Bonjour, bonjour ! Alors… Hum… Bon, d'accord, je sais. Le chapitre précédent ressemblait vraiment beaucoup au premier. Mais ça n'était pas de la fainéantise (enfin, ça aurait pu, faut l'avouer, mais c'était pas ça). Non, en fait, c'était mûrement réfléchi et nécessaire. Et puis, faut pas croire mais je l'avais travaillé pour y intégrer des différences, légères bien sûr, mais quand même.

Comment ça vous trouvez que je me défends beaucoup ? Ca veut dire que j'ai pas la conscience tranquille ? Euh… Changeons de sujet.

Donc, voilà le troisième chapitre du cauchemar de Nami. Je ne dis rien de plus, vous lirez et vous jugerez, j'espère que ça vous plaira. En tout cas, n'hésitez pas à laisser un petit com, même si c'est pour me taquiner (^^) ! Bonne lecture.

Chapitre 2 : Cauchemar…

- Nami.

La jeune femme ouvrit les yeux et avala une grande bouffée d'oxygène avant de rouler sur le côté en toussant. Elle avait du mal à respirer, sa poitrine lui faisait très mal. Elle chercha la flèche mais ne la trouva pas.

- Nami ? Nami !

Robin la prit par les épaules pour essayer de la calmer. Nami tremblait violemment. Couchée en chien de fusil, elle sanglotait dans son oreiller. Elle était secouée de spasmes douloureux. L'archéologue, inquiète, s'assit sur le bord du lit et lui caressa doucement les cheveux en lui murmurant des paroles rassurantes. Petit-à-petit, sa respiration devint plus facile, et les spasmes se calmèrent. Nami continuait à pleurer, mais silencieusement maintenant.

- Nami, qu'est-ce qui se passe ?

La navigatrice, le visage enfoui dans son oreiller, dut se mordre la lèvre pour ne pas crier. « Qu'est-ce qui se passe ? » C'était impossible à expliquer.

- Nami, s'il-te-plaît, dis-moi ce qui t'arrive.

- Je… J'ai… Je suis morte.

Robin, continuant à passer doucement sa main sur les cheveux de son amie, la regarda attentivement. La navigatrice était pâle, elle avait les traits tirés et les joues ruisselantes de larmes. Ses yeux étaient cernés et rouges, comme si elle n'avait pas dormi depuis longtemps. Mais c'était surtout sa réaction qui la perturbait. Depuis qu'elle la connaissait, jamais elle n'avait vu la jeune femme dans cet état, perdant tout contrôle, se laissant aller. Et ça l'inquiétait. Elle avait dû vivre un évènement traumatisant pour être dans cet état.

- Je ne comprends pas, Nami.

- Hier… Je suis morte.

- Hier ? Mais qu'est-ce que tu dis ?

Robin était complètement perdue. Nami se releva sur un coude, enfin calmée. Elle s'assit et essuya ses yeux du dos de la main. Elle inspira profondément, plusieurs fois, les yeux fermés. Relevant enfin la tête, elle vit le regard inquiet de son amie.

- Ecoute je… J'ai dû faire un cauchemar, dit-elle finalement pour la rassurer. Mais ça semblait tellement réel, j'ai vraiment ressenti la douleur…

- Je comprends, répondit Robin avec un sourire, soulagée. Ca m'est arrivé, je sais ce que c'est, certains rêves peuvent être très traumatisants. Je suis rassurée, ajouta-t-elle avec un petit rire, parce que quand tu m'as dit que tu étais morte, ça m'a fait un drôle d'effet.

Nami lui fit un petit sourire en s'essuyant les yeux et serra doucement la main de Robin pour la remercier. L'archéologue se leva et se dirigea vers la porte.

- Je retourne à la cuisine, dit-elle avant de se retourner. Au fait, tu ne veux pas savoir pourquoi j'étais là ?

- Je crois que je sais, murmura Nami.

- J'étais venue te réveiller. D'habitude tu es la première levée, et là comme on ne te voyait pas arriver on a eu peur…

- Que je sois malade, termina la navigatrice.

