Comme promis, le chapitre 1 tout de suite après le prologue. Bonne lecture !


Chapitre 1 : Les feux de la guerre

Avant de devenir maire de Beurk en 1899, Stoick Haddock avait fait une relativement courte mais très fructueuse carrière dans l'armée française. Il s'était engagé dès qu'il avait pu, à l'âge de dix-huit ans, et s'y était tout de suite plut, s'illustrant d'abord dans la fin de la guerre franco-prussienne, puis dans les différents conflits coloniaux et intérieurs qui suivirent. Il y gagna d'ailleurs son surnom, la Brute, en partie dû à son physique imposant et son énorme barbe flamboyante, mais surtout à cause de ses méthodes et de ses tactiques, toujours très offensives. Lorsqu'il quitta l'armée en 1896 pour épouser sa fiancé et retourner vivre sur Beurk, il était Capitaine, et c'était avec ce grade qu'il avait été mobilisé pour ce nouveau conflit qui frappait l'Europe toute entière.

Stoick était un soldat de la vieille école, qui se plaisait à répéter que les seuls vrais soldats, les braves, les hommes, se battaient dans l'infanterie, fusil à l'épaule et casque sur la tête, comme il l'avait toujours fait. Il avait peu d'amour pour la cavalerie, la jugeant bien prompte à courir, et encore moins pour l'artillerie. « Des couards, disait-il souvent, qui se cachent derrière les lignes, bien à l'abri pendant que nous nous battons au corps à corps avec les adversaires ». Néanmoins, en tant qu'officier, il comprenait que ces unités étaient importantes dans les combats modernes, presque vitales même, alors il les tolérait, d'autant plus qu'il n'avait pas son mot à dire en tant que simple Capitaine. Mais le pire pour Stoick n'était pas ces unités, dont il comprenait l'utilité, bien au contraire, le pire pour lui c'était la grande nouveauté qui suscitait alors un grand engouement pour tout le monde, civils comme militaires, l'aviation.

« Quand j'imagine que les italiens ont utilisé ces foutues machines volantes contre les turcs ! Et maintenant tout le monde veut faire joujou avec ! »

Harold grimaça en entendant l'exclamation de son père dans leur salon où il préparait ses affaires.

« Eh, que veux-tu que je te dise Stoick ? Ils ont vu que ça pouvait être efficace alors forcément ça les intéresse.

– Efficace ? Ah ! Ne me fais pas rire Gueulfor, tu as vu ce qu'affrontaient les italiens là-bas ? Ils auraient pu aller se battre avec des spaghetti et être tout aussi efficaces »

Depuis sa chambre à l'étage de leur maison, Harold pouvait parfaitement entendre la conversation entre son père et son parrain, le forgeron du village, Gueulfor. Ce-dernier était aussi le meilleur ami de son père, avec qui il s'était engagé dans l'armée, mais Gueulfor avait été moins chanceux, un tir d'artillerie prussienne lui avait arraché la jambe gauche et le bras droit, faisant de lui un infirme inapte au combat. Cela ne l'avait pourtant pas empêché de faire ce qu'il voulait, et quelques mois et deux prothèses plus tard, il avait reprit la forge du village.

Harold soupira, il avait toujours apprécié Gueulfor qui lui avait appris beaucoup de choses, mais lorsque ce dernier se trouvait avec son père, ils n'en finissaient pas de critiquer tout ce qu'ils pouvaient. Rangeant précautionneusement ses précieuses lithographies d'avions qu'il était en train de contempler sous son lit, le jeune garçon soupira une seconde fois. La position de son père quant à l'aviation étaient très bien connues sur Beurk et partagées par la totalité de la population, ou presque. Harold avait toujours été différent des autres, et tandis que le reste du village méprisait cette nouvelle « folie », le jeune garçon avait quant à lui toujours rêvé de pouvoir voler, et suivait en cachette les immenses avancées technologiques que le monde connaissait en matière d'aviation. Si son père découvrait que son propre fils adulait les mêmes machines qu'il détestait, Thor lui seul savait comment il réagirait.

