Chapitre sept : Losing my religion
La semaine académique du noiraud s'était passée sans accroc jusqu'au moment où il avait reçu un ultimatum du blond. Depuis samedi soir, il s'était assommé à coup de somnifères la nuit et d'étude le jour, faisant des pieds et des mains pour ne pas réfléchir.
Rendormir la bête qu'il avait réveillée.
Tout au long de la semaine, il avait prétexté un emploi du temps trop chargé pour éviter de se rendre aux répétitions du groupe en vue de leur concert. Mais il ne pouvait supporter de faire passer ses loisirs avant ses études.
De se dire qu'il allait revoir Neji.
Ce ne fut que vendredi en début d'après-midi qu'il reçut un nouveau message du leader en plein milieu d'un cours de criminologie. Ce dernier le sommait de se rendre à la dernière répétition avant le jour J, sous peine de se faire casser la gueule à leur prochaine rencontre. Sans aucune autre pensée que celle qu'il n'allait pas se laisser intimider, le noiraud se replongea dans ses notes, noyé sous le flot de paroles du professeur.
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« On remet ça quand vous voulez. A bientôt. »
L'écrivain referma sa boîte de réception d'e-mails en soupirant. Il n'aimait pas quand une certaine habitude et régularité se créaient entre lui et ses conquêtes.
Cela avait dû être son erreur par rapport à lui.
Il n'aurait peut-être pas dû le revoir après cette première fois entre eux alors qu'il était âgé de dix-huit ans, d'une année l'aîné de son amant. Oh oui, le brun était bourré, oh oui, lui était un dans un état plus que second et ne s'était souvenu de leur étreinte intime que par flash.
Mais il s'en souvenait.
Et voilà que, presque onze ans plus tard, ils en étaient toujours au stade d'amants plus ou moins secrets, simples connaissances le jour et amants fougueux la nuit, se voyant au moins une fois par mois pour un échange charnel.
En était-il vraiment ainsi ? La situation était-elle vraiment restée au même point depuis dix ans, sans jamais évoluer ?
L'écrivain ne s'était jamais posé la question. Sa seule et unique condition avait été posée dix ans auparavant et il ne l'avait jamais vu changer.
Ne l'avait-il jamais vu… Ou n'avait-il jamais voulu voir ? Voilà ce qui lui trottait dans la tête depuis bientôt une semaine.
Bien sûr, il s'était déjà interrogé sur les éventuels sentiments du brun à son égard… mais ce dernier lui répondait toujours par un sourire lorsque l'écrivain faisait allusion à d'autres amants.
Et lui, le professeur… Avait-il d'autres amants ? Il disait toujours que oui, évidemment, en le traitant d'idiot égocentrique… mais son ton dégagé sonnait faux. De sorte que l'écrivain, même enfoui sous une montagne de dénis, même étouffé dans une masse de refus, n'avais jamais pu se débarrasser entièrement de ce… doute.
Mais voilà qu'entrait dans sa vie ce singulier personnage et, comme une partie de sa conscience personnifiée, était venu déterrer ce doute, ce doute qui avait enflé de plus en plus au cours du samedi. Le noiraud, par une simple analyse basique, avait ouvert les yeux de l'écrivain sur ce qui était en tout point évident.
Et pourtant.
Son stratagème avait été finement rodé – colérique, impulsif et supposément amoureux, le brun était logiquement possessif et jaloux ; voir son aimé coucher avec quelqu'un d'autre, en plus une femme, aurait dû le faire craquer.
Mais rien.
Pourquoi ?
Il avait soupiré de soulagement après avoir refermé la porte derrière lui ce samedi-là, apportant la réponse qui s'imposait logiquement à la vue de la réaction du professeur.
Mais voilà que sa conscience personnifiée aux cheveux noirs avait dû certainement se sentir obligée d'appuyer à nouveau sur un tout petit point.
« Peut-être vous y êtes vous mal pris. Si ça se trouve, il a peut-être passé la nuit à pleurer après ça. »
Saloperie de conscience.
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A peine arrivé au local de répétitions, le blond brancha rapidement sa guitare, ses doigts tremblants de colère.
- Mais oui, engage l'Uchiwa, Naruto ! Il fait de super solos !… MAIS CE PETIT FUMIER NOUS LAISSE TOMBER AVANT LE CONCERT !! Merci du conseil, les gars !! Je vais chercher moi-même un remplaçant à ce foutu trou du cul TOUT SEUL !!…
Kiba s'assit derrière sa batterie, légèrement empourpré sous les hurlées somme toutes vraies de son leader.
