Chapitre neuf : Giving In
Tu
as été trop faible, petit frère.
Jouet du destin.
Mutilé
par la vie.
Tout comme moi.
Toi et moi sommes pareil, petit
frère.
Des enfants de la Mort…
- NOOON !!
Sasuke se redressa, en sueur et le cœur battant à tout
rompre. Son regard se mit à scruter autour de lui.
Putain, je
suis où ?!
- Bonjour, Sasuke…
Le noiraud tourna son regard vers l'encadrement de la porte.
- Qu'est-ce que je fous là ?!
Il avait été couché entièrement habillé dans un lit qui n'était pas le sien. Dans une chambre qui n'était pas la sienne.
- Ne t'en fais pas, lui dit la fille d'une
petite voix. Tu t'es juste évanoui et Neji t'a ramené… Il est
sorti pour le moment.
- Hinata, s'il te plaît… répliqua
Sasuke d'un ton agacé. Qu'est-ce que c'est que cette histoire
? Quelle heure est-il ?
La fille eut un sourire timide. Elle lui expliqua qu'apparemment, la veille, après la fin de leur dernière chanson, le groupe l'avait cherché partout avant que Neji ne le retrouve dans l'arrière-cour du Anbu contre le grillage. Après un rapide check-up de son état – ses études de médecine le lui permettant –, Neji avait constaté qu'il fallait le laisser dormir et ce fut avec l'aide d'Asuma qu'ensemble, ils avaient emmené Sasuke chez le bassiste afin que ce dernier garde un œil sur lui pendant la nuit.
- Et il est onze heures du matin. Si tu as besoin de quelque chose, je serai dans la cuisine, finit-elle d'ajouter avant de refermer la porte.
Sasuke serra fortement les poings, faisant blanchir ses jointures.
Itachi.
Espèce de mon…
Les yeux de Sasuke s'écarquillèrent brusquement.
C'est aussi de monstre que je traitais papa quand il me rejoignait dans mon lit le soir.
Mensonges.
Il se leva, chancelant, se
retrouvant nez-à-nez avec un grand miroir
mural.
Mensonges…
Lentement, il retira son
protège-poignet, découvrant les fines cicatrices rougeâtres qui
ornaient sa peau pâle.
Remember 02.12.97
Espèce de
monstre…
C'est toi l'unique monstre de la famille… !
Et
s'il disait la véri…
NON ! Il ment ! Il ment !!
D'un
mouvement furieux, il prit sa housse de guitare en main et fouilla
dans la poche latérale, faisant tomber divers objets au sol. Après
plusieurs secondes, il en sortit un petit mouchoir consciencieusement
plié et le déroula avec rapidité ; un petit rectangle métallique
lui retomba alors au creux de la paume.
Te voilà…
Sans
qu'il n'ait à réfléchir, l'éclat vif du petit métal vint
embrasser les anciennes plaies du noiraud, s'enfonçant doucement
dans la peau et glissant au fil des lettres, faisant jaillir une
traînée rouge vif qui se mit lentement à couler le long de
l'avant-bras de Sasuke. Empli d'une béatitude malsaine, les
paupières closes, ce dernier laissa tous ses tourments s'échapper
au même rythme que les quelques gouttes de vie qui roulaient en
direction de son coude ; peu importait la douleur, peu importait les
souvenirs ; tout ce qui comptait en ce moment était cet
engourdissement merveilleux qui occupait tout son être et toute son
âme.
The razorblade kiss.
Au
bout de plusieurs minutes, lorsque tous les chiffres et toutes les
lettres furent baignés dans une lueur écarlate, Sasuke commença
alors à reprendre progressivement contenance. Il porta doucement le
long filet de sang à ses lèvres, léchant consciencieusement la
traînée rouge vif avant d'arriver sur sa plaie fraîchement
ouverte et de l'embrasser doucement, aspirant la peine qui tentait
de s'échapper. Le goût métallique du liquide chaud envahit sa
gorge alors qu'il laissait l'engourdissement de la douleur
s'estomper.
Au moins pensait-il à autre chose pendant plusieurs
minutes.
Lorsque la coagulation de sa blessure fut terminée,
Sasuke soupira bruyamment, les yeux profondément vides.
Je te
tuerai, Itachi.
Il fit quelques pas pour retourner au lit, le
lit dans lequel toute sa tourmente avait commencé un peu plus d'une
semaine auparavant. Il revit un instant l'étreinte charnelle et
voluptueuse de Neji et Shikamaru, soupira encore, n'ayant plus la
force de lutter contre ses pensées. Il remit son protège-poignet en
place, serra les dents un instant devant la douleur éprouvée, avant
que son pied ne heurte un petit objet. Son souffle se coupa un court
instant au moment où il baissa les yeux.
La petite boîte
métallique offerte par Kimimaro.
Il avait complètement
oublié son existence.
Avec ça, plus rien ne te semblera
impossible.
Plus rien ne me semblera impossible.
Même
tuer quelqu'un.
Tuer quelqu'un…
Tuer Itachi.
Il
prit la petite boîte entre ses doigts et l'observa
longuement.
Vas-tu oser franchir le pas ?
La peur et
l'excitation se mirent à grandir en lui.
Tu t'aventures
sur un terrain très dangereux, Sasuke.
Qu'est-ce qu'il
en savait lui, Kakashi ? Lui pour qui tout avait toujours réussi ?
Lui qui avait fait de brillantes études avant de devenir un
psychothérapeute reconnu ? Que pouvait-il savoir de la douleur que
Sasuke ressentait chaque jour ? Du vide qu'il avait au fond du cœur
? Du désir de vengeance qui lui dévorait l'âme ?...
Lentement,
le noiraud ouvrit le petit couvercle pour y découvrir quatre petits
carrés pliés d'aluminium. Il inspira longuement avant d'en
prendre un avec délicatesse et de l'ouvrir jusqu'à découvrir
un petit tas de poudre blanche, ressemblant à s'y méprendre à du
sucre glace. Ses doigts se mirent à trembler.
