Chapitre 4 : Les Stark ne meurent pas si aisément

Autour d'Ironath, où l'armée de Robb s'était rassemblée, les loups étaient agités. Ils couraient entre les arbres, hurlaient, se bagarraient, jappaient, rôdaient aux alentours des tentes et pleuraient en regardant le château, ce qui rendait nerveux les hommes qui campaient à l'extérieur de la forteresse, faute de place. Aucun n'osaient faire le moindre geste envers eux, bien conscients que le Roi Loup leur accordait sa protection et qu'ils étaient ses yeux et ses oreilles.

Robb Stark était source de vifs débats et arguments parmi les hommes qui s'étaient à nouveau placés sous son commandement. Nombreux étaient ceux qui le considéraient comme un héros, digne de Bran le Constructeur, et qui tenaient sa résurrection et ses pouvoirs pour le signe de son élection par les Anciens Dieux. Certains particulièrement fanatiques, c'étaient même constitués en un ordre, les Griffes du Roi Loup, et avaient juré de servir Robb Stark jusqu'à la mort et au-delà. Ils avaient peint une patte de loup blanche sur leur bouclier, leur casque ou leur surcot comme signe distinctif et laissaient souvent des morceaux de viande séchée aux loups en guise d'offrandes.

D'autres, cependant, et ils n'étaient pas si rares, étaient plus circonspects et plus craintifs des changements survenus chez le dernier des Stark. Le massacre sanglant des Frey, de Ramsay Bolton et des Whitehill avait semé le doute et la crainte dans leur cœur. Les pouvoirs de Robb Stark ressemblaient, à leurs yeux, à de la magie noire de Sauvageons ou de Skagosi, et ils se demandaient combien de temps il faudrait au Roi Loup pour se retourner contre ses propres hommes, lui qui avait déjà goûté au sang et à la chair humaine.

Mais Ransay Bolton écorchait vivant les hommes et chassait les femmes comme des bêtes avant de les nourrir à ses chiens et il n'avait pas l'excuse d'être à moitié loup. Il se murmurait également qu'il n'avait pas appris cela tout seul et que Roose Bolton avait partagé ces penchants et les avait secrètement encouragés chez son fils. Alors, entre deux infections de greyscale, autant choisir celle qui semblait la moins avancée.

Chez les bannerets de Robb, les opinions étaient similaires bien que plus mesurées. Celle qui avait plus ou moins mis tout le monde d'accord était la jeune mais féroce Lady de Bear Island, Lyanna Mormont. Elle n'avait absolument pas peur de Robb Stark et l'avait démontré dès sa première rencontre avec le Roi Loup:

- Vous avez été idiot. Vous avez perdu la guerre parce que vous avez oublié votre devoir et brisé votre parole et vos fiançailles avec Roslin Frey pour l'amour d'une femme. Vous avez été idiot et vous ne referez pas cette erreur à nouveau, l'avait-elle menacé avec le plus grand sérieux du haut de sa petite taille.

Le silence s'était fait lourd et tendu pendant que tous attendaient de voir comment Robb Stark allait châtier Lady Mormont pour son audace. Mais il s'était contenté d'un petit sourire triste et douloureux avant de répondre :

- Vous avez absolument raison, Lady Mormont. J'ai été idiot et aveugle à la vraie nature de Walder Frey. Ma naïveté a entraîné la mort de bien trop de nos gens et vous a causé beaucoup de douleur. Je peux vous jurer que je ne ferai pas cette erreur deux fois.

Lyanna Mormont avait soutenu longtemps le regard du Roi du Nord avant de baisser rapidement le menton en signe d'assentiment.

- Vous avez été idiot, mais votre cœur était au bon endroit. Roose Bolton, par contre, vous a trahi et a trahi le Nord pour son seul désir de pouvoir. Il s'est allié aux Lannister et a poussé les hommes du Nord à combattre leurs propres frères. C'est lui qui est le responsable de la mort de ma mère et de ma sœur, Votre Grâce, pas vous. Et j'ai confiance en votre parole pour leur rendre justice.

Sur ces mots, Lyanna Mormont avait pris place à la longue table de la grande salle d'Ironath, à la droite de Robb et avait mis la honte à chaque Lord plus vieux qu'elle qui avait craint ou douté du Roi Loup, ce qui correspondait à une bonne partie des bannerets.

Les Cerwyn, qui les premiers avaient arboré la nouvelle bannière de Robb, Lady Cerwyn participant même à son élaboration, s'étaient trouvé renforcés dans leurs convictions. Si Lord Medger vouait à son roi, depuis l'exécution de Ramsay, une loyauté renouvelée et sans faille, son fils, Cley, n'avait certainement pas oublié que Robb Stark s'était transformé en un putain de loup de la taille d'un cheval, avec une gueule capable de broyer la tête d'un homme, et qu'il avait littéralement arraché la tête de Ramsay Bolton.

Avec ses crocs.

