Disclaimer : Harry Potter et son univers appartiennent à J.K.Rowling, je ne gagne aucun argent en m'appuyant sur ses œuvres.
Merci à mon amie Sploutch pour son aide et ses corrections.
Chapitre 6 – Rêve de Dragon
Le paysage défilait sous lui. Il volait vite. Les bois et les champs se succédaient, les lacs venaient après les collines, un chemin ou une maison trouvait sa place de temps en temps, le calme régnait. Il se sentait bien ici, dans son élément.
Mais il avait une mission. L'homme avait trahi et prit le pouvoir pour le donner aux siens. L'équilibre était rompu. Il fallait créer une nouvelle réserve, prévoir une nouvelle sauvegarde. Ils étaient tous prêts à se sacrifier pour réparer son erreur, mais il ne l'avait pas compris. Ils lui avaient envoyé des émissaires pour tenter de lui expliquer, mais il les avait repoussés, croyant qu'ils venaient le châtier. A quel point était-il aveugle pour ne pas comprendre que certaines choses dépassaient sa petite personne ? Le châtiment est inutile, futile. Seule la compréhension importe. Quand il se sera assagi, il saisira ce qui est en jeu. Il s'offrira lui-même en sacrifice pour rétablir ce qui a été brisé.
Finalement on l'avait envoyé lui. L'homme n'aura plus le choix. Il sera exilé là où son pouvoir n'est rien. Il devra apprendre ce qui est et revenir pour pouvoir préserver ce qui est important. Les ténèbres et la lumière veilleront sur lui quand il sera de l'autre coté.
Il le trouverait bientôt maintenant. Il voyait déjà la grande ville où il se trouvait. Il battit l'air de ses ailes puissantes. Le Dragon de Jade survolait la ville, invisible aux yeux qui ne savent pas voir. Son éclat témoignait de sa puissance, sa grâce de sa perfection. Ses écailles semblaient ne pas avoir de faille, le cuir de ses ailes impénétrable.
Il avait repéré sa proie. L'homme cachait aux siens ses différences avec des artifices qui ne pouvaient le tromper. Il fondit vers le bâtiment où il se cachait. Si la magie des dragons est puissante, la sienne est incomparable. Sans un heurt, il traversa la pierre et le bois, saisissant entre ses serres puissantes l'être pour qui il s'était dérangé. Une fraction de seconde plus tard, il était à nouveau haut dans les cieux, l'homme se démenant pour tenter d'échapper à son emprise.
L'homme se croyait capable de rivaliser avec le dragon. Il le prit d'assaut avec sa magie, rassemblant son pouvoir, délaissant les subterfuges. Dans ses serres, l'homme à la peau bleue et aux yeux d'ébène aurait pu détruire une ville sans en être essoufflé. Mais dirigé contre le dragon, cela n'avait aucun effet. Alors que l'homme s'acharnait, le dragon prenait conscience de l'étendue de ce qu'il leur faudrait lui apprendre. Ne s'était-il pas encore rendu compte que le pouvoir qu'il avait subtilisé lui avait échappé ? Que la monstrueuse puissance qu'il avait autrefois acquise était maintenant dispersée entre tous ceux à qui il l'avait transmise ? Pourrait-il comprendre que s'il fallait toute la puissance des gardiens pour le maîtriser autrefois, il n'avait plus la force pour en égaliser un seul ?
L'homme avait abandonné, résigné. Il regardait maintenant la terre défiler avec appréhension. Était-ce le dernier voyage qu'il faisait ? Il savait pourtant que le pouvoir qu'il avait acquis était capable de rivaliser avec les grands dragons. Pourquoi ne pouvait-il pas atteindre ne serait-ce que l'un d'entre eux ? N'avait-il pas la maîtrise de ce qu'il avait cru s'approprier ?
