Chapitre treize : Protect me from what I want
-
Moshi moshi?
- « On passe à l'action dans quelques heures. »
-
Comment ça, on ?!
- « Vous vous occupez du Anbu, moi, j'ai
d'autres choses à faire. »
- Pein-sama a dit qu'il voulait
que tu t'occupes de la jeunesse de Konoha.
- « Je ne t'autorise
pas à me tutoyer, Priest, et je sais ce que j'ai à faire. »
- « Puisque tu joues au con, je crois que je vais demander à
Shark de s'en occuper… »
- NON ! Non… C'est bon, on s'en
occupe ce soir avec Kaku…
- « Ferme-la. On ne doit utiliser que
nos pseudonymes, même si on se tape un membre de l'équipe.
Compris ? »
- … Nh. D'ailleurs, il demande si on sera bien
payé pour ça.
- « Le jour où j'aurai la gueule d'un
trésorier, je te referai signe. En attendant… tu as deux heures à
compter de maintenant. Et fais ça proprement, pour une fois. »
-
Crow, vous savez bien que mon dieu aime la vue du sang.
- « Ton
dieu, il peut aller se faire foutre. C'est moi qui commande ici et
je t'ordonne d'éviter le bain de sang. Rappelle-moi quand tu
auras fini. »
- Mais je…
- « Tut… tut… tut…
»
XXXXX
- Ecoute, Sasuke. Je pense que tu vas commencer à douloureusement sentir le manque, là, alors peut-être que nous devrions arrêter de tourner autour du pot.
La voix de l'homme aux cheveux de neige sortit doucement Sasuke de ses pensées noires. Il tourna son visage impassible, plongeant son regard dans les deux émeraudes en sifflant entre ses dents :
- … En clair ?
Pour toute réponse, Kimimaro ne fit qu'enlever son haut informe, révélant son torse fin aux os saillant, comme s'il pouvait faire sortir ceux-ci à tout moment.
- Dis-moi…
T'as déjà couché avec un mec ?
- Ca te regarde pas.
Haussant alors un sourcil, Kimimaro toisa son vis-à-vis en se raidissant quelque peu.
- Vous êtes tous aussi cons les uns que les autres, vous autres, les Uchiwa…
Il eut tout juste le temps de lever sa main pour parer le coup que son interlocuteur destinait à son visage. Il garda plusieurs secondes le poing tremblant de colère entre ses doigts sans qu'aucune émotion ne vienne transparaître sur ses traits pâles.
- Le manque te rend vraiment violent, Sasuke. Raison de plus pour ne pas traîner, donc.
Il soutint les deux onyx insondables de l'autre, incapable d'y lire une quelconque émotion, pendant qu'un sourire en coin s'étirait sur ses lèvres.
- Tu me fais vraiment penser à lui, tu sais ?… Et rien qu'à cause de ça… je consens à t'offrir quelque chose.
Lâchant alors doucement le poing de Sasuke, l'homme aux cheveux de neige fouina quelques secondes dans sa boîte à chaussures… avant d'en sortir un flacon minuscule. Il le déposa au creux de la paume de Sasuke, ce dernier le regardant avec incrédulité.
- Avale ça, souffla-t-il dans son sourire. Je
devrais me dire que tu devrais t'habituer à ce genre de choses
dans ce milieu, mais disons que pour te mettre dans le bain, je
consens à ce que tu prennes ceci.
- … Tu veux que je prenne
volontairement du GHB ?… C'est maintenant que je dois rire ?
-
Absolument pas, répliqua l'autre, imperturbable. En prenant de
l'ecstasy liquide, tu quitteras simplement ton corps, comme si tu
plongeais dans un sommeil sans rêves, et malgré tout ce qui peut
arriver à ton corps pendant ce coma, tu ne sentiras rien et n'en
gardera aucun souvenir… à moins que tu ne préfères rester
conscient, bien sûr.
Sasuke baissa les yeux et observa le petit flacon dans sa paume tremblante.
- Dans ce milieu, offrir son corps en échange de doses est monnaie courante, continua Kimimaro. Et malgré ce que tu peux penser… savoir jouir au lieu de vomir, ça s'apprend.
Ne réagissant toujours pas, le noiraud ne fit que détailler le liquide transparent au creux de sa main.
- Alors… Que décides-tu ?
Un sommeil
noir, sans rêves. Sans espoir. Juste le néant, un gouffre profond,
un tunnel dont il ne voit pas le bout. Peu à peu, il se sent émerger
même si tout est confus, tout est pompeux. Il ne pensait pas se
réveiller.
Il ouvre les paupières. Un plafond beige.
Il le
fixe un petit moment en papillonnant des yeux. Brusquement, il fronce
les sourcils. A ses côtés, une douce mélodie sortant d'un…
piano ?! Qu'est-ce que c'est encore ce bad trip ?!
… Je suis
où ?!
Il se redresse violemment du matelas sur lequel il est
allongé avant qu'une lancinante nausée ne s'empare de son
corps. Il tremble.
Il est en manque.
Il se rend compte qu'il
est complètement nu. Dans un lit qui n'est pas le sien.
Aux
côtés d'un type qu'il ne connaît pas.
Il tourne ses yeux
écarquillés de peur vers l'homme torse nu au piano noir aux
reflets bleutés, ce dos nu finement musclé qu'il ne connaît
pas.
- Qu'est-ce que je fiche ici ?! dit-il d'une voix forte teintée de crainte et d'irritation.
L'autre ralentit alors doucement sa mélodie avant de l'arrêter définitivement. D'un mouvement fluide, il tourne son bassin pour faire face au plus jeune, sourire aux lèvres.
- D'abord, la bienséance recommande de dire bonjour. Ensuite, ça peut être sympa que l'on fasse les présentations officielles, que tu me donnes ton nom et ton âge, par exemple.
Le garçon aux cheveux d'argent
écarquille violemment les yeux en croisant le regard de
l'autre.
Tout lui revient en tête instantanément.
La rave
party au milieu du champ. Lui qui danse. L'autre qui vient vers
lui. Qui abuse de lui pour cinq grammes. La bouteille d'eau. Sa
course effrénée pour trouver une cachette. La main qui se pose sur
son corps alors qu'il tombe dans l'inconscience…
Et ce
type…
Ce type… a osé le ramener chez lui, probablement pour
avoir plus de confort… il l'a amené ici alors que lui-même
était dans les vappes, l'a déshabillé et… et…
Ce sale
type…
Aux yeux onyx…
Kakashi redresse la nuque en serrant
la mâchoire.
- Alors… c'était bon ? Content de la marchandise ?
Devant le ton aigre de l'autre, le garçon aux cheveux corbeau hausse les sourcils, son sourire s'estompant peu à peu.
- Euh… Ouais, pas mal. Même si je ne vois absolument pas de quoi tu veux parler.
Kakashi lâche une exclamation de dédain en détournant le visage, cherchant du regard ses vêtements alors qu'il se sent de plus en plus irascible.
- Où sont mes fringues ?! siffle-t-il entre ses dents, le manque le rendant explosif. T'as pas pu te retenir, c'est ça ?! Tu me les as arraché en chemin ?!
Une lueur de dépit apparaît sur les traits de son vis-à-vis.
- T'es tout le temps comme ça ou
t'es juste con le matin ?
- IL ME FAUT UN FIX, mince
!!!
Kakashi entoure ses bras autour de son propre corps frêle
alors qu'il se met à trembler de plus en plus. Il frissonne. Il
sue. Il a vraiment besoin de sa dose. Ses muscles commencent à le
tirer de partout.
Il serait capable de tuer pour soulager son
manque.
Soudain, un petit paquet de poudre tombe sur la
couverture. Le garçon l'attrape ardemment comme un vautour affamé
se jetant sur un cadavre pourissant au soleil, décortiquant le
plastique avec voracité. Il voit le deuxième déposer un petit
plateau argenté à ses côtés ; un citron à moitié pressé, une
cuillère, une seringue emballée, un briquet, un garrot. Il
s'empresse d'agripper la cuillère en tremblant presque
convulsivement.
