Bonjour les gens ! Alors voilà, tout d'abord, je veux vraiment remercier les lecteurs qui me laissent des reviews, ça fait vraiment très plaisir et ça rassure l'auteure, vous ne pouvez pas imaginer^^ Maintenant passons aux choses sérieuses. On avait laissé Nami en fâcheuse posture. Alors : ses amis vont-ils lui pardonner ? Va-t-elle enfin comprendre qui est derrière toute cette histoire ? Va-t-elle se rendre compte qu'elle se balade en chemise de nuit (chemise qui risque de faire un effet « Marylin Monroe » sur le Waver, d'ailleurs) ?

En tout cas j'espère que ce chapitre vous plaira autant que les précédents. Et bien sûr, si le cœur vous en dit, les commentaires sont les bienvenus !

Bonne lecture !

Chapitre 5 : Révolte (partie 2)

Penchée sur le Waver qu'elle poussait au maximum, Nami laissait les larmes couler sur ses joues, sans essayer de les retenir. Elle avait été affreuse. Cruelle. Elle avait embrassé Luffy. Et elle l'avait giflé. Elle avait fait de la peine à Chopper, volontairement. Elle avait humilié le garçon le plus gentil du monde. Elle avait embrassé Luffy. Elle avait rejeté l'amitié de Robin. Elle s'était moquée d'eux. Elle avait embrassé Luffy mais, surtout, elle l'avait traité d'incapable. Elle lui avait dit qu'elle regrettait de l'avoir suivi. Et elle l'avait embrassé.

Les joues en feu et la vue brouillée par les larmes, Nami finit par accoster sur la plage de cette île maudite. Elle tomba à genoux, secouée par une violente nausée. Ses larmes tombaient sur le sable, alors qu'elle frappait le sol de ses poings serrés. Elle avait voulu les faire souffrir. C'était réussi. Ils la détestaient maintenant, tous, même lui. Elle les aimait pourtant tellement, tous. Mais là, elle avait voulu leur faire mal, comme elle avait mal.

La nausée se calma et elle s'assit sur ses talons avant de se passer les mains dans les cheveux. Elle s'essuya ensuite les yeux du dos de la main et regarda droit devant elle.

Personne ne la croyait, et après tout, si elle revivait cette journée continuellement, c'était à elle de régler le problème. Ils l'avaient sauvée si souvent… Elle observa attentivement les arbres immenses. Des gens se tenaient à l'affût, dans ces arbres, prêts à les attaquer, voulant faire du mal à ses nakamas qui ne le savaient même pas. Mais elle, elle pouvait faire quelque chose. Elle allait les protéger.

Elle prit son Perfect Climat Tact qu'elle assembla et s'appuya dessus pour se remettre debout, péniblement. Ses jambes semblaient sur le point de se dérober sous elle, mais elle serra les dents et tint bon. Son idée de manger, et surtout de boire comme jamais, ça n'était peut-être pas la trouvaille du siècle. Mais elle avait connu pire. Elle se ressaisit et lança un regard de défi vers les feuillages des arbres, au cas où quelqu'un serait en train de l'observer. Elle avait peur, mais elle ne reculerait pas. Elle prit son courage à deux mains et pénétra dans la forêt.

Les Mugiwaras l'observaient depuis le pont du Thousand Sunny. Ils l'avaient vue tomber à genoux sur la plage.

- Elle n'a pas l'air d'aller bien, dit Usopp.

- Oy, tu viens seulement de t'en rendre compte ? réagit Franky.

- Je veux dire qu'elle a l'air malade.

- Bah vu tout ce qu'elle s'est enfilé c'est même étonnant qu'elle puisse encore tenir debout, répondit Zoro.

- Et toi alors ? T'as bu autant qu'elle…

- Moi c'est pas pareil.

Ils la virent alors se relever en prenant appui sur son arme et pénétrer ensuite dans la forêt.

- Je croyais avoir compris que cette ile lui faisait peur, remarqua Brook.

- Putain, qu'est-ce qu'elle est chiante cette fille, marmonna Zoro en soupirant.

- Qu'est-ce qu'on attend pour aller la rejoindre ? demanda Chopper d'un ton pressant.

