Chapitre treize : Protect me from what I want

- Moshi moshi?
- « On passe à l'action dans quelques heures. »
- Comment ça, on ?!
- « Vous vous occupez du Anbu, moi, j'ai d'autres choses à faire. »
- Pein-sama a dit qu'il voulait que tu t'occupes de la jeunesse de Konoha.
- « Je ne t'autorise pas à me tutoyer, Priest, et je sais ce que j'ai à faire. »

- « Puisque tu joues au con, je crois que je vais demander à Shark de s'en occuper… »
- NON ! Non… C'est bon, on s'en occupe ce soir avec Kaku…
- « Ferme-la. On ne doit utiliser que nos pseudonymes, même si on se tape un membre de l'équipe. Compris ? »
- … Nh. D'ailleurs, il demande si on sera bien payé pour ça.
- « Le jour où j'aurai la gueule d'un trésorier, je te referai signe. En attendant… tu as deux heures à compter de maintenant. Et fais ça proprement, pour une fois. »
- Crow, vous savez bien que mon dieu aime la vue du sang.
- « Ton dieu, il peut aller se faire foutre. C'est moi qui commande ici et je t'ordonne d'éviter le bain de sang. Rappelle-moi quand tu auras fini. »
- Mais je…
- « Tut… tut… tut… »

XXXXX

- Ecoute, Sasuke. Je pense que tu vas commencer à douloureusement sentir le manque, là, alors peut-être que nous devrions arrêter de tourner autour du pot.

La voix de l'homme aux cheveux de neige sortit doucement Sasuke de ses pensées noires. Il tourna son visage impassible, plongeant son regard dans les deux émeraudes en sifflant entre ses dents :

- … En clair ?

Pour toute réponse, Kimimaro ne fit qu'enlever son haut informe, révélant son torse fin aux os saillant, comme s'il pouvait faire sortir ceux-ci à tout moment.

- Dis-moi… T'as déjà couché avec un mec ?
- Ca te regarde pas.

Haussant alors un sourcil, Kimimaro toisa son vis-à-vis en se raidissant quelque peu.

- Vous êtes tous aussi cons les uns que les autres, vous autres, les Uchiwa…

Il eut tout juste le temps de lever sa main pour parer le coup que son interlocuteur destinait à son visage. Il garda plusieurs secondes le poing tremblant de colère entre ses doigts sans qu'aucune émotion ne vienne transparaître sur ses traits pâles.

- Le manque te rend vraiment violent, Sasuke. Raison de plus pour ne pas traîner, donc.

Il soutint les deux onyx insondables de l'autre, incapable d'y lire une quelconque émotion, pendant qu'un sourire en coin s'étirait sur ses lèvres.

- Tu me fais vraiment penser à lui, tu sais ?… Et rien qu'à cause de ça… je consens à t'offrir quelque chose.

Lâchant alors doucement le poing de Sasuke, l'homme aux cheveux de neige fouina quelques secondes dans sa boîte à chaussures… avant d'en sortir un flacon minuscule. Il le déposa au creux de la paume de Sasuke, ce dernier le regardant avec incrédulité.

- Avale ça, souffla-t-il dans son sourire. Je devrais me dire que tu devrais t'habituer à ce genre de choses dans ce milieu, mais disons que pour te mettre dans le bain, je consens à ce que tu prennes ceci.
- … Tu veux que je prenne volontairement du GHB ?… C'est maintenant que je dois rire ?
- Absolument pas, répliqua l'autre, imperturbable. En prenant de l'ecstasy liquide, tu quitteras simplement ton corps, comme si tu plongeais dans un sommeil sans rêves, et malgré tout ce qui peut arriver à ton corps pendant ce coma, tu ne sentiras rien et n'en gardera aucun souvenir… à moins que tu ne préfères rester conscient, bien sûr.

Sasuke baissa les yeux et observa le petit flacon dans sa paume tremblante.

- Dans ce milieu, offrir son corps en échange de doses est monnaie courante, continua Kimimaro. Et malgré ce que tu peux penser… savoir jouir au lieu de vomir, ça s'apprend.

Ne réagissant toujours pas, le noiraud ne fit que détailler le liquide transparent au creux de sa main.

- Alors… Que décides-tu ?

Un sommeil noir, sans rêves. Sans espoir. Juste le néant, un gouffre profond, un tunnel dont il ne voit pas le bout. Peu à peu, il se sent émerger même si tout est confus, tout est pompeux. Il ne pensait pas se réveiller.
Il ouvre les paupières. Un plafond beige.
Il le fixe un petit moment en papillonnant des yeux. Brusquement, il fronce les sourcils. A ses côtés, une douce mélodie sortant d'un… piano ?! Qu'est-ce que c'est encore ce bad trip ?!
… Je suis où ?!
Il se redresse violemment du matelas sur lequel il est allongé avant qu'une lancinante nausée ne s'empare de son corps. Il tremble.
Il est en manque.
Il se rend compte qu'il est complètement nu. Dans un lit qui n'est pas le sien.
Aux côtés d'un type qu'il ne connaît pas.
Il tourne ses yeux écarquillés de peur vers l'homme torse nu au piano noir aux reflets bleutés, ce dos nu finement musclé qu'il ne connaît pas.

- Qu'est-ce que je fiche ici ?! dit-il d'une voix forte teintée de crainte et d'irritation.

L'autre ralentit alors doucement sa mélodie avant de l'arrêter définitivement. D'un mouvement fluide, il tourne son bassin pour faire face au plus jeune, sourire aux lèvres.

- D'abord, la bienséance recommande de dire bonjour. Ensuite, ça peut être sympa que l'on fasse les présentations officielles, que tu me donnes ton nom et ton âge, par exemple.

Le garçon aux cheveux d'argent écarquille violemment les yeux en croisant le regard de l'autre.
Tout lui revient en tête instantanément.
La rave party au milieu du champ. Lui qui danse. L'autre qui vient vers lui. Qui abuse de lui pour cinq grammes. La bouteille d'eau. Sa course effrénée pour trouver une cachette. La main qui se pose sur son corps alors qu'il tombe dans l'inconscience…
Et ce type…
Ce type… a osé le ramener chez lui, probablement pour avoir plus de confort… il l'a amené ici alors que lui-même était dans les vappes, l'a déshabillé et… et…
Ce sale type…
Aux yeux onyx…
Kakashi redresse la nuque en serrant la mâchoire.

- Alors… c'était bon ? Content de la marchandise ?

Devant le ton aigre de l'autre, le garçon aux cheveux corbeau hausse les sourcils, son sourire s'estompant peu à peu.

- Euh… Ouais, pas mal. Même si je ne vois absolument pas de quoi tu veux parler.

Kakashi lâche une exclamation de dédain en détournant le visage, cherchant du regard ses vêtements alors qu'il se sent de plus en plus irascible.

- Où sont mes fringues ?! siffle-t-il entre ses dents, le manque le rendant explosif. T'as pas pu te retenir, c'est ça ?! Tu me les as arraché en chemin ?!

Une lueur de dépit apparaît sur les traits de son vis-à-vis.

- T'es tout le temps comme ça ou t'es juste con le matin ?
- IL ME FAUT UN FIX, mince !!!

Kakashi entoure ses bras autour de son propre corps frêle alors qu'il se met à trembler de plus en plus. Il frissonne. Il sue. Il a vraiment besoin de sa dose. Ses muscles commencent à le tirer de partout.
Il serait capable de tuer pour soulager son manque.
Soudain, un petit paquet de poudre tombe sur la couverture. Le garçon l'attrape ardemment comme un vautour affamé se jetant sur un cadavre pourissant au soleil, décortiquant le plastique avec voracité. Il voit le deuxième déposer un petit plateau argenté à ses côtés ; un citron à moitié pressé, une cuillère, une seringue emballée, un briquet, un garrot. Il s'empresse d'agripper la cuillère en tremblant presque convulsivement.

