Bonjour bonjour ! Voilà, on y est, le dernier chapitre (et le court épilogue qui suit). Alors suspense : comment réussir à finir en un seul chapitre ? est-ce que je vais rester sadique jusqu'au bout ? comment ça va se terminer ? Et bien la réponse est juste là… Je vous laisse lire et juger ce dernier chap, il risque d'en dérouter certains (tous) alors n'hésitez pas à lâcher un p'tit com ! Sur ce je vous laisse découvrir la fin, et je vous retrouve à la fin de l'épilogue.

ps: on est encore mercredi je suis dans les temps^^

Chapitre 7 : La fin (partie 3)

C'est sans leur adresser une parole que Teiki guida les pirates vers le volcan. Il se trouvait dans une position délicate. Il avait confiance en Havai'i, si elle disait que les Mugiwaras étaient dignes de confiance, il était persuadé qu'elle avait raison. Et si cette histoire de boucle temporelle était vraie, alors il était vital pour eux de trouver une solution.

Mais d'un autre côté, c'était vers Sarahina qu'il les menait. Sarahina. Il n'avait que trois ans lorsqu'elle était arrivée sur l'île avec son grand-père, et ils avaient ensuite été élevés ensemble. Ils étaient resté inséparables pendant dix ans, jusqu'à ce qu'il grandisse et commence à s'entraîner pour devenir un guerrier. Il avait appris les traditions de son peuple, et devant sa force et son talent, il était rapidement devenu le meilleur guerrier du village, celui qui deviendrait son protecteur.

Ca impliquait une attitude irréprochable et il avait tout naturellement pris ses distances avec son amie, espérant qu'elle aussi se conformerait à leurs traditions et oublierait sa stupide idée de devenir une guerrière. Mais évidemment, rien ne s'était passé comme il voulait. Elle l'énervait, le faisait régulièrement sortir de ses gonds, il ne supportait pas son insolence et sa désobéissance. Mais c'était Sarahina… Elle était comme sa sœur. Il devait la protéger.

Son visage s'assombrissait alors qu'il réfléchissait. Il jeta un coup d'œil derrière lui et vit Nami et Luffy qui le suivaient. Cette pirate… Il la trouvait si belle et déterminée, et la façon dont Havai'i lui avait parlé montrait qu'elle n'était pas une jeune femme ordinaire. Et les esprits eux-mêmes l'avaient désignée pour les sauver. C'était un honneur immense.

Elle le troublait terriblement, c'était la toute première fois qu'une femme lui faisait un tel effet. Mais elle se montrait particulièrement distante avec lui depuis leur discussion dans la forêt, baissant les yeux pour ne pas croiser son regard, s'éloignant dès qu'il s'approchait trop d'elle. Et le capitaine des pirates qui la suivait comme son ombre lui lançait de tels regards quand il posait les yeux sur elle… La femme devait lui appartenir, et il n'appréciait pas que Teiki veuille l'approcher. Mais elle l'attirait comme un aimant…

Les Mugiwaras suivaient leur guide dans un silence presque total, juste troublé par les habituelles prises de bec de Zoro et Sanji, mais on sentait que le cœur n'y était pas. Plus ils approchaient du volcan et plus ils ressentaient la tension ambiante, sentant que Nami s'inquiétait. Et effectivement la jeune femme avait peur d'échouer, de ne pas convaincre Sarahina, ou de s'être totalement trompée. Elle avait dit à Havai'i qu'elle allait tous les sauver, elle s'était elle-même mise une pression énorme sur les épaules et maintenant le doute la tenaillait.

Ses amis avaient envie de la rassurer, la réconforter, mais ils savaient que quelqu'un d'autre s'en chargerait mieux qu'eux. Et effectivement, un mot de Luffy murmuré à la navigatrice lui arracha un sourire et la fit rire doucement. Il n'y avait que le capitaine qui réussissait à lui faire oublier ses soucis et à la faire rire de cette façon. Ils l'avaient tous remarqué depuis longtemps. Sanji avait secrètement espéré que Nami elle-même ne s'en rendrait pas compte. Mais maintenant, ses derniers espoirs s'envolaient. Robin posa une main sur son épaule et ce geste le réconforta plus qu'aucune parole.

L'archéologue sourit avant de froncer les sourcils et de regarder derrière eux. Mais il n'y avait rien. Elle était pourtant persuadée d'avoir entendu quelque chose. Ils étaient suivis.

