Bonjour tout le monde ! J'espère que vous allez bien :)
Chose promise, chose due, voici le chapitre 2, bonne lecture !
Chapitre 2 : Le rampant
« Rappelle-moi encore une fois pourquoi tu dois partir sans moi ? »
Se tournant vers sa fiancée qui l'aidait à préparer un petit sac de voyage, Harold lui prit la main en souriant gentiment.
« Tu sais bien que si j'avais pu, je t'aurais emmenée avec moi, répondit-il, mais la lettre était sans équivoque, je suis le seul à être admis.
– C'est quand même étrange cette histoire de collège pour garçons espagnol qui aurait entendu parler de toi et de ton énorme cerveau, grommela Astrid. Tu es sûr que ce n'est pas une blague ?
– J'en suis certain, fit-il, et tu l'as vue comme moi, tu penses vraiment que c'est une fausse ?
– Non mais… Commença-t-elle. Je n'aime pas te voir partir comme ça, même si l'Espagne a proclamé sa neutralité et que tu seras sûrement plus en sécurité là bas…
– Astrid, la coupa-t-il, ne t'en fais pas pour moi, je me porterai bien et je t'enverrai des lettres régulièrement, promis »
A ces mots, le jeune garçon plia et rangea sa dernière chemise avant de refermer le sac.
« Bon, dit-il en faisant passer le sac derrière son épaule, il faut que j'y aille, Johann n'attendra pas toute la journée »
Sur ce, il serra rapidement Astrid dans ses bras avant de quitter sa demeure. En descendant la légère pente qui menait au port, il sentit que sa détermination ne faisait que grandir. Certes, il avait dû mentir aux villageois et à Astrid, ce qui avait laissé un goût amer dans sa bouche, mais il allait enfin accomplir son devoir et protéger sa nation, sa patrie et tous les êtres qui lui étaient chers.
Il avait un plan bien défini dans sa tête, mis en place depuis plus d'un mois. Une fois à La Rochelle, il prendrait le train jusqu'à Nantes, pour éviter tout risque d'être reconnu, là bas, il se rendrait au bureau de recrutement et s'engagerait en tant que volontaire. Bien sûr, les Beurkiens seraient persuadés qu'il se trouvait en Espagne, dans un prestigieux collège pour garçons qui l'avait remarqué grâce à ses résultats, tout cela grâce à une soit-disant lettre du dit collège de Madrid. Ce qu'ils ne savaient pas, c'était que cette lettre était une fausse, que Harold avait habilement forgée à l'aide de son don pour l'art. Il remerciait d'ailleurs le ciel que son île soit si isolée qu'elle ne comprenait pas entièrement comment fonctionnait le reste du monde, car n'importe qui avec suffisamment de connaissances aurait su qu'il était totalement impossible qu'un collège espagnol repère et recrute un élève français, surtout en plein mois de février.
Dans le grand plan d'Harold, quelques problème étaient restés, son âge par exemple. Problème qu'il avait réglé en créant un faux certificat de naissance. Il en avait profité pour régler le reste des problèmes, en plus de reculer son année de naissance de trois ans, il avait pris un faux nom, Henri Lecroc, et avait changé son lieu de naissance pour Rumigny dans les Ardennes. Comme le département était actuellement sous occupation allemande, il serait impossible à quiconque d'accéder aux archives permettant la vérification de ses dires. Il avait tout prévu.
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Après une longue journée de déplacements, Harold se retrouva enfin dans la ville de Nantes et, avant qu'il ait eu le temps de s'en rendre compte, il était arrivé au bureau de recrutement le matin du vingt-huitième jour de février.
La file d'attente devant le recruteur n'était pas très bien garnie, si bien qu'au bout d'une quinzaine de minutes, il ne resta plus qu'un seul homme devant lui. Sentant le stress s'emparer de lui, Harold s'efforça de se calmer tout en répétant dans sa tête ce qu'il devrait dire. Pour se rassurer, il entreprit de relire son faux acte de naissance, avant de se figer, son sang se glaçant dans ses veines.
Henri Lecroc, né le vingt-neuvième jour de février de l'année 1897
Il n'avait pas changé le jour, or, il n'y avait pas de vingt-neuf février en 1897, année non bissextile. Le jeune garçon se donna aussitôt un coup de pied intérieurement, maudissant son esprit censé être si performant pour avoir laissé passer une bourde pareille. Harold considéra un instant quitter le bureau et revenir un autre jour après avoir rectifié cette erreur, mais un coup d'œil derrière son dos lui apprit que la file s'était bien remplie derrière lui, et qu'il serait immédiatement repéré, d'autant plus que, devant lui, le recruteur venait d'en finir avec son prédécesseur et de l'envoyer à la visite médicale.
« Suivant ! » Fit la voix du recruteur qui ne semblait pas particulièrement patient.
Prenant une grande inspiration et priant tous les dieux du panthéon nordique, Harold s'avança.
« Nom, prénom, âge et papiers d'identité, lança le recruteur sans lever les yeux, si t'en as pas, on accepte le livret de famille ou le certificat de naissance.