- C'est les cinq grammes que tu m'as filé hier soir, soupire l'autre en s'accroupissant à sa hauteur. J'ai préféré m'en racheter en sachant que toi-même tu en aurais besoin.

Mais Kakashi l'entend à peine. Tout ce qui compte, c'est qu'il se fasse son shoot. Qu'il fasse taire la sourde souffrance au fond de lui. Qu'il oublie. Maintenant. Tout de suite.
Au creux de la cuillère, il se concentre tant bien que mal pour déposer la quantité de poudre correcte et correctement, mais ses articulations sont raides et il ne cesse pas de trembler. Murmurant un « Fait chier » entre ses lèvres, il ajoute difficilement le citron au mélange et empoignant le briquet et se met à chauffer le dessous de l'ustensile. Allez… allez… dépêche-toi… j'en peux plus…
A peine le mélange est-il homogène que Kakashi en remplit la seringue et attrape vivement le garrot en posant la shooteuse à ses côtés. Il tente de faire en sorte que ses mouvements soient les plus précis possibles, mais il peine, il peine vraiment à cause de son manque et de son impatience. Il renifle en entourant le garrot autour de son bras gauche et en attrapant une sangle entre ses dents, le serrant suffisamment. Il a peur. Il a peur que ses tremblements ne le fassent rater sa veine. Un soupir se fait entendre.

- Donne… Je vais t'aider.

Le garçon aux cheveux ébène fait un mouvement vers la peau nacrée de l'autre, mais la réaction virulente de Kakashi l'arrête brutalement. Ce dernier serre un peu plus le poignet entre ses doigts tremblants de colère alors qu'un vague gémissement peiné se fait entendre.

- Je t'interdis de me toucher, siffle-t-il d'un ton mauvais.
- Mais je… je voulais juste – putain, t'as une sacrée poigne… ! – je voulais juste… t'aider…
- Je n'ai besoin de personne.

Il rejette violemment la main loin de lui avant de reprendre la seringue en se tapotant la veine, ignorant complètement l'autre qui masse son poignet endolori. Le garçon aux cheveux d'argent concentre alors toute son âme pour enfoncer l'aiguille dans son bras.
Le noiraud le regarde faire, vaguement peiné. Il sait qu'il ne doit pas lui en vouloir, il connaît très bien ce lunatisme et changement brutal de comportement si caractéristique des héroïnomanes, mais il ne peut empêcher son cœur de se serrer en regardant le petit corps fragile s'avilir un peu plus à mesure que le nectar pénètre son corps.
Kakashi retire l'aiguille de son bras et se recouche sur le côté, enfouissant son visage entre ses genoux en une position fœtale. Il continue de frissonner, mais il sait que tout ira mieux dans quelques minutes, dans quelques secondes. Vite… vite…. que la poudre le sorte de cet enfer, vite…
Il écarquille brusquement les yeux, un sourire se dessinant sur ses lèvres. Ca y est… enfin… Il s'échappe de la réalité…
La libération…
Le noiraud soupire bruyamment en s'asseyant en tailleur près de la tête du plus jeune alors qu'il voit un sourire naître sur ses traits purs. Le rush. L'euphorie.L'échappatoire. Il sait que Kakashi se trouve maintenant dans un endroit dans lequel il ne peut le rejoindre, un endroit où il est seul avec son illusion de bonheur, son mirage de bien-être. Lui a pris sa dernière dose il y a deux heures. Il est encore en plein vol, dans l'état de béatitude et de détente totale après le bien trop court rush. C'est dans ces moments qu'il aime se mettre derrière son piano vernis, la seule chose à laquelle il attache vraiment de l'importance…
Non. Faux. La deuxième. La deuxième… après le petit corps à la peau immaculée qu'il a sous les yeux.
Après quelques minutes, c'est au tour de Kakashi de laisser échapper un long soupir. Il se met sur le dos, un sourire vide de sens croché au visage alors qu'il plonge ses pupilles dilatées à leur paroxysme dans les deux onyx.
Le rush est passé. Maintenant, il est Bouddha. La sagesse et le calme incarnés. L'autre devant lui pourrait sortir un flingue qu'il ne sourcillerait même pas. Rien ne peut l'atteindre, non, rien. Il est trop loin des bassesses terrestres pour ça…
Le noiraud se gorge du regard du plus jeune. Un regard vide. Profondément vide. Il voudrait se remettre au piano, mais il doit prendre soin du petit ange fragile. C'est le message qu'il comprend dans ces grands yeux d'enfant qui ne cessent de le fixer. Les mots de tout à l'heure se sont envolés au loin. Tout ce qu'il reste, ce sont ces grands yeux noirs qui lisent à nouveau en lui, tout comme lui lit en eux. Ce regard est le reflet de l'âme de Kakashi.
Et son âme brisée a besoin de lui.
Le noiraud glisse ses doigts dans les cheveux d'argent et soulève délicatement la nuque de son vis-à-vis avant de la poser sur sa cuisse. Dans son univers magique, l'autre n'oppose aucune résistance, pas même quand le garçon aux cheveux ébène se met à lui caresser les cheveux avec tendresse.
Comme sur la piste de danse quelques heures auparavant, leurs yeux parlent pour eux. Leurs corps se comprennent à nouveau. Et ceci pendant des secondes. Des minutes. Des heures.
Midi approche lorsque l'engourdissement commence à s'échapper du corps de Kakashi. Il retrouve peu à peu ses repères en s'accrochant toujours au regard sombre. Sa voix est enrouée lorsqu'il murmure :

- Tu… es en train de me… toucher…
- Tout à fait, répond l'autre dans un sourire.

Le garçon aux cheveux d'argent écarquille doucement les yeux et réplique après plusieurs secondes :

- Pourtant… je te l'ai… interdit…
- Le goût de l'interdit est tellement bon cependant…
- Comme celui… de mon cul… je suppose… rétorque alors Kakashi en retenant la main qui caresse encore ses cheveux.

Refroidi, son vis-à-vis se redresse en déglutissant.

- J'avais pourtant osé espéré que tu serais moins con après ta dose, soupire-t-il. Je t'ai déjà dit que ce n'était pas ce que je voulais de toi.
- Tsss… Alors je me demande bien pourquoi… tu m'as ramené chez toi et… déshabillé…
- Pour t'aider, abruti.

Avec lenteur, Kakashi se redresse à son tour et tourne le visage pour plonger à nouveau ses yeux dans les deux onyx.
Mais la lueur qui brûle à ce moment au fond des grands yeux d'enfant ne plaît pas du tout au noiraud.

- Je ne me souviens aucunement… avoir solicité ton aide… réplique-t-il d'un ton acide. Je n'ai besoin… de personne.
- Ouais, ça doit être ça… T'as raison. J'aurais dû rester à l'écart et regarder un comateux se défendre contre une bande de violeurs. Ca aurait pu être drôle.
- … Tu as un humour déplorable.
- Bah oui, tu aurais pu t'en sortir seul, pas vrai ?
- Va te faire foutre ! lâche Kakashi, la voix profondément empreinte de colère. Je ne t'ai rien demandé !!

Profondément agacé, le noiraud s'accroupit en fronçant les sourcils.