Léo peinait à maintenir le rythme des jeunes gens. Son cœur battait à un rythme complètement anarchique et chaque respiration lui déchirait la poitrine, mais il ne pouvait pas s'arrêter. Il devait retrouver Sarahina. Pourquoi avait-il fallu qu'il crache le morceau ? Ces Mugiwaras ne devaient pas mettre un pied au volcan, ils allaient y trouver son trésor, celui qu'il gardait depuis tout ce temps pour sa petite-fille. Il ignora la douleur et accéléra l'allure.

Mais les pirates étaient tout de même plus rapides. Ils étaient arrivés au pied du volcan. Ils cherchaient des traces de Sarahina et ce fut Zoro qui les trouva le premier, montrant l'ouverture qui menait à l'intérieur du volcan. Le sabreur allait s'y engager quand Nami l'arrêta.

- Non Zoro, c'est à moi d'y aller. Seule.

Les pirates hésitèrent. Ils ne voulaient pas laisser leur amie affronter seule le danger. Mais d'un autre côté, c'était son combat… Finalement, ils reculèrent. Luffy accompagna la navigatrice jusqu'à l'entrée du volcan.

- Bonne chance, murmura-t-il en la regardant s'enfoncer dans les ténèbres.

Nami n'en menait pas large, et cheminer dans l'obscurité n'arrangeait pas son malaise. Elle suivait la paroi, espérant ne pas se perdre. Finalement, au bout de ce qui lui paru une éternité, elle vit une faible lueur droit devant elle. Un peu soulagée, elle força l'allure et l'obscurité diminua peu à peu tandis qu'elle se rapprochait de la caverne.

Quand elle entra dans la grotte, elle remarqua l'ouverture à flanc du volcan, les torches qui éclairaient les lieux, et au milieu… Elle oublia tout en le voyant : la situation, le danger, sa fatigue…

- Un trésor ! s'exclama-t-elle en se jetant à genoux près du tas d'or et en passant ses mains dedans.

- Aheum…

La navigatrice ne réagit même pas et Sarahina, surprise par son attitude, dut tousser un peu plus fort pour finalement attirer son attention. Les deux jeunes femmes se regardèrent un long moment, l'une assise sur son rocher et l'autre essayant de glisser des pierres précieuses dans ses poches.

- Je ne te dérange pas trop ? lança Sarahina, sarcastique.

- Non en fait je te cherchais. Mais tu t'en doutes.

- Effectivement, je t'attendais.

Nami laissa tomber les pierres précieuses et se leva lentement, assemblant son arme. Son adversaire se leva elle aussi et sortit son poignard. Elles se fixaient et la tension entre elles était palpable.

- Tu es seule ?

- Oui, répondit Nami. Je suis venue pour régler cette histoire. Ca a trop duré.

- Trop duré ? Tu plaisantes, dit Sarahina avec un ricanement méprisant. Tu n'es là que depuis une semaine. Tu n'as même pas idée depuis combien de temps ça dure.

- Raison de plus pour y mettre un terme, rétorqua Nami.

- Je ne crois pas, non.

Les deux jeunes femmes commencèrent à se tourner autour, guettant la moindre brèche qui leur permettrait d'attaquer l'autre.

- Comment est-ce que ça a commencé ? Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda la navigatrice.

- Pourquoi veux-tu le savoir ? Ca n'est pas vraiment le moment de se faire la conversation.

- J'ai le droit de savoir, insista Nami.

- Comme tu veux, dit Sarahina en haussant les épaules, se demandant par où commencer. Léo n'est pas mon grand-père, c'était un des pirates qui a attaqué notre bateau et tué mes parents, raconta-t-elle finalement, sans montrer la moindre émotion. Il a tué ses anciens nakamas et s'est enfui avec leur trésor… et avec moi.

Nami était pendue à ses lèvres, espérant enfin avoir les réponses à ses questions, et elle baissa sa garde. Sarahina en profita et se jeta sur elle, tentant de la poignarder. La navigatrice ne dut qu'à ses réflexes de s'en sortir, et elle para le coup avec son arme. Elle riposta mais son adversaire était rapide et elle esquiva.

Elles se jaugèrent du regard et recommencèrent à se tourner autour. Sarahina reprit son histoire.

