Résumé des chapitres précédents
L'histoire commence lorsque Lee, guitariste soliste des FoXxX, perd un doigt après une altercation avec Gaara dont l'explication reste encore floue. Les FoXxX sont obligés de trouver un remplaçant de dernière minute, et leur choix se porte sur Sasuke Uchiwa, malgré le fait que lui et Naruto, le leader/chanteur/guitariste ne l'apprécie pas du tout... Grâce à ses talents, Sasuke est vite intégré et retrouve un vieil ami, Neji, bassiste du groupe.
Au même moment, les tuteurs respectifs de Sasuke et Naruto, Kakashi et Iruka, semblent être amants depuis bien longtemps... Un problème: Iruka aime profondément Kakashi, pourtant celui-ci refuse catégoriquement de s'attacher à qui que ce soit, prônant la diversité... Pourquoi refuser d'aimer? Apparemment, cela aurait un certain rapport avec le piano de son salon, mais nous n'en savons pas plus.
Un soir, Kakashi propose à son ancien pupille un verre, mais arrive en retard au rendez-vous... Sasuke se fait aborder par un dealer, Kimimaro, qui lui refile gratuitement de la drogue en prétextant qu'elle l'aiderait à tuer son frère... le seul but que poursuit Sasuke. Kakashi arrive, furieux, et chasse Kimimaro... Pourtant, ils semblent se connaître... Comment?
Pendant ce temps, la mafia locale semble se mettre en marche et projette de s'emparer du Anbu, le bar tenu par Asuma... Itachi, membre chargé de s'en occuper, fait une incursion chez lui et joue un morceau de violon avait que Sasuke n'arrive et l'entende. Profondément perturbé, il ne sort pas de chez lui de la journée et discute sur MSN avec Neji, soûl, qui propose de le détendre en se vouant à un petit jeu de voyeur avec sa "copine"... Qui s'avère être Shikamaru. A ce moment, Sasuke découvre lentement son homosexualité, mais tente de la nier par n'importe quel moyen...
Le lendemain, Neji découvre que Shikamaru le trompe... avec une femme. Profondément blessé, il cherche à se venger.
Un nouvel arrivant dans la vie de Kakashi, Sai, est un bien singulier personnage incapable d'une quelconque émotion, mais très perspicace en ce qui concerne la psychologie des autres. Il ouvre les yeux de Kakashi sur les sentiments d'Iruka et celui-ci est profondément troublé. Il veut trouver par n'importe quel moyen les vrais sentiments du professeur à son égard, n'importe quel moyen...
Arrive le concert du groupe. Tout se passe à merveille... Jusqu'à ce qu'Itachi fasse son apparition dans la salle, faisant perdre tous ses moyens à Sasuke, qui sort précipitamment de scène et se retrouver coincé par son frère dehors, avec qui il a une petite "discussion" avant de tomber, évanoui.
Neji, en pleines études de médecine, accueille Sasuke évanoui chez lui. Le lendemain, chez Neji, le jeune Uchiwa se rappelle de la drogue donnée par Kimimaro et est à deux doigts d'en prendre avec que Neji fasse son entrée. Moment de confidences entre les deux jeunes hommes avant que Neji ne s'abandonne à ses pulsions, faisant goûter à Sasuke pour la première fois les plaisirs de l'homosexualité...
Mort de honte après avoir couché avec Neji, Sasuke s'enferme dans la salle de bain et prise alors la drogue.
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Chapitre dix : Just hate me
En ce lundi pluvieux, l'homme commença à s'affairer à la cuisine en plein après-midi. La soirée s'annonçait spéciale… Très spéciale.
Il allait enfin avoir sa réponse.
Alors qu'il suivait à la lettre une recette compliquée, s'affairant tantôt au four, tantôt aux poêles en lançant un gros juron après avoir laissé brûler les oignons, un jeune homme aux cheveux noirs de jais pénétra dans la pièce, reniflant l'air.
- … Ca pue le brûlé.
- Je sais, merci, grogna l'autre en essayant de sauver tant bien que mal son plat.
- Vous devriez appeler un traiteur si vraiment vous désirez un dîner parfait… Mais il est vrai que si Umino-san sait que vous avez fait le repas vous-même, il en sera plus que flatté.
L'écrivain tourna son regard sur l'autre, un petit sourire aux lèvres.
- Tu es tellement perspicace que c'en est presque frustrant, Sai.
Ce dernier afficha un grand sourire en s'approchant de la cuisinière.
- La prochaine fois que vous faites revenir des oignons… Ajoutez-y un peu de vinaigre dès qu'ils sont frits. Ca les empêchera de brûler sans altérer leur goût.
- … Comment le sais-tu ?
- Hum… En vingt et un ans, j'ai lu la quasi-totalité du millier de livres de la bibliothèque de Danzou, que ce soit des traités philosophiques, des pavés de physique quantique ou… des livres de cuisine.
Impressionné, Kakashi plissa légèrement les yeux à mesure que son sourire s'agrandissait.
- … Vous voulez que je cuisine ? continua Sai, l'air d'avoir pitié des talents culinaires incompris de son tuteur.
- Ma foi… Ca ne serait pas de refus. J'ai encore une tonne de choses à préparer et Iruka arrive dans une heure… Merci, Sai.