– Har… Commença le jeune garçon avant de se reprendre. Henri Lecroc, dix-huit ans »
Harold tendit aussitôt son faux certificat de naissance à l'homme devant lui.
« Dix-huit ans, répéta ce dernier en saisissant le papier, engagé volontaire donc. Alors petit, on veut avoir sa part de gloire ? Né en Ardennes ? Fit-il sans attendre de réponse à sa question précédente. Tu es loin de chez toi, gamin.
– Ma famille s'est enfuie pour éviter la capture par les allemands et nous nous sommes retrouvés ici, répondit Harold à la question dissimulée comme il s'y était entraîné.
– Ah ! Tu m'en diras tant, de toute façon, avec les Boches qui occupent les Ardennes, je vais devoir te croire. Alors, né le vingt-neuf février 1897, alors, trois plus quinze… Euh… Dix-huit, c'est bon, enfin pas tout à fait, mais ce sera bon demain et on est pas à un jour près, hein petit ? »
Harold n'en croyait pas ses oreilles, il était probablement tombé sur le recruteur le plus stupide de France. La chance était peut-être avec lui, après tout. Puis le recruteur releva la tête et fronça les sourcils, découvrant le jeune homme devant lui, les cheveux bruns et rebelles, le visage enfantin avec de grands yeux verts, il ne lui aurait pas mis plus de quinze ans et il aurait eu raison, seulement le papier que le jeune homme lui avait fourni lui donnait dix-huit ans. Harold se dit alors que non, la chance ne devait pas être avec lui.
« Dis-moi petit, fit l'homme d'une voix plus sérieuse, tu es sûr d'avoir dix-huit ans ?
– Euh… Oui, balbutia Harold, je suis né prématurément, alors j'ai toujours été plus petit que les autres.
– Et tu veux quand même t'engager à dix-huit ans ? L'homme paraissait soupçonneux.
– Mon père a été mobilisé au début de la guerre, et je ne peux plus rester chez moi à rien faire pendant qu'il se bat sur le front ! »
Il se souvenait que sa mère, lorsqu'elle était encore en vie, lui avait expliqué que s'il devait vraiment mentir, ajouter une vérité au mensonge ne ferait que renforcer ce-dernier, le rendant plus plausible. Visiblement elle avait raison car, en entendant le ton décidé et honnête du jeune homme, le visage du recruteur s'était paré d'un large sourire.
« Tu as du répondant, petit, fit-il, et de la motivation, j'aime ça. Très bien, voici tes papiers, la visite médicale est derrière »
Soulagé, Harold le remercia d'un mouvement de la tête avant de se diriger vers la petite salle que l'homme lui avait indiqué.
La visite médicale, conduite par un vieux médecin sympathique ne fut pas un problème pour Harold qui, malgré sa constitution plus fragile, avait été habitué à effectuer toute sorte de tâches sur Beurk l'ayant fortement solidifié. Après avoir été déclaré apte par le médecin, il quitta la pièce par une porte opposée à celle par laquelle il était entré, et se retrouva dans une grande salle remplie de jeunes hommes tous plus grands et forts que lui. Il déglutit et alla se placer dans un coin de la pièce tout en essuyant des remarques sur sa taille et sa carrure. Il resta ainsi encore de nombreuses minutes, avant que plusieurs hommes en uniforme ne viennent pénétrer dans la pièce. Aussitôt, toutes les discussions cessèrent et le silence se fit sur la pièce. Le nouveau-venu qui semblait le plus haut gradé les observa en silence quelques instants avant de prendre la parole.
« Je n'ai pas besoin de vous rappeler pourquoi vous vous trouvez ici, fit-il d'une voix qui laissait transparaître de la fatigue, vous connaissez tous la situation que traverse la France, nous sommes pris dans la toute première guerre mondiale de l'histoire et nous avons besoin de vous, de jeunes gens braves et prêts à se sacrifier pour leur pays. Alors voilà comment ça va se passer, dans quelques instants, vous serez appelés à tour de rôle pour vos affectations, mais avant ça, j'ai un message à faire passer de la part du commandant Charles Tricornot de Rose, il vient de créer la toute première escadrille de chasse de l'armée de l'air française. Il lui manque du personnel et il cherche des volontaires »
A ses côtés, un des hommes s'avança légèrement, et Harold comprit au symbole ailé sur sa poitrine que cet homme s'occuperait ensuite des volontaires. S'il y en avait, car personne ne semblait particulièrement intéressé. En écoutant les murmures, il découvrit que certains semblaient avoir le même opinion que son père, tandis que d'autres semblaient plus effrayés par l'aviation que par l'infanterie. Harold, lui, se croyait au Walhalla. On lui proposait une affectation dans l'aviation avant même qu'il ne soit proprement engagé.
« Personne ? Relança l'officier.
– Si ! S'exclama Harold en se frayant un passage depuis le dernier rang. Je suis volontaire !
