Salut la compagnie, voici le chapitre 4.

Disclaimer; les personnages appartiennent à Hoshino Katsura et à Lewis Carroll

Bonne lecture


Jamais Lenalee aurait cru se retrouver ainsi au fourneau. Portant un tablier rouge revêtant des motifs de cartes à jouer, elle avait honte de devoir porter le nom de « Boulangère de la Reine Rouge ». Tout était allé si vite. D'après ce qu'elle avait entendu, le Chapelier était retenu prisonnier dans les meilleurs cachots et qu'ils avaient prévu tout le matériel nécessaire pour retenir la « bête ». Elle avait pour mission de préparer une tarte au fruit rouge , le dessert préféré de sa Majesté. D'ailleurs celle-ci entra et commença à regarder ce qu'elle faisait.

N'a-t-elle pas confiance ?

Puis la Reine la rejoignit dans la préparation de la pâte.

– Sa Majesté ne devrait pas se salir les mains.

– Oh Link, je t'en prie. J'ai le droit de m'amuser aussi.

La tension grimpa d'un cran. Lenalee ne pouvait la supporter. Déjà parce que c'était Luberier, deuxièmement parce qu'elle semblait imposer une terrible dictature à tout le monde bien que La Reine Blanche ne semble pas bien meilleur. En fait, elle ne comprenait rien à ce conflit. Quand avait-il commencé et pourquoi ? De plus, si la Reine Blanche a les Noah de son côté qui jouent le rôle de gardien ne devrait-elle pas pouvoir prendre facilement le contrôle de tous le pays ? Et puis ces Katanas… Obligent-ils leur propriétaire à défier la Reine Blanche ou est-ce juste Adolphine qui parvenait à réunir tous les « élus ». Trop de questions tuent les questions. Brusquement, Lenalee prit conscience d'un fait. Elle faillit renverser la pâte sur le coup mais se rattrapa de justesse.

Je ne comprends rien à la Guerre Sainte, non plus.

Ce monde était à la fois différent et similaire du sien.

La Reine s'amusa soudainement à jeter de la chantilly sur Lenalee en riant niaisement.

Luberier. Qui rit. En jouant avec la nourriture.

Traumatisme.

Link veillait sur sa maîtresse. Si elle osait la contrarier… Qui sait où se trouvera sa tête.

– Hihihi, je ne m'étais pas autant amuser depuis la dernière exécution.

Lenalee essayait de cacher son dégoût. Luberi…Enfin la Reine rouge s'agrippa à la jeune fille et colla sa peau contre la sienne. Elle la regarda avec passion.

Là, je vais vraiment vomir.

– Quelle chance ai-je d'avoir une étrangère…

Je ne suis pas ta propriété.

– Qu'aurais-je fait si tu avais fini chez ma vilaine sœur ?

Devant le mutisme de la jeune fille, la Reine s'impatienta. Elle attendait des mots doux. Link toussota pour lui faire comprendre.

– Vous m'auriez probablement coupé la tête.

Elle tenta un petit rire.

– Peut-être oui… Mais dans ce cas, votre tête aurait rejoint ma collection privée.

Les yeux écarquillés, le front ruisselant de sueur, Lenalee essayait tant bien que mal de se contenir.

Elle finit la pâte, la fit cuire avec l'aide de jeunes dragonnaux ligotés dans la cuisine puis termina totalement son « chef- d'œuvre ». Elle avait le droit à une pause. Elle pourrait enfin respirer. Elle soupira puis se dirigea vers la bibliothèque. Elle pourrait probablement avoir des renseignements là-bas. Elle fut accueillie par des cartes ressemblant vaguement à des personnes peu importantes (ou du moins oublié) à la congrégation comme des Traqueurs. Elle repéra Lavi au fond de la Salle.

– Salut. Tu t'en sors plutôt bien dis-moi. La Reine n'a jamais montré autant d'intérêt à une personne, j'en suis presque jaloux.

– Ah…Ah…AH

– Manque plus qu'elle te demande en mariage.

– Quelle horreur !

Devant le visage sévère de Lavi, elle se reprit.

– Je voulais dire… N'a-t-elle pas déjà un roi ?

– Décapité.

Lavi devait l'avouer. Elle lui plaisait bien. Mais la reine ne lui permettrait pas. Et l'amour serait sûrement un fardeau dans sa profession. Lenalee s'assied à ses côtés.

– Que lis-tu ?

– Un livre sur l'avant-guerre. L'époque où les parents des deux reines régnaient paisiblement… C'est dur de trouver des livres abordant les divers moments de l'histoire ici. La majorité des livres parlent de la grandeur de La Reine.

