Bonjour ! Alors voilà en cette belle journée ensoleillée (le bonheur^^) voilà enfin la dernière partie du chapitre 6. Si vous le voulez bien on va se la jouer un petit peu à l'américaine (va falloir imaginer la grosse voix qui fait peur) :

« De l'action, du suspense, des révélations, des larmes, de la tendresse… Voilà ce qui vous attend dans ce nouveau chapitre de… Cauchemar sans fin » !

Alors ça en jette non ? Non ? Bon d'accord…

Je déconne mais je vous avoue que je n'en suis pas vraiment contente (comme de tous les chapitres qui vont suivre d'ailleurs) et du coup je n'arrête pas d'y revenir, pour changer des petites choses, même si ça change pas grand-chose au final. Donc voilà, vous allez peut-être (sans doute) me dire que Luffy est OOC (je saaaiiis, gémit l'auteure qui mange son crayon tellement elle en a marre de ce chapitre !).

J'espère qu'il vous plaira quand même et qu'il terminera bien ce long chapitre. Comme toujours j'espère vos reviews (même si c'est pour m'engueuler^^) et sur ce, j'arrête ce long avant-propos saoulant, qui précède en plus un long chapitre, et je vous dis : bonne lecture.

Chapitre 6 : Rencontre (partie 3)

Les pirates, assis sur le sol, regardaient le grand feu qui était régulièrement attisé par les femmes du village. Ils savaient que quelque chose se préparait, une cérémonie rituelle très importante pour ce peuple, et les jeunes gens étaient conscients de l'honneur qui leur était fait de pouvoir y assister.

Ils avaient passé toute la journée avec les villageois. D'abord craintifs et distants, ceux-ci avaient vite laissé libre cours à leur curiosité. Les enfants s'étaient pris de passion pour les pitreries de Luffy, et les fillettes poursuivaient inlassablement Chopper à travers le village pour lui faire des câlins, le trouvant décidément trop mignon pour être un pirate sanguinaire. Robin, elle, glanait ça et là des informations sur l'histoire et le mode de vie de ce peuple qui lui était complètement inconnu. Les trois pirates étaient égaux à eux-mêmes, leur bonne humeur et leur curiosité étaient communicatives, et les réticences des villageois fondaient petit-à-petit devant eux.

Sanji, contrairement à son habitude, ne jouait pas le joli cœur avec les jeunes et jolies villageoises, s'extasiant sur leur teint caramel, ou leurs grands yeux noirs, leur longue chevelure brune ou leur taille fine. Non, il faisait le pied de grue devant la maison d'Havai'i, attendant impatiemment d'avoir des nouvelles de Sarahina. Quand celle-ci sortit finalement de la maison en boitillant, appuyée sur la vieille femme, le cuisinier se fit un devoir de devenir son chevalier servant, malgré ses protestations.

Les soins d'Havai'i avaient porté leurs fruits et la jeune femme se sentait beaucoup mieux, la douleur était toujours là mais discrète, en arrière-plan. Sanji passa la journée près d'elle, l'aidant à marcher, anticipant ses moindres désirs, et ce malgré l'hostilité manifeste du vieil homme qui suivait Sarahina partout.

Nami, elle, observait tout ça, comme extérieure à la bonne humeur ambiante. Elle sentait que la réponse qu'elle attendait se trouvait à portée de main, mais elle ne savait pas quoi chercher. Son regard était sans cesse attiré par le volcan.

- Tu ne m'as pas dit ton nom.

La jeune femme sursauta en sentant la présence de Teiki, qui se tenait dans son dos. Le guerrier se déplaçait comme un chat, elle ne l'entendait jamais approcher. Elle reprit une contenance avant de se tourner vers lui, mal à l'aise comme toujours quand elle se trouvait trop près du jeune homme. Depuis leur arrivée au village il ne lui avait pas adressé la parole mais il la suivait partout, et surtout il la fixait, en permanence.

- Je-Je m'appelle Nami.

- Nami…

Il répéta plusieurs fois son nom, comme s'il voulait s'en imprégner, les yeux mi-clos. La jeune femme avait une forte envie de reculer, de s'éloigner de lui, mais elle craignait qu'il ne le prenne mal. Elle tourna la tête et vit que Luffy les observait, l'air sombre. Il avait interrompu sa démonstration d'homme-caoutchouc en la voyant parler avec le guerrier. Nami déglutit difficilement, la tension venait de monter d'un coup. Elle chercha de l'aide autour d'elle, mais il n'y avait que le vieil homme étrange qui observait la scène, l'air énervé.

- Havai'i t'as parlé, dit soudain Teiki en reprenant ses esprits. Elle semble t'estimer. C'est un honneur immense, surtout pour une pirate.

- C'est une honte, intervint le vieil homme en agitant son bâton. Un pirate reste un pirate, même s'il est séduisant, s'il est drôle ou s'il a l'air gentil. On ne peut pas leur faire confiance, insista-t-il, ils vont nous attirer des problèmes, vous verrez !