– Eh bien, fit l'officier en découvrant le propriétaire de la voix et en jaugeant ce-dernier du regard, je dois avouer que je m'attendais à, disons, mieux »
Sa remarque provoqua l'hilarité parmi les recrues qui renchérirent en se moquant de Harold, mais l'officier ne rajouta rien et se contenta de plonger son regard dans celui du jeune homme qui le soutint sans flancher.
« Quel est ton nom, petit ? fit-il alors, provoquant par la même occasion le silence parmi les autres.
– Henri Lecroc, monsieur ! Répondit Harold d'une voix ferme et décidée.
– Je vois, dit l'officier en se retournant vers son confrère, qu'en dites vous ? Lui demanda-t-il.
– J'en dis qu'il fera un excellent rampant, répondit l'intéressé en souriant. Bienvenue parmi nous jeune Henri »
Il tendit alors sa main en direction de Harold, l'invitant à la serrer, ce que le jeune fit sans hésiter, avant de l'entraîner en dehors de la pièce. Alors que les deux hommes marchaient dans un des couloirs du bâtiment, Harold ne put s'empêcher de penser qu'il était désormais vraiment mort et parti au Walhalla, car pouvoir enfin s'approcher des machines qui le faisaient rêver depuis toujours, cela lui paraissait trop beau pour être vrai, mais une question se promenait dans sa tête depuis que l'officier qui l'emmenait avait ouvert la bouche. Qu'est-ce qu'un « rampant » ?
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Ce ne fut que plusieurs heures plus tard, lorsqu'il se retrouva seul avec l'officier dans un train à direction de Reims, qu'il eut sa réponse quand ce-dernier lui proposa de répondre à toutes les questions qu'il avait. Il apprit donc que « rampant » était le terme qu'utilisaient les pilotes pour désigner le personnel au sol, mécaniciens, préparateurs et autres, tous ceux qui permettaient à un aérodrome de fonctionner. En temps normal, pour devenir pilote ou rampant, il fallait passer par l'école de pilotage de Pau afin de recevoir une formation, mais la guerre avait cette manie de perturber les ordres bien établis, ce qui avait mené à l'épineux problème dans lequel se trouvait le commandement aéronautique : l'école de Pau ne pouvait pas fournir suffisamment d'hommes pour répondre aux besoins des différentes bases du front, d'où la proposition d'engager quelqu'un non formé comme Harold directement sur le front.
Bien entendu, en tant que nouveau totalement inexpérimenté, Harold ne servirait pas en tant que mécanicien, il commencerait par aider les pilotes à s'habiller, aider à la préparation des avions, les sortir ou faire tourner l'hélice pour lancer le moteur, et toutes les tâches ne nécessitant pas de compétences particulières. S'il le désirait, il aurait aussi accès à suffisamment de documentation pour commencer à apprendre à devenir mécanicien, observateur, ou pilote. Cette dernière révélation provoqua une montée de joie chez le garçon, qui s'imaginait déjà dans les airs aux commandes de son propre avion.
Harold déchanta rapidement. Aussitôt arrivé à l'aérodrome de Muizon, quelques kilomètres au Nord-Ouest de Reims, on lui offrit une tenue de travail, un lit où il put seulement déposer ses affaires, et on lui donna ses premières tâches. Ces-dernières étaient variées, mais lui se contentait du travail ne nécessitant pas la moindre qualification, aider les pilotes à enfiler leur tenue de vol, retenir les avions lorsque leur pilote emballaient le moteur pour faire monter la température de l'huile, ou même des tâches n'ayant rien à voir avec l'aviation comme faire en sorte que les quartiers soient propres ou aider le cuistot à préparer les rations pour les hommes. Sans se laisser abattre, le jeune homme se mit au travail sans poser la moindre question, enchaînant les besognes chaque jour jusqu'au soir où il allait s'effondrer dans son lit, épuisé par la journée. Harold avait malgré tout eut de la chance lors des affectations, car comme l'aérodrome se devait d'être prêt à réagir à n'importe-quelle situation à n'importe-quelle heure, le commandement avait mis en place deux équipes de rampants. La première, à laquelle appartenait Harold, travaillait de huit heures à vingt heures et, lorsqu'ils allaient se coucher, l'autre équipe qui elle travaillait de vingt heures à huit heures prenait leur place. Ainsi, il y avait toujours du personnel en pleine forme prêt à agir. Harold, qui tenait à son rythme normal où il dormait la nuit et était réveillé le jour, ne se plaignit pas le moins du monde de son affectation, mais considérait malgré tout que, même s'il avait été affecté à l'autre équipe, il ne s'en serait pas plaint, pas tant qu'il pouvait travailler aux côtés de véritables avions. Il ne vit d'ailleurs pas le moindre avion avant deux semaines, lorsque furent livrés les nouveaux avions de chasse, des monoplans Morane-Saulnier Type LA, fortement reconnaissables grâce à leurs ailes « parasol » au dessus du fuselage. Le jeune garçon eut alors la chance d'être affecté au déchargement des appareils et eut ainsi une vue imprenable des splendides machines. La difficulté des tâches qu'il dut effectuer cette semaine lui sembla bien inférieure après avoir pu voir de vrais avions.