Ne réfléchis
pas.
Machinalement, comme il l'avait si souvent vu dans les
films, il laissa glisser la poudre sur la commode avant de sortir une
carte de crédit de son porte-monnaie et de rassembler la poudre en
une fine ligne.
Ne réfléchis pas.
Il sortit un ancien
ticket de bus et le roula jusqu'à lui donner la forme d'une
petite paille. Il resta plusieurs secondes à la tourner entre ses
doigts, ses yeux rivés sur la commode.
Vas-tu oser franchir le
pas ?
Vas-tu oser prendre de la drogue ?
Vas-tu oser trouver la
force de tuer ton frère ?...
- Je tuerai Itachi, dit-il à voix haute à cette dernière pensée.
Mettant la fine paille dans sa narine droite, il se pencha lentement sur la commode.
XXXXX
En attendant que l'ascenseur ne
le mène à son étage, Neji tentait par tous les moyens de ne pas
réfléchir. Parler avec les serveuses du Anbu n'avait peut-être
pas été une si bonne idée, après tout.
Après que la porte se
soit ouverte, il traversa rapidement le couloir et s'engouffra dans
son appartement.
- Sasuke s'est réveillé il y a une vingtaine de minutes, lui annonça sa cousine lorsqu'il fit son apparition dans le séjour. Tu en fais une de ces têtes… Tu veux en parler ?...
Le noiraud haussa négligemment les épaules en retirant son long manteau noir. Non, il n'avait décidément pas envie d'en parler. Il devait d'abord… digérer.
- On en discutera plus tard, répondit-il lassement sans la regarder. Je vais voir comment va Sasuke et parler un peu avec lui.
Il
s'approcha lourdement de sa chambre et toqua à la porte. Après
avoir entendu quelques bruits sourds et indistincts, il tourna la
poignée.
Sasuke, debout devant sa commode, semblait anormalement
raide et tendu. Après un petit froncement de sourcils, Neji referma
la porte derrière lui, se disant que l'attitude de son ami devait
être due aux événements de la veille.
- Ca va, Sasuke ?
Son vis-à-vis répondit par un haussement d'épaules.
-
Pourquoi tu trembles comme ça ? continua Neji, trouvant l'autre
noiraud de plus en plus anormal.
- J'sais pas, répondit Sasuke
d'une voix morne. C'est peut-être parce que j'ai revu mon
frère hier soir, qui sait…
Neji déglutit sans quitter son vis-à-vis des yeux.
- Sasuke… commença-t-il doucement. Quand je t'ai retrouvé… Ton… ton pantalon était baissé et…
Il marqua une petite pause en s'éclaircissant la voix avant de continuer.
- Est-ce qu'il t'a…
- Non, coupa
abruptement Sasuke.
Les nerfs du bassiste semblèrent se relâcher.
- Ouf… soupira-t-il, rassuré. Je suis content qu'il ne t'ait pas touché…
Le petit spasme qui traversa le bras de Sasuke n'échappa pas au futur médecin. Il fronça à nouveau les sourcils et fixa son vis-à-vis intensément.
- Il
ne t'a pas touché, hein, Sasuke… ?
- Mais pourquoi tu
m'emmerdes avec ça, hein ?! explosa violemment l'autre noiraud
en mordillant nerveusement son anneau de piercing. Il m'a parlé,
m'a frappé à la tempe et je me suis écroulé, c'est bon, y'a
rien à ajouter, ok ?! Maintenant, tu me lâches avec ça !!
La réaction virulente de Neji ne se fit pas attendre et prit Sasuke au dépourvu. Il avait pris le guitariste par les épaules et l'avait plaqué violemment contre le mur, le retenant fermement. Sasuke, déboussolé, plongea ses onyx dans les grands yeux gris clairs de son vis-à-vis qui l'observait intensément.
- Tu vas m'écouter, Sasuke, et tu vas m'écouter attentivement, commença-t-il dans un murmure. La seule personne à qui j'aie révélé ce que je m'apprête à te dire est Shikamaru, cette espèce d'ordure dont j'ai appris il y a une semaine qu'il me trompait.
Sasuke, n'osant faire aucun mouvement, fixait le bassiste d'un air un peu apeuré.
- Si je permets d'insister sur ce point, Sasuke, c'est que je suis probablement la seule personne de ton entourage à savoir à quel point il faut rapidement en parler et te libérer de ce poids avant que la honte ne te ronge et qu'elle te fasse faire les pires conneries possibles.
Sasuke, abasourdi, fronça légèrement les sourcils pendant que Neji respirait profondément, comme si ce qu'il voulait lui dire lui restait coincé en travers de la gorge. Il baissa la tête, inspira longuement, expira bruyamment, avant de lever un regard embué sur son vis-à-vis.
- J'ai été violé il y a trois ans, Sasuke.
Le temps sembla s'être figé.
- Alors, je
répète ma question, continua Neji d'une voix tremblante. Est-ce
qu'Itachi t'as violé ?...
- N… Non… Il m'a juste…
C'est pas grave… C'est… C'est vraiment pas grave…
Sasuke baissa la tête en fermant les yeux et la détourna le plus possible du bassiste en face de lui. Les événements de la veille avaient accru sa fragilité… Non… Il n'allait pas pleurer… !
- Raconte-moi, Sasuke. Tu te sentiras mieux après… Et n'aies pas peur de pleurer.
Ce dernier serra les dents, empêchant les
larmes qui lui montaient aux yeux de ruisseler sur ses joues.