- Tu n'es qu'un petit con immature et ingrat.
- Oh… Parce que tu t'attendais à ce que je te remercie en me penchant en avant ?…
Je te l'ai dit hier soir. Tu n'auras jamais ces dix grammes de pure.
- … Tu me dégoûtes. Je viens de passer une nuit blanche à veiller sur toi de peur que tu ne fasses une overdose, après t'avoir tiré des griffes de mecs qui t'ont drogué, qui n'en ont qu'après ton cul, des pauvres types qui veulent t'arracher ta virginité de force…

A mesure que son interlocuteur parle, Kakashi écarquille les yeux de stupeur.

- Mais forcément… continue le noiraud, irrité. Moi qui te respecte, moi qui ai dû casser la gueule à ces connards pour te protéger, moi qui t'ai porté jusque chez moi pour que tu sois en sécurité, moi qui t'ai donné un bain pour te laver de leurs mains impures, moi qui ai… sauvé ta virginité… tsss… Evidemment, je suis dans le même sac.

Profondément déçu, le garçon aux cheveux ébène se recule un peu plus.

- Comme on dit, trop bon, trop con, conclue-t-il en faisant un mouvement pour se lever. Et tellement con que je vais sortir nous acheter un bento…
- ATTENDS !…

Dans un élan, Kakashi retient son vis-à-vis par le bras.

- P… Pourquoi tu fais… tout ça pour… pour moi ?
- … Si tu ne le comprends pas par toi-même, c'est que ça ne vaut même pas la peine que je continue à me faire du mal en restant à tes côtés…
- NON !!

Alors, dans un mouvement désespéré pour retenir l'autre, le petit ange appose ses lèvres sur celle de son vis-à-vis dans un gémissement étouffé.
D'abord surpris par le geste de l'autre, le noiraud finit lui aussi par fermer les yeux et se laisser aller à l'échange – après tout, il avait refoulé toute la nuit son envie de le faire. Il entrouvre les lèvres afin de venir caresser sa langue contre celle de Kakashi en entourant ses bras autour du corps have. Il le serre contre lui à mesure que l'échange gagne en passion, leurs lèvres scellées vibrant au gré des gémissements que le plus jeune étouffe tant bien que mal.
Lentement, Kakashi pousse le corps de l'autre contre le matelas en se mettant à trembler, ses doigts remontant avec hésitation le long de la cuisse de son vis-à-vis. Il s'immobilise en arrivant sur l'entrejambe.

- A… Arrête… souffle l'autre en rompant le baiser. Qu'est-ce que tu fais ?…

Mal-assuré, Kakashi déglutit en détournant légèrement le visage.

- Je… Je te donne… ce que tu attends de moi…

Ses doigts tremblants de peur se mettent alors à caresser la bosse durcie contre le pantalon du noiraud ; ce dernier soupire bruyamment.

- Tu ne comprendras donc jamais, décidément. En plus… regarde-toi. Tu crèves de peur et tu trembles comme une feuille.

Gêné, le garçon aux cheveux d'argent retire sa main en serrant doucement le poing.

- Je te l'ai déjà dit, mais je le répète, continue le brun en se mettant sur pied. Ce n'est pas ça que je veux de toi, surtout si tu te forces.

Il fait quelques pas en passant sa main dans ses courts cheveux noirs en sentant le regard de Kakashi peser dans son dos.

- Qui te dit… commence ce dernier dans un murmure. Qui te dit… que je n'en ai pas envie ?…

Le noiraud met plusieurs secondes à répondre cette fois alors qu'il ne regarde toujours pas son interlocuteur.

- Tu… Tu ne sais pas ce que tu dis. Reprends-toi pendant que je vais nous acheter quelque chose à man…
- Ne pars pas.

Prenant appui contre une commode, le garçon aux cheveux ébène soupire fortement alors que l'autre dans son dos fait quelques mouvements indistincts.

- Ce n'est pas une bonne idée… que je reste pour le moment.
- Pourquoi ça ?
- Parce que… parce que malgré toute ma bonne volonté, je ne pourrai pas continuer à résister beaucoup plus longtemps si tu…

Il sent une rougeur grimper le long de son cou alors qu'il complète :

- Hum. Laisse tomber… Je reviens dans quelques mi…
- Nhhh… aaah…

Tous les muscles du noiraud se raidissent violemment au son du gémissement. Il déglutit difficilement avant de se retourner.
La vue est si excitante qu'il manque de jouir sur le coup.
Complètement dénudé et les jambes outrageusement écartées, Kakashi fait lentement coulisser son membre au creux de sa main en se mordant la lèvre inférieure.

- M… Mais qu'est-ce que tu fais ?! demande l'autre d'une voix forte, légèrement haletant.

Ouvrant ses yeux humides de plaisir en les plongeant dans les deux onyx, Kakashi répond entre deux gémissements :

- Je fais une partie… de shôgi…
- N… Non, sérieusement… Arrête ça…

L'entrejambe du noiraud se met à hurler à l'outrage dans son pantalon. Un ange est en train de se masturber au milieu de son salon, et lui reste planté là comme un con !…

- Tu es tellement… nhh… persuadé que je ne veux pas… que je n'ai plus qu'à me satisfaire… tout seul…

Les doigts de l'autre sont tellement crispés contre la commode que ses ongles se mettent à déchirer légèrement le bois vernis. Il tremble d'excitation et peine de plus en plus à contenir ses pulsions.

- Va donc… acheter ce bento… continue Kakashi en haletant de plus en plus. Ou alors… Rejoins-moi.
- … Fait chier !

Perdant tout son sang-froid, le garçon aux cheveux corbeau retire les vêtements qu'il lui reste et court vers le corps si tentateur. Il le recouvre du sien avec fougue, sa bouche venant embrasser avidement le cou frêle.
Kakashi se tend contre le corps robuste sur lui, la peur bien présente malgré son désir. Il laisse échapper un long râle au moment où les doigts de l'autre se mettent à rouler le long de sa peau frémissante, la virilité du noiraud appuyant fortement contre son bas-ventre. Son appréhension grandit un peu plus ; ce sexe… en lui ?!… Il a peur, il crève de peur, pourtant, il se sent mourir de plaisir à cette pensée…
Le plus jeune bascule la tête en arrière, un léger soupir s'échappant de ses lèvres alors ses doigts se crispent dans les cheveux ébène. La température de son corps grimpe en flèche, sa peau ne réclamant qu'à se gorger des caresses de l'autre, ces effleurements de doigts contre ses hanches lui faisant perdre rapidement contenance. Mais quelle est cette sensation ?… Cette lente montée qu'il sent au creux de lui, ce désir lui tiraillant le bas-ventre ?… Le noiraud emprisonne un téton durci et le mord doucement, lui arranchant un soupir voluptueux qui vient gorger l'air déjà envahi de souffles rauques et saccadés. Il respire de plus en plus vite, de plus en plus difficilement, il se perd complètement dans ce tourbillon de nouvelles sensations que lui offrent les caresses de l'autre…
Libéré de toute retenue, Kakashi plie les genoux en écartant les jambes un peu plus, s'offrant complètement à l'autre. Ce dernier s'empresse alors de couvrir l'intérieur des cuisses glabres de baisers, ses longs doigts de pianiste massant ardemment l'aine du garçon. Le petit ange gémit un peu plus fort, il n'en peut plus, il est complètement happé dans cette vague de bien-être qui continue de grandir, de grandir à mesure que l'érection au creux de lui se renforce encore. Mordillant un instant l'intérieur d'une cuisse, le garçon aux cheveux corbeau plonge son visage au creux de l'entrejambe du plus jeune, commençant à promener sa langue mutine entre les bourses durcies, faisant gémir un peu plus le corps vibrant de plaisir sous les assauts de sa bouche impatiente. La langue espiègle se met à remonter le long du sexe tendu, appuyant avec force contre la veine alors que l'autre agrippe un pan de couverture dans sa main en retenant un gémissement.
Un petit cri envahit la pièce alors que le torse perlé de sueur de Kakashi se soulève violemment au moment où l'autre enfourne entièrement son membre. Ses jointures sont blanchies tant il serre fort le drap dans sa main, le bien-être envahissant chaque cellule de son corps, le noyant un peu plus à mesure que l'autre entame un va-et-vient sur son membre douloureusement durci.
Le garçon aux cheveux d'argent se sent complètement perdre la tête. S'il avait imaginé un seul jour qu'un bien-être pareil était possible autrement que sous la forme d'un tas de poudre, d'une gélule !… L'autre accélère son mouvement ; Kakashi va bientôt se noyer sous ce flot de plaisir, il le sent, l'autre le sent aussi et accélère encore. Sa respiration devient une longue suite de gémissements, il réouvre les yeux, comme pour regarder la Mort en face, oui, il sent qu'il va mourir, c'est tellement bon, tellement fort, il écarquille violemment les yeux alors qu'un cri déchirant de volupté envahit la pièce ; il se tend avec force contre la bouche du noiraud en jouissant au fond de sa gorge, la gaine chaude ne déserrant pas avant qu'il ne se soit entièrement vidé. Il soupire de bien-être une dernière fois avant de relâcher tous ses muscles d'un seul coup, s'effondrant contre le lit, exténué.
La bouche de l'autre se détache doucement de son sexe alors qu'il ingurgite rapidement la semence déposée au fond de sa gorge ; le petit corps fatigué se remet difficilement de ses émotions nouvelles, sa respiration emballée ayant beaucoup de mal à reprendre un rythme décent. Le garçon aux cheveux ébène s'agenouille entre les jambes tremblantes et détaille avec attendrissement le petit corps délicat et pur qui peine à s'assagir.
Voir le bien-être resplendir sur ce visage d'enfant comme il brille en ce moment… voilà ce qu'il désire.
Il soupire doucement de contentement en faisant un mouvement pour se lever… mais il bascule soudainement en arrière, se retrouvant assis alors qu'il se rattrape de ses mains. Il écarquille les yeux en plongeant son regard dans celui de Kakashi, ce dernier se mettant à cheval sur ses cuisses en entourant son cou de ses bras. Il halète encore, son souffle chaud venant mourir contre les lèvres du noiraud alors qu'il pose son front contre le sien.