Voyant que personne ne semblait le prendre au sérieux, il soupira et s'éloigna en pestant.

- C'est quoi son problème ? demanda Nami en le suivant du regard, comme Robin qui s'était approchée.

- C'est le grand-père de Sarahina, Léo.

- Son grand-père ? intervint l'archéologue. Ils ne sont pas originaires de l'île tous les deux, ça se voit tout de suite.

- Vous avez raison, confirma le guerrier qu'elles n'avaient jamais vu aussi loquace. Ils se sont échoués sur l'île il y a quinze ans. Je n'étais qu'un enfant mais je m'en souviens. Leur navire a été attaqué par des pirates et tout l'équipage, comme les parents de Sarahina, a été massacré. Elle et son grand-père s'en sont sortis, par miracle, et ont dérivés pendant plusieurs jours avant d'échouer sur notre île. Sarahina n'avait que deux ans et plus de souvenirs de son passé. Nous les avons accueillis et ils font partie de notre peuple maintenant.

- Ca explique leur haine des pirates, dit la navigatrice en regardant la jeune femme, toujours suivie comme son ombre par Sanji. Je peux comprendre la réaction du vieil homme, c'est normal qu'il ne nous fasse pas confiance.

Robin, elle, ne dit rien mais son regard restait fixé sur le vieil homme qui s'éloignait. Elle avait l'étrange impression d'avoir déjà vu son visage, et ce nom… Léo… Fronçant les sourcils, elle suivit le vieillard et Nami se retrouva à nouveau seule avec Teiki, malgré elle. Elle fut sauvée par l'intervention d'Havai'i.

La vieille femme la fit convoquer dans sa maison, elle voulait lui parler. Soulagée, la navigatrice put quitter le guerrier sans le froisser et elle s'éloigna en sentant toujours posé sur elle le regard de Teiki. Celui-ci soupira, de plus en plus troublé, et il se retourna avant de tomber nez-à-nez avec Luffy. Aucune parole ne fut échangée mais la tension était à son comble entre les deux hommes qui se défiaient du regard.

Nami poussa doucement la porte de la maison d'Havai'i et trouva la vieille femme assise à même le sol devant une petite table sur laquelle se trouvaient deux bols remplis d'un liquide foncé. La navigatrice s'assit en face d'elle, encouragée par un sourire de la femme. Pendant plusieurs minutes elles s'observèrent en silence, puis Havai'i but son bol, imitée par Nami.

- Pose ta question, dit soudain la vieille femme.

- Mais… Comment est-ce que vous savez…

Nami s'interrompit en voyant le sourire de son interlocutrice, et soupira. Elle avait tellement de choses à dire, il fallait qu'elle fasse le tri dans ses pensées.

- Est-ce que vous savez… Est-ce que vous vous rendez compte de ce qui se passe ?

- …

- Je… Il se passe quelque chose sur cette île, une espèce de boucle temporelle, tenta-t-elle d'expliquer. On revit la même journée, encore et encore, depuis qu'on est arrivés ici. Est-ce que vous vous en rendez compte ?

- Une boucle temporelle… Ce serait donc ça…, murmura Havai'i qui ne semblait pas du tout surprise.

Sentant le regard de Nami posé sur lui, elle continua.

- Je sais qu'il se passe quelque chose, je le sens, mais je ne sais pas ce que c'est, ni comment y remédier. Et ça n'est pas mon rôle.

- Votre rôle ?

- J'ai interrogé les esprits ce matin et ils m'ont répondus. Ils ont annoncé que quelqu'un viendrait aujourd'hui, qui se battrait pour nous et qui nous sauverait tous. Ta présence ici prouve qu'ils avaient raison.

- Et ils ne vous auraient pas dit comment faire à tout hasard ? marmonna Nami.

La vieille femme eut un petit éclat de rire qui ne remonta pas le moral de la jeune femme.

- Vous ne pouvez vraiment rien me dire ? insista la navigatrice.

- Je sais qu'il se passe quelque chose, mais si c'est effectivement cette… boucle temporelle dont tu parles, alors j'en suis victime moi aussi. Désolée jeune pirate, tu vas devoir trouver les réponses par toi-même.

Nami sentit les larmes lui monter aux yeux et les retint difficilement. Ses espoirs venaient de s'envoler. Elle se retrouvait seule, une fois de plus. Dépitée, elle sortit de la maison et leva les yeux vers le volcan, une fois encore. Mais elle fut tirée de ses pensées par des cris venant de l'entrée du village. On y célébrait le retour des guerriers envoyés avec Zoro et Franky pour chercher les Mugiwaras restés sur le Sunny.

- Vous en avez mis du temps, remarqua Teiki, les sourcils froncés.

- Celui aux cheveux verts s'est perdu dans la forêt, répondit l'un des guerriers, fatigué. Il était au milieu du groupe et tout d'un coup, il a disparu. Je ne comprends même pas comment il a pu se perdre, le sentier était parfaitement visible…

Il s'interrompit en entendant les pirates éclater de rire, provoquant la colère du sabreur.

