Disclaimer : Harry Potter et son univers appartiennent à J., je ne gagne aucun argent en m'appuyant sur ses œuvres.
Merci à mon amie Sploutch pour son aide et ses corrections.
Chapitre 11 – Complots et Manipulations
Du sang.
Du sang de licorne.
Drago Malefoy blêmit à cette vision. Ils étaient réellement sur la piste d'un monstre sanguinaire. Enfin l'avantage était qu'ils en avaient fini maintenant. Ils allaient pouvoir sortir de la forêt interdite. Il sortit sa baguette et envoya un bouquet d'étincelles bleues en l'air. Cinq pas plus loin, Potter le regardait faire et lui fit signe d'avancer.
- La piste continue par là, indiqua-t-il en montrant une autre tache de sang argenté.
Il ne voulait tout de même pas y aller, si ? Drago allait protester, mais avant qu'il n'en ait eu le temps, Harry était déjà reparti, tous sens en alerte. Le Serpentard n'eut d'autre choix que de lui emboîter le pas.
Pendant toute la durée de leur progression, Drago se demanda ce qui l'avait empêché de rester sur place et d'attendre que les autres le rejoignent. Que Potter aille au diable s'il le souhaitait, mais qu'il y aille tout seul ! Mais l'idée de s'arrêter et de se retrouver seul dans cet enfer végétal ne l'attirait finalement pas.
Il allait dire quelque chose à son compagnon lorsqu'ils arrivèrent à une clairière. Une silhouette était penchée sur une licorne morte ou agonisante sous les rayons de la lune. Drago ne put retenir un cri angoissé. Et il sut également qu'il avait fait le mauvais choix. Faisant demi tour instantanément, il entraîna le chien du garde-chasse avec lui pour aller retrouver le deuxième groupe, sortir de la forêt, en tout cas, ne pas rester dans les parages.
Harry observa la réaction de Drago puis reporta son attention sur la scène qui se déroulait dans la clairière. La créature qu'ils pistaient s'était brusquement relevée et s'enfuyait maintenant vers la forêt. Sa vélocité convainquit Harry que toute poursuite serait inutile.
Il sortit à son tour sa baguette pour illuminer une fois de plus le ciel nocturne d'étincelles bleues. Puis, s'approchant de la licorne, il constata que celle-ci avait déjà rendu son dernier soupir. Cependant, alors qu'il approchait la main pour toucher cette créature fantastique, il crut discerner une lueur bleue verte, qui disparue rapidement.
Avant qu'il ait pu s'interroger plus avant sur cet évènement, il fut rejoint par le groupe au complet qui venait à sa rencontre.
Et c'est ainsi que prit fin leur punition. Hagrid décréta que le reste était de son ressort et ils purent regagner le château. Mais à peine s'étaient-ils séparés de Malefoy que Harry ressentit comme une traction puissante qu'il identifia sans mal. C'était le même genre d'obsession qui l'avait guidé jusqu'à la salle au joyau de jade la première fois, mais en bien plus fort.
Curieux d'en connaître la raison, et désireux de se débarrasser de ce qu'il ressentait comme d'une importance capitale et urgente, il se laissa oublier de ses camarades, puis distancer, avant de se fondre dans le décor.
Il rejoignit rapidement la salle en question, et une fois à l'intérieur, il ne put que constater l'évidence. Le premier dôme de magie était parcouru de vagues d'énergie, et s'il ne paraissait pas faible pour autant, il donnait l'impression d'être étrangement incomplet.
Un rapide examen lui permit de remarquer que le pendentif de la licorne arborait maintenant une pierre verte et bleue luisant doucement. S'approchant pour mieux constater le phénomène, il comprit, à moins que l'on ne le lui suggérât, qu'il devait prendre la pierre et accomplir sa mission de restaurer les protections de la clé. Car il n'y avait plus de doute à présent, le joyau reposant au centre était une clé, et pour restaurer ses protections, il devait transmettre la petite pierre de la licorne à un être digne de confiance.
Il s'exécuta donc avant de sortir de la salle et de rebrousser chemin. De toutes façons, s'il voulait dormir en paix, il ne pouvait qu'obéir. Quel que soit ce qui attendait de lui une telle attitude, cela avait incontestablement un grand pouvoir. Et puis, il était curieux de connaître le fin mot de l'histoire.
La forêt qu'il retrouva bientôt était étrangement calme en comparaison avec l'atmosphère angoissée qu'elle dégageait un peu plus tôt dans la soirée.