- Exactement. Bien, je vais rejoindre les autres. Ne tarde pas trop, ajouta-t-elle, sinon tu n'auras plus rien à manger.

Nami ne répondit pas et Robin sortit de la chambre. La jeune femme resta quelques minutes assise sur le lit. Elle était courbaturée, elle avait de violents élancements dans la cage thoracique et elle se sentait très faible, et épuisée. Elle finit par se lever en gémissant à cause de la douleur. Elle jeta un rapide coup d'œil dans le miroir de la coiffeuse et grimaça en voyant la mine horrible qu'elle affichait. Elle soupira en se passant une main dans les cheveux, ce qui déclencha un nouvel élancement dans ses côtes.

Elle attrapa ses vêtements dans la penderie et se rendit dans la salle de bain. Une fois sous le jet d'eau chaude de la douche, elle commença enfin à sentir mieux. Elle sentait ses muscles se détendre, ses douleurs diminuer. L'action apaisante de l'eau la calma, et elle put réfléchir plus sereinement à ce qui lui arrivait. C'était un cauchemar, forcément. Ca ne pouvait pas être autre chose. Mais elle avait cette impression étrange d'être là depuis plusieurs jours, et d'avoir déjà vécu tout ça. D'être…

Elle sentit un long frisson lui parcourir l'échine alors qu'elle sortait de la douche. Elle avait l'impression d'être morte. C'était horrible, terrifiant, et tellement douloureux. La jeune femme s'habilla rapidement et retourna dans sa chambre. Sur son bureau, elle trouva le Livre de bord et le feuilleta. Ca ne fit que lui confirmer ce qu'elle savait déjà, qu'ils n'étaient arrivés qu'hier soir près de l'île. Mais tout son être lui criait que ça n'était pas le cas et qu'ils étaient là depuis plusieurs jours. Finalement elle referma le Livre de bord et le reposa sur le bureau avant de sortir. C'était un cauchemar, c'était obligatoirement un cauchemar. Et cette sensation de déjà-vu… Ca allait passer, forcément. Elle se passa une dernière fois les mains sur le visage, essayant de faire bonne figure, et elle rejoignit ses amis.

Ils étaient tous rassemblés autour de la table du petit-déjeuner qui était couverte de nourriture. Tous levèrent les yeux à son arrivée et l'observèrent. Nami soupira. Robin avait dû leur dire qu'elle avait eu un… réveil difficile. Sanji s'avança.

- Euh… Nami-swan, commença-t-il d'un ton hésitant. Tu es, euh, lumineuse ce matin. Tu as l'air en forme…

- Crétin, marmonna Zoro.

Nami ne prit même pas la peine de répondre et se laissa tomber sur le banc, entre Chopper et Robin. Le petit renne l'observa quelques instants, sans faire de commentaire, ce dont la navigatrice lui fut reconnaissante. Sanji, qui s'était repris, tournait autour d'elle en chantonnant et en la couvrant de compliments. Finalement il posa devant elle une multitude de pâtisseries. Elle soupira. Comme dans son rêve.

- Sanji, commença-t-elle en sachant très bien qu'elle serait la réaction de son ami. Je n'ai vraiment pas faim ce matin.

- Nami-swan tu me brises le cœur ! gémit le jeune homme, avec un air de chien battu.

- Mais j'adorerais que tu me prépares une grande tasse de café, mon petit Sanji-kun, ajouta-t-elle, rendant le sourire au cuisinier.

- Nee-chan, dit Franky en l'observant avec attention. Tu n'as vraiment pas l'air bien.

- Ca n'est rien, j'ai juste passé une nuit affreuse…

Elle savait ce qui allait suivre.

- Tu aurais dû venir me trouver, ma déesse, intervint Sanji en déposant une tasse de café devant elle. Je t'aurais aidé à trouver le sommeil.

Nami se prit la tête dans les mains alors que les rires fusaient.

- Tu doutes de rien, toi, dit Zoro, hilare.

- Tu prends tes rêves pour des réalités, fit Franky en avalant son coca.