- C'est les cinq grammes que tu m'as filé hier soir, soupire l'autre en s'accroupissant à sa hauteur. J'ai préféré m'en racheter en sachant que toi-même tu en aurais besoin.
Mais Kakashi l'entend à peine. Tout ce qui compte,
c'est qu'il se fasse son shoot. Qu'il fasse taire la sourde
souffrance au fond de lui. Qu'il oublie. Maintenant. Tout de
suite.
Au creux de la cuillère, il se concentre tant bien que mal
pour déposer la quantité de poudre correcte et correctement, mais
ses articulations sont raides et il ne cesse pas de trembler.
Murmurant un « Fait chier » entre ses lèvres, il ajoute
difficilement le citron au mélange et empoignant le briquet et se
met à chauffer le dessous de l'ustensile. Allez… allez…
dépêche-toi… j'en peux plus…
A peine le mélange est-il
homogène que Kakashi en remplit la seringue et attrape vivement le
garrot en posant la shooteuse à ses côtés. Il tente de faire en
sorte que ses mouvements soient les plus précis possibles, mais il
peine, il peine vraiment à cause de son manque et de son impatience.
Il renifle en entourant le garrot autour de son bras gauche et en
attrapant une sangle entre ses dents, le serrant suffisamment. Il a
peur. Il a peur que ses tremblements ne le fassent rater sa veine. Un
soupir se fait entendre.
- Donne… Je vais t'aider.
Le garçon aux cheveux ébène fait un mouvement vers la peau nacrée de l'autre, mais la réaction virulente de Kakashi l'arrête brutalement. Ce dernier serre un peu plus le poignet entre ses doigts tremblants de colère alors qu'un vague gémissement peiné se fait entendre.
- Je t'interdis de me toucher, siffle-t-il d'un
ton mauvais.
- Mais je… je voulais juste – putain, t'as une
sacrée poigne… ! – je voulais juste… t'aider…
- Je n'ai
besoin de personne.
Il rejette violemment la main loin de lui
avant de reprendre la seringue en se tapotant la veine, ignorant
complètement l'autre qui masse son poignet endolori. Le garçon
aux cheveux d'argent concentre alors toute son âme pour enfoncer
l'aiguille dans son bras.
Le noiraud le regarde faire, vaguement
peiné. Il sait qu'il ne doit pas lui en vouloir, il connaît très
bien ce lunatisme et changement brutal de comportement si
caractéristique des héroïnomanes, mais il ne peut empêcher son
cœur de se serrer en regardant le petit corps fragile s'avilir un
peu plus à mesure que le nectar pénètre son corps.
Kakashi
retire l'aiguille de son bras et se recouche sur le côté,
enfouissant son visage entre ses genoux en une position fœtale. Il
continue de frissonner, mais il sait que tout ira mieux dans quelques
minutes, dans quelques secondes. Vite… vite…. que la poudre le
sorte de cet enfer, vite…
Il écarquille brusquement les yeux,
un sourire se dessinant sur ses lèvres. Ca y est… enfin… Il
s'échappe de la réalité…
La libération…
Le noiraud
soupire bruyamment en s'asseyant en tailleur près de la tête du
plus jeune alors qu'il voit un sourire naître sur ses traits purs.
Le rush. L'euphorie.L'échappatoire. Il sait que Kakashi se
trouve maintenant dans un endroit dans lequel il ne peut le
rejoindre, un endroit où il est seul avec son illusion de bonheur,
son mirage de bien-être. Lui a pris sa dernière dose il y a deux
heures. Il est encore en plein vol, dans l'état de béatitude et
de détente totale après le bien trop court rush. C'est dans ces
moments qu'il aime se mettre derrière son piano vernis, la seule
chose à laquelle il attache vraiment de l'importance…
Non.
Faux. La deuxième. La deuxième… après le petit corps à la peau
immaculée qu'il a sous les yeux.
Après quelques minutes, c'est
au tour de Kakashi de laisser échapper un long soupir. Il se met sur
le dos, un sourire vide de sens croché au visage alors qu'il
plonge ses pupilles dilatées à leur paroxysme dans les deux
onyx.
Le rush est passé. Maintenant, il est Bouddha. La sagesse
et le calme incarnés. L'autre devant lui pourrait sortir un
flingue qu'il ne sourcillerait même pas. Rien ne peut l'atteindre,
non, rien. Il est trop loin des bassesses terrestres pour ça…
Le
noiraud se gorge du regard du plus jeune. Un regard vide.
Profondément vide. Il voudrait se remettre au piano, mais il doit
prendre soin du petit ange fragile. C'est le message qu'il
comprend dans ces grands yeux d'enfant qui ne cessent de le fixer.
Les mots de tout à l'heure se sont envolés au loin. Tout ce qu'il
reste, ce sont ces grands yeux noirs qui lisent à nouveau en lui,
tout comme lui lit en eux. Ce regard est le reflet de l'âme de
Kakashi.
Et son âme brisée a besoin de lui.
Le noiraud glisse
ses doigts dans les cheveux d'argent et soulève délicatement la
nuque de son vis-à-vis avant de la poser sur sa cuisse. Dans son
univers magique, l'autre n'oppose aucune résistance, pas même
quand le garçon aux cheveux ébène se met à lui caresser les
cheveux avec tendresse.
Comme sur la piste de danse quelques
heures auparavant, leurs yeux parlent pour eux. Leurs corps se
comprennent à nouveau. Et ceci pendant des secondes. Des minutes.
Des heures.
Midi approche lorsque l'engourdissement commence à
s'échapper du corps de Kakashi. Il retrouve peu à peu ses repères
en s'accrochant toujours au regard sombre. Sa voix est enrouée
lorsqu'il murmure :
- Tu… es en train de me… toucher…
-
Tout à fait, répond l'autre dans un sourire.
Le garçon aux cheveux d'argent écarquille doucement les yeux et réplique après plusieurs secondes :
- Pourtant… je te l'ai…
interdit…
- Le goût de l'interdit est tellement bon
cependant…
- Comme celui… de mon cul… je suppose… rétorque
alors Kakashi en retenant la main qui caresse encore ses
cheveux.
Refroidi, son vis-à-vis se redresse en déglutissant.
- J'avais pourtant osé espéré que tu
serais moins con après ta dose, soupire-t-il. Je t'ai déjà dit
que ce n'était pas ce que je voulais de toi.
- Tsss… Alors je
me demande bien pourquoi… tu m'as ramené chez toi et…
déshabillé…
- Pour t'aider, abruti.
Avec lenteur,
Kakashi se redresse à son tour et tourne le visage pour plonger à
nouveau ses yeux dans les deux onyx.
Mais la lueur qui brûle à
ce moment au fond des grands yeux d'enfant ne plaît pas du tout au
noiraud.
- Je ne me souviens aucunement… avoir solicité ton
aide… réplique-t-il d'un ton acide. Je n'ai besoin… de
personne.
- Ouais, ça doit être ça… T'as raison. J'aurais
dû rester à l'écart et regarder un comateux se défendre contre
une bande de violeurs. Ca aurait pu être drôle.
- … Tu as un
humour déplorable.
- Bah oui, tu aurais pu t'en sortir seul,
pas vrai ?
- Va te faire foutre ! lâche Kakashi, la voix
profondément empreinte de colère. Je ne t'ai rien demandé
!!
Profondément agacé, le noiraud s'accroupit en fronçant les sourcils.
- Tu n'es qu'un petit con immature et
ingrat.
- Oh… Parce que tu t'attendais à ce que je te
remercie en me penchant en avant ?… Je
te l'ai dit hier soir. Tu n'auras jamais ces
dix grammes de pure.