Quelques battements de cœur plus tard, Robb Stark s'excusait calmement pour le spectacle qu'il avait offert, poli, courtois et presque charmant, comme s'il n'avait pas encore le visage barbouillé du sang de l'homme dont il venait d'arracher la tête !

Cley se souvenait encore, avec une horrible précision, de la déformation contre-nature qu'avaient subi les os de son corps pour se mouler en celui du loup et de la large traînée sanglante qui descendait de sa bouche jusqu'à son ventre. Que Lyanna Mormont, une gamine de même pas dix ans, puisse défier ainsi Robb Stark sans même un soupçon de crainte quand lui-même osait à peine rencontrer le regard de l'homme, humilia vivement Cley Cerwyn, qui se jura de se secouer et de commencer à faire preuve du courage que son père avait montré face à la folie de Ramsay Bolton.

Lord Rodrik Forrester, quant à lui, ne se serait jamais permis de parler à son Roi avec une telle effronterie, pas par peur, mais bien par respect. Il était profondément reconnaissant de l'aide de Robb contre les Whitehill et admirait beaucoup l'efficacité létale dont il avait fait preuve, autant dans sa forme lupine que sur ses deux jambes, une épée à la main. Et s'il s'était senti légèrement troublé par la forme nue du roi entre deux transformations, et bien, cela ne regardait que lui.

Les autres vassaux, Lord Hornwood, Lady Lyessa Flint, Lord Mazin et Lord Glenmore, étaient à la fois légèrement honteux de se trouver moins braves qu'ils ne le croyaient et rassurés par la réponse digne et mesurée de leur roi : s'il était capable de se transformer en bête, Robb Stark parlait et raisonnait encore comme un homme, et c'était tout ce qui importait.

Cela n'empêcha cependant pas la scène particulièrement ridicule, pour un regard extérieur et détaché, qui eut lieu ce soir-là, dans le couloir, devant la chambre de Lyanna Mormont, entre la jeune Lady, Lord Halys Hornwood (1), l'héritier Cley Cerwyn et Lord Rodrik Forrester .

- Les loups du roi sont agités, Lady Lyanna, déclara gravement Lord Hornwood, et effrayent les hommes. Il serait peut-être bon que l'un d'entre nous fasse remonter l'information au roi.

Le regard de Cley Cerwyn se fit soudain terriblement fuyant. Tant pis pour les bonnes résolutions.

- Alors pourquoi ne l'avez-vous pas déjà fait, Lord Hornwood, plutôt que de venir me voir ? demanda Lyanna Mormont, un air profondément exaspéré sur le visage.

- Je ne sais pas où se trouve le roi.

Lyanna Mormont releva un sourcil sceptique devant la piètre excuse de l'adulte devant elle.

- Et vous pensez que je suis plus au courant que vous ?

- Lord Hornwood a juste peur de parler seul avec le roi, répondit Rodrik, avec moquerie.

Hylas Hornwood lui jeta un regard mauvais.

- Je n'ai pas peur ! Et ce n'est pas comme si vous vous étiez porté volontaire, Lord Forrester !

Rodrik rougit d'une gêne qu'il dissimula sous la colère. Non, il ne s'était pas porté volontaire. C'était déjà suffisamment humiliant d'être excité en pensant à un homme (même si les Anciens Dieux ne condamnaient pas les relations entre personnes de même sexe), il n'allait pas encore en plus interagir plus que nécessaire avec l'objet de ses récents fantasmes.

- Non, je ne suis pas volontaire : parce que je ne suis pas votre corbeau ! répliqua-t-il, fier de son improvisation. C'est à vous que les soldats ont confié leurs inquiétudes, c'est votre devoir de les transmettre au roi !

Lyanna n'avait pas douze ans et elle trouvait pourtant le niveau de la conversation profondément infantile. Elle leva les yeux au ciel et se décida, en tant que la personne la plus mature de la pièce, à prendre les choses en main.

- Est-ce que l'un de vous sait où est le roi ? demanda-t-elle d'un ton impérieux en regardant durement les trois hommes devant elle.

Cley Cerwyn avait l'air infiniment soulagé de ne pas savoir mais le léger tic dans la joue de Lord Rodrik parut douteux à la jeune fille.

- Lord Forrester ? insista-t-elle.

L'homme capitula.

- Il est dans sa chambre.

- Pourquoi ne l'avez-vous pas dit tout de suite ? s'écria Hylas Hornwood, offusqué.

Lyanna leva les bras en l'air en signe d'exaspération et attira l'attention de Lord Hornwood sur elle, sauvant ainsi Lord Rodrik qui ne savait quoi répondre et bénissait les Dieux que Hylas n'ait pas demandé comment il savait où était Robb Stark.

- Restez-là, je vais informer le roi du problème avec les loups. Pff, les hommes... grommela-t-elle, irritée par l'absurdité de l'affaire.

oOo

Robb Stark était allongé sur son lit, inconscient de l'agitation de ses loups et de la scène mortifiante qu'avaient jouée trois de ses vassaux devant la porte de Lyanna Mormont.

