tout comme les tentacules du Sarlacc se retirent dans le sable, apparemment impuissant une fois de plus. L'eau qui coule est partie, desséchée, mais il ne faut qu'une goutte de pluie dans le désert aride pour que le Sarlacc émerge et que la lumière danse à nouveau.
Kit Fisto se redresse et s'incline, sa forme et sa vélocité terminées. Son sourire flamboie comme un soleil implacable.
« Chevalier Fisto » l'interpelle Qui-Gon en guise de salutation. « Ton kata est aussi redoutable et vibrante qu'une chute d'eau, et raffinée comme toujours »
« Je me cramponne obstinément aux anciennes méthodes » rit Kit, sa voix teintée d'humour. « Mais je ne pense pas que l'on peut considérer que le Shii-Sho est vieux, il s'adapte beaucoup trop pour ça » Il fait une pause. « Et si nous nous dispensions des formalités ? Chevalier Fisto et tout ça. Je n'ai été anobli que récemment. Vous connaissiez mon maître assez bien » Un éclair de douleur traverse son visage.
« Maître Ekun-Dayo était bien considéré » dit doucement Qui-Gon. « Mais la Force l'a accueilli, Kit »
« Je vous remercie, Maître Jinn » répond Kit, tout aussi doucement. Puis un sourire éclaire les traits de son visage, les longues tentacules de sa tête se balançant alors qu'il incline la tête en direction de l'entrée. « Ah, voici votre ombre »
La tête d'Obi-Wan émerge de l'entrée, ses oreilles rouges d'embarras. Il trotte rapidement vers Qui-Gon, s'inclinant profondément devant Kit, les yeux écarquillés d'admiration au-dessus de ses joues écarlates.
Avec un rire, Kit renvoie sa salutation. « Il est bon de voir que ton padawan m'a dédié un culte des héros » plaisante-t-il chaleureusement, ses yeux clignant malicieusement vers Obi-Wan.
Le visage d'Obi-Wan devient aussi rouge que des muja à peine mûres.
« Contrôle-toi, padawan » murmure Qui-Gon d'un ton affable, dissimulant avec peine un large sourire. « Tu n'apprendras rien en restant bouche bée. Kit- permets-moi de te présenter mon padawan, Obi-Wan Kenobi » Il se crispe intérieurement. Il avait espéré parler avec Kit de l'incapacité d'Obi-Wan à parler avant l'arrivée de son padawan. La rencontre avec Dooku avait ruiné ses plans.
Qui-Gon observe Kit s'incliner de façon désinvolte devant Obi-Wan, mais avec néanmoins plein d'entrain. « J'ai demandé au chevalier Fisto de se joindre à nous aujourd'hui, comme il est largement considéré comme un prodige dans le Shii-Cho » Il se tourne vers Kit, qui arque un sourcil. Te voilà, narcissique. « Il a très gentiment accepté de t'aider à affiner ta vitesse au sabre laser et à améliorer tes katas, Obi-Wan »
« Ne t'embête pas à m'appeler Chevalier et tout ça » envoie Kit, son sourire s'élargissant incroyablement. « Il me fait sentir aussi vieux que ton vieux croulant de maître- tu peux être aussi formel que lui si tu veux, mais appelle-moi Kit »
Malgré l'absence évidente de connaissance de son état, Obi-Wan ne peut s'empêcher de sourire quand il entend le surnom donné par Kit à Qui-Gon.
La voix de Qui-Gon tombe dangereusement. « Le vieux croulant participera plus tard à un duel de l'Ataru contre le Shii-Cho, face à un certain jeune chevalier » réplique Qui-Gon d'un ton désinvolte.
« Oui, Maître Jinn » réplique Kit nonchalamment. « Comme on dit toujours, Faire du vieux avec du neuf »
Le regard d'Obi-Wan est passé depuis longtemps de la gêne à la joie. Il ne lui échappe pas que son maître foudroie Kit du regard alors que sabre du Chevalier siffle, signalant le début de la leçon.