- Nous avons dérivé dans le Triangle Florian jusqu'à arriver ici, et nous avons été recueillis par la tribu. Léo a fait croire à tous qu'il était mon grand-père et à inventé cette histoire d'attaque de pirates.

- Il a réarrangé l'histoire à sa sauce, commenta Nami.

- Il a caché son trésor ici, et pendant quinze ans il a gardé son secret.

- Comment as-tu appris la vérité ? C'est lui qui te l'a dit ?

- Non, répondit Sarahina. Je l'ai entendu en parler avec Havai'i. Il est mourant, ajouta-t-il. Le dernier jour, avant que tout commence, il m'a amenée ici et m'a tout avoué. Il m'a montré son trésor. Et la pierre.

- La pierre ?

Sarahina se précipita sur Nami et sa lame manqua de justesse sa gorge. Nami riposta d'un coup de son Climat Tact qui atteignit sa rivale à l'estomac. Le souffle coupé, Sarahina recula de quelques pas.

- Ton arme est étrange, murmura-t-elle.

- C'est une baguette climatique, expliqua Nami, grâce à elle je peux faire tomber la pluie, créer des nuages et des boules de chaleur, et surtout provoquer des éclairs.

- C'est ça, je me souviens t'avoir vue faire une fois, dans la forêt. Pourquoi est-ce que tu n'utilises pas ces pouvoirs contre moi ? demanda-t-elle, perplexe.

- Parce que tu ne t'en relèverais pas, répondit Nami. Et je ne sais toujours pas comment interrompre cette boucle temporelle. Et puis, ajouta-t-elle, je ne veux pas te faire de mal si je n'y suis pas obligée.

- C'est trop gentil, se moqua Sarahina. Moi je n'hésiterai pas, tu le sais déjà. Voyons, tu ne veux pas te venger ? Je t'ai tuée tellement de fois…

- Pas la peine de me le rappeler, gronda Nami.

Evidemment qu'elle avait envie de se venger, mais cette fille… Il y avait quelque chose en elle, une colère, qui lui faisait penser à elle, avant que Luffy et les autres ne la libèrent d'Arlong. Elle avait besoin d'aide au moins autant que les autres. Soudain Nami poussa un cri et se jeta en arrière. Perdue dans ses pensées, elle avait laissé une ouverture à Sarahina qui en avait profité pour lui porter un coup.

Elle sentit le sang couler le long de son bras gauche, de la profonde entaille que Sarahina venait de lui faire. La colère monta en elle. Elle voulait jouer…

- Thunderbolt Tempo !

Un éclair s'abattit aux pieds de Sarahina qui poussa un cri et recula. D'autres éclairs s'enchaînèrent rapidement, la forçant à reculer de plus en plus. Elle finit par se trouver dos à l'ouverture à flanc du volcan. Nami tenait toujours sa baguette et la fixait.

- Tu ne me frappes toujours pas, remarqua la guerrière.

- Je te l'ai dit, je ne sais pas comment inverser le phénomène, j'ai besoin de toi.

- Et qu'est-ce qui te fait croire que je sais comment faire ? lança Sarahina en jetant un rapide coup d'œil vers la pierre blanche qui était toujours sur son trépied.

Elle avait été discrète mais Nami remarquait tout. Elle comprit tout de suite que cette pierre était importante, même si elle ne savait pas encore à quel point. Il fallait qu'elle la prenne. En voyant le regard insistant que la navigatrice posait sur la pierre, Sarahine eut une grimace de colère. Elle savait. Elle l'attrapa et la tint serrée dans sa main gauche, défiant du regard Nami de venir la récupérer.

- Donne-la-moi, dit la rousse. Sinon…

- Sinon quoi ?

Mais Sarahina était moins confiante qu'elle n'en avait l'air. Si Nami se décidait à la foudroyer, plus rien ne l'empêcherait d'avoir la pierre. Il n'y avait qu'une solution, et la pirate avait dit qu'elle était seule…

- Allez, insista Nami, sinon je vais devoir te faire vraiment mal…

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase car Sarahina se précipita sur elle et la poussa de toutes ses forces avant de s'enfuir et de foncer vers l'extérieur. Nami chancela mais se mit rapidement à sa poursuite. Mais elle savait que la guerrière n'irait pas loin. Et effectivement, quand elle sortit à la lumière, elle vit Sarahina arrêtée au milieu de ses nakamas et de Teiki. Elle se retourna vers elle, en colère.