Le noiraud s'inclina légèrement avant de se redresser et de refermer le livre de recettes. Sous le regard intrigué de l'autre, Sai expliqua qu'il serait sans doute capable de cuisiner un homard thermidor les yeux bandés tant sa mémoire était fiable. Kakashi rit un instant en acquiesçant avant de sortir de la cuisine.
- Kakashi-san ! Ne lésinez pas sur les bougies… D'après les récits érotiques que j'ai pu lire, les bougies jouent beau…
- Les… quoi ?! s'exclama Kakashi en passant la tête par l'entrebâillement de la porte, sourcils haussés.
Son éternel sourire aux lèvres, Sai dévisagea son tuteur, ne comprenant pas l'étonnement brutal de celui-ci.
- … Quoi ? Ce n'est pas parce que je ne connais aucune norme sociale que je n'ai pas de sexualité, aussi solitaire soit-elle.
L'écrivain étouffa une petite exclamation d'amusement, sa tête s'inclinant quelque peu ; en face de lui, Sai mit plusieurs secondes avant de comprendre.
- La masturbation fait partie des choses desquelles ont ne parle pas en public, c'est ça… ?
- … Tu as tout compris, répondit l'autre en souriant, amusé.
- Ah… C'est bête pourtant… Tout le monde le fait et tout le monde le sait, mais on en parle pas…
Le haussement de sourcils de l'écrivain s'accentua un peu plus.
- Sai…
- D'accord, je me tais… Je vous disais simplement que si vous vouliez ajouter une petite touche de romantisme à votre corps-à-corps bestial et fougueux, les…
- Sai…
- … Ah ? Je ne dois pas parler de la sexualité des autres non plus ? Bon… Alors je ne sais pas de quoi je vais bien pouvoir parler avec vous si l'on prohibe le sexe, parce que…
- Sai !…
Kakashi partit dans un petit rire étouffé, amusé de l'ingénuité de son pupille pendant que celui-ci s'empourprait légèrement. « Il ressent de la gêne… C'est bon signe », pensa-t-il en ébouriffant les cheveux de l'autre avant de partir.
Des bougies pour le romantisme… ? Oui… Il comptait bien faire en sorte que cette soirée soit placée sous le signe de la douceur et de la tendresse…
Et peut-être qu'ainsi…
XXXXX
Voilà plus d'une demi-heure que le brun n'avait pas remué d'un pouce, son téléphone portable tenu du bout des doigts.
« Voilà trop longtemps que nous ne nous sommes pas vus, Iruka. Si tu n'as rien de prévu ce soir, je voudrais t'inviter à dîner chez moi… Le contact sucré de tes lèvres me manque tant… »
Le professeur ne pouvait s'empêcher de lire et relire le message.
Ca ne colle pas… !! D'habitude, Kakashi est succinct et clair, mais là, il a l'air hésitant, gêné, et cette phrase…
Le contact de tes lèvres sucrées me manque tant…
Qu'est-ce que ça veut dire ?! Il ne s'est jamais donné autant de mal pour me s… m'avoir dans son lit… Alors pourquoi… ? Et ce que ça pourrait signifier qu'il…
Non. Kakashi n'aime pas. Il baise.
Iruka soupira à cette pensé se refusait de croire que l'autre pzusse ressentir autre chose pour lui que de la luxure.
Mais ce message…
XXXXX
Pour la centième fois de la journée, Neji tenta une nouvelle fois de joindre Sasuke par téléphone.
Sans succès.
Le jour précédent, lorsqu'il s'était réveillé en pleine après-midi, Sasuke n'était déjà plus là sans que sa cousine ne puisse le renseigner sur l'heure du départ – elle était elle-même sortie voir Kiba pour les laisser seuls dans l'appartement. Le bassiste commençait sérieusement à s'inquiéter, mais il essayait de se convaincre que l'autre noiraud voulait simplement l'éviter à cause des événements de la veille…
… J'aurais peut-être pas dû.
Le remord commença à s'insinuer vicieusement à travers ses membres ; et qu'allait-il pouvoir dire à…
Merde ! Shikamaru rentre demain… !!!
Il s'assit sur son lit en prenant sa tête entre ses mains.
Putain… J'aurais pas dû… J'aurais jamais dû…
Arrête tes conneries. Sasuke le voulait autant que toi, mais il assume pas, c'est tout. Ca lui passera. Et Shikamaru, c'est tout ce qu'il méritait, œil pour œil, dent pour dent. Y'a aucun regret à…
Soudain, la sonnerie de son téléphone se mit à envahir la pièce ; sursautant, Neji se jeta littéralement dessus avant qu'une légère déception n'apparaisse sur ses traits.
- Qu'est-ce que tu veux ?
- « Eh ben… Y'en a qui respirent la joie de vivre, à ce que je vois. »
- Ecrase, Naruto.
- « J'ai un truc de fou à t'annoncer, mon vieux. Tu vas tomber sur le cul. »
- … Je préfère qu'on laisse mon cul en dehors de tout ça, si tu veux bien.
- « Tu vois que t'es drôle quand tu veux… Bref, tu sais qui était présent dans la salle avant-hier soit pendant notre concert… ? »
Neji soupira d'irritation en se pinçant l'arrête du nez. Il avait largement mieux à faire que de jouer aux devinettes.
- « … Un producteur ! »
Le bassiste fronça les sourcils, estomaqué par la nouvelle.
