Bonjour à tous ! Changement de programme au niveau de la publication, je ne pourrais pas du tout publier en fin de semaine et donc plutôt que d'attendre la semaine prochaine pour vous filer la fin (déjà écrite depuis un moment) ou de vous envoyer trois chapitres mercredi (ça fait un peu beaucoup quand même) je vais publier en deux fois, un chapitre aujourd'hui et l'ultime chap, accompagné d'un épilogue, mercredi. Alors, surpris ? Chuis super gentille ou pas ?^^
Concernant ce chapitre-ci que dire… euh… ceux qui ont l'habitude de lire mes fics risquent d'être surpris. C'est normal, je suis tombée dans un pot de sucre en l'écrivant, je vous jure ! La preuve je l'ai sous-titré « guimauve-confiture » c'est dire… Nan mais j'exagère bien sûr, par rapport à d'autres fics c'est rien (mais pour moi… je suis à la limite de la saturation en sucre). La faute au printemps sans doute (et à l'écoute intensive de la chanteuse Feist au moment où j'écrivais^^ Ah l'effet pervers de la musique…).
Je n'arrête pas de revenir sur ce chapitre depuis qu'il est écrit, pour changer… pas grand-chose, alors plutôt que de continuer à me torturer je vais le laisser vivre sa vie. Bien sûr j'attends avec impatience vos impressions, mais je vous préviens personnes sensibles aux caries, abstenez-vous, je ne rembourse pas les frais dentaires ! Non non j'arrête, j'exagère volontairement, évidemment^^
Sur ce j'espère que cet avant-dernier chapitre va vous plaire et comme je le disais plus haut n'hésitez pas à me laisser un tit com (comment ça j'insiste ?). Allez, bonne lecture, et à mercredi pour la fin !
Ps : pff qu'il était long cet avant-propos…
Chapitre 7 : La fin (partie 2)
Nami se redressa, le visage ruisselant de larmes. Robin, surprise, la vit se lever de son lit et se précipiter hors de la chambre, comme si elle n'était pas là. Inquiète elle la suivit jusqu'à la cuisine dont elle ouvrit la porte à la volée, faisant sursauter tous ses nakamas qui l'attendaient pour le petit-déjeuner.
- Luffy…
Le jeune homme releva la tête, étonné de voir débouler une Nami en pleurs et échevelée, toujours en chemise de nuit. Mais il n'était pas au bout de ses surprises. Répétant son nom comme un mantra, la navigatrice se précipita vers lui et le serra dans ses bras. Elle éprouvait un tel soulagement… Il était vivant, la journée avait bel et bien recommencée. Elle ne croyait en aucun dieu mais à ce moment elle aurait pu se mettre à genoux devant Ener lui-même pour le bonheur de pouvoir serrer Luffy dans ses bras.
Elle prit son visage entre ses mains et le couvrit de baisers, son front, ses joues, ses yeux, ses lèvres, elle ne voulait plus le lâcher. Elle passait ses mains dans ses cheveux, embrassait la cicatrice sous son œil, pleurait et riait en même temps en répétant son nom.
Les Mugiwaras observaient la scène, bouche bée, alors que Sanji s'était laissé tomber sur le sol, se recroquevillant en position fœtale, entouré d'une aura noire. Luffy, lui, s'était interrompu dans son mouvement de conquête du petit-déjeuner et restait immobile, le bras tendu vers les croissants. Le jeune homme n'osait même plus respirer de peur de rompre ce moment.
Finalement Nami recula, caressant encore son visage, répugnant à le lâcher. Ses sanglots se calmaient, mais elle se sentait de plus en plus mal. Son pouls s'accélérait, son visage devenait livide et soudain la pièce se mit à tourner autour d'elle. La panique et la douleur qu'elle avait ressenties à la mort de Luffy la rattrapaient, et la fatigue s'abattit soudain sur elle. Elle le lâcha et recula de quelques pas avant de s'écrouler sur le sol, les yeux révulsés. Luffy et les autres se précipitèrent vers elle mais elle était déjà évanouie.