Ils franchirent une grande distance. Survolant les forêts, les étendues de sable et les plaines de glace, laissant derrière eux des mers et océans, ils survolèrent une bonne partie du globe. Mais, quand ils dépassèrent la forêt originelle, l'homme s'agita de nouveau. Où allaient-ils donc ? Il avait cru revenir de là où il s'était enfui, revenant à son point de départ après des années de dissimulation, mais le dragon continuait son chemin, dépassant les montagnes, survolant l'océan. Qu'avaient-ils prévu pour lui ?
Soudain, le dragon plongea. Le tenant fermement dans ses serres, lui ôtant tout espoir de fuite. Il allait mourir, fracassé à la surface de l'océan. Pourquoi ici ? Pourquoi de telle façon ? Cela n'avait aucun sens. Contact. Pas de masse écrasante. Juste comme s'il avait traversé une fine membrane. Il y eut une grande lumière blanche, aveuglante.
Harry se redressa, prenant une grande inspiration. Il ouvrit les yeux. Il était dans un univers blanc, la lumière était crue. Peu à peu la vue lui revient et il comprit où il était : à l'infirmerie. Tout lui revint. Le match de Quidditch, son balai incontrôlable, sa chute. Quelqu'un avait voulu le tuer. Quelqu'un l'avait aidé aussi.
Mais quel avait été ce rêve ? Il n'avait jamais eu une telle sensation de réalité. Il avait été le dragon, il avait pensé en tant que dragon. A la fois le dragon lui-même et noyé dans son esprit. Il savait qu'il avait été pendant un moment un dragon, mais s'il essayait de cerner ce qu'il avait été, la tache était impossible. La connaissance, la sagesse, l'expérience du dragon étaient trop grandes pour être appréhendées. S'il essayait de se souvenir à quoi il avait eu accès, cela devenait flou, incompréhensible. Tout ce dont il pouvait se souvenir nettement, c'était le rêve.
Pendant qu'il reprenait ses esprits, l'infirmière, Mme Pomfresh, était arrivée.
- Ah ! Tu es réveillé ! Tu pourras te vanter de nous avoir fait une belle frayeur mon garçon. Tu es resté dans le coma trois jours et dormi un jour entier après. Prends ces potions, je vais aller chercher le directeur pendant ce temps.
Et comme elle l'avait dit, elle ne tarda pas à revenir accompagnée du professeur Dumbledore.
- Eh bien Harry, on peut dire que tu l'as échappé belle. Les os de ton bras droit étaient en miettes et tu avais des fractures multiples un peu partout. Enfin, grâce aux potions de Madame Pomfresh, tu es rétabli. Mais tu restes épuisé magiquement d'après ce qu'elle m'a dit. Il va falloir que tu restes te reposer encore un peu ici.
- Vous savez qui a essayé de me tuer, professeur ?
- Hélas, pour le moment nous n'en savons rien. J'espérais que tu pourrais nous en dire plus. J'avoue que nous sommes également tous curieux de savoir comment tu t'en es sorti.
- J'ai été aidé, répondit Harry. D'ailleurs professeur, lorsque je tombais, ma chute a ralenti après un moment. Savez-vous qui a essayé de me ralentir ?
- Eh bien ... oui. Il s'agit en fait du professeur Rogue.
Harry haussa un sourcil. Rogue ? Celui qui semblait le détester plus que tout autre chose sur cette terre ?
- En effet, reprit Dumbledore, souriant à la réaction de Harry. C'est bien lui.
- Mais, pourquoi ? demanda Harry. Je veux dire, il semble me détester, pourquoi m'aurait-il sauvé la vie ? D'ailleurs, pourquoi me déteste-t-il ?
- En fait, ton père et le professeur Rogue se haïssaient cordialement. Et ton père lui a fait quelque chose qu'il n'a jamais pu lui pardonner : il lui a sauvé la vie. Je suppose qu'il voulait sauver la tienne pour régler sa dette et pouvoir continuer de haïr son souvenir en paix.