Neji posa son instrument avec lenteur, la tête baissée et le visage crispé par le désarroi, expression qui ne l'avait plus quitté depuis dimanche soir sans que ses amis aient pu en découvrir la raison.
Je peux pas leur dire que c'est de ma faute. Je comprends qu'il veille plus me voir. Je voudrais plus me voir à sa place.
Ses yeux clairs, qui avaient toujours reflété de la sérénité, portaient de lourdes cernes de l'horrible semaine qu'il avait dû passer. Que la pire connerie qu'il ait faite soit suivie par une douloureuse révélation avait été un coup dur pour le noiraud qui avait cru à tort que les problèmes étaient désormais derrière lui.
Il avait délibérément évité les appels de son petit ami tout le dimanche en sachant qu'ils ne pourraient se voir. Evidemment qu'il voulait mettre les choses au clair, mais la vérité était tellement dure… Supporterait-il de quitter cet homme pour qui il avait tant sacrifié ? Ne serait-ce pas plus simple de s'enfermer dans le déni et l'ignorance… ?
Le fait que Shikamaru soit parti lundi pour un échange culturel en Europe l'arrangeait dans le sens où il pouvait profiter de son absence pour faire le point ; ainsi, le mardi suivant, quand son aimé rentrerait… il saurait quoi faire. Ou du moins, il l'espérait, car pour le moment, un seul mot engluait son esprit depuis plusieurs jours…
Vengeance.
- Euh… Neji ?
- Hein ? Quoi??
Naruto se pinça l'arrête du nez.
- Putain, Neji ! Concentre-toi un peu, bordel !!
Le noiraud leva la tête et toisa son vis-à-vis d'un regard mauvais.
- Fais attention à la manière dont tu me parles, Naruto. J'ai aucune patience pour te supporter aujourd'hui.
L'ambiance électrique de la pièce gagna brutalement en voltage lorsque le blond avait tourné son regard rempli de colère vers le bassiste. Ses yeux azurs grands ouverts, conjugués à sa bouche pincée et sa tête légèrement de côté, lui donnait l'apparence sauvage d'un félin prêt à bondir sur sa proie toutes griffes dehors.
- Hé, mais c'est bon là, oh ! beugla Kiba depuis le fond de la pièce. Vous voulez mes baguettes pour vous tapez dessus aussi ?!
Brusquement, contre toute attente, Neji éclata de rire, un de ces gros fou-rires nerveux, incontrôlables et bruyants. Naruto et Kiba haussèrent les sourcils sous l'effet de la surprise, complètement abasourdis de la déconcertante réaction du bassiste. Pire : celui-ci se tordait tellement qu'il se tenait les côtes et tomba à genoux, appuyant son front au sol. Les deux autres s'échangèrent un regard inquiet, ayant l'air de se demander ce que le noiraud avait bien pu fumer pour se retrouver dans un état aussi… pitoyable.
Ce ne fut qu'au bout de plusieurs minutes que le rire commença à sonner faux, que les notes stridentes se mirent peu à peu à s'entremêler d'une mélodie sous-jacente plaintive et déchirante, avant que Naruto ne se rende clairement compte que son bassiste pleurait.
Que lui arrivait-il ?! Neji, le grand Neji, que le blond avait toujours vu avec son masque d'impassibilité et de froideur, ne montrant jamais aucune émotion… Etait-ce vraiment lui qu'il avait sous les yeux, pleurant à chaudes larmes et sanglotant comme un enfant ?… Naruto le savait, la fierté du noiraud n'aurait jamais accepté une démonstration aussi brutale et flagrante de sa douleur, un affichage sans retenue de ses faiblesses…
Le cœur déchiré, le blond posa sa guitare à ses pieds et s'approcha avec lenteur de Neji, celui-ci toujours face contre le sol.
- Neji… commença-t-il avec douceur en posant une main sur l'épaule de l'autre.
- LÂCHE-MOI, NARUTO !! explosa le noiraud en se dégageant violemment de l'étreinte en se redressant avec force. J'AI PAS BESOIN DE TA PITIE !!
A moitié courbé, il sortit alors vivement du local sans un autre regard pour les deux membres restants.
Kiba, paralysé durant les trente dernières secondes, dut se pincer afin de se convaincre qu'il ne rêvait pas, et non…
Il avait vraiment vu Neji pleurer pour la première fois de sa vie.
