J'ai mis un peu plus de temps que d'habitude à sortir ce nouveau chapitre, et c'est parce-qu'il y avait pas mal de choses que je voulais modifier avant de pouvoir le poster. Mais maintenant j'en suis à peu près satisfaite, donc le voilà!
Oh, et cette fic vient de gagner 2 nouveau chapitres, mais c'est seulement dans les apparences. Comme le premier chapitre était très long (plus de 7000 mots), j'ai finalement décidé de le séparer en 2 chapitres pour faciliter la lecture. Le seul chapitre qui a réellement été rajouté à l'histoire, c'est donc celui-ci.
Voilà voilà...
Castiel était bloqué dans un état d'incompréhension. Il n'était pas dans la réalité qu'il connaissait. Tout autour de lui semblait fragile au point de pouvoir voler en éclat d'un instant à l'autre. L'arrivée inexplicable d'une Ambre qui semblait le prendre pour son frère n'arrangeait pas non plus la situation. Il ne savait plus où il en était, et la tête commençait à lui tourner.
Le jeune homme baissa les yeux, et son attention se porta sur ses mains qui serraient le chat blanc contre lui. C'est à cet instant précis qu'il comprit ce qui était en train de lui arriver.
Car il n'est normalement pas difficile de reconnaître ses propres mains. Par conséquent, il ne lui avait pas fallu plus d'une demi-seconde pour se rendre compte du fait que celles qu'il avait sous les yeux n'étaient pas les siennes. Et alors qu'il s'était fait cette réflexion, un sentiment étranger l'avait envahi. C'était l'arrivée d'Ambre qui l'avait causé, et, à son plus grand étonnement, il s'était rendu compte que ce qu'il ressentait, c'était de la joie à l'idée de revoir sa sœur.
La stupeur causée par ce qu'il venait de comprendre envoya comme une onde de choc dans sa poitrine.
Castiel se trouvait actuellement dans la peau de Nathaniel. Non. Il se trouvait dans l'un de ses souvenirs.
Il n'avait le contrôle sur aucune de ses actions présentes. Il n'était qu'un témoin impuissant qui assistait à la scène à travers les yeux de l'homme qu'il venait d'affronter sur un ring de boxe.
Nathaniel leva la tête, et adressa à sa sœur un sourire qui se voulait sincère. Il ne parvenait cependant pas à dissimuler l'état anxieux dans lequel il se trouvait.
« Je viens d'arriver oui » dit-il avec une grimace gênée.
C'était bien simple, il n'avait absolument pas eu envie de venir ici, et le fait de se trouver dans cette maison en cet instant suffisait à lui donner des frissons. La seule raison pour laquelle il était là, c'était parce qu'il avait fini par céder aux demandes de plus en plus insistantes d'Ambre. On lui répétait assez souvent qu'il avait brisé sa famille, et la jeune fille était probablement la dernière de ses proches avec laquelle il avait pu garder des liens forts. Perdre cette connexion avec elle était la dernière chose qu'il souhaitait, et si pour éviter ça il devait faire des sacrifices, alors il était prêt à en faire. Il espérait seulement n'avoir pas fait une erreur, et que la soirée se déroulerait sans encombre.
« Je suis contente que tu sois là ! » dit-elle en s'approchant de lui « Je sais que tu es parti à cause de ce qu'a fait papa, mais tu ne pouvais quand même pas passer Noël tout seul ! »
L'année précédente, le jeune homme avait passé les fêtes de fin d'année avec Susan et sa famille. Cette dernière n'était plus là désormais, et il aurait effectivement été seul si sa sœur ne l'avait pas invité.
La jeune femme baissa la tête, et Nathaniel crut voir de la tristesse dans ses yeux l'espace d'un instant.
« Je lui ai parlé tu sais, et il m'a promis qu'il ne ferait rien de mal. »
Elle avait prononcé ces mots à voix basse, comme si elle avait peur de les entendre sortir de sa bouche. Son frère se tendit, et sa prise sur l'animal qui se trouvait sur ses genoux se raffermit légèrement sans qu'il ne s'en aperçoive. Il n'avait pas besoin qu'elle rajoute quoi que ce soit pour comprendre de qui elle parlait.
