Disclaimer : Harry Potter et son univers appartiennent à J., je ne gagne aucun argent en m'appuyant sur ses oeuvres.
Merci à mon amie Sploutch pour son aide et ses corrections.
Me revoilà enfin après une longue absence. Toutes mes excuses pour vous avoir si lâchement abandonnés. La suite viendra en son temps, j'écris au gré de mes envies et de mon inspiration et je suis de toutes façons incapable de respecter des délais.
J'en profite pour signaler à ceux que ça intéresserait que vous trouverez l'histoire de l'homme à la peau bleue qui apparaît dans le rêve d'Harry dans ma fic La forêt trahie. Armez-vous cependant de patience, car pour l'instant si je sais ce que je souhaite raconter, je n'ai aucune idée de comment m'y prendre.
Des questions parmi vos reviews m'ont semblé importantes pour la bonne compréhension de l'histoire, donc plutôt que d'y répondre individuellement, je poste une petite note explicative en début de chapitre.
Le miroir du Rised : le désir le plus cher d'Harry concerne bien sa famille, comme dans le livre de JKR. La suite de l'histoire l'explicitera. Cependant, me basant sur le livre et la manière dont Harry découvre la pierre philosophale, j'ai estimé que l'on pouvait choisir ce que l'on souhaite y voir. Harry s'est donc concentré sur son obsession pour en connaître la nature. Il faut admettre que si Dumbledore ne lui a pas mentit, il n'avait manifestement pas envie de lui expliquer les subtilités de cet artefact.
L'œil de l'Atorsk : à la différence de la pensine, l'œil de l'Atorsk permet d'isoler la référence à une personne, un objet ou une idée. Par exemple, tout ce qui fait référence à Jack est disposé dans l'œil de l'Atorsk et les souvenirs de Harry sont modifiés en conséquence : Jack n'existe plus pour Harry. Une scène de ce chapitre devrait en faciliter la compréhension.
Harry a choisi avec soin ce qu'il souhaite déposer dans l'œil de l'Atorsk, mais la plupart de ses connaissances n'en font pas partie. D'une part parce que ce n'est pas dramatique si Rogue les découvre, d'autre part, parce qu'il faut se garder une motivation de protéger son esprit. Quel intérêt de protéger des pensées que l'on serait prêt à divulguer de soi-même ?
Merci à tous pour l'intérêt que vous portez à mon histoire, et n'hésitez pas à me demander des éclaircissements, j'essaierai de répondre à toutes les questions.
Vous avez le droit de me rappeler à l'ordre si je mets vraiment trop de temps à poster la suite, et vos encouragements sont bien sûr toujours les bienvenus.
Chapitre 9 – Pierre de Jade et Pierre de Vie
Il cherchait une salle secrète. C'était clair maintenant. Ce qu'il avait vu dans le miroir était limpide : ce qui le tourmentait tant n'était ni un objet ni une personne, mais un lieu. Bien, ce serait plus facile ainsi. Une chose le troublait cependant : pourquoi ses pas l'avaient-ils mené auprès du miroir ? L'axe le guidant dans son esprit ne semblait pas avoir changé pourtant. Quelle importance de voir par avance l'ouverture de cette salle ? Ou bien était-ce la vision de ses parents ?
Mais Harry ne voulait pas songer à cela. Et l'heure n'était plus à se poser des questions. Il était proche du but maintenant. Il le sentait. Il avait descendu toutes les marches qu'il avait rencontrées et était rendu maintenant au rez-de-chaussée, à l'opposé de là où se trouvait la Grande Salle.
Il s'arrêta dans un couloir, se tournant vers un mur qu'il pensait être le bon. Que devait-il faire maintenant ? Était-ce à lui de déclencher l'ouverture de la salle ? Ou est-ce que rien n'allait se produire, tout cela n'étant que pur produit de son imagination ? Peut-être était-il en train de devenir fou, un peu comme Dumbledore. Il sourit à cette idée.