A peine arrivé dehors, Neji s'appuya dos au mur et s'y laissa glisser, enfouissant sa tête dans ses bras et entre ses genoux… avant de recommencer à pleurer de plus belle, sans pouvoir se contrôler.
Mais que lui arrivait-il… ? Jamais il n'avait fait scandale à ce point devant quelqu'un, à part peut-être Hinata… Ce n'était pas lui ! Et dire… Et dire que le Neji d'avant ne se serait jamais laissé envahir par ses émotions…
Quel déshonneur… Tu es la honte de la famille Hyuuga, Neji. Je ne souhaite plus te voir foulant le sol de cette maison, la maison de tes ancêtres qui ont construit de leur sueur et de leur sang pour bâtir la réputation de notre famille… De quel droit viens-tu tout balayer pour des caprices d'adolescent ?!… Ton père, ton pauvre père qui te regarde depuis là-haut, lui qui avait fondé tellement d'espoirs sur toi… Ah ! ce qu'il doit en pleurer en voyant la vile créature dépravée que tu es devenu ! Tu me fais tellement honte, Neji !… Je t'ordonne de quitter notre demeure familiale sur-le-champ. Je ne veux plus poser le regard sur toi, toi qui as souillé notre sang à jamais…
La tête vide, comme si ses pensées étaient parties avec ses pleurs, Neji commençait à reprendre possession de lui. Sa respiration était encore bruyante et saccadée, mais au moins les larmes avaient-elles cessé de couler sur les manches de son pull noir. Tout ce qu'il désirait, c'était que personne n'ait la mauvaise idée d'apparaître à ce moment, maintenant qu'il avait à peu près réussi à rassembler les quelques miettes restantes de sa fierté, il ne fallait pas que quelqu'un vienne tout éparpiller encore…
De petits bruits de pas.
Putain, Naruto…
Neji ne leva pas la tête, espérant que l'intrus aurait la décence de se rendre compte qu'il était de trop.
- Pourquoi tu chiales ?…
Tous ses muscles se raidirent d'un seul coup au son de cette voix.
Ce ne fut que quelques secondes plus tard que Neji trouva la force de leva son regard embué vers Sasuke
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L'écrivain soupira bruyamment. Il ne savait plus quoi faire pour avoir la preuve formelle de l'amour secret d'Iruka pour lui – pour autant que celui-ci existe, espoir qu'il continuait d'alimenter. Il regarda autour de lui, comme si un de ses objets pouvait lui donner un indice, jusqu'à ce que son regard s'attarde sur son piano à queue. Il observa longuement les reflets argentés du soleil sur le vernis noir brillant ; c'était le seul objet auquel il attachait vraiment d'importance.
Le dernier souvenir qu'il avait de… lui.
Voilà bien longtemps que ses doigts n'avaient pas trouvé le contact des touches en ivoire, qu'il n'avait pas laissé ses mains tisser une mélodie par manque de temps. Il se leva sans détacher ses yeux du piano et s'y approcha lentement, comme s'il s'agissant d'un quelconque animal qu'il devait d'abord apprivoiser, passa doucement un doigt sur le couvercle avant de le soulever complètement. Il se sentit nostalgique en observant une touche après l'autre, les souvenirs envahissant peu à peu sa tête.
Ce ne fut que plusieurs minutes plus tard qu'il eut enfin la force de s'asseoir face au piano, posant délicatement ses mains dessus tout en soupirant. Ses doigts se mirent directement en place par habitude pendant que l'écrivain fermait les yeux.
Soudainement, comme par une quelconque magie, un chant mélancolique commença à sortir du piano, une douce mélodie romantique qu'il avait imaginé il y avait bien longtemps, comme si son propre cœur avait voulu en ce temps composer l'Amour, l'amour pur et inconditionnel qu'il avait pour… lui.
Brusquement, ses doigts cessèrent leurs mouvements alors que l'écrivain rouvrait les yeux. Un sourire se forma sur ses lèvres.
Je sais comment faire craquer Iruka.
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- Oh, mais qui voilà… Môssieur Uchiwa nous fait l'honneur de sa présence à ce que je vois… ?
Sasuke entra dans la pièce, ignorant complètement la remarque du blond. Neji, pénétrant dans le local sans lever la tête, avait le teint blême.
- Neji… Ca va pas ? T'es malade ? s'inquiéta le batteur. On dirait un cadavre ambulant…
- Laisse tomber, Kiba, marmonna Sasuke en délivrant sa guitare de la housse.