- Chopper, s'inquiéta le capitaine, qu'est-ce qu'elle a ?
Les Mugiwaras faisaient les cent pas dans le couloir, devant la porte de l'infirmerie, inquiets pour Nami. Luffy et Chopper étaient à l'intérieur avec elle depuis longtemps maintenant, et ils n'entendaient aucun bruit. Leur inquiétude allait croissant.
Soudain la porte s'ouvrit et Chopper sortit doucement avant de refermer la porte. Le petit renne avait l'air assez secoué.
- Chopper ? demanda Robin, inquiète. Est-ce que Nami va bien ?
- Elle est dans un état d'épuisement mental et physique inquiétant, répondit le médecin, soucieux.
- Tu sais pourquoi ? Elle a dit ce qu'elle avait ?
- Oui mais c'est assez… étrange, dit Chopper en soupirant. Je vais essayer de vous expliquer.
A l'intérieur de l'infirmerie, Nami était assise sur le lit, les genoux remontés et entourés par ses bras. Luffy, lui, ne disait rien mais il faisait les cent pas près de son lit. Elle n'osait pas trop lui parler. Elle avait raconté tout ce qui lui était arrivé depuis leur arrivée, de ses premières morts à leur tentative de fuite, de son pétage de plombs à la dernière journée. Elle lui avait aussi raconté leur rencontre avec Teiki, leur dispute, et sa mort… Elle avait juste passé sous silence leur baiser. Luffy avait écouté en silence et n'avait rien dit depuis.
- Tu ne me crois pas ? demanda-t-elle finalement.
- Bien sûr que si, répond-il en la regardant pour la première fois depuis ses révélations.
Il était sincère, elle le savait, et elle se sentit libérée d'un grand poids. Tout raconter, encore une fois, avait été une réelle épreuve pour elle, surtout quand il avait fallu qu'elle lui retrace leur terrible dispute de la veille. Elle se sentait encore honteuse quand elle repensait à son attitude des dernières semaines.
- Luffy, dit-elle en regardant ses mains, je suis désolée. J'ai été affreuse avec toi depuis qu'on a quitté Thriller Bark, et sans vraie raison. C'était idiot, ajouta-t-elle, quand j'y repense je vois bien que c'était futile et sans importance par rapport à tout ce qui se passe maintenant.
- Arrête Nami, c'était important, l'interrompit Luffy en s'approchant. C'est moi qui m'excuse, tu sais, je suis vraiment désolé de t'avoir fait de la peine, même si c'était sans le vouloir. Des fois je suis un vrai crétin.
- Ne dis pas ça…
Elle lui fit un sourire auquel il répondit avec joie. Lui aussi se sentait soulagé de savoir enfin, et de voir que Nami ne lui en voulait plus. Leur complicité lui avait terriblement manquée ces dernières semaines.
Le silence s'était à nouveau installé entre eux, mais il ne dura pas longtemps.
- Ce gars… Teiki, dit Luffy. Il veut t'épouser.
Ce n'était pas une question et Nami soupira en cachant son visage dans ses bras.
- En quelque sorte, répondit-elle finalement. Tu as sûrement raison, ajouta-t-elle sombrement, il doit y avoir quelque chose chez moi qui…
- C'est pas ta faute Nami ! la coupa Luffy. Je te jure. C'est juste que tu es trop jolie, mais tu y es pour rien !
La jeune femme sourit et rougit devant le compliment qu'il venait de lui faire si spontanément, avec son éternelle expression franche, sincère. Elle revit alors son regard fixe et vide lorsqu'elle l'avait serré dans ses bras, la veille, alors que la vie l'abandonnait et les larmes lui brûlèrent à nouveau les yeux. Elle s'en voulait d'être aussi émotive, ça ne lui ressemblait pas, mais la fatigue et la tension avaient eu raison de sa maîtrise d'elle-même, de ce rempart qu'elle formait entre elle et les autres pour contenir ses émotions.