- « Et ce producteur vient de m'appeler… Il veut produire le premier album des FoXxX, Neji !! »
- … Putain, t'es pas sérieux ?
- « SI !… J'ai déjà annoncé la bonne nouvelle à Kiba, mais j'arrive pas à joindre Sasuke… Il va mieux depuis samedi soir ? »
La main de Neji se crispa sur le téléphone pendant qu'il déglutissait difficilement.
- Euh… Ouais, je crois…
- « Bah… Je vais passer lui annoncer ça chez lui alors. Tu connaîtrais pas un type qui sait se démerder avec un crayon dans la main ? Il nous faut un designer pour la pochette… ! »
- Hey, calme, Naruto… soupira Neji. T'emballes pas comme ça…
- « J'ai cru que la nouvelle te ferait plus plaisir… Mais bon, de mon côté, je suis trop heureux… ! Allez, je vais voir Sasuke… Salue ta cousine de ma part ! A plus ! »
« Hinata va faire une syncope si elle sait que t'as pensé à elle », se dit Neji alors qu'il raccrochait avec lenteur. En temps normal, la nouvelle lui aurait fait bondir de joie…
Mais là…
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Ses mains tremblent. Il a peur. Peur de quoi… ? Il ne le sait pas. Mais il crève de trouille. Ce chemin qu'il a pris tant de fois lui semble… différent. Mais en quoi ?
Quelque chose a changé. Il a changé. Est-ce que je me fais des idées ? Je sais pas. Je ne sais plus…
Son cœur frappe contre sa poitrine. Ses yeux regardent les étages défiler dans l'ascenseur. Son ventre se serre à mesure qu'il approche. Il a peur. Les portes s'ouvrent.
Commandés par une force extérieure, ses jambes se mettent en marche. Il tremble. Arrivé devant la porte, il se paralyse. Mais qu'est-ce qui me prend… ?
Appuie sur la sonnette.
Appuie…
Mais il a trop peur. C'est ridicule… C'est complètement ri…
Quelqu'un bouge à l'intérieur de l'appartement. C'est lui. C'est lui…
Il approche. Merde. Merde.
La porte s'ouvre lentement.
Merde !…
- … Bonsoir, Umino-san.
Le professeur déglutit péniblement.
- Ha… Hatake-san…
Iruka s'inclina poliment, un rougeur montant le long de son cou ; non seulement il continuait à avoir le ventre noué, mais en plus l'écrivain était vraiment magnifique ce soir ; il y avait eu de gros effort de présentation…
Qu'est-ce que ça veut dire… ?
Lorsque Kakashi l'eut invité à entrer, le brun ne put empêcher une petite exclamation de surprise.
- Waou… J'adore votre appartement comme ça… C'est tout de suite mieux quand c'est… euh…
- … Rangé ? ajouta l'écrivain avec un petit sourire bienveillant. Oui, je trouve aussi…
Gêné, le professeur détourna vivement le regard, bafouillant qu'il allait saluer Sai.
- … Tu ne le trouveras pas ici, expliqua Kakashi. Il a transformé mon grenier en atelier de peinture et, d'après ce que j'ai compris, il n'a pas l'intention de descendre de la soirée.
Iruka eut un petit rire nerveux, n'osant toujours pas croiser le regard de l'autre de peur de défaillir.
- Je te propose que l'on prenne un petit apéritif avant le repas, continua l'écrivain d'une voix empreinte de douceur. Un peu de saké n'a jamais fait de mal…
Le brun se raidit imperceptiblement. Du saké ?… Il savait ce que cela signifiait… Cette boisson avait toujours été le symbole tacite de…
Je le savais. Je me suis encore fait des idées, pour changer…
Bon, ça suffit. Tu savais à quoi t'attendre. Maintenant… ferme-la et profite.
Le professeur soupira mentalement avant de se retourner, un sourire crispé aux lèvres.
- … Bonne idée, Kakashi. Prenons donc ce saké…
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A peine sorti du bus, Naruto traversa la route en courant, la pluie torrentielle qui tombait en ce lundi collant ses habits contre sa peau hâlée. Il ne put s'empêcher de s'extasier quelques secondes en arrivant devant le manoir Uchiwa, enviant la chance de son homologue guitariste.
… Mouais. Quoique je suis pas sûr de vouloir d'une vie comme la sienne.
Il chassa rapidement ses pensées en poussant le lourd portail en fer forgé, pénétrant pour la première fois dans la cour de la plus ancienne demeure de la ville.
Il parcourut rapidement le jardin, renonçant à l'observer en détail dans la perspective d'un abri au chaud alors qu'un frisson lui parcourut le dos, la pluie le glaçant jusqu'aux os – mais qu'importe…
Rien ne pouvait venir entacher sa bonne humeur.
Assuré de la présence de Sasuke à la vue d'une lumière allumée à l'étage, Naruto appuya sur la sonnette, impatient de faire découvrir la nouvelle à l'autre.
Pas de réponse.
Le blond appuya une deuxième fois, gardant son doigt un peu longtemps cette fois-ci, et attendit patiemment.
Mais patiemment ne faisait pas partie du vocabulaire du blond – d'autant plus que l'autre ne daignait toujours pas venir répondre.
- TEMEEEE !!! hurla-t-il en direction d'une fenêtre entrouverte. Viens m'ouvrir, abruti, j'me les gèle !!!
