Disclamer : Harry Potter et son univers appartiennent à J.K.Rowling, je ne gagne aucun argent en m'appuyant sur ses œuvres.
Merci à mon amie Sploutch pour son aide et ses corrections.
Merci pour tous vos commentaires et encouragements, j'essaierai d'être à la hauteur de vos attentes.
Encore un chapitre d'introduction. J'espère que je n'exagère pas trop, mais je souhaiterais donner une bonne image de qui est Harry et quelles sont ses compétences avant qu'il n'arrive à Poudlard.
Chapitre 2 – Bienvenue dans la monde de la sorcellerie
Harry se réveilla dans une chambre du Chaudron Baveur. Aujourd'hui commençait sa nouvelle vie. Dumbledore n'avait pas menti : non seulement il était sorcier, mais en plus il était célèbre. Très célèbre. Il se rappela avec une grimace qu'aucun des clients encore présents au moment de leur arrivée n'était resté assis, que tous avaient tenu à lui serrer la main. Plus encore que la découverte de toute une société de sorciers, devenir subitement une célébrité le perturbait. Pendant sa vie en tant qu'Assassin, il avait été ombre parmi les ombres, même les membres de sa propre communauté ne connaissaient pas son nom. C'était une des règles, les ombres n'ont pas de nom. Seul Jack savait qui il était. Normalement une nouvelle recrue devait suivre un entraînement communautaire, mais certains haut-gradés de la hiérarchie pouvaient prendre un apprenti. Et Jack l'avait choisi.
Après s'être douché, avoir tenté inutilement de remettre de l'ordre dans ses cheveux sous les commentaires sarcastiques du miroir -chose qui l'avait profondément surpris- et récupéré la liste des fournitures que Dumbledore lui avait remise en même temps qu'un billet de train et la clé de son coffre, Harry descendit à la recherche du tavernier que le directeur lui avait désigné comme étant à même de répondre à ses questions, et qui, il en était sûr, serait honoré de l'aider dans ses premiers pas dans le monde magique. Au moins, se dit Harry, il ne devrait pas poser de questions sur son passé à propos duquel Dumbledore n'avait cessé d'essayer de lui soutirer des informations qu'après que Harry lui ait demandé pourquoi, selon lui, Voldemort, le puissant mage noir que lui avait décrit Dumbledore, avait tenu à se débarrasser personnellement de ses parents et de leur rejeton plutôt que d'attendre leur mort dans une escarmouche. Il avait lancé cette pique au hasard, voulant surtout interrompre les essais de Dumbledore, mais il avait été bien au-delà des effets escomptés. En effet, après une belle réponse sur le terrorisme, le goût de Voldemort pour la cruauté, et autres théories permettant de noyer une réponse personnelle, il avait cessé de tenter de s'insinuer dans sa vie et l'avait laissé tranquille. Harry avait rangé cette impression de non-dit dans un coin de son esprit et avait continué de poser des questions auxquelles il n'attachait que peu d'importance telles que la raison pour laquelle il avait été placé chez les Dursley, où avaient habité ses parents, où étaient ils enterrés, combien ils lui avaient laissé ... Et il avait appris en vrac que certains villages étaient exclusivement sorciers, que la monnaie de ceux-ci différait de ceux qu'ils appelaient "moldus" et qu'il n'avait pas à s'inquiéter à propos de ses ressources mais qu'on ne pourrait lui donner les détails de ses biens qu'à la banque et enfin que Dumbledore avait choisi de le confier aux Dursley à cause d'une protection liée au sang. Et quand il avait demandé pourquoi il aurait pu avoir besoin d'une protection, Dumbledore lui avait fait remarquer que tous n'étaient pas contents de la disparition de Voldemort, et que dans le même ordre d'idée, il était prié de ne pas s'écarter de l'artère principale du quartier marchand du Londres sorcier.
Ce fut donc un Tom désespéré de la retenue du survivant qui lui ouvrit l'arcade vers le Chemin de Traverse mais qui s'autorisa quand même un sourire devant la stupéfaction de son client. Laissant Tom retourner tenir son bar, Harry s'avança sur la rue pavée qui s'étendait devant lui. Reprenant ses esprits, il chercha ce qui pourrait ressembler à une banque, première étape de ce qu'il devait faire aujourd'hui. Harry avait envie d'entrer dans chaque magasin sur lequel il posait les yeux, sa curiosité attisée comme jamais, mais il finit par parvenir à ce qu'il identifia sans erreur possible comme la banque, même s'il n'en avait jamais vu des comme ça. Massif, le grand bâtiment en pierres blanches dominait les magasins qui l'entouraient. Harry s'avança, franchissant les portes de bronze et d'argent, salué par les gardes gobelins, êtres qui l'intriguaient mais qu'il évita d'interroger, de peur de passer pour impoli. Il se dirigea vers ce qu'il supposait être un comptoir.