- Fermez-la bande de nuls, protesta le cuisinier, vexé.

Nami gémit. Elle se souvenait de tout ça alors que ça venait juste de se produire. Elle ne comprenait plus rien.

- Nami ? demanda doucement Robin en posa une main sur son épaule.

- C'est rien juste… Une forte impression de déjà-vu.

- Ah oui, je connais ça, ça m'arrive très souvent.

- Tu m'en diras tant, grommela la navigatrice.

Elle redressa soudain la tête.

- Mami, echque… commença Luffy avant de s'interrompre en voyant Nami pousser vers lui l'assiette de pâtisseries. Euh… Merchi.

Il haussa les épaules et ne fit qu'une bouchée des gâteaux. Ensuite, son ventre débordant de son bermuda, il poussa un grand soupir satisfait.

- Ca va ? T'as assez mangé ? demanda Usopp d'un ton acide en contemplant les piles d'assiettes vides sur la table.

- Bah faut prendre des forces pour aller en…

- Non ! gémit Nami, les larmes aux yeux. Pas l'exploration…

Tout le monde la regarda comme si elle devenait folle. Mais elle s'en fichait. Son instinct lui criait que s'ils mettaient un pied sur cette île, il allait se passer quelque chose de terrible… Encore.

- Il faut qu'on parte d'ici, je vous en prie, gémit la jeune femme en se levant.

- Mais pourquoi ?

- Cette île elle est… Je ne sais pas ce qu'elle est mais c'est mauvais, c'est… dangereux. Elle est maudite, ou quelque chose dans le genre.

- Maudite ? Tu veux dire comme Thriller Bark ? demanda Usopp.

- Ne parle pas de Thriller Bark ! cria Nami en le fusillant du regard.

- Nami, dit Robin d'un ton apaisant. Je sais que ce qui s'est passé sur l'île de Moria a été traumatisant pour toi, mais cette île n'est pas Thriller Bark. C'est une île tout ce qu'il y a de plus normale.

- Mais oui, insista Franky. De belles plages, une forêt magnifique, un temps estival. C'est le paradis cet endroit !

- Non, c'est l'enfer, croyez-moi. Il y a… Il y a… Des gens qui nous suivent, et des pièges dans la forêt ! s'exclama Nami.

- C'est n'importe quoi, s'emporta Zoro. T'as même pas encore mis le pied sur cette île, comment tu peux savoir tout ça ?

- Mais si, on y est déjà allés… Vous ne comprenez pas, dit-elle en sentant les larmes commencer à couler sur ses joues.

- Nami, tu as fait un horrible cauchemar cette nuit, très traumatisant, dit Robin en se levant et en se plaçant face à elle. Mais ça n'était qu'un rêve, rien de plus.

La navigatrice, à bout de nerfs, poussa violemment l'archéologue, qui recula de quelques pas, et s'enfuit de la cuisine. Sanji la suivit, mais elle s'enferma dans sa chambre et lui ordonna de la laisser tranquille. Assise derrière la porte, à même le sol, elle était en pleurs. Ils ne comprenaient pas. Et comment le pourraient-ils ? Elle-même ne savait pas ce qui lui arrivait. Elle savait qu'ils n'étaient arrivés que la veille, et qu'ils n'avaient pas encore mis le pied sur cette île. Mais d'un autre côté… Comment expliquer cette forte impression de déjà-vu ? Et ça n'était pas qu'une impression, elle savait exactement ce que ses amis allaient dire, ou faire. Et ça voulait dire que sur l'île ils allaient…

- Nami ?

La jeune femme retint son souffle. Derrière la porte, Luffy hésitait. Depuis leur départ de Thriller Bark, Nami était très froide et même agressive avec lui, sans qu'il comprenne pourquoi. Il savait qu'il avait dû faire quelque chose de mal, mais il avait beau chercher, il ne voyait pas… Il s'assit le long de la porte, dans le couloir et attendit. Il était sûr qu'elle ne voulait pas lui parler, mais ce matin elle semblait si perdue, et même terrorisée. Il détestait la voir comme ça.