Le silence tout à l'heure oppressant s'était mué en un silence détendu et accueillant. Et alors qu'il s'enfonçait dans la forêt, il découvrit une faune variée, manifestement curieuse de connaître l'intrus qui rayonnait d'une telle aura de sérénité.
Il ne lui fallut pas longtemps avant de trouver ce qu'il cherchait. Ou pour être exact, ce sont les licornes qui le trouvèrent. La licorne est un animal dit « magique », et elle mérite une telle appellation. Et cela, Harry put le constater. L'animal qui se tenait devant lui n'avait rien à voir avec la carcasse découverte tout à l'heure.
La licorne qui se tenait en face de lui rayonnait. Non seulement elle reflétait la lumière de la lune, dansante sur son pelage, mais elle émettait également une aura de perfection et de pureté qui faisait paraître tout le reste grossier à ses cotés.
Puis, comme dans un rêve, il déposa la pierre qu'il tenait toujours à la main au même emplacement que sur la réplique miniature. Sur le front, un peu au-dessus de sa corne unique. La licorne sembla accepter ce présent, et la pierre disparut, comme si elle se fondait dans l'animal.
Harry s'était respectueusement écarté et, pendant un instant, la licorne et le garçon restèrent immobiles, se détaillant l'un l'autre. Puis, sans aucun signe annonciateur, la licorne s'inclina devant l'humain avant de faire demi-tour et s'éloigner au galop, disparaissant dans les ténèbres de la forêt interdite.
Alors qu'il se remettait de ses émotions, une voix s'éleva à la droite d'Harry.
- Tu as de la chance, Harry Potter. Sans la Bénédiction de Jade, tu n'aurais probablement jamais pu voir une licorne dans toute sa splendeur.
Il s'agissait en fait de deux centaures, put constater Harry. Il ne commenta pas les paroles du premier, tant il était convaincu de la justesse de son propos. D'ailleurs, même les questions qu'il avait concernant l'appellation que le centaure avait employée et sa connaissance inattendue sur le sujet restèrent muettes tant il restait imprégné de la magie du moment.
Au lieu de cela, il préféra observer les deux êtres mythologiques qui se tenaient devant lui. Un regard lointain, un visage grave et plein de sagesse, un torse robuste s'alliant avec le corps d'un équidé, les centaures paraissaient avoir déjà vécu plusieurs vies.
Le plus jeune, qui n'avait pas encore parlé, s'inclina alors en une révérence que Harry n'aurait pas crue possible.
- Qu'est-ce qui te prend Firenze ? Accorder aussi facilement ta confiance à un inconnu ou presque ?
- La licorne a choisi de lui faire confiance. Et la Clé d'Éveil également. Le leur reprocheras-tu également ?
- Non, mais la protection est là pour que chaque être juge selon son âme et conscience.
- L'éveil se fera bientôt. Ne l'as tu pas lu dans les étoiles ? Et je choisis d'accorder ma confiance à l'élu de la licorne. Personne n'avait été choisi depuis la création de la pierre. Et Harry Potter aura besoin d'aide. Peut-être cela fera-t-il la différence.
- Nous n'avons pas à venir en aide aux humains. Qui sommes nous pour contrarier le destin ?
- Le choix existe. À quoi servirait-il si nous ne devons jamais accorder le droit de passage à quiconque ?
Puis, semblant se rappeler de la présence de Harry, et peut-être s'en servant comme excuse pour ne pas continuer la conversation dans cette voie, le premier centaure se tourna vers lui pour lui dire :
- De toutes façons, on ne peut reprendre ce qui a été donné. Que les étoiles t'inspirent Harry Potter. Peut-être nous reverrons nous.
Et sur ces paroles, les centaures s'en allèrent, laissant le jeune Harry dans une forêt redevenue hostile. La nature semblait avoir compris qu'il n'était que humain, et de ce fait, il n'avait pas sa place ici.
Harry se hâta de sortir de la forêt interdite et de regagner le château. Par curiosité, il voulut revoir la salle de la clé d'éveil, pour reprendre le terme du centaure, se demandant si le dôme s'était déjà reformé.
Quand l'arche s'ouvrit à nouveau devant lui, il eut en pensée qu'elle aurait très bien pu lui refuser l'accès s'il en avait fini avec sa mission, mais cela disparut lorsqu'il porta son attention sur les figurines centrales.
Les dômes de magie étaient à présent tous stables. Mais dorénavant, les ornements de la licorne et du centaure de pierre luisaient d'une lumière blanche. Harry devinait que cela lui donnait un droit de passage, mais que s'il voulait atteindre la pierre, il lui faudrait rencontrer chaque être représenté par une statue. Le principe n'était pas difficile à deviner ou à comprendre, mais comment était-il sensé s'y prendre au vu de l'étrangeté des espèces représentées ? Et était-ce une action à entreprendre avec pour seule base sa curiosité ?