Qui-Gon s'installe dans un silence méditatif comme il regarde Kit faire une démonstration puis Obi-Wan s'exécuter dans les dix formes de Shii-Cho, de la plus simple à la plus avancée. Dans un premier temps, les mouvements d'Obi-Wan sont précis, calmes, mais au fur et à mesure, la poignée de son sabre brille sous la sueur, ses pieds ralentissant d'épuisement. Mais au milieu de tout ça, ses lèvres sont pressées en une ligne blanche de concentration, une lueur farouche étincelant dans ses jeunes yeux. La Force virevolte en un tourbillon serré autour de lui, ses gestes tombent en cascades auréolés d'une lueur saphir.
Lorsque Obi-Wan ralentit finalement pour s'arrêter, les mains pressées sur ses genoux comme il se penche, la respiration difficile, Kit le félicite et le pousse à méditer, en lui disant de se reposer. Obi-Wan se recroqueville en boule sur le sol à motifs, cherchant à se concentrer et à calmer les battements frénétiques de son cœur. Il ne remarque pas Kit se déplacer vers Qui-Gon, une expression sérieuse sur ses traits habituellement paisibles.
« Tu as remarqué » murmure doucement Qui-Gon, blindant le lien afin que son padawan ne puisse pas entendre ou sentir leur conversation. Il est peu probable que Obi-Wan puisse entendre quoi que ce soit au-dessus des vibrations de son sang et de la Force, de toute façon.
Kit s'effondre en un tas dégingandé sur le banc à côté de Qui-Gon, utilisant la Force pour faire venir à lui une bouteille d'eau. « Il ne peut pas parler » dit doucement Kit. Son ton est un regroupement étrange d'émotions. Qui-Gon lui lance un rapide coup d'œil inquisiteur.
Sachant que Kit attend toujours une réponse, Qui-Gon finit par acquiescer lentement. « Oui. Mais il ne laisse pas les gens le définir ainsi» Il se retourne vers son padawan qui s'est mis dans une position du poirier instable et épuisée, étirant les muscles de son dos.
Les yeux noirs et calmes se fixent également sur Obi-Wan, Kit boit une longue gorgée d'eau. Quand il parle, il n'y a ni pitié, horreur, ou même une tristesse voilée dans sa voix. C'est avec le même émerveillement que Obi-Wan a fait preuve envers lui que Kit parle : « Il incarne toutes les valeurs qu'un Jedi s'efforce de devenir. Et plus encore. Tu es chanceux de l'avoir »
Qui-Gon soupire. « Il a encore beaucoup à apprendre. Mais oui. Je ne le mérite pas. » Un soupçon de sourire papillonne sur son visage.
Kit sourire, renversant la garde de son sabre laser cachée dans sa main. « Aucun ne le mériterait. Même s'il était l'apprenti de Maître Dooku »
Les mots touchent une corde inattendue au sein de Qui-Gon. Kit se tourne vers lui, remarquant un changement soudain dans la Force. Qui-Gon passe une main sur son visage, considérant ses options. « Kit » commence-t-il. « Es-tu familier avec la plupart des Jedi Nautolan ? »
Un doigt palmé tapote un menton. « Oui » marmonne Kit, pensif. « Il n'y a pas autant de Jedi Nautolan que je le voudrais. Mais au moins je connais la plupart, sinon la totalité d'entre eux »
« Que peux-tu me dire sur Huei Tori ? »
Le Chevalier Nautolan se raidit, son sabre manquant tomber avant d'être rapidement rattrapé. « Il est...différent »se confit lentement Kit, cherchant les bons mots. « Pardonne mon audace, mais je n'ai pas été enthousiaste lorsque Dooku a choisi Huei comme padawan. Huei a toujours été sérieux, mais pas dans le bon sens. Laisse-moi t'expliquer » Il montre Obi-Wan, qui teste son équilibre dans des positions nouvellement acquises. « Obi-Wan est sérieux à sa façon » enchaîne Kit, d'une manière calme dont Qui-Gon sait qu'il est troublé. « Mais Huei...Huei est un vide »
« Je sais ce que tu veux dire » dit Qui-Gon, frottant les poils qui avaient poussé sur son menton. « J'ai essayé de le lire, mais je n'ai rien senti »
« Je l'ai entraîné une fois quand il était encore qu'un initié, et moi, un padawan » dit Kit, à mi-voix. « Pour tout ce qui touche au formes de combat, il est excellent. Mais il n'y a pas de plaisir, d'émotion, ou...quoi que ce soit »
« Une étoffe de Sentinelle comme j'en ai jamais vu » murmure sombrement Qui-Gon.
