Bon, voici un chapitre en avance étant donné que je n'ai pas publié de chapitre la semaine du 13 au 19 août.

Disclaimer: Les personnages appartiennent à Hoshino Katsura et à Lewis Caroll

Bonne lecture


Lenalee avait veillé Allen toute la nuit. Tyki lui avait donné une robe blanche pour qu'elle puisse se changer. Il passait de temps en temps voir si l'état du garçon s'améliorait. Il lui avait administré un mélange de plantes qui devrait lui permettre de guérir plus vite.

– Ne t'inquiètes pas gamine. Il est différent du commun des mortels, il s'en remettra sans problème. (plus bas) Bien que je sois étonné qu'un simple scientifique puisse avoir élaboré un tel poison.

Il soupira. Bientôt, ils n'en feraient qu'une bouchée de ces guignols.

– On m'avait dit que les gardiens haïssaient le Chapelier. Pourtant vous nous avez sauvés.

– C'est vrai, c'est vrai. Mais notre princesse_que dis-je_ notre Reine le porte particulièrement dans son cœur malgré l'incident d'il y a cinq ans.

Incident ?

– Et puis, c'est un bon compagnon de jeu.

Pervers ?

Tyki sourit devant l'air consternée de la jeune fille.

– Ce n'est pas ce que tu crois.

Il toussota pour cacher sa gêne.

– Mais Allen est différent de vous.

– Oui et non. Il possède le gène N, ce qui le rapproche de nous. Il est destiné à rejoindre les gardiens. Mais il nous aime pas, ajouta-t-il avec tristesse.

Elle le reconnaît bien là. Elle ne put s'empêcher de sourire.

– Il n'approuve pas certaines de nos méthodes comme la torture. Il a sauvé ce lapin ou lièvre, je ne sais plus.

Lenalee se tut.

Torture.

Ce mot résonna en elle comme une brûlure.

Le camp de la Reine Blanche n'était pas blanc mais celui de la Reine rouge était bel et bien rouge

Sang. Décapitation. Vivisection. Dictature. Ambiance oppressante.

– Il dit que cela revient à se comporter comme un animal…

Enfin des paroles censées de la part du Chapelier. Elle se devait de l'avouer qu'il était plutôt effrayant parfois.

Alors que Tyki allait partir Lenalee le retint.

– Pourquoi m'avoir sauvée moi aussi ?

– pour m'amuser.

Et il disparut.

Et le silence fut.

Lenalee s'endormit. Bizarrement, elle se sentait en sécurité ici.

Allen ouvrit doucement les yeux. Ils avaient repris leur habituelle couleur argentée. Où était-il ? Son corps était bandé. On avait pris soin de lui. Certainement y avait-il un intérêt derrière tout ça. Personne ne l'aimait. Il n'en avait pas le droit à l'Amour. Un monstre comme lui… Il fut surpris de voir Lenalee à ses côtés. Elle l'avait sauvé… En se liant à cette horreur. Elle portait une robe blanche. Classique avec un peu de dentelle. Elle lui allait bien. Un ensemble mignon. Il réalisa ce que cela signifiait… Ils se trouvaient en ce moment chez La Reine blanche.

– Allen-kun…

Elle bailla.

– C'est Chapelier pour toi. D'ailleurs, où se trouve donc mon chapeau ?

Quel ton sec. Il n'était pas de bonne humeur.

– Désolée, je ne pouvais pas tout porter.

Il soupira. Il ne pouvait lui en vouloir.

– Merci de m'avoir sauvé, finit-il par dire.

Elle l'observa. Il ne la regardait pas, les yeux dans les vagues.

– Par ma faute, ton destin est maintenant lié à une Malice.

– Je peux me battre maintenant.

– Tu risques de devenir un déchu si tu restes avec quelqu'un comme moi.

D'horribles visions assaillent son esprit. L'enfant cobaye de la congrégation… Ce pauvre enfant sourd, détruit par l'Église… La souffrance infligée par l'Innocence… La trahison de Suman Dark… Les choses étaient pareilles ici ?

Elle secoua la tête de droite à gauche.

– Je resterai avec toi quoiqu'il advienne.

Oui, le Chapelier était effrayant. Mais il était le seul à ne pas être esclave d'une de ses deux Reines, toutes les deux tout aussi odieuses.

– Même si je possède le gène N ?

– Ça ne change rien.

– Ces gens sombrent tous dans la folie.

Vous êtes déjà tous fous…

Comme s'il lisait en elle, il rajouta.

– Des psychopathes… Des sadiques… Des fous particulièrement dangereux.