- Et bien, elle n'a pas l'air de trop nous porter dans son cœur en ce moment, répondit le squelette.

- On s'en fout, c'est Nami, rétorqua Franky.

- C'est notre nakama, ajouta Usopp.

- Notre amie, dit Chopper.

- On ne laisse jamais tomber l'un des nôtres, conclut Zoro. Même quand c'est une chieuse.

- Les amis, c'est tellement beau et émouvant cette amitié sincère et sans condition, clama Brook. Si je pouvais pleurer, je le ferai, mais je ne peux pas car je suis un squelette, yohoho !

- Tu crois vraiment que c'est le moment pour les blagues pourries ?

- Pardon.

Le groupe se tourna vers Sanji et Robin qui n'avaient rien dit jusqu'à maintenant.

- Nami a besoin de notre aide, dit calmement l'archéologue, et elle va l'avoir qu'elle le veuille ou non. Sanji ? ajouta-t-elle en se tournant vers son ami.

- Je ne laisse jamais tomber une demoiselle en détresse, dit le cuisinier avec classe. Encore moins quand il s'agit de mon rayon de soleil.

- Bon alors on est partis, conclut Usopp. Luffy ? Hey, Luffy ?

Le capitaine n'avait toujours pas bougé, le regard dans le vague, depuis que Nami l'avait embrassé un peu plus tôt.

- Attendez, dit Franky en l'observant, il ne s'est même pas rendu compte qu'elle est partie ?

- Il est complètement perché, là…

- Dites, c'est moi ou il ne respire même plus ? demanda soudain Robin.

- Quoi ? hurla Chopper. Un docteur ! Vite !

- C'est toi.

- Ah oui, pardon.

Le petit renne bondit jusqu'au jeune homme et l'examina, rapidement rassuré. Il respirait bel et bien. Mais il n'y avait rien à faire pour le « réveiller » : ni les claquements de doigts devant les yeux, ni les cris, ni les claques ne fonctionnaient.

- Luffy va mourir ! crièrent ensemble Usopp et Brook.

- Mais non bande de crétins, dit Sanji. Laissez-moi faire. Hum… Le repas est prêt ! cria-t-il tout à coup, faisant sursauter ses amis.

La réaction de Luffy ne se fit pas attendre. Aussitôt il referma la bouche, cligna des yeux et commença à bouger.

- Il va bien, soupira Chopper.

Tous les pirates se tournèrent alors vers l'île.

- Bon maintenant qu'il est de retour on va… Attendez, dit Usopp, il est où ?

- Il était juste derrière nous…

Le capitaine sortit alors de la cuisine en courant, l'air furieux.

- C'est quoi cette blague pourrie ? cria-t-il. Y a pas de bouffe ?

- Non, c'était pour te réveiller.

- Quoi ? Vous vous foutez de moi ? Ca va pas de dire à quelqu'un qu'il y a bouffer si c'est pas vrai ? Ca se fait pas ! Bande de nuls !

- Luffy… Luffy, Nami n'est plus là !

Le jeune homme s'arrêta aussitôt de vociférer et regarda autour de lui. Les derniers évènements lui revinrent en mémoire et il rougit fortement.

- C'est moi où il rougit en retard ? murmura Franky à l'oreille de Robin qui souriait.

- Mais elle est où Nami ?

- Elle a pris le Waver et elle a foncé sur l'île. Là, elle est entrée dans la forêt.

- Mais qu'est-ce qu'on fout encore là ? demanda le capitaine. Il faut qu'on la suive ! Bougez-vous un peu !

Les pirates, les poings serrés et des veines menaçant d'exploser sur leurs tempes, durent se contrôler pour ne pas le jeter par-dessus bord. Mais le jeune homme fonçait déjà vers la cale pour prendre le mini-Merry et rejoindre sa navigatrice sur l'île.

Tapis dans les arbres, les guerriers et leur chef observaient Nami qui avançait dans la forêt. Ils la suivaient silencieusement, passant de branche en branche. Sarahina les suivait à distance elle aussi, presqu'invisible.

Nami sentait posés sur elle les regards de ses ennemis. Anxieuse, elle serrait son arme.