Il suffit d'un mois au jeune homme pour s'habituer au rythme éprouvant, et il en profita pour se procurer un exemplaire du Manuel du Pilote, manuel réglementaire des aviateurs français, expliquant tout ce qu'il y avait à savoir pour pouvoir piloter un avion militaire de l'armée française – ou du moins c'était ce que la préface affirmait. Le livre était assez épais, mais avait l'avantage d'avoir été rédigé par des militaires et, de ce fait, était précis et bien organisé. Comme ses journées étaient bien trop remplies pour pouvoir lire son livre, il travaillait dessus le soir, quand tous les autres rampants dormaient. Grâce à son bon intellect, le jeune homme accumulait petit à petit les connaissances dont il avait besoin tout en accomplissant ses tâches.
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Au milieu du mois de juin, Harold se rendit compte qu'il n'avait toujours pas écrit de lettre à Astrid et, après s'être mentalement frappé pour avoir oublié sa fiancée, entreprit d'écrire sa toute première lettre.
Chère Astrid,
Je sais que je t'avais promis d'écrire régulièrement, aussi je suis navré de t'avoir délaissée si longtemps, j'étais pris par le travail. J'espère que tu vas bien et que le temps est clément, ici à Madrid, il fait très chaud.
Tu devrais voir le collège, il est splendide, et d'ailleurs, tu connais mon amour pour les mathématiques ? Eh bien figure-toi qu'ils sont apparemment spécialisés dans cette matière, à un tel point que je suis complètement dépassé pour le moment, mais j'ai trouvé un excellent manuel que je travaille sans relâche afin d'être à la hauteur.
Comment se passe la vie de ton côté ?
Ton fiancé qui t'aime de tout son cœur,
Harold.
En posant sa plume après avoir écrit les derniers mots, Harold relut rapidement et, jugeant le contenu acceptable, plia la feuille et l'inséra dans une enveloppe. Il prit bien soin d'inscrire au dos de l'enveloppe l'adresse fictive qu'il avait inventé auparavant : 11, Calle de la Paz Madrid. Il savait que le facteur chargé de porter et d'emporter les courriers jusqu'à ou depuis l'aérodrome ne se préoccupait pas des potentielles erreurs ou modifications dans l'adresse de l'expéditeur, Harold n'étant pas le seul à prétendre être dans un autre endroit, même s'il était le seul à le faire pour ses raisons. Il alla donc apporter sa lettre au postier, avant de s'arrêter juste en arrivant devant ce-dernier en se rendant compte de quelque-chose. Comment pourrait-il recevoir la réponse d'Astrid étant donné que cette-dernière ne savait pas où il se trouvait réellement ? Aussitôt, il se maudit de ne pas y avoir pensé plus tôt. Il ne pouvait tout de même pas ne pas correspondre avec sa fiancée, elle ne lui pardonnerait jamais. Il se creusa donc la cervelle quelques instants avant de se dire qu'il pouvait toujours essayer d'en parler avec le facteur, après tout, il devait avoir l'habitude à force des hommes qui mentaient sur l'endroit où ils se trouvaient et, sûrement, cela ne devait rien lui apporter de les dénoncer. Prenant son courage à deux mains, Harold décida donc d'aller lui parler. Il s'approcha de l'homme et signala sa présence d'un raclement de gorge. Aussitôt, le facteur se tourna vers lui et lui demanda :
« Oui ? Que puis-je faire pour vous aider ?
– Eh bien, commença Harold, je ne sais pas trop comment vous l'expliquer, mais je dois envoyer cette lettre à une amie, et elle va très certainement vouloir me répondre, seulement voilà…
– Seulement elle n'est pas censée savoir que vous vous trouvez ici, n'est-ce pas ? Compléta l'homme pour lui.
– A vrai dire, c'est exactement ça…
– J'en étais sûr, fit le facteur. Ne vous en faites pas, vous n'êtes ni le premier, ni le dernier, dites-moi juste comment elle s'appelle et à quelle adresse elle enverra ses réponses, et je m'arrangerai pour que la lettre vous parvienne sans encombre.
– Je… Balbutia Harold. Je ne sais pas comment vous remercier…
– Inutile de le faire, je ne fais que ce que je crois juste »
Avec encore des remerciements, Harold lui fournit toutes les informations nécessaires ainsi que la lettre, soulagé d'avoir trouvé une solution à son problème, puis retourna à ses occupations.
Comme le facteur l'avait promis, il reçut la réponse, presque une semaine plus tard, et s'empressa d'ouvrir l'enveloppe qu'on lui avait tendu et découvrit à l'intérieur un court message très soigné.
Cher Harold,
Réjouis-toi, j'ai décidé de ne pas te tuer pour ton retard, je me contenterai de te frapper sur l'épaule.
Tu as de la chance d'avoir du beau temps, ici sur Beurk, le temps reste le même, et rien ne se passe.