Harry commençait à comprendre pourquoi il faisait l'objet de la haine inconditionnelle de son professeur de potions. Il faudrait qu'il aille le remercier, il pourrait en profiter pour mettre les choses au clair.
Mais Dumbledore le coupa dans ses réflexions et lui demanda, déployant des trésors de patience.
- Mais le professeur Rogue n'a pas pu te sauver tout seul, il le reconnaît lui-même. Que s'est-il passé d'autre ?
- Professeur, j'ai moi aussi plusieurs choses qui m'intriguent. Et si je vous dis ce que je sais, vous pourriez me cacher des choses que j'aimerais savoir. Je vais donc vous décrire un homme, et si vous me dites qui il est, je vous raconterai ce qu'il s'est passé lors du match. Qu'en pensez-vous ?
- Mais qui te dit que je connais cet homme ?
- Oh, c'est vrai que vous pourriez ne pas le connaître, mais je pense que vous pourriez me donner un indice sur son identité. Après tout, vous avez accès à un savoir que je ne suis pas prêt d'approcher.
- C'est d'accord, je ferai ce que je pourrai.
Et Harry lui décrivit l'homme de haute taille qu'il avait vu en rêve. Ne laissant de coté aucun détail. Sa peau bleue, ses cheveux noirs, du même noir, avec quelques reflets verts que l'on retrouvait en circuit sur sa peau, tel un réseau de filaments. Et enfin, ses yeux d'un noir d'ébène où on ne pouvait distinguer ni pupille ni iris, telles deux billes d'une couleur unie.
Le professeur Dumbledore écoutait d'une oreille attentive, prêtant toute sa valeur à une telle description. Ce n'était pas une demande stupide, loin s'en faut. Cet homme, cet être ne se montrait pas à la vue de tous. Et pour ce qu'il en savait, son existence même était cachée. Il devrait rouvrir ses livres pour y retrouver quelques indications. Il n'avait que quelques pistes, rien de plus.
Harry était épuisé. N'insistant pas et comprenant qu'il avait déjà bien des mystères à résoudre, Dumbledore le laissa se reposer, quittant la pièce, des suppositions plein la tête.
Et Harry s'endormit à nouveau. Et à nouveau il rêva. Ce n'était cependant pas la même sensation. Il était lui, et son rêve ressemblait bel et bien à un rêve. Mais il restait quand même un résidu de réel. Quelque chose qu'il ne pouvait pas saisir mais qui lui indiquait que ce qui se passerait ici aurait son importance.
Il était dans un océan de plumes. Des plumes de toutes les couleurs. A perte de vue. Il marchait sur une couche épaisse de ces plumes, encore qu'il s'enfonçât jusqu'aux genoux, sans trop savoir vers où il se dirigeait ni quelle serait sa destination. Le ciel au dessus de lui était d'un bleu pur qu'aucun nuage ne venait troubler. La lumière était diffuse et nul soleil n'était visible. Une douce brise lui caressait le visage, faisant voler quelques plumes sur une courte distance.
Il perçut un mouvement, un peu sur sa droite. Et, alors qu'il allait se rapprocher, une immense tête reptilienne surgit du sol. Le corps du serpent disparaissait dans le sol, sa tête avait tout d'un serpent, mais une dizaine de cornes lisses lui faisaient comme une couronne. La créature le dardait de ses yeux rouges et prit finalement la parole.
- L'ombre est entre nos murs. Elle doit partir. L'objet de sa convoitise n'est pas assez bien caché pour le soustraire à sa cupidité. Ses actions perturbent les environs. Elle pourrait découvrir des secrets qui doivent lui rester cachés.
Elle avait parlé d'une voix grave et profonde. Elle laissa le temps à Harry de mémoriser ce qu'elle avait dit avant de reprendre.
- Chasse l'ombre et détruis l'objet de sa convoitise. Renouvelle les protections de la clé. Personne ne doit savoir qu'elle existe.
- Pourquoi me le demandez-vous si son existence doit rester inconnue ?