- Je sais que vous êtes là, cria-t-elle, persuadée qu'ils l'entendaient. Je sais que vous m'épiez.

En marchant, elle avait fini par arriver dans une petite clairière entourée d'arbres immenses.

- Montrez-vous, cria-t-elle, faites preuve d'un peu de courage au moins une fois !

Les chants d'oiseaux s'étaient tus, mais elle entendait le bruissement des feuilles dans les arbres, comme si quelque chose bougeait à l'intérieur du feuillage.

Les guerriers étaient perplexes. Cette pirate était étrange, elle ne ressemblait pas à ceux qu'ils avaient l'habitude de voir débarquer sur leur île.

- Cette fille aux cheveux de feu, dit l'un des hommes, elle sait qu'on est là…

- Bande de lâches, criait Nami. Pour poser des pièges vous êtes forts, mais quand il faut se battre vous préférez vous cacher dans les arbres !

- Mais comment elle sait tout ça ? demanda l'un des guerriers.

- Ca doit être une sorcière…

La navigatrice, folle de rage en voyant que personne ne réagissait, attrapa des pierres sur le sol et commença à les lancer dans les arbres, de plus en plus fort, espérant déclencher une réaction. Mais il n'y en eut pas plus qu'auparavant. Serrant les dents, elle décida de passer à la vitesse supérieure.

- Thunderbolt tempo

Un éclair surpuissant s'abattit sur un arbre, le foudroyant sur le coup. Les guerriers eurent un mouvement de recul, paniqués par ce qu'ils venaient de voir, tandis que Sarahina manquait tomber de sa branche.

- Je vais continuer comme ça jusqu'à ce que vous vous montriez, cria Nami. Et si vous êtes dedans à ce moment là, je vous laisse imaginer ce qui va vous arriver. Je détruirai cette forêt si vous ne sortez pas ! ajouta-t-elle d'un air déterminé.

- Je vous avais bien dit que c'était une sorcière, dit l'un des guerriers.

- Ou une déesse… C'est vrai, elle maîtrise la foudre !

- On ne peut pas se battre contre une déesse ! Teiki, qu'est-ce qu'on fait ?

Le guerrier, que les autres regardaient comme leur chef, avait les yeux fixés sur Nami depuis de longues minutes. Il détaillait ses cheveux étranges, son air déterminé, ses formes dévoilées par sa chemise de nuit. Mais c'était surtout son regard qui le fascinait complètement.

Voyant qu'elle allait mettre sa menace à exécution il se décida. Il sauta de son arbre et atterrit souplement sur le sol avant de se relever lentement. Nami était impressionnée. Sans doute à peine plus âgé qu'elle, il était très grand et surtout très musclé, plus que Zoro. Ses muscles jouaient sous sa peau foncée alors qu'il se remettait debout. Ses cheveux noirs comme le jais et très longs étaient noués en natte et retenus sur son front par un bandeau. Ses yeux étaient aussi sombres que ses cheveux, et sa peau était recouverte de tatouages tribaux, jusque sur son visage. Il ne portait qu'un pagne en peau qui couvrait ses cuisses, mais sinon il était entièrement nu. Nami remarqua qu'il portait un immense arc en bois, un carquois rempli de flèches et un poignard à la ceinture.

Les deux jeunes gens se fixaient toujours en silence. Finalement, voyant que la sorcière n'avait pas foudroyé leur ami sur place, les autres guerriers descendirent de leurs perchoirs eux-aussi. Ils étaient une douzaine, tous couverts de tatouages, comme le premier homme, et portaient aussi un pagne. Leurs armes aussi étaient identiques.

- Tu n'as pas peur ? demanda soudain Teiki, sans la quitter des yeux.

- Pas du tout, répondit bravement Nami même si elle n'en menait pas large.

- On est plus forts et plus nombreux pourtant. On pourrait te tuer ici et maintenant.

- Peu importe, dit la jeune femme en haussant les épaules. Ca ne changera rien de toute façon.

- Est-ce que ta vie n'est pas importante pour toi ? demanda le guerrier, franchement étonné. Tu n'as pas peur de la mort ?

- Si, mais on va dire que je commence à m'habituer, rétorqua-t-elle.