- Nami ? appela-t-il doucement.

- Qu'est-ce que tu veux ? répondit la jeune femme avec des sanglots dans la voix.

- Tu pleures ?

- Non, dit-elle alors que les larmes coulaient le long de ses joues.

- Qu'est-ce qui se passe ? Dis-moi…

La navigatrice soupira. Ca faisait des semaines qu'elle lui en voulait et lui faisait la tête, mais aujourd'hui, elle se sentait trop fatiguée pour continuer.

- Personne ne me croit… Mais je sais ce que je dis, si on va sur cette île il va se passer quelque chose d'affreux.

- Comment tu le sais ?

- Tu ne me croiras pas, même moi je n'arrive pas à le croire. Si je ne comprends pas ce qui m'arrive, comment je pourrais te l'expliquer ?

- Ah…, répondit le capitaine, plus pour dire quelque chose que parce qu'il avait compris. Tu penses vraiment que cette île est maudite ?

- Je n'en sais rien, mais elle me terrorise. Luffy, dit-elle d'un ton pressant, est-ce qu'on peut s'en aller ? Je t'en prie…

Luffy triturait son chapeau de paille entre ses mains. Pour la première fois depuis longtemps elle lui parlait, elle lui faisait confiance, elle lui demandait même de l'aide. Mais ça, il ne pouvait pas lui accorder.

- Luffy, insista Nami en pleurant. S'il-te-plaît.

- Désolé, Nami. Mais on a besoin de faire le plein de provisions, et les gars on envie de s'arrêter et de prendre un peu de repos. Et moi aussi, en fait. Alors, on va devoir y aller. Mais tu n'as qu'à rester sur le bateau, si tu veux.

La jeune femme ne répondit pas mais au bout de quelques instants la porte s'ouvrit, et elle lui fit face. Luffy comprit tout de suite qu'elle lui en voulait. Elle le fixait, aussi froide qu'un iceberg. Si un regard pouvait tuer, Mugiwara no Luffy aurait terminé là sa carrière de pirate. Elle passa près de lui sans un mot et se dirigea vers le pont. Dès qu'il fut dégelé, il se précipita derrière elle et l'attrapa par le bras.

- Nami, pourquoi tu m'en veux ?

La jeune femme essaya de se dégager mais le capitaine ne céda pas.

- Et pourquoi tu ne restes pas là si tu as peur ?

- Pour vous sauver, crétin, cracha-t-elle en se dégageant finalement.

Elle se précipita vers le pont sans un regard en arrière, comme s'il n'existait pas, et rejoignit les Mugiwaras qui attendaient de partir explorer l'île. Quand les pirates les virent sortir, et surtout quand ils virent leur expression, ils comprirent qu'il s'était passé quelque chose mais s'abstinrent de toute question. C'est donc dans une ambiance tendue que l'équipage, sauf Franky et Brook, débarqua sur l'île.

- Les gars vous avez vu cette plage ?

Usopp essayait de meubler le silence qui s'était installé entre eux depuis leur départ du Sunny. La tension entre Luffy et Nami était telle qu'elle affectait tout le groupe, et leur humeur était plus que morose.

- Le sable est presque blanc, et il est si doux !

- Et tu as vu cette forêt ? fit Chopper qui essayait de rentrer dans son jeu. Ces arbres doivent être centenaires. Et ces fleurs sont si belles, je suis content d'avoir emmené mon livre de botanique pour pouvoir les étudier.

Mais c'était peine perdue. Nami semblait inquiète et regardait autour d'elle, l'air anxieux, en évitant soigneusement de croiser le regard de son capitaine. Luffy, lui, la fixait, l'air triste, ce qui n'était pas normal pour lui. Zoro observait tout ça, apparemment sans s'y intéresser, mais Chopper le devinait tendu. Robin observait elle aussi la situation, pensive. Quant à Sanji, il restait près de Nami, comme à son habitude, mais son attitude désinvolte ne trompait personne, il s'inquiétait pour son amie. Finalement Chopper et Usopp abandonnèrent et, en soupirant, ils suivirent silencieusement leurs amis qui s'enfonçaient dans la forêt.