Après plusieurs secondes, sa bonne humeur se mit à se teinter d'une légère irritation en remarquant que l'autre ne semblait toujours pas se décider à lui répondre.
« S'il croit que je vais rentrer chez moi alors que je sais qu'il est là, il se trompe… », pensa le blond avec un petit sourire de défi aux lèvres. Tant pis – ni une, ni deux, le blond passa lui-même la porte d'entrée et au diable le savoir-vivre.
- Teme ! beugla-t-il en retirant ses chaussures et sa veste. Je suis entré !!
N'obtenant toujours aucune réponse de la part du noiraud, Naruto soupira en regardant autour de lui. Il en resta bouche bée.
Jamais il n'avait vu une maison aussi spacieuse, aussi magnifiquement décorée que celle qu'il avait devant les yeux en ce moment. Happé par tant de beauté, le blond longea à pas lent le hall d'entrée, honteux de tremper à chaque pas le somptueux tapis, avant d'arriver à ce qui semblait être un ancienne salle de bal réaménagé en un immense séjour. Un sourire de gamin aux lèvres, Naruto s'apprêtait à pénétrer la pièce lorsque…
- C'est pas pour rien que je suis pas allé t'ouvrir, Baka.
Le blond sursauta légèrement, se retournant pour chercher la source de la voix. Après plusieurs secondes, il découvrit Sasuke, torse nu, assit par terre contre le mur du hall. Troublé, Naruto se demanda comment il avait bien fait pour ne pas remarquer la présence de l'autre avant de froncer les sourcils.
- Excuse-moi de te dire ça, Sasuke, mais… T'as vraiment une sale gueule.
Tirant une bouffée sur sa cigarette artisanale, le noiraud en face ne fit qu'hausser nonchalamment les épaules.
- Ca… Ca a été chez Neji ? continua Naruto pour changer de sujet. T'as pu te reposer un peu ?
Oui, le blond avait été hors de lui à la fin du concert deux jours avant, mais après avoir vu la manière dont Sasuke avait été découvert, le leader avait décidé d'oublier sa rancune sans toutefois vouloir comprendre ce qui était arrivé à l'autre. Après tout… ils n'étaient même pas amis.
Sasuke s'était remis progressivement sur pied après avoir écrasé sa cigarette à même le sol. Il chancela à moitié, se rattrapant contre le mur avant de partir dans un petit ricanement malsain, le visage détourné de celui du blond.
- Tu veux savoir si je me suis reposé chez Neji… ? souffla-t-il d'une voix rauque.
Il s'approcha de Naruto en le fixant cette fois, ses yeux rendus encore plus sombre par ses pupilles dilatés et plus profonds à cause des lourdes cernes qui les soulignaient.
- Je vais te dire un secret, Naruto, mais pchuuut… Tu ne rediras rien, hein ?
Abasourdi par l'attitude de son guitariste, le blond n'osa pas bouger lorsque ce dernier avait posé son index tendu sur ses lèvres, s'approchant dangeureusement.
- Quand tu vas chez Neji… T'en ressors encore pluuuus fatigué.
Il eut un dernier petit rire pendant que son doigt s'était mis à glisser le long du cou de Naruto avant de trouver le contact du débardeur orange détrempé. Il s'arrêta, baissant le regard tout en inclinant la tête de côté, la bouche légèrement entrouverte comme s'il était en pleine réflexion profonde.
- … Il pleut dehors ? réussit-il à en déduire après plusieurs secondes de concentration intense. Tu devrais l'enlever et le mettre à sécher… Ouais, tu devrais l'enlever et le mettre à sécher, sinon, tu vas attraper froid.
Là, c'en était trop – que Sasuke ait un aspect cadavérique, qu'il parle comme un débile mental, qu'il le touche, passait encore, mais qu'il se mette à s'inquiéter pour quelqu'un d'autre que lui-même… Non.
Quelque chose ne collait vraiment pas.
- Sasuke… T'as foutu quoi dans ta cigarette ?
Après plusieurs secondes, son vis-à-vis replongea ses deux onyx écarquillés dans le regard froid du blond avant que les coins de sa bouche entrouverte ne se surélèvent légèrement.
- Tu poses trop de questions… C'est vilain d'être curieux, tu savais ?
Imperceptiblement, son visage se mit à s'approcher de celui du blond ; il se sentit brusquement happé par ces lèvres légèrement tremblantes de colère, cette peau de miel qui appelait la sienne, il continua de s'approcher avant qu'un spasme ne le fasse reculer brusquement de plusieurs pas. Il passa une main sur son visage, la glissant dans ses cheveux pendant que son regard se perdait dans le vide.
- … Enlève ton T-shirt, Naruto.
- Je suis pas venu pour ça, enchaîna ce dernier. Je voulais juste te dire que…
- Enlève-le.
Irrité, le blond fronça les sourcils.
- Si tu cherches un petit chien, va voir le magasin des parents à Kiba. A moi, personne m'ordonne ne faire quoi que ce soit.
Pendant quelques secondes, les yeux des deux guitaristes s'étaient remis à lancer des éclairs, les traits de Sasuke rendus durs par la contrariété, avant qu'un sourire ne vienne fendre son visage en deux.
- Tu ne veux pas… ?
La suite se passa en une fraction de seconde.