« Il a dit qu'il ferait son possible pour que tu ne regrettes pas d'être venu à cause de lui, et qu'il ne dirait rien qui pourrait te mettre mal à l'aise. Alors … Tout va bien se passer, tu n'as pas besoin de t'inquiéter ! »
Ses yeux remplis de sincérité s'ancrèrent dans les siens avec une intensité hors du commun. Elle était bien différente d'autrefois. La jeune fille n'avait plus jamais été la même depuis qu'elle avait appris ce qui s'était passé entre lui et son père sans qu'elle n'en soit consciente. Elle était beaucoup plus prévenante avec lui désormais, comme si elle essayait de se racheter pour n'avoir pas vu qu'il souffrait en silence depuis des années.
Nathaniel lui sourit. Ambre avait certes gagné en maturité depuis la fin du lycée, mais elle surestimait toujours beaucoup trop leur père.
« Tu as sûrement raison. » lui assura-t-il sans vraiment penser ce qu'il disait.
« J'ai toujours raison ! » répondit-elle en simulant un air outré « Mais maintenant n'est pas le moment de me couvrir d'éloges. On va bientôt passer à table, et d'après ce que j'ai vu du menu, je suis sûre que ce n'est pas quelque-chose que tu voudrais manquer ! »
Il se tendit, mais elle lui prit la main et l'encouragea à la suivre. Blanche fut contrainte de sauter par terre, et miaula pour exprimer son mécontentement, tandis que le frère et la sœur descendaient une à une les marches des escaliers.
xxx xxx xxx
« C'est très bien Ambre. Si tu continues comme ça, tu vas aller loin dans ta carrière de mannequin ! »
Nathaniel avala une bouchée de dinde et jeta un coup d'œil en direction de sa mère. Chacun ici était conscient du sujet tabou qu'incarnait le jeune homme, et sa présence à cette table n'aidait pas vraiment à l'oublier. Il appréciait les efforts désespérés que faisait sa mère pour détourner la conversation, même s'ils n'étaient pas d'une grande discrétion. Cela faisait maintenant une heure qu'elle remplissait le vide de discussion en épiloguant sur Ambre et ses études. Bien sûr elle ne tarissait pas d'éloges, mais ça, ce n'était pas vraiment une nouveauté.
La jeune femme concernée avait les joues légèrement plus roses que d'habitudes.
« Merci maman » dit-elle « Je fais tout pour en tout cas. »
Nathaniel s'apprêtait à se replonger dans son assiette, légèrement ennuyé par la tournure que prenait la discussion, lorsqu'il entendit le bruit cristallin d'un verre qui s'était heurté violemment à une surface solide. C'était son père qui venait de rabattre brusquement son verre de vin vide contre la table. Un coup d'œil en direction de la bouteille lui apprit que cette dernière avait été presque entièrement consommée, et il déglutit en anticipant le pire. L'homme avait gardé le silence depuis le début du repas mais, à en juger par l'expression sur son visage, il venait clairement de décider qu'il avait finalement quelque-chose à dire.
« On ne peut pas en dire autant pour notre fils ! » s'exclama-t-il en jetant un regard lourd de jugement à l'intéressé.
Ce dernier eut un mouvement de recul, mais il ne détourna pas les yeux.
« Une fac de lettres ! » grommela son père en parlant légèrement moins fort qu'un instant auparavant. « Je n'arrive pas à croire que tu aies décidé de gâcher ta vie comme ça après tout le mal que je me suis donné pour que tu réussisses. »
« Papa, on est en plein repas de famille, arrête de … »
« Laisse-moi finir Ambre ! J'en ai marre de me taire depuis deux ans. C'est moi l'homme de la famille dans cette maison donc vous devez respecter ma parole ! »
La jeune femme eut l'air choqué de l'entendre s'adresser à elle de cette façon. Elle baissa les yeux et ne dit plus rien, mais son visage était plus pâle qu'avant.
« Nathaniel, c'était pour être capable de faire ce genre de choix stupides que tu as fait ta petite crise d'adolescence et que tu as décidé de partir vivre seul ? Si c'était vraiment les seules ambitions que tu avais, il aurait suffi de le dire, et je t'aurais viré de chez moi avec plaisir depuis longtemps. »
Ce dernier était resté muet depuis qu'il avait commencé sa diatribe incendiaire. Il n'avait pourtant rien fait pour déclencher ce comportement, mais il fallait croire que c'était trop demander que d'espérer pouvoir rester dans la même pièce que son père pendant plus d'une heure sans que ce dernier n'éprouve le besoin de l'informer de tout le mal qu'il pensait de lui et de ses choix de vie.