J'espère que tu reviendra vite.
Ta fiancée qui t'aime plus encore,
Astrid.
Harold sentit son cœur bondir dans sa poitrine en lisant le court message, et passa le reste de la journée avec un sourire idiot sur le visage, sans se préoccuper des remarques de ses confrères. Lorsqu'il se coucha ce soir-là, il se sentait près à affronter tout ce que le lendemain pourrait lui envoyer. Si seulement il avait su, Harold aurait effacé ces mots de son esprit.
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Tout commença à six heures du matin. Normalement, Harold dormait à cette heure-ci, mais ce jour-là, impossible pour quiconque de dormir, pas avec les alarmes et les hommes qui couraient dans tous les sens.
Encore endormi, Harold fut tiré de son lit et entraîné vers les hangars. Dans la panique, il arrivait tout juste à comprendre ce qu'il se passait. D'après les cris qu'il pouvait entendre autour de lui, les allemands avaient décidé de lancer un assaut surprise sur l'aérodrome, et un groupe de six chasseurs était sur le point d'attaquer la base. Les paupières lourdes de sommeil et l'esprit embrumé, Harold obéit donc aux ordres et se rendit dans le hangar où les pilotes se préparaient avant de décoller, c'était aussi dans ce même hangar qu'une partie des avions étaient entreposés. Généralement, ses tâches dans ce hangar allaient de l'aide à l'habillage au transport des avions pour les aligner sur la piste, mais ce matin, le hangar lui sembla bien vide.
« Où est le caporal Pignet ? Il devait être là il y a quinze minutes déjà ! Il ne manque plus que lui !
– Il est malade et ne peut pas voler mon lieutenant, le capitaine m'a dit qu'un remplaçant arrivait aujourd'hui d'une autre unité.
– Et il est où ce remplaçant ? »
Les cris qui s'élevèrent à son arrivée eurent l'effet d'un seau d'eau glacée sur le visage. Enfin réveillé, Harold en profita pour correctement regarder l'intérieur du hangar et, en effet, le hangar était bien plus vide qu'il n'aurait dû l'être, il n'y avait que quelques hommes et une poignée de rampants qui devaient appartenir à l'équipe de nuit, car Harold n'en reconnut aucun. Le jeune garçon ne pouvait d'ailleurs apercevoir qu'un seul avion, et il n'était pas dans le hangar mais déjà sur la piste. Il était arrivé trop tard et son aide n'était plus nécessaire ici, il tourna donc les talons pour aller chercher un endroit où se rendre utile, mais n'eut pas le temps de franchir la porte du hangar avant qu'une voix ne s'élève derrière lui.
« Ah quand même ! S'exclama le lieutenant. Te voilà ! »
Sentant d'expérience que même s'il espérait de tout son cœur ne pas être la personne interpellée, sa poisse légendaire veillait sur lui. C'était bien de lui qu'on parlait, et il en eut la confirmation dès qu'il se retourna.
« Oui toi ! Reprit le lieutenant qui semblait s'impatienter. Viens ici et plus vite que ça !
– Mais… Je… Balbutia Harold.
– Pas de mais ! L'aérodrome est attaqué et on a besoin de tous les pilotes disponibles, alors en selle ! »
Sans que le jeune homme puisse répliquer quoi que ce soit, on lui enfila une tenue de vol, serre-tête, lunettes, écharpe et veste en cuir, avant de l'entraîner à bord du dernier chasseur au sol dont le moteur tournait déjà afin de le faire chauffer. Une fois installé dans l'habitacle, il jeta un coup d'œil au lieutenant et compris à son regard ferme qu'il ne pouvait plus reculer, puis vint la fusée verte indiquant qu'il pouvait décoller.
Puisant dans sa mémoire pour se rappeler de la procédure de décollage, il chercha du regard les commandes de l'avion avec lesquelles il n'était pas très familiarisé. Après avoir trouvé ce qu'il lui fallait, il augmenta la mixture et poussa son moteur à fond. Dès que l'appareil commença à bouger, Harold pencha le manche à balai vers l'avant pour que seules les deux roues du train d'atterrissage ne touchent le sol. Aussitôt, l'appareil prit de la vitesse et se mit à tourner vers la droite, entraîné par la rotation de l'hélice, exactement comme le décrivait le manuel, alors Harold appuya à fond sur la pédale gauche pour contrer ce mouvement, puis de moins en moins au fur et à mesure que l'appareil prenait de la vitesse et que l'effet de couple réduisait. Rapidement, l'avion atteignit sa vitesse de décollage et, en redressant gentiment le manche, Harold laissa l'appareil décoller en douceur. Dès que l'avion quitta le sol, Harold sentit une immense joie le traverser, il pilotait enfin un véritable avion ! Puis une vague de panique le frappa, il ne savait, techniquement, pas piloter un avion, et il lui fallait désormais prendre part à un important combat aérien.