Elle prit son visage dans ses mains et le regarda droit dans les yeux.

– T'identifies-tu comme ce genre de personnes dans ton esprit ?

Elle semblait essayer de lire dans son esprit. Allen avait horreur de regarder une personne dans les yeux plus de 2 secondes. Il essaya de détourner le regard mais Lenalee continua à maintenir sa tête de façon a que ce soit impossible.

– Qui es-tu réellement ?

Sa question le brûla de l'intérieur.

Les voix qui ne voulaient se taire ne cesser de la lui poser.

Ils étaient là… Tout proche, se rapprochant de seconde en seconde. Rongeant peu à peu son être.

Qui es-tu ? Qu'es-tu ? Que veux-tu faire ? Pourquoi Dieu t'a-t-il laissé en vie alors que d'autres sont morts ?

Il enfonça ses ongles dans son visage pour se soulager.

Il se sentait constamment harcelé, suivit. Il était perpétuellement angoissé, effrayé par des créatures tout droit sortit de son esprit.

Il eut l'impression de plonger dans l'abysse tiré vers le fond par des personnes inconnues. Mais Mother lui avait toujours répété que tout allait bien , qu'il n'y avait personne.

– Ahahah…

Ces yeux passaient d'une couleur à une autre traduisant son déséquilibre psychique.

Il recula, voulant s'éloigner de la jeune fille. Elle ne devait pas l'approcher.

– Allen ?

Étrange. Il ressentait une émotion inconnue. Ce n'était pas de la haine ou l'envie de détruire.

C'était différent.

– Ne t'approches pas de moi.

Aucune agressivité dans sa voix. Fatigue, supplice, tourment…

– Ne t'inquiètes pas, Allen-kun… Ils ne te feront pas de mal, je suis là.

Elle le serra dans ses bras.

C'est un peu niais, je l'avoue. Mais…

Il en avait besoin. Être rassuré, protéger…

Pourtant son rythme cardiaque continua de s'accélérer.

Désir ? Morbide, sexuelle ou juste un besoin d'affection ?

Lenalee l'ignorait. Allen la reproduit son geste et enlaça Lenalee de ses bras, le visage enfoui dans sa nuque.

Pendant une courte période, les voix se turent. Depuis combien de temps n'avait pas eu de silence dans sa tête ? Apaisement.

La respiration d'Allen devint plus régulière et plus lente.

On toqua à la porte. Quelqu'un toussota. Lenalee reconnut David. Il ramenait des vêtements propres pour Allen, ainsi qu'une palette de maquillage.

– La Reine demande à te voir. Avec ta copine. Elle s'était dit que tu n'aimerais sûrement pas paraître comme tu es actuellement. Sois prêt dans 10 minutes !

L'agressivité dans sa voix laissait deviner à quelque point il haïssait Allen.

Lenalee laissa Allen s'habiller jusqu'à celui l'interpelle.

– Pourrais-tu…m'aider à me maquiller, s'il te plaît. Mother avait l'habitude de m'aider mais…

Évidemment que ce n'est pas facile de le faire seul, si tu as peur des miroirs.

Sans rechigner, elle tenta d'imiter l'ancien style de Mother mais ses mains tremblaient. Elle n'avait pas l'habitude du maquillage. Chez elle, la guerre était Reine. Pas de temps à perdre pour des futilités.

– Ce n'est pas grave si tu n'y arrives pas. Du moment que ma cicatrice est amoindrie.

Il se releva, attrapa un élastique et s'attacha les cheveux. Il ressemblait de nouveau à l'homme légèrement effrayant qu'il l'avait sauvée des Jasdavid. Mais il manquait quelque chose… Le sourire.

– Bien, allons-y. Mais évite de te faire remarquer. La reine est… Spéciale.

Ils serrèrent leurs Katanas à leur ceinture.

N'allons-nous pas nous faire remarquer rien que pour ça ?

En son for intérieur, elle soupira.

Ils longèrent un long couloir blanc. En fait, tout était blanc ici. Même le chapeau qu'Allen avait enfilé. Il avait horreur de devoir porter des habits d'ici mais « pas question de sortir sans chapeau ».

La Reine siégeait au centre de la salle sur un trône fait de diamant et de glaces. Fait surprenant, ses cheveux étaient d'un noir corbeau. Allen se mit à genou devant elle et lui fit comprendre de faire de même. Un signe de soumission de la part du Chapelier ? Mauvais signe.

– Ça faisait longtemps. C'est dommage que tu ne restes jamais chez nous.

– Je ne partage pas votre idéologie.