Mettant ces pensées de côté, Harold quitta sa chambre et descendit l'escalier en bois massif qui menait au salon. Il y découvrit une scène qui lui sembla plus catastrophique que la guerre à venir. Gueulfor et son père, toujours pris dans leur critique des avions, tentaient, tant bien que mal, à la fois d'ajuster l'uniforme de Stoick et de faire rentrer ses affaires dans sa valise d'une manière brutale. Le jeune garçon s'arrêta sur l'avant-dernière marche et prit quelques secondes pour contempler le carnage avant de se racler la gorge pour signaler sa présence. Aussitôt, les deux hommes cessèrent leur débat et se tournèrent vers lui.

« Harold, te voilà, le salua son père. Pourrais-tu m'aider avec ceci ? Fit-il en montrant d'un geste de la main son uniforme. J'ai bien peur que ton parrain ne soit handicapé de la seul main qu'il lui reste.

– Hé ! Protesta ce-dernier d'un ton faussement blessé pendant que Harold s'exécutait. Je ne me rappelle pas t'avoir vu faire des prouesses non plus, et pourtant toi tu as deux mains.

– Voyons Gueulfor, répondit Harold tout en ajustant le col de la vareuse couleur horizon de son père, tu sais bien que les mains de papa sont faites pour casser des troncs d'arbre en deux, pas pour faire du travail de précision… Ah, voilà, là c'est parfait.

– Hmmph… Grommela Stoick. Merci fils.

– Ce n'est rien, répondit-il. Et je vais aussi m'occuper de ça, dit-il en pointant du doigt la valise en piteux état, avant que tu ne détruises tes bagages.

– Oh merci ! S'exclama alors Gueulfor. Une seule seconde de plus passée à essayer d'arranger les affaires de cette tête de mule et je jure que j'aurais mangé ma jambe de bois !

– Eh ! C'est toi qui a proposé de ton plein gré de venir m'aider !

– On ne m'avait jamais dit que la guerre commençait dans ton salon, Stoick ! »

Avec un léger sourire, Harold laissa les deux hommes se chamailler et entreprit de mettre en ordre les affaires de son père. Il se pencha et commença par sortir tout ce qui avait été mis en désordre dans la petite valise, puis replia les vêtements et les plaça convenablement dans le sac en optimisant au maximum la place disponible. Quelques minutes plus tard, la valise était prête et parfaitement rangée tandis que les deux amis avaient finalement arrêté de se chamailler.

« Merci fils, fit Stoick de sa voix grave, je ne sais pas ce que je ferais sans toi.

– Oh, je ne sais pas, répondit Gueulfor à la place du jeune homme, tu finirais très certainement avec tous tes habits déchirés et ta maison complètement en désordre.

– Merci pour tes indications Gueulfor, soupira Stoick en se massant les sourcils.

– Oh mais de rien mon cher ami, je suis là pour ça après tout.

– Mmh… Fit simplement Stoick avant de se pencher pour prendre ses bagages et de se tourner vers Harold. Bon, travaille bien, je reviens vite, normalement »

Sur ce, il se dirigea vers la porte et, suivit par Gueulfor, quitta la maison en direction du port où un bateau attendait les hommes du village qui partaient pour la guerre. En fermant la porte derrière eux, son père n'entendit pas Harold murmurer :

« Et je serais pas loin, logiquement »

o0o

Harold demeura debout dans le salon de longues minutes après le départ de son père, perdu comme dans une transe. Son esprit d'habitude pourtant si rapide avait du mal à gérer l'information. Son père venait de partir sur le front, pour une guerre qui semblait s'annoncer terrible, et il était parti persuadé que la guerre serait courte et se terminerait par une écrasante victoire française. En revanche, son esprit semblait se surpasser pour lui fournir toute sorte d'images et situations horribles de la guerre, généralement avec son père comme personnage principal. Puis, finalement, son cerveau réalisa ce qui se passait et le jeune garçon s'écroula au sol, des larmes s'écoulant sans pouvoir s'arrêter sur ses joues.