Mais avant qu'il puisse se décider à agir, ou même à approfondir ses idées sur la démence et ses avantages, des formes apparurent sur le mur. En y regardant de plus près, il s'agissait d'animaux en tous genres, magiques ou non, qui semblaient creuser un trou depuis l'autre coté du mur. Soudain, le mouvement s'accéléra et les bestioles miniatures, de plus en plus nombreuses, agrandirent le simple trou jusqu'à en faire une grande arche, s'immobilisant pour l'orner de sculptures, en une grande variété de gargouilles.
Harry était maintenant devant une entrée lumineuse qui aurait pu laisser entrer plusieurs personnes de front. La lumière était telle qu'il ne voyait pas au-delà. Comme un mur de lumière. Il ne s'attarda pas pour s'interroger sur le phénomène et, sans réfléchir d'avantage, traversa le rideau de lumière.
Pendant que le mur se refermait derrière lui, il put observer la pièce dans laquelle il venait de pénétrer. A la manière de ce qu'il avait vu dans la salle sur demande, les murs étaient recouverts de runes en grand nombre. Manifestement, ceux qui avaient construit cette salle la voulaient protégée et bien gardée.
De nombreuses créatures gravées dans la pierre circulaient entre ces runes, et Harry était persuadé que toutes les espèces vivantes y étaient représentées. Peut-être étaient-elles là pour préserver les protections des runes. Peut-être étaient-elles elles-mêmes une protection supplémentaire ...
Mais Harry ne s'attarda pas sur le sujet. Ce qui trônait au centre de la pièce requérait son attention. Par où commencer ? Il y avait au centre de la pièce un grand gouffre circulaire. Descendant du plafond, un escalier débouchait sur une plateforme au centre de celui-ci, suspendue dans les airs. Une deuxième plateforme l'entourait, tel un anneau, à laquelle un escalier semblait mener, surgissant du gouffre au centre de la salle.
Au bord du gouffre, ainsi que sur chaque plateforme, étaient disposées des créatures de pierre qui semblaient être à la base de trois dômes de magie. Et au centre de tout cela, un joyau de jade reposait sur son écrin.
Nul besoin de préciser l'importance d'un tel bijou. Cependant, face à un tel spectacle, le sentiment qui s'était emparé de Harry n'était ni la cupidité ni la curiosité, mais la certitude qu'il devait tout faire pour le protéger.
Faisant le tour de la pièce, Harry étudia les créatures représentées. Les plus proches de lui, qu'il ne se serait tout de même pas aventuré à toucher, étaient clairement identifiables. Il y avait là un phénix, une licorne, un dragon et une tortue.
Sur la première plateforme, il pouvait voir un centaure, un arbre, un serpent et une femme. Enfin, au centre semblaient se faire face deux sphinx, accompagnés d'un serpent ailé et d'un calmar.
Chacune de ces figures était ornée d'un bijou, mais sans aucune pierre. Les emplacements prévus pour étaient vides.
Cependant, cela ne semblait pas poser de problème puisque les dômes de magie étaient bien présents. Pourquoi lui avait-on permis de découvrir un tel endroit ? Sûrement pas pour lui faire plaisir à priori. Qu'attendait-on de lui ? Renouveler les protections de la clé, lui avait dit le serpent de son rêve. Était-ce cela, la clé ?
Au bout d'un moment à contempler ce spectacle, deux choses apparurent à Harry. Tout d'abord, le premier dôme semblait moins stable que les autres. Des perturbations semblaient se manifester de temps à autre. Ensuite, le pendentif de la licorne semblait luire d'une légère lueur bleutée.
Après de longues heures à réfléchir sur le phénomène et à vérifier que rien d'autre ne semblait être anormal dans le fonctionnement des protections, Harry décida qu'il était temps pour lui d'aller dormir ... Après tout, cela faisait bien trois fois qu'il se réveillait en sursaut, assis dans un angle de la pièce.