Brutalement, le noiraud avait empoigné les épaules de Naruto, le faisant basculer en arrière pendant que d'un léger croche-patte, son corps tout entier s'était retrouvé étendu au sol. Avant qu'il ne puisse reprendre ses esprits, le blond sentit une masse s'asseoir sur sa poitrine avant d'ouvrir les yeux, découvrant Sasuke à cheval sur lui, souriant de toute ses dents, une lueur malsaine au fond du regard. Il n'eut pas le temps de réagir avant que le noiraud ne s'approche tout près de ses lèvres, murmurant doucement :
- … Tu préfères que je te l'enlève ?
XXXXX
Jamais Iruka n'avait pu concevoir pareille soirée en compagnie de l'écrivain. Jamais.
Lui qui pensait que, comme d'habitude, Kakashi l'aurait couché sur le dos à peine l'apéritif entamé, il se trompait. Que les sous-entendus douteux auraient fusé tout le long du repas, il se trompait. Que l'autre l'aurait congédié à peine leurs petites affaires terminées… il se trompait encore.
Rien de tout ça.
La soirée avait été tout simplement divine, un excellent repas en compagnie d'un parfait gentilhomme qui le complimentait pour tout et pour rien, dont les caresses étaient plus douces qu'avides. Que se passait-il ?
Iruka était tellement émerveillé et abasourdi par l'attitude de son aimé qu'il n'avait presque pas osé bouger de la soirée – à part pour lever le coude quand il s'agissait de boire du saké.
Ah ça, pour boire, il avait bu.
Que signifiait donc l'attitude de Kakashi envers lui ? Se pourrait-il qu'enfin… ?
Il le désirait ardemment, plus que tout, bien sûr, mais… et si ce n'était pas ça ? S'il ne cherchait qu'à le sauter… ? Non, ce n'était pas logique, jamais il ne s'était donné autant de mal, et d'ailleurs…
Pourquoi n'avait-il encore rien tenté ?!
- … Iruka ?
- Vouii ?
Amusé, Kakashi eut un petit sourire bienveillant en s'extirpant du canapé, tendant une main à l'autre pour l'aider à se redresser à son tour.
- Je crois que tu as un peu trop bu pour rentrer dans cet état.
A peine remis sur pied, Iruka fut brutalement attiré contre le corps robuste de l'écrivain avant que ce dernier ne dépose un léger baiser sur ses lèvres.
- … Tu restes dormir ici ?
Troublé, Iruka fronça les sourcils. Passer la nuit chez l'écrivain ?… Voilà une grande première.
Jamais Kakashi n'avait laissé un de ses coups d'un soir rester dormir, qu'elle que fût l'heure à laquelle leurs petites affaires se terminaient.
Mais évidemment… petites affaires il n'y avait pas encore eut.
- Iruka ? Tu restes ou pas ?
Brusquement ramené à la réalité, le professeur força un sourire avant de répondre :
- Bah je… si je ne te dérange pas…
A son tour, Kakashi sourit au brun.
- Super… Tu te souviens où est ma chambre ?
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Enroulés leurs draps blancs, les deux garçons s'observaient profondément, les doigts fins caressant mutuellement leur peau pâle.
- On doit le prévenir.
- Je sais.
- Tu t'en occupes ?
L'un des deux sourit à l'autre avant de se mettre à cheval sur le torse de son vis-à-vis, déposant un petit baiser sur ses lèvres.
- Dans n'importe quel cas de figure, c'est moi qui fais tout.
- C'est pas de ma faute si tu le fais mieux que moi.
Un petit sourire apparut simultanément sur les lèvres des deux garçons pendant l'un prenait son portable en main.
- … J'écris quoi ?
- Que Sasuke est passé chercher les quatre autres doses ce matin et qu'on lui a dit ce qu'on avait à dire, c'est tout. J'aime pas ce mec…
- Qui ça ? Kimimaro ? demanda l'autre en pianotant sur les touches de son portable.
- Ouais.
- … T'es trop sentimental, Ukon. Tu sais que c'est uniquement quand on a besoin de…
- Oui, je sais, mais bon, soupira le dénommé Ukon. Tu sais bien que je déteste qu'on te touche…
Terminant son message, l'autre déposa un langoureux baiser sur les lèvres de son vis-à-vis en prenant un petit flacon sur le rebord du lit. Interrompant leur échange, il déposa un fin tas de poudre au creux de son poignet avant d'en priser une partie, invitant l'autre à se servir du reste.
- Vas-y doucement… souffla-t-il d'une petite voix pendant qu'Ukon sniffait avidement le reste. Vas-y doucement, il ne nous en reste plus beaucoup…
- Je… Sa… Sakon… Je…
- Je t'aime aussi, petit frère…
Ukon attira lentement son frère contre lui, l'embrassant avec passion, ajoutant le désir au tourbillon de sensations engendré par la fine poudre blanche dans ses sinus.
Ils n'étaient plus des hommes, ils n'étaient plus des frères, non, ils étaient des anges, des dieux même, leurs caresses exquises sur leur peau immaculée, leurs baisers divins gagnant en fougue à mesure que les minutes s'écoulaient ; mais le temps s'était arrêté, il s'était arrêté pour eux car le monde leur appartenait entièrement, et le miracle s'accomplissait toujours lorsque Sakon finissait par posséder entièrement le corps de son double, de son jumeau, quand leurs deux enveloppes charnelles habituées par des anges s'unissaient pour n'en former qu'une, vibrant dans une même onde de plaisir divine…
Rien ne pouvait atteindre la sphère dans laquelle s'était réfugiée les deux frères, pas même la douce sonnerie du portable indiquant un nouveau message reçu.