- … Tu me dégoûtes. Je viens de passer
une nuit blanche à veiller sur toi de peur que tu ne fasses une
overdose, après t'avoir tiré des griffes de mecs qui t'ont
drogué, qui n'en ont qu'après ton cul, des pauvres types qui
veulent t'arracher ta virginité de force…
A mesure que son interlocuteur parle, Kakashi écarquille les yeux de stupeur.
- Mais forcément… continue le noiraud, irrité. Moi qui te respecte, moi qui ai dû casser la gueule à ces connards pour te protéger, moi qui t'ai porté jusque chez moi pour que tu sois en sécurité, moi qui t'ai donné un bain pour te laver de leurs mains impures, moi qui ai… sauvé ta virginité… tsss… Evidemment, je suis dans le même sac.
Profondément déçu, le garçon aux cheveux ébène se recule un peu plus.
- Comme on dit, trop
bon, trop con, conclue-t-il en faisant un mouvement pour se lever. Et
tellement con que je vais sortir nous acheter un bento…
-
ATTENDS !…
Dans un élan, Kakashi retient son vis-à-vis par le bras.
- P… Pourquoi tu fais… tout ça pour… pour moi
?
- … Si tu ne le comprends pas par toi-même, c'est que ça
ne vaut même pas la peine que je continue à me faire du mal en
restant à tes côtés…
- NON !!
Alors, dans un mouvement
désespéré pour retenir l'autre, le petit ange appose ses lèvres
sur celle de son vis-à-vis dans un gémissement étouffé.
D'abord
surpris par le geste de l'autre, le noiraud finit lui aussi par
fermer les yeux et se laisser aller à l'échange – après tout,
il avait refoulé toute la nuit son envie de le faire. Il entrouvre
les lèvres afin de venir caresser sa langue contre celle de Kakashi
en entourant ses bras autour du corps have. Il le serre contre lui à
mesure que l'échange gagne en passion, leurs lèvres scellées
vibrant au gré des gémissements que le plus jeune étouffe tant
bien que mal.
Lentement, Kakashi pousse le corps de l'autre
contre le matelas en se mettant à trembler, ses doigts remontant
avec hésitation le long de la cuisse de son vis-à-vis. Il
s'immobilise en arrivant sur l'entrejambe.
- A… Arrête… souffle l'autre en rompant le baiser. Qu'est-ce que tu fais ?…
Mal-assuré, Kakashi déglutit en détournant légèrement le visage.
- Je… Je te donne… ce que tu attends de moi…
Ses doigts tremblants de peur se mettent alors à caresser la bosse durcie contre le pantalon du noiraud ; ce dernier soupire bruyamment.
- Tu ne comprendras donc jamais, décidément. En plus… regarde-toi. Tu crèves de peur et tu trembles comme une feuille.
Gêné, le garçon aux cheveux d'argent retire sa main en serrant doucement le poing.
- Je te l'ai déjà dit, mais je le répète, continue le brun en se mettant sur pied. Ce n'est pas ça que je veux de toi, surtout si tu te forces.
Il fait quelques pas en passant sa main dans ses courts cheveux noirs en sentant le regard de Kakashi peser dans son dos.
- Qui te dit… commence ce dernier dans un murmure. Qui te dit… que je n'en ai pas envie ?…
Le noiraud met plusieurs secondes à répondre cette fois alors qu'il ne regarde toujours pas son interlocuteur.
- Tu… Tu ne sais pas ce que
tu dis. Reprends-toi pendant que je vais nous acheter quelque chose à
man…
- Ne pars pas.
Prenant appui contre une commode, le garçon aux cheveux ébène soupire fortement alors que l'autre dans son dos fait quelques mouvements indistincts.
- Ce n'est
pas une bonne idée… que je reste pour le moment.
- Pourquoi ça
?
- Parce que… parce que malgré toute ma bonne volonté, je ne
pourrai pas continuer à résister beaucoup plus longtemps si tu…
Il sent une rougeur grimper le long de son cou alors qu'il complète :
- Hum. Laisse tomber… Je reviens dans quelques mi…
-
Nhhh… aaah…
Tous les muscles du noiraud se raidissent
violemment au son du gémissement. Il déglutit difficilement avant
de se retourner.
La vue est si excitante qu'il manque de jouir
sur le coup.
Complètement dénudé et les jambes outrageusement
écartées, Kakashi fait lentement coulisser son membre au creux de
sa main en se mordant la lèvre inférieure.
- M… Mais qu'est-ce que tu fais ?! demande l'autre d'une voix forte, légèrement haletant.
Ouvrant ses yeux humides de plaisir en les plongeant dans les deux onyx, Kakashi répond entre deux gémissements :
- Je fais une partie… de shôgi…
- N…
Non, sérieusement… Arrête ça…
L'entrejambe du noiraud se met à hurler à l'outrage dans son pantalon. Un ange est en train de se masturber au milieu de son salon, et lui reste planté là comme un con !…
- Tu es tellement… nhh… persuadé que je ne veux pas… que je n'ai plus qu'à me satisfaire… tout seul…
Les doigts de l'autre sont tellement crispés contre la commode que ses ongles se mettent à déchirer légèrement le bois vernis. Il tremble d'excitation et peine de plus en plus à contenir ses pulsions.
- Va donc… acheter ce bento…
continue Kakashi en haletant de plus en plus. Ou alors…
Rejoins-moi.
- … Fait chier !
Perdant tout son
sang-froid, le garçon aux cheveux corbeau retire les vêtements
qu'il lui reste et court vers le corps si tentateur. Il le recouvre
du sien avec fougue, sa bouche venant embrasser avidement le cou
frêle.
Kakashi se tend contre le corps robuste sur lui, la peur
bien présente malgré son désir. Il laisse échapper un long râle
au moment où les doigts de l'autre se mettent à rouler le long de
sa peau frémissante, la virilité du noiraud appuyant fortement
contre son bas-ventre. Son appréhension grandit un peu plus ; ce
sexe… en lui ?!… Il a peur, il crève de peur, pourtant, il se
sent mourir de plaisir à cette pensée…
Le plus jeune bascule
la tête en arrière, un léger soupir s'échappant de ses lèvres
alors ses doigts se crispent dans les cheveux ébène. La température
de son corps grimpe en flèche, sa peau ne réclamant qu'à se
gorger des caresses de l'autre, ces effleurements de doigts contre
ses hanches lui faisant perdre rapidement contenance. Mais quelle est
cette sensation ?… Cette lente montée qu'il sent au creux de
lui, ce désir lui tiraillant le bas-ventre ?… Le noiraud
emprisonne un téton durci et le mord doucement, lui arranchant un
soupir voluptueux qui vient gorger l'air déjà envahi de souffles
rauques et saccadés. Il respire de plus en plus vite, de plus en
plus difficilement, il se perd complètement dans ce tourbillon de
nouvelles sensations que lui offrent les caresses de l'autre…
Libéré
de toute retenue, Kakashi plie les genoux en écartant les jambes un
peu plus, s'offrant complètement à l'autre. Ce dernier
s'empresse alors de couvrir l'intérieur des cuisses glabres de
baisers, ses longs doigts de pianiste massant ardemment l'aine du
garçon. Le petit ange gémit un peu plus fort, il n'en peut plus,
il est complètement happé dans cette vague de bien-être qui
continue de grandir, de grandir à mesure que l'érection au creux
de lui se renforce encore. Mordillant un instant l'intérieur d'une
cuisse, le garçon aux cheveux corbeau plonge son visage au creux de
l'entrejambe du plus jeune, commençant à promener sa langue
mutine entre les bourses durcies, faisant gémir un peu plus le corps
vibrant de plaisir sous les assauts de sa bouche impatiente. La
langue espiègle se met à remonter le long du sexe tendu, appuyant
avec force contre la veine alors que l'autre agrippe un pan de
couverture dans sa main en retenant un gémissement.