Il décida qu'il ne perdrait rien à chercher plus avant. Même s'il en obtenait le droit, rien ne l'obligeait à retirer la pierre de sous les protections. Il décida également que cela pourrait bien attendre le lendemain. Cela faisait bien longtemps que ses camarades étaient partis se coucher et il lui tardait de faire de même.
Mr Malefoy,
Je comprends fort bien l'inquiétude que vous exprimiez dans votre dernière lettre et souhaiterais vous rassurer quant à la sécurité dont bénéficient nos élèves en chaque occasion.
Votre fils, ainsi que quelques uns des ses camarades, a été découvert lors d'une escapade nocturne. Et plutôt que de leur faire récurer des fonds de chaudrons, il nous a semblé plus à propos de leur faire comprendre l'utilité du règlement.
C'est pourquoi nous leur avons fait exécuter un travail utilitaire dans la forêt interdite. Ils étaient bien entendu encadrés par des membres de l'équipe enseignante, et j'étais personnellement affecté à la surveillance de Drago Malefoy. Je peux donc vous assurer qu'en dehors d'une petite peur, votre fils ne risquait rien. J'avais pris soin d'éloigner toute créature malfaisante.
J'espère vous avoir rassuré quant à nos méthodes d'enseignement et reste à votre disposition pour toute discussion ultérieure.
Albus Dumbledore,
Directeur de Poudlard.
PS : Nous avons pu tous constater que votre fils, Drago Malefoy, fait honneur à son nom en gardant une attitude digne en toute circonstance.
Dumbledore reposa sa plume, pensif. Oui, il avait été à proximité de ses élèves pendant toute la durée de leur punition. D'ailleurs, il avait appris bien des choses, comme espéré. Harry était un garçon qui se posait des questions très pertinentes.
Bien sûr, il était déjà convaincu que Harry avait été formé au combat. Autant au niveau de ses habiletés physiques que mentales. Mais ce soir, il avait pu en discerner les limites.
Drago Malefoy avait su remarquer le déplacement silencieux de Harry. Une observation remarquable, mais cela voulait dire que Harry n'avait pas été assez prudent et avait dévoilé un de ses atouts. De plus, il n'était pas à l'aise dans la forêt, c'était infime, mais cela se sentait.
Et son discernement vis-à-vis du Choixpeau et des Maisons de Poudlard était remarquable. Mais il n'avait pas su aller au fond des choses. Ses conclusions étaient incomplètes.
Mais au final, Dumbledore n'était pas mécontent de ces performances. L'impatience qu'il avait détectée chez le garçon quand il s'était renseigné du sort de ses parents lui donnait à penser qu'il avait découvert ce qui se reflétait dans le miroir du Rised. Harry progressait dans une bonne voie. Il en était convaincu.
Par contre … Se jouer du fils Malefoy ainsi … Cela donnait des idées au directeur. Pauvre Drago ! Il allait courir faire ce que Harry lui demandait, et il se chargerait de lui indiquer le bon chemin.
Ignorant qu'en plus de faire les quatre volontés du Survivant, il allait les faire selon la volonté de Dumbledore, Drago ruminait sa vengeance. Il était passé pour un trouillard devant le reste du groupe, Potter ne lui avait pas montré la moindre considération, et de toutes façons, c'était à cause de lui s'il avait du faire une punition dans la forêt interdite.
Le comble de sa fureur, de sa frustration et de sa détermination à faire tomber Potter fut lorsque deux jours plus tard il reçut la réponse de son père. Manifestement, rien ne lui serait épargné, et même son paternel semblait croire qu'il avait fait preuve de faiblesse et considérait la punition comme méritée.
Il allait leur montrer. A tous. En commençant par Potter. Il suffisait de reprendre point par point. Tout le monde a ses faiblesses. D'abord, il était fort probable qu'il ne sache rien de la magie noire. Ensuite il ne refuserait pas un défi et ne trahirait pas sa parole. De plus, il semblait sensible au sujet de ses parents. Il trouverait bien un moyen de se servir de tout cela …
En attendant, il pouvait toujours se réjouir de la perte des points de Gryffondor, du boycott dont faisait toujours l'objet le petit groupe de Potter et de la première place de Serpentard au tournoi. Bien sûr, cela aurait été mieux si le Survivant avait été plus affecté que ça par l'exclusion dont il faisait injustement l'objet, mais bouder le grand Harry Potter semblait aussi efficace que de priver de nourriture un fantôme.