- Tu avais dit que tu étais seule !

- J'ai menti, répondit Nami avec un sourire ironique. Maintenant donne-moi cette pierre.

- Hors de question ! cria Sarahina.

- Mais pourquoi ? explosa la navigatrice. Tu ne veux pas interrompre tout ça ? Tout le monde est victime, même ton peuple, et toi aussi ! Alors dis-moi pourquoi ?

- Tu n'auras pas cette pierre, je ne te laisserai pas tout arrêter, cette journée continuera, tu entends ?

- Donne-moi la pierre ! insista Nami en la menaçant de son arme.

- Non !

Tout le monde sursauta et se retourna. Léo, appuyé contré un arbre, venait de lancer ce cri. Il était pâle comme un mort et tellement mal en point qu'il semblait prêt à lâcher son dernier souffle d'un moment à l'autre. Appuyé sur son bâton, il tituba jusqu'aux jeunes gens.

- Sarahina ! souffla-t-il. Ne leur donne pas… Ne les laisse pas te prendre le trésor…

- Parce que tu crois que je m'intéresse à ton stupide trésor de pirate ? cracha sa petite-fille.

- Pirate ?

Tous les regards étaient braqués sur le vieil homme qui suffoquait. Et Robin comprit. Depuis qu'elle l'avait vu au village et qu'elle avait entendu son nom, elle avait l'impression d'avoir déjà vu cet homme quelque part.

- Léo Blue, murmura-t-elle, le second des… Hum… Les Sharks, je crois.

- C'est quoi ce nom ? s'étonna Zoro.

- On les appelait les Requins des mers à cause de leur avidité et surtout de leur cruauté, ils ne laissaient jamais de survivants…

- Robin-swan est si intelligente et cultivée, dit Sanji en la regardant amoureusement.

- J'avais vu sa photo dans un livre qui traitait des pirates disparus, continua l'archéologue. Son équipage a été décimé il y a quinze ans, mais son corps n'avait pas été retrouvé. Je me souviens qu'il avait une prime importante, il était très recherché par les Marines à l'époque.

- Sarahina, intervint Léo sans se soucier de Robin. Ne la crois pas, c'est une menteuse, comme tous les pirates.

- Arrête ! cria la jeune femme. Je sais tout. Tu entends ? Je connais la vérité alors arrête de me mentir !

Le vieil homme accusa le coup.

- Comment…

- Tu me l'as avoué toi-même, mais tu ne t'en souviens pas. Je sais tout, et je sais aussi que tu es très malade et que tu vas mourir aujourd'hui.

- Alors c'est vrai cette histoire ? souffla Léo. La journée qui recommence… C'est la pierre, comprit-il en voyant Sarahina la serrer dans sa main. La pierre maudite qui exauce les souhaits.

- Une pierre magique ? s'étonna Luffy. Cool !

- La ferme Luffy, dirent en chœur les Mugiwaras.

- Alors, dit Nami, tu as souhaité que la journée recommence, c'est ça ? Mais pourquoi ?

- Pour qu'il ne meure pas.

Nami baissa son arme en entendant la réponse de Sarahina. La jeune guerrière sentit les larmes lui brûler les yeux et elle tenta de les retenir, sans succès. Elle sentait posés sur elle les regards compatissants des pirates, et celui de Teiki.

- Arrêtez-ça ! cracha-t-elle. Je ne veux pas de votre pitié !

- Pourquoi tu ne me l'as pas dit plus tôt, dit Nami. Tu aurais pu m'expliquer que tu voulais juste sauver ton grand-père.

- Sarahina, intervint Teiki, tu aurais dû tout nous dire, nous t'aurions aidée.

- Je l'ai fait au début, répondit la jeune femme en le regardant, mais tous les jours il fallait que je recommence, et tu ne me croyais jamais de toute façon. Peu importe, ajouta-t-elle, ça ne change rien. Vous n'aurez pas cette pierre.

- Sarahina-chan, dit Sanji en avançant vers elle.

Il était resté étrangement silencieux depuis plusieurs minutes. Il regardait la guerrière, troublé, ému aussi. Nami avait dit qu'il y avait un lien particulier entre eux et il le sentait maintenant. Elle avait besoin d'aide.