Désormais en vol, Harold parvint à se calmer en se rappelant de ce qu'il avait lu dans le manuel du pilote. Il commença par vérifier les quelques instruments dont il disposait, la température de l'huile était bonne, sa vitesse correcte, quant à son altitude, elle augmentait progressivement. Il tourna ensuite la tête de tous côtés pour évaluer la situation. Les cinq autres avions français étaient aux prises avec six avions allemands qu'il reconnu aussitôt, des Fokker , équipés d'un système de synchronisation des mitrailleuses pour pouvoir tirer sans risque au travers des pales. Heureusement pour lui, les chasseurs ennemis n'avaient pas fait attention à lui – probablement à cause de son décollage retardé, ce qui lui laissait l'opportunité de prendre un avantage d'altitude sur eux.
Une fois dans les environs de huit-cent mètres, Harold vérifia une nouvelle fois la position des allemands, comprenant qu'il lui faudrait cette fois plonger et entrer dans l'affrontement.
« Allez, fit-il pour lui-même, faut se lancer maintenant, faut y aller »
Sur ce, il avança le manche vers l'avant, faisant plonger son avion. Il se rendit compte immédiatement que son avion prenait énormément de vitesse. Conscient du risque que cela représentait, il vérifia au fur et à mesure de la descente que l'armature de son avion tenait correctement, jusqu'à ce qu'il atteigne l'altitude du combat aérien. Dès qu'ils le virent arriver à toute allure, plusieurs pilotes allemands s'écartèrent de leur proie pour effectuer des manœuvres d'esquive, comme Harold l'avait prévu. Il en profita d'ailleurs pour ouvrir le feu, et une de ses rafales effleura l'aile d'un des Fokker, ce qu'il prit comme une immense victoire personnelle.
« Ouais ! S'exclama-t-il. Ça marche ! »
Pris dans son euphorie, il ne vit pas que deux appareils ennemis s'étaient alignés sur le nouveau-venu, mécontents de s'être fait surprendre ainsi. Les tirs du premier sifflèrent au dessus de son oreille, tandis que ceux du second vinrent toucher son aile gauche, sans réel dégât. Heureusement, sa descente lui ayant fait gagner beaucoup de vitesse, les allemands furent incapables de le suivre et, enivré par cette première réussite, Harold décida d'utiliser cette énergie accumulée pour reprendre de l'altitude.
Il redressa son avion et le fit remonter droit vers le ciel, oubliant quelques instants la bataille qui faisait rage sous lui pour apprécier les sensations qu'il vivait actuellement.
« Oh c'est fantastique ! » Cria-t-il malgré le fait que personne ne puisse l'entendre.
Son avion, lui, continuait de monter, mais sa vitesse chutait à un rythme effrayant, il n'était pas fait pour grimper ainsi.
« C'est fantastique ! Continuait Harold, inconscient du fait que son avion approchait une vitesse critique. Le vent dans… Oh non ! »
Le cri qu'il venait de pousser faisait écho à l'arrêt de son avion en plein vol, rattrapé par la gravité. L'espace d'un instant, il demeura immobile, avant de plonger vers le sol en partant en vrille. Voyant le sol se rapprocher, Harold s'efforça de se rappeler de ce que le manuel indiquait en cas de vrille.
« Bon d'accord, fit-il d'une voix qui se voulait calme, alors il faut que je penche le manche à balai vers l'avant, pleine puissance pour le moteur, et palonnier dans le sens inverse de la vrille »
Il s'exécuta, et pendant les premières secondes, rien ne changea dans le comportement de l'avion, il se prit même sa propre écharpe dans la figure à cause du vent, mais le sol se rapprochait toujours. Finalement, l'avion se redressa et quitta la vrille, mais Harold n'en était pas au bout de ses malheurs, il se dirigeait droit sur la zone de combat sans s'y être préparé. Pendant les quelques secondes qui suivirent et qui lui semblèrent durer des heures, il se creusa la tête en essayant de se rappeler de ce que le manuel indiquait dans cette situation. Fallait-il éviter le premier et attaquer le second, ou attaquer le premier ? Devait-il esquiver par en bas, en haut, les côtés ? Comment devait-il éviter ses alliés ? Rien ne lui revenait, mais il était trop tard, il n'était plus qu'à trois-cent mètres de l'avion le plus proche. Comprenant qu'il ne pouvait plus compter que sur lui-même, Harold ferma les yeux le temps d'un battement de cœur, lorsqu'il les rouvrit, ils étaient plein de détermination.
Harold fixa son regard sur un des chasseurs allemands qui lui tournait le dos, et entreprit d'éviter tous les obstacles se trouvant sur son chemin, qu'ils soient alliés ou ennemis. Il manœuvra comme s'il avait toujours piloté, jouant du manche et du palonnier comme s'il s'agissait de ses propres membres, et se riait des autres pilotes allemands. Après avoir esquivé les tirs de deux avions allemands, il arriva à portée de sa cible. Il attendit cependant que cette-dernière soit pratiquement au contact pour ouvrir le feu, décochant une rafale dans la base de l'aile gauche de son adversaire qui se déchira, propulsant l'avion dans une vrille dont il ne pouvait espérer s'en sortir.