Un petit cri
envahit la pièce alors que le torse perlé de sueur de Kakashi se
soulève violemment au moment où l'autre enfourne entièrement son
membre. Ses jointures sont blanchies tant il serre fort le drap dans
sa main, le bien-être envahissant chaque cellule de son corps, le
noyant un peu plus à mesure que l'autre entame un va-et-vient sur
son membre douloureusement durci.
Le garçon aux cheveux d'argent
se sent complètement perdre la tête. S'il avait imaginé un seul
jour qu'un bien-être pareil était possible autrement que sous la
forme d'un tas de poudre, d'une gélule !… L'autre accélère
son mouvement ; Kakashi va bientôt se noyer sous ce flot de plaisir,
il le sent, l'autre le sent aussi et accélère encore. Sa
respiration devient une longue suite de gémissements, il réouvre
les yeux, comme pour regarder la Mort en face, oui, il sent qu'il
va mourir, c'est tellement bon, tellement fort, il écarquille
violemment les yeux alors qu'un cri déchirant de volupté envahit
la pièce ; il se tend avec force contre la bouche du noiraud en
jouissant au fond de sa gorge, la gaine chaude ne déserrant pas
avant qu'il ne se soit entièrement vidé. Il soupire de bien-être
une dernière fois avant de relâcher tous ses muscles d'un seul
coup, s'effondrant contre le lit, exténué.
La bouche de
l'autre se détache doucement de son sexe alors qu'il ingurgite
rapidement la semence déposée au fond de sa gorge ; le petit corps
fatigué se remet difficilement de ses émotions nouvelles, sa
respiration emballée ayant beaucoup de mal à reprendre un rythme
décent. Le garçon aux cheveux ébène s'agenouille entre les
jambes tremblantes et détaille avec attendrissement le petit corps
délicat et pur qui peine à s'assagir.
Voir le bien-être
resplendir sur ce visage d'enfant comme il brille en ce moment…
voilà ce qu'il désire.
Il soupire doucement de contentement en
faisant un mouvement pour se lever… mais il bascule soudainement en
arrière, se retrouvant assis alors qu'il se rattrape de ses mains.
Il écarquille les yeux en plongeant son regard dans celui de
Kakashi, ce dernier se mettant à cheval sur ses cuisses en entourant
son cou de ses bras. Il halète encore, son souffle chaud venant
mourir contre les lèvres du noiraud alors qu'il pose son front
contre le sien.
- Je… Je m'appelle Kakashi Hatake et j'ai… j'ai quinze ans… et toi ?…
Profondément attendri, l'autre agrandit son sourire en serrant le petit corps tremblant contre son torse.
- J'ai dix-sept ans et je suis un
Uchiwa.
- Oh… un Uchiwa… J'aurais dû m'en douter… avec
ces cheveux et ces yeux noirs… et ton prénom ?
L'autre le lui murmure au creux de l'oreille, et à peine le mot est-il prononcé que Kakashi se redresse sur ses genoux. Il empoigne le membre de l'Uchiwa au creux de sa main tremblante et cherche l'entrée de son intimité…
- M… Mais arrête !… souffle le noiraud en étouffant un léger râle. Tu… Tu es sûr de ce que tu fais ?…
Evidemment que Kakashi n'est pas sûr de
ce qu'il fait… Tout ce qu'il sait, c'est que c'est avec cet
homme qu'il veut s'unir. Il sait que l'Uchiwa ne lui fera pas
mal, non, il sait qu'il sera tendre.
Il veut avoir ce noiraud
dans la peau, gravé à jamais comme le tout premier et dernier homme
qu'il laissera s'insinuer en lui. Il ne veut pas risquer de se
faire prendre sa virginité de force, non, c'est lui qui a décidé…
et il a décidé que ce sera lui, cet Uchiwa, lui avec sa gentillesse
pathétique mais attendrissante, sa persévérance bornée bien que
touchante.
- C'est… C'est à toi que je veux…
m'offrir…
- Tu… Tu en es vraiment sûr ?…
- P…
Prends-moi.
Une goutte ruisselant le long de sa tempe, le garçon aux cheveux corbeau déglutit doucement.
- Je… Je suis désolé, Kakashi, mais… je n'ai pas envie de te prendre.
L'humiliation s'insinuant douloureusement en lui, Kakashi redresse la tête, sourcils froncés. Cependant, son vis-à-vis le regarde tendrement, un sourire aux lèvres alors qu'il complète :
- … mais je veux bien te faire l'amour.
Le garçon aux cheveux d'argent ne répond rien, bien trop enveloppé par l'appréhension pour prononcer un seul mot de plus. Il ne fait qu'enfouir son visage au creux du cou du noiraud en se serrant un peu plus contre lui alors que l'autre empoigne doucement ses hanches.
- Je… Je t'aime, Kakashi.
Ce jour-là, Kakashi Hatake perdit sa virginité au moment où Obito Uchiwa le posséda d'un coup de rein.
Sasuke resta plusieurs secondes sans
bouger, tout son être uniquement concentré sur la minuscule fiole
qu'il tenait au creux de sa paume. A peine quelques gouttes, juste
quelques gouttes, et… il ne sentirait rien. Rien. Simplement un
gouffre, un profond sommeil, et quand il se réveillera… rien.
Juste… des papiers finement pliés, des petits tas de poudre qui le
rendront… jubilatif. Euphorique. Fort.
Plus fort que la Mort.
Plus fort que… qu'Itachi.
Une main se posa alors sur le côté
de son cou. Une main froide. Inhospitalière. Désagréable. Que
décides-tu ? entendit-il de loin. Son regard onyx resta profondément
vide. Dans sa paume, la petite fiole n'avais pas bougé. Non. Rien
ne bougera. Rien.
Une bouche. Une bouche froide sur son cou. Des
lèvres qui roulaient sur sa peau.
Et ce fut la fiole qui roula au
sol à son tour.
XXXXX
A mesure qu'il
s'approchait du bar, l'homme entendit plus distinctement la
musique qui en sortait. Il se raidit imperceptiblement sans pour
autant ralentir son pas ; il ne devait pas se laisser destabiliser
par ça, non, d'autant plus qu'il était déjà en retard –
pour changer.
Il pénétra dans le bar en secouant ses cheveux
argent détrempés de pluie en se mordant l'intérieur de la lèvre.
Brusquement, la musique changea ; ce n'était plus un rythme
répétitif entraînant, mais simplement un bon vieux rock
sympathique.
- Kakashi !… Ca fait si longtemps !
L'écrivain leva ses yeux vers l'homme qui s'approchait de lui avant que la fine cicatrice qui lui barrait l'œil gauche ne s'étire doucement sous le coup de la surprise.
- Asuma ?… Waou, c'est sûr… J'ai même fini par croire que tu ne tenais plus ce bar à force…
Il remarqua que l'homme en face de lui avait fait un mouvement pour lui serrer la main avant de se raviser d'un air gêné. Kakashi ne put empêcher un sourire.
- Tu sais, ma
phobie du toucher est terminée depuis longtemps.
- Ah…
Excuse-moi… C'est juste que quand on habitait ensemble dans le
squat, enfin, avant que t'ailles habiter chez… mince… Pas bon
que je teste les nouveaux cocktails avant de les servir…
L'écrivain eut un petit rire pendant que l'autre continuait :
- Et,
oui, le Anbu est toujours à moi, mais je ne viens que pour les
soirées spéciales… D'ailleurs, ce soir, c'était soirée
trance, je… Je ne m'attendais pas à ce que tu viennes, mais ne
t'en fais pas, j'ai fait changer la tracklist, je…
- Ne t'en
fais pas pour ça, le rassura l'autre d'une voix teintée de
douceur en glissant ses mains dans ses poches. Je ne l'avais même
pas remarqué, et puis… C'est loin derrière nous, cette
époque.
L'autre sourit en retour avant de répondre :
-
Tu as raison… Et puis ? Ta vie, alors ? Tu travailles toujours en
cabinet ?