Propagande…

– Donc tu es « exorciste » ?

– Bien sûr, répondit-il en souriant. Nous devons veiller que l'ordre règne et faire punir les malfaiteurs. Si la Reine Blanche attaque, on sera au premier rang.

– Avez-vous pour mission de… Tuer ?

– Non, Lorsque nous arrêtons quelqu'un, on le livre et il se fait exécuter par le bourreau. Nous causons sa mort indirectement. Pour que l'on se retrouve à tuer, ce serait vraiment au front.

Un long silence prit place. Lavi s'était tu, les yeux dans les vagues. Il songeait décidément à quelque chose de grave.

Aurait-il déjà tué ? Ou alors est-ce arrivé à un autre ?

Elle aurait bien voulu l'interroger sur Allen, mais elle ne voulait pas attirer les soupçons. À moins qu'elle le fasse de manière détournée.

– Y a-t-il une personne ou un groupe de personnes détesté par les deux Reines ?

– Un ennemi commun ? Hé bien, je citerais bien le Chapelier mais ses rapports avec la Reine blanche restent floues. Néanmoins, d'après les rumeurs, les gardiens ne l'apprécient guère.

– Et…

– Excuse-moi, mais je tente de lire.

Elle ne s'attendait pas à tant de brutalité de la part du lapin. Allen serait donc the sujet à ne pas aborder ?

Elle quitta la bibliothèque, elle ne lui apprendra rien. Elle réalisa le temps qui s'était écoulé depuis l'arrestation d'Allen. Elle ne devait pas perdre une seule minute.

Elle devait apporter la tarte à la Reine car l'heure du goûter n'attend pas. Alors bien aimé entré dans la pièce en hurlant « It's tea time » mais pas question de se faire remarquer. Elle fit donc son travail silencieusement et fit une révérence avant de s'asseoir non loin de là. Elle n'avait pas le droit de participer mais la Reine désirait sa présence.

– Vous savez ma chère, j'adore l'heure du goûter. Un très beau cadeau de mon amie, le Temps.

Lenalee ne releva pas la personnification.

– Qu'on m'apporte le Chapelier !(murmure) Que le jugement dernier ait enfin lieu !

Elle l'avait attendu ce moment. Mais au final, elle n'était toujours pas prête et n'avait pas d'arme. Bien, dans tous les cas, même si elle décide de l'exécuter, ce ne serait pas tout de suite. Elle se devait de garder son calme.

– Je suis vraiment heureuse de t'avoir une fille aussi belle à mes côtés. Alors, pouvoir enfin condamner le Chapelier pour son crime me procurait encore plus de plaisir. Et puis , détruire quelque chose de précieux pour ma sœur ne peut être que satisfaisant.

?!

Les gardes arrivèrent en tirant Allen par ses chaînes. Lenalee le regarda horrifiée. Enchaîné de partout, les cheveux relâchés, il semblait avoir été malmené par les gardes. Son chapeau qui était une de ses plus grandes fiertés ne couvrait pas sa tête. Pas aujourd'hui. Sa cicatrice était d'autant plus voyante, son visage étant démaquillé. Ses yeux brillaient d'une lueur or trahissant ses idées malveillantes.

– Oh, bonjour ma Reine. Divinité aux mille étoiles. Je vous jure de vous protéger du chagrin et de la peine. À jamais, vous seriez couverte de mon voile.

Allen cherchait visiblement à se moquer de la reine.

– Tais-toi !

Il rit la Reine était déjà en colère. Il observa un instant Lenalee mais ne dit rien.

– Il fut dur de capturer après ta trahison, Chapelier. On pensait te retrouver dans le camp ennemi mais au final, tu les as aussi piégés.

Trahison ? Il aurait donc été au service de la Reine ?

– Même Kanda n'osait pas d'attaquer. Tu les as tous traumatisés.

Le sourire d'Allen ne fut que plus large.

Oui, Kanda lui même fut choqué de ce jour. Oh, pas au point d'avoir peur d'Allen, mais disons qu'il avait été surpris. Allen été doux et innocent. Allen faisait toujours en sorte de sauver le plus de vie, désobéissant ainsi à la Reine Rouge. Kanda le trouvait tellement niais. Puis, il avait commencé à devenir de plus en plus étrange. Absences, isolement, paroles incohérentes... La Reine s'inquiétait qu'il ne devienne infirme et pensait à le décapiter. Elle commençait à le suspecter de trahison jusqu'à ce fameux jour que tout le monde aurait préféré oublier.

– Dommage, rajouta-t-il non sans une petite pointe d'ironie.