- Et bah le voilà le traditionnel « paumage » de Zoro qu'on attendait, commenta Robin en souriant.

- Et il était beau celui-là, ajouta Franky qui pleurait de rire. On l'a cherché pendant des heures, on a été obligés de se séparer pour le retrouver.

- La ferme, gronda Zoro, en mode « pivoine ».

- T'es vraiment un boulet, tête d'algue, commenta Sanji, dépité.

- Tu vas voir qui est le boulet, sourcil-vrillé ! explosa le sabreur en se jetant sur son compagnon.

Les villageois se tendirent, inquiets.

- Ne vous inquiétez pas, les rassura Robin, c'est normal. C'est leur façon de se montrer leur amitié.

- En se battant ?

- Mais oui, ils s'insultent et se disputent en permanence, c'est comme ça qu'ils se montrent leur affection.

- Oh…

Les villageois haussèrent les épaules, renonçant à comprendre ce qui se passait dans la tête des pirates, et regardèrent le combat, encourageant Sanji pour la plupart car ils le trouvaient moins effrayant que Zoro. Mais alors l'une des femmes cria en montrant l'un des pirates du doigt. Tout le monde tourna la tête et les Mugiwaras comprirent.

- Yohoho, dit Brook en soulevant son chapeau, je crois que je viens d'effrayer cette jeune femme, veuillez m'excuser.

- C'est-C'est…, balbutia Teiki en portant la main vers son arme, un squelette… qui parle !

- Pas de panique, intervint Nami en se plaçant devant Brook. C'est l'un de nos nakamas, il ne vous fera rien, il n'y a pas à avoir peur.

- Mais c'est un mort-vivant !

- Je sais, ça surprend, mais comme vous l'avez déjà remarqué notre équipage se compose de gens… bizarres.

- C'est le moins qu'on puisse dire, marmonna un des guerriers en se détendant un peu.

- Ce sont des monstres, dit un autre.

- Vous avez entendu Nami, leur dit Teiki en se tournant vers les villageois, on n'a pas à avoir peur. Alors on se calme.

- Pas à avoir peur, marmonna la femme qui avait crié, alors pourquoi ce squelette a voulu voir ma petite culotte ?

- Brook ? murmura Nami avec un grand sourire en se retournant lentement vers lui, tu vas te tenir tranquille et arrêter d'importuner les femmes du village. Sinon, ajouta-t-elle avec un regard terrible, je te le ferai regretter, crois-moi sur parole.

Les pirates et les guerriers qui l'entendirent frissonnèrent en voyant son expression.

- Je viens de voir toute ma vie défiler devant mes yeux, murmura Brook. Même si je n'ai plus d'yeux, yohoho !

- Blague de squelette, dirent les pirates aux villageois stupéfaits.

L'incident fut rapidement oublié et Brook et Usopp furent rapidement présentés aux villageois. Le sniper devint une star parmi les enfants qu'il régala de ses histoires et Brook, qui avait emmené, son violon se chargea de l'ambiance musicale, sympathisant tout de suite avec les musiciens du village.

Sarahina observait tout ça, surprise que son peuple ait si vite accepté les Mugiwaras. Depuis quinze ans qu'elle vivait avec eux, elle les avait vus combattre les pirates, n'ayant pour eux que de la haine et du mépris. Elle avait été élevée dans l'idée qu'un bon pirate était un pirate mort, et elle s'était promis qu'elle deviendrait un jour assez forte pour pouvoir se battre contre ces barbares elle aussi.

Elle haïssait les pirates, tous, sans exception. Léo lui avait souvent raconté l'attaque dont ils avaient été victimes et qui avait tuée ses parents. Et même si elle connaissait maintenant la vérité sur cette histoire, ça n'avait fait que décupler son aversion. Mais les Mugiwaras… Ils ne ressemblaient pas à des pirates ordinaires, on aurait plus dit une bande de gamins jouant les bandits. Mais elle les avait vus se battre, elle savait mieux que personne qu'ils pouvaient être redoutables. Et pourtant ils avaient aussi en eux cette douceur, cette joie de vivre...

- Quelque chose ne va pas Sarahina-san ?

Elle croisa le regard inquiet de son chevalier servant autoproclamé et se sentit à nouveau troublée, comme à chaque fois. Il lui avait tenu la main dans le trou où elle était tombée, et depuis il prenait soin d'elle malgré l'hostilité de son grand-père qui se tenait près d'eux. Comme Chopper, il l'avait touchée par sa gentillesse. Mais il restait un pirate… Un sale pirate…

Elle sursauta en entendant Havai'i appeler tout le monde pour le repas, et se détourna de Sanji, mal à l'aise. Le cuisinier était troublé lui aussi. Il la regarda s'éloigner, appuyée sur le bras de son grand-père. Il ne savait pas ce qui lui arrivait, d'habitude il se contentait d'abreuver les femmes de compliments et de petites attentions, comme pour Nami et Robin. Mais avec Sarahina c'était différent. Il ne savait pas comment se comporter avec elle, il sentait qu'elle n'apprécierait pas qu'il se conduise avec elle comme avec ses deux nakamas. Et lui-même n'en avait pas envie. Il se sentait perdu face à cette jeune femme, pour la première fois de sa vie.