- Oh non… J'ai arrêté juste avant de prendre
Sasuke sous ma tutelle.
- Tu as pris sous ta tutelle… un Uchiwa
?
- Ca n'a rien à voir avec Obito, si c'est ce que tu te
dis.
Conscient d'avoir à nouveau mis les pieds dans le plat, Asuma s'en voulut d'avoir autant bu. Il se détourna du visage resté cependant impassible de l'autre en enchaînant :
-
Et puis… euh… les amours ? Tu as quelqu'un, quelqu'une ?
-
Non, non… De ce côté-là, je n'ai pas changé. L'amour, ça
apporte que des emmerdes… Je préfère encore continuer avec mes
aventures sans avenir.
- Pourtant… tu n'es plus un ado
maintenant, Kakashi. La trentaine nous a déjà rattrapé… Tu ne
crois pas qu'il serait temps de te caser avec quelqu'un
?
Voulant détourner la question, l'écrivain plissa les yeux en agrandissant son sourire.
- Serais-tu en train de me
dire que toi, tu t'es trouvé quelqu'un ?… Oooh, mais c'est
plus que clair ! C'est qui ? Je le connais ?
- … Ce terme
masculin n'a plus lieu d'être puisque après le départ de
Yamato, j'ai décidé de retenter ma chance avec les femmes… et
ça a marché. Et oui, tu la connais.
Curieux, Kakashi demanda à l'autre qui était l'élue de son cœur.
- Devine, lui
répondit Asuma en haussant un sourcil. Tu as couché avec elle une
fois.
- Hum… Ca m'aide pas vraiment, en fait, et en plus…
c'est plutôt embarassant.
- Mais non, voyons. Maintenant, je
sais que tu as une maîtrise sans bornes de tes doigts, que tu es
monté comme un cheval et circoncis de surcroît.
Gêné, Kakashi se gratta la nuque en détournant le visage pendant que l'autre partait dans un rire rocailleux.
- Je… Je ne
pensais pas que ce genre de détails circulaient sur mon anatomie,
dit l'écrivain d'une petite voix.
- Tu ne sais pas à quel
point une femme au cœur brisé peut se confier.
- … Comment ça
?
- Tu es un bourreau des cœurs, Kakashi. Kurenai t'aimait
vraiment à cette époque… et je crois que ça a été ma chance.
Heureusement que j'étais là pour la réconforter…
Un peu plus mal à l'aise, l'écrivain força tout de même un sourire.
- Bah… Je ne fais pourtant jamais de promesses et j'avertis toujours que ce n'est qu'une histoire de sexe…
L'image d'Iruka baigné de larmes enroulé dans ses draps le soir précédent s'imposa brutalement à son esprit, pensée qu'il chassa rapidement avant d'ajouter :
- …
mais si j'ai pu un tant soit peu contribuer à ce que tu trouves le
bonheur, j'en suis vraiment heureux pour toi.
- Pour sûr qu'on
est heureux, maintenant… On s'est fiancés le mois passé et…
-
KAKASHI-SAAAAN !!!
Les deux hommes tournèrent simultanément les yeux vers la source de la voix avant de découvrir un blondinet leur faisant de grands signes à une table.
- Ah, c'est toi
que Naruto attend depuis une heure ?…
- Euh… oui, je suis un
peu un retard, mais c'est parce que j'ai dû garer ma voiture
et…
- Aux dernières nouvelles, t'as pas de voiture,
Kakashi.
Asuma eut un nouveau rire en tapant doucement dans le dos de son vis-à-vis.
- Allez, file, on reprendra cette
conversation un peu plus tard. Moi, je dois aller parler à deux
clients un peu louches…
- Tu ne ferais pas mieux d'appeler la
police ? Tu veux que je vienne avec toi leur parler ?
- Non, non,
le rassura-t-il avant de s'éloigner. Je vais juste leur donner un
avertissement dans l'arrière-salle maintenant. Mais… Tu sais,
Kashi… Enfin, Kakashi…
Ce dernier sourit de nostalgie devant le surnom alors que le brun continuait :
- Ca m'a
fait très plaisir de te voir et de te reparler.
- A moi aussi,
Asuma.
- … J'espère vraiment qu'on jour tu accepteras que
quelqu'un t'apprenne à nouveau le vrai bonheur d'aimer et que
toi aussi tu seras heureux.
A la fin de la phrase, Asuma secoua la tête en se maudissant d'avoir autant bu avant d'ajouter :
- Allez, on se revoit tout à l'heure un moment…
Qu'est-ce que je dis à Sakura de t'apporter ?
- Hum… Un
saké, s'il te plaît. Et oui, retrouvons-nous plus tard dans ce
cas. Merci.
Ils se sourirent une dernière fois avant de
partir chacun de leur côté.
Kakashi rejoignit rapidement le
blond en s'excusant de son retard. Le bar semblait plutôt calme en
ce jour de semaine, seules quelques tables aux alentours étaient
occupées.
- Ca fait super longtemps, Kakashi-sensei…
L'écrivain crispa violemment ses doigts contre la table en écarquillant les yeux.
- Naruto… Kakashi-san, kun, chan, sempai, sama, dono, tout ce que tu veux, mais pas… Kakashi-sensei. S'il te plaît.
Ne comprenant pas le brusque refroidissement de l'homme, Naruto baissa néanmoins la tête en se confondant en excuses. Kakashi passa une main sur son visage en soupirant ; cette soirée était bien trop teintée de souvenirs à son goût…
- Ce n'est pas grave, Naruto… Dis-moi, tu voulais me voir, je me trompe ? J'espère que ce n'est rien par rapport à la guitare, parce que je vous ai appris tout ce que je savais, à Sasuke et toi.
Il remercia Sakura lorsque cette dernière lui apporta une petite bouteille de saké avant de plonger son regard dans les deux azurs. Le blond affichait une moue boudeuse alors qu'il murmurait :
- Mouais… vous lui avez appris le tapping, à Sasuke… Mais bon, la question n'est même pas là ce soir. C'est de Sasuke même que j'aimerai parler, en fait…
Non, le blond n'avait pas su exprimer son inquiétude
à Iruka, mais Kakashi, lui avait fait des études en psychologie,
lui qui avait pris sous son aile l'Uchiwa… Peut-être pourrait-il
comprendre son attitude. Et en plus, après, si l'écrivain
s'inquiétait, peut-être que cela atténuerait sa colère, et
peut-être qu'il… acceptera de l'aide…
De son côté,
Kakashi l'invita à parler tandis qu'il se servait une coupelle
d'alcool.
- Sasuke est vraiment étrange ces derniers temps, commença alors Naruto. Je l'ai vu hier, et… il avait un aspect quasiment cadavérique, en fait. Il semblait complètement ailleurs. Quand il parlait, on aurait dit qu'il se perdait dans ses phrases, sans parler du fait qu'il n'écoutait pas du tout ce que je disais.
A mesure que le blond continuait son récit,
l'écrivain fronçait les sourcils, son regard se faisant intense.
Le guitariste se sentit profondément troublé par les deux yeux
sombres qui semblaient lire au plus profond de lui… Il comprit
alors les sentiments d'Iruka à l'égard de cet homme, cet homme
qui, malgré son œil mutilé, dégageait une masculinité et une
beauté ravageuse…
Naruto se baffa mentalement. Qu'est-ce qui
lui prenait d'apprécier un corps d'homme, maintenant ?! Ce
n'était pas comme si… comme s'il avait aimé le contact des
lèvres sucrées de Sasuke contre les siennes, la sensation des
doigts fins glissant contre sa peau de miel, et…
Nouvelle baffe
mentale. Décidément, les dernières vingt-quatre heures devaient
l'avoir vraiment troublé, mais non, non, non… Il n'aimait pas
les hommes, point. Mais s'il pouvait éviter de raconter un certain
passage un peu embarrassant à Kakashi, ça ne serait vraiment pas
plus mal…
- Mais encore, Naruto ?