Sans prêter attention à l'incompréhension qui se peignait sur les visages des guerriers, elle les examina plus attentivement. Des flèches dépassaient de leurs carquois.

- Hey, dit-elle soudain, vos flèches… Elles ont des plumes bleues. Où sont celles avec les plumes rouges ?

Teiki fronça les sourcils et jeta un rapide regard à sa droite. Sarahina, qui était toujours cachée dans son arbre, rougit en comprenant qu'il la savait là. La jeune femme jeta un coup d'œil dans son dos et aperçut son carquois contenant ses flèches personnelles, qu'elle fabriquait elle-même, avec leur empennage fait de plumes rouges. Elle fronça les sourcils en regardant Nami. Mais son attention fut attirée par un mouvement dans les rangs des guerriers. Les hommes murmuraient.

- Cette fille est une pirate, dit l'un des hommes en approchant de quelques pas. On doit la tuer avant que ses copains ne se ramènent.

- Il a raison, Teiki.

Mais celui-ci ne réagit pas. Il était comme subjugué par Nami, la dévorant littéralement des yeux. La jeune femme, entendant les paroles des guerriers, serra plus fort son Perfect Climat Tact.

- Même si les autres chiens se pointent, gronda l'un des hommes, on fera d'une pierre deux coups. Et on s'en débarrassera.

- Ouais, leurs crânes viendront compléter notre collection, dit un autre.

- Je ne vous laisserai pas faire du mal à mes amis, cria Nami.

Les guerriers la fixèrent, étonnés. Seul Teiki ne réagissait pas. La jeune femme les fixait avec colère. C'était ces hommes qui avaient mis les pièges, qui les avaient attaqués, et qui étaient responsables de ce cauchemar. La haine déferla en elle.

- Je protégerai mes nakamas, hurla-t-elle, et je vous ferai payer tout ce que vous m'avez fait !

Les guerriers ne comprenaient pas ce qu'elle voulait dire, mais ils savaient reconnaître un ennemi qui voulait en découdre. Ils bandèrent leurs arcs et sortirent leurs poignards alors que Nami se préparait à attaquer. Mais soudain Teiki se tourna vers ses hommes et leur lança quelques mots dans une langue inconnue. Aussitôt, même s'ils ne semblaient pas satisfaits, les guerriers se calmèrent. Ensuite, le jeune homme se tourna vers Nami et avança vers elle, le regard fiévreux. Il la fixait avec une telle intensité qu'elle recula d'un pas. Mais elle ne ressentait pas de menace venant de cet homme. Il tendit la main vers elle, touchant presque son bras.

- Ne la touche pas !

Ce hurlement venait de jaillir de nulle part, et Teiki n'eut que le temps de faire un bond en arrière pour éviter un violent « Chewing punch ». Luffy, suivi des autres Mugiwaras, arriva en courant. Le capitaine se précipita vers Nami et la prit par les épaules.

- Tu va bien ? Qu'est-ce qui t'a pris de partir comme ça, cria-t-il juste après qu'elle l'ait rassuré. Ne refais plus jamais ça !

Il se retourna et se plaça devant la jeune femme, faisant face à Teiki. Celui-ci avait senti l'urgence dans la voix de Luffy, et le regard qu'il avait posé sur Nami, son inquiétude aussi. Il comprit aussitôt les liens qui unissaient les deux jeunes gens et la jalousie le dévora.

- Qu'est-ce que vous faites là ? demanda la navigatrice alors que ses amis l'entouraient.

- On vient t'aider Nami, dit Chopper.

- Mais pourquoi ? Après tout ce que j'ai fait… Et ce que je vous ai dit.

- On est nakamas, ça veut dire qu'on est ensemble dans les bons comme dans les mauvais moments, répondit Robin.

- T'es notre amie et t'as besoin d'aide, dit Usopp avec un sourire.

- Les gars…

Nami sentit les larmes couler le long de ses joues, des larmes de joie cette fois. Elle savait déjà à quel point ils étaient formidables, ils le lui avaient déjà prouvé bien des fois, mais cette fois-ci encore, elle ressentit un grand élan d'amour pour eux. Ses amis. Ses nakamas. Sa famille.