- Hey, love-cook arrête de la regarder comme ça tu vas lui foutre la trouille.

- Ta gueule face de concombre, répondit mécaniquement le cuisinier.

- Comment tu m'as appelé ?

Zoro se calma en voyant que son ami n'avait pas vraiment envie d'entamer une nouvelle dispute avec lui, il continuait à fixer Sarahina.

- Tu devrais laisser tomber, dit-il simplement. Dès que le problème de Nami sera réglé on se tirera d'ici, et puis cette fille l'a dit clairement, elle déteste les pirates.

- Zoro a raison, dit Franky qui avait entendu leur conversation.

Les autres pirates s'approchèrent d'eux et les entourèrent, comprenant tout de suite de quoi ils parlaient en voyant le regard fixe de Sanji.

- Mêlez-vous de vos oignons, répondit le cuisinier.

- T'as aucune chance avec cette fille, insista Zoro qui ne voulait pas lâcher le morceau. Son peuple hait les pirates !

- Pas tout son peuple, lança Luffy en jetant un regard vers Nami qui saisit parfaitement l'allusion.

- Et puis de toute façon c'est débile de s'attacher comme ça à des gens qu'on reverra peut-être jamais, continua le sabreur.

- Ah oui, répondit Sanji en tournant enfin les yeux vers lui. Débile ? Et accepter l'Eternal Pose d'une certaine jeune femme sur une île préhistorique, c'est quoi alors ?

Zoro piqua un fard incroyable, il devint presque violet, tandis que les pirates retenaient leur souffle. Ils se souvenaient tous de leur amie Anaïs, rencontrée sur l'île de la viande quelques semaines auparavant. Ils avaient vécu une aventure incroyable avec elle, à tel point qu'ils lui avaient proposé de rejoindre l'équipage. Elle avait refusé mais avait confié à Zoro un Eternal Pose menant à son île, que le sabreur avait accepté à la grande surprise de ses nakamas qui n'avaient pas remarqué que lui et la jeune femme avaient développé une relation particulière.

- Je vois pas le rapport, balbutia enfin Zoro. Je-Elle l'a donné pour tout le monde.

- Mais c'est toi qui l'as pris.

- Et alors ? Ca change quoi ? C'est parce qu'elle me l'a tendu c'est tout, mais elle aurait pu le donner à n'importe qui !

- Il devient loquace quand il est embarrassé, remarque Usopp.

- La ferme Usopp !

- Et qu'est-ce qu'il est devenu cet Eternal Pose soi-disant pour tout le monde ? insista Sanji.

- Je-Euh… Il est sur le Sunny, quelque part…

- Ah oui ? Il ne serait pas plutôt dans le coffre où tu mets tes affaires, soigneusement rangé sous tes fringues ?

- Et comment tu sais ça toi d'abord ? cria Zoro. Tu fouilles dans mes affaires ? Je vais te tuer !

- Je ne fouille pas je suis… observateur, c'est tout, rétorqua le cuisinier en se retournant. En tout cas, t'es plutôt mal placé pour me faire des réflexions. Alors si je veux passer du temps avec Sarahina, je le ferai, même si elle hait les pirates et si elle m'envoie promener. Je m'en fous. Et ça ne regarde que moi.

Sur ces mots il laissa ses amis et rejoignit la jeune femme qui observait avec surprise les pirates qui se disputaient. Il lui fit un sourire et s'assit près d'elle. Les Mugiwaras finirent par rejoindre les villageois et s'assirent près du feu pour déguster un repas délicieux. Mais Nami avait un étrange pressentiment, comme si quelque chose d'important se préparait. Et il y avait quelque chose d'autre, de bizarre. Elle comprit soudain de quoi il s'agissait. Cela faisait assez longtemps qu'elle n'avait plus vu Teiki, depuis le retour des guerriers et de ses nakamas. Elle ne sentait plus son regard fiévreux posé sur elle, il ne la suivait plus. Mais au lieu de se sentir soulagée, ça l'inquiétait.

Elle interrompit le cours de ses pensées en voyant Havai'i se lever. Les discussions s'arrêtèrent et tous les regards se braquèrent sur elle. Une fois qu'elle eut obtenu le silence, la vieille femme s'éclaircit la voix.

- Mes amis, clama-t-elle, ce jour est très important. D'une part parce que nous avons rencontré les Mugiwaras. Malgré notre haine ancestrale des pirates, nous avons su accueillir nos anciens ennemis qui sont devenus de nouveaux amis.

Les jeunes gens sourirent en entendant ces mots.