Il ne dormait pas cependant.

Ses paupières étaient ouvertes, bien que ses yeux soient aveugles à sa chambre et recouverts d'un filme blanc. Sa conscience s'était encore une fois envolée vers le Mur, où il tentait d'atteindre Ghost, et vers Last Hearth, le fort de la maison Umber, où il avait ressenti, deux lunes plus tôt, la présence de Shaggy Dog.

Robb avait constaté, à force de pratique, que s'il pouvait facilement garder contact avec les loups de sa meute, savoir presque instantanément leur position et prendre aisément contrôle de leur corps, il n'en allait pas de même avec Nymeria. S'il ne se concentrait pas consciemment et spécifiquement sur la direwolf, elle glissait hors de sa détection et devenait totalement invisible à ses sens. Il n'était également pas toujours facile de voir par ses yeux et d'entendre par ses oreilles.

Elle était beaucoup plus intelligente que ses camarades plus petits et sentaient l'intrusion de Robb dans son esprit. Quand elle jugeait que Robb avait besoin de savoir ce qu'elle observait, elle le laissait faire, mais il était arrivé plus d'une fois qu'elle lutte farouchement contre lui. Dans ces cas-là, Robb n'insistait pas. Il n'était pas suffisamment tyrannique pour imposer sa domination à un être aussi noble et loyal qu'un direwolf.

Mais cela lui avait fait se demander s'il n'était pas passé à côté de la survie de Summer et Shaggy Dog. Les deux direwolves de Bran et Rickon, qu'il n'avait jamais consciemment cherchés, courraient peut-être sous les arbres des forêts du Nord, indétectables à ses sens. Lorsqu'il s'était rendu compte de cette possibilité (les corps brûlés de ses frères avaient été exposés, mais pas ceux de leurs direwolves après tout), Robb avait cherché ardemment pour eux, lançant avec espoir les vrilles de son esprit dans toutes les directions.

Il n'avait pas trouvé Summer mais cela ne signifiait pas forcément qu'il était mort. Il savait de source sûre que Ghost était en vie, mais impossible à atteindre car il était au-delà du Mur avec Jon.

Le Mur influençait étrangement les capacités de Robb, les amplifiant lorsque sa conscience s'en approchait, ce qui tendaient à valider les contes de la Vieille Nan sur les sortilèges et enchantements qui avaient été gravés dans ses fondations par Bran le Constructeur. Le même phénomène se produisait autour de Winterfell et du Goswood, ce qui encore une fois confirmait les légendes sur la construction de la forteresse. Mais une fois passé la frontière du Mur, les pouvoirs de Robb devenaient complètement inefficaces et perdaient toute influence. Comme si un autre pouvoir régnait sur ces terres et contrait le sien.

Summer pouvait donc aussi bien être mort ou qu'en sécurité au-delà du Mur, comme l'était Ghost.

Robb, à sa plus grande joie, avait eu plus de chance avec Shaggy Dog. Le direwolf de Rickon était à Last Hearth et une nuit, il avait même permis à Robb de voir Rickon dormir à travers ses yeux. La révélation que son frère était bien vivant aurait pu faire éclater de bonheur le cœur de Robb et avait ranimé ses espoirs : si Rickon était vivant alors que Theon avait déclaré l'avoir tué et brûlé son corps, alors peut-être qu'il avait menti, qu'il n'avait pas tué les deux garçons et que Bran était également parvenu à s'échapper et s'était caché, quelque part. Il allait peut-être falloir que Robb revoit la vengeance qu'il avait prévue contre l'héritier des Îles de Fer...

Shaggy Dog était méfiant, même du frère de son humain, et se laissait rarement découvrir par les dons de Robb. Cette nuit-là, comme chaque nuit depuis cinq jours, Robb était incapable de percevoir sa présence à Last Hearth et cela commençait à l'inquiéter. Cela faisait longtemps qu'il n'avait absolument rien perçu du direwolf de son petit frère et le silence de Lord Umber, qui n'avait pas prêté allégeance à Roose Bolton, mais n'avait pas rejoint Robb non plus, se faisait de plus en plus menaçant. Robb avait envoyé deux loups pour enquêter, mais, soit qu'il n'y ait rien de suspect, soit qu'il les ait envoyés trop tard, ils n'avaient rien vu ou entendu d'utile.

Déçu et inquiet d'échouer encore, Robb tourna son attention vers Ghost et fut heureux de ressentir à nouveau sa présence sur le Mur. Il l'avait brièvement sentie peu après qu'il ait tué Ramsay Bolton et Ghost l'avait joyeusement accueilli en se roulant dans le foin de son chenil puis en lui permettant de voir Jon qui entraînait une jeune recrue. Olly, s'il se souvenait bien de son nom. Son frère n'avait décidément pas perdu la main ni le contact avec les enfants : le garçon apprenait vite sous sa direction et le regardait souvent avec un air admiratif.