C'est dans cet état, prostré sur le sol, qu'Astrid le découvrit une quinzaine de minutes plus tard. Aussitôt, elle alla se pencher à ses côtés et, après l'avoir gentiment réconforté, le conduisit jusqu'à sa chambre. Elle l'aida jusqu'à son lit, puis le laissa quelques instants pour aller préparer deux grandes tasses de chocolat chaud – la seule chose comestible qu'elle était capable de préparer sans la transformer en poison – qu'elle apporta ensuite jusqu'à la chambre du garçon.

Les deux amoureux demeurèrent immobiles et silencieux plusieurs heures avant qu'Harold ne se décide à briser le silence.

« Pourquoi ? Commença-t-il d'une voix brisée, fatiguée par les larmes et les pleurs. Pourquoi doit-il partir ? Pourquoi y a-t-il cette guerre ?

– Je ne pense pas qu'il y ait de réponse à tes questions, répondit doucement Astrid en prenant gentiment sa main dans la sienne. Certaines fois, le monde paraît fou, mais je crois que malgré tout, on se doit d'être forts, pas seulement pour nous, mais aussi pour les autres.

– Tu la sors d'où cette citation ? Demanda-t-il, faisant sourire sa fiancée.

– Revoilà enfin mon sarcastique petit-ami, fit-elle joyeusement, et pour ta gouverne, c'est de moi.

– Si tu le dis.

– Allez, viens avec moi, on va se préparer un bon dîner, pour rester forts »

Le garçon sembla considérer la proposition quelques instants avant de se lever tout en s'efforçant de sourire.

« Très bien, mais c'est moi qui cuisine, je tiens encore à la vie, lança-t-il, ce qui lui valut un coup de poing sur l'épaule.

– Je te trouve bien désagréable avec la personne qui t'as si gentiment servi un excellent chocolat chaud.

– Vous m'en voyez désolé, gente dame, dit-il en exagérant son articulation, devrais-je ramper à vos pieds pour m'excuser de ce comportement odieux ?

– Mmm… Laisse-moi voir, fit-elle d'un ton faussement pensif, pourquoi pas ? Mais je pense que juste ta cuisine me suffira pour cette fois.

– La sentence est donc décidée, je suis désormais de corvée de repas jusqu'à la fin de mes jours, me voilà donc esclave »

Amusée par les remarques de son fiancé et rassurée qu'il parvienne à surmonter son chagrin, Astrid éclata de rire, rapidement rejointe par Harold qui avait grand besoin de se défouler ainsi. Tout en continuant de discuter joyeusement, le jeune couple se dirigea vers la petite cuisine où Harold entreprit de préparer un repas simple et léger car, après tout, ils étaient en plein été, et le chocolat chaud leur avait déjà apporté bien assez de chaleur inutile.

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Les jours qui suivirent furent une succession de hauts et de bas pour Harold. Certains jours il paraissait comme avant, et d'autres le voyaient pratiquement tomber en dépression nerveuse. Heureusement, Astrid était présente pour apporter son soutien, même si elle se sentait presque coupable de ne pas se retrouver dans la même situation. Son père était mort alors qu'elle n'avait que quelques années, et son oncle Finn était infirme et ne pouvait pas se battre. De son côté, Harold avait dû voir partir son père et – même si cela ne l'attristait pas autant – son oncle et son cousin Rustik qui avait à peine dix-huit ans. C'était dur pour lui, peut-être plus que pour n'importe qui d'autre.

Puis vinrent les premières lettres du front. C'était au milieu d'octobre lorsque la bateau qui amenait le courrier sur l'île arriva enfin. Aussitôt, tout le village se rua au port, priant pour avoir de bonnes nouvelles de leurs proches. Harold se fraya un passage dans la foule aux côtés d'Astrid, jusqu'à pouvoir apercevoir le capitaine du navire. C'était un homme fin de taille moyenne, nommé Johann, il était d'origine britannique et avait émigré en France bien des années auparavant. Il était d'ailleurs l'un des seuls étrangers à venir régulièrement sur Beurk.