Dumbledore rageait. Oui, il ne faut pas avoir peur de le dire, il enrageait comme un gamin à qui l'on aurait confisqué son jouet favori. Harry Potter l'avait une fois de plus roulé dans la farine. Lui, le plus grand sorcier de l'époque, commandeur du Grand-Ordre de Merlin, Manitou suprême de la Confédération internationale des Mages et Sorciers, président du Magenmagot et directeur de Poudlard se faisait mener en bateau par un élève de onze ans ! Il y avait de quoi rire ...
Tout avait parfaitement fonctionné pourtant. Lui transmettre la cape de son père avait été une bonne idée, et il n'avait pas manqué de remarquer le trouble de l'enfant. Et quoi de plus naturel que d'avoir envie de l'essayer ? De plus, la nature solitaire de Harry l'avait grandement aidé. Le soir même, Harry s'était aventuré hors de la tour des lions, seul et invisible.
Il avait été facile ensuite de l'attirer. Très facile, il devait sûrement ne pas avoir de but pour se laisser influencer ainsi. Trop facile peut-être, il devrait veiller à ce que le garçon acquière une certaine protection de l'esprit. Il ne s'agissait pas non plus que quelqu'un de mal intentionné le manipule, n'est-ce pas ?
Mais malheureusement, il n'avait pas su découvrir ce que le survivant avait vu dans le miroir. Ou plutôt qui. Dumbledore avait bien observé la réaction du garçon lorsqu'il s'était retrouvé face au miroir. Un mouvement fluide, un réflexe instinctif, une posture de combat. Puis il avait à nouveau observé le reflet, et le directeur avait pu lire sur le visage de son élève la compréhension, suivie d'un maelström d'émotions, peine, joie, curiosité, attirance, surprise, rejet, et tant d'autres qu'il n'avait su déchiffrer. Il faut dire que cela n'avait duré qu'un instant et tout avait été remplacé par de la fascination. Mais cela avait duré trop longtemps. Et Dumbledore qui connaissait la puissance d'un tel objet avait été forcé d'intervenir.
Finalement tout cela n'avait servi à rien. Enfin si, tout de même. Et pas seulement à lui manifestement. Mais que ce soit sur le plus cher désir du survivant ou l'utilisation qu'il avait fait du miroir, il n'avait rien pu apprendre. "Quelque chose qui vous ferait très plaisir" avait-il dit. Parlait-il de son désir ou ce qu'il y avait vu la deuxième fois ? Mais ce qui avait achevé Dumbledore était que le garçon n'était pas retourné dans son dortoir. Et il était sûr que cela avait un lien avec la dernière chose que lui avait reflétée le miroir. Encore des mystères ! Mais un jour, il comprendrait ...
Harry était retourné déposer ses souvenirs dans l'oeil de l'atoskr avant son deuxième cours d'occlumancie. Il ne savait pas s'il était prudent de manipuler aussi fréquemment un tel objet, mais a priori, il y avait peu de chances que quoique ce soit filtre au-dehors de la salle sur demande et de ses protections. Et de toute façon, il refusait d'être séparé trop longtemps de ses souvenirs.
Encore un peu plus de souvenirs à confier à l'artefact cette fois-ci. Y avait-il une limite de contenance pour cet objet ? Probablement au-delà de tout ce qu'il aurait pu emmagasiner comme souvenirs jusqu'à aujourd'hui. Après tout, une dizaine d'années représentent bien peu dans la vie d'un sorcier.
Maintenant, l'occlumancie avec son cher professeur de potions. L'homme était pathétique dans la haine qu'il lui vouait, et, s'il avait été amusant de s'en moquer au début, il était loin d'être agréable d'être constamment la cible des remarques désobligeantes, des regards noirs ou toute autre forme d'animosité. Il aurait eu à choisir, il ne se serait certainement pas tourné vers celui-là pour prendre des cours supplémentaires. Mais voilà, une occasion s'était présentée, il l'avait saisie au vol. Il n'y avait rien à ajouter.