- Mais avant tout, ce jour est important pour l'un des nôtres. Aujourd'hui, Teiki va devenir un homme. Il a dix-huit ans. Mais surtout, il a su montrer à tous qu'il était le meilleur guerrier du village, capable de se battre pour nous protéger, mais aussi de réfléchir et de prendre les bonnes décisions. C'est pour ça qu'aujourd'hui, il va devenir officiellement le protecteur de notre peuple.

Les Mugiwaras sursautèrent en entendant un roulement de tambour. Plusieurs hommes du village avaient sorti les tambours de guerre pour l'occasion. L'instant était solennel et tout le monde regardait la vieille femme, dans l'attente. Soudain elle s'effaça et ils virent avancer Teiki, revêtu de ce qui devait être une tenue officielle. Il portait un long pagne de couleur, et de nouveaux tatouages avaient été gravés sur son corps. Ses cheveux étaient détachés et tombaient sur ses épaules. Et son visage était recouvert par un masque en bois effrayant.

Derrière lui venaient cinq autres guerriers, vêtus et masqués eux aussi, tout en noirs. Ils s'avancèrent jusqu'au feu et se mirent en ligne. Et là, devant les pirates médusés, la cérémonie commença. Les roulements de tambour se firent plus violents, et ils se mirent à danser, frappant le sol de leur pied, poussant des cris effrayants. Les Mugiwaras ne comprenaient pas les paroles de la chanson mais c'était à coup sûr un chant de guerre, violent, menaçant. Ils tapaient du poing sur leur torse, prenant des poses inquiétantes, comme s'ils se battaient. Luffy fronça les sourcils en voyant ça. Le regard de Teiki était braqué sur lui.

La danse dura quelques minutes puis Hava'i se plaça face à Teiki et lui ôta son masque. On lui tendit un bol plein d'une pâte sombre, et elle y plongea le pouce. Ensuite, elle le passa sur le visage du guerrier, et y traça un signe. A ce moment les villageois se levèrent et l'acclamèrent, imités par les pirates qui comprenaient que la cérémonie devait être terminée. Les guerriers se jetèrent sur Teiki et le portèrent sur leurs épaules en dansant et en chantant. Les femmes quant à elle poussaient des cris de joie, et les enfants dansaient en imitant les gestes des guerriers.

Mais la cérémonie n'était pas complètement terminée. Les pirates remarquèrent que les femmes les plus jeunes avaient changé d'attitude. Elles s'étaient toutes réunies et regardaient Teiki avec espoir, lui lançant des regards langoureux et lui souriant en prenant des poses avantageuses. Seule Sarahina, toujours assise près de Sanji, ne participait pas à leur manège.

Le jeune homme fut reposé sur le sol et Havai'i lui prit le bras en le plaçant face au feu.

- Teiki tu es maintenant notre protecteur. Promets-tu de t'acquitter sans faillir des devoirs qui sont les tiens, faisant toujours passer le bien-être de ton peuple en premier ?

- Je promets, répondit gravement le jeune homme.

- La cérémonie touche à sa fin. Il est maintenant temps pour toi de désigner la compagne qui t'accompagnera dans ta tâche, celle qui partagera ta vie, qui soignera tes blessures et assurera la pérennité de ta maison.

Tous retenaient leur souffle. Nami, de son côté, commençait à comprendre l'horrible pressentiment qui l'étreignait depuis plusieurs heures.

- Pas moi, se répétait-elle, pas moi…

- Je choisis Nami, dit calmement Teiki en tendant la main vers elle.

Des cris se firent tout de suite entendre, de rage pour les jeunes femmes qui attendaient d'être choisies. Tous les villageois protestaient alors que Sarahina restait bouche bée. Elle s'attendait à tout sauf à ça. Du côté des pirates, c'était l'incompréhension. Même Robin ne souriait pas, une fois n'est pas coutume, et les autres avaient la mâchoire qui tombait. Sanji, toujours assis loin de ses amis, était sur le point d'exploser de rage. Mais le plus furieux était sans doute Luffy, même s'il ne disait rien.

Havai'i mit rapidement fin aux protestations.

- Ca suffit, gronda-t-elle en tapant sur le sol avec son bâton.

- Mais Havai'i…

- Vous connaissez nos lois, le protecteur choisit la femme qu'il juge digne de partager sa vie, et nul n'a le droit de protester.

- Mais elle n'est pas des nôtres !

- C'est une pirate !

- Taisez-vous.

Elle se tourna vers Nami qui était blanche comme un linge, et qui ne voulait pas croire à ce qu'elle venait d'entendre, fuyant le regard de Teiki qui tendait toujours la main vers elle.

- Teiki a choisi Nami.

- Mais non ! protesta la jeune femme en se levant. Je ne suis pas d'accord. C'est impossible.

- Tu as été désignée pour tout partager avec lui, et tu devras tenir ton rang de protectrice de notre peuple…

- Vous n'entendez pas ce que je dis ? s'énerva la navigatrice. C'est non !