Puis Ghost avait à nouveau disparu au-delà du Mur. Quinze jours plus tard, Stannis était mort, Robb menaçait Robett Glover et Jon revenait, avec deux milles Sauvageons sauvé d'un massacre à Hardhome contre un ennemi inconnu.

Abandonnant l'espoir de trouver Shaggydog, Robb se plongea dans l'esprit de Ghost et fut immédiatement envahi par un sentiment d'angoisse.

Ghost s'agitait dans son chenil, inquiet et gémissant, grattant la terre battue. Puis il perçut l'odeur du sang et ils devinrent frénétiques. Jon ! Il arrivait quelque chose à Jon ! Ils se jetèrent en grondant contre la porte en bois qui trembla mais ne s'ouvrit pas. Ils hurlèrent de désespoir et de rage alors que l'odeur du sang se faisait plus forte et que le bruit d'un corps frappant le sol se faisait entendre. Ils s'acharnèrent avec plus de violence, Robb dirigeant les efforts de Ghost vers le haut où devait se trouver le verrou, quand enfin la porte lâcha. Ils se ruèrent à l'extérieur, les sens de Ghost les guidant jusque dans un coin de la cour où le corps de Jon reposait sur le sol, dans une marre de son propre sang, le signe « traître » gravé sur une croix en bois près de sa tête.

Ghost, d'ordinaire si silencieux, hurla de douleur et Robb se redressa brutalement sur son lit, criant avec lui.

Il effraya Lyanna Mormont, qui tentait depuis un moment de le sortir de sa transe agitée. Encore aveugle au monde, l'image de son frère mort - son corps noir sur la neige blanche - imprimant encore sa rétine, Robb se mit à pleurer à chaudes larmes, les doigts plongés dans ses cheveux. Lyanna comprit, grâce aux quelques mots qu'il prononçât entre ses sanglots, que quelque chose d'horrible venait d'arriver à Jon Snow, et que Robb, grâce à ses capacités de warg, avait tout vu.

À l'extérieur, les loups cessèrent soudain toute activité et d'un même mouvement, hurlèrent vers le ciel, le son mélancolique de leur voix se mêlant, dans le lointain, à celle de Ghost et aux sanglots étouffés de Robb.

oOo

Robb Stark était dans une humeur noire, les yeux rougis et cernés par les larmes, lorsqu'il entra dans la salle de réunion où il devait rencontrer ses bannerets et vit leurs visages anxieux et leurs corps agités. Lyanna, qui n'avait ni l'envie, ni la patience d'attendre qu'un des adultes se décide à cracher les mauvaises nouvelles, prit encore sur elle de prendre la parole.

- Je suis désolée de vous dire ça alors que vous pleurez encore la mort de votre frère, mais un corbeau de Roose Bolton nous est parvenu à l'aube. Lord Greatjon est mort et son fils, Smalljon Umber, nous a trahi. Il a juré allégeance à Roose Bolton et lui a livré votre frère Rickon, comme preuve de sa bonne foi.

Le corps de Robb se figea comme celui d'une statue. Les muscles de sa mâchoire de son front ondulèrent sur ses os alors qu'il retenait à grand peine le besoin de se transformer et de courir tout droit à Winterfell pour arracher Rickon des mains de Bolton.

Il avait à peine dormi, son sommeil interrompu par les images et perceptions éparses qu'il recevait encore de sa connexion avec Ghost. Le corps de son frère, se couvrant lentement de neige. Un homme à la barbe poivre et sel, jurant fortement en découvrant Jon. Son frère emmené et déposé sur une table. Sa peau blanche, presque bleue, et les entailles sombres gravées dans son ventre et sur sa poitrine. L'odeur douceâtre de la mort.

- J'ai besoin de quelques heures seul avant d'entendre vos conseils et de décider de la marche à suivre, réussit à dire Robb entre deux grincements de dents.

Comprenant immédiatement ce qui leur était demandé, tous quittèrent la pièce (certains infiniment soulagés). Seuls Rodrik Forrester jeta un œil compatissant et inquiet à son roi avant de partir et Lyanna Mormont resta quelques instants de plus.

- Voici le message de Bolton. Je vous le laisse, pour quand vous réussirez à le lire.

Lady Mormont posa la feuille sur la table et partit rapidement, fermant la porte derrière elle. Dès qu'il fut seul, Robb poussa un cri de rage et donna un violent coup de pied dans un tabouret, qu'il envoya se briser en mille morceaux sur le mur. D'abord Jon, et maintenant Rickon. Pourquoi les Dieux s'acharnaient-ils ainsi sur sa famille ? N'avaient-ils pas assez souffert ? N'avaient-ils pas fournis leur juste part de morts ?