- Potter. Vous revoilà.
Encore ce même dégoût dans la voix en prononçant son nom. La constatation de la survie d'un être répugnant en deux mots, teintés d'une légère surprise. Pas de doute, cet homme maniait l'insulte avec une finesse remarquable, changeant la signification de chaque mot employé.
- Eh oui professeur. Et je vois que comme moi, vous avez survécu au festin de Noël. Enfin, j'imagine que vous passerez outre les sentiments que vous inspire ma présence pour essayer de trouver la moindre information utile dans ma pauvre petite tête.
- Cessez de vous plaindre, Potter. Et estimez-vous heureux que j'accepte de partager un peu de mon temps et de mon savoir avec vous. Voyons si vous vous êtes entraîné ainsi que je vous l'avais indiqué. Legilimens.
Harry s'y était préparé et, alors que les dernières paroles du professeur résonnaient encore dans son esprit, il attendit l'égarement habituel de ses pensées. Apparemment, il avait fait quelques progrès. Les images ne venaient pas aussi vite que la dernière fois. Un livre. Lequel était-ce ? Les runes et leurs utilisations. Il l'avait lu il y a quelques temps déjà. Lorsque le livre s'ouvrit, il coda ce qu'il contenait. Il avait imaginé ce procédé lors de la dernière séance, inversant la prononciation de chaque mot. Le contact se rompit, l'image disparut. Son professeur prit la parole.
- Les runes maintenant. Vous avez des intérêts très variés Potter. En tout cas, vous vous êtes débarrassé de votre obsession. Votre cas n'est peut être pas critique finalement, juste désespéré. Legilimens.
L'image vint plus vite cette fois-ci. Plus vite encore qu'à la première séance. Pourtant il n'avait rien changé. Ce devait être le professeur Rogue qui avait dû décider de franchir une étape. Un cas désespéré, c'est cela ? Cette fois-ci, c'était le professeur Dumbledore qui lui venait à l'esprit. La première fois qu'il l'avait rencontré lui revint à l'esprit. La prestance du vieil homme l'avait impressionné. Quelque chose émanait de lui, telle une aura de puissance, le forçant à le prendre au sérieux malgré son accoutrement. De nouveau, il coda leur dialogue. La seule chose que le professeur Rogue verrait serait une pièce vide, sans intérêt, et ses deux occupants, le vieillard et l'enfant, discuter dans une langue inconnue.
- Encore ce procédé grossier Potter ? "Harry, je ne sais pas si tu le sais mais tu es un sorcier." Cita le maître des potions en une horrible caricature du directeur. Si vous n'êtes pas capable de faire mieux, il n'est pas nécessaire que je perde mon temps avec vous. Encore une fois. Legilimens.
Le Poudlard Express ce coup-ci, prêt à partir de King's Cross sous un ciel gris. Et soudain, Harry comprit. Sous un ciel gris. Ce ne pouvait pas être un de ses souvenirs. Il faisait exceptionnellement beau ce jour là. Son professeur lui montrait des images pour l'inciter à y raccrocher ses souvenirs. Bien, il utiliserait les mêmes armes. Utilisant les détails de ses souvenirs, il inventa un déroulement très réaliste du voyage en train dans lequel il n'ouvrait pas un seul livre, se montrait très patient avec Ron, et surtout, n'ayant pas une seule discussion sortant du cadre de Poudlard. Pendant ce temps, ils eurent la visite de la moitié des étudiants, venus voir le célèbre Harry Potter, mais, lorsque Malefoy lui offrit une chocogrenouille et qu'il y trouva la carte de Dumbledore, il perdit le contrôle de son souvenir. Et pour cause. Il venait de retrouver où il avait vu le nom de Nicolas Flamel pour la première fois.