- Je… Je m'appelle Kakashi Hatake et j'ai… j'ai quinze ans… et toi ?…

Profondément attendri, l'autre agrandit son sourire en serrant le petit corps tremblant contre son torse.

- J'ai dix-sept ans et je suis un Uchiwa.
- Oh… un Uchiwa… J'aurais dû m'en douter… avec ces cheveux et ces yeux noirs… et ton prénom ?

L'autre le lui murmure au creux de l'oreille, et à peine le mot est-il prononcé que Kakashi se redresse sur ses genoux. Il empoigne le membre de l'Uchiwa au creux de sa main tremblante et cherche l'entrée de son intimité…

- M… Mais arrête !… souffle le noiraud en étouffant un léger râle. Tu… Tu es sûr de ce que tu fais ?…

Evidemment que Kakashi n'est pas sûr de ce qu'il fait… Tout ce qu'il sait, c'est que c'est avec cet homme qu'il veut s'unir. Il sait que l'Uchiwa ne lui fera pas mal, non, il sait qu'il sera tendre.
Il veut avoir ce noiraud dans la peau, gravé à jamais comme le tout premier et dernier homme qu'il laissera s'insinuer en lui. Il ne veut pas risquer de se faire prendre sa virginité de force, non, c'est lui qui a décidé… et il a décidé que ce sera lui, cet Uchiwa, lui avec sa gentillesse pathétique mais attendrissante, sa persévérance bornée bien que touchante.

- C'est… C'est à toi que je veux… m'offrir…
- Tu… Tu en es vraiment sûr ?…
- P… Prends-moi.

Une goutte ruisselant le long de sa tempe, le garçon aux cheveux corbeau déglutit doucement.

- Je… Je suis désolé, Kakashi, mais… je n'ai pas envie de te prendre.

L'humiliation s'insinuant douloureusement en lui, Kakashi redresse la tête, sourcils froncés. Cependant, son vis-à-vis le regarde tendrement, un sourire aux lèvres alors qu'il complète :

- … mais je veux bien te faire l'amour.

Le garçon aux cheveux d'argent ne répond rien, bien trop enveloppé par l'appréhension pour prononcer un seul mot de plus. Il ne fait qu'enfouir son visage au creux du cou du noiraud en se serrant un peu plus contre lui alors que l'autre empoigne doucement ses hanches.

- Je… Je t'aime, Kakashi.

Ce jour-là, Kakashi Hatake perdit sa virginité au moment où Obito Uchiwa le posséda d'un coup de rein.

Sasuke resta plusieurs secondes sans bouger, tout son être uniquement concentré sur la minuscule fiole qu'il tenait au creux de sa paume. A peine quelques gouttes, juste quelques gouttes, et… il ne sentirait rien. Rien. Simplement un gouffre, un profond sommeil, et quand il se réveillera… rien. Juste… des papiers finement pliés, des petits tas de poudre qui le rendront… jubilatif. Euphorique. Fort.
Plus fort que la Mort. Plus fort que… qu'Itachi.
Une main se posa alors sur le côté de son cou. Une main froide. Inhospitalière. Désagréable. Que décides-tu ? entendit-il de loin. Son regard onyx resta profondément vide. Dans sa paume, la petite fiole n'avais pas bougé. Non. Rien ne bougera. Rien.
Une bouche. Une bouche froide sur son cou. Des lèvres qui roulaient sur sa peau.
Et ce fut la fiole qui roula au sol à son tour.

XXXXX

A mesure qu'il s'approchait du bar, l'homme entendit plus distinctement la musique qui en sortait. Il se raidit imperceptiblement sans pour autant ralentir son pas ; il ne devait pas se laisser destabiliser par ça, non, d'autant plus qu'il était déjà en retard – pour changer.
Il pénétra dans le bar en secouant ses cheveux argent détrempés de pluie en se mordant l'intérieur de la lèvre. Brusquement, la musique changea ; ce n'était plus un rythme répétitif entraînant, mais simplement un bon vieux rock sympathique.

- Kakashi !… Ca fait si longtemps !

L'écrivain leva ses yeux vers l'homme qui s'approchait de lui avant que la fine cicatrice qui lui barrait l'œil gauche ne s'étire doucement sous le coup de la surprise.

- Asuma ?… Waou, c'est sûr… J'ai même fini par croire que tu ne tenais plus ce bar à force…

Il remarqua que l'homme en face de lui avait fait un mouvement pour lui serrer la main avant de se raviser d'un air gêné. Kakashi ne put empêcher un sourire.

- Tu sais, ma phobie du toucher est terminée depuis longtemps.
- Ah… Excuse-moi… C'est juste que quand on habitait ensemble dans le squat, enfin, avant que t'ailles habiter chez… mince… Pas bon que je teste les nouveaux cocktails avant de les servir…

L'écrivain eut un petit rire pendant que l'autre continuait :

- Et, oui, le Anbu est toujours à moi, mais je ne viens que pour les soirées spéciales… D'ailleurs, ce soir, c'était soirée trance, je… Je ne m'attendais pas à ce que tu viennes, mais ne t'en fais pas, j'ai fait changer la tracklist, je…
- Ne t'en fais pas pour ça, le rassura l'autre d'une voix teintée de douceur en glissant ses mains dans ses poches. Je ne l'avais même pas remarqué, et puis… C'est loin derrière nous, cette époque.