« De : Kimimaro
Génial… Il s'est laissé prendre. Enfin… pas encore concrètement, mais ça ne saurait tarder. J'espère que vous lui avez bien indiqué mon adresse quand il voudra venir en chercher plus, et là, il se fera prendre définitivement… Il va bien falloir qu'il trouve un moyen de me payer… »
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A peine entré dans la chambre, Iruka se laissa envahir par l'énergie animale qui y régnait. C'était vrai, il le ressentait à ce moment, ça ne faisait que trop longtemps qu'il ne s'était pas uni à l'homme qu'il aimait, et maintenant qu'il observait l'écrivain se déshabiller, qu'il regardait ses muscles dorsaux se contracter au gré de ses mouvements, ses fessiers fermes se resserrant au fur et à mesure de ses pas fluides, une douce chaleur commença à se diffuser dans tout le corps du professeur…
Décidant d'imiter l'autre tant bien que mal, Iruka se débarrasser rapidement de son T-shirt avant de faire rouler le pantalon le long de ses jambes, immédiatement suivi par le fin sous-vêtement au sol. Lorsqu'il tourna son regard, Kakashi l'attendait déjà sous la couette en le dévorant du regard.
- Qui pourrait croire que sous l'apparence bien proprette du professeur modèle se cache un aussi beau corps ?…
Iruka rougit violemment, peu habitué aux compliments, d'autant plus qu'il n'avait rien à vanter son corps aux côtés de celui de l'écrivain… mais que lui lui dise ça le touchait.
- Allez, qu'est-ce que tu attends pour venir me rejoindre ? continua Kakashi en surélevant la couette, sa voix empreinte d'impatience.
Un large sourire de désir montant s'imprima sur les traits d'Iruka alors qu'il entrait dans le lit, blottissant rapidement sa peau nue contre le corps chaud de l'écrivain, oubliant définitivement la déception amère qu'il ressentait.
Les bras robustes de Kakashi entourèrent son corps après avoir éteint la petit lampe de chevet, le serrant avec douceur contre son torse en lâchant un petit gémissement de bien-être. Il embrassa le cou offert en collant son bassin contre celui du professeur, leurs deux virilités se caressant à mesure que Kakashi remuait légèrement les hanches à la recherche de la position la plus confortable – ou de plus…
Iruka se sentit rapidement enflammé par le désir, la chaleur sous la couette s'accentuant au fil des secondes à mesure que les baisers de l'écrivain se faisaient de plus en plus sensuels. Iruka ouvrit les yeux, cherchant la bouche de son aimé dans la pénombre avant de sceller leurs lèvres en un voluptueux baiser ; il ne savait pas si c'était l'alcool ou la fougue qui s'emparait progressivement de son corps – ou les deux –, mais sa tête se mit à tourner légèrement sous tant d'émotions ; il ferma les yeux, happé par les sensations que la chaleur de l'autre diffusait progressivement à travers chaque pore de sa peau, et…
- Bonne nuit, Iruka.
… Hein ?!
Le professeur écarquilla les yeux de stupeur alors qu'il sentait le visage de l'autre se nicher au creux de son cou, remuant une dernière fois avant de s'immobiliser complètement.
C'est quoi ces conneries ?!
- Euh… Kakashi…
- Hn ?
- Mais...
Qu'est-ce qu'il lui prend, enfin?!
- Pourquoi tu…
- Je suis bien comme ça, tout blotti contre toi…
- Mais qu'est-ce que t'as ce soir ?!
Iruka regretta immédiatement la dernière phrase, ses doigts se crispant imperceptiblement. Il s'en voulut d'avoir trop bu, l'alcool altérant complètement son contrôle.
Il ne voulait pas savoir. Il ne voulait pas savoir ce qu'avait l'écrivain… Mais cependant… s'il s'avérait que, peut-être…
- Je ne sais pas, répondit Kakashi, la voix légèrement étouffée par la peau de l'autre. Je me suis juste rendu compte… que tu m'as vraiment manqué, Iruka. Je ne peux pas te l'expliquer, je veux simplement pouvoir dormir serré tout contre toi, pouvoir te regarder dormir paisiblement, sentir ton souffle mourir contre ma peau… c'est tout ce que je veux.
Il ponctua sa dernière phrase par un vague baiser dans le cou dénué de toute arrière-pensée.
Pendant une demi-seconde, Iruka crut qu'il allait fondre en larmes, profondément touché, mais il contint rapidement ses émotions en serrant les dents. Complètement déboussolé, le professeur garda ses yeux grands ouverts, perdus dans le vide de l'obscurité et de l'ahurissement. Qu'est-ce que Kakashi entendait par « tu m'as vraiment manqué » ? Leur relation n'était-elle pas sensée n'être que purement physique ? Mais alors, Kami-sama, pourquoi ne lui avait-il pas encore sauté dessus ?! En quoi Iruka pouvait-il bien lui manquer si ce n'était pas par manque purement charnel… ?!
Qu'est-ce qui lui prend ?!