- N'approche pas, dit Sarahina, la voix tremblante. Je ne veux pas te parler…

- Il est temps de mettre un terme à tout ça, insista Nami. Tu peux tous nous libérer en nous donnant la pierre, penses-y.

Léo ne disait rien, il regardait le sol. La colère qu'il avait vue dans les yeux de Sarahina quand elle lui avait parlé lui avait brisé le cœur. Havai'i avait raison, il aurait dû lui avouer la vérité depuis longtemps. Maintenant elle le détestait… Il sentit soudain un pincement violent dans sa cage thoracique et porta la main à sa poitrine en grimaçant.

- Monsieur ? dit Chopper en s'approchant de lui. Est-ce que vous allez bien ?

Le vieil homme ne répondit pas mais poussa un cri de douleur et s'effondra sur le sol, les mains crispées sur son cœur. Le petit renne se précipita vers lui mais Léo le repoussa.

- Laissez… moi…, murmura-t-il difficilement.

- Mais je veux juste vous aider !

- Je ne… mérite pas… d'aide…

- Sarahina ! cria Teiki en s'agenouillant près du vieil homme.

- C'est comme ça tous les jours, murmura la jeune femme. Il meurt toujours…

- C'est horrible ! s'emporta Nami. Tu te rends compte ? Il revit sa mort tous les jours, inlassablement. C'est pire que…

Elle s'interrompit en comprenant et regarda la guerrière, horrifiée.

- C'est pout ça, n'est-ce pas ? C'est pour ça que tu ne veux pas que ça s'arrête… Tu le punis pour ce qu'il a fait ?

Sarahina serra un peu plus la pierre et fixa Nami, la défiant du regard. Teiki la regardait comme s'il ne l'avait jamais vue.

- C'est trop cruel, dit-il. Arrête ça maintenant.

- Sarahina-chan, intervint Sanji, je suis sûre que ce n'est pas ce que tu voulais au départ…

- Si, répondit-elle doucement. Je voulais qu'il souffre et qu'il paye pour tous ses mensonges.

- C'est horrible, dit Chopper, horrifié.

- Donne-leur cette foutue pierre ! ordonna Teiki.

- Je ne peux pas…

- Sarahina, dit Nami. Nous sommes nombreux, et plus forts que toi. Et moi, je pourrais utiliser mon arme pour avoir cette pierre. Mais je ne le ferai pas, ajouta-t-elle en désassemblant son Climat-Tact et en le rangeant.

- Quoi ?

La navigatrice ne tint pas compte des protestations de ses nakamas et de Teiki. Elle ne voyait plus que son adversaire. Elle comprenait le combat qui se jouait en elle. Sarahina était piégée avec eux dans cette boucle temporelle, depuis longtemps, elle était seule, incomprise, elle souffrait de la situation encore plus qu'elle. Mais d'un autre côté, si elle arrêtait ce phénomène, elle devrait dire adieu à Léo… Elle aimait cet homme autant qu'elle le détestait.

Nami comprenait son dilemme. Elle aussi avait dû faire des choix terribles dans sa vie, que les autres n'avaient pas compris. Elle avait connu la solitude, le rejet des autres, le dégoût de soi quand Arlong la félicitait, la honte de voler les gens et en même temps la fierté d'être la meilleure et de recevoir les félicitations de ses ennemis.

Leurs situations et leurs motivations ne se ressemblaient pas, et pourtant elle avait le sentiment de pouvoir comprendre la jeune femme. Elle ne voulait plus se battre. Elle allait essayer de la raisonner.

- Sarahina, dit-elle d'une voix apaisée, tu veux le punir, mais en réalité c'est tout ton peuple qui souffre, ceux qui t'ont recueillie et élevée comme une des leurs. Ce sont eux ta famille. Et toi aussi tu souffres, tu le sais bien. Tu te punis aussi pour ce que tu leur fais endurer. Ca ne peut pas continuer indéfiniment. Il va falloir que tu fasses un choix.

Les pirates retenaient leur souffle. Ils comprenaient que ce qui se jouait à cet instant était capital. Nami essayait de raisonner la guerrière pour tous les sauver. Ils se sentaient inutiles, et c'était d'autant plus frustrant pour eux qui avaient l'habitude de tout prendre en main. Luffy surtout rongeait son frein. Il aurait voulu pouvoir aider son amie, mais il comprenait ce qu'elle tentait de faire et restait à sa place.