L'autre sourit en retour avant de répondre :

- Tu as raison… Et puis ? Ta vie, alors ? Tu travailles toujours en cabinet ?
- Oh non… J'ai arrêté juste avant de prendre Sasuke sous ma tutelle.
- Tu as pris sous ta tutelle… un Uchiwa ?
- Ca n'a rien à voir avec Obito, si c'est ce que tu te dis.

Conscient d'avoir à nouveau mis les pieds dans le plat, Asuma s'en voulut d'avoir autant bu. Il se détourna du visage resté cependant impassible de l'autre en enchaînant :

- Et puis… euh… les amours ? Tu as quelqu'un, quelqu'une ?
- Non, non… De ce côté-là, je n'ai pas changé. L'amour, ça apporte que des emmerdes… Je préfère encore continuer avec mes aventures sans avenir.
- Pourtant… tu n'es plus un ado maintenant, Kakashi. La trentaine nous a déjà rattrapé… Tu ne crois pas qu'il serait temps de te caser avec quelqu'un ?

Voulant détourner la question, l'écrivain plissa les yeux en agrandissant son sourire.

- Serais-tu en train de me dire que toi, tu t'es trouvé quelqu'un ?… Oooh, mais c'est plus que clair ! C'est qui ? Je le connais ?
- … Ce terme masculin n'a plus lieu d'être puisque après le départ de Yamato, j'ai décidé de retenter ma chance avec les femmes… et ça a marché. Et oui, tu la connais.

Curieux, Kakashi demanda à l'autre qui était l'élue de son cœur.

- Devine, lui répondit Asuma en haussant un sourcil. Tu as couché avec elle une fois.
- Hum… Ca m'aide pas vraiment, en fait, et en plus… c'est plutôt embarassant.
- Mais non, voyons. Maintenant, je sais que tu as une maîtrise sans bornes de tes doigts, que tu es monté comme un cheval et circoncis de surcroît.

Gêné, Kakashi se gratta la nuque en détournant le visage pendant que l'autre partait dans un rire rocailleux.

- Je… Je ne pensais pas que ce genre de détails circulaient sur mon anatomie, dit l'écrivain d'une petite voix.
- Tu ne sais pas à quel point une femme au cœur brisé peut se confier.
- … Comment ça ?
- Tu es un bourreau des cœurs, Kakashi. Kurenai t'aimait vraiment à cette époque… et je crois que ça a été ma chance. Heureusement que j'étais là pour la réconforter…

Un peu plus mal à l'aise, l'écrivain força tout de même un sourire.

- Bah… Je ne fais pourtant jamais de promesses et j'avertis toujours que ce n'est qu'une histoire de sexe…

L'image d'Iruka baigné de larmes enroulé dans ses draps le soir précédent s'imposa brutalement à son esprit, pensée qu'il chassa rapidement avant d'ajouter :

- … mais si j'ai pu un tant soit peu contribuer à ce que tu trouves le bonheur, j'en suis vraiment heureux pour toi.
- Pour sûr qu'on est heureux, maintenant… On s'est fiancés le mois passé et…
- KAKASHI-SAAAAN !!!

Les deux hommes tournèrent simultanément les yeux vers la source de la voix avant de découvrir un blondinet leur faisant de grands signes à une table.

- Ah, c'est toi que Naruto attend depuis une heure ?…
- Euh… oui, je suis un peu un retard, mais c'est parce que j'ai dû garer ma voiture et…
- Aux dernières nouvelles, t'as pas de voiture, Kakashi.

Asuma eut un nouveau rire en tapant doucement dans le dos de son vis-à-vis.

- Allez, file, on reprendra cette conversation un peu plus tard. Moi, je dois aller parler à deux clients un peu louches…
- Tu ne ferais pas mieux d'appeler la police ? Tu veux que je vienne avec toi leur parler ?
- Non, non, le rassura-t-il avant de s'éloigner. Je vais juste leur donner un avertissement dans l'arrière-salle maintenant. Mais… Tu sais, Kashi… Enfin, Kakashi…

Ce dernier sourit de nostalgie devant le surnom alors que le brun continuait :

- Ca m'a fait très plaisir de te voir et de te reparler.
- A moi aussi, Asuma.
- … J'espère vraiment qu'on jour tu accepteras que quelqu'un t'apprenne à nouveau le vrai bonheur d'aimer et que toi aussi tu seras heureux.

A la fin de la phrase, Asuma secoua la tête en se maudissant d'avoir autant bu avant d'ajouter :

- Allez, on se revoit tout à l'heure un moment… Qu'est-ce que je dis à Sakura de t'apporter ?
- Hum… Un saké, s'il te plaît. Et oui, retrouvons-nous plus tard dans ce cas. Merci.

Ils se sourirent une dernière fois avant de partir chacun de leur côté.
Kakashi rejoignit rapidement le blond en s'excusant de son retard. Le bar semblait plutôt calme en ce jour de semaine, seules quelques tables aux alentours étaient occupées.

- Ca fait super longtemps, Kakashi-sensei…

L'écrivain crispa violemment ses doigts contre la table en écarquillant les yeux.

- Naruto… Kakashi-san, kun, chan, sempai, sama, dono, tout ce que tu veux, mais pas… Kakashi-sensei. S'il te plaît.

Ne comprenant pas le brusque refroidissement de l'homme, Naruto baissa néanmoins la tête en se confondant en excuses. Kakashi passa une main sur son visage en soupirant ; cette soirée était bien trop teintée de souvenirs à son goût…

- Ce n'est pas grave, Naruto… Dis-moi, tu voulais me voir, je me trompe ? J'espère que ce n'est rien par rapport à la guitare, parce que je vous ai appris tout ce que je savais, à Sasuke et toi.

Il remercia Sakura lorsque cette dernière lui apporta une petite bouteille de saké avant de plonger son regard dans les deux azurs. Le blond affichait une moue boudeuse alors qu'il murmurait :

- Mouais… vous lui avez appris le tapping, à Sasuke… Mais bon, la question n'est même pas là ce soir. C'est de Sasuke même que j'aimerai parler, en fait…

Non, le blond n'avait pas su exprimer son inquiétude à Iruka, mais Kakashi, lui avait fait des études en psychologie, lui qui avait pris sous son aile l'Uchiwa… Peut-être pourrait-il comprendre son attitude. Et en plus, après, si l'écrivain s'inquiétait, peut-être que cela atténuerait sa colère, et peut-être qu'il… acceptera de l'aide…
De son côté, Kakashi l'invita à parler tandis qu'il se servait une coupelle d'alcool.

- Sasuke est vraiment étrange ces derniers temps, commença alors Naruto. Je l'ai vu hier, et… il avait un aspect quasiment cadavérique, en fait. Il semblait complètement ailleurs. Quand il parlait, on aurait dit qu'il se perdait dans ses phrases, sans parler du fait qu'il n'écoutait pas du tout ce que je disais.

A mesure que le blond continuait son récit, l'écrivain fronçait les sourcils, son regard se faisant intense. Le guitariste se sentit profondément troublé par les deux yeux sombres qui semblaient lire au plus profond de lui… Il comprit alors les sentiments d'Iruka à l'égard de cet homme, cet homme qui, malgré son œil mutilé, dégageait une masculinité et une beauté ravageuse…
Naruto se baffa mentalement. Qu'est-ce qui lui prenait d'apprécier un corps d'homme, maintenant ?! Ce n'était pas comme si… comme s'il avait aimé le contact des lèvres sucrées de Sasuke contre les siennes, la sensation des doigts fins glissant contre sa peau de miel, et…
Nouvelle baffe mentale. Décidément, les dernières vingt-quatre heures devaient l'avoir vraiment troublé, mais non, non, non… Il n'aimait pas les hommes, point. Mais s'il pouvait éviter de raconter un certain passage un peu embarrassant à Kakashi, ça ne serait vraiment pas plus mal…

- Mais encore, Naruto ?
- Euh… c'est tout.
- Tu en es sûr ?…

Bordel !… Iruka avait eu raison de perdre la tête pour cet homme… Quelle idée de fixer les gens avec un regard si pénétrant ?! Naruto eut l'impression pendant plusieurs secondes d'être complètement mis à nu sous les yeux de l'écrivain, que ce dernier savait pertinemment qu'au fond, il avait des choses à cacher…

- Comment étaient ses yeux ? demanda Kakashi, ayant remarqué la gêne provoquée par sa dernière question.
- Euh… ben… noirs, quoi.
- Oui, bon, merci… mais je veux dire, ses pupilles. Est-ce qu'il y avait quelque chose de spécial ?
- Ouais, sûr… Il avait les yeux complètement explosés.