« J'avais espéré qu'il trouverait un maître qui lui apprendrait que le Code des Jedi n'interdit pas les émotions, pas exactement » gronde Kit dans un souffle. « Le Code préconise le contrôle de l'émotion, mais pas son éradication. Maître Dooku voudra en faire un parfait Jedi, ou bien... »
« Je comprends » Qui-Gon fronce les sourcils fortement. « Ce sont des nouvelles troublantes. Le contrôle des émotions est une chose, mais pas au point de rendre Huei vide.. »
« Huei pourrait être contrôlé par d'autres. Comme une marionnette » Kit rétrécit ses larges yeux, donnant à ses traits un air de prédateur redoutable. « Tu comprends mes motifs de préoccupation ?»
Qui-Gon acquiesce avec un hochement de tête. « Nous devons attendre et voir »
Kit tapote la garde de son sabre, perdu dans ses pensées, puis son visage s'illumine brusquement. « Peu importe » dit-il doucement. « Le Conseil ne restera pas là à regarder l'un de ses jeunes membres tomber d'une telle façon. »
« Je ne suis pas enclin à mettre une grande confiance dans le Conseil » grogne Qui-Gon. Quand on voit ce qu'ils ont fait pour Xanatos. « Il va prendre l'Ataru»Il appelle son padawan, regardant la lueur d'un sourire sur le visage d'Obi-Wan. « C'est une forme beaucoup plus élégante que le Shii-Cho » plaisante Qui-Gon au Chevalier à côté de lui.
« Et si on laissait ton padawan choisir ? » rétorque Kit, qui les observait. Sa remarque se termine par un sourire devant la joie de Obi-Wan à être enseigné par son maître et qui glisse dans la Force autour d'eux.
Ils se regardent comme un père et son fils, songe Kit, tandis que la lame émeraude rencontre la lame saphir. Mais il garde son observation pour lui. Les Jedi n'ont pas de familles, seulement des liens. La Force du lien est une toute autre affaire.
Obi-Wan danse autour du sabre-laser de son maître, sa lame vibrant autour de ses pieds. Le plaisir de Qui-Gon explose à travers leur lien, et Obi-Wan fait écho au sien.
OoOoOoOo
Le Conseil est étonnamment rapide au cours de leur réunion, car ils approchent du Crépuscule et même si le sujet en question est classé « Jinn plus padawan », c'est surtout Jinn qui est concerné. Donc Mace Windu est tranchant, mais bref.
« Nous t'envoyons en mission »
Qui-Gon stabilise Obi-Wan, qui se balance imperceptiblement d'épuisement et de délire, après s'être abreuvé de la Force pendant deux heures d'affilée. « C'est pour bientôt ? » réplique-t-il.
« Hélas, tu es devenu indispensable dans tout ce qui touche à la diplomatie » dit Mace, se dispensant de son habituel masque stoïque en faveur du culot.
Qui-Gon se demande si son ami a parlé à Avarin. Le sarcasme ressemble au sien. « Comment ça ? » grogne-t-il peu après. Concentre-toi, Obi-Wan, envoie-t-il dans le lien. Qui-Gon ne reçoit qu'un marmonnement inintelligible comme réponse.
C'est sans doute à cause de la fatigue accumulée après une longue journée de réunion du Conseil, que le Korun plonge directement dans le briefing de la mission sans aucune trace de sarcasme. « Naboo fait actuellement l'objet d'élections sénatoriales. La Reine a exprimé son désir de la présence de Jedi, car il y a un certain malaise en ce qui concerne les deux candidats au Sénat, le gouverneur Palpatine et le gouverneur Naberrie. Comme c'est une mission de maintien de la paix assez simple, ton expertise devrait être plus que suffisante pour couvrir tous les problèmes qui pourraient se poser »
« Un bon endroit pour apprendre, Naboo est, pour ton padawan » fait Yoda, regardant Obi-Wan avec ses yeux perspicaces. Qui-Gon est un peu soulagé quand son apprenti se montre suffisamment éveillé pour s'incliner devant le vieux maître.