Si
seulement Neji n'était pas entré si vite dans la chambre… Il
n'aurait pas été sensible à ce point… La coke lui aurait donné
la force de ne pas pleurer… Mais non… Neji était entré trop
vite dans la chambre, il avait dû jeter le petit tas de poudre au
sol… Et maintenant, il était trop sensible, beaucoup trop
sensible…
- Laisse-moi… Laisse-moi, Neji… S'il te
plaît…
- Qu'est-ce qu'il t'a fait… ?
Sasuke étouffa un sanglot.
- Il… Il a… fait tomber mon pantalon…
et a… glissé sa main dans… dans…
- J'ai compris.
A ce moment, Sasuke trouva la force de lever un regard de biais sur Neji. Ses yeux onyx semblaient pleins de ressentiment derrière les larmes qu'il retenait.
- Je… Je te hais, Neji.
- Je
sais.
Un petit sourire bienveillant apparut sur ses
lèvres.
Sasuke se refrogna et tenta de se dégager de l'étreinte
de Neji.
- Attends, Sasuke…
- AIE… !
Le bassiste l'avait retenu par le poignet gauche et Sasuke n'avait pu retenir un petit gémissement de douleur. Neji fronça les sourcils en prenant délicatement la main de l'autre noiraud.
-
Qu'est-ce que…
- NON !... Ne regarde pas… ! Ne… NON
!
Neji tenta de retirer le protège-poignet du guitariste, mais celui-ci se débattit farouchement, jusqu'à se laisser glisser contre le mur. Neji ne lâcha pas prise.
- MAIS
LAISSE-MOI TRANQUILLE !
- Je suis désolé, Sasuke… Mais je me
sens obligé de le faire.
- NON ! Non, ne regarde pas… Non…
!
Un sanglot s'échappa des lèvres de Sasuke lorsque son vis-à-vis lui retira le dernier morceau de tissu le séparant sa faiblesse.
- Putain… Neji… Tu fais chier…
Une larme roula doucement sur sa joue.
- Pourquoi… Pourquoi tu fais ça, Sasuke… ?
Toute force avait quitté le corps de l'impassible Uchiwa. Les larmes roulaient sur ses joues alors qu'il avait appuyé sa tête contre le mur pendant que Neji passait ses doigts sur la fraîche blessure de son ami.
- Sasuke…
-
La ferme… La ferme, Neji… Je veux pas de commentaires… S'il
te plaît… La ferme…
Sans ajouter un mot, le bassiste approcha alors la blessure de ses lèvres et l'embrassa doucement. Sasuke leva la tête et regarda son ami faire, les yeux exorbités.
- Que… Qu'est-ce que tu fais… ?
- Il n'y
a que l'amour qui puisse guérir ces plaies, Sasuke… Je le sais
mieux que quiconque…
Lorsque son vis-à-vis releva les yeux, Sasuke remarqua qu'une larme glissait lentement sur la peau pâle de Neji.
- Toi aussi, tu…
- J'ai fait bien pire que me
mutiler les avant-bras, répondit Neji dans un sanglot. Je me suis
mutilé l'âme toute entière… Avant que Shikamaru ne me sauve…
Pourquoi il me fait ça…
Ce fut au tour du bassiste de fondre en larmes.
- Après… Après que cet homme m'ait
violé… Il… Il a montré la vidéo à mon oncle… En lui disant
que c'était moi… Que c'était moi qui avait voulu ça… Mon
oncle m'a renié de la famille, m'a coupé tous les vivres… Je…
Je n'avais plus de quoi vivre, de quoi payer mes études…
-
Et… Comment as-tu trouvé l'argent… ? demandé Sasuke d'une
petite voix, redoutant la suite.
Neji plongea ses grands yeux clairs dans les deux onyx de son vis-à-vis, les larmes ruisselant encore sur ses joues. Il esquissa un sourire plein d'amertume.
- Je me laissais prendre dans les douches, dans les toilettes, je tirais des pipes entre deux cours, parfois même, je prenais des cours du soir chez certains profs, je laissais ces vieux dégoûtants passer leurs mains sous mon T-shirt, sous mon boxer, jusqu'à ce qu'ils finissent par me détruire quand ils m'amenaient dans leurs lits, tout ça pour récolter quelques yens, que j'aie de quoi manger le jour suivant, pour recommencer encore ce même jour, pour que tout le monde me passe sur le corps, que tout le monde me baise jusqu'à ce que je n'aie même plus la force de me lever… Et ça, ça a duré près d'une année.
Le sourire ne s'était pas évanoui de son visage.
- Alors ?... Qu'est-ce que ça te fait d'avoir une pute devant les yeux ?...
Neji
sort de son école, tête basse. Il ne veut pas croiser tous ces
regards pleins de dégoût envers lui, même si certains garçons qui
osent le rabaisser sont pour la plupart ses « clients ». Il s'en
fout.
Personne ne sait ce qui se cache derrière mes yeux. Ils ne
savent pas.
Personne ne le saura jamais.
Voilà bientôt une
année qu'il ne peut se regarder dans une glace. Il se dégoûte.
Il se déteste.
Il sort un paquet de cigarettes de sa poche, en
retire une et la coince entre ses lèvres. Un garçon s'approche
rapidement de lui.
- Tu veux que je t'allume ?... lui dit-il, une lueur malsaine au fond du regard.
La même lueur
qu'ils ont tous. Cette lueur qui lui fait se sentir comme un paquet
de viande.
Il allume sa cigarette à l'aide du briquet de son
vis-à-vis.
- Qu'est-ce que tu me veux ? lui demande Neji
sans lever le regard et en tirant une bouffée de sa cigarette.
-
Ton cul, lui répond abruptement l'autre.
- Rien que ça… T'as
de quoi payer ?
- Hum… Je dois avoir 2000 yens au fond de mes
poches…
Neji hausse son arcade piercée en recrachant lentement la fumée.
- C'est pas avec ça que t'auras mon
cul, lui dit-il dédaigneusement. Au mieux, une pipe.
- Et
t'avales.