Au grand soulagement de Naruto, son interlocuteur dévia son regard sur un point invisible au fond de la salle alors qu'il portait ses doigts à ses lèvres, visiblement en proie à une profonde réflexion.

- Dis-moi… Est-ce qu'il était complètement désinhibé ?
- Dési… quoi ?
- En clair, est-ce qu'il a fait des choses qu'un Uchiwa comme lui n'aurait jamais fait en temps normal ?

Sans qu'il ne puisse se contrôler, une rougeur se mit à grimper lentement de long du cou du blond alors qu'il se figeait… choses qui n'échappèrent pas à l'ancien psychothérapeute. Voyant que l'autre ne répondait pas, il précisa une nouvelle fois sa question :

- Vous avez couché ensemble ?
- M… Mais non !! explosa violemment l'autre.

Naruto devait être d'une crédibilité sans bornes si on en croyait les sourcils haussés de son vis-à-vis.

- Naruto… Je ne vais pas juger ta sexualité ni celle de Sasuke.
- Mais… Je vais jure que… qu'on a pas couché ensemble !! continua le blond sur un ton profondément agacé.
- Alors quoi ? Il a essayé de le faire ?… Qu'est-ce que tu me caches, Naruto ?

Saloperie de psy !…
Le blond déglutit avec difficulté. Il était complètement pris au piège sous les questions de son interlocuteur.

- Eh bien… Il… Il m'a carrément sauté dessus, quoi… Il a… retenu mes bras… au-dessus de ma tête, je… je pouvais plus bouger, plus bouger du tout…

A mesure que Naruto continuait son récit, l'écrivain écarquillait doucement les yeux devant les tremblements qui gagnaient le corps du plus jeune.

- Et puis après, il… il m'a embrassé et il a… essayé de… de… descendre sa m… main, mais j'ai… j'ai eu si peur… Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai eu… terriblement peur, j'ai paniqué… Il me voulait du mal, alors je l'ai frappé et…
- Naruto !…

Brusquement, les deux mains douces de l'écrivain étaient venues prendre délicatement les siennes tremblantes. L'homme chercha les yeux céruléens avant de s'y plonger en esquissant un sourire tendre, son regard se faisait telle une caresse.

- Naruto, regarde-moi… Regarde-moi dans les yeux. Là… C'est fini, Naruto, calme-toi. Tout va bien. Personne ne te veut de mal, maintenant. Sasuke est simplement complètement paumé. Ne lui en veut pas, et ne t'en veux pas à toi-même non plus. Ta réaction a été humaine.

Déglutissant doucement, le blond baissa le regard, essayant de puiser l'énergie dont il avait besoin pour reprendre contenance dans la chaleur que les deux mains diffusaient dans son corps. Rassuré par les paroles et le regard tendre de l'autre, Naruto serra un instant les mains dans les siennes en inspirant profondément.

- Vous… Vous pensez savoir ce qu'il a ?
- Malheureusement, oui. Mais je ne veux pas me lancer dans des conclusions hâtives. Il faut que je le voie au plus vite.
- … Vous êtes vraiment quelqu'un de bien, Kakashi-san.

Un meurtrier n'est pas quelqu'un de bien. Je ne suis pas quelqu'un de bien.
Sans répondre, l'écrivain lâcha doucement les mains du blond avant d'ébouriffer légèrement ses cheveux dans un sourire. Il reprit finalement place pendant que Naruto continuait :

- Vous êtes toujours là pour aider les autres, toujours.

Ca me fait du bien d'aider, de savoir que je suis capable de faire du bien autour de moi malgré tout. Ca pourra peut-être racheter mon passé.

- Je pense que la personne qui vous aimera et que vous aimerez en retour sera vraiment chanceuse.

La personne qui m'aimait et que j'aimais en retour est morte. La vraie chance est quand on ne me connaît pas. Plus jamais je ne laisserai qui que ce soit m'aimer. Jamais.

- C'est… C'est très gentil à toi de me dire tout ça, Naruto, mais… Où veux-tu en venir ?
- Je sais que vous faites votre possible pour rendre les gens heureux autour de vous… C'est pourquoi j'aimerai que vous m'aidiez à résoudre le problème d'un ami.
- Eh bien… je vais faire mon possible. Raconte-moi.

En face de lui, le blond prit une profonde inspiration avant de commencer son récit :

- Voilà, cet ami est fou amoureux de quelqu'un, mais il n'a jamais osé lui dire. Il préfère qu'ils continuent de coucher ensemble parce qu'il sait que l'autre le repoussera s'il parle. Pourquoi, à votre avis, l'autre lui refuse son amour ?
- Je ne sais pas trop, soupira Kakashi avant de vider d'un trait sa coupelle. Peut-être que l'autre pense qu'il ne mérite pas d'être aimé. Peut-être que son passé lui a appris que l'amour n'apportait que des souffrances et qu'il a trop peur pour réessayer… Je n'en sais trop rien.
- Oh… Je vois… Mais vous ne pensez pas que mon ami pourrait l'aider ? Qu'il pourrait lui faire oublier ses démons du passé ?

Devant le regard intense que lui lançait son vis-à-vis, Kakashi fronça les sourcils. Quelque chose lui disait que l'on essayait de l'acculer au mur… et il n'aimait pas ça du tout.

- Le passé ne s'oublie pas. Si l'autre croit qu'il ne mérite pas de se faire aimer, je ne vois pas comment quelqu'un pourrait lui faire voir les choses autrement.
- Pourtant, ce type est vraiment quelqu'un de bien. Il mériterait amplement d'être heureux.
- S'il est convaincu du contraire, ton ami perd son temps et gaspille son amour pour quelqu'un qui n'en vaut pas la peine…
- Le problème, c'est que tu en vaux la peine, Kakashi.

Kakashi écarquilla violemment les yeux en voyant l'homme assis derrière le blond se lever. Il était de dos et portait une capuche… mais l'écrivain ne connaissait que trop bien ce timbre de voix.
mince !…

- Kakashi-san… dit alors Naruto d'une petite voix en se levant. Parlez-lui, je vous en prie. Merci de m'avoir écouté.

Voyons, je t'en prie, Naruto. Merci à toi de m'avoir piégé.
Poings serrés sous la table, l'écrivain ne bougea pas lorsque son interlocuteur changea. Ce n'était plus des azurs, mais deux grands yeux noirs à la lueur triste qui le regardaient à présent. Il entendit à peine le blond le saluer avant de partir tant le goût amer de la trahison le prenait à la gorge.

- Kakashi… Il faut que je te parle.

Les traits rendus durs par l'infâmie de la situation, Kakashi ne put que soutenir le regard d'Iruka avec froideur.

XXXXX

Sasuke, assis sur le divan miteux, ne réagissait toujours pas aux assauts de la bouche de l'autre. Il ne ressentait rien. Rien à part cette colère sourde qui bouillonait dans ses entrailles.