« Tu trouveras les transports qui t'attendent demain matin dans le Hangar sud » indique Plo Koon, ses yeux se plissant avec un sourire derrière son équipement visuel. « Et Maître Jinn...peut-être ne devriez-vous pas faire travailler votre padawan si durement lors de la première semaine de son apprentissage » Il montre d'un geste de la main, Obi-Wan qui se tortille dans un état second, débordant d'enthousiasme pour sa première mission et croulant sous l''épuisement de son entraînement.
« Bien sûr » murmure Qui-Gon. « Maîtres » Il pousse Obi-Wan à s'incliner, et se tourne pour partir. Son padawan semble marcher normalement, mais seule la main de Qui-Gon l'empêche de s'effondrer de fatigue.
Comme l'ascenseur plonge vers les niveaux résidentiels, Qui-Gon pousse un soupir et se tourne vers le garçon qui sourit d'un air hébété. « Obi-Wan » reproche-t-il doucement, « Un Jedi ne doit jamais se surmener au point qu'il puisse à peine se concentrer »
Obi-Wan hoche la tête, ouvrant la bouche dans un bâillement. Qui-Gon plonge dans leur lien à la recherche d'une réponse et trouve une excitation nerveuse pour demain, pas seulement pour la nouvelle mission, mais quelque chose d'autre, quelque chose de plus personnel. Qui-Gon s'arrête alors qu'il compte les jours, il avait presque oublié. Demain est le treizième anniversaire d'Obi-Wan. Instinctivement, il refoule les émotions qui traversent son esprit. Il ne voudrait pas que son padawan soit trop hyperactif demain.
De retour à leurs appartements, Obi-Wan arrive à peine à engloutir le dîner avant de trébucher jusqu'aux toilettes et d'aller ensuite au lit. Au milieu du silence apaisant précédant le sommeil, il fait une pause, se demandant s'il devrait étudier un peu sa mission. Mais un petit sourire éclot sur ses lèvres. Demain c'est sa première mission, et son anniversaire. Une belle récompense pour lui-même, n'est-ce pas ? Obi-Wan rit intérieurement, en se demandant comment il pourrait imaginer clairement sa voix à présent, au lieu des impressions floues qu'il avait avant Ilum. Cela avait été génial aujourd'hui ! Le Shii-Cho de Kit est tellement mieux que le sien et son sourire tellement électrisant, et l'Ataru était si libérateur. Les compliments de son Maitre avaient fait bondir son estomac. Pas littéralement, bien sûr, mais cela l'avait réchauffé. Il finit par se demander ce que Maître Qui-Gon va lui offrir pour son anniversaire...
Qui-Gon ouvre la porte de la chambre de son padawan, et trouve Obi-Wan vautré joyeusement sur son matelas, un large sourire ornant ses traits juvéniles. Qui-Gon ne peut deviner la raison qui se cache derrière de son apprenti, mais il rit silencieusement en fermant la porte. Il atteint sa chambre, fouille dans un tiroir pour en sortir quelque chose de lisse, sombre et dur. Il n'a pas ressenti la texture usée de ce bijou depuis une longue période mais alors qu'il l'amène dans la lumière d'une lampe à proximité, les rayons rougeoyants frappent la pierre écarlate et ses doigts semblent se réchauffer en touchant sa surface.
Il se demande alors pourquoi il n'a pas donné la pierre à Feemor ou Xanatos, peut-être qu'en fait il était égoïste d'une certaine façon. La pierre est un précieux souvenir de son enfance, il l'avait trouvée lors d'une mission de formation avec Tahl.
Alors pourquoi est-ce que je la donne à Obi-Wan ?
Mais comme la Force tourbillonne dans une vergence autour de la pierre de rivière dans sa main, Qui-Gon sourit et rit de sa confusion. La Force réverbère dans la pierre, chantant faiblement. Et si Qui-Gon peut entendre sa faible mélodie, alors Obi-Wan entendra une symphonie.
Qui-Gon se retrouve ironiquement dans la situation qu'il craignait pour demain. S'il ne fait pas attention, c'est lui qui se retrouvera excité. Il peut presque se sentir jeune à nouveau.
Alors que Qui-Gon plonge dans un sommeil léger, les rayons argentés tombent en cascade à travers sa fenêtre, et la pierre de rivière disperse les rayons dans des couleurs iridescentes sur les murs de la chambre, chaque particule de lumière est une note d'une symphonie qu'il ne peut entendre.
J'espère que vous avez aimé :)
A bientôt pour la suite !