Jon... assassiné, trahi lui aussi. Poignardé sept fois. Alliser Thorne frappant à la porte. Fausses assurances et fausses promesses. La clameur d'une bataille. Un Sauvageon, grand et roux. Tormund. Un ami. Jon, non pas tué au-delà du Mur par les barbares sauvages, mais dans l'enceinte de Castle Black. Par ses propres frères jurés, parce qu'il avait fait la chose honorable à faire et avait fait passer les Sauvageons rescapés de Hardhome au Sud du Mur.

Robb s'empara du message de Roose Bolton et le lut rapidement. Il le jeta au feu. Comme s'il allait se rendre ! Comme s'il allait faire confiance à cette vipère menteuse de Roose Bolton pour tenir sa parole et libérer Rickon ! C'était une provocation ! Un camouflet destiné à le pousser à agir prématurément. Smalljon Umber venait en tout cas de signer son arrêt de mort. Les loups allaient hurler autour de Last Hearth et de Winterfell jusqu'à ce que Robb puisse personnellement séparer sa tête de ses épaules et arracher le cœur de Roose Bolton avec ses propres mains. Une quinzaine de loups quittèrent Ironath. La moitié coururent vers le Nord-Est, vers Last Hearth, l'autre au Sud, vers Winterfell.

La conscience de Ghost rejoignit à nouveau la sienne. Quelque chose avait changé. Un nouvel espoir. Une femme. Sa robe est aussi rouge que ses cheveux. Elle est puissante et dangereuse et l'énergie qu'elle agite autour du corps de Jon est étrange et ancienne. Aussi ancienne que les Anciens Dieux, aussi ancienne que les Enfants de la Forêt. Mais différente, étrangère. Ils l'observent avec méfiance, suspicion et espoir pendant qu'elle lave les blessures de Jon, coupe ses cheveux et taille sa barbe. La chaleur écrasante du feu, la puanteur des poils brûlés. Une langue bizarre mais pas complètement inconnue. Tormund quitte la pièce. Ils poussent un gémissement triste et déçu.

Mais soudain... Ils se relèvent et s'approchent rapidement de Jon. Un battement de cœur dans une poitrine morte. Puis deux, puis trois, et Jon ouvre brusquement les yeux en même temps qu'il avale désespérément une bouffée d'air, comme un noyé qui respire enfin après avoir vidé l'eau de ses poumons. Leur museau s'enfonce dans le cou de Jon. Le sang battant dans ses veines, la chaleur. Jon est vivant. Par les Dieux, Jon est vivant !

Il ne fut pas difficile pour Robb de prendre une décision, après cela. Il convoqua ses bannerets et leur annonça qu'il partait pour le Mur, pour rejoindre son frère Jon Snow, de retour dans le monde des vivants. La nouvelle causa l'incrédulité de tous sauf de Lyanna Mormont et Rodrik Forrester, mais un regard pointu de Robb fit taire la plupart de leurs dénégations. Il partait pour le Mur, seul, pendant qu'eux-même quitteraient Ironath pour le Long Lake, où ils l'attendraient avec l'ensemble de leur armée. Pendant ce temps, les troupes d'Howland Reed remonteraient la Kingsroad et attendraient au Château Cerwyn le mot d'ordre pour attaquer Winterfell.

Robb espérait bien persuader Jon de quitter la Garde de Nuit avec les Sauvageons et de lutter à ses côtés contre Roose Bolton. Il y avait eu peu de chances que Jon se laisse convaincre, auparavant. Robb connaissait trop bien son frère pour penser qu'il manquerait à sa parole et romprait ses vœux. Mais il était mort, et son serment avait pris fin avec lui.

oOo

La porte s'ouvrit et Cersei ressentit l'air frais effleurer sa nuque. Ils lui avaient coupé les cheveux pour l'humilier, parce que l'exhiber nue dans les rues de Kings Landing et l'exposer aux huées et à l'avanie de la populace n'étaient pas des outrages suffisants pour déchoir une femme telle que Cersei Lannister.

La merde, les crachats, les déchets pouvaient être aisément lavés, ses pieds crus et ensanglantés pouvaient être bandés et guéris en l'espace d'une lune, mais ses cheveux, la fierté et le symbole de sa féminité, mettraient des années à repousser, rappelant à tous l'infamie de la reine d'or de Kings Landing. Le Grand Moineau voulait qu'elle ne cesse de rougir de son humiliation, qu'elle se sente inférieure et honteuse face à la noblesse de Kings Landing. Il la voulait brisée à ses pieds, attendant son procès dans la terreur et les larmes.

Mais ce serait bien mal la connaître. Cersei exhiberait sa chevelure dévastée le dos droit et la tête haute. Elle était la reine des Sept Royaumes, elle était Cersei Lannister, et bientôt, ceux qui avaient cru l'humilier ressentirait la brûlure dévastatrice de sa colère et de sa vengeance. Elle écraserait et raserait le Septuaire jusqu'à ses fondations et la Foi Militante avec lui. Quant à Septa Unella, elle lui réservait un sort tout particulier...