- Ta peau… est encore si douce… susurra Kimimaro en faisant rouler sa langue sur la jugulaire pâle. Ca va si vite… se dégrader… Je vais bien m'en occuper, tu verras… Je ne suis pas mauvais…

Sasuke serra violemment les poings en crispant sa mâchoire au moment où l'autre avait apposé sa main contre son bas-ventre.

- Hmm… Je suis sûr… qu'on va passer un très bon moment, toi et moi…
- … Ah ouais ? Et bien, profite plutôt de ça !!

L'homme aux cheveux de neige eut à peine le temps de redresser la tête qu'un coup de poing la fit violemment partir en arrière.
Le visage crispé par la colère, Sasuke se redressa. Son regard se porta directement sur les petits carrés d'aluminium… lorsque Kimimaro se leva à son tour, poignard à la main. Le noiraud déglutit en observant le sang coagulé sur la lame, sang qui rappelait celui qui ruisselait le long du cou de l'autre. Pourtant, ses émeraudes riaient aux éclats.

- Je savais… souffla-t-il, la bouche en sang. Je savais que vous, les Uchiwa… n'étiez tous que des cons…
- Je t'interdis d'insulter ma famille !! vociféra Sasuke, hors de lui.

Un rire mauvais franchit les lèvres de Kimimaro alors que la lame restait pointée sur le plus jeune.

- Je suis bien content… de ne jamais avoir connu ton frère… Les deux… Les deux Uchiwa que j'ai côtoyé ont anéanti à leur manière Kakashi-sensei… D'ailleurs…. C'est trop d'honneur pour toi que je te menace avec ce couteau…
- Tiens donc, siffla le noiraud entre ses dents. Et pourquoi ça ?

Un nouveau sourire idiot se forma sur les lèvres de Kimimaro.

- Parce que le sang que tu vois sur cette lame… est celui de Kakashi-sensei.

Horrifié, Sasuke ne put s'empêcher cependant de détailler les lourds sillons brunâtres qui ornaient le couteau alors que l'autre pousuivait :

- Tu n'as jamais remarqué toutes ces balafres qui viennent défigurer son corps d'ange ? Ces deux profondes entailles qu'il a sur les omoplates ? La fine cicatrice qui lui barre l'œil gauche ?… Ne me dis pas que tu ne t'es jamais demandé comment tout ça était arrivé là ?…

Le noiraud déglutit en soutenant le regard de l'autre malgré ses tremblements.

- En fait… Je ne suis pas étonné que tu ne saches rien. Kakashi-sensei n'en a certainement jamais reparlé…
- De quoi ?! s'irrita Sasuke.
- De cette nuit-là, une année après qu'il ait rencontré l'autre. Moi-même je n'en connais pas les détails… Je ne sais que ce que l'Ecaille – autrement dit, Orochimaru-sama – a bien voulu m'en dire… Je sais juste que c'est avec ce poignard que la Plume a mutilé son corps d'ange…
- Qui est la Plume ?!
- … Un autre connard de Uchiwa.

Le noiraud écarquilla violemment les yeux en blêmissant.

- Qu… Quoi ?
- Tiens, tiens… ricana l'autre. Tu as beau faire le fier, à défendre farouchement ton nom, mais au fond… Tu ne connais rien des agissements de tes ancêtres. Tu ne sais rien des pourritures qui t'ont précédé…
- Si on est tous pourris, si deux Uchiwa ont détruit sa vie, pourquoi Kakashi-san m'a-t-il pris moi sous sa tutelle ?!
- … Parce qu'il l'aimait, cette pourriture d'Obito Uchiwa.

Le teint de Sasuke se fit encore plus blême.
Obito Uchiwa. Il n'en avait entendu parler qu'une fois, une seule fois… Il avait quatre ans, oui, il était tout petit… Son père, inspecteur de police, disait à sa mère qu'ils avaient retrouvé le corps de ce… Obito… qu'il était mort… et que de toute façon, ça faisait un putain de pédé et un drogué en moins sur cette Terre…
Mais alors… Si Sasuke avait quatre ans, alors… Kakashi, lui, devait en avoir dix-sept. Oui… tout concordait. Ce jour-là, lui ne connaissait pas ce Obito, mais Kakashi, lui… lui était son amant, et même plus… Et jamais, jamais l'écrivain ne lui avait dit quoi que ce soit !
Le noiraud serra les poings. Comment son ancien tuteur avait-il pu lui cacher ça ?!
C'en était trop. Beaucoup trop. Il avait des comptes à lui demander. Et il allait le faire sur-le-champ.

- Je me casse.
- Ah oui, vraiment ? répliqua l'autre d'une voix pleine de mépris. Et comment tu vas trouver la planque d'Orochimaru-sama, dis-moi ?
- Rien à foutre de ce type ! siffla Sasuke en remettant la veste orange.
- Quel dommage… et dire qu'il a côtoyé ton frère pendant plusieurs années…

Le noiraud se raidit brutalement.

- En plus… continua l'autre. En plus, il a de la poudre à revendre, de la poudre bien pure, bien bonne, celle qui te donnera toute la force nécessaire pour tuer Itachi… Et bien sûr, tout ceci sans compter le fait que si tu as besoin de précisions concernant les balafres de Kakashi-sensei, il pourra te les donner. L'Ecaille faisait équipe avec la Plume avant de se séparer et avant que je ne le rejoigne, et… ils étaient ensemble le soir où ton très cher ancien tuteur s'est fait scarifier. Il te donnera tout ça, Sasuke. Tu a tout à gagner en venant le…
- RIEN A BRANLER, JE ME CASSE !!

Uniquement commandé par sa colère, le noiraud se déplaça rapidement vers la porte.

- Tu es tellement nerveux… C'est le manque, ça, Sasuke, tu sais ? Tu ne vas pas tenir longtemps sans ta dose et si tu ne trouves pas quelque chose qui te change les idées… comme une bonne baise, par exemple. Tu as besoin d'Orochimaru-sama. Il t'aidera à accomplir ce que tu veux. Je serai encore ici jusqu'à demain midi, après, je vais aller me refourguer chez lui. Ne sois pas en retard ou je vendrai les doses qui t'étaient réservées.

La pensée de cette poudre qu'il avait à sa portée lui obnubilant totallement l'esprit, le noiraud ouvrit cependant la porte d'une main tremblante de colère alors que l'autre concluait :

- Tes doses, ta poudre à toi… Tout sera là à attendre ton retour, Sasuke. Bonne nuit.

La porte claqua violemment, laissant alors Kimimaro seul dans la pièce, un sourire mauvais au visage.

XXXXX

- Kakashi… Pourquoi as-tu réagi comme ça hier soir ?

Le temps sembla se suspendre pendant de douloureuses secondes.

- Réponds-moi, s'il…
- Je n'ai rien à vous dire, Umino-san.

Devant le ton acerbe et impersonnel de l'autre, Iruka se raidit quelque peu en déglutissant. L'écrivain ne cilla pas.

- Pourquoi me traites-tu si mal, Kakashi ? Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ?

Tu m'aimes.

- Je répète, répondit Kakashi sur le même ton cinglant. Je n'ai rien à vous dire. Il me semble avoir été plus que clair hier soir.
- Simplement parce que j'ai verbalisé ce que je ressens pour toi depuis des années ?

Merveilleux. C'est merveilleux. Manquait plus que ça. Bordel, Iruka… Tu ne dois pas m'aimer. Oublie-moi. Je ne suis pas fait pour toi. Je détruis tout ce que je touche. Et cela semble se confirmer encore si j'en crois les traces de larmes sur tes joues.