Les guerriers observaient la scène, un peu troublés. Ils avaient vu bien des pirates débarquer sur cette île, violents, avides de sang et de richesses, destructeurs. Mais ceux-ci paraissaient différents. Le lien entre eux semblait si fort…

Sarahina, surprise, regardait la scène elle aussi. Elle connaissait les pirates, elle en avait été la première victime, et la haine qu'elle ressentait pour eux était terrible, immense. Et même si ceux-là semblaient différents, elle était persuadée qu'au fond d'eux ils n'étaient que des brutes.

Elle se pencha en avant pour mieux les observer. Il y avait une espèce de raton laveur avec un chapeau, un type à l'air faible avec un long nez, une femme très grande et brune, qui semblait mystérieuse. Il y avait également un jeune homme avec un chapeau de paille, qui faisait face à Teiki, l'inconscient. Il y avait aussi deux autres hommes qui étaient un peu en retrait. Un avait d'étranges cheveux verts et trois sabres, et paraissait très fort et dangereux. Et puis le dernier… Sarahina se pencha un peu plus, perplexe. Il était grand et maigre, avec des cheveux blonds assez longs. C'était la première fois qu'elle voyait quelqu'un ayant cette couleur de cheveux. L'un de ses yeux était caché par une grande mèche de cheveux, et il fumait. Soudain, se sentant observé, il tourna la tête dans sa direction et la fixa directement.

La jeune femme fut tellement surprise qu'elle sursauta et tomba de sa branche en poussant un petit cri. Elle chuta lourdement sur le sol et releva la tête pour voir que tout le monde la regardait.

- Sarahina, cracha l'un des guerriers, fou de rage. Qu'est-ce que tu fous là ?

- Tu n'obéiras donc jamais ? Ta place est avec les femmes !

- Rentre tout de suite au village, tu y recevras ta punition à notre retour !

Des larmes de frustration et d'humiliation lui montèrent aux yeux. Sanji, qui avait observé toute la scène, ne put se contenir. Bondissant près de Sarahina, il s'interposa.

- Hey ! On ne parle pas comme ça à une femme !

- C'est reparti, marmonna Zoro.

Le cuisinier se tourna alors vers la jeune femme et croisa son regard. Soufflé, il ouvrit la bouche et en laissa tomber son mégot de cigarette. Sarahina, elle aussi surprise, le fixait. Il ne ressemblait pas à l'image qu'elle avait des pirates, il en était même à milles lieues. Sanji tendit lentement la main vers elle, pour l'aider à se relever. Mais sa haine des pirates était trop forte, la jeune femme eut un mouvement de répulsion et recula.

Les guerriers qui observaient la scène y virent aussitôt une agression et ressortirent leurs armes en poussant des cris de guerre. Aussitôt les Mugiwaras se mirent en garde, prêts à en découdre. Et l'affrontement commença.

Nami, qui était venue seule sur l'île pour que ses amis n'aient pas à se battre, les voyait maintenant combattre contre ces étranges guerriers. Ceux-ci étaient redoutables. Rapides, forts, ils connaissaient en plus parfaitement le terrain. Ils bondissaient d'arbre en arbre, devenant quasiment invisibles, et attaquaient les pirates sans relâche. Si Zoro et Sanji réussissaient jusque là à parer sans trop de difficultés leurs attaques, ils n'arrivaient pas à riposter. Le sabreur surtout se sentait de plus en plus frustré. Il ne pouvait lancer une attaque globale contre tous leurs ennemis dans un espace aussi réduit, car ses nakamas auraient été touchés. Il ne pouvait pas non plus les affronter en combat singulier car ces hommes étaient insaisissables, ils ne restaient jamais immobiles et tournaient autour des pirates à une vitesse folle. Sanji avait le même problème : comment frapper un ennemi qu'on ne peut même pas approcher ?