Naruto haussa un sourcil. Depuis quand l'autre couillon se préoccupait pour quelqu'un d'autre que lui-même ??
Le bassiste tremblait presque convulsivement tout en récupérant son instrument. Ce que lui avait dit Sasuke quelques minutes auparavant ne cessait de lui revenir à l'esprit…
« J'ai pas envie de reparler de samedi soir, Neji. Je comprends juste pas pourquoi t'as fait ça, pourquoi tu m'as pas dit que t'étais gay, non plus. T'as voulu m'exciter ou un truc dans le genre ?… Bon, de toute manière, j'ai fermé la fenêtre dès le début. On en parle plus. J'ai vu que t'étais bourré, alors c'est bon, le sujet est clos. Viens, je vais pas me retenir de foutre un poing à Naruto s'il ouvre un peu trop sa gueule, donc autant que j'arrive pas trop tard non plus… »
Il n'y avait qu'une phrase que le bassiste avait retenu, et surtout, l'interrogation qui en découlait… Pourquoi Sasuke avait-il menti… ?
- Je vous préviens tout de suite, déclara Sasuke après avoir branché sa guitare. Je pars dans une heure, parce qu'à 18h, j'ai rendez-vous chez une fille.
Neji leva son regard, interloqué. Sasuke n'était pas le genre à déballer sa vie… Pourquoi tenait-il à dire à tout le monde qu'il devait voir quelqu'un ? Et une fille en…
Le noiraud écarquilla les yeux, comprenant soudainement.
Cette phrase lui était indirectement adressée. Il voulait qu'il sache qu'il devait voir une fille, qu'il n'était pas gay. Pourquoi se donner cette peine… ?
« Ca sonne faux… Pourquoi il fait ça… ? »
- Non mais tu déconnes !! hurla Naruto. Tu viens à aucune répèt' de toute la semaine et maintenant t'arrives comme un prince et tu dis que tu dois repartir aussi sec ?!
- Baka… souffla le noiraud. On connaît tous toutes les chansons sur le bout des doigts. On fait une fois la tracklist complète et c'est réglé. Et arrête de gueuler ou je me casse tout de suite.
- Ca va mal aller si tu fais foirer le concert demain, Teme !!
- On perd du temps, là, lança Kiba. Allez, on commence… Et un, deux, trois, quatre !
Tous les instruments se mirent à jouer malgré la mauvaise ambiance dans la salle, chacun essayant de noyer leurs sentiments dans la musique, que ce soit de la colère, de l'incompréhension ou de la gêne. Toutefois, le bassiste n'arrivait pas à chasser la pensée qui lui torturait l'esprit.
Bon sang… Pourquoi Sasuke n'assume-t-il pas son homosexualité… ?
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La jeune fille finit d'ajuster son corsage avant de jeter un coup d'œil à son horloge.
18h30. Il ne devait plus tarder…
Finalement, Sasuke Uchiwa avait cédé à ses charmes… C'est Sakura qui allait être verte de jalousie.
Lingerie sexy, bougies, parfum aux vertus soient-disant érotiques, elle n'avait rien laissé de côté pour exciter le noiraud qu'elle désirait dans son lit depuis bien longtemps avant qu'il ne cède finalement à ses avances. Les messages qu'il lui avait envoyés étaient clairs sur ses intentions. Elle avait été étonnée de son intérêt soudain envers elle. Pourquoi maintenant ? Pourquoi le dire aussi ouvertement ?
Elle chassa rapidement toutes ces questions en se disant que, comme dit le dicton, mieux vaut tard que jamais.
Soudain, on toqua à la porte.
Son cœur se mit à battre à cent à l'heure alors qu'elle approchait de la porte d'entrée. Heureusement que ses parents avaient décidé d'aller manger chez la famille Nara ce soir-là…
- Bonsoir, Sasuke…
- … Salut.
« Hmm, trop sexy en plus… », pensa la jeune fille en s'empourprant légèrement. Le garçon devant elle l'observait, son regard onyx profond la détaillant avidement tandis qu'il mordillait l'anneau qu'il portait à la lèvre inférieure.
- Ca te plaît… ? murmura la jeune fille en se cambrant de côté en une pose aguicheuse.
- Ca me plaît, souffla le noiraud sans grande conviction en la prenant par la taille.
Sans plus attendre, Sasuke plaqua la fille contre le mur, ses lèvres à peine espacées des siennes.
- Waou… chuchota la jeune fille. Tu vas vite en besogne…
- Ca te dérange ?