Un coup d'œil derrière son dos lui apprit qu'en plus de sa victoire, une batterie anti-aérienne avait abattu un second chasseur et que les adversaires, désormais en grande infériorité numérique, avaient choisi de se replier.
« Ouaiiis ! »
Transporté par l'euphorie de la victoire, il ne put s'empêcher de pousser un grand cri de joie qui lui sembla résonner dans toute la plaine malgré le bruit des moteurs. Puis une réalisation vint le frapper, faisant retomber sa joie. Il lui fallait désormais faire atterrir l'avion, or, non seulement il ne l'avait jamais fait et ne se sentait pas très confiant, mais en plus ses supérieurs étaient au sol, et Harold doutait du fait qu'ils soient particulièrement contents de son usurpation, aussi involontaire qu'elle fut.
« Super... » Soupira le jeune pilote accidentel en se résignant.
Harold remarqua que comme il s'était un peu éloigné de l'aérodrome pour atteindre sa cible, il passerait en dernier pour l'atterrissage. Il patienta donc en faisant des tours au dessus de la piste et en comptant les avions qui atterrissaient. Lorsqu'il arriva à cinq, il en déduit qu'il était le suivant. Il attendit la fusée verte et vint se placer face au vent pour son approche finale. Réduisant les gaz au minimum, il perdit de l'altitude au point de se retrouver à quelques mètres seulement du sol. D'après le manuel, tout ce qu'il lui restait désormais à faire était de se laisser porter jusqu'à ce que l'avion touche tranquillement le sol. En théorie, et selon les quelques références dont disposait Harold, plus rien ne pouvait tourner mal, la gravité allait prendre le dessus et finir son travail, permettant à l'avion de perdre ses derniers mètres d'altitude. Une fois au sol, la crosse d'arrêt située sous la queue de l'avion viendrait s'enfoncer dans le sol et faire ralentir l'appareil jusqu'à l'arrêt complet de ce-dernier, Harold n'aurait alors plus qu'à couper le moteur et l'affaire serait réglée. Malheureusement, la réalité était bien souvent différente de la théorie, et cette fois ne fit pas exception à la règle.
Lorsque l'avion de Harold toucha le sol, ce fut aussi gentiment que prévu, jusqu'à ce qu'Harold ne relève le nez de l'avion, là encore comme indiqué dans le manuel, et que la crosse entra en contact avec le sol. Aussitôt, l'avion se mit à trembler de manière incontrôlée, avant de se mettre à tourner vers la gauche. Dès qu'il sentit l'avion partir sur le côté, Harold tenta de l'en empêcher en enfonçant la pédale droite, mais cela ne suffit pas. Entraîné par sa vitesse, l'avion fit un tour sur lui-même en soulevant une gerbe de terre et en secouant violemment son pilote, puis un second avant de finalement s'arrêter. La tête d'Harold tourna encore quelques secondes après sa vrille involontaire et, même après, il lui fallut plusieurs secondes supplémentaires avant de se rappeler de la procédure d'arrêt du moteur. Il ouvrit donc le disjoncteur qui se trouvait à sa gauche, éteignant de ce fait le moteur qui ne produisait plus d'étincelle pour l'explosion, puis coupa l'apport en carburant. Harold attendit ensuite que l'hélice cesse de tourner, profitant de cette courte attente pour remettre ses idées en ordres, avant de s'extirper de l'avion, encore chancelant après ce qui venait de se passer. Les jambes tremblantes, le jeune pilote s'appuya contre le fuselage et baissa la tête et se pencha en agrippant ses genoux une fois descendu afin de correctement reprendre son souffle. La tête penchée, il ne vit pas arriver les hommes qui s'avançaient vers lui, mais il les entendit parfaitement lorsque la voix du premier s'éleva.
« Lecroc ! Hurla le premier qu'Harold reconnut à sa voix comme étant le capitaine De Bernis qui dirigeait l'unité. Vous pouvez m'expliquer ce que vous fabriquez dans un avion ? Vous croyez que vous pouvez usurper la place d'un pilote comme ça ? Je devrais vous faire fusiller pour ça ! »
Harold flancha en entendant les reproches de son capitaine et releva prudemment la tête pour le regarder en face. Il n'avait vraiment pas l'air content, il était rouge de colère et semblait fumer. Intimidé par l'officier en rage, Harold ne remarqua pas l'homme juste derrière le capitaine qui était en train de converser avec le troisième homme, jusqu'à ce qu'il ne prenne la parole.
« Il suffit capitaine ! Fit-il d'une voix autoritaire, faisant taire immédiatement l'officier. Je viens de m'entretenir avec le lieutenant Pichon, et je vais m'occuper de ce problème moi-même.
– Bien, mon commandant » Répondit le capitaine avec frustration.