Nathaniel était furieux. Sa mâchoire s'était contractée, et ses yeux semblaient lancer des éclairs.
« Comment tu peux oser me dire une chose pareille ? Tu veux vraiment que je te rappelle pourquoi je suis parti ? Putain, c'est l'hôpital qui se fout de la charité ! »
Le regard de son père devint brusquement beaucoup plus intense lorsqu'il l'entendit élever la voix contre lui. Son visage était livide, et il semblait dégager une aura menaçante.
« Je sais très bien pourquoi tu es parti. » dit-il avec une voix qui donnait l'impression qu'il tentait difficilement de ne pas laisser sa rage exploser immédiatement. « C'est parce-que tu es un espèce de bon à rien qui n'a jamais eu aucun respect pour ses parents. Aucun ! »
Le patriarche s'était levé brutalement lorsqu'il avait vociféré le dernier mot, et la table avait tremblé lorsque son poing s'était abattu dessus. Il ferma les yeux. Lorsqu'il les rouvrit, il avait regagné un semblant de contenance, et son regard froid s'était abattu sur son fils, plus meurtrier que jamais.
« Honnêtement je ne sais même pas pourquoi tu viens remettre les pieds dans cette maison aujourd'hui. Certainement pas pour te vanter de tes réussites scolaires, parce-que d'après ce que j'ai cru comprendre c'est plus pathétique que jamais à ce niveau-là. »
« Papa ! » hurla soudain Ambre en lui lançant un regard noir « Arrête ça tout de suite ! Nath est revenu nous voir et toi tu le traites comme ça ?! Tu devrais avoir honte ! »
Le patriarche regarda sa fille avec un air stupéfait. C'était la première fois que Nathaniel la voyait élever ainsi la voix contre lui. Après avoir mis plusieurs secondes à se ressaisir, l'homme grogna avec un air mécontent, puis poussa sa chaise avant de quitter la table.
« Très bien, je m'en vais puisque mes opinions ne sont pas les bienvenues. Je pensais que tu valais mieux que ton frère Ambre, mais apparemment on n'est jamais à l'abri d'une nouvelle déception. »
Sans dire un mot de plus, il leur tourna le dos et quitta la pièce. La mère des deux jumeaux regarda pendant plusieurs secondes l'endroit où il avait disparu. Puis, elle se tourna à nouveau vers eux.
« Tu aurais pu éviter d'envenimer les choses Nathaniel. » dit-elle en lui jetant un regard de reproche.
Ce dernier était tellement choqué qu'elle ait osé émettre une telle accusation qu'il ne trouva rien à répondre. Il se contenta de se lever à son tour.
Il entendit alors des éclats de voix en provenance de la cuisine. Soudain envahi par un mauvais pressentiment, le jeune homme s'approcha immédiatement.
Il découvrit alors son père, le visage rendu rouge par la colère, qui tenait Blanche par la peau du cou sans prêter la moindre attention aux miaulements terrifiés du chat qui se débattait pour échapper à son emprise.
Lorsqu'il aperçut son fils, ses yeux lancèrent des éclairs.
« Toi ! Ta sale bestiole était montée sur la table de la cuisine ! Non seulement tu ne respectes pas tes parents, mais en plus tu nous ramènes des nuisibles dans notre maison ! »
Blanche n'était pas qu'un chat pour Nathaniel. Elle avait une valeur affective énorme à ses yeux. Lorsqu'il avait quitté le domicile familial pour vivre dans son propre appartement, il avait décidé d'adopter ce chaton afin de ne pas être seul. C'était elle qui lui avait tenu compagnie chaque jour depuis cette époque, et elle était devenue un être irremplaçable dans sa vie.
Lorsqu'il avait décidé d'accepter l'invitation de sa sœur et de venir manger et dormir ici, il n'avait pas pu se résoudre à laisser Blanche seule dans son appartement. Alors il l'avait emmenée avec lui. Ce qui, avec du recul, avait clairement été une très mauvaise idée.
« Laisse-la tranquille ! » s'exclama-t-il avec une voix légèrement tremblante « Si tu lui fais quoi que ce soit, je te jure que tu vas le regretter ! »
C'était visiblement la mauvaise chose à dire. Le visage de son père devint encore plus rouge.
« Des menaces ? Tu oses menacer ton propre père ?! »
Son regard se métamorphosa, et ses yeux devinrent comme fous.
« Voilà ce que j'en fais de ta sale bête puisque tu le prends comme ça ! » vociféra-t-il.