- Pas du tout…
Il prit alors vivement la bouche offerte entre ses lèvres.
Le baiser n'avait rien de tendre. Fougueux, bestial et sauvage, la langue chaude du noiraud qui venait caresser la sienne traduisait aisément les projets qu'il avait pour elle. Elle s'amusait à emprisonner la petite boucle de métal entre ses lèvres, avant que celles de Sasuke ne viennent se renfermer avec ardeur sur la petite boule qu'elle portait à la langue, arrachant de petits gémissements à son amante.
- Ta chambre… ? demanda le garçon d'une voix rauque.
- Au bout du couloir…
Reprenant le baiser, il plaqua ses mains sur les fesses de la jeune fille et la souleva, pendant que cette dernière entourait la taille du noiraud entre ses jambes nues. Il traversa le hall d'un pas rapide avant de se retrouver face au miroir qui accueillait les visiteurs à l'entrée de la chambre. Il observa son reflet, la jeune femme accrochée à lui, sa longue queue de cheval blonde descendant jusqu'au bas du dos, les deux mains pâles soulevant légèrement la mini-jupe de l'autre. Le jeune homme dans le miroir semblait gravement l'accuser.
Est-ce vraiment ce dont tu as envie, Sasuke ?
Agacé, il détourna vivement son regard et trouva enfin le lit, déposant doucement la fille dessus avant de recouvrir son corps du sien, l'embrassant à nouveau avec fougue. Il se redressa un instant pour se débarrasser de son T-shirt, révélant son torse finement musclé et imberbe à la blonde, qui sembla entièrement satisfaite par la vue offerte.
Sasuke posa alors sa bouche sur le cou de sa partenaire, l'embrassant et le léchant avec volupté, pendant que l'autre laissait échapper de longs gémissements de plaisir au contact simultané de la fraîcheur du métal et de la langue embrasée du noiraud. Sa main remonta doucement le long de la cuisse de la blonde et se rendit finalement compte que celle-ci ne portait pas de sous-vêtements. Il continua son ascension et se retrouva alors…
Et non. C'est pas ce que t'espérais, hein, Sasuke ?
Maudissant ses pensées, le noiraud les chassa vivement alors que ses doigts se mirent à caresser l'intimité de la blonde, qui se cambra en poussant un petit cri devant la dextérité tactile du garçon. Ses longs doigts, déjà passablement humides devant l'excitation de la fille, continuaient d'attiser son bas-ventre avec habileté alors que son propre membre se gorgeait peu à peu de désir.
Au bout de plusieurs minutes, Sasuke se laissa tomber sur le dos aux côtés de la blonde, dégrafant sa boucle de ceinture et abaissant son pantalon. Son amante se redressa et retira entièrement le jeans du noiraud, avant de se concentrer rapidement sur le membre érigé à travers le caleçon sombre. Elle le descendit doucement, découvrant peu à peu le sexe considérable, alors que le regard de Sasuke se perdait sur le plafond. Sa respiration se bloqua un instant en sentant la gaine humide et serrée autour de sa virilité, pendant que la blonde entamait un mouvement soutenu de va-et-vient oral.
Comme Neji le faisait sur la queue de Shikamaru.
Le noiraud étouffa un gémissement à cette pensée malgré lui, pendant qu'un nouvel afflux de sang venait gorger son membre amplement tendu. Il ferma les yeux et se laissa envahir par les images de l'autre noiraud, plus excité à cette pensée qu'aux sensations que lui apportait sa partenaire et au piercing qu'elle portait à la langue. Sa respiration commença à se faire de plus en plus saccadée alors qu'il revoyait le regard vicieux que Neji lui lançait à travers son écran d'ordinateur…
Sasuke se redressa et releva vivement la tête de la jeune femme, avant de reprendre ses lèvres en bouche en la faisant basculer sur le lit. Il détacha à nouveau ses des siennes alors qu'elle écartait les jambes et qu'il se plaçait entre elles.
- Ino… Tu…
- Je prends la pilule.
- Et…
- J'ai fait le test le mois passé. Je suis clean… Toi ?
- Pareil.
- … Alors, viens…
Il roula doucement des haches jusqu'à ce que son extrémité trouve le contact chaud et humide de l'intimité de son amante. L'image de Neji l'envahit une dernière fois avant qu'il ne la pénètre d'un coup vif, arrachant un hurlement de plaisir à Ino sous lui.
Lui aussi avait l'air de beaucoup crier, hein, Sasuke ?