- Pas question.
- … OK, j'ajoute 500 yens et
t'avales.
- Pff… Si tu veux… soupire Neji en recrachant une
nouvelle volute de fumée avant de jeter sa cigarette plus loin.
Suis-moi.
Ils franchissent à nouveau les portes de l'école
et se dirigent à pas rapides vers les toilettes.
Au moins
aura-t-il de quoi manger pendant le week-end.
Une quinzaine de
minutes plus tard, Neji se rince le visage et la bouche aux lavabos.
Il déteste faire ça. Il se déteste un peu plus à chaque
fois.
Mais il n'a même plus la force de pleurer.
Soudain,
son portable se met à vibrer. Un message.
« Je suis prêt à
t'offrir 10'000 yens pour passer la nuit entière avec toi ce soir.
»
Neji ne connaît pas le numéro. Qui était donc prêt à payer
autant pour… ?
Il s'en fout.
Quelques messages plus tard,
ils conviennent d'un rendez-vous le soir même. Il était censé
retrouver sa cousine ce soir, mais tant pis. Il a trop besoin de cet
argent pour payer son premier semestre d'université.
L'autre
lui a donné son adresse personnelle. Celle-ci semble résonner dans
le cerveau de Neji, comme s'il l'avait déjà connue dans une
autre vie, mais il n'arrive pas à se souvenir pourquoi. Tant pis.
C'est un client comme un autre.
Lorsque, à l'heure convenue,
Neji arrive à l'adresse indiquée, son cœur manque de s'arrêter
dans sa poitrine.
Il connaît très bien la personne qui habite
dans cette maison.
Pourquoi lui… ?
Il sonne à la porte d'une
main tremblante. Après quelques secondes, un garçon semblant surgir
d'une autre vie apparaît devant ses yeux.
- Salut, Neji. Ca
faisait longtemps. Tu croyais qu'en changeant d'école je
n'arriverai pas à te retrouver... ?
- Pourquoi toi ?... C'est
justement à cause de ça que j'ai changé d'école, abruti…
Pourquoi tu m'as contacté ?
- Il paraît qu'il faut te payer
pour passer du temps avec toi, répliqua l'autre dans un sourire.
Alors, je paie.
Neji déglutit difficilement. Il aurait voulu
laisser ses anciens amis hors de sa nouvelle vie. De son nouveau
travail.
L'autre l'invite à entrer ; il connaît très bien
les lieux pour y avoir si souvent passé du temps il y a quelques
mois de ça. Il se retrouve dans la chambre dans laquelle les deux
amis avaient si souvent innocemment joué.
Ce n'est plus avec
autant d'innocence qu'ils allaient y jouer cette fois-ci.
- Combien j'ai dit que je te donnais ? Dix mille ou quinze mille ?... Bah, c'est pas grave, prend quinze mille…
L'autre lui tend l'argent pendant que Neji retire son manteau, tentant de ne pas être estomaqué devant la somme offerte. L'autre s'asseye sur le lit et l'invite à en faire de même.
- Bon… Qu'est-ce que tu veux pour quinze mille yens ?... Je te préviens, tout ce qui est uro, scato ou zoophilie, t'oublies, même si t'ajoutes un million.
L'autre rit doucement en le rassurant.
- Alors quoi ? Tu veux la totale, pipe, baise,
après éjac' faciale ?
- Rien de tout ça.
- Je pige pas…
T'es comme l'autre dérangé qui voulait que je le fouette ?!
-
Encore raté, lui répond l'autre dans un petit rire.
- Je
m'attends au pire dans ce cas, rétorque Neji en se refrognant.
Dis-moi ce que tu veux.
L'autre lui sourit tendrement.
- Ca fait longtemps qu'on ne se voit pas, Neji. Je veux simplement discuter.
Ce dernier part dans un rire forcé.
- Bon,
il est où le piège ? Tu me paies quinze mille yens juste pour
parler ?
- Exactement. C'est pas ton corps que je veux, Neji…
C'est simplement… toi.
L'autre, interloqué, se sent
soudainement ému. Personne ne lui avait jamais parlé en tant que
personne depuis bien longtemps…
Ils passent toute la nuit à
discuter de tout et de rien, comme deux amis qui se retrouvent. Le
lendemain matin, Neji tente de rendre l'argent, mais l'autre
refuse.
Et tous les vendredi, leur manège recommence. Ils
discutent, rient, boivent un peu parfois, le seul jour de la semaine
durant lequel Neji récupère un peu de son humanité.
Et c'est
ainsi que, petit à petit, Neji apprit à aimer la vie, apprit à
aimer cet homme, cet homme qui, chaque vendredi, ne tentait rien
d'autre que de discuter avec lui.
Au bout de deux mois, Neji ne
supporta plus de se donner à quelqu'un d'autre que cet homme
qu'il aimait profondément, cet homme qui lui avait réappris peu à
peu à se respecter, à respecter son corps. Il arrêta tout,
refusant n'importe quel client, même le plus offrant, son aimé
l'aidait dans ses finances, il lui avait même proposé son toit le
temps qu'il prenne un appartement avec sa cousine, comme il était
convenu de faire.
Bien qu'il avait l'envie (réciproque) de
coucher avec lui, Neji avait peur de salir le corps de l'autre, il
avait peur d'avilir cette âme si pure qui avait été la seule à
le considérer comme un être humain. Ce ne fut que six mois après
que Neji l'ait revu qu'il avait pour la première fois fait
l'amour, qu'il s'était uni à Shikamaru… celui qui l'avait
sauvé.
- Neji… souffla Sasuke dans un murmure.
T'es… T'es pas une pute…
- C'est ce que Shikamaru me
disait toujours, quand je disais que je ne voulais pas qu'il me
touche parce que j'étais sale, répondit le bassiste en séchant
ses larmes d'un revers de bras. Sans lui, je me serai probablement
jeté sous un train tellement je me dégoûtais… Je lui dois
énormément…
Neji soupira bruyamment en baissant la tête.