- Bonjour, je souhaiterais accéder au coffre des Potter.
- Avez-vous la clé, monsieur ? demanda le gobelin.
Harry sortit la minuscule clé en or et le gobelin, satisfait, lui assigna un guide qui l'entraîna vers une des nombreuses portes du hall. Après que son guide eût appelé un wagonnet, une course endiablée au sein du labyrinthe de galeries souterraines les emmena devant une petite porte que le gobelin lui ouvrit, le laissant découvrir l'immensité de la richesse dont il était propriétaire. Sortant de son ébahissement, il remplit un sac de pièces avec le sentiment qu'il n'aurait plus de problèmes d'argent et qu'il pouvait donc mener sa vie comme il l'entendait, sans se soucier d'avoir à vendre ses services.
Plongé dans ses rêveries d'avenir, Harry ne vit du chemin du retour que l'arrivée, lorsque, sortant des galeries, le gobelin prit la parole.
- Au plaisir de vous revoir, monsieur Potter, dit-il en s'inclinant.
Un géant au teint vert, probablement pas de couleur naturelle, sursauta en entendant ces mots et se tourna vers lui.
- Potter comme Harry Potter ?
- En effet, c'est bien mon nom, répondit Harry, prêt à repousser un nouvel admirateur.
- Oui, oui, bien sûr, tu ressembles beaucoup à ton père ... mais tu as les yeux de ta mère ... Mais quand même, la dernière fois que je t'ai vu tu n'étais qu'un bébé. Tu as bien grandi depuis cette fameuse nuit.
Harry était soudain beaucoup plus intéressé, obligeamment, il demanda :
- Vous n'avez pas l'air très en forme, voulez-vous que l'on s'installe quelque part ? Monsieur ... ?
- Oh, je ne me suis même pas présenté. Rubeus Hagrid, gardien des Clés et des Lieux à Poudlard. Oui, bonne idée, je t'invite à boire un verre, j'en ai bien besoin après ces horribles voyages.
Installés devant un verre, de whisky pur feu pour Hagrid, de limonade pour Harry, ceux-ci discutaient. Ou plutôt, Hagrid parlait et Harry écoutait. Sans que ce dernier ait vraiment eu besoin de le persuader, quelques questions avaient suffi, Hagrid lui narra par le menu la fameuse nuit de la mort de ses parents et de la destruction de Voldemort. Il apprit donc l'état de ruine de la maison familiale à cause du retour du sort, l'hypothèse que le mage noir ne soit pas vraiment mort et la crainte que son nom inspirait encore.
Il fit dévier la conversation vers les années qui avaient précédé, s'intéressant aux méthodes de celui dont il avait stoppé l'ascension. Emmagasinant les données, il resservait Hagrid en whisky pur feu, mais malheureusement pour lui, celui-ci tenait bien l'alcool. Hagrid étant apparemment lassé de parler du mage noir, il dirigea la conversation vers le monde des sorciers en général, instruisant Harry sur ses institutions, ses loisirs et ses habitudes, sans pour autant entrer dans les détails.
Hagrid semblait chercher un événement oublié. Il avait la tête de ceux qui pensent être passés à coté de quelque chose d'important, craignant que cela puisse être un chaudron sur le feu ou un animal à nourrir. Et soudain, s'interrompant dans son quasi-monologue, il s'exclama, appuyant ses propos d'un coup de poing sur la table -qui aurait cédé si elle n'avait pas été enchantée contre ce genre de désagréments :
- Par Merlin, mais c'est bien sûr ! C'est ton anniversaire et je l'avais complètement oublié.
Il se leva brusquement, manquant de renverser à la fois sa chaise et la table, et reprit :
- Allez viens, je tiens à t'offrir quelque chose.
Harry, se demandait bien pourquoi quelqu'un aurait retenu un détail aussi futile. Aussi loin qu'il se souvienne, jamais on ne lui avait fêté son anniversaire. Cependant, il était touché de cette marque d'attention et était troublé par ce qu'il ressentait. C'est donc par automatisme qu'il emboîta le pas et suivit Hagrid qui se décida vite pour l'animalerie. Vingt minutes plus tard, ils ressortirent du magasin, Harry se retrouvant chargé d'une cage dans laquelle se tenait, paisible, une magnifique harfang des neiges. Hagrid balaya d'un geste de la main ses piètres tentatives de remerciement et prit congé, évoquant un objet important attendu par Dumbledore. Et Harry se retrouva seul au milieu du Chemin de Traverse, encore un peu perturbé.