En la voyant pleurer à chaudes larmes Luffy se sentit coupable, il avait encore dit une bêtise. Il était décidément le dernier des idiots.
- Nami je t'ai encore fait de la peine, excuse-moi, dit-il précipitamment, désolé. Je te jure que je voulais pas, je suis vraiment trop bête.
Mais à ce moment il s'interrompit, surpris. Nami venait de lui prendre la main et la serrait en le regardant avec intensité.
- Tu dois me faire une promesse Luffy, tu dois me jurer que tu ne vas plus jamais mourir, je… Je ne pourrais pas revivre ça encore une fois, ça fait trop mal, je t'en prie, promets-le moi.
Le jeune homme voyait les larmes qui coulaient sur son visage et le regard suppliant qu'elle lui lançait, et ça le retournait littéralement. Il avait envie de la rassurer, de lui faire cette promesse, mais il ne pouvait pas.
- Je suis désolé Nami, répondit-il finalement d'un air sérieux, je veux bien te promettre tout ce que tu veux mais ça… Je ne peux pas.
Les sanglots de son amie redoublèrent et il soupira, il s'en voulait terriblement.
- Dire que j'avais juré à Genzo que tu perdrais pas ton sourire à cause de moi, j'ai l'impression qu'en fait je ne fais que te rendre triste.
Nami sourit à la mention de son vieil ami et releva les yeux vers son capitaine.
- On est des pirates, dit-il sombrement, on risque de mourir tous les jours. Qui sait ce qui peut nous arriver ? Je peux pas te faire une promesse que je suis pas sûr de tenir, je t'ai jamais menti, et je veux pas commencer maintenant. Mais par contre, ajouta-t-il en essuyant ses larmes de la main, je te jure que je ferai tout pour que tu pleures plus jamais comme ça.
La jeune femme sourit à travers ses larmes et Luffy, mû par une impulsion, la prit dans ses bras. D'abord surprise, Nami passa finalement ses bras autour de son cou et se laissa aller contre son capitaine, se serrant contre lui, enfouissant son visage dans son cou et laissant couler ses larmes, respirant son odeur alors qu'il lui caressait doucement les cheveux, tentant de calmer les battements de son cœur qui s'affolait.
Encore une fois ils ressentaient cette sensation étrange et ambivalente, comme à chaque fois qu'ils se trouvaient si proches l'un de l'autre. Ils se sentaient mal, le souffle court, le cœur affolé, avec un nœud dans l'estomac et cette chaleur qui les envahissait. Mais en même temps ce malaise était si agréable… Ils avaient l'impression que c'était normal et naturel d'être ensemble, que leur place était là.
Ses larmes se tarirent finalement mais Nami ne voulait pas rompre ce moment. Ce fut finalement Luffy qui desserra son étreinte, sans s'éloigner pour autant. Au lieu de ça il prit son visage dans ses mains et lui caressa doucement les joues avant d'approcher son visage du sien. Nami, le souffle court, ferma les yeux.
- Les gars, demanda Chopper en entrant brusquement, est-ce que…
Il s'interrompit, les yeux ronds, alors que Luffy et Nami, leurs visages à quelques centimètres, et toujours collés l'un à l'autre, se tournaient vers lui. Un silence gêné s'installa. Chopper ne savait plus s'il devait parler ou pas, s'il devait sortir ou faire comme si de rien n'était. Quant à ses deux nakamas, ils étaient comme pétrifiés, serrés l'un contre l'autre.
Finalement Chopper recula lentement, sans dire un mot, et referma doucement la porte. Luffy et Nami ne bougeaient pas et attendaient. Ils entendirent des voix étouffées derrière la porte et une grande exclamation suivie de bruits de lutte. Ils crurent reconnaître la voix de Zoro lançant un « Mais fous-leur la paix, crétin » et un déchirant « Nami-swaaaan » puis à nouveau des bruits de lutte et le son d'un corps traîné sur le sol.