- Euh… c'est
tout.
- Tu en es sûr ?…
Bordel !… Iruka avait eu raison de perdre la tête pour cet homme… Quelle idée de fixer les gens avec un regard si pénétrant ?! Naruto eut l'impression pendant plusieurs secondes d'être complètement mis à nu sous les yeux de l'écrivain, que ce dernier savait pertinemment qu'au fond, il avait des choses à cacher…
- Comment étaient ses
yeux ? demanda Kakashi, ayant remarqué la gêne provoquée par sa
dernière question.
- Euh… ben… noirs, quoi.
- Oui, bon,
merci… mais je veux dire, ses pupilles. Est-ce qu'il y avait
quelque chose de spécial ?
- Ouais, sûr… Il avait les yeux
complètement explosés.
Au grand soulagement de Naruto, son interlocuteur dévia son regard sur un point invisible au fond de la salle alors qu'il portait ses doigts à ses lèvres, visiblement en proie à une profonde réflexion.
- Dis-moi… Est-ce qu'il
était complètement désinhibé ?
- Dési… quoi ?
- En
clair, est-ce qu'il a fait des choses qu'un Uchiwa comme lui
n'aurait jamais fait en temps normal ?
Sans qu'il ne puisse se contrôler, une rougeur se mit à grimper lentement de long du cou du blond alors qu'il se figeait… choses qui n'échappèrent pas à l'ancien psychothérapeute. Voyant que l'autre ne répondait pas, il précisa une nouvelle fois sa question :
-
Vous avez couché ensemble ?
- M… Mais non !! explosa violemment
l'autre.
Naruto devait être d'une crédibilité sans bornes si on en croyait les sourcils haussés de son vis-à-vis.
-
Naruto… Je ne vais pas juger ta sexualité ni celle de Sasuke.
-
Mais… Je vais jure que… qu'on a pas couché ensemble !!
continua le blond sur un ton profondément agacé.
- Alors quoi ?
Il a essayé de le faire ?… Qu'est-ce que tu me caches, Naruto
?
Saloperie de psy !…
Le blond déglutit avec
difficulté. Il était complètement pris au piège sous les
questions de son interlocuteur.
- Eh bien… Il… Il m'a carrément sauté dessus, quoi… Il a… retenu mes bras… au-dessus de ma tête, je… je pouvais plus bouger, plus bouger du tout…
A mesure que Naruto continuait son récit, l'écrivain écarquillait doucement les yeux devant les tremblements qui gagnaient le corps du plus jeune.
- Et puis après, il… il
m'a embrassé et il a… essayé de… de… descendre sa m…
main, mais j'ai… j'ai eu si peur… Je ne sais pas pourquoi,
mais j'ai eu… terriblement peur, j'ai paniqué… Il me voulait
du mal, alors je l'ai frappé et…
- Naruto !…
Brusquement, les deux mains douces de l'écrivain étaient venues prendre délicatement les siennes tremblantes. L'homme chercha les yeux céruléens avant de s'y plonger en esquissant un sourire tendre, son regard se faisait telle une caresse.
- Naruto, regarde-moi… Regarde-moi dans les yeux. Là… C'est fini, Naruto, calme-toi. Tout va bien. Personne ne te veut de mal, maintenant. Sasuke est simplement complètement paumé. Ne lui en veut pas, et ne t'en veux pas à toi-même non plus. Ta réaction a été humaine.
Déglutissant doucement, le blond baissa le regard, essayant de puiser l'énergie dont il avait besoin pour reprendre contenance dans la chaleur que les deux mains diffusaient dans son corps. Rassuré par les paroles et le regard tendre de l'autre, Naruto serra un instant les mains dans les siennes en inspirant profondément.
- Vous… Vous pensez savoir ce qu'il
a ?
- Malheureusement, oui. Mais je ne veux pas me lancer dans des
conclusions hâtives. Il faut que je le voie au plus vite.
- …
Vous êtes vraiment quelqu'un de bien, Kakashi-san.
Un
meurtrier n'est pas quelqu'un de bien. Je ne suis pas quelqu'un
de bien.
Sans répondre, l'écrivain lâcha doucement les
mains du blond avant d'ébouriffer légèrement ses cheveux dans un
sourire. Il reprit finalement place pendant que Naruto continuait
:
- Vous êtes toujours là pour aider les autres, toujours.
Ca me fait du bien d'aider, de savoir que je suis capable de faire du bien autour de moi malgré tout. Ca pourra peut-être racheter mon passé.
- Je pense que la personne qui vous aimera et que vous aimerez en retour sera vraiment chanceuse.
La personne qui m'aimait et que j'aimais en retour est morte. La vraie chance est quand on ne me connaît pas. Plus jamais je ne laisserai qui que ce soit m'aimer. Jamais.
-
C'est… C'est très gentil à toi de me dire tout ça, Naruto,
mais… Où veux-tu en venir ?
- Je sais que vous faites votre
possible pour rendre les gens heureux autour de vous… C'est
pourquoi j'aimerai que vous m'aidiez à résoudre le problème
d'un ami.
- Eh bien… je vais faire mon possible.
Raconte-moi.
En face de lui, le blond prit une profonde inspiration avant de commencer son récit :
- Voilà, cet ami
est fou amoureux de quelqu'un, mais il n'a jamais osé lui dire.
Il préfère qu'ils continuent de coucher ensemble parce qu'il
sait que l'autre le repoussera s'il parle. Pourquoi, à votre
avis, l'autre lui refuse son amour ?
- Je ne sais pas trop,
soupira Kakashi avant de vider d'un trait sa coupelle. Peut-être
que l'autre pense qu'il ne mérite pas d'être aimé. Peut-être
que son passé lui a appris que l'amour n'apportait que des
souffrances et qu'il a trop peur pour réessayer… Je n'en sais
trop rien.
- Oh… Je vois… Mais vous ne pensez pas que mon ami
pourrait l'aider ? Qu'il pourrait lui faire oublier ses démons
du passé ?
Devant le regard intense que lui lançait son vis-à-vis, Kakashi fronça les sourcils. Quelque chose lui disait que l'on essayait de l'acculer au mur… et il n'aimait pas ça du tout.
- Le passé ne s'oublie pas. Si l'autre croit
qu'il ne mérite pas de se faire aimer, je ne vois pas comment
quelqu'un pourrait lui faire voir les choses autrement.
-
Pourtant, ce type est vraiment quelqu'un de bien. Il mériterait
amplement d'être heureux.
- S'il est convaincu du contraire,
ton ami perd son temps et gaspille son amour pour quelqu'un qui
n'en vaut pas la peine…
- Le problème, c'est que tu en vaux
la peine, Kakashi.
Kakashi écarquilla violemment les yeux en
voyant l'homme assis derrière le blond se lever. Il était de dos
et portait une capuche… mais l'écrivain ne connaissait que trop
bien ce timbre de voix.
mince !…
- Kakashi-san… dit alors Naruto d'une petite voix en se levant. Parlez-lui, je vous en prie. Merci de m'avoir écouté.
Voyons, je t'en
prie, Naruto. Merci à toi de m'avoir piégé.
Poings serrés
sous la table, l'écrivain ne bougea pas lorsque son interlocuteur
changea. Ce n'était plus des azurs, mais deux grands yeux noirs à
la lueur triste qui le regardaient à présent. Il entendit à peine
le blond le saluer avant de partir tant le goût amer de la trahison
le prenait à la gorge.
- Kakashi… Il faut que je te parle.
Les traits rendus durs par l'infâmie de la situation, Kakashi ne put que soutenir le regard d'Iruka avec froideur.
XXXXX
Sasuke, assis sur le divan miteux, ne réagissait toujours pas aux assauts de la bouche de l'autre. Il ne ressentait rien. Rien à part cette colère sourde qui bouillonait dans ses entrailles.