- Je ne comprends pas pourquoi il me trompe. J'ai
l'impression de revenir en arrière…
- Hey, Neji… Dis pas de
conneries. Le passé, c'est du passé.
- … Et c'est toi qui
dis ça ?
Sasuke se refrogna une nouvelle fois, son regard triste se perdant dans le vide.
- Excuse-moi, Sasuke… lui dit l'autre en prenant sa main dans la sienne. Je ne voulais pas dire ça…
Neji recommença à passer deux doigts sur la blessure au creux du poignet de son ami. Ce dernier ne réagit pas.
- Je veux juste… continua le bassiste. Je veux juste… Que tu me promettes de ne plus te faire du mal comme ça…
A nouveau, il approcha la plaie de ses lèvres et l'embrassa doucement, provocant un frisson qui traversa l'échine de Sasuke.
- Qu'est-ce que tu fais… ?
- Chuuut, ne dis
rien… Ne dis rien, s'il te plaît…
Neji continua
d'embrasser la peau mutilée de l'autre, puis remonta doucement
en direction de la paume. Ses baisers étaient doux, sensuels, ils
déversaient une douce chaleur qui commença à se diffuser dans tout
le corps de Sasuke. Ce dernier ne tenta pas de résister.
Voyant
une réaction positive, Neji remonta doucement le long du majeur de
l'autre noiraud, passant sa langue sur toute la longueur du doigt.
L'autre frissonna en levant son regard, observant les gestes du
bassiste.
- Neji… Fais pas ça… susurra-t-il, le souffle de plus en plus court.
Pour toute réponse, l'autre noiraud
plongea ses yeux dans ceux de son vis-à-vis avant de prendre le
doigt entièrement en bouche, le suçant avidement sur toute sa
longueur, serrant la gaine au fur et à mesure de ses
allers-retours.
Sasuke étouffa un petit gémissement. Ce
regard… Ce même regard qui l'avait hypnotisé de l'autre
côté de la webcam…
- N… Neji…
- Chuuut…
Le
bassiste posa l'index tendu sur les lèvres de l'autre en lâchant
sa main, s'approchant doucement de ses lèvres. Sasuke, les yeux
écarquillés, sentit ses mains commencer à trembler.
Alors, très
suavement, Neji posa ses lèvres sur celles de l'autre noiraud. La
bouche de ce dernier était fébrile… mais il ne le repoussa
pas.
Le baiser était tendre, sensuel, Sasuke ne s'attendait pas
à ce qu'un homme s'y prenne avec autant de douceur et volupté.
Il ferma les yeux, se laissant envahir par les sensations, la tête
vidée de toute pensée, appréciant simplement le contact des lèvres
sucrées de l'autre noiraud. Brusquement, Sasuke se gorgea de
courage et rendit fougueusement le baiser, glissant avec ardeur sa
langue entre les lèvres du bassiste, qui se tendit un instant en
passant sa main dans les cheveux corbeau de Sasuke et les agrippant
sous l'effet du désir montant au creux de lui… Le baiser
continua de gagner en intensité et en passion ; Neji coinçait la
petite boucle de métal entre ses lèvres pendant que Sasuke laissait
échapper un petit gémissement, avant de jouer avec sa langue contre
celle du bassiste, s'entrelaçant avec fougue en un voluptueux
combat charnel…
Lentement, sans interrompre le baiser, Neji
passa ses mains dans le dos de l'autre noiraud, caressant avidement
les courbes de ses muscles fins sous le tissu, puis, voyant le corps
de Sasuke devenir de plus en plus brûlant, le débarrassa de
l'encombrant T-shirt avant de reprendre ses lèvres en bouche. Il
passa un doigt entre les pectoraux du guitariste, chassant les
quelques gouttes de sueur qui y avaient perlé, puis, d'une douce
pression du poignet, incita Sasuke à se coucher sur le dos pendant
que le bassiste recouvrait son corps du sien.
Sasuke soupira à
l'oreille de l'autre ; ce dernier embrassait avec passion le cou
du noiraud pendant que ses doigts étaient venus exciter la pointe de
son téton. La chaleur dans la chambre devint de plus en plus
intenable à mesure que leurs deux corps se consumaient d'excitation
et de désir…
La bouche de Neji se mit à descendre
progressivement, embrassant son torse, léchant le creux de son
ventre fébrile pendant que, d'une main experte, il dégrafait
rapidement la boucle de ceinture, caressant avidement au passage le
membre dressé au travers du fin tissu du sous-vêtement. Le regard
de Sasuke se perdit à nouveau dans le plafond, alors qu'il
haletait sous les baisers de l'autre noiraud à présent au creux
de son nombril. Il sentit l'élastique de son caleçon descendre
doucement…
- Non… ! Neji… Arrête… S'il te plaît…
L'autre stoppa lentement ses mouvements, puis, plongeant son regard au fond des yeux sombres et inquiets de Sasuke, il posa délicatement sa tête au creux du ventre de ce dernier, la pointe du doigt excitant toujours sa virilité sur toute sa longueur. Le visage de Sasuke se crispa en lâchant un petit râle pendant qu'une goutte de sueur lui traversait la tempe.
- Dis… souffla Neji d'une voix légèrement rauque. Tu veux vraiment que j'arrête ?...
Ce foutu regard !…
Sans
le quitter des yeux, Neji continua à descendre lentement le
sous-vêtement jusqu'à révéler l'extrémité du membre et d'y
passer furtivement la langue. Sasuke se cambra et faisant basculer sa
tête en arrière.
- En… Enfoiré… murmura-t-il, haletant.