Elle sourit.

– Il a fallu que tu sois en danger pour que nous nous retrouvions. Je suis par ailleurs étonnée que tu te sois fait capturé.

– J'étais amorti ce jour-là. De plus, il avait envoyé Sokaro. Dans un état normal j'aurais probablement pu le battre mais dans le contexte… Il est doué, je ne peux le nier.

– Ils ont créé ce poison en se servant de Skin, n'est-ce pas ?

Il ne répondit pas, emmuré dans un silence profond.

– Tu étais fatigué, dis-tu ? Tu as conscience que ça n'ira pas en s'améliorant.

Que veut-elle dire par là ?

– Allen… Je suis si triste que nous nous soyons froissés ce jour-là. Vous, les gardiens, êtes comme ma famille, je ne veux pas vous perdre. Si tu pouvais oublier ce malheureux accident.

– Mon visage s'en souviendra pour toujours, Mère. Et puis, je n'ai jamais_et je ne le ferais jamais-rejoint les gardiens.

Mère ?!

La Reine prit la main du garçon dans la main et lui sourit.

– Je ne suis pas ta mère.

– Mana l'est.

– Je ne suis pas Mana. Je l'ai tuée.

– Eve n'a existé qu'au travers de Mana.

Pendant un cours instant, la colère se dessina sur le visage de la (jeune?) femme.

Elle reprit rapidement une expression plus douce et caressa le visage d'Allen.

– Nous sommes une famille dans tous les cas. Tu l'as reconnu même si je ne me considère pas comme ta mère.

– Pas dans ce sens-là.

Il repoussa les bras de la Reine et se releva. Un sourire se dessina sur son visage.

– Qu'attendez-vous de moi?

– Que tu rejoignes enfin nos rangs. Nous n'attendons plus que toi pour pulvériser la Reine Rouge.

Lenalee vit une lueur inconnue brillait dans les yeux du jeune homme.

– Bien. Je serais là lors de l'assaut.

Ils rirent ensemble. Lenalee se demandait bien ce qu'elle faisait ici. La reine se tourna enfin vers elle.

– Lève-toi.

Elle obeit.

– Oh ? Tu es aussi une élue de ces… Armes.

– …

– Heureusement que tu n'es plus avec Adolphine. Elle aurait corrompu ta beauté.

Ces deux femmes étaient vraiment les personnes les flippantes qu'elle avait rencontrées dans ce pays.

– Je suis heureuse de vous voir parmi nous. Vous êtes la bienvenue au bal de ce soir.

Bien sûr, « vous êtes la bienvenue » signifiait « vous avez pour devoir de vous présenter là-bas ! »

Son regard se fit plus menaçant.

– Tous les gardiens seront présents, et des gardes surveilleront. Chaque geste ou propos suspect seront retenus.

Lenalee déglutit péniblement. Allen murmura dans son oreille.

– Ne t'inquiètes pas, je gère.

Cela l'inquiéta encore plus.

– Après tout, ce soir c'est le grand bal.

Lenalee n'avait jamais assisté à ce type de mondanité. Elle fut forcée de porter des rubans et d'attacher ses cheveux en chignons. Des domestiques, vidés d'émotions durent l'aidé à se préparer dans une ambiance pesante. Elle ne cessait de soupirer.

Je passe de bonne à chouchoutée dans le camp ennemi… Qui plus accueillant au passage.

Elle devait rejoindre Allen à l'entrée. Elle était assez angoissée. Et si elle se perdait au milieu des invités ? Et puis, organiser un bal alors que la Reine rouge est non loin d'ici, désirant de tous les tuer, n'est-ce pas un peu étrange ?

Lorsque la Lune fut bien haute dans le ciel, Lenalee tenait la main de son cavalier et s'engagea dans le grand salon. Allen était particulièrement distingué le rendant charmant. Il n'était plus maquillé comme un clown et était coiffé correctement. Même son nœud papillon se tenait droit au niveau de son cou. Il l'entraîna au milieu de la foule. Lenalee prit conscience qu'elle ne se trouvait pas seulement entouré d'être humain. D'ailleurs les humains semblaient être une minorité.

– Bonjour, Mme Kamelot

Il fit une légère révérence.

– Oh, vous êtes le petit Allen. Vous avez bien changé. Quel dommage que vos cheveux aient blanchis prématurément. Vous paraissait plus vieux.

– C'est regrettable, en effet.

Il était visiblement agacé.

– Et puis, je ne suis plus « Allen » mais « Chapelier ».

Un sourire forcé au visage, ils commencèrent la valse dès le début de la musique.