- Tu n'as pas le choix, jeune fille, lança sèchement la vieille femme. Les esprits ont guidé le choix de Teiki, ils ont parlé par sa bouche. Tu n'as pas le choix, répéta-t-elle.

- Vous êtes dingues ! Je ne fais pas partie de votre peuple, je n'ai pas à me plier à vos lois !

- Vous avez tous été accueillis chez nous, et quand vous êtes dans nôtre village, vous devez vous plier à nos lois. C'est comme ça. La décision est prise, tu n'as pas voix au chapitre. Maintenant viens rejoindre ton compagnon.

Les Mugiwaras se levèrent tous pour protester, prêts à tirer les armes pour protéger leur amie. Tous sauf Luffy. Lui restait assis, son chapeau rabattu devant ses yeux. Soudain il se leva et s'éloigna rapidement.

- Luffy, appela Nami.

Mais il ne tourna même pas la tête. La jeune femme le suivit aussitôt, laissant ses nakamas parlementer avec Havai'i. Teiki la suivit des yeux alors qu'elle courait après son ami.

Elle le retrouva un peu plus loin, faisant les cent pas entre deux maisons, les poings serrés.

- Luffy…

- Quoi ? T'es pas avec ton nouveau compagnon ?

- Mais… Attends, tu as bien vu que je n'y suis pour rien ?

- Si tu le dis.

- Luffy, insista-t-elle en tentant de lui prendre le bras, mais il se dégagea.

- Tu crois que j'ai pas vu comme il te regardait, depuis qu'on les a rencontrés ce matin ? Me dis pas que tu l'avais pas remarqué ?

- Si, je le savais, mais je ne pensais pas que ça irait jusque là.

- Bah t'aurais peut-être dû y penser avant de te retrouver mariée avec ce type, s'énerva le capitaine.

- Mais comment j'aurais pu prévoir ça ? cria-t-elle, agacée. Tu réagis comme si c'était de ma faute !

- Oui, c'est vrai, tous les types qu'on rencontre veulent t'épouser mais ça vient pas de toi, c'est pas ta faute.

- Evidemment que non, crétin, s'exclama-t-elle. Je ne me balade pas avec un panneau « bonne à marier » dans le dos, que je sache ?

- Il doit y avoir quelque chose, tu dois forcément dire ou faire quelque chose qui leur donne cette impression.

- C'est n'importe quoi, s'emporta-t-elle en se plaçant face à lui, le forçant à la regarder. Et puis pourquoi tu dis que tous les hommes qu'on rencontre veulent m'épouser ? C'est idiot !

- Et Absa-chose ? A Thriller Bark ? Il voulait pas se marier avec toi peut-être ?

- Absalom ?

A ce souvenir elle frissonna mais, surtout, ça la mit en rage que Luffy ose se servir de cette histoire contre elle. Toute la colère qu'elle gardait en elle depuis leur départ de Thriller Bark explosa.

- Je vois pas pourquoi tu reparles de cette histoire, parce que là-bas tu avais l'air de t'en foutre complètement, lui lança-t-elle froidement.

- Quoi ?

- Aux dernières nouvelles j'aurais aussi bien pu me retrouver vraiment mariée à cet Absalom sans que tu bouges le petit doigt, tu n'en avais rien à faire.

La colère de Luffy retomba immédiatement et il la regarda sans comprendre alors que les larmes montaient aux yeux de la jeune femme.

- Mais Sanji est venu te sauver…

- Abruti ! cria-t-elle en sentant ses larmes couler. Tu ne t'es jamais dit que j'aurais voulu que ce soit toi qui me sauve ?

- Mais… Je devais me battre contre Moria pour récupérer nos ombres, c'était important, balbutia le jeune homme, complètement perdu dans les méandres de la pensée féminine.

- Et moi ? Je ne suis pas importante ? insista Nami.

- Mais je savais que Sanji te sauverait, j'avais confiance en lui. Nami…, dit-il en tendant une main vers elle, qu'elle repoussa.

- Tu penses que c'est ma faute si les hommes veulent se marier avec moi ? Mais alors pourquoi ça ne marche pas avec toi ?

- Quoi ?

Luffy sentait qu'il était sur une pente non plus simplement glissante mais carrément savonneuse, tout ce qu'il pourrait faire ou dire se retournerait contre lui, il ne savait plus quoi faire.

- C'est bien toi qui a dit qu'il faudrait du courage pour vouloir se marier avec moi ?

Ca mit un peu de temps, mais finalement le jour se fit dans son esprit. Il avait effectivement dit ça quand Usopp les avait prévenus de ce qui se passait. Il rougit et apprécia le fait qu'il fasse nuit pour le cacher aux yeux de sa nakama.

- Mais je plaisantais, c'est tout, dit-il.

- Tu plaisantais ? cracha Nami. Alors que je venais de me faire enlever ? Ca confirme ce que je disais, tu t'en fous complètement de ce qui peut m'arriver. Moi qui pensait que tu… Je ne suis qu'une idiote.