Le bassiste sourit un instant avant de promener
voluptueusement sa langue autour de l'extrémité du membre,
faisant se tendre l'autre un peu plus alors que ses doigts se
crispaient. Le large pantalon ébène finit par glisser entièrement
le long des jambes de Sasuke, entre lesquelles Neji se plaça avant
de retirer son propre T-shirt noir, faisant paraître la peau pâle
qu'il cachait bien plus have qu'elle ne l'était en réalité.
Ses deux mains vinrent se plaquer sur les genoux de l'autre et
remontèrent vivement le long des cuisses de Sasuke en provoquant un
long frisson qui lui parcourut le dos. Les lèvres douces du bassiste
retrouvèrent le contact du membre gorgé de désir de l'autre
noiraud, l'embrassa suavement et, plongeant à nouveau son regard
dans les onyx de Sasuke, prit sa virilité entièrement en
bouche.
Sasuke étouffa un cri pendant que son dos se cambrait
sous l'effet du plaisir, basculant brusquement sa tête en arrière
et surélevant son torse perlé de sueur. Un afflux de sang vint
gorger son membre entre les lèvres de l'autre qui commençait
alors un sensuel mouvement de va-et-vient, resserrant un peu plus la
gaine humide. Les deux mains de Neji continuèrent de remonter sous
le sous-vêtement de l'autre, avant que ses pouces ne viennent
masser délicatement l'aine du guitariste, frôlant au passage les
bourses durcies.
La respiration forte de Sasuke se transforma peu
à peu en une longue suite de râles et de gémissements à mesure
que l'autre noiraud accélérait la cadence, faisant heurter
l'extrémité de son membre au fond de sa gorge. Le sous-vêtement
finit par glisser entièrement le long de ses jambes alors que les
doigts de Neji caressaient avidement les bourses de l'autre,
commençant alors peu à peu à traduire leur impatience…
Doucement,
le bassiste commença alors à freiner son mouvement oral,
s'attardant un instant sur l'extrémité, avant de se redresser
et de se remettre sur pied, laissant son propre pantalon et son
sous-vêtement tomber au sol. Sasuke, frustré et haletant,
s'empressa de prendre la main que Neji lui tendait pour se relever
avant que ce dernier ne l'attire ardemment vers lui et ne
l'embrasse avec fougue, faisant leurs corps brûlants se tendre
l'un contre l'autre. Leurs deux virilités se mirent à rouler
l'une contre l'autre à mesure que Neji commençait à se
déhancher doucement contre Sasuke tout en l'incitant à avancer.
Soudain, le bassiste tomba sur le lit, entraînant l'autre dans sa
chute, qui recouvrit son corps sans interrompre le baiser fougueux
qui continua de faire monter la température entre les deux amants.
Leurs torses brûlants glissaient l'un contre l'autre, leurs
respirations saccadées et fortes révélant leur désir que le
contact s'intensifiât plus encore…
Sasuke se redressa
doucement, passant ses mains sur le torse de l'autre et se
retrouvant agenouillé entre les jambes écartées de son amant. Au
fond de ses yeux embués par le désir, Neji commença alors à y
lire une légère appréhension, une peur de l'inconnu face à
laquelle sa curiosité ardente avait du mal à résister. Le bassiste
eut un petit sourire alors qu'une main vint doucement caresser la
cuisse du noiraud, provoquant un autre frisson à travers son échine
tremblante d'excitation, pendant que son autre main se glissait
sous un coussin, y dénichant un petit tube de lubrifiant.
- N'aie pas peur… souffla Neji d'une voix douce alors qu'il déversait un peu du produit transparent au creux de sa paume.
Il se redressa et chercha à nouveau la bouche du guitariste, l'embrassant avec passion pendant que sa main trouvait le contact du membre raide de Sasuke, commençant le masturber avec avidité et diffusant le lubrifiant sur toute la longueur de la virilité. Le guitariste émit un nouveau gémissement devant la dextérité de l'autre, ses muscles tendus par la crainte se relâchant peu à peu. Le baiser s'interrompit graduellement avant que le corps de Neji ne bascule à nouveau sur le lit avec lenteur et qu'il ne place ses jambes sur les épaules robustes de l'autre noiraud. Il lui sourit doucement, une lueur vorace au fond du regard.
- Viens, Sasuke…
Sasuke inspira profondément, mal-assuré. Devinant aisément l'inexpérience de ce dernier, Neji prit délicatement le membre, le guidant pendant que l'autre se penchait un peu plus vers son torse. Lorsqu'il sentit l'extrémité du sexe contre son intimité, ce fut au tour de Neji de prendre une forte inspiration en plongeant son regard dans les deux onyx.
- Je suis à toi… Sasuke.
Sans le quitter des yeux et dans un
râle de plaisir, Sasuke logea d'un coup de rein son membre en
Neji.
Ce dernier, brutalement envahit par la souffrance et le
bien-être, étouffa un cri en serrant les dents, son dos traversé
par des frissons interminables. Avec douceur, Sasuke se mit alors à
coulisser en l'autre noiraud, gémissant de plus belle devant le
plaisir que lui procurait ce corps d'homme…
Embrasé, Sasuke
accéléra un peu plus ses déhanchements à mesure qu'il sentait
Neji se détendre, ses gémissements s'accroissant encore sous les
martèlements fougueux à l'intérieur de lui.
- Vas-y… Plus fort… Sasuke… !
Une nouvelle onde parcourut le corps de ce dernier en entendant soupirer son nom ; un coup de rein brutal engloutit entièrement son membre dans l'intimité de Neji.
- Aaaah… !
Sasuke venait de heurter la prostate de Neji, le faisait se tendre violemment en criant de plaisir.
- Encore, Sasuke… ! AAAAH !!