Et en prononçant ces mots, il balança violemment l'animal contre le mur qui se trouvait à l'opposé de la pièce. Dans sa chute, le corps du chat se heurta brutalement contre le grand vase qui était placé là. Il l'entraîna avec lui, et un grand bruit résonna lorsque l'objet éclata en morceau. Blanche était tombée au milieu des débris de verre, et son corps inerte était parsemé de taches rouges là où les morceaux brisés avaient tranché sa peau.
Nathaniel était resté figé. Ses yeux horrifiés ne quittaient pas Blanche.
Au bout de quelques secondes passées à retenir son souffle, il sembla se ressaisir, et son regard glissa lentement en direction de son père. Ses yeux dénués de tout sentiment étaient semblables à deux trous béants. Il le regardait comme s'il ne le voyait pas.
« Qu'est-ce-que tu viens de faire ? Qu'est-ce-que tu as fait à Blanche ? »
Sa voix tremblante était à peine audible, mais la colère était perceptible derrière ses mots. Son visage se transforma alors, soudain déformé par la rage.
« Qu'est-ce-que tu lui as fait ?! » répéta-t-il en hurlant cette fois.
Son père recula d'un pas, mais le jeune homme s'avança vers lui, puis l'attrapa par le col en un geste brusque.
Et sans réfléchir une seconde de plus, Nathaniel serra son poing droit, et l'envoya percuter violemment le visage de l'homme.
Ce dernier poussa une exclamation choquée. La force du coup le fit perdre l'équilibre, et il tomba au sol avec un bruit sourd.
Le jeune homme tremblait de tous ses membres. Se rendant soudain compte de ce qu'il venait de faire, il regarda son père, puis ses mains, et il fut alors envahi par un sentiment de culpabilité si puissant qu'il eut envie de vomir.
Incapable de soutenir cette vision plus longtemps, il lui tourna le dos pour ne plus le voir. Il croisa alors le regard horrifié d'Ambre, qui venait d'entrer dans la cuisine. Elle se tenait debout dans l'encadrement de la porte, et tout dans sa posture laissait paraître son désarroi.
Le jeune homme détestait qu'elle l'ait vu dans une telle position. Il aurait voulu s'expliquer, mais ses mots restèrent coincés dans sa gorge.
Il y eut un bruit derrière lui, lui indiquant que son père venait de se relever. Le regard de la jeune fille se posa alors sur un point situé à quelques mètres de lui, et ses yeux s'écarquillèrent soudain.
« Nath … ! » s'exclama-t-elle aussitôt, mais ce dernier eut à peine le temps de se retourner avant de ressentir une douleur lancinante au niveau du côté droit de son estomac.
Son regard se posa sur la lame du couteau de cuisine qui venait de s'enfoncer profondément dans sa chair, faisant couler son sang sur son tee-shirt bleu. Il leva les yeux vers le visage de son père, déformé par la haine, et il sentit ses genoux faiblir sous son poids. L'homme tenait fermement le couteau avec ses deux mains, et l'enfonçait sans hésiter dans le ventre de son fils.
Ce dernier sentit ses forces lui échapper doucement. Il ferma les yeux, et son corps se mit à basculer sur le côté, comme s'il bougeait au ralenti. La voix paniquée de sa sœur fut la dernière chose qu'il entendit avant de perdre connaissance.
xxx xxx xxx
Lorsqu'il rouvrit les yeux, il vit un plafond blanc et lisse qui ne ressemblait pas à celui de chez ses parents. Il remua légèrement dans ses draps, mais la douleur, ainsi qu'une sensation inconfortable dans son bras droit le firent s'immobiliser brusquement. Ses yeux se posèrent sur le cathéter enfoncé dans son poignet, maintenu en place par de multiples bandes adhésives, et relié à son extrémité à des tuyaux en plastique.
C'est à cet instant-là que Nathaniel comprit qu'il se trouvait dans un lit d'hôpital. Il souleva sa blouse, et grimaça en voyant les bandages qui recouvraient sa poitrine. Il toucha du bout des doigts le côté droit de son ventre, mais fit aussitôt cesser le contact lorsqu'une onde de douleur traversa son corps.
« Hey, Nath … »
Il se retourna en entendant son nom, et son regard croisa celui de sa sœur, qui venait d'entrer dans la pièce. Elle était méconnaissable. De larges cernes noirs étaient creusés sous ses yeux, et c'était la première fois qu'il la voyait avec des cheveux aussi en désordre.