Le silence revint, juste troublé par leurs souffles rapides. Leur moment d'intimité envolé, ils prenaient tous les deux pleinement conscience de la situation, de leur proximité, et la gêne s'installait. Mais aucun des deux n'osait reculer le premier. Finalement, n'osant plus se regarder dans les yeux, ils relâchèrent leur étreinte et Luffy battit rapidement en retraite, aussi rouge que son éternel gilet.
- Euh… Je-J'ai-Je vais chercher Chopper…
- Non, c'est… Enfin… Pas la peine, balbutia la jeune femme en se remettant debout. Je me sens mieux et il faut que je vous parle à tous.
- Quoi ? Non, protesta le capitaine. Tu dois te reposer.
- Non Luffy, répondit-elle, ça suffit, j'en ai marre de fuir, de me cacher et de vous laisser vous battre à ma place.
- Qu'est-ce que tu comptes faire ? demanda-t-il en la suivant alors qu'elle sortait de l'infirmerie.
- D'abord je vais aller prendre une douche, répondit-elle. Et ensuite je vais mettre fin à tout ça.
- Tu crois que cette fille sait quelque chose ?
- Sarahina ? J'en suis sûre. Alors je vais retourner au village et la faire parler, qu'elle le veuille ou pas.
- On, lança Luffy en lui souriant.
- Quoi ?
- On va retourner au village, et on va la faire parler. On est nakamas, les problèmes on les affronte et on les règle tous ensemble.
Nami ne répondit pas mais le sourire qui éclairait son visage alors qu'elle gagnait la salle de bain était encore plus parlant.
Elle se prépara rapidement et rejoignit ses nakamas sur le pont. Chopper lui avait préparé un remontant, espérant que ça lui suffirait pour affronter cette journée qui s'annonçait difficile. Tous étaient maintenant au courant de la situation et, si certains des pirates avaient du mal à croire cette histoire, tous étaient décidés à épauler leur amie.
- On doit retourner sur l'île, dit Nami.
- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, commença Usopp.
- C'est vrai, c'est trop dangereux Nami-swan.
- Tu n'es pas en état, ajouta Chopper.
- Ecoutez, je sais que vous dites ça pour mon bien, mais ça n'est pas la peine d'insister, leur dit la navigatrice, serrant son arme dans ses mains. Depuis qu'on est arrivés j'ai passé mon temps à lutter, refuser la réalité, fuir, me cacher derrière vous. Et surtout, j'ai pleuré, énormément, beaucoup trop. Mais c'est fini, ça n'est pas moi ça ! Je ne serai pas une victime.
La détermination qu'ils lisaient dans son regard convainquit les pirates que ça ne servirait à rien d'insister. Luffy, lui, souriait. C'était la Nami qu'il aimait.
- On va aller avec toi et on va t'aider autant qu'on pourra, mais si tu veux régler cette affaire par toi-même, on comprend.
- Merci Luffy, répondit-elle, soulagée. Mais j'ai aussi besoin de vous, vous êtes mes nakamas…
- Qu'est-ce qu'il faut faire Nami-swan ? demanda Sanji en se postant près d'elle.
- Ouais nee-chan, à qui est-ce qu'il faut botter le cul ?
- A personne, en tout cas pas pour l'instant.
- Pff, vous avez pas besoin de moi alors, marmonna Zoro avant qu'une semelle ne lui arrive en pleine figure.
- Tu vas venir comme les autres pour soutenir ma Nami d'amour, tête de concombre ! rugit Sanji avant que le sabreur ne se relève et se jette sur lui.
- Ecoutez les gars, expliqua la navigatrice, ce qu'il faut c'est retourner à leur village pour que je puisse parler avec Sarahina.
- Mais tu connais la route, Nami, on n'a pas besoin des guerriers, intervint Luffy qui avait très envie de prendre sa revanche sur Teiki. Du coup on peut leur botter…
- Pas de bottage de cul, Luffy, le coupa Nami. Ces guerriers sont redoutables et on perdra un temps précieux si on doit les combattre.
- Et puis si j'ai bien compris la situation, ajouta Robin, ces hommes ne sont pas vraiment nos ennemis, ils sont les victimes de ce phénomène tout comme nous.