L'Uchiwa entama une série de
puissants déhanchements à l'intérieur de l'autre en haletant
pendant que Neji continuait de hurler son bien-être, son visage
crispé par le plaisir. La sueur recouvrait leurs corps vibrant dans
la même onde de luxure, tremblants, se tendant, frissonnants à
mesure que Sasuke pénétrait l'autre avec de plus en plus de
fougue et de vigueur. Il le sentait, l'apogée de son plaisir
n'allait plus tarder, sa virilité ne demander qu'à exploser, le
temps de revoir une dernière fois le visage figé de bien-être de
Neji et…
Dans un cri de plaisir, le corps de Sasuke se tendit
brutalement alors qu'il explosait à l'intérieur son amant,
déversant entièrement sa semence à coup de déhanchements secs,
avant de s'effondrer contre le torse de Neji, exténué.
Leurs
respirations emballées mirent plusieurs minutes à se calmer, Neji
caressant doucement le dos encore brûlant de l'autre, un petit
sourire aux lèvres. Sasuke leva la tête, croisant le regard de
l'autre.
- Neji… T'as pas…
- T'as remarqué… ?
susurra l'autre en agrandissant son sourire. Effectivement… Mais
c'est pas toi, s'empressa-t-il d'ajouter en voyant Sasuke
blêmir. C'est moi qui me retiens… pour la suite…
- …
Quelle suite ? demanda le guitariste d'une petite voix.
Une lueur se mit à brûler au fond du regard de Neji alors qu'il se mettait à caresser d'un doigt le cou de son amant.
- Tant qu'on y est… Ca te dirait… d'essayer ?
Sasuke étouffa une exclamation en se sentant rougir. Comment Neji avait-il pu deviner que…
- Je… Je sais pas… balbutia-t-il en sentant à nouveau son souffle se raccourcir.
Neji se redressa lentement et se mit à embrasser avidement la peau frêle du cou de Sasuke qui sentit un nouveau frisson de désir lui parcourir l'échine.
- Laisse-toi aller… susurra Neji d'une voix empreinte d'envie. Je te ferais pas mal… J'irai en douceur…
L'autre noiraud ferma les yeux en poussant un petit râle, l'appréhension et la soif de curiosité exquise se mélangeant difficilement au fond de lui. Neji continua de lui embrasser voluptueusement le creux du cou tout en serrant le corps frémissant de son amant contre lui, une de ses mains glissant le long du dos jusqu'à atteindre la peau de pêche des fesses de Sasuke. Il les caressa, les massant avec douceur, jusqu'à ce que du liquide froid déversé en creux de ses reins ne fasse Sasuke se tendre contre le corps de l'autre. Neji avait laissé s'écouler le lubrifiant directement du tube, le liquide glissant maintenant dans la fente de l'Uchiwa, vibrant de plaisir. Neji sourit un instant avant de lécher doucement le torse de l'autre, s'attardant autour des mamelons avant de venir exciter la pointe du téton du bout de la langue. Sasuke étouffa un nouveau gémissement en crispant ses doigts dans les cheveux du bassiste. Il sentit ce dernier plonger un unique doigt dans sa rainure lubrifiée jusqu'à ce que le majeur trouve le contact de son intimité frémissante, avant d'en caresser doucement le pourtour…
- Aaaah !…
Sasuke se cambra brusquement au moment où l'autre avait inséré une première phalange.
- Détend-toi, Sasuke…
souffla l'autre à son oreille. Détend-toi et ça ira tout seul…
-
Aaah… !
Neji continua d'enfoncer lentement le doigt au fond de l'autre qui serrait les dents devant la douleur désagréable que provoquait se corps étranger en lui… Jusqu'à ce que, à mesure que Neji commençait à aller et venir doucement en lui, cette douleur se teinte peu à peu de plaisir, emplissant Sasuke d'un bien-être exquis qu'il avait peu souvent connu… Il poussa un petit râle en sentant un deuxième doigt venir le sonder, entré cette fois-ci sans souffrances et diffusant en lui une agréable chaleur… Au mesure que l'excitation le gagnait, Sasuke se surprit même à se déhancher légèrement sur les doigts, les faisant pénétrer plus en profondeur au fond de lui.
- P… Prend-moi, Neji… souffla-t-il, haletant.
Surpris devant l'impatience de l'Uchiwa, Neji esquissa un sourire en interrompant ses baisers.
- Il me tarde… susurra-t-il d'une voix légèrement rauque. Relaxe-toi et avance un peu… Non, reste à quatre pattes… D'expérience, je sais que c'est celle-là qui fait grimper le plus vite…
Alors que Sasuke le regardait
d'un air un peu apeuré, Neji lui sourit en soufflant un « bah
oui, c'est pour ça que je me suis mis sur le dos tout à l'heure…
» Le visage de Sasuke était tellement crispé par l'appréhension
et le désir que pas même un sourire put se lire dans ses
traits.
Pendant que Neji se mettait en place derrière lui, Sasuke
enfouit sa tête dans les draps, redoutant la suite. Son corps
tremblait de toute part alors qu'il sentit les mains de Neji sur
ses hanches…
- Hey, hey, relax… lui dit le bassiste d'une voix enjouée en lui embrassant le dos. Ca va aller… Détend-toi…
Les doigts de Sasuke se crispèrent sur les draps lorsqu'il sentit le membre de l'autre contre son intimité.
- … Je vais entrer, maintenant, Sasuke.
- Mhh…
AAAAH !!
Sasuke écrasa sa tête contre le coussin pour
étouffer le cri de douleur qui lui envahit la gorge lorsqu'il
sentit le membre de Neji enfoncer pour la première fois son entrée
vierge.
Le souffle coupé, les larmes commencèrent à monter aux
yeux de Sasuke. S'il avait su… S'il avait su que ses entrailles
se fendraient en deux de cette manière… !
Devinant la douleur
de son amant, Neji interrompit son intrusion et glissa une main en
direction de la virilité érigée de l'autre, commençant à la
masturber doucement afin que la douleur s'estompe.
- Neji…
J'ai trop mal… !