- … Tu m'as l'air bien tendu, chuchota l'écrivain après quelques minutes. A quoi tu penses ?
- Justement… soupira Iruka, ne voulant évidemment pas parler du véritable objet de son trouble. J'ai cru qu'on se détendrait un peu avant de dormir…
- Pourtant, il me semble qu'une certaine partie de toi est déjà bien tendue contre mon bas-ventre…
Embarrassé au possible, le professeur tenta de repousser le corps de l'autre avant que ce dernier ne l'attire à nouveau contre lui dans un petit rire cristallin, sa main se mettant à lui caresser doucement les cheveux.
- Arrête, je plaisante, lui dit-il entre deux rires en lui embrassant le front. Et puis, tu as tellement bu que je voudrais pas abuser de toi pour…
- Ca t'a jamais dérangé pourtant.
Iruka se mordit violemment la lèvre, la phrase lui ayant échappé sans qu'il n'ait pu la retenir. Il s'en voulu immédiatement après, un lourd silence s'installant entre les deux hommes. Ce ne fut que plusieurs secondes plus tard que l'écrivain soupira dans un murmure :
- Les choses changent, Iruka.
Ce dernier déglutit difficilement, sentant à peine la main de son aimé passant délicatement dans ses cheveux. Non, non, non, c'est pas possible, je peux pas rester comme ça… Il est tellement adorable, j'ai trop envie de…
Sans réfléchir, Iruka se mit fluidement à cheval sur le ventre de l'écrivain en fronçant les sourcils. Interloqué, ce dernier lui demanda ce qu'il faisait encore. La voix tremblante de désir, le professeur ne peut que susurrer :
- Abusez de moi… Kakashi-sama.
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- T… TEME !!! hurla Naruto, furieux. A QUOI TU JOUES, BON SANG ??!!
Etalé sur le corps du blond, Sasuke retenait fermement les bras de Naruto au-dessus de sa tête, sa bouche à peine espacée de la sienne. Il ne semblait pas avoir entendu la dernière phrase du blond, non, il semblait même complètement hermétique à tout ce qui n'avait pas trait à ces lèvres charnues qui l'appelaient, ce corps tremblant de colère et de peur sous lui contre lequel il n'attendait plus qu'à pouvoir se coller…
- Sasuke ! continua Naruto d'une voix légèrement vacillante. Sasuke, s'il te plaît, arrête maintenant, c'est pas drôle… !! Sa… Aaah… !
N'écoutant que ses pulsions, le noiraud se mit à embrasser la peau frêle du cou offert, mordillant légèrement la chair sucrée du blond sous lui, le désir s'insinuant agréablement dans ses entrailles, se diffusant progressivement à travers chaque cellule de son corps…
- Sa… Aaah… Sasuke… gémit le blond, terrifié. A… Arrête… !
Le noiraud fit glisser avidement sa langue le long de la mâchoire de l'autre, traçant un sillon ardent au passage avant d'arriver contre le lobe qu'il mordilla un instant. Il longea alors la joue frêle, déposant quelques petits baisers, avant de se redresser légèrement et de plonger ses onyx affamés dans les deux azurs embués de peur. Alors, très progressivement, le noiraud se pencha doucement sur la bouche qui l'invitait tant, son souffle légèrement saccadé venant mourir contre elle, avant que les lèvres des deux jeunes ne se scellent définitivement dans un gémissement.
Le contact des lèvres sucrées de Naruto emplit l'Uchiwa d'un bien-être exquis, ajoutant une pointe d'euphorie à celle dont il avait été rempli toute la journée, mais là, ce n'était pas pareil, là, l'autre s'offrait entièrement à lui, il le laissait embrasser ses lèvres avec douceur, il laissait sa bouche glisser contre la sienne, et rien, pas même un tas de poudre ne pouvait être comparable à la sensation exquise qui l'envahissait en ce moment…
Sasuke relâcha doucement la pression contre les avant-bras du blond, frôlant du bout des doigts les fins muscles, traversant les aisselles avant de descendre le long des côtes pendant que sa langue tentait un intrusion, cherchant le contact doucereux de celle de l'autre avant de la caresser avec passion en un voluptueux combat charnel. Ses mains continuèrent leur incursion, passant au travers des fins abdominaux avant de trouver le contact de la boucle de ceinture ; l'échange se fit plus fougueux au moment où Sasuke décida de descendre un peu plus bas, trouvant alors le membre à travers le pantalon qu'il se mit à masser délicatement…
Le coup atteint Sasuke en pleine tempe, le faisant tomber violemment sur le côté.
- E… Espèce… d'ABRUTI ! hurla le blond, enragé. T'ES COMPLETEMENT MALADE !! Pour qui tu te prends, hein ?!… Putain !!
Naruto se remit vivement sur pied, chancelant et haletant. Il toisait l'autre d'un regard mauvais en secouant sa main endolorie sous le coup.
Sasuke mit plusieurs secondes à calmer les points colorés apparus devant ses yeux, la douleur lancinante envahissant son crâne. Il semblait que son cerveau ne parvenait pas à analyser l'enchaînement illogique des événements.
Hors de lui, Naruto porta un violent coup contre le mur, étouffant tout de suite après un vague gémissement peiné. Il haletait de colère, toisant avec fureur l'autre au sol qui ne le regardait toujours pas.