- Votre présence m'importune, Umino-san.
- Et la tienne me comble de bonheur.

C'est quoi ce feuilleton à l'eau-de-rose ?! La vie n'est pas pleine de petits papillons, Iruka ! Et surtout pas la vie à mes côtés… à moins que tu n'aimes côtoyer la Mort. Je ne te laisserai pas bousiller ta vie pour moi, Iruka. J'ai déjà détruit trop de vies. Que tu le veuilles ou non, tu vas me haïr. Je vais te faire un mal de chien, et m'en faire par la même occasion… mais je n'ai pas le choix. Tu dois m'oublier coûte que coûte. Tu dois m'oublier et te reconstruire avec quelqu'un qui ne te tuera pas.
Haussant le menton en une attitude défiante, l'écrivain posa ses coudes sur la table avant d'appuyer sa tête sur ses mains, une lueur mauvaise dans le regard.

- Je te comble de bonheur ?… C'est censé me faire quelque chose ?
- Je… Kakashi, je… Je t'aime.
- Et moi, j'aime te la mettre bien profond, c'est tout.

Le brun se refrogna en fronçant les sourcils.

- La vulgarité ne te va pas.
- Tout comme l'archarnement vain dont tu fais preuve à mon égard. Je préférais quand tu étais mon jouet dominé qui écartait les cuisses sans faire d'histoires.

Les poings d'Iruka se serrèrent contre la table.

- Je… Je peux continuer à l'être si tu veux… Kakashi.

Mais… Tu es complètement maso, Iruka ! Les phrases que je te dis me scient les lèvres, et toi tu en redemandes encore !… Iruka… puisses-tu comprendre et me pardonner un jour…
Un rire mauvais franchit les lèvres de l'écrivain alors qu'il toisait l'autre avec mépris.

- Toi ? Parce que je suis censé encore vouloir de ton corps, peut-être ? Des bien meilleurs que toi, j'en ai comme je veux. Toi, t'étais juste pratique parce que tu ramenais ton cul pour que je le baise quand je le voulais, c'est tout.

Kami-sama, comment je peux dire des choses aussi ignobles ?…

- Kakashi… Je n'ai pas mérité ces paroles blessantes…

Devant lui, les yeux d'Iruka commençaient à se remplir de larmes.
Non, non, Iruka, ne pleure pas !… Tu comprendras un jour. Pardonne-moi, mais c'est le seul moyen. Tu verras. Tu m'oublieras et tu seras heureux. Quand je mourrai, tu viendras cracher sur ma tombe, mais ce jour-là, tu tiendras dans ta main celle de quelqu'un qui aura su te donner tout l'amour dont tu mérites. Moi, je suis incapable d'aimer à nouveau et je refuse que tu en souffres. Hais-moi… et sois heureux.

- Kakashi… Je ne demande qu'à t'aimer…
- Alors laisse tomber. Il n'y a qu'une seule chose que je voulais de toi, et ce n'est pas ça.

L'homme aux cheveux d'argent sentit son cœur se serrer au moment où une larme se mit à glisser le long de la joue d'Iruka, mais rien ne se lisait sur son visage à par son regard désinvolte.

- Pourquoi… commença le brun en refoulant un sanglot. Pourquoi veux-tu que je te déteste, Kakashi ?…

Les yeux de l'écrivain s'arrondirent brusquement.
Qu'est-ce que tu me racontes là, Iruka ?!

- Je sais… que tu n'es pas comme ça… continua le professeur d'une voix vacillante. Tu es tendre, gentil et tu… tu penses toujours aux autres avant toi-même, alors… Pourquoi veux-tu que je te haïsse ?

Tous les muscles de Kakashi se raidirent sans qu'il ne le laisse transparaître.

- Tu crois que je fais tout ça pour que tu me détestes ? Tu rêves ! Je n'ai pas besoin de réfléchir aussi loin. J'ai beau vouloir aimer aider les autres, ce n'est pas pour ça que je suis comme ça partout. Quand il s'agit de ma queue, il n'y a qu'elle qui compte. J'en ai rien à foutre de toi, Iruka. Les trous, je les baise, c'est tout.
- Ce… C'est au sens figuré… que t'essaies de me baiser maintenant, Kakashi… Mais cette fois… je ne me laisserai pas prendre.

Derrière ses larmes, le regard d'Iruka s'était fait déterminé.

- Tu es bien trop naïf, Iruka. Si tu continues à croire que tout le monde est gentil et mignon, tu vas te faire baiser bien plus d'une fois. Essaie plutôt de tirer des leçons de ce qu'il s'est passé avec moi plutôt…
- Ferme-la.

L'écrivain fronça les sourcils en voyant l'autre se rapprocher de lui par-dessus la table.

- Laisse-moi… Laisse-moi t'aimer, Kakashi…
- Mais je ne veux pas de ton amour, bordel !
- Je voudrais tant… Je voudrais tant pouvoir… te réapprendre à aimer, te redonner confiance en l'amour… Et surtout, Kakashi… Je voudrais tant pouvoir… guérir tes… blessures…

Il ponctua son dernier mot en apposant son doigt tremblant sur la fine cicatrice qui barrait l'œil gauche de l'écrivain.

- Ne me touche pas !!!

La fureur qui balaya les entrailles de Kakashi explosa d'un seul coup alors qu'il se levait en rejettant violemment la main de l'autre.

- Putain, pour qui tu te prends ?! Fous-moi la paix, Iruka, tu n'es rien pour moi, rien du tout, tu entends ?! Je ne veux pas de ta pitié et encore moins de ton amour, alors dégage de ma…

Un cri déchirant envahit le bar tout entier, glaçant les deux hommes jusqu'au sang.
La musique s'arrêta, les lumières se rallumèrent. Les quelques clients encore assis se lèverent, affolés par cet effroyable hurlement qui résonna encore pendant plusieurs secondes plus tard. Une jeune fille aux cheveux roses sortit en courant de l'arrière-salle.

- SAKURA ! hurla Kakashi, blême.

Elle qui était d'habitude si joyeuse avait à ce moment le visage ravagé de larmes.
Perdant son sang-froid, l'écrivain accourut vers elle, talonné par Iruka. Ils eurent tout juste le temps de la rattraper avant qu'elle ne tombe au sol, tremblante de partout.

- Elle… Elle fait de l'hyperventilation ! dit Iruka d'une voix paniquée.
- Sakura ! Sakura, regarde-moi ! ordonna l'écrivain d'une voix ferme mais douce. Qui je suis, Sakura ?
- Ka… Kakashi-san !!!

Ce dernier prit sa tête entre ses bras, la regardant avec douceur alors qu'il caressait ses cheveux.

- Shhh… Calme-toi, Sakura, je suis là… Que se passe-t-il ?
- C'est… C'est… !!!

Un nouveau cri s'échappa de ses lèvres alors qu'elle fermait violemment les yeux. Dans le même mouvement, Kakashi se pencha vers la jeune fille et la serra contre lui, voulant apaiser ce corps terrifié.

- Elle est en état de choc… souffla-t-il en caressant son dos.
- Est-ce que… Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi, Kakashi ?

L'écrivain soutint pendant plusieurs secondes le regard d'Iruka avant de répondre :

- Appelle une ambulance…
- NON ! coupa violemment Sakura en se redressant, pleurant de plus belle. CA NE SERT A RIEN, A RIEN !! IL EST DEJA… MORT !!!

Les deux hommes devinrent blancs comme neige en quelques millièmes de secondes.

- Qui, Sakura ?! demanda l'écrivain d'une voix teintée d'inquiétude. Qui est déjà mort ?!

Alors, dans une plainte déchirante, Sakura hurla dans la nuit :

- Asuma ! Asuma s'est fait assassiner !!…