- T'en fais pas, c'est normal… souffla
l'autre en sentant la béatitude l'envahir. Tu verras, dans un
moment, c'est plus de douleur que tu crieras…
Sasuke, ne
trouvant pas la blague drôle dans un pareil moment, continua de
serrer les dents, priant de toute son âme que cette souffrance
s'arrête…
Alors qu'il n'y croyait plus, la meurtrissure
commença effectivement à décroître, laissant place à un plaisir
énorme qui le submergea pendant que Neji s'enfonçait de plus en
plus profondément en lui. Il laissa s'échapper un râle de
plaisir, le bien-être l'envahissant complètement.
- B… Bouge, Neji…
Souriant à pleines dents, ce dernier ne se le fit pas dire deux fois pour commencer à coulisser lentement dans l'autre noiraud, soupirant de bonheur à chacune de ses allées et venues.
- … Ca va, Sasuke ?
- … Plus
fort… S'il te plaît…
Se faire supplier dans un tel moment alluma Neji comme jamais ; un coup de rein brutal lui échappa, arrachant une énorme secousse de plaisir dans le corps de l'autre en poussant un cri voluptueux.
- Jamais aucune femme n'aurait pu te faire vibrer comme ça… soupira Neji, haletant.
A
mesure qu'il se déhanchait en Sasuke, le bassiste faisant heurter
son membre avec de plus en plus de force la prostate de l'autre,
accélérant la cadence et faisant crier de plaisir le noiraud sous
lui. Leurs deux respirations se transformèrent en une longue suite
de gémissements, cris, plaintes et râles, leurs corps enflammés se
balançant l'un contre à un rythme endiablé ; Sasuke perdit toute
notion de temps, de lieu, plus rien, rien ne lui importait à par ce
bien-être exquis qui montait, montait au fur et à mesure que Neji
le pénétrait avec force…
Soudain, le bassiste se tendit
brutalement dans son dos et Sasuke sentit un liquide chaud l'envahir
de l'intérieur ; ce fut la dernière vague de plaisir qui
parcourut son corps avec de se déverser une deuxième fois, leurs
deux cris de jouissance se rejoignant en une seule plainte de
bonheur.
Neji s'écroula sur le lit aux côtés de son amant,
exténué. Sasuke laissa retomber ses jambes avec néanmoins une
petite grimace de douleur et plongea ses onyx des les yeux clairs de
son vis-à-vis.
- Ca… Ca va, Sasuke ? demanda l'autre, encore haletant.
L'autre hocha doucement la tête, l'engourdissement du plaisir s'échappant peu à peu de sa tête.
- Déjà que j'ai pas dormi de la nuit, là, je suis vraiment mort, continua Neji d'une petite voix en fouillant dans sa table de chevet d'une main.
Après quelques secondes, il sortit un paquet de cigarettes et en tira une, la coinçant entre ses lèvres avant de tendre le paquet à Sasuke. Ce dernier, se disant qu'en rouler une serait au-dessus de ses forces en ce moment, accepta tout en jetant un regard de biais à l'autre.
- J'ai arrêté de fumer y'a une année, répondit l'autre dans un sourire en allumant sa cigarette. Mais t'en conviendras avec moi qu'après le sexe, ça passe toujours bien.
Sasuke prit le briquet et embrasa à son tour la pointe de sa cigarette, inspirant une longue bouffée avant de la recracher longuement.
- Je
peux utiliser ta douche ? demanda sobrement Sasuke.
- Sûr… Mais
si j'étais toi, j'éviterais de marcher pour le moment.
Il
esquissa un petit sourire en recrachant la fumée avant d'enfouir
sa tête dans le coussin en fermant les yeux. A peine quelques
secondes plus tard, son souffle calme et régulier envahit la pièce
pendant que la cigarette lui glissait entre les doigts ; il s'était
endormi.
Sasuke prit la sèche de l'autre entre ses doigts et se
redressa. Il serra les dents un instant devant la douleur que ses
reins lui lançait, mais décida de s'isoler quand même. Il
fallait qu'il se retrouve seul. Et vite.
Il écrasa rapidement
la cigarette à peine entamée de Neji dans le premier récipient
qu'il trouva tout en enchaînant les bouffées sur la sienne. Il
trouva son sous-vêtement et son pantalon, les enfilant aussi vite
que ses reins le lui permettaient. Il écrasa sa propre cigarette et
sortit de la chambre à la hâte, priant pour qu'Hinata ne se
retrouve pas par malheur sur son chemin.
Il trouva la salle de
bain et s'y engouffra rapidement, bloquant la serrure derrière
lui. Il se laissa glisser dos à la porte, ne sourcillant même pas à
la douleur lorsqu'il atteignit le sol.
Qu'ai-je fait… ?
Il
leva les yeux et se retrouva, pour son plus grand désarroi, face à
un miroir.
Alors, Sasuke ? C'est bon de se faire enculer ?
Ta
gueule. Ta gueule…
Il prit sa tête entre ses mains, la colère
envahissant ses membres. Il se mit à trembler de fureur alors que sa
vue s'embrouillait.
D'abord, tu te rends compte que t'es
pédé. Ensuite, tu pleures devant ton frère, tu le laisses profiter
de toi à sa guise. Après, tu sautes un mec et pire, tu le laisses
te prendre. Plus qu'un pas pour que ta chute soit totale, hein,
Sasuke ?…
La respiration de Sasuke se bloqua un instant
lorsqu'il se rappela la petite bosse dans sa poche. Engouffrant sa
main tremblante à l'intérieur, il retira la petite boîte
métallique.
Il l'ouvre. Sort un autre petit carré. Fait
tomber la poudre sur le carrelage froid. La rassemble en une fine
ligne blanche. Tire la paille artisanale de sa poche. La met
doucement dans sa narine. Se penche.
S'abandonne.
Se détruit.