Ce sont des instruments qui jouent touts seuls ?!

– Je ne sais pas danser.

– Les hommes mènent la danse, alors ne te fais pas de souci.

Il l'emporta dans une danse folle qui n'avait rien avoir avec la valse. Plusieurs fois, elle se retrouva coller contre son torse. Elle pouvait sentir son cœur battre de manière anormale. Encore une fois, elle en ignora la cause, mais elle supposa que c'était juste dut à l'effort physique. Allen saluait tous les invités, « règle de politesse » disait-il. Ils semblaient tous se connaître… Allen avait donc dû passé beaucoup de temps chez la Reine blanche ?

Précipitamment, une petite fille lui sauta dessus l'emportant à la renverse.

— Allennnnnnnnnnn !

– Road..

Il grogna mais l'aida tout de même à se relever.

– Ça faisait longtemps. Tu m'as manqué.

Il lui frotta la tête et lui sourit gentiment.

– Tu m'as manqué à moi aussi, mais je suis occupé avec cette demoiselle. Reste avec ton oncle, je t'en prie.

L'enfant partie en boudant et ils purent reprendre leur danse.

– Je les hais tous, avec leur faux semblants.

Lenalee n'osait pas ajouter qu'il était lui aussi un hypocrite.

Alors qu'ils tournaient, Lenalee faillit tomber et se rattrapa de justesse à Allen.

– Pourquoi appelles-tu, la Reine « Mère » ?

– Parce que c'est ma Mère, rétorqua-t-il en souriant tristement. Elle m'a élevée.

– Mais pourquoi la haïr elle aussi?

Il étouffa un fou rire.

– Elle ne m'a jamais vraiment aimé. J'ai été manipulé depuis ma tendre enfance.

– Oh…

– De toute façon, le masque est tombé.

Allen avait enfin recommencé à sourire. Lenalee se sentait rassurée même si elle avait conscience qu'un danger approchait.

Allen menait, en effet correctement la danse même s'il ne respectait les codes. Lenalee tournait dans tous les sens et prenait parfois des poses qui l'incitait à se plier. C'était un peu douloureux. Le Chapelier, quant à lui, frémissait d'excitation. Il lui semblait de jouer avec une poupée. Une magnifique poupée, des plus éblouissantes. Il pouvait sentir ses doigts contre les siens, l'entendre haleter dans cette course folle. Il savourait le son que produisait son cœur qui battait de plus en plus vite. Sa peau était si douce et si pâle… Les étrangères étaient d'autant plus attrayantes de part leur ignorance et leur innocence. Lenalee ne pouvait comprendre ce monde. Elle ne pouvait que suivre… Adorable mouton.

Un sourire pervers se dessina sur le visage du jeune garçon, ce qui n'échappa à la jeune fille. Celui-ci cit se reprit. Mais pour qui se prenait-il ? Il eut envie de se gifler d'avoir pu penser de tels choses. Il méritait d'être puni.

Une serveuse s'approcha d'eux et leur proposa un verre de champagne. Allen détourna presque yeux à la vue de l'alcool.

– Non merci. N'auriez-vous pas du thé ou du jus de fruit ?

– Nous n'avons que de l'alcool.

– Dommage.

– Ce n'est pas une réunion pour les enfants, dit-elle en pouffant.

La musique changea brusquement. Le tempo s'accéléra. Allen commença à danser de plus en en plus vite.

– On suit le rythme, mademoiselle ?

– Aucun problème.

Elle se tut puis repris.

– Tu n'as pas peur sans ton arme ? Dans tous les cas, nous restons en terrain ennemi.

– J'ai d'autres cartes en mains, je te l'ai déjà dit.

– Tu n'as pas fait grand-chose la dernière fois.

– Le poison avait eu raison de moi.

– Mouais.

– Lenalee… Si tu veux, je peux briser ton Katana. Tu seras délivrée.

Tel un Noah qui détruit une Innocence…

– Non, je veux me battre à tes côtés.

– Je pense qu'elle n'apprécierait pas et se retournerait contre toi.

– Mais toi, tu es indemne.

Son visage s'assombrit.

– Qu'en sais-tu ?

Oui, il avait raison. Elle n'en savait rien. Rien du tout.


Alors oui, au pays des merveilles, tout ce qui est Noah est résumé à un simple gène... Le chapelier et Lenalee se retrouvent maintenant chez la Reine Blanche... Que va-t-il leur arriver. Tin,tin,tin,tin... Ok, c'est ridicule ;)

Merci d'avoir lu et à vendredi prochain ;)