Luffy, lui, se sentait inutile. Il avait lancé des attaques qui avaient toutes échouées, ses adversaires étant trop rapides. Il n'arrivait pas à se concentrer. Il essayait de protéger ses amis tout en attaquant, mais il ne pouvait pas à faire les deux en même temps. Usopp, Chopper et Robin ne pouvaient pas disperser les flèches lancées par leurs ennemis, contrairement à Zoro et Sanji qui pouvaient se défendre seuls. Alors il devait les protéger. Mais il y avait aussi Nami. Il ne pouvait se résoudre à s'éloigner de la jeune femme, de peur que le guerrier ne s'en prenne de nouveau à elle. Si au moins elle se défendait. Mais elle était complètement tétanisée depuis le début du combat, n'essayant même pas d'attaquer. Il devait la protéger elle aussi. Le capitaine regretta que Franky soit resté sur le Sunny avec Brook, car avec un « Coup de vent » il aurait pu facilement faire le ménage chez leurs assaillants et ils y auraient vu plus clair.

Soudain il entendit Robin crier de douleur et se précipita vers elle. La jeune femme avait tenté de protéger Chopper et Usopp en faisant pousser des bras devant eux, pour éviter une volée de flèches, mais l'une d'elles s'était planté dans l'un des bras. Aussitôt, le sang s'était mis à couler du bras de Robin qui était tombée à genoux sur le sol, serrant les dents à cause de la douleur.

Profitant que Luffy s'était éloigné de Nami, Teiki bondit près de la jeune femme et la saisit brutalement par le bras. Elle cria et voulut se dégager mais il avait une poigne de fer.

- Tu seras ma prise de guerre, souffla-t-il avec un regard halluciné.

- Quoi ? Lâche-moi.

- Le plus beau trophée revient toujours au meilleur guerrier ! ajouta-t-il en accentuant sa prise sur le bras de la jeune femme, lui broyant littéralement les os.

- Luffy ! hurla Nami en tombant à genoux.

- Gomu Gomu no Bazooka

Sous la violence du coup, qui le percuta en pleine poitrine, Teiki fut projeté à l'autre bout de la clairière contre un arbre qui fut déraciné sous le choc. Le capitaine aida Nami à se relever et se plaça devant elle. Le jeune homme était fou de rage. Ce type avait osé poser la main sur elle. Mais le guerrier, à peine sonné par le coup, se releva rapidement.

- Qu'est-ce que tu es ? gronda-t-il.

- Un homme élastique. Et si tu t'avises de toucher encore ma navigatrice, je serai la dernière chose que tu verras.

- Elle est à toi ? demanda Teiki.

- Elle n'appartient à personne, mais c'est ma nakama et je ne laisserai personne lui faire du mal, répondit Luffy.

- Alors je vais te tuer, et ensuite elle sera à moi.

Teiki se rua sur le capitaine qui voulut le frapper, mais le jeune homme esquiva. Il riposta aussitôt mais le guerrier était trop rapide. Il évita le coup et sauta dans un arbre, disparaissant complètement. Luffy regardait autour de lui, mais il ne le voyait pas. Et il devait aussi éviter les volées de flèches tirées par les autres hommes. Repérant un mouvement au-dessus de lui, le capitaine allongea son bras et se propulsa dans un arbre avant de se lancer à la poursuite de Teiki.

Croyant que la situation ne pouvait empirer, Nami se retourna soudain en entendant un hurlement.

- Zoro ! cria Chopper.

Le sabreur, voyant que le petit renne était à découvert pour soigner Robin, s'était précipité devant lui au moment où une volée de flèches allait l'atteindre. Les Mugiwaras, les yeux exorbités, virent que les traits s'étaient plantés dans le dos du jeune homme aux cheveux verts. Nami, les larmes jaillissant de ses yeux, laissa tomber son arme et se précipita vers lui.

- Zoro !

Celui-ci, livide, se releva en titubant. Mais alors qu'il finissait de se redresser, une autre rafale de flèches l'atteignit en pleine poitrine cette fois. Sous le choc il recula de quelques pas mais ne tomba pas, tenant le coup malgré la douleur qui ravageait son corps, jusqu'à ce que de nouveaux traits l'atteignent dans le dos.