- Nami je suis désolé, je te jure. Mais comment tu as su que j'avais dit ça ?

- C'est Robin qui me l'a dit, quand elle m'a raconté ce qui vous était arrivé sur Thriller Bark.

- Robin, gronda le capitaine. Mais je le pensais pas vraiment, je te le jure…

Pendant cette dispute, les choses s'étaient un peu calmées près du feu. Teiki s'était éloigné et personne ne savait où il était, et Havai'i essayait de calmer la rancœur des villageois.

- Tu ne peux pas laisser faire ça, criait Léo, le grand-père de Sarahina.

- C'est nôtre loi.

- Mais c'est une pirate, rétorqua le vieil homme. Et la loi dit qu'il faut les tuer.

- Heureusement qu'on ne l'applique pas toujours, lança la vieille femme en fixant sur lui son regard dérangeant.

De leur côté, les Mugiwaras essayaient de trouver une solution.

- On tranche dans le tas, dit Zoro, la main sur ses sabres.

- On ne peut pas faire ça, crièrent Chopper et Usopp.

- Ils ont raison.

- Ils nous ont accueillis, ils sont gentils, ce ne sont pas nos ennemis.

- En fait on ne sait pas trop, intervint Brook. N'oubliez pas ce que nous a raconté Nami, il y a quelque chose sur cette île qui ne tourne pas rond.

- Mais ils n'ont pas l'air d'être au courant, dit Usopp, un peu comme nous. Si ce qu'elle dit est vrai, ils en sont peut-être les victimes eux aussi. Qu'est-ce que tu en penses Robin ?

Mais la jeune femme ne répondit pas, elle avait les yeux fixés sur le vieil homme.

- Les amis, dit-elle soudain, est-ce que le grand-père de Sarahina ne vous rappelle pas quelqu'un ?

- Hein ? Mais ça a rien à voir avec ce qu'on disait ! s'exclama Zoro.

- Ouais, c'est pas trop le moment nee-chan, ajouta Fancky. Il faut trouver une solution pour aider Nami.

- On tranche dans le tas.

- On a déjà dit non, crétin de Marimo, intervint Sanji qui les avait rejoints.

- T'as une autre idée love-cook ?

- Pas pour le moment mais une chose est sûre, jamais je ne laisserai ce type poser les mains sur ma Nami-chwan !

Robin ne les écoutait plus, elle regardait toujours Léo… Elle était sûre d'avoir déjà vu son visage. Soudain elle le vit porter la main à sa poitrine et tomber à genoux sous les cris des villageois.

Un peu plus loin, Nami et Luffy s'affrontaient toujours. La navigatrice pleurait, mais elle se sentait mieux maintenant qu'elle avait pu vider son sac et dire à son ami ce qu'elle lui reprochait.

- C'est pour ça que tu m'en voulais, comprit le capitaine. Nami, je suis désolé, je te jure. Je ne pensais pas que c'était aussi important pour toi.

Il tendit la main vers elle et, cette fois, elle ne le repoussa pas. Il essuya les larmes qui ruisselaient sur ses joues et s'approcha avant de la prendre dans ses bras. La jeune femme se nicha contre lui, se sentant bien pour la première fois depuis des semaines. Mais leur étreinte fut de courte durée.

- Lâche-la !

Ils tournèrent la tête et virent Teiki, les traits déformés par la rage. Le guerrier avait assisté à toute leur dispute, et ça avait confirmé ce qu'il soupçonnait déjà. Il avait compris les sentiments qui unissaient les deux pirates.

Luffy se plaça devant Nami, enleva son chapeau qu'il posa sur sa tête, comme toujours, et il se mit en garde devant son rival.

- Elle est à moi, gronda Teiki en sortant son arc et en encochant une flèche.

- Elle n'est à personne, C'est à Nami de décider avec qui elle veut être, répondit sèchement Luffy en échauffant son épaule droite.

- Je vais te tuer, répondit le guerrier, et ensuite elle sera vraiment à moi.

Nami regardait les deux hommes se préparer au combat, paniquée. Elle ne voulait pas ça. Elle avait peur, tout recommençait. Elle remarqua que les flèches des Teiki avaient un empennage de plumes noires.

- Luffy, souffla-t-elle, ses flèches ont changées…

- Ne t'inquiète pas, ce n'est pas ça qui va me faire peur.

- Tu devrais avoir peur pourtant, sale pirate, rétorqua Teiki. Ce sont les flèches du protecteur, chacune d'elle est enduite d'un poison mortel et immédiat. Tu vas voir, ajouta-t-il en bandant son arc.

Il tira mais Luffy se jeta sur le sol, entraînant Nami avec lui. Des flèches empoisonnées ? Il fallait qu'il l'arrête avant qu'il tire à nouveau.

- Chewin-punch !