- Je comprends ce que tu ressens, continuait la navigatrice, mieux que tu ne peux l'imaginer. Je comprends que ton amour et ta colère pour ton grand-père sont encore plus forts que ta culpabilité. Tu le détestes et tu veux lui faire payer ce qu'il t'a fait, mais tu l'aimes et tu refuses de le laisser partir. Je comprends…

Sarahina ne sentait même pas les larmes qui ruisselaient sur ses joues. Elle avait désespéré de pouvoir un jour parler à quelqu'un, expliquer sa situation, et surtout être comprise. Et c'était cette fille qu'elle détestait, qu'elle avait entraîné dans cette histoire, et qu'elle avait tuée plusieurs fois qui la comprenait finalement… Mais les paroles de Nami la soulageaient, elle mettait des mots sur ce qu'elle ressentait.

- Je-Je ne peux pas le laisser partir, murmura-t-elle finalement. C'est tout ce qu'il me reste de mon passé…

- Et c'est lui qui t'a élevé, ajouta Nami. Mais est-ce que tu te rends compte de ce que tu lui fais ? Est-ce que tu imagines ? C'est la chose la plus cruelle… Lui il n'en a pas conscience mais mourir chaque jour… Je sais ce que c'est, reprit-elle en réprimant un frisson, à cause de toi.

- Mais…

- Non, la coupa fermement la navigatrice. Tu dois lui donner le droit de mourir Sarahina. Si tu as encore la moindre étincelle d'amour pour ton grand-père, alors laisse-le s'en aller.

La jeune femme regarda Léo qui respirait de plus en plus faiblement et qui pleurait, allongé aux pieds des pirates. L'amour le disputait toujours à la haine en elle.

- Ce n'est pas mon grand-père, lança-t-elle d'une voix tremblante.

- Il a veillé sur toi pendant quinze ans, intervint Sanji en la fixant, il t'a fait sauter sur ses genoux, t'a raconté des histoires, il a veillé sur toi quand tu étais malade ?

- …

- Alors c'est ton grand-père, n'en doute jamais Sarahina-chan.

- Mais je vais être toute seule, gémit-elle en regardant le cuisinier.

- Tu ne seras jamais seule. Tu as une famille, tu fais partie de notre peuple.

La guerrière se tourna vers Teiki qui s'était relevé.

- Tu ne m'en veux pas ? demanda-t-elle, inquiète. Maintenant que tu sais tout ce que je vous aie fait endurer à tous ? C'est impardonnable, ajouta-t-elle, si tu savais depuis combien de temps ça dure…

- Ca n'est pas important ça, répondit-il. Tu as l'occasion de te racheter et de tout arranger, tu peux nous sauver, tous. Prends-ta décision.

- Teiki…

- Tu fais n'importe quoi, tu ne m'obéis pas, tu ne respectes pas mes règles, reprit-il. Mais c'est toujours le cas dans une famille, les plus jeunes font des erreurs. Tu es ma petite sœur, ajouta-t-il, et moi je veille sur toi et je te pardonne tout, même quand ce que tu as fait est terrible. C'est comme ça que ça marche.

Sarahina était plus émue qu'elle ne l'avait jamais été. Elle tremblait.

- Tu as une famille, dit Nami.

- Pense à eux, Sarahina-chan. Et pense à lui, ajouta Sanji en désignant le vieil homme qui se mourait.

Léo avait les yeux fixés sur sa petite-fille. Il sentait la vie s'échapper de lui, mais il s'accrochait. Il y avait encore une chose… Il ne pouvait pas mourir, pas encore.

- Est-ce que tu me pardonnes ? demanda-t-il dans un souffle.

Sarahina avait la gorge nouée. Les mots ne parvenaient pas à franchir ses lèvres. C'était trop dur. Elle croisa le regard de Sanji.

- Vous avez tous les deux assez payé, dit-il en lui prenant la main. Laisse-le partir en paix.

Elle craqua finalement. Le poids de toutes ces journées, de sa solitude, de sa colère et de sa douleur s'abattit sur elle et elle se réfugia dans les bras du pirate, tremblante et sanglotant. Elle lâcha enfin son poignard et surtout la pierre qui tomba sur le sol, sous les yeux de tous.