« Ambre … Qu'est-ce-qui s'est passé ? »
« Tu viens de te réveiller ? J'étais là tout à l'heure, mais tu dormais encore … »
Le jeune homme hocha la tête, et elle détourna le regard.
« Tu … Tu te souviens de ce qui s'est passé quand tu es venu manger à la maison ? »
« Oui, je … »
Soudain, Nathaniel devint livide, et ses yeux s'écarquillèrent comme s'il venait brusquement de se souvenir de quelque-chose d'essentiel.
« Blanche … Comment va Blanche ?! Est-ce-que … »
« Blanche va bien Nath » lui répondit Ambre avec un air rassurant « Elle avait une patte cassée et des coupures sur le corps, mais elle a été opérée et elle est hors de danger. Je me suis occupée d'elle pendant ton absence. »
Le jeune homme poussa un soupir de soulagement et se laissa tomber sur son oreiller. Lorsqu'il rouvrit les yeux, son regard semblait ne contenir aucune émotion.
« Qu'est-ce-qui s'est passé depuis que j'ai perdu connaissance ? » demanda-t-il à mi-voix, comme s'il avait peur d'entendre sa propre question.
Sa sœur était incapable de soutenir son regard. Ses yeux étaient rivés au sol.
« J'ai appelé une ambulance et la police. Tu as failli mourir à cause de l'hémorragie, mais ton état s'est stabilisé, et tu ne risques plus rien maintenant. Tu es resté inconscient pendant trois jours. »
Elle avait prononcé ces paroles avec une voix mécanique, comme si elle ne faisait que répéter les mots que lui avaient dit les professionnels médicaux.
Il hésita avant de prendre la parole.
« Et … lui ? »
Sa sœur n'avait pas besoin qu'il en dise plus pour comprendre de qui il parlait.
« Papa a été embarqué par la police. Il … Il a été mis en détention provisoire en attendant le procès … »
Les yeux de la jeune femme devinrent humides et elle renifla. Elle ne regardait toujours pas son frère.
Il leva son regard vers le plafond, et se mit à réfléchir à tout ce qui venait d'arriver. Alors qu'il était resté relativement calme depuis son réveil, l'horreur de la situation le frappa brusquement, et il en eut le souffle coupé.
Son père l'avait poignardé. Il avait failli en mourir. Et maintenant, ce dernier était en prison pour une durée indéterminée.
Sa gorge se serra, mais aucune larme ne coula. Il avait l'impression que sa cage thoracique était en train de se comprimer. L'air ne parvenait plus à circuler jusqu'à ses poumons. Il ne pouvait plus respirer. Ne pouvait plus ne serait-ce qu'émettre le moindre son.
Il ouvrit la bouche, et une grande quantité d'air s'engouffra soudain dans sa poitrine. Il se mit à respirer par à-coups légèrement plus rapides et désespérés que d'habitude. Sa crise n'avait duré que quelques secondes. Même Ambre ne l'avait pas remarquée.
Qu'est-ce-qui les attendait désormais dans le futur ?
Nathaniel ne pouvait chasser le sentiment de culpabilité qui lui serrait les tripes, ni la certitude que c'était sa faute si sa famille était maintenant dans une telle situation.
Tout ça ne serait pas arrivé s'il n'avait pas frappé son père.
S'il avait encore eu des larmes en réserve, elles auraient probablement coulé sur ses joues à cet instant.
xxx xxx xxx
C'était à la fin d'une journée tout à fait normale qu'il avait appris la nouvelle. Il rentrait simplement de son entraînement de boxe, et se trouvait à quelques blocs de rue de son appartement lorsque son portable avait sonné.
La voix tremblante d'Ambre avait résonné à travers le combiné lorsqu'il avait décroché, et il avait immédiatement compris qu'elle était en train de pleurer.
Peut-être qu'elle se sentait coupable elle aussi. Après tout, c'était elle qui avait appelé la police, et c'était un choix qui avait dû lui demander beaucoup de courage à ce moment-là.
« Papa est mort. Il s'est suicidé en prison. »
A l'instant où il avait entendu ces mots, Nathaniel avait senti comme un courant d'air glacial envahir tout son être. Il avait eu l'impression que tout ce qui le constituait venait soudain d'être remplacé par du vide, et que son âme n'était plus désormais qu'un trou béant.
C'était lui qui avait fait ça.
Il avait tué son père.