- Exact.
Luffy fit une grimace qui voulait tout dire, il redoutait vraiment que ce guerrier s'attaque encore à Nami. Celle-ci comprit son attitude et ça lui arracha un sourire.
- Il faut les convaincre qu'ils peuvent nous faire confiance pour qu'ils nous emmènent au village. Là-bas je pense pouvoir compter sur le soutien d'Havai'i, la guérisseuse du village. Mais c'est à partir de ce moment que ce sera le plus difficile, il faudra convaincre Sarahina de me parler.
- Pourquoi ça poserait problème ? demanda Brook.
- Elle hait les pirates, et je n'exagère pas… En fait, les seuls qu'elle semblait supporter c'était Chopper…
- Parce que je l'ai soignée ?
- Exactement. Et l'autre c'était Sanji.
Le cuisinier s'interrompit dans sa bagarre en entendant son nom et Zoro lui flanqua un coup de poing qui l'envoya s'étaler sur le pont.
- Tu m'as appelé ma Nami-swan ?
- Je disais juste que la jeune femme à qui je dois parler déteste les pirates, mais bizarrement elle a l'air d'apprécier ta compagnie.
- C'est un vrai mystère, murmura Brook.
- Elle est cinglée cette fille, dit Zoro.
- Elle a juste succombé à mon charme irrésistible, se rengorgea le cuisinier. Comment elle s'appelle ? Comment elle est ? Elle est jolie ?
- Tu crois qu'elle me laisserait voir ses sous-vêtements ? intervint Brook avant de se prendre un coup de pied.
- Tu penses que Sanji pourra l'amadouer ? dit Robin.
- Je l'espère.
- Et si ça ne marche pas ?
- Alors j'emploierai la manière forte, dit Nami en serrant un peu plus son arme.
Les Mugiwaras avaient rapidement débarqué sur l'île, laissant Usopp et Brook sur le Sunny, et ils progressaient maintenant dans la forêt, sur le qui-vive. Nami les mena jusqu'à la clairière où ils avaient affronté les guerriers la première fois. Arrivés là, elle fit signe à ses amis de s'arrêter et fit quelques pas.
Dans les arbres, les guerriers observaient les pirates, incrédules, Teiki le premier qui observait Nami.
- On sait que vous êtes là, clama la navigatrice, la voix ferme. Descendez, on veut vous parler.
- Mais comment elle sait ? demanda l'un des guerriers.
- Une sorcière ?
- Teiki, qu'est-ce qu'on fait ?
En bas, Nami attendait désespérément qu'ils descendent, mais les guerriers ne semblaient pas pressés de se montrer. Il fallait qu'elle les convainque. Elle serra son Perfect-Climat Tact. Elle avait la chance d'avoir des arguments frappants.
- Descendez maintenant, sinon je vous ferai descendre moi-même ! cria-t-elle.
Elle n'obtint aucune réponse et soupira. Tant pis pour eux.
- Thunderbolt Tempo.
Plusieurs éclairs s'abattirent sur les arbres de la clairière, les foudroyant complètement. Les guerriers, les yeux exorbités, prirent peur.
- C'est une déesse, Teiki !
- Elle a des pouvoirs magiques !
- Montrez-vous, criait Nami. Je sais exactement où vous vous cachez et si vous ne descendez pas c'est vous que je vise la prochaine fois !
Teiki serra les poings. Il n'avait pas le choix. Il fit un signe aux autres guerriers et ils tombèrent soudain du ciel, leurs armes à la main. Mais les Mugiwaras s'y attendaient et ne furent pas pris par surprise, ils se tenaient sur leurs gardes. Les deux groupes se fixaient avec hostilité. Avant que la situation ne dégénère, Nami prit les devants. Elle fit quelques pas et leva les mains en signe d'apaisement avant de déposer son arme sur le sol.
- Je ne veux pas me battre avec vous, dit-elle, je veux juste vous parler. Dépose ton arme, Teiki, ajouta-t-elle. Et nous pourrons nous expliquer.