L'odeur des fleurs exotiques était entêtante, et donnait mal au crâne au petit renne à l'odorat surdéveloppé. Il regardait tout autour de lui, curieux des arbres, des plantes et des fleurs. Il écoutait le chant des oiseaux et les petits bruits typiques de la vie de la forêt, heureux de pouvoir échapper à la morosité ambiante avec ses amis.

Finalement, il reporta son attention sur Nami. Pâle et tremblante, malgré la veste que lui avait prêtée Sanji, elle semblait de plus en plus inquiète. Les cernes marqués sous ses yeux, son teint livide, tout indiquait qu'elle avait un problème. Chopper fronça les sourcils. Elle leur avait dit avoir passé une mauvaise nuit, mais une nuit d'insomnie, même sévère, ne pouvait causer tout ça. Non, ça devait au moins durer depuis plusieurs nuits. Il l'observa plus attentivement et nota qu'elle se tenait un peu voûtée, comme si elle avait mal au dos, ou dans les côtes. La jeune femme remarqua qu'elle était observée et se redressa, tentant de paraître enthousiaste et sereine. Mais le cœur n'y était pas, et ça se voyait.

Il en était là dans ses réflexions quand il sentit quelque chose. Il se retourna vivement, observant les alentours. La lumière avait diminué à mesure qu'ils s'enfonçaient dans les bois. On n'entendait plus aucun cri d'animal, et c'était sans doute ça le plus étrange. L'atmosphère devenait inquiétante et, surtout, le renne avait l'impression d'être observé. Il sentait une présence menaçante autour d'eux.

Nami, elle, était dans un état de tension extrême. Les images de son « cauchemar » se succédaient dans son esprit. La dispute avec Luffy, l'impression d'être suivie, les pièges. Elle entendait encore le bruit de la jambe d'Usopp qui se brisait, et elle eut un haut le cœur en y repensant. Et cette atmosphère : lourde, étouffante, oppressante même. Le feuillage des arbres ne laissait plus passer le moindre rayon du soleil, et elle avait l'impression que leurs branches se refermaient autour d'eux comme les barreaux d'une cage. Elle sentait posés sur elle les regards cruels de ceux qui les observaient et qui leur voulaient du mal. Elle croyait même entendre leurs rires sadiques.

Les tremblements avaient repris de plus belle et secouaient son corps. Elle essayait pourtant de se maîtriser, serrant les poings si forts que ses ongles laissèrent de petits croissants sanguinolents dans les paumes de ses mains. Elle sentait posé sur elle le regard de Luffy, et se forçait à ne pas le regarder, faisant comme s'il n'existait pas. C'était l'une des choses les plus difficiles qu'elle n'ait jamais faite. Elle soupira. Si seulement il avait accepté qu'ils s'en aillent, qu'ils quittent cet endroit. Elle savait bien qu'ils devaient rester, que tout le monde avait besoin de repos. Elle était consciente que Luffy avait pris cette décision pour le bien de l'équipage. Mais si seulement elle pouvait lui expliquer, lui faire comprendre... Soudain une main s'abattit sur son épaule et elle poussa un cri.

- Nami…

- Ca va pas Luffy ? J'ai failli mourir de peur ! lui reprocha la jeune femme, le cœur battant à un rythme alarmant.

- Excuse-moi, je ne voulais pas t'effrayer. Tu es tellement nerveuse en ce moment, dit le jeune homme.

Il attendit que leurs compagnons les dépassent et mettent un peu de distance avec eux pour poursuivre.

- Est-ce qu'on peut reparler de ce que tu m'as dit ce matin ?

- J'en ai pas envie, répondit sèchement Nami.

- Ecoute, tu vas pas bien. Je sais que vous me prenez tous pour un idiot…

- Luffy…

- Et vous n'avez pas tort, la plupart du temps je fais pas attention à ce que je dis, ou à ce que je fais, ni à vous. Mais je sais quand l'un de mes amis va mal, et ça m'inquiète. Surtout quand c'est toi, ajouta-t-il à voix basse.