Harry, pour sa part, avait bien d'autres choses à penser que de se soucier de ce que l'on pensait de lui. En effet, il avait acquis la quasi-certitude que même dans la bibliothèque « spéciale dragons » de la Salle sur Demande, il ne trouverait pas la moindre référence au Dragon de Jade.
De toutes façons il fallait bien s'en douter : un secret aussi bien gardé au cœur de Poudlard ne serait pas dévoilé dans un livre aussi facile d'accès. Pourtant il y avait une certaine logique à vouloir trouver des informations ici. Le centaure avait parlé de la Clé d'Eveil et Harry était sûr que la pierre sous les dômes de magie était directement reliée au Dragon de Jade qu'il avait vu en rêve. Et il avait trouvé cette salle grâce à la devise de Poudlard.
Il ne faut pas chatouiller un dragon qui dort.
Tout concordait non ? Sauf les chatouilles peut-être. Faudrait-il chatouiller la pierre de jade ? L'idée paraissait quelque peu ridicule …
Mais Poudlard raffolait de ce genre de chose. Notamment pour dévoiler portes et passages secrets. Bien sûr. D'ailleurs, en y réfléchissant bien, il y avait par là quelque chose à tenter. En effet, la grande tapisserie, tellement mise en évidence qu'elle se faisait oublier, représentait bel et bien un dragon endormi.
Mais sérieusement ? Etait-ce possible qu'une ouverture se soit trouvée là, sous son nez et pendant tout ce temps ? La curiosité de Harry n'avait jamais été ainsi éprouvée. Peut-être parce qu'il pressentait des découvertes importantes. Peut-être se rapprocherait-il un peu plus du mystère qui le tenait en haleine.
Lorsqu'il chatouilla le dragon vert endormi, celui-ci se mit à bouger, pour se réveiller tout à fait. Mais la tapisserie ne dévoila aucun passage, il n'y eut pas la moindre porte pour satisfaire Harry. Mais alors qu'il était prêt à se convaincre que rien n'avait changé, il remarqua que c'était la pièce elle-même qui avait changé. Il avait juste trouvé une autre bibliothèque.
Rien à voir avec les dragons cependant. Les livres entreposés ici parlaient pour la plupart de sujets dont Harry n'avait jamais entendu parler. « Le grand art des Illusions », « Exorcisme, les bases », « Incantations mineures »… Et s'il n'avait pas beaucoup avancé coté dragon, un livre lui donna l'espoir d'en finir bientôt avec la pierre philosophale. Ce serait bien le diable s'il ne lui trouvait aucun usage, ou aucune manière de la détruire dans « Joaillerie magique, Propriété et usage des pierres de puissance. » Un livre pareil devait au moins contenir quelques indices …
Question livres, le professeur Rogue en tenait justement un en main. Le directeur avait avancé que Drago Malefoy semblait avoir des prédispositions intéressantes, mais le maître des potions ne s'y était pas trompé. Le désir d'éduquer le jeune Malefoy n'était pas la seule motivation de Dumbledore. Mais s'attaquer au cas Harry Potter par ce biais là ? Rogue était en général admiratif quant à la capacité du directeur à obtenir ce qu'il voulait, pourtant … Qu'allait bien pouvoir leur apporter Drago ? Et ce livre ? « Magie et Sensibilité. L'art de percevoir. » Où était l'astuce ?
De toutes façons, il serait aux premières loges. Après tout, en tant que directeur des Serpentard, il était le mieux placé pour tirer les vers du nez à Drago Malefoy. Et ce n'était pas pour lui déplaire.
D'un coté il pourrait en apprendre plus sur le Survivant, les cours d'occlumancie n'ayant rien donné. Et d'un autre, il pourrait s'amuser avec Drago. Il aimait bien ce petit.
En parlant d'occlumancie, il allait bientôt pouvoir commencer les cours pour Potter. Pendant six mois il l'avait entraîné à cloisonner son esprit. Et il avait atteint un niveau inespéré. Les images qu'il faisait apparaître dans l'esprit du Survivant restaient fixes, dissociées de leur environnement. D'ordinaire, une image suggérée en appelait une autre, les lieux vides se peuplaient, les personnes agissaient, et il devenait possible de reconstituer un événement. Le garçon Potter ne réagissait plus comme ça. Tout semblait figé, en pause.
La prochaine étape serait de mentir convenablement. Mais associer les souvenirs convenablement, proposer les bons sentiments, rester crédible, tout cela ne durerait pas bien longtemps. La preuve : il avait déjà commencé à s'y essayer. L'épisode du train était vraiment pathétique ...