Zoro n'entendait plus ses amis qui hurlaient son nom. Il n'y avait plus que la douleur et la sensation de sombrer, lentement. Il essaya de raffermir sa prise sur ses sabres mais se rendit compte avec surprise qu'il les avait lâchés. Il ne s'en était pas aperçu. Sa vue se troublait. Il tomba finalement à genoux, lentement, puis s'affala sur le sol. Il crut sentir des mains se poser sur lui, mais il ne s'en soucia pas. Il avait déjà compris. Il ne serait jamais le meilleur épéiste du monde, il allait devoir se présenter devant Kuina en ayant failli à sa promesse. Alors qu'une angoisse terrible l'étreignait, ses paupières se refermèrent doucement, définitivement.

- Zoro ! criait Chopper, en pleurs au dessus de son corps.

- Non, répétait Usopp en sanglotant, consolé par Robin qui ne pouvait retenir ses larmes.

- Bande d'enfoirés ! hurla soudain Sanji en se mettant à découvert. Arrêtez de vous planquer et venez m'affronter ! Lâches !

Nami courut vers lui et tenta de le retenir mais il était comme possédé. Il la repoussa et se précipita vers les arbres. Sarahina, qui s'était mise à l'abri dès le début de la bataille, regardait la réaction des pirates à la mort de leur ami. Ils pleuraient… Elle n'aurait jamais pensé que des barbares comme eux puissent éprouver des sentiments. Et celui qui l'avait défendu un peu plus tôt semblait devenu complètement fou, il allait se faire tailler en pièces par les guerriers de Teiki.

Celui-ci était toujours aux prises avec Luffy. L'un et l'autre étaient rapides et presqu'impossibles à atteindre. Leurs attaques échouaient toutes, et le guerrier commençait à perdre patience. Quant au capitaine, il n'avait pas assisté à la mort de Zoro et ne savait pas que son meilleur ami gisait quelques mètres plus loin. Soudain il entendit un cri et tourna la tête, très légèrement. C'était le moment. Teiki saisit son poignard et se jeta sur lui, et les deux hommes tombèrent lourdement sur le sol. Luffy échappa in extremis à la lame du guerrier en roulant sur le sol. Le jeune homme au chapeau de paille lui lança alors un terrible coup de pied dans le ventre qui projeta son ennemi quelques mètres plus loin. Il se précipita ensuite vers lui sans lui laisser le temps de se relever, prêt à l'achever.

- Teiki ! cria Sarahina en sortant de son abri improvisé et en bandant son arc.

Nami vit la jeune femme tirer une flèche de son carquois. Une flèche avec des plumes rouges. La haine déferla en elle quand elle la vit viser Luffy. La navigatrice poussa un cri et bondit sur elle au moment où elle décochait sa flèche. Le tir fut dévié par son intervention et n'atteint pas le capitaine. Les deux jeunes femmes tombèrent sur le sol et commencèrent à se battre. Sarahina était la plus forte physiquement mais la rage de Nami décuplait ses forces.

C'était elle. Cette fille avec ses flèches. C'était elle qui l'avait tuée tant de fois ! Elle commença à lui mettre des coups de poing, les larmes lui brouillant la vue. Elle frappait, encore et encore quand, soudain, une terrible douleur lui déchira les entrailles. Elle baissa les yeux et vit le poignard de Sarahina planté dans son ventre. Celle-ci, le visage tuméfié et le nez ensanglanté, enfonça un peu plus sa lame dans le ventre de Nami avant de la retirer. Le sang se mit à couler à flot de la blessure et la navigatrice tomba sur le côté.

De là où elle était elle voyait ses amis, toujours attaqués, qui essayaient de se mettre à l'abri. Son capitaine, lui, était toujours aux prises avec Teiki. Personne ne la voyait. Elle commençait à avoir très froid. Elle aurait voulu que Luffy la prenne dans ses bras et la rassure mais elle était complètement seule. Elle allait mourir, encore une fois. Alors qu'une mare de sang commençait à se former autour d'elle, elle sentit ses paupières devenir lourdes. Elle avait du mal à garder les yeux ouverts. Elle se demanda fugitivement ce qui se passerait si, cette fois, elle ne se réveillait pas. Est-ce que la douleur disparaîtrait ? Est-ce qu'elle reverrait Belmer, sa chère mère adoptive à qui elle n'avait jamais pu dire au revoir ? Elle pensa à sa sœur, à Genzo, à ses amis, à Luffy… Ses yeux se fermèrent.