- Ta peau… est encore si douce… susurra Kimimaro en faisant rouler sa langue sur la jugulaire pâle. Ca va si vite… se dégrader… Je vais bien m'en occuper, tu verras… Je ne suis pas mauvais…
Sasuke serra violemment les poings en crispant sa mâchoire au moment où l'autre avait apposé sa main contre son bas-ventre.
- Hmm… Je suis
sûr… qu'on va passer un très bon moment, toi et moi…
- …
Ah ouais ? Et bien, profite plutôt de ça !!
L'homme aux
cheveux de neige eut à peine le temps de redresser la tête qu'un
coup de poing la fit violemment partir en arrière.
Le visage
crispé par la colère, Sasuke se redressa. Son regard se porta
directement sur les petits carrés d'aluminium… lorsque Kimimaro
se leva à son tour, poignard à la main. Le noiraud déglutit en
observant le sang coagulé sur la lame, sang qui rappelait celui qui
ruisselait le long du cou de l'autre. Pourtant, ses émeraudes
riaient aux éclats.
- Je savais… souffla-t-il, la bouche en
sang. Je savais que vous, les Uchiwa… n'étiez tous que des
cons…
- Je t'interdis d'insulter ma famille !! vociféra
Sasuke, hors de lui.
Un rire mauvais franchit les lèvres de Kimimaro alors que la lame restait pointée sur le plus jeune.
-
Je suis bien content… de ne jamais avoir connu ton frère… Les
deux… Les deux Uchiwa que j'ai côtoyé ont anéanti à leur
manière Kakashi-sensei… D'ailleurs…. C'est trop d'honneur
pour toi que je te menace avec ce couteau…
- Tiens donc, siffla
le noiraud entre ses dents. Et pourquoi ça ?
Un nouveau sourire idiot se forma sur les lèvres de Kimimaro.
- Parce que le sang que tu vois sur cette lame… est celui de Kakashi-sensei.
Horrifié, Sasuke ne put s'empêcher cependant de détailler les lourds sillons brunâtres qui ornaient le couteau alors que l'autre pousuivait :
- Tu n'as jamais remarqué toutes ces balafres qui viennent défigurer son corps d'ange ? Ces deux profondes entailles qu'il a sur les omoplates ? La fine cicatrice qui lui barre l'œil gauche ?… Ne me dis pas que tu ne t'es jamais demandé comment tout ça était arrivé là ?…
Le noiraud déglutit en soutenant le regard de l'autre malgré ses tremblements.
- En fait… Je ne suis pas étonné
que tu ne saches rien. Kakashi-sensei n'en a certainement jamais
reparlé…
- De quoi ?! s'irrita Sasuke.
- De cette nuit-là,
une année après qu'il ait rencontré l'autre. Moi-même je n'en
connais pas les détails… Je ne sais que ce que l'Ecaille –
autrement dit, Orochimaru-sama – a bien voulu m'en dire… Je
sais juste que c'est avec ce poignard que la Plume a mutilé son
corps d'ange…
- Qui est la Plume ?!
- … Un autre connard
de Uchiwa.
Le noiraud écarquilla violemment les yeux en blêmissant.
- Qu… Quoi ?
- Tiens, tiens… ricana
l'autre. Tu as beau faire le fier, à défendre farouchement ton
nom, mais au fond… Tu ne connais rien des agissements de tes
ancêtres. Tu ne sais rien des pourritures qui t'ont précédé…
-
Si on est tous pourris, si deux Uchiwa ont détruit sa vie, pourquoi
Kakashi-san m'a-t-il pris moi sous sa tutelle ?!
- … Parce
qu'il l'aimait, cette pourriture d'Obito Uchiwa.
Le
teint de Sasuke se fit encore plus blême.
Obito Uchiwa. Il n'en
avait entendu parler qu'une fois, une seule fois… Il avait quatre
ans, oui, il était tout petit… Son père, inspecteur de police,
disait à sa mère qu'ils avaient retrouvé le corps de ce…
Obito… qu'il était mort… et que de toute façon, ça faisait
un putain de pédé et un drogué en moins sur cette Terre…
Mais
alors… Si Sasuke avait quatre ans, alors… Kakashi, lui, devait en
avoir dix-sept. Oui… tout concordait. Ce jour-là, lui ne
connaissait pas ce Obito, mais Kakashi, lui… lui était son amant,
et même plus… Et jamais, jamais l'écrivain ne lui avait dit
quoi que ce soit !
Le noiraud serra les poings. Comment son ancien
tuteur avait-il pu lui cacher ça ?!
C'en était trop. Beaucoup
trop. Il avait des comptes à lui demander. Et il allait le faire
sur-le-champ.
- Je me casse.
- Ah oui, vraiment ? répliqua
l'autre d'une voix pleine de mépris. Et comment tu vas trouver
la planque d'Orochimaru-sama, dis-moi ?
- Rien à foutre de ce
type ! siffla Sasuke en remettant la veste orange.
- Quel dommage…
et dire qu'il a côtoyé ton frère pendant plusieurs années…
Le noiraud se raidit brutalement.
- En plus… continua l'autre.
En plus, il a de la poudre à revendre, de la poudre bien pure, bien
bonne, celle qui te donnera toute la force nécessaire pour tuer
Itachi… Et bien sûr, tout ceci sans compter le fait que si tu as
besoin de précisions concernant les balafres de Kakashi-sensei, il
pourra te les donner. L'Ecaille faisait équipe avec la Plume avant
de se séparer et avant que je ne le rejoigne, et… ils étaient
ensemble le soir où ton très cher ancien tuteur s'est fait
scarifier. Il te donnera tout ça, Sasuke. Tu a tout à gagner en
venant le…
- RIEN A BRANLER, JE ME CASSE !!
Uniquement commandé par sa colère, le noiraud se déplaça rapidement vers la porte.
- Tu es tellement nerveux… C'est le manque, ça, Sasuke, tu sais ? Tu ne vas pas tenir longtemps sans ta dose et si tu ne trouves pas quelque chose qui te change les idées… comme une bonne baise, par exemple. Tu as besoin d'Orochimaru-sama. Il t'aidera à accomplir ce que tu veux. Je serai encore ici jusqu'à demain midi, après, je vais aller me refourguer chez lui. Ne sois pas en retard ou je vendrai les doses qui t'étaient réservées.
La pensée de cette poudre qu'il avait à sa portée lui obnubilant totallement l'esprit, le noiraud ouvrit cependant la porte d'une main tremblante de colère alors que l'autre concluait :
- Tes doses, ta poudre à toi… Tout sera là à attendre ton retour, Sasuke. Bonne nuit.
La porte claqua violemment, laissant alors Kimimaro seul dans la pièce, un sourire mauvais au visage.
XXXXX
- Kakashi… Pourquoi as-tu réagi comme ça hier soir ?
Le temps sembla se suspendre pendant de douloureuses secondes.
-
Réponds-moi, s'il…
- Je n'ai rien à vous dire,
Umino-san.
Devant le ton acerbe et impersonnel de l'autre, Iruka se raidit quelque peu en déglutissant. L'écrivain ne cilla pas.
- Pourquoi me traites-tu si mal, Kakashi ? Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ?
Tu m'aimes.
-
Je répète, répondit Kakashi sur le même ton cinglant. Je n'ai
rien à vous dire. Il me semble avoir été plus que clair hier
soir.
- Simplement parce que j'ai verbalisé ce que je ressens
pour toi depuis des années ?
Merveilleux. C'est
merveilleux. Manquait plus que ça. Bordel, Iruka… Tu ne dois pas
m'aimer. Oublie-moi. Je ne suis pas fait pour toi. Je détruis tout
ce que je touche. Et cela semble se confirmer encore si j'en crois
les traces de larmes sur tes joues.
- Votre présence
m'importune, Umino-san.