- Comment connais-tu mon nom, pirate ? s'étonna le guerrier.
- Dépose d'abord ton arme, insista Nami en le fixant. Je te promets que je vous expliquerai tout.
Le jeune homme hésitait mais cette jeune femme le troublait terriblement, il buvait ses paroles. Alors, à la grande surprise de ses amis, il obéit et déposa son arc et son poignard à ses pieds. Nami soupira de soulagement alors que les pirates se détendaient derrière elle. Mais le plus dur restait à venir. Il allait falloir les convaincre.
La jeune femme leva les yeux vers les arbres, cherchant à apercevoir Sarahina, sans succès.
- Où est-elle ? demanda Nami. Où est Sarahina ?
- Quoi ? s'étonna Teiki, de plus en plus troublé. Mais comment…
- D'habitude elle vous suit toujours quand vous venez à notre rencontre, insista la navigatrice.
- Ca suffit, gronda le guerrier, tu as dit que tu donnerais des explications. Comment connais-tu mon nom ? Et celui de Sarahina ?
Nami échangea un regard avec ses amis et se lança. Elle leur expliqua rapidement l'histoire de la boucle temporelle, voyant l'incompréhension se peindre sur leurs visages.
- C'est n'importe quoi ! s'emporta l'un des guerriers. C'est un piège !
- Les pirates sont tous des menteurs, ajouta un autre homme.
- Hey ! intervint Luffy en faisant un pas en avant. Ne traitez pas Nami de menteuse, compris ?
- C'est bon, répondit la jeune femme, je ne peux pas leur en vouloir de ne pas me croire… Mais je peux vous prouver que je dis la vérité.
Et alors, sous leurs yeux médusés, elle commença à énumérer les noms de tous les guerriers présents derrière Teiki, ainsi que les noms de leurs femmes et de leurs enfants, décrivant leur village et la cascade devant laquelle ils passaient pour s'y rendre. Elle parla de Sarahina et de son grand-père, montrant qu'elle connaissait leur histoire. Et pour finir, alors qu'ils se regardaient tous, troublés, elle se tourna vers Teiki.
- Et toi, Teiki, dit-elle, je sais que tu es le meilleur guerrier de ta tribu, que tu as dix-huit ans aujourd'hui et que ce soir une cérémonie fera de toi le protecteur officiel de ton peuple.
Les guerriers murmuraient, mais Teiki restait silencieux. Il se trouvait face à un dilemme terrible. Cette pirate savait tout sur eux et sur leur village, la seule explication était qu'elle y était déjà venue. Ca confirmait cette histoire incroyable qu'elle leur avait racontée. Mais d'un autre côté une partie de lui hurlait qu'elle n'était qu'une vulgaire pirate et qu'il ne devait surtout pas la croire, il fallait la tuer sur le champ. Mais en même temps, il savait qu'il ne pouvait pas lui faire de mal, il y avait quelque chose chez elle qui le touchait et le chamboulait complètement, aucune femme ne lui avait jamais fait cet effet.
Nami comprit le conflit interne du jeune homme et abattit sa dernière carte.
- Teiki, pense à ce que dit Havai'i. Un bon guerrier sait aussi quand il ne doit pas se battre.
A la mention de la vieille femme le guerrier perdit son expression hostile. Il fixa Nami et lut la sincérité dans ses yeux. Il se tourna vers ses hommes et leur ordonna de baisser leurs armes avant de se retourner vers les pirates.
- Je ne sais pas trop quoi penser, leur dit-il. Mais je sais qu'Havai'i voudra vous parler. On va vous guider au village. Mais à une condition.
Les pirates retinrent leur souffle en attendant tandis que Nami sentait un long frisson la parcourir.
- Nous allons prendre vos armes, dit-il finalement, et nous vous les rendront si Havai'i estime que vous êtes dignes de confiance.