- La clé t'a choisi. Tu sais déjà qu'elle existe.
- Quel est l'objet que convoite l'ombre ? Pourquoi est-elle mal cachée ?
- Le favori du gardien n'est pas assez puissant pour dissuader l'ombre d'entrer.
- Comment trouverai-je l'ombre ?
- Elle veut ta mort. Elle viendra à toi.
Estimant sans doute qu'elle en avait assez dit, la créature replongeait dans les plumes multicolores.
- Et toi ? Qui es-tu ? demanda Harry avant qu'elle ne disparaisse.
- Un autre secret de ce château...
Lorsque Harry se réveilla, il eut la surprise de découvrir un petit groupe auprès de son lit. Il y avait là Neville, les jumeaux, Ron et Hermione. Que faisaient-ils tous là ? Dumbledore leur avait sûrement dit qu'il était tiré d'affaire. Il n'y avait donc plus raison de s'inquiéter. Voulaient-ils prendre soin de lui en lui rendant visite ? Il n'était pas sûr de comprendre ce sentiment.
Mais il fut tiré de ses réflexions par Neville qui fit remarquer à tout le monde qu'il s'était réveillé.
- Harry ! s'écria Fred.
- Tu nous as fait une sacrée peur tu sais ? ajouta George.
- Il y a un gros cratère là où tu es tombé, dit Ron.
- Toute l'école ne parle que de toi depuis, précisa Neville.
- Tu as de la chance d'être encore vivant nous a dit Madame Pomfresh, dit Hermione. Il paraît qu'elle n'avait jamais vu autant d'os de cassés et en si petits morceaux.
- Euh ... qu'ont dit les professeurs ? demanda Harry, qui trouvait qu'il fallait qu'il oriente la conversation s'il ne voulait pas avoir la migraine au bout de cinq minutes.
- Eh bien, ils ont dit que tu étais dans le coma mais que ta vie n'était plus en danger. Ils ont expliqué que les professeurs avaient tenté du mieux qu'ils pouvaient de te protéger, mais qu'ils attendaient que tu te réveilles pour avoir la version complète de l'histoire.
- D'ailleurs, sais-tu ce qui s'est passé ? Pourquoi ton balai s'est-il comporté comme ça ? Pourquoi est-ce qu'il y a un cratère ? Apparemment les professeurs non plus ne comprennent pas.
Harry avait vite pris sa décision. On ne peut pas obtenir la confiance des autres en leur racontant des mensonges ou des semi vérités. Après avoir vérifié qu'il n'y avait pas de peintures dans l'infirmerie et qu'ils étaient seuls, il leur dit :
- Je vais vous raconter, mais il faut me promettre de ne rien dire à qui que ce soit. Surtout aux professeurs.
- Mais ... Pourquoi ne veux-tu pas le dire aux professeurs ? objecta Hermione.
- En fait, je vais le leur dire, mais pas tout de suite. C'est ma monnaie d'échange pour que le directeur me fournisse une autre information.
- Marchander avec le directeur !? Mais Harry, c'est peut-être important ...
- Je sais que ça ne lui apportera rien pour la sécurité de l'école, la coupa Harry. Et s'il veut que je lui confie mes secrets, il est normal que je lui demande quelque chose en échange, non ?
Hermione ne répondit pas. Elle n'était pas très convaincue que cacher des choses aux professeurs soit une bonne chose, mais comme Harry promettait de le leur dire plus tard ...
Finalement ils jurèrent tous le secret, et Harry leur expliqua que Dumbledore cherchait lui aussi qui avait voulu le tuer, que, selon lui, c'était le professeur Rogue qui l'avait aidé, et enfin que c'était une technique de magie corporelle qui l'avait sauvé.
- De la magie corporelle ? Harry, tu sais faire ça ? demanda George.
- Il paraît que c'est de la magie très difficile à maîtriser, ajouta Fred.