- Et la tienne me comble de
bonheur.
C'est quoi ce feuilleton à l'eau-de-rose ?!
La vie n'est pas pleine de petits papillons, Iruka ! Et surtout pas
la vie à mes côtés… à moins que tu n'aimes côtoyer la Mort.
Je ne te laisserai pas bousiller ta vie pour moi, Iruka. J'ai déjà
détruit trop de vies. Que tu le veuilles ou non, tu vas me haïr. Je
vais te faire un mal de chien, et m'en faire par la même occasion…
mais je n'ai pas le choix. Tu dois m'oublier coûte que coûte.
Tu dois m'oublier et te reconstruire avec quelqu'un qui ne te
tuera pas.
Haussant le menton en une attitude défiante,
l'écrivain posa ses coudes sur la table avant d'appuyer sa tête
sur ses mains, une lueur mauvaise dans le regard.
- Je te
comble de bonheur ?… C'est censé me faire quelque chose ?
-
Je… Kakashi, je… Je t'aime.
- Et moi, j'aime te la mettre
bien profond, c'est tout.
Le brun se refrogna en fronçant les sourcils.
- La vulgarité ne te va pas.
- Tout comme
l'archarnement vain dont tu fais preuve à mon égard. Je préférais
quand tu étais mon jouet dominé qui écartait les cuisses sans
faire d'histoires.
Les poings d'Iruka se serrèrent contre la table.
- Je… Je peux continuer à l'être si tu veux… Kakashi.
Mais… Tu es complètement maso, Iruka ! Les
phrases que je te dis me scient les lèvres, et toi tu en redemandes
encore !… Iruka… puisses-tu comprendre et me pardonner un
jour…
Un rire mauvais franchit les lèvres de l'écrivain
alors qu'il toisait l'autre avec mépris.
- Toi ? Parce que je suis censé encore vouloir de ton corps, peut-être ? Des bien meilleurs que toi, j'en ai comme je veux. Toi, t'étais juste pratique parce que tu ramenais ton cul pour que je le baise quand je le voulais, c'est tout.
Kami-sama, comment je peux dire des choses aussi ignobles ?…
- Kakashi… Je n'ai pas mérité ces paroles blessantes…
Devant lui, les yeux
d'Iruka commençaient à se remplir de larmes.
Non, non,
Iruka, ne pleure pas !… Tu comprendras un jour. Pardonne-moi, mais
c'est le seul moyen. Tu verras. Tu m'oublieras et tu seras
heureux. Quand je mourrai, tu viendras cracher sur ma tombe, mais ce
jour-là, tu tiendras dans ta main celle de quelqu'un qui aura su
te donner tout l'amour dont tu mérites. Moi, je suis incapable
d'aimer à nouveau et je refuse que tu en souffres. Hais-moi… et
sois heureux.
- Kakashi… Je ne demande qu'à
t'aimer…
- Alors laisse tomber. Il n'y a qu'une seule
chose que je voulais de toi, et ce n'est pas ça.
L'homme aux cheveux d'argent sentit son cœur se serrer au moment où une larme se mit à glisser le long de la joue d'Iruka, mais rien ne se lisait sur son visage à par son regard désinvolte.
- Pourquoi… commença le brun en refoulant un sanglot. Pourquoi veux-tu que je te déteste, Kakashi ?…
Les yeux de
l'écrivain s'arrondirent brusquement.
Qu'est-ce que tu
me racontes là, Iruka ?!
- Je sais… que tu n'es pas comme ça… continua le professeur d'une voix vacillante. Tu es tendre, gentil et tu… tu penses toujours aux autres avant toi-même, alors… Pourquoi veux-tu que je te haïsse ?
Tous les muscles de Kakashi se raidirent sans qu'il ne le laisse transparaître.
-
Tu crois que je fais tout ça pour que tu me détestes ? Tu rêves !
Je n'ai pas besoin de réfléchir aussi loin. J'ai beau vouloir
aimer aider les autres, ce n'est pas pour ça que je suis comme ça
partout. Quand il s'agit de ma queue, il n'y a qu'elle qui
compte. J'en ai rien à foutre de toi, Iruka. Les trous, je les
baise, c'est tout.
- Ce… C'est au sens figuré… que
t'essaies de me baiser maintenant, Kakashi… Mais cette fois… je
ne me laisserai pas prendre.
Derrière ses larmes, le regard d'Iruka s'était fait déterminé.
- Tu es bien trop naïf,
Iruka. Si tu continues à croire que tout le monde est gentil et
mignon, tu vas te faire baiser bien plus d'une fois. Essaie plutôt
de tirer des leçons de ce qu'il s'est passé avec moi plutôt…
-
Ferme-la.
L'écrivain fronça les sourcils en voyant l'autre se rapprocher de lui par-dessus la table.
- Laisse-moi…
Laisse-moi t'aimer, Kakashi…
- Mais je ne veux pas de ton
amour, bordel !
- Je voudrais tant… Je voudrais tant pouvoir…
te réapprendre à aimer, te redonner confiance en l'amour… Et
surtout, Kakashi… Je voudrais tant pouvoir… guérir tes…
blessures…
Il ponctua son dernier mot en apposant son doigt tremblant sur la fine cicatrice qui barrait l'œil gauche de l'écrivain.
- Ne me touche pas !!!
La fureur qui balaya les entrailles de Kakashi explosa d'un seul coup alors qu'il se levait en rejettant violemment la main de l'autre.
- Putain, pour qui tu te prends ?! Fous-moi la paix, Iruka, tu n'es rien pour moi, rien du tout, tu entends ?! Je ne veux pas de ta pitié et encore moins de ton amour, alors dégage de ma…
Un cri
déchirant envahit le bar tout entier, glaçant les deux hommes
jusqu'au sang.
La musique s'arrêta, les lumières se
rallumèrent. Les quelques clients encore assis se lèverent, affolés
par cet effroyable hurlement qui résonna encore pendant plusieurs
secondes plus tard. Une jeune fille aux cheveux roses sortit en
courant de l'arrière-salle.
- SAKURA ! hurla Kakashi, blême.
Elle qui était d'habitude si joyeuse avait à ce
moment le visage ravagé de larmes.
Perdant son sang-froid,
l'écrivain accourut vers elle, talonné par Iruka. Ils eurent tout
juste le temps de la rattraper avant qu'elle ne tombe au sol,
tremblante de partout.
- Elle… Elle fait de
l'hyperventilation ! dit Iruka d'une voix paniquée.
- Sakura
! Sakura, regarde-moi ! ordonna l'écrivain d'une voix ferme mais
douce. Qui je suis, Sakura ?
- Ka… Kakashi-san !!!
Ce dernier prit sa tête entre ses bras, la regardant avec douceur alors qu'il caressait ses cheveux.
- Shhh… Calme-toi, Sakura, je
suis là… Que se passe-t-il ?
- C'est… C'est… !!!
Un nouveau cri s'échappa de ses lèvres alors qu'elle fermait violemment les yeux. Dans le même mouvement, Kakashi se pencha vers la jeune fille et la serra contre lui, voulant apaiser ce corps terrifié.
- Elle est en état de choc… souffla-t-il en
caressant son dos.
- Est-ce que… Est-ce que je peux faire
quelque chose pour toi, Kakashi ?
L'écrivain soutint pendant plusieurs secondes le regard d'Iruka avant de répondre :
- Appelle une ambulance…
- NON ! coupa violemment
Sakura en se redressant, pleurant de plus belle. CA NE SERT A RIEN, A
RIEN !! IL EST DEJA… MORT !!!
Les deux hommes devinrent blancs comme neige en quelques millièmes de secondes.
- Qui, Sakura ?! demanda l'écrivain d'une voix teintée d'inquiétude. Qui est déjà mort ?!
Alors, dans une plainte déchirante, Sakura hurla dans la nuit :
- Asuma ! Asuma s'est fait assassiner !!…