Tout en jouant des coudes pour franchir la marée humaine, Harold remarqua du coin de l'œil que quelques familles n'avaient pas reçu de lettre de la part de leur fils ou mari, ou les deux, mais à la place un court message d'excuse marqué du sceau de l'armée. Le cœur noué, le jeune garçon s'avança jusqu'au marin qui le reconnut aussitôt.

« Ah, jeune maître Harold ! S'exclama-t-il avec un fort accent. J'ai ici une lettre pour vous »

A ces mots, il fouilla dans un grand sac qu'il avait descendu de son navire et qui, visiblement, contenait le courrier de l'île.

« Voilà pour vous ! » Fit-il en lui tendant une lettre toute simple, au papier blanc et épais.

Sentant son cœur accélérer, Harold le remercia d'un rapide hochement de tête et s'éloigna comme il le pouvait, laissant derrière lui les autres villageois. Astrid sur ses talons, il se dirigea vers sa demeure en tenant la lettre fermement dans ses mains, avant de finalement atteindre le pas de sa porte.

Une fois au chaud à l'intérieur, il s'assit dans l'un des fauteuils du salon tandis qu'Astrid en déplaçait un second pour venir s'installer à sa droite. Sans pouvoir esquisser le moindre geste, Harold continuait de fixer la lettre désormais posée sur ses genoux. Sentant que son fiancé hésitait, Astrid posa gentiment sa main sur son épaule. Aussitôt, Harold vint placer sa main droite sur la main d'Astrid et releva la tête pour la regarder droit dans les yeux. Rassuré, il esquissa un léger sourire avant de se pencher vers la lettre et, avec un profond soupir, la retourna pour l'ouvrir.

A l'intérieur se trouvait seulement une feuille pliée en trois qu'il sortit précautionneusement et déplia. Aussitôt, l'écriture brouillonne et pleine de ratures le rassura, c'était bien une lettre de son père. Avec un léger sourire à Astrid qui avait, elle aussi, comprit qu'il s'agissait bel et bien de l'écriture de Stoick, il entreprit de lire la lettre.

Le message de Stoick était concis, droit au but, et Harold ne put s'empêcher de sourire en se rappelant que son père avait toujours fonctionné comme ça, il n'avait jamais aimé raconter les détails, ou parler de lui. En lisant la lettre, Harold découvrit que les premiers jours de combat avaient été très durs et intenses, l'Allemagne avait envahie la Belgique malgré sa neutralité, et le traité signé par la France et le Royaume-Uni les avait forcés à venir au secours des belges qui ne faisaient pas le poids face aux troupes allemandes. Les premiers affrontements avaient été catastrophiques pour les alliés, qui s'étaient vu infliger d'immenses pertes, mais après une série de victoires, la situation s'était quelque-peu égalisée. Au moment où Stoick écrivait cette lettre, les deux camps venaient de se lancer dans une « course à la mer » pour atteindre les premier les très importants ports de la Manche. Stoick expliquait aussi qu'avec les importantes pertes chez les officiers, il s'était vu accorder une promotion jusqu'au grade de lieutenant-colonel et avait été un peu écarté des combats, ce qui le vexait profondément, mais fit le bonheur de son fils. Il achevait la lettre par un simple « Porte-toi bien, fils » avant de signer de sa signature tout aussi imposante que lui.

Après avoir fini de lire la lettre, Harold poussa un profond soupir de soulagement. Il posa le courrier sur la petite table qui se situait aux côtés du fauteuil, et s'enfonça dans son siège en fermant les yeux. Les nouvelles avaient été particulièrement bonnes, son père était vivant et, mieux encore, il avait reçu une promotion ayant pour effet de l'éloigner du combat, même s'il n'avait jamais aimé rester en retrait lors d'un affrontement, il avait toujours préféré se battre en première ligne, et quand on lui demandait pourquoi il prenait autant de risque comme ça, il répondait généralement par sa phrase préférée : « On est des soldats, ça a toujours été un métier à risque ». Juste à côté de lui, Astrid semblait tout aussi heureuse que lui, si bien qu'elle s'avança pour déposer un rapide baiser sur sa joue. Les deux jeunes amoureux rougirent aussitôt, même s'ils étaient fiancés et qu'ils s'aimaient, ils se considéraient encore trop jeunes pour montrer ce genre d'affection, mais ils pouvaient bien faire une petite exception pour ce jour là. Après tout, ce n'était pas un si mauvais jour.