- Votre Grâce ? demanda Qyburn, en attente derrière elle.

Elle se détourna de la fenêtre et oublia un temps le Septuaire pour se concentrer sur d'autres ennemis, plus lointains, mais peut-être tout aussi dangereux.

- J'ai reçu un corbeau de Roose Bolton, dit-elle à l'homme dont elle avait sa Main et le Maître des Chuchoteurs. Il confirme la mort de Stannis Baratheon et l'anéantissement de son armée.

- Comme l'avaient dit les petits oiseaux, Votre Grâce.

- Mais il demande aussi de l'aide militaire pour lutter contre une nouvelle menace. Une menace que ma famille avait pourtant déjà éliminée.

- Robb Stark, confirma Qyburn. Les témoins affirmant l'avoir vu s'accumulent. Je pense, Votre Grâce, qu'il n'est plus possible de nier la vérité, toute absurde qu'elle puisse nous sembler.

- Robb Stark a été percé de cinq carreaux d'arbalète, poignardé en plein cœur et décapité, rappela Cersei d'un ton tranchant. Comment est-ce possible qu'il puisse encore se dresser contre nous ?

- Au cours de mes études et de mes voyages, Votre Grâce, j'ai vu des choses qui, à première vue, paraissent impossibles. Nous rions de la magie et des anciennes légendes en les reléguant au rang d'ineptie parce que c'est ce qu'enseignent les maesters, mais ce que l'on sait moins, c'est que le pouvoir de la Citadelle s'est construit en écrasant celui de la Guilde des Alchimistes, qui avait régné longtemps avant elle et s'intéressait de près à la magie et aux secrets des arcanes. La Citadelle a besoin que nous ne croyons pas à la magie, parce qu'elle n'en a jamais compris ni les lois ni les règles et que son existence avérée rendrait le pouvoir des maesters inutiles. Je ne crois pas à l'intervention d'entités supérieures, Votre Grâce, mais je pense que ce qu'on appelle « magie » n'est qu'un autre aspect de la science dont nous avons perdu les savoirs. Et bien que la Citadelle ait traqué ceux qui pouvaient encore la comprendre, je ne doute pas qu'il existe, à Westeros, des hommes et des femmes qui se sont transmis, dans le plus grand secret, les savoirs anciens. D'autres ont pu accomplir, grâce à leurs savoirs, la même manipulation sur Robb Stark que celle que j'ai accomplie sur La Montagne.

- On dit aussi qu'il contrôlerait les loups et se transformerait en bête, fit remarquer Cersei avec scepticisme. Mais qu'importe. Le véritable danger ne sont pas ces pouvoirs hypothétiques mais le fait qu'il peut unir à nouveau le Nord sous sa bannière, et lorsqu'il le fera, il marchera sur Kings Landing.

- Sauf s'il est arrêté à temps, Votre Grâce. Lord Bolton demande des troupes, je suppose ?

- En effet. Et je compte bien les lui donner. Envoyez dix milles hommes à Winterfell, Qyburn. Cela devrait largement suffire pour écraser les maigres troupes qu'il reste au Jeune Loup.

Le Grand Moineau, Margaery et Loras Tyrell, Daenerys Targaryen, Robb Stark... Quels que soient les ennemis, Cersei les écraserait sous sa botte comme sa famille l'avait toujours fait et elle ferait composer une nouvelle chanson qui ferait pâlir d'envie l'ombre de son père et éclipserait à jamais les Pluies de Castamere.

oOo

Depuis sa mort et sa résurrection, Jon agissait et prenait des décisions dans un état engourdi. Il savait, pour l'avoir constaté de première main, que la mort n'était pas toujours définitive. Mais les créatures qui se mouvaient après leur réveil n'avait rien à voir avec ce qu'ils étaient quand ils étaient encore en vie. C'était des marionnettes, aux chairs mortes mais artificiellement animées, contrôlées par des créatures aussi dépourvues de sentiments et d'âme que la glace qu'elles manipulaient. Jon... Jon s'était réveillé en vie. Sa chair était rose et pleine sur ses os, ses blessures cicatrisaient, comme si elles n'avaient pas traversé son cœur et ses entrailles, et mis à part cette impression d'évoluer comme à travers un rêve, mis à part ce détachement, cette distance par rapport au monde qui l'entourait, l'esprit de Jon était le même.

La pendaison des traîtres, bien que nécessaire, n'avait éveillé en lui aucune satisfaction. Juste un vague sentiment de gâchis et une contraction douloureuse de son cœur à la vue du visage bleu et des yeux injectés de sang d'Olly. Il n'était pas bien sûr de quoi faire de la femme qui l'avait ramené, Melisandre d'Asshaï. Mais sur les conseils de Davos, il l'avait renvoyée du Mur, une bien légère punition si l'on considérait son rôle dans la mort de la princesse Shireen. Mais Jon lui devait de n'être pas resté mort, même s'il n'était pas certain que ce soit une chose positive, et il avait décidé de lui accorder la vie sauve.