- C'est nouveau ça, rétorqua la jeune femme, touchée malgré elle par ce que venait de dire son capitaine.

- Dis-moi ce qui t'arrive. Et dis-moi ce que je peux faire pour que tu ailles mieux.

- Je te l'ai déjà demandé, s'emporta la jeune femme. Je t'ai demandé de partir d'ici, mais tu as refusé !

- Tu ne m'as pas donné de bonne raison, s'exclama Luffy, agacé.

- Tu n'aurais pas dû en avoir besoin ! Tu aurais dû me faire confiance, à moi, à mon instinct. Nous on te suit toujours, même quand ça semble idiot, ou dangereux. Là, j'aurais voulu que tu m'accordes la même confiance, mais c'était trop te demander !

- Nami…

Ils furent interrompus par un hurlement et la jeune femme sursauta. Son rêve.

- Chopper ! cria Luffy en se précipitant vers ses amis.

- Luffy, non ! fit Nami en tentant de le retenir, sans succès.

Elle se précipita à sa suite et vit Zoro essayer de retrouver Chopper, qui avait mis le pied dans un piège. Elle se tourna aussitôt vers Usopp, qui venait de buter contre un tronc d'arbre en reculant. Le sol s'effondra sous ses pieds et il tomba en hurlant. Mais il fut rattrapé in extremis par Nami qui s'était jeté au sol en anticipant. Elle était agrippée à la main du sniper. Robin le vit et, avec son pouvoir, fit pousser des bras qui récupérèrent Usopp et l'aidèrent à remonter. Le pauvre jeune homme était à genoux sur le sol, tremblant, persuadé d'avoir échappé à la mort. Nami, elle, s'était relevée et regardait autour d'elle en tremblant.

- La flèche, marmonnait-elle, comme si elle était en transe.

- Nami, cria Luffy en se plaçant devant elle, pour capter son attention, et en la saisissant par les épaules. Comme tu as su ?

La jeune femme entendit alors le sifflement. Elle reconnu immédiatement ce bruit qui hantait ses pensées depuis qu'elle s'était réveillée. La scène se passa comme au ralenti. Luffy tourna la tête en direction du bruit mais Nami hurla son nom et le poussa violemment. La capitaine, surpris, tomba en arrière. Il vit alors une flèche venir se planter dans la poitrine de son amie. Figé, il la vit reculer sous le choc. Il croisa son regard, et y lut une douleur et une lassitude immenses. Elle s'écroula et tomba lentement en avant, dans ses bras. Le monde semblait s'être arrêté. Tout s'était figé autour d'eux, il ne restait plus que lui et Nami, qui commençait à saigner. Les autres couraient et hurlaient, mais pour les deux jeunes gens, le temps s'était arrêté.

- Ca recommence, murmura faiblement Nami, qui sentait déjà sa respiration devenir plus difficile.

- Nami… Nami… C'est… un cauchemar.

- Cauchemar… Non, fit la jeune femme, si doucement que Luffy dut tendre l'oreille. Excuse-moi…

- Pardonne-moi Nami, je te promets qu'on va s'en aller. On va retrouver Chopper, il va te soigner et on va s'en aller loin d'ici, je te le jure.

Elle ne répondit pas. Elle devenait livide, et le jeune homme avait l'impression de tenir une poupée de chiffon dans ses bras. Il se rendit compte qu'il pleurait. Ses larmes ruisselaient et tombaient sur le visage de Nami. Il passa une main dans ses cheveux et lui caressa doucement le visage. Les Mugiwaras étaient rassemblés autour de lui. Chopper, en boitillant, s'était approché.

- Luffy…, commença-t-il.

- Chopper, tu dois la sauver, elle est blessée, dit le capitaine, en berçant le corps de son amie.

- C'est trop tard…

- Non… Nami.

La jeune femme, profitant du dernier souffle de vie qui lui restait, voulut tendre la main vers lui. Mais sa main retomba lourdement sur le sol.