Aussitôt, les yeux de Harold s'écarquillèrent et il tourna son regard vers l'inconnu. En effet, sur les manches de son uniforme bleu horizon se trouvaient les quatre barres parallèles, symbolisant le grade de commandement. Un second coup d'œil à son visage apprit à Harold qu'il ne s'agissait pas de n'importe quel commandant, c'était le commandant Charles Tricornot de Rose, responsable aéronautique de la Vème armée, le plus haut gradé de l'aviation militaire française et déjà considéré comme le père de l'aviation de chasse du pays. Aussitôt, il s'efforça de se mettre au garde-à-vous.
« Mon commandant ! Fit-il précipitamment, provoquant un léger sourire sur le visage de l'intéressé.
– Repos, mon garçon, fit-il alors. Accompagnez-moi jusqu'à ma tente je vous prie, quant à vous capitaine, vous pouvez retourner à vos activités, je vous informerai plus tard de l'avancement de la situation »
Le ton du commandant était sans équivoque, aussi le capitaine leva sa main droite jusqu'à sa tête dans un rapide salut avant de faire demi-tour et de partir en direction des hangars et des autres pilotes. Le commandant, quant à lui, se dirigea vers les tentes des officiers et Harold entreprit de le suivre. Aucun mot ne fut échangé pendant le court trajet et, lorsqu'ils arrivèrent dans les quartiers du commandant, ce-dernier fit signe à Harold de prendre place dans l'un des sièges qui se trouvaient devant le bureau qu'il avait fait mettre avant de lui même s'asseoir derrière.
« Dites-moi mon cher, Henri – c'est bien cela ? Fit-il alors, attendant la timide confirmation de son interlocuteur pour poursuivre. J'ai discuté avec le lieutenant Pichon tout à l'heure, et il m'a confié qu'il s'agissait de sa propre faute si vous vous êtes retrouvé dans les airs, qu'il vous aurait confondu avec le nouveau pilote »
Il marqua une pause en portant sa main à sa moustache comme pour réfléchir, avant de reprendre.
« Je me suis alors demandé pourquoi vous n'aviez alors rien dit, pourquoi vous être laissé faire ? Et puis je vous ai vu, tout à l'heure, et je vous ai observé depuis, et je pense avoir compris pourquoi. Vous n'avez pas osé dire le contraire, vous étiez tellement timide que, lorsque le lieutenant vous a ordonné de monter dans l'avion, vous n'avez pas été capable de dire non, ai-je raison ?
– O… Oui. Balbutia Harold qui ne savait plus trop quoi penser.
– C'est bien ce que je pensais, fit l'homme en souriant, donc je ne vois pas de raison de vous punir. En revanche, il y a une question qui me taraude depuis que je vous ai vu dans cet avion. Où avez-vous appris à voler ?
– Eh bien, hésita le jeune garçon, pour être honnête, je n'avais encore jamais piloté le moindre avion, c'était la première fois. Tout ce que je sais sur le pilotage, je le sais grâce au manuel du pilote.
– Le manuel… Répéta le commandant en réfléchissant. Vous voulez dire le bouquin écrit l'année dernière presque aussi épais qu'un dictionnaire ? »
Harold hocha lentement la tête.
« Mais ce n'est qu'un guide de référence pour les pilotes qui savent déjà voler, poursuivit le commandant abasourdi, normalement il faut des heures d'entraînement avec un instructeur qualifié pour que nos recrues ne parviennent ne serait-ce qu'à faire décoller correctement un avion. Et pourtant, vous mon garçon, non seulement vous avez fait décoller puis voler un avion lors de votre premier essai, mais vous avez aussi participé à un combat aérien et obtenu une fantastique victoire face à un Fokker ! Vous savez que ces engins ravagent nos appareils impunément, mais malgré tout, vous en avez abattu un »
Harold était confus, il ne savait plus si l'homme le félicitait ou le réprimandait, mais, connaissant sa poisse, il avait une idée duquel des deux il s'agissait.
« Dites-moi quand et où partir, mon commandant, fit-il d'une voix morose, et j'obéirais sans me plaindre.
– Si c'est ce que vous désirez, lui répondit l'homme, je ne vous retiendrez pas, mais avant de partir, j'aimerais vous présenter une seconde offre »
A ces mots, l'officier sortit une feuille sur laquelle il inscrivit quelques mots, puis une petite boîte. Il plaça les deux devant Harold et ouvrit la boîte. A l'intérieur se trouvait une médaille au ruban vert strié de rouge qu'Harold reconnut aussitôt comme étant la croix de guerre, quant au papier, il ne le reconnut pas mais il semblait n'attendre plus que sa signature. Surpris, il releva la tête et questionna l'officier du regard. Ce-dernier lui sourit avant de reprendre la parole.
« Que diriez-vous de devenir pilote à part entière ? »
Merci encore d'avoir lu jusqu'au bout, et merci tout particulièrement à BlueDragon19 et Wispers-Write pour avoir ajouté ma fic à leurs favoris :)
Comme d'habitude, n'hésitez pas à écrire une review et à suivre la fic voire même à l'ajouter à vos favoris, et à la semaine prochaine pour le chapitre 3 !