- Eh bien, Potter, vous n'êtes pas capable d'être discret lors de vos découvertes et déductions ? Vous avez donc si peu de maîtrise de vous-même ?
Mais Harry n'écoutait déjà plus. Il essayait de se souvenir de tout ce qu'il connaissait sur les alchimistes, essayant de déduire ce qui pouvait être gardé si précieusement au sein de Poudlard. Et la leçon prit fin, Rogue ne supportant apparemment pas d'être ainsi ignoré.
La rentrée était là. Et même si Drago ne l'aurait jamais avoué, ce fait lui plaisait énormément. Contrairement à son manoir, le château regorgeait de personnes sur qui il pouvait exercer son ascendant. Et il ne se limitait pas à quelques premières années. Le nom de Malefoy lui assurait une reconnaissance jusqu'aux septièmes années, et il en était très fier. Malgré tout, il ne s'aventurait pas à trop se faire remarquer des élèves de second cycle. Bien sûr que non, il n'en avait pas peur. Mais il aurait été très mal venu d'oublier les quelques années qui les séparaient. Un Malefoy ne se couvre pas de ridicule, et il aurait été ridicule d'utiliser son nom sans avoir les capacités de le faire respecter. C'est pourquoi il se limitait à manipuler les élèves des trois premières années. Et puis il y avait le cas Potter.
Bien souvent, il suffisait de se comporter comme étant supérieur pour que l'on vous accepte comme tel. Bien sûr, il fallait avoir un certain sens de la mesure : peu de chance qu'un professeur se sente inférieur à un élève. Cependant, cela fonctionnait avec ses condisciples. Il était craint par ceux de son âge, aimé ou non, peu importait, mais pas par Potter.
Ce dernier était un concurrent direct du point de vue de Drago. Sa célébrité pour avoir repoussé la menace du mage noir lui servait de base pour établir sa supériorité sur les autres. Et Drago devait l'admettre, il en aurait fait de même. Ce qui n'était pas normal cependant, c'était que cette influence acquise par pur hasard concurrence celle, durement acquise, du nom des Malefoy. Potter avait refusé de le reconnaître comme supérieur et l'avait même ridiculisé. Et Drago le vivait très mal. Potter était donc devenu un ennemi. Et les ennemis des Malefoy souffraient, le survivant allait vite s'en rendre compte. La première chose à faire avec un ennemi reconnu était de se renseigner sur ses points faibles pour pouvoir les exploiter. Un enseignement de son paternel. Mais il allait devoir être prudent. Potter n'était pas faible. Il s'était même rendu compte que celui-ci essayait de le manipuler pour obtenir des renseignements sur sa famille. Cela avait rendu Drago fou de rage quand il s'en était aperçu. Il le lui ferait payer.
Bien évidemment, la rentrée ne concernait pas uniquement Drago Malefoy. Alors que la plupart des étudiants fêtaient leurs retrouvailles, ou essayaient d'oublier qu'ils reprenaient les cours, Harry regroupait ses fidèles Gryffondors, Neville et Hermione étant revenus de vacances.
Harry n'avait pas traîné. Le soir même les six étudiants se retrouvèrent dans la salle sur demande, changée en salle d'entraînement pour l'occasion. Les réactions de ses camarades avaient été très variées. Fred et George affichaient un air émerveillé, heureux de constater que le château leur réservait encore des surprises de cette taille, bien qu'un peu déçus que leur carte n'en fasse pas mention. Hermione était déjà plongée dans un livre pioché dans la bibliothèque très spécifique sur la magie corporelle tandis que Neville et Ron, la bouche ouverte, semblaient avoir oublié jusqu'à la présence de leurs camarades.
Harry leur laissa découvrir la salle et ses équipements. Elle était recouverte de matelas du sol au plafond et contenait mannequins, protections, livres et tout un outillage pour développer puissance et précision dans l'utilisation de cette branche de la magie.