Lorsque Ser Davos Seaworth demanda à lui parler dans le bureau du Lord Commandant, Jon ressentit pour la première fois autre chose que cet endormissement mêlé d'un vague dégoût qu'il ressentait depuis que Melisandre l'avait tiré de la mort: l'impression profonde de n'être plus à sa place d'abord, que ce soit dans ses vêtements noirs ou dans le bureau de feu Jeor Mormont, l'incrédulité et l'espoir ensuite, lorsque le chevalier, avec un sérieux qui prouvait qu'il ne plaisantait certainement pas, lui annonça que son frère, que Robb, n'était apparemment pas mort, ou qu'il ne l'était plus, et qu'il amassait une armée à Ironath, soutenu par les Cerwyn, les Mormont, les Hornwood, les Mazin, les Flint, les Glenmore et les Forrester, pour reprendre Winterfell.

- Il y a deux jours, je ne l'aurais pas cru, conclut Davos. Mais aujourd'hui...

Son regard dévia vers la poitrine de Jon, là, où, cachées sous le cuir noir, finissaient de guérir des blessures dont Jon ne devrait pas se remettre.

- Mon frère a été décapité, rappela Jon, d'une voix bourrue.

- Et vous avez été poignardé en plein cœur. Est-il si impossible de croire que quelqu'un, avec des pouvoirs semblables à ceux de la Sorcière Rouge, ait pu recoudre la tête de votre frère sur son corps et le ramener à la vie, comme elle l'a fait pour vous ?

Jon ne voulait surtout pas se faire de fausse joie. Mais les Cerwyn, les Forrester, les Mormont se rallieraient-ils derrière un imposteur ?

Ghost, allongé contre ses jambes (le direwolf ne quittait pas son côté depuis sa résurrection, comme pour s'assurer que son humain était bel et bien là) se redressa soudainement et poussa de petits gémissements plaintifs vers la porte. Il se tourna vers Jon et mordilla son épaule avant de tourner à nouveau sa grande tête vers la porte, comme pour l'enjoindre à sortir.

- Ghost ? demanda Jon. Qu'est-ce que...

La porte s'ouvrit brusquement et Tormund apparut sur le seuil, l'air grave et perplexe.

- Hey, Seigneur Corbeau, tu ferais mieux de descendre avant que tes hommes ne se pissent définitivement dessus ou qu'ils ne trouvent le courage d'abattre la bête.

Confus, Jon se leva de la chaise et quitta le bureau, suivi de Davos et Tormund. Il regarda Ghost courir devant lui, plus enthousiaste qu'il ne l'avait vu depuis longtemps. Ils descendirent les escaliers et c'est alors que Jon le vit. Il était énorme au milieu de la cour de Castle Black, et les hommes de la Garde comme les Sauvageons, l'entouraient avec méfiance, lances menaçantes et arcs prêts à tirer. Ghost, indifférent aux armes tendues entre les mains des humains, se rua avec joie sur le nouveau venu, reniflant son cou et bondissant comme un chiot autour de lui.

- Lord Commandant, c'est un des tiens ? demanda Edd, en désignant d'un coup de tête méfiant l'énorme direwolf qui tolérait le comportement exubérant de Ghost comme un parent patient.

Jon n'entendit même pas la question. Les hommes s'étaient écartés pour le laisser passer mais il s'était figé, la poitrine gonflée de douleur et d'espoir, le sang battant ses tempes, n'osant croire ce que ses yeux voyaient.

- Grey Wind ? murmura-t-il, incertain.

C'était la forme de Grey Wind. La même fourrure dense autour du cou, comme une crinière, le même port altier, la tête haute et fière et les mêmes marques foncées qui encadraient le gris plus clair de ses paupières et de sa gueule. Mais ce n'était pas la taille de Grey Wind. Ce direwolf était beaucoup plus massif que le loup de Robb et son pelage était beaucoup plus sombre, tirant vers le noir. Et surtout ses yeux... ses yeux étaient bleus, le même bleu vif des Tully dont avait hérité Robb.

La forme du loup ondula soudain. Sa fourrure se rétracta sous sa peau et ses os se remodelèrent et diminuèrent pour former une silhouette humaine. Jon retrouva la maîtrise de ses jambes et s'avança à grands pas, le cœur battant la chamade, un sourire heureux, le premier depuis qu'il avait quitté Winterfell, tant d'années auparavant, s'épanouissant sur son visage.

- Stark, reconnut-il, la voix enrouée.

- Snow, répondit Robb, un sourire similaire sur le visage.

Robb fit le dernier pas qui les séparait et soudain les deux hommes se serraient l'un contre l'autre s'agrippant le dos et les épaules, la tête plongée dans le cou de l'autre.

- Bon sang, Stark, grogna Jon contre la peau de son frère, comment as-tu...

- Grâce à une concordance d'éléments beaucoup plus délicate et hasardeuse que la tienne, Snow.