Nami soupira de soulagement, heureuse que Teiki ne reparte pas dans son délire possessif à son égard. Zoro protesta quand ils voulurent prendre ses sabres, mais finalement ils trouvèrent un compromis et il put garder le sabre de Kuina, dont il refusait obstinément de se séparer. Un problème se posa par contre avec Franky car ses armes étaient intégrées à son corps, ce qui surprit beaucoup les indigènes qui n'avaient jamais vu de cyborg. Nami, quant à elle, leur donna sans rechigner son Climat Tact, s'amusant de les voir essayer de comprendre comment il fonctionnait.
Finalement ils se mirent tous en route, en silence. Teiki ouvrait la marche, suivi et surtout surveillé par Luffy qui ne quittait pas Nami d'une semelle, et les guerriers entouraient les pirates pour éviter tout risque. Plus ils approchaient du village et plus la navigatrice sentait l'appréhension la gagner. Elle savait qu'Havai'i ne poserait pas de problème, elle le lui avait déjà prouvé. Mais Sarahina par contre… Les deux jeunes femmes se haïssaient cordialement et Nami ne pouvait oublier que cette fille l'avait déjà tuée plusieurs fois, dès qu'elle la voyait elle avait envie de lui faire payer ça. Dans ces conditions comment la convaincre de lui parler et de lui donner des explications ?
Soudain elle sursauta en sentant quelqu'un serrer furtivement sa main. Luffy, qui avait senti son malaise, venait de prendre sa main et ce contact la rassura plus qu'aucun discours, ses craintes s'envolèrent. Derrière eux, Sanji avait pâli et Robin avait posé une main sur son bras en souriant. Le cuisinier soupira et haussa les épaules. Nami avait fait son choix apparemment.
Il interrompit le cours de ses pensées en voyant Teiki s'arrêter et leur désigner quelque chose en contrebas. Les pirates s'avancèrent et aperçurent le village des guerriers, débordant de vie et d'activité. Ils se remirent en route et y arrivèrent rapidement, déclenchant d'abord un mouvement de panique. Nami, qui savait comment les choses allaient se dérouler, fit signe à ses amis d'être patients et, bientôt, ils virent avancer Havai'i, appuyée sur le bras de Teiki, suivie de Léo qui les regardait avec une hostilité manifeste.
Apparemment Teiki avait expliqué la situation à la vieille femme car elle se dirigea immédiatement vers Nami. Les deux femmes se firent face quelques instants, en silence, alors que tous retenaient leur souffle. Finalement, Havai'i pencha la tête de côté, songeuse.
- Je ne sens pas de menace ni de mensonge émaner de toi, jeune pirate, dit-elle.
- C'est parce que ce que je dis est vrai.
- Tu te rends compte que cette histoire est…
- Havai'i, l'interrompit la navigatrice, vous savez que quelque chose d'étrange se passe, vous le sentez, vous me l'avez déjà dit. Mais je sais que vous ne pouvez rien faire.
- Comment…
- Est-ce que les esprits ne vous ont pas dit que quelqu'un viendrait qui se battrait pour vous et vous sauverait ?
Cette fois la vieille femme resta bouche bée avant de rire doucement. Elle se tourna vers Teiki.
- C'est bien, fils, tu as eu raison. Ton cœur t'a dit que tu pouvais leur faire confiance, et grâce à toi, nous pouvons tous espérer être sauvés.
- Alors ce qu'elle a dit est vrai ? souffla le jeune homme.
- Ca suffit, gronda Léo en pointant sa canne vers Nami. Est-ce que vous devenez fous ? Ce sont de sales, immondes brutes, des pirates ! Nous détestons les pirates, nous les tuons ! Jamais aucun pirate n'avait mis les pieds ici avant aujourd'hui !
- Tais-toi Léo, dit sèchement la vieille femme. Tu sais très bien que c'est faux. Des pirates sont déjà venus ici, au moins deux fois…
- Mais Havai'i…
La vieille femme ne répondit pas, elle fixait Luffy de son regard vide.