- Eh bien c'est tout à fait vrai. Je m'entraîne depuis cet été, et tout ce que je sais faire, c'est augmenter la puissance de mes coups. Et j'ai énormément de mal à la doser. Enfin, pour le cas présent, je n'avais pas vraiment besoin de doser, j'ai donné tout ce que j'avais.
- Ca a l'air impressionnant. Tu pourras nous apprendre ? demanda Hermione.
Harry considéra la question un instant, puis répondit :
- D'accord. Mais pas avant que j'en aie parlé à Dumbledore. Et en échange je voudrais que vous m'aidiez à trouver qui m'en veut.
Et ils avaient continué à discuter de qui pouvait être assez puissant pour pouvoir tromper la vigilance de Dumbledore et tenter de tuer un élève. Finalement ils furent chassés de l'infirmerie par Madame Pomfresh qui était venue aimablement leur rappeler que Harry avait besoin de repos.
Harry resta peu de temps à l'infirmerie. Son corps avait déjà récupéré et sa magie se remettait peu à peu. Il avait donc été libéré sous condition qu'il ne force pas trop pendant une semaine.
Il reprit donc les cours, rattrapant rapidement son retard, l'aide de Hermione s'avérant bien utile. Suite à cette aide désintéressée, Harry était d'ailleurs plus enclin à considérer la présence de cette dernière comme normale, à défaut d'être agréable.
Comme il devait limiter ses utilisations de magie, il mit de coté ses séances personnelles, et en profita pour mener des recherches sur les dragons. Il faisait confiance à Dumbledore pour lui trouver des pistes sur l'homme étrange, mais il ne s'était pas risqué à lui décrire le dragon, par trop particulier, de peur qu'il ne comprenne avant lui de quoi il retournait et qu'il lui refuse toute explication.
Une des premières choses qu'il fit dès qu'il eut un peu de temps libre, fut une visite à son professeur de potions.
- M. Potter, que me vaut l'honneur de votre visite ?
- L'honneur ou l'horreur professeur ? Demanda-t-il malicieusement.
Et, sans attendre de réponse (qui aurait sûrement été du genre « votre impertinence coûtera cinq points à Gryffondor ») Harry poursuivit.
- Le professeur Dumbledore m'a dit ce que vous aviez fait pour moi, et je tenais à vous remercier de m'avoir sauvé la vie.
- Apparemment vous n'avez pas eu besoin de mon aide. Vous avez du apprécier de vous donner ainsi en spectacle, je suis sûr que maintenant, tout le monde vous regarde en héros.
- Vous voulez dire plus que d'habitude ? Hélas, la célébrité, même si elle est agréable et comporte des avantages, n'est pas une des choses que je recherche. Difficile d'être seul ou de garder des secrets. Je ne sais pas combien de fois j'ai du répéter que je ne savais pas ce qu'il s'était passé et que je me contentais de m'estimer heureux d'être encore en vie.
- Vous mentez à vos camarades Potter ? C'est l'aura de mystère qui vous attire ou vous comptez faire une démonstration de vos talents cachés plus tard pour en récolter plus de gloire ?
- J'ai mes secrets, c'est tout. Une arme perd de sa valeur quand elle est dévoilée, n'est-ce pas ? Et pour les mystères, seule leur compréhension m'intéresse. A propos, en voilà un : pourquoi me détestez-vous professeur ? Je veux bien croire que l'on puisse ne pas aimer quelqu'un au premier regard, mais votre réaction me semble un peu exagérée.
- Oh, mais je ne vous déteste pas, Potter, je me contente de rappeler à votre ego que vous n'êtes pas ce qu'il y a de plus important au monde. Les chapeaux font partie de l'uniforme après tout, il ne faudrait pas que vous soyez contraint de vous en passer. Et puis il me semble que vous vous êtes déjà fait suffisamment remarquer avec les chapeaux.