Les deux frères se lâchèrent mais continuèrent de se tenir par les épaules, chacun scrutant le visage de l'autre.

- Tu as changé, finit par dire Robb, son regard passant sur les cicatrices qui barraient l'œil gauche et la paupière droite de son frère.

Jon avait également les cheveux tirés vers l'arrière et rassemblés en un chignon, un développement récent puisque, la dernière fois que Robb l'avait vu à travers les yeux de Ghost, avant qu'il ne reparte sauver les Sauvageons, ils déployaient encore leurs boucles lâches autour de son visage. Ses joues étaient plus creusées sous la barbe plus fournie, ses pommettes plus apparentes et malgré le sourire qui plissait actuellement le coin de ses yeux, il y avait désormais une dureté, une gravité plus sérieuse et plus âpre que lorsqu'ils s'étaient quittés, et qui se reflétait dans les tons rauques de sa voix cassée.

Il y avait quelque chose d'autre aussi, chez Jon, qui perturbait les sens affûtés de Robb et glissait sur le bord de sa conscience sans qu'il parvienne vraiment à la saisir. Une odeur de feu et de sang qui n'était pas celle hivernale des Stark et n'était pas non plus celle de la magie de la femme qui l'avait ramené...

- Toi aussi, répondit Jon.

Robb avait changé comme un cerf qui deviendrait un loup ou un loup qui deviendrait un ours. Jon avait toujours été plus fin et plus petit que lui, mais il devait lever les yeux beaucoup plus haut pour rencontrer son regard, regard qu'il avait toujours eu doux et chaleureux. Il était beaucoup plus sombre désormais. Plus dur et implacable.

Jon sentit soudain une infinie tristesse nouer sa gorge et humidifier ses yeux. Ils avaient grandis. Ils se croyaient des hommes, lorsqu'ils s'étaient quittés, l'un en quête d'un honneur illusoire au Mur, l'autre pour devenir Seigneur de Winterfell pendant que leur père devait régler les problèmes du royaume à Kings Landing.

Ils n'avaient été que des gamins. Naïfs et inconscients. La réalité et tout son cortège de désillusions sordides les avait rapidement dépouillés de leur enfance pour les précipiter dans le monde des adultes où l'ignominie et la trahison côtoyaient le mensonge et la mort.

Robb dut sentir sa détresse, comme il l'avait toujours fait quand ils étaient enfants, car il passa soudainement son bras sur ses épaules et l'entraîna à ses côtés en direction de l'escalier qui menait aux appartements de Jon.

- Nous avons beaucoup de choses à nous dire, Jon. Et je préférerais le faire près d'un bon feu et hors de la vue de tes hommes. Je suis presque sûr que certains sont en train de reluquer mon cul.

Davos s'approcha alors et tendit un manteau à Robb.

- Votre Grâce, dit-il, tout en inclinant la tête en signe de déférence, les yeux légèrement écarquillés d'incrédulité.

C'était une chose d'entendre la nouvelle que le Roi du Nord était vivant, c'était autre chose de le voir en chair, en os et en loup.

- Merci Ser Davos, répondit Robb avec reconnaissance. Vous êtes un sauveur.

Tous regardèrent, dans des états plus ou moins prononcés de stupéfaction et de crainte, les deux frères grimper les escaliers et disparaître derrière la porte de la tour. Tormund vint se poster auprès de Davos, ses sourcils roux remontés presque jusqu'en haut du front.

- J'ai connu un warg une fois... Mais ce que cet homme a fait, c'est entièrement autre-chose.

Davos hocha la tête en accord, son esprit réfléchissant déjà à toutes les raisons pour lesquelles Robb Stark était à Castle Black et à toutes les répercussions que cela allait avoir.

- Les deux frères Stark, morts et ressuscités tous les deux, reprit Tormund. Les Marcheurs Blancs qui avancent vers le Mur. J'ai l'impression d'être dans une de vos chansons du Sud. Manque plus que les dragons.

Davos acquiesça à nouveau, repensa aux théories perturbantes de Stannis Baratheon sur la mère de Jon Snow et frissonna devant l'instinct étonnamment perceptif du Sauvageon.

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(1) ce personnage est censé être mort dans les livres, mais je me permets encore une fois de prendre quelques libertés, étant donné que mon but avec cette fic est bien plus d'être fidèle à l'esprit et l'ambiance de Game of Thrones qu'à ses détails près.

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J'ai adoré écrire ce chapitre! Pour des raisons évidentes, je pense (les frères Stark enfin réunis, après tout ce temps!)

Et oui, Davos sait pour Jon! Je ne suis pas encore sûre de la place qu'aura cette révélation dans l'histoire, mais ça ne peut pas faire de mal de poser quelques prémisses, au cas où ^^

Prochain chapitre: "Le loup solitaire meurt, mais la meute survit": Robb et Jon rattrapent le temps perdu et préparent la guerre contre Roose Bolton.