Sasuke fixait obstinément le sol. Il semblait en proie à des pensées hautement plus importante que les vagues d'insultes qui vomissait le blond.
… Rien ne me retient ici. Rien du tout.
Je dois partir. Je dois le faire.
Je dois le tuer.
Un filet de sang se mit à ruisseler le long de la tempe de Sasuke au moment où il se remit sur pied, titubant, avant de lever son regard sur Naruto qui continuait de le foudroyer des yeux.
- Putain, en plus t'en as rien à branler de ce que je te dis, hein ?! continua le blond, la colère laissant progressivement sa place au dégoût. Je me casse d'ici avant que t'essaies encore de me violer, espèce de dégénéré !!
Mais rien ne touchait plus Sasuke.
Plus rien.
Il était déjà bien loin dans sa tête…
Naruto se retourna sans un regard pour l'autre et se précipita sur la porte d'entrée, aveuglé par colère. Resté seul au milieu de son immense séjour, Sasuke entendit la porte d'entrée claquer avec violence, mais aucune émotion ne vint transparaître devant ses yeux.
- Adieu, Baka, murmura-t-il entre ses lèvres. A jamais.
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Les gémissements rauques des deux hommes emplissaient la pièce, la chaleur suffocante les engourdissant complètement à mesure que Kakashi continuait d'accélérer ses déhanchements puissants, agrippant de plus en plus fort les mollets d'Iruka posés sur ses épaules. Enfin… Ce n'était qu'en plein milieu de l'acte que l'écrivain avait enfin pu se relaxer et se laisser aller, non, Iruka ne l'aimait pas, c'était certain, c'était même lui qui avait cherché à ce qu'il le saute – car c'était bel et bien ce qu'ils faisaient, rien de plus, n'attendant rien de l'autre. Les cris de plaisir d'Iruka sous lui se firent progressivement plus forts, plus longs, Kakashi savait que le brun approchait de l'orgasme, à force de connaître aussi bien le corps du professeur, il avait appris tous ses points faibles au cours des années ; finalement, ce n'était pas plus mal qu'ils se voient ainsi régulièrement, lui aimait coucher avec et vice-versa, rien de plus, rien de moins, il agrandit son sourire en sentant l'engourdissement de l'orgasme le posséder de plus en plus, il se sentait près à exploser à l'intérieur d'Iruka lorsqu'il sentit celui-ci se tendre complètement, poussant un dernier cri de plaisir :
- JE T'AIME, KAKASHI… !!!
Les mouvements de l'écrivain s'arrêtèrent brusquement.
Iruka se déversa violemment sur son ventre, souriant comme un enfant, heureux de se libérer de deux charges à la fois ; envahi par la béatitude, il laissa l'inertie de l'orgasme s'échapper de son corps et ferma plus fortement les yeux, calmant graduellement sa respiration.
… Quelque chose cloche.
Il ouvrit doucement les yeux, sourire aux lèvres, avant que la torpeur de s'empare violemment de lui.
Kami-sama…
Jamais Kakashi ne l'avait regardé comme ça. Jamais…
- … Dis-moi, Iruka… commença-t-il d'une voix glaciale. Tu sens ma queue en toi ?
Iruka écarquilla les yeux. Ces yeux haineux… Ce ton aigre et sec… Ce vocabulaire vulgaire…
Non…
Kakashi donna un puissant coup de rein, heurtant violemment la prostate d'Iruka qui poussa un petit cri sous la douleur lancinante, crispant ses doigts contre les épaules robustes de l'écrivain, comme s'il cherchait à le retenir.
Non…
- Eh bien… Tu peux l'oublier. C'est la dernière fois que tu la sentais, et c'est aussi la dernière fois que tu me vois moi.
- NON… ! Kakashi, je t'en prie… !!
Rien à faire. L'écrivain se dégagea brutalement des mains d'Iruka avant de se retirer définitivement de lui.
- Kakashi ! C'est pas… c'est pas ce que je voulais dire !! implora le professeur, sa voix se noyant sous un sanglot. Je t'en supplie, écoute-m…
Brusquement, l'écrivain attrapa la mâchoire de l'autre, ses yeux écarquillés se plongeant dans ceux embués de larmes d'Iruka.
- Tu m'aimes ?
Sans qu'il ne puisse dire un seul mot, une larme se mit à rouler le long de la joue du brun avant de venir mourir sur les doigts de Kakashi. Ce dernier relâcha doucement sa mâchoire, une lueur de profond désarroi et de colère au fond des yeux.
- … C'est tout ce que je voulais savoir.
Il se leva précipitamment, ignorant l'autre dans son dos qui essayait vainement de le retenir. Il enfila un pantalon sans se soucier de mettre un sous-vêtement et empoigna sa veste.
- Je veux que tu sois parti quand je rentrerais, lui dit-il d'une voix monocorde sans lever les yeux sur lui.
Avant de sortir de la chambre, il regarda une dernière fois le corps nu du professeur enroulé dans ses draps, le visage baigné de larmes tordu par le désespoir, complètement anéanti.
- ... Je suis désolé, Iruka.
Il se retourna vers la sortie en entendant vaguement un « s'il te plaît » baigné de larmes. Il posa une main contre la porte, inspirant profondément.
- Adieu, Iruka, murmura-t-il entre ses lèvres. A jamais.