- Je crois que vous vous trompez de personne, professeur. Je ne monte pas sur une estrade pour me donner en spectacle. Je m'efforce de résoudre mes problèmes du mieux que je peux et malheureusement, il semble qu'ils m'affectionnent tout particulièrement. La célébrité en est un de plus avec lequel je suis obligé de composer.
- Et c'est pour cela que vous développez des talents particuliers Potter ? Pour résoudre vos problèmes avec plus d'éclat ?
- L'éclat ne compte pas professeur, seule l'efficacité importe. D'ailleurs, à propos d'éclat, j'aimerais bien parler des mes talents particuliers une autre fois, dit il en jetant un coup d'œil à un tableau.
- Vous pouvez parler sans crainte, c'est un tableau personnel. Alors, quels talents cachez-vous ? Qui vous instruit sur ce qui n'est pas enseigné à Poudlard ?
- Désolé professeur, de telles informations me servent de monnaie d'échange pour négocier avec le professeur Dumbledore.
- Voyons Potter, je sais déjà que vous apprenez l'occlumancie, et je ne l'ai pas dit au directeur, je ne lui dirai pas plus pour le reste. J'avoue que je suis très intéressé de savoir ce qui vous a permis de survivre à une telle chute. Je suis bien placé pour savoir à quel point l'énergie qu'il vous manquait pour atterrir sans dommage était importante. Les autres s'imaginent que la plus grande part de votre survie me revient.
- Peut-être ne voulez-vous pas avouer au directeur que vous avez usé de légilimencie sur un élève, professeur ? Peut-être qu'il vous plaît d'être le sauveur du survivant ?
- Ou peut-être que je m'inquiète que vous ne fassiez quelque erreur grossière. Les sciences de l'esprit sont difficiles à maîtriser et si votre professeur n'est pas compétent, elles peuvent créer de sévères dommages. Il m'ennuierait d'être le sauveur d'un légume. Encore que cela ne créerait pas un trop grand changement. Mais d'autres arts mal contrôlés pourraient amener la mort dans l'école. Vous ne voudriez pas être un meurtrier en tuant un de vos camarades par accident, Potter ?
- Eh bien, si vous vous souciez tant de mes apprentissages, je pense que je vais vous confier celui des sciences de l'esprit, puisque vous savez déjà que je m'y entraîne. Cependant, je dois réfléchir à un moyen pour que vous n'ayez pas accès par accident à des pensées trop personnelles.
- Une pensine. C'est pitoyable à quel point vous manquez de culture, Potter.
- Oh, j'ai pensé à cet outil, bien sûr. Mais je ne suis pas sûr que ce soit sans danger de se séparer de la quasi totalité de ses souvenirs, professeur. Bien, je reviendrai vous voir quand j'aurai trouvé une solution.
Après que le garçon soit parti, le professeur Rogue resta dans ses pensées. Perplexe. Cette discussion avait-elle vraiment eu lieu avec un enfant de onze ans ? Potter l'impressionnait. Il avait une réflexion bien au-delà de ce que l'on pouvait attendre d'un enfant de son âge, il en avait fait la preuve d'ailleurs en mettant à jour le système de surveillance du château. Il n'avait pas cillé quand il lui avait fait part des risques inhérents à certaines pratiques magiques, en fait, il avait eu l'air de sérieusement considérer la question. Comme s'il savait la réalité d'une telle mise en garde. Enfin, on aurait dit qu'il ne laissait aucune hypothèse de coté. Il donnait l'impression de se préparer pour la guerre.
Le maître des potions avait envie d'en découvrir plus à son sujet. Qui était réellement ce gosse pour avoir autant de secrets, même face à Dumbledore ? Il était sûr que même le directeur ne pourrait lui apporter plus de renseignements que ce qu'il venait d'apprendre. Il allait tout faire pour en apprendre plus à son sujet. Même si cela impliquait de devoir lui donner des cours d'occlumancie. Merlin, que ça n'allait pas être quelqu'un de simple à supporter. Au moins, il n'avait que peu de points communs avec son père.