– Je ne sais pas comment tu as fait pour te libérer de la punition de Miranda. Condamné à revivre l'heure du thé éternellement… Pire que la décapitation.

– L'heure du thé est vraiment agréable, vous savez.

Elle l'ignora et continua.

– Heureusement, Johnny a passé des heures pour trouver un poison qui pourrait même atteindre les gens de votre espèce.

– Oh… Et comment a-t-il pu le tester ?

– On s'est servi du 8ᵉ gardien que Kanda avait mis hors jeu tout simplement.

La Reine parlait de manière tellement hautaine et méprisante que Lenalee devait se retenir de la frapper.

– Je vois, je vois… Toujours aussi lâche à ce que je vois.

– Mais tais-toi donc imposteur. QU'ON LUI COUPE LA TÊTE !

Toutes les personnes présentes s'attendaient à cette conclusion. Rien d'étonnant.

– Vous êtes une femme vraiment ennuyante. Vous ne faites jamais preuve d'originalité. Komui et Mother subiront-ils le même sort ?

– Évidemment.

Cela ne fit qu'empirer le rire du Chapelier qui manqua de s'étouffer.

– Qu'on l'enferme à nouveau.

Lenalee décida de suivre les gardes.

– Mais où vas-tu ?

– Aux toilettes. Mes plus sincères excuses.

Discrètement, elle se rendit au cachot et rata de près d'être repérée.

– Tu as entendu ?

– Probablement une souris.

C'est le genre de moment où j'aimerais être petite.

Après s'être assurée qu'ils étaient partis, Lenalee sortie de sa cachette et courut en direction du Chapelier.

– Allen-Kun !

– Je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler comme ça, grogna-t-il.

– Mais… Pourquoi ?

Il soupira et sourit tristement.

– Ce nom me rappelle trop de mauvais souvenir. Entre mon enfance et mon appartenance à l'armée rouge… Chapelier, c'est neutre et classe.

– Où sont les autres ?

– Il semble que Mother nous ait quitté. Mais Komui se trouve dans une autre cellule plus à gauche.

Lenalee fut surprise du calme avec lequel il a annoncé le décès.

– Que pourrais-je faire maintenant ?

– Si tu pouvais me ramener mon Katana. Enfin… Je ne suis même pas sûr de pouvoir l'utiliser.

Il gémit.

– Le poison n'a pas encore disparu de mon organisme. Sur ce coup, Johnny ne s'est pas moqué de moi.

Le sang coulait doucement de ses lèvres. Elles étaient peu à peu teintées de l'hémoglobine. Le cœur de la jeune fille fit un bond. Si Lenalee aurait pu traverser les barreaux, elle l'aurait probablement embrassé. Mais ce n'était pas le cas.

– Si tu cherches une arme, cherche du côté du Bandersnatch, une sorte de chien ours blanc. Mais ne te force pas, j'ai d'autre cartes en mains, il faut juste que je me repose… Un peu…

Il s'endormit

– Je te sauverai ! C'est une promesse !

Même avec son sale caractère, je ne peux le haïr.

Même s'il faisait du mal à tes proches voir à toi-même ?, l'interrogea sa voix intérieure.

Allen ne ferait jamais ça !

En es-tu si sûre ?

Elle courut retrouver la Reine qui tapait du pied pour insister sur son impatience. Elle n'épargnait pas le pauvre Link qui évita de gémir à chaque nouveau coup.

– Tu en as pris du Temps.

– Toutes mes excuses, je m'étais perdue.

– Pour te faire pardonner, tu vas me mettre au lit.

– Qu…Bien sûr, Majesté.

Elle imita les sourires hypocrites habituels d'Allen et mena la Reine jusqu'à sa chambre, l'aida à se vêtir d'une chemise de nuit, la coucha et mit correctement ses couvertures.

– Même mes parents ne m'ont jamais traité avec tant de douceur.

– Oh.

– Ils ont toujours préféré ma sœur. Leur petite chouchoute.

Sa voix se brisa et ses yeux humides firent presque pitié à Lenalee. Elle lui tourna le dos lorsque celle-ci l'interpella.

– Et mon bisou alors ?

Mais quelle enfant…

qui aurait cru que Luberier puisse avoir un tel comportement en tant que femme ?

Elle l'embrassa et quitta le palais. La Lune s'était levée. Elle riait de Lenalee qui portait l'uniforme de bonne du palais. Mais Lenalee ne lui en voulait pas. Après tout, c'était bien elle qui éclairait ses pas dans les ténèbres de la nuit.


Je pars en vacances pendant 2 semaines donc ne vous attendez pas à un chapitre, chers lecteurs (inexistants XD)

Merci d'avoir lu