Le noiraud gémit doucement en entamant une série de puissants va-et-vient à l'intérieur de la fille, qui ne pouvait contenir ses cris de satisfaction devant la virtuosité de Sasuke au sport de chambre. Leurs corps couverts de sueur fine glissaient l'un contre l'autre, le noiraud accélérant la cadence. Il voulait en finir vite.
Ce n'est pas ce que tu espérais, n'est-ce pas ?
La jeune fille se tendit brusquement en étouffant un cri sous l'effet d'un voluptueux orgasme qui l'avait envahit. Sasuke donna encore quelques coups de reins avant qu'il n'ose finalement demander :
- Ino… On essaie par derrière ?
La jeune fille, le regard embué, haussa un sourcil devant la demande incongrue de son partenaire. Elle acquiesça doucement au bout de plusieurs secondes, se disant qu'elle ne pourrait rien refuser à un dieu du sexe comme l'Uchiwa.
Le noiraud esquissa pour la première fois de la soirée un sourire. Il se retira vivement de l'antre humide avant que la blonde sous lui ne se mette à quatre pattes.
- Vas-y doucement… murmura-t-elle dans un souffle.
Il profita du lubrifiant naturel de la blonde afin d'enduire doucement le pourtour de l'intimité plus étroite de celle-ci. Sa virilité, rendue déjà glissante par leurs précédents ébats, commença alors à forcer l'entrée exiguë d'Ino qui étouffait un cri dans son coussin ; Sasuke jubilait dans la sensation de son membre dans un espace aussi serré, se disant que tout serait parfait si seulement…
Si seulement c'était un mec à la place.
Les cris de la jeune fille s'amplifiaient à mesure que son intimité se faisait de plus en plus élargir par l'imposant sexe du noiraud… Mais Sasuke n'en avait cure. Tout ce qui comptait, c'était cette béatitude prodigieuse qui envahissait chaque cellule de son corps, cette béatitude qui continua de grandir alors qu'il commença à coulisser à l'intérieur de la blonde.
Lâche la bête, Sasuke.
Il soupira de bonheur, se retenant de donner de puissants coups de reins…
LACHE LA BETE !!
- OUI !!
Le noiraud commença alors à se déhancher sauvagement à l'intérieur d'Ino, celle-ci hurlant de plaisir et de douleur, alors que son amant l'empoignait violemment par les cheveux, l'attirait contre lui au rythme de ses va-et-vient effrénés. Il ne parvenait plus à contenir ses gémissements tant l'approche de l'orgasme lui faisait oublier toute retenue…
La blonde se cambra soudainement sous l'effet d'un deuxième orgasme alors que le noiraud accéléra encore plus la cadence, son plaisir n'allait plus tarder, le temps de revoir une dernière fois l'image du bassiste prononçant son nom au moment de jouir que…
Sasuke explosa alors dans l'intimité de la fille en se tendant brutalement, effectuant encore quelques coups de reins le temps que sa volupté ne se déverse entièrement.
Il se laissa tomber sur le lit, essoufflé et ruisselant de sueur, en sentant vaguement Ino se blottir contre lui. Le regard du noiraud se perdit dans le plafond pendant que sa respiration se calmait graduellement.
Heureusement que le souvenir de Neji était là pour t'exciter et te faire jouir, n'est-ce pas, Sasuke ?
Le noiraud s'agaça une nouvelle fois pour cette pensée tandis qu'il remarqua soudainement le visage d'Ino beaucoup trop prêt du sien à son goût. Il fronça les sourcils.
- Hum… Je peux fumer dans ta chambre ?
- Bien sûr…
Elle s'approchait imperceptiblement à la recherche de sa bouche lorsque Sasuke se détourna d'elle avant de chercher son pantalon au pied du lit tout en remettant son sous-vêtement en place. « Il redevient le Sasuke que j'ai toujours connu », soupira Ino. « Déjà qu'il a pas eu le moindre intérêt pour ma poitrine… »
Elle se mit à bouder silencieusement pendant que le noiraud commença à se rouler une cigarette, l'ignorant complètement. Après quelques secondes, il coinça sa sèche entre ses lèvres et l'alluma, tirant une longue bouffée avant de la recracher avec lenteur. Ino, vexée, se retourna dans le lit.
Hé hé, elle est fâchée, la petite… Pourtant, elle devrait être fière d'avoir été la dernière chatte que tu auras visité, hein, Sasuke ?
Sasuke ne sourcilla pas à cette ultime pensée.