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Les jours, puis les mois continuèrent de passer, sans que la situation sur le front ne s'améliore, mais les lettres continuaient d'arriver. Avec elles venaient souvent des déclarations de décès, mais heureusement, ces-dernières semblaient être de moins en moins régulières. Stoick continuait de diriger des troupes depuis un endroit légèrement reculé, et il continuait de s'en plaindre, et Harold continuait de s'en réjouir. Surtout que maintenant que son père ne se trouvait plus dans une situation critique, le jeune garçon pouvait se permettre de moins penser à son père, et plus à ses passe-temps, et notamment son passe-temps préféré, celui qu'il ne pouvait absolument pas exercer quand son père était présent, l'aviation. Bien entendu, il ne s'agissait pas vraiment d'aviation, il n'avait pas d'avion et ne pouvait espérer en obtenir un un jour, d'autant plus que même si son père était absent, il y avait encore de nombreux villageois présents, et ils partageaient l'avis de leur maire quant aux avions. Alors Harold se contentait de lithographies et de quelques revues qu'il avait pu obtenir grâce à Johann, ainsi que de son imagination. Tous les jours lorsqu'il n'était pas avec Astrid, il dessinait de magnifique machines volantes, et s'imaginait en train de les piloter, laissant son esprit dériver au gré des vents de son imagination.

Ce fut en décembre qu'un nouvel événement vint le marquer, lorsqu'il se retrouva sans son père pour la première fois de sa vie le jour de Noël. C'est ce jour que beaucoup de dures réalisations lui tombèrent dessus. Il savait grâce à son éducation que l'Allemagne disposait d'une bien plus grande population que la France, et qu'ils avaient beaucoup d'alliés et, malgré le fait que la France disposât elle aussi d'un important nombre d'alliés, il commençait à douter de la capacité de son pays à repousser l'envahisseur allemand. Et si les soldats alliés étaient trop peu nombreux ? Que se passerait-il pour son pays ? Quel avenir pour tous ses concitoyens ? Pour son père ?

Rongé par ses doutes, et malgré le réconfort que lui apportait Astrid, il ne put s'empêcher de ruminer ces sombres pensées dans les jours qui suivirent, et sembla tomber dans un nouveau bas. Rien ne pouvait le réconforter, pas même les douces attentions de sa fiancée qui venait lui tenir compagnie tous les jours et restait jusque tard le soir à ses côtés pour qu'il n'ait pas à s'endormir seul. Ce fut d'ailleurs sa période la plus sombre, rongé par la tristesse, il perdit beaucoup de poids alors qu'il n'était déjà pas très lourd. Astrid finit par se demander s'il s'en remettrait un jour.

Puis, à la surprise générale, il se redressa au milieu du mois de janvier 1915. D'un jour à l'autre, il reprit son train quotidien comme si rien ne s'était passé, faisant la joie de sa fiancée qui se demandait malgré tout ce qui avait bien pu le motiver à franchir ce pas. Car Harold s'était isolé même de sa fiancée pendant les quelques jours de sa déprime, et il était seul lorsqu'une idée lui vint, idée qui le motiva à sortir de son isolement.

Il n'en parla à personne, mais il continua de préparer tout ce dont il aurait besoin pour son plan, travaillant le soir en secret. Il poursuivit ainsi jusqu'au soir du vingt-sixième jour de février, quand il put enfin déposer devant lui les deux papiers vitaux à son plan. C'est à cet instant précis qu'il se résolut fermement à accomplir ce qu'il avait jugé comme étant son devoir, tout en posant son regard sur le papier de gauche, un acte de naissance dont la date indiquait 1897.

Harold Haddock en avait assez d'attendre chez lui à ne rien faire, le lendemain il partirait rejoindre les terres et s'engagerait dans l'armée.


Je ne vais pas répéter ce que j'ai déjà mis après le prologue puisque à priori vous venez de le lire, du coup je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour le chapitre 2 :)

Adraën.