Nami attendit quelques instants, incrédule. Elle l'avait enfin lâchée, cette chose responsable de tous leurs malheurs. Elle n'osait même pas aller la ramasser. Ce fut Luffy qui comprit son hésitation et qui alla la récupérer. Il regarde la navigatrice.

- Nami ?

- Je… Je ne sais pas ce qu'il faut faire, répondit la jeune femme qui se sentait soudain vidée de toute son énergie.

- Détruisez-la, dit Sarahina en se détachant des bras de Sanji et en essuyant ses yeux. La légende dit vrai. Cette pierre est vraiment maudite. Elle a fait assez de mal…

Elle se retourna ensuite et rejoignit son grand-père, s'agenouillant près de lui et lui prenant la main.

- La détruire, murmura Nami avant de se rendre compte que tous les regards de ses nakamas étaient posés sur elle, confiants. Je ne sais pas si ça va suffire…

- On a confiance en toi Nami-chan, dit Sanji.

- Ouais nee-chan, débarrasse nous de ce truc une fois pour toute.

- C'est pas tout ça mais on est attendus ailleurs, rappela Zoro en pensant à l'île des hommes-poissons.

- Fais de ton mieux, ajouta Chopper en souriant alors que Robin se contentait de lui adresser un de ses sourires en coin dont elle avait le secret.

Rassurée par la confiance de ses amis, Nami inspira à fond pour calmer les battements de son cœur et se tourna enfin vers Luffy qui tenait toujours la pierre. Sa décision était prise. Elle prit l'objet et alla le déposer sur le sol, un peu plus loin, près de l'entrée du volcan. Ensuite elle s'approcha de son capitaine et posa une main sur son bras.

- Est-ce que tu peux la détruire s'il-te-plaît ?

Luffy lui fit un sourire éclatant et avança vers la pierre. La jeune femme et tous les autres reculèrent un peu, pour se mettre à l'abri. Le capitaine s'échauffait le bras droit. Il allait détruire cette saloperie. Pour Nami. Il se concentra et, mordant son pouce droit, il souffla dedans. Et là, sous les yeux éberlués de Sarahina et Teiki, son poing puis son bras tout entier se mirent à gonfler, devenant énormes. Il se prépara.

- Sarahina… murmura Léo en la suppliant du regard.

- Grand-père, répondit la jeune femme, hésitante, alors qu'elle lui tenait toujours la main. Je te pardonne, dit-elle finalement.

Le vieil homme sourit, enfin apaisé, et il leva les yeux vers le ciel en rendant son dernier souffle. Les larmes de Sarahina reprirent de plus belle. Elle sentit une main se poser sur son épaule et Sanji s'agenouilla près d'elle, la prenant dans ses bras alors que Teiki fermait les yeux de l'ancien pirate.

- Luffy, cria Nami. Maintenant !

- Gomu Gomu no Gigant Pistol !

Il lança son poing surdimensionné droit sur la pierre blanche, qui commençait à luire, et elle éclata sous l'impact, le coup créant un cratère devant l'entrée du volcan.

Une lumière blanche éclatante émana des fragments de la pierre, qui envahit toute l'île et les aveugla.

_ _ _ _ _

Note de l'auteur : je sais j'avais dit qu'on se retrouvait après l'épilogue, mais je voulais absolument dire un petit mot sur ce chapitre. Alors voilà, pas de combat (si on excepte un petit duel au départ entre les deux filles). Ca m'a coûté, si vous avez lu mes précédentes fics vous savez que j'aime écrire des combats et que je me sens plus à l'aise dans ce registre.

Mais, voilà, depuis le début j'ai fait le choix de me concentrer sur la psychologie des personnages au détriment de l'action qui passait clairement au second plan. Ca m'a coupé et du coup je ne me suis jamais sentie très à l'aise dans ce registre. Mais comme j'aime vivre dangereusement, j'ai décidé de finir l'histoire sur le même principe. C'était pas gagné, parce que ça veut dire pas de combat et beaucoup de blabla… J'espère que vous n'êtes pas trop déçus de mon choix et que ça vous a plu quand même, mais si je voulais rester cohérente avec le reste de l'histoire, je ne me voyais pas vraiment finir sur un combat. J'ai peut-être eu tort, c'est vous qui me le direz…

Allez je vous laisse lire l'épilogue quand même !