Quand ils en eurent fait le tour, Harry regagna leur attention. Mais avant de leur parler de cette salle et de la magie corporelle, il voulait aborder le sujet de leurs recherches.
- Avant tout autre chose, j'aimerais vous informer d'une piste que j'ai découverte pendant les vacances. Nicolas Flamel était un alchimiste, suffisamment proche de Dumbledore pour avoir déjà travaillé avec lui.
Les garçons parurent gênés de ne pas avoir continué ces recherches pendant les vacances, mais Hermione s'était levée d'un bond, s'exclamant :
- Mais bien sûr ! Pourquoi n'y ai-je pas songé avant ?
Et avant que quelqu'un puisse lui demander des explications, elle était déjà partie. Quelques cavalcades dans les couloirs plus tard, ils savaient que la pierre si précieusement gardée était en fait la pierre philosophale.
- Eh bien, le lien me paraît très clair, dit Harry. Richesse et immortalité doivent attirer bien des convoitises. Il ne reste plus qu'à découvrir qui désire se l'approprier. Et donc avant cela, qui est au courant de sa présence au sein de l'école.
- Tu veux dire qu'un professeur voudrait la voler ? demanda Hermione.
- Un professeur ou quelqu'un d'étranger à l'école. Mais ce sera plus facile de rechercher parmi les professeurs en premier lieu.
Un autre problème se présentait à Harry. Comment détruire cette pierre ? Etait-ce seulement possible ? Le serpent le lui avait demandé, et il sentait que c'était quelque chose d'important, mais était-ce vraiment nécessaire ? Revenant à ses préoccupations du moment, il s'adressa aux autres.
- Bien, j'enquêterai discrètement là dessus. Voyons maintenant ce que nous allons faire de cette salle.
Manifestement, c'était un sujet qui enthousiasmait ses camarades. Il faut dire qu'ils se voyaient déjà accomplir toutes les prouesses qu'ils avaient lues, rêvant d'acquérir une force surhumaine, une vitesse inégalable, de pouvoir marcher au plafond ou faire des bonds de plusieurs mètres. Harry se dépêcha de leur retirer leurs illusions, expliquant qu'après cinq mois d'entraînements, il en était toujours à essayer de contrôler la puissance de ses coups et que cela l'épuisait grandement à chaque fois qu'il l'utilisait.
Ses compagnons parurent singulièrement déçus et il décida d'illustrer ses propos pour qu'ils puissent cerner le problème. Le premier mannequin explosa sous la puissance du coup qu'il lui porta, démontrant les dégâts que pouvait occasionner cette force à pleine puissance. Les spectateurs étaient époustouflés et comprirent qu'ils ne désiraient pas voir finir leurs adversaires dans le même état. De plus, comme l'expliqua Harry, s'il ratait son coup, cela reviendrait à un gaspillage conséquent de magie brute. Deux ou trois coups comme celui-là suffiraient à l'épuiser totalement. Mais assommer quelqu'un ne semblait pas évident. Le coup qu'il porta au suivant ne sembla pas différent d'un coup habituel, mais le troisième fêla le crâne du mannequin.
Ils s'entraînèrent plusieurs heures ce soir là, ne quittant la salle que pour être rentrés avant le couvre-feu. Etrangement, le seul à avoir pu observer un progrès notable fut Ron. Et s'il avait été tout excité lors de sa performance, il n'était maintenant pas plus fier que les autres, les bras et les points endoloris, le seul désir étant de retrouver son lit. Un dur apprentissage commençait, et s'ils n'étaient plus aussi enthousiasmés qu'au début de l'entraînement, une volonté farouche avait remplacé l'excitation de la nouveauté. Après tout, un défi est une chose sacrée pour un Gryffondor, tous l'avaient relevé, et tous feraient leur possible pour réussir dans leur entreprise.