Harry était remonté dans sa chambre, chassant son trouble, et avait décidé de régler la question de la chouette plus tard. En effet, une des bases de son apprentissage avait été : aucun attachement, humain ou matériel. Pour retrouver un certain équilibre, il avait dressé efficacement la liste des points importants abordés par Hagrid. Il y reviendrait plus tard.
Pour le moment, il avait des fournitures à acheter, et il retourna donc sur le Chemin de Traverse. Il acheta, magasin par magasin, tout le matériel demandé, se retenant de toucher à tout, de tout acheter. Il avait commencé par les vêtements, se réservant les livres pour la fin. Il remonta la rue, visitant tour à tour les magasins avant d'arriver devant un spécimen bien délabré qui indiquait : « Ollivander – Fabricant de baguettes magiques depuis 382 avant J.-C. »
Harry aurait cru entrer dans un lieu de culte, une bibliothèque, un lieu dépositaire d'un savoir très ancien et oppressant. Sauf que, bien sûr, il se trouvait dans un magasin, sombre et minuscule, poussiéreux. Des boîtes longues et étroites s'alignaient sur les étagères, recouvrant les murs. Harry attendit un instant avant que le propriétaire des lieux ne fasse son entrée.
- Bonjour, fit celui-ci d'une voix douce.
Les yeux pâles du vieil homme le fixaient de leur éclat argenté.
- Bonjour, répondit Harry, cachant son trouble.
- Harry Potter, bien sûr. J'espérais vous voir bientôt. Je me souviens de vos parents. Vous avez le physique de votre père, mais les yeux de votre mère.
Harry était ennuyé de s'entendre répéter les mêmes choses. Pourtant, les propos suivants de M. Ollivander ravivèrent son attention.
- Votre mère avait choisi une baguette en bois de saule, 25,6 centimètres, souple et rapide. Idéale pour les enchantements. Celle de votre père 27,5 centimètres était en bois d'acajou. Flexible. Plus orientée vers les métamorphoses. Enfin, quand je dis qu'ils les avaient choisies, c'est la baguette, bien sûr, qui choisit son sorcier.
M. Ollivander s'était rapproché de Harry tout en parlant, jusqu'à le toucher presque. Sa proximité n'enchantait pas Harry, mais celui-ci, guidé par l'envie d'en savoir plus, ne bougea pas, ne voulant pas compromettre ses chances en risquant d'interrompre le vieil homme.
- Ah, c'est ici que ...
De son long doigt blanc, il toucha la cicatrice en forme d'éclair sur le front de Harry.
- C'est également moi qui ai vendu la baguette qui vous a laissé cette marque, pour mon plus grand malheur. 33,75 centimètres en bois d'if, très puissante ... si j'avais su ...
Réorganisant ses pensées, M. Ollivander reprit d'une voix plus forte.
- Bien, occupons nous de vous, M. Potter, de quelle main tenez-vous la baguette ?
Il prit les mesures nécessaires, expliquant à son client que chacune de ses baguettes était différente des autres, et qu'ainsi elles s'adaptaient mieux aux sorciers qui leur correspondaient. S'ensuivit alors l'essayage le plus étrange auquel Harry ait jamais participé. Ouvrant les boîtes les unes après les autres, M. Ollivander confiait à Harry des baguettes de toutes tailles et de tous types. Et Harry se sentait légèrement ridicule à les faire tournoyer. Il était quasiment certain d'avoir eu entre les mains la moitié des baguettes présentes dans la boutique quand M. Ollivander lui mit dans les mains une baguette en bois de houx, 27,5 centimètres, avec une plume de phénix. Aussitôt il ressentit une étrange chaleur au bout des doigts et, agitant la baguette d'un mouvement sûr, il laissa s'exprimer cette nouvelle sensation et une gerbe d'étincelles d'or et d'argent jaillit de l'extrémité de la baguette, illuminant la pièce d'éclats irréalistes.
- Étrange ... Vraiment étrange ... Dit M. Ollivander. Je dois dire que je ne m'attendais pas à cela. Sachez, M. Potter, que la plume de phénix contenue dans votre baguette provient du même oiseau que la plume composante de la baguette qui vous a laissé votre cicatrice au front.