- C'est… Cette présence… Ce pirate…
- C'est Monkey D. Luffy, dit Nami. Le futur seigneur des pirates, ajouta-t-elle en regardant son capitaine avec fierté.
- Vraiment ? Incroyable, murmura Havai'i. Tu lui ressembles tellement…
Tous se tournèrent vers elle, stupéfaits.
- Un équipage de pirates est venu sur cette île il y a très longtemps, mené par un jeune capitaine idéaliste qui voulait devenir le plus grand pirate de tous les temps. Lui aussi avait cette force, une aura de puissance incroyable…
- Comment il s'appelait ? demanda Luffy qui pensait savoir de qui il s'agissait.
- Tu le sais déjà, n'est-ce pas ? dit la jeune femme en souriant. C'était un D. lui aussi.
- Gold Roger, murmura le capitaine avec un sourire radieux.
Les Mugiwaras sourirent devant la joie de leur ami mais, à regret Nami dut en revenir à un sujet plus délicat.
- Où est Sarahina ?
- Pourquoi veux-tu lui parler ? demanda Havai'i.
- Elle sait tout pour la boucle temporelle.
- Tu en es sûre ?
- Ca ne fait aucun doute, répondit Nami.
- Havai'i ! aboya Léo. Tu ne vas pas croire cette fille ? Tu vas la laisser accuser ma petite-fille ? Comment…
- Arrête, tu sais très bien qu'il se passe quelque chose d'étrange avec Sarahina, tu me l'as dit toi-même ce matin.
Le vieil homme se renfrogna mais, effectivement, il avait trouvé la jeune femme étrange et fuyante ce matin, et surtout, elle semblait très préoccupée.
- D'habitude, expliqua Nami, elle suivait les guerriers et nous attaquait elle aussi. J'ai été surprise de ne pas la voir ce matin. Alors je me suis dit qu'elle devait être ici…
- Je ne l'ai pas encore vue, répondit Havai'i. En fait, personne ne sait où elle est.
- Mais il faut absolument que je lui parle, insista la navigatrice. Vous ne savez pas où elle peut être ?
Léo regardait le sol, partagé entre son inquiétude pour Sarahina et sa haine de ces jeunes pirates. Finalement Teiki remarqua son trouble.
- Léo sait quelque chose.
- Quoi ? Non, protesta le vieil homme.
- Où est-elle ? demanda Nami.
- Laissez-moi, je… Je suis fatigué…
- Léo ! lança sèchement Havai'i. Tu n'emporteras pas tes secrets dans ta tombe, tu le sais. Ils ont déjà causé trop de tort. Tu sais où est Sarahina ?
- Je… Je l'aie vu se diriger vers le volcan, marmonna finalement le vieil homme.
- Le volcan ! réalisa Nami. C'est là que j'ai vu cette lumière étrange hier soir, au moment où la journée a recommencée ! Tout doit venir de là-bas.
- Il n'y a rien du tout, ce n'est qu'un tas de pierres, s'énerva Léo.
- Teiki, dit la vieille femme en se tournant vers le guerrier, tu vas guider les pirates jusque là-bas. Toi, tu sauras retrouver Sarahina. Et rendez leurs armes à ces jeunes gens, on peut leur faire confiance.
- Bien Havai'i.
- Mais…, commença Léo avant qu'une violente quinte de toux ne le plie en deux.
- Vous êtes malade monsieur ? s'alarma Chopper en se précipitant vers lui.
- Laissez-moi sales pirates, cracha le vieil homme en le repoussant. Allez au diable !
Et sous le regard attristé du petit renne il s'éloigna en boitillant. Havai'i soupira, elle allait devoir faire la leçon à ce vieil entêté, une fois encore. Nami, elle, s'impatientait. Maintenant qu'ils savaient où chercher Sarahina, elle voulait se mettre en route sur le champ.
- Bonne chance, lui dit Havai'i en posant une main sur son bras. Puisses-tu tous nous délivrer.
- J'y arriverai, ça a trop duré.
Et sous les regards inquiets de la tribu, les pirates guidés par Teiki se mirent en route vers le volcan.