Tout le monde se pressait autour de Léo qui avait la main crispée sur sa poitrine. Chopper s'était précipité vers lui, suivi des autres pirates, et il l'avait fait allonger sur le sol. Sanji chercha le regard de Sarahina mais celle-ci ne semblait pas inquiète, juste… fatiguée.

- Qu'est-ce qu'il a Chopper ?

- C'est la maladie, intervint Havai'i en s'agenouillant près de lui.

- C'est bien ce que je pensais, murmura le renne. Je me doutais bien qu'il avait quelque chose de grave. A quel stade est la maladie ?

- Au stade final.

Tout le monde frissonna en entendant ces mots. Le vieil homme était livide et se tordait de douleur sur le sol.

- Il faut essayer de l'aider, cria Chopper. Au moins pour le soulager.

Il prit une seringue dans son sac qu'il remplit d'un liquide ambré, et il s'apprêtait à faire une piqûre au vieil homme quand celui-ci l'arrêta.

- Non… Je mérite… De souffrir, murmura-t-il dans un souffle, son regard embué de larmes cherchant celui de Sarahina.

A ce moment des cris retentirent et Teiki fut projeté à travers une maison par le « Chewing-punch » de Luffy. Le capitaine arriva en courant, suivi par Nami, alors que le guerrier se remettait debout et encochait une nouvelle flèche.

- Attention Luffy ! cria la navigatrice.

Le jeune homme évita la flèche et se jeta sur le guerrier. Les deux hommes roulèrent sur le sol. C'était la panique parmi les villageois. Les femmes s'enfuirent avec les enfants alors que les hommes prenaient leurs armes pour arrêter les pirates. Ceux-ci durent sortir leurs armes et se battre pour protéger leur capitaine.

C'était le chaos total. Nami était complètement perdue. Sarahina, elle, s'était laissée tomber sur le sol et rampait jusqu'à son grand-père à l'agonie.

- Laisse tomber, disait Luffy qui luttait toujours au corps à corps avec Teiki, jamais tu ne la toucheras.

Il réussit à repousser son assaillant de plusieurs mètres. Celui-ci se releva et se rendit compte qu'il était près de Nami. Il la saisit par le poignet et elle poussa un cri en tombant à genoux.

- C'est ma compagne, Chapeau de paille, tu ne peux plus rien y faire.

- Non, cria Nami. Je ne suis pas à toi.

Elle se dégagea et assembla son arme d'un seul geste avant de frapper violemment le guerrier. Celui-ci ne sembla par ressentir de douleur mais posa sur elle un regard chargé de colère. Nami se remit debout et rejoignit son capitaine en se massant le poignet, serrant toujours son arme.

Teiki était livide et regardait alternativement Luffy et Nami. Sa jalousie et sa haine atteignirent leur paroxysme.

- Très bien, dit-il en bandant son arc. Si tu ne peux pas être à moi alors tu ne seras à personne.

Et il décocha sa flèche, ne visant plus Luffy mais la jeune femme. Celle-ci vit la flèche arriver sur elle, comme au ralenti mais resta tétanisée. Encore. Elle revivait à nouveau cette scène. Tout se passa très vite. Elle ferma les yeux, attendant la fin. Mais cette fois-ci l'issue fut différente. Elle sentit quelqu'un qui la prenait dans ses bras. Elle rouvrit les yeux et se rendit compte que c'était son capitaine. Il ne bougeait pas, mais respirait de plus en plus difficilement. Il lui fallut quelques instants pour comprendre, alors que le jeune homme s'affaissait petit-à-petit contre elle, une flèche plantée dans son dos.

- Luffy, murmura-t-elle alors qu'il tombait sur le sol.

Le jeune homme avait le regard vitreux et son rythme cardiaque ralentissait dangereusement.

- Luffy !

En entendant ce hurlement déchirant, les combattants s'arrêtèrent. Les Mugiwaras virent leur nakama à terre et Nami en pleurs et ils se précipitèrent vers eux. La jeune femme sanglotait au-dessus du corps de son ami, le secouant, le giflant même pour le forcer à se réveiller.

- Nami, dit Chopper en voulant lui prendre la main.

Elle le repoussa et prit le corps de Luffy dans ses bras. Elle portait toujours son chapeau. Elle regardait ses yeux, grands ouverts, fixes, où on ne voyait déjà plus la moindre étincelle de vie.

- Luffy, gémissait-elle.

- Léo ! cria quelqu'un.

Les pirates ne tournèrent même pas la tête à ce cri. Les guerriers se précipitèrent vers Sarahina, toujours assise près de son grand-père qui venait de rendre son dernier soupir. Elle ne pleurait pas, elle n'avait plus de larmes depuis longtemps. Elle entendit Nami qui sanglotait un peu plus loin et la regarda.

- Pourquoi ça ne recommence pas ? criait la navigatrice en berçant toujours le corps mort de Luffy. Il faut que la journée recommence, je veux que ce jour recommence !

Elle se sentit observée et tourna la tête. Elle croisa le regard de Sarahina. Mais leur attention fut attirée par le volcan. Une lumière intense l'éclaira.