- Et ... que cela signifie-t-il ? demanda Harry, intéressé.
- Eh bien, vous l'aurez deviné, cela atteste d'un lien. On peut dire que ces baguettes sont sœurs en quelque sorte. Quand à savoir ce que cela implique, c'est une autre histoire. Et certaines choses n'ont de valeur que si on les découvre par soi-même ...
Harry, par une habitude de plusieurs années, voulait connaître son nouvel environnement et trouver ses repères. C'est pourquoi, après avoir rapidement trouvé les manuels scolaires, il s'intéressa à un panel plus large de références. Après un bon moment à feuilleter les ouvrages, il s'était décidé pour une sélection qui lui donnerait une bonne vue d'ensemble.
Il s'était tout d'abord tourné vers les livres d'histoire, notamment liés à son histoire personnelle. Nous pourrons citer entre autres, "Grandeurs et décadences de la magie noire", "Les principaux événements du XX ème siècle sorcier", ...
Il avait également choisi quelques ouvrages généraux sur la magie tels que "De la magie et de ses usages" ou bien "Les différentes formes de magies de par le monde" et enfin quelques ouvrages spécifiques où l'on pouvait remarquer "Protections et sauvegardes magiques", "La magie au corps à corps", "Légilimancie et Occlumancie, magies de l'esprit", "Magie Noire, ce qu'il vous faut savoir", "Magie de sang, trop souvent oubliée", "Les runes et leurs dérivés", "La baguette magique, une extension du sorcier", ...
Pendant les deux semaines qui suivirent, il potassa sa théorie, avalant ses ouvrages, engloutissant les connaissances, et lorsqu'il les eut tous finis, il avait établi un plan d'action. La magie noire était très mal perçue et de nombreux moyens avaient étés inventés pour détecter son utilisation. Il mettrait donc cette arcane de la magie de coté jusqu'à ce qu'il en apprenne plus sur ces surveillances et comment les contourner. Par contre, il n'aimait pas du tout l'idée que l'on puisse lire dans son esprit et l'occlumancie s'imposait donc d'elle-même. La magie au corps à corps semblait être peu utilisée et pourrait être un atout non-négligeable vu ses prédispositions. La magie du sang et les protections l'intéressaient pour comprendre comment il avait pu survivre il y a dix ans et il étudierait le reste suffisamment pour en avoir les bases.
La dernière quinzaine d'août eut donc droit à une part de pratique et Harry était fier de ses progrès : il n'arriverait pas complètement démuni à Poudlard et ne serait peut-être pas ridicule face aux autres sorciers.
Il avait acquis les bases de l'occlumancie mais ne pouvait mesurer ses performances, faute de partenaire. Cependant, son entraînement de quelques années à mentir, dissimuler, masquer ses émotions et évacuer toute pensée inutile semblait l'aider grandement et il s'en félicitait.
La magie du sang était trop complexe à mettre en œuvre pour pouvoir la pratiquer pour le moment et il se consola en se disant que cela ne lui serait probablement pas utile tant qu'il serait à Poudlard. De même, il n'était pas sûr d'avoir fait de progrès au corps à corps, mais ce dernier n'étant pas enseigné à Poudlard, il n'en aurait probablement pas besoin dans l'immédiat non plus.
Par contre, il avait réussi tous les sorts sur lesquels il s'était entraîné, laissant de coté les potions, qu'il supposait similaires aux préparations moldues et de toutes façons trop complexes à étudier dans une chambre d'auberge. Il avait également laissé tomber les arts divinatoires qu'il ne voyait simplement pas comment aborder. Et il doutait sérieusement de leur fiabilité.
Il consacra son dernier jour de vacances à faire quelques acquisitions d'un intérêt pratique tels qu'une bibliothèque portative, quelques livres protégés pour y noter ses observations, une valise assez grande, le nombre de ses possessions ayant considérablement augmenté, et quelques bricoles de moindre utilité, un système d'appel pour sa chouette par exemple.
Ayant rapidement préparé ses bagages pour le lendemain, il se composa un rôle d'étudiant, aimant les livres et les ballades au grand air, intéressé par le sport et les énigmes, prenant soin des animaux, en particulier de sa chouette, qu'il avait baptisé Hedwige pour faire bonne figure.
Il l'avait d'ailleurs considérée au même titre que quelqu'un avec qui il collaborerait et avait décidé qu'il devait une faveur à Hagrid. Il se coucha tôt, avec une légère pointe d'excitation : demain serait un grand jour.
