La Magie De Gaïa

Note Auteur : Alors, avec l'otite mon niveau d'énergie a été assez bas. De ce fait, j'ai hérité d'une belle grippe juste après… et ma frénésie d'écriture a été écrasée. Navrée :(

J'ai eu plus de difficulté pour écrire ce chapitre, et je ne suis pas sûre que le résultat soit bon. J'espère seulement que vous apprécierez autant que les autres. Sinon, j'attend avec impatience vos avis (quels qu'ils soient). J'avoue que j'aime savoir ce que je dois essayer de changer.

P.S : pour celui des interruptions temporelles (lol) j'ai fait un grand effort ! Fier de moi ou pas ? C'est mieux ou pas du tout ??? (curieuse jusqu'au bout)

Disclaimerles personnages et histoire de Harry Potter ne m'appartiennent pas. Mais le reste est tout à moi (euh.. juste ma manière d'écrire et l'idée de la magie de Gaïa. Mais c'est déjà bien non ?)


Chap.17 :

« Harry ? » Appela la voix sérieuse de Sirius.

Son cadet ouvrit des yeux brumeux, à moitié réveillés. Dés qu'il vit l'étincelle moqueuse dans ceux de Sirius, il sauta hors du lit à toute vitesse. Mais Sirius ne faisait rien d'autre que le regarder, un sourire grandissant sur le visage. Harry observa la pièce et son autre occupant avec méfiance, sans voir plus de différence que la veille. Sirius tendit un doigt vers le lit, en direction d'une petite fleur de cristal d'une pure beauté. Harry la saisit délicatement. En se penchant vers le lit, ses longs cheveux tombèrent autour de lui, révélant dans un son cristallin les mêmes fleurs entremêlées dans ses mèches noires.

Harry soupira et jeta un regard exaspéré à son frère, qui se contenta de hausser les épaules et d'afficher une innocence non feinte. Les fées avaient encore frappées.

« Personnellement, petit frère, je pense qu'elles ont beaucoup de goût. Tu ressembles à une image que j'ai vue dans un livre un jour. Je crois que c'était une représentation de Gaïa, l'entité qui symbolise la terre. Quand ma mère a vu ce que je lisais elle a brûlé l'ouvrage en marmonnant sur les livres inutiles dont elle devait débarrasser la bibliothèque. »

Harry l'observa attentivement. Lisant derrière les mots.

« Ne t'inquiète pas Harry. Tout ce dont elle m'a privé dans ma vie, je l'ai gagné avec ta famille… oups, notre famille. »

Le sourcil froncé de Harry s'effaça aux derniers mots. Le temps était venu de prouver à Sirius qu'il était un Potter à présent. Il entraîna son aîné à travers le manoir, et ne s'arrêta qu'à l'entrée de la cuisine. A l'intérieur, Elise préparait le repas de noël avec l'aide de Remus. Harry poussa Sirius vers le plan de travail et lui tendit un plat, des œufs et un fouet. Rapidement et dans le rire, ils étaient tous les quatre en train de chanter et danser en cuisinant. Et même si Harry ne prêtait pas sa voix à l'étrange chorale, ses yeux brillaient de chants muets et joyeux.

James retira Sirius à sa tâche pour qu'il aide Peter à décorer la salle à manger, et ne le libéra que plus tard. Après un chocolat chaud, les jeunes gens de la maison se rassemblèrent pour un jeu de quiddich au dessus du jardin. Harry était arbitre, emmitouflé dans une couette magiquement chauffée. Les deux équipes étaient constituées d'un côté de James, Sirius et Peter. De l'autre se trouvaient Remus, Severus et William. James et William étaient attrapeurs (tel père tel fils, le talent se transmettaient à chaque génération). Les autres joueurs essayaient tous de marquer des points, pendant que des cognards les attaquaient, programmés magiquement pour remplacer les batteurs.

Le jeu se termina avec seulement un nez cassé (Sirius), une cheville cassée (Peter), et un œil au beurre noir (Severus). Et bien sûr tout fut soigné à l'aide de potions, bien avant que Elise ne puisse se rendre compte des dommages. L'arbitre, très étrangement, s'était endormi à la moitié du match. William l'avait porté et déposé sur un fauteuil du salon, au coin du feu.

Les jours avant le nouvel an passaient ainsi, emplis de jeux et de rire. Harry constamment tenu au chaud, protégé, et aimé. Le matin de noël eut un succès retentissant lorsque les jeunes gens se réveillèrent non pas dans leurs lits mais dans le salon, au pied du sapin. Elise leur avait joué ce petit tour pour rendre la journée un peu plus enchantée. Son mari et elle avaient veillés attentivement au procédé, placés des matelas confortables et de chaudes couvertures. La plus grande surprise que les jeunes gens eurent, fut le spectacle étonnant des fées qui chaque jour semblaient trouver leur chemin jusqu'à Harry. Severus regardait avec des yeux d'enfants les petits êtres virevolter autour du jeune garçon, attachant des fleurs argentées sans sa chevelure. Les fées étaient entourées de magie et de lumière, leurs voix à peine plus qu'un murmure joyeux.

Dans cet instant, la grande famille découvrit la raison des actions des fées vis-à-vis de Harry. Dans les filets de magie parcourant l'air, des runes de protection flottaient le long du corps inconscient. Chaque fleur ajoutait de son essence vitale au procédé. De là il n'était pas difficile de deviner que les différentes fleurs utilisées depuis l'arrivée du garçon dans leur vie, possédaient toutes des vertus magiques distinctes. Dés que les petites créatures finirent leur ouvrage, Harry commença à se réveiller. Il ouvrit les yeux, aperçu les fées, soupira faussement exaspéré avec un petit sourire aux lèvres, et se rendormi.

Peu après, les fées étaient parties, Harry s'était correctement éveillé, et la famille distribuait les cadeaux.

Il y eut de nombreux livres, de nombreux balais (William comptait bien sur ses nouveaux fils pour des matchs fréquents et passionnants). Des vêtements de qualités vinrent remplacer les gardes robes de Severus et Remus. Severus avait toujours porté du noir et des manches longues, ce qui ne fut pas modifié, étant donné que les cicatrices laissées par son père étaient un sujet sensible pour lui. Mais les chemises étaient plus fines, élégantes et colorées (quoique toujours dans les tons les plus sombres), les pantalons moins difformes et moins larges. Lorsque Severus avait protesté William avait raisonné que tous les tissus étaient enchantés pour résister à toute potion (remerciement d'un maître de potion ami des Potter). La famille de Remus n'était pas riche, et les Potter se faisaient un plaisir à chaque noël de lui offrir ces cadeaux pratiques qu'il ne pouvait absolument pas refuser.

Peter reçu un livre sur le symbolisme des animaux dans les cultures magiques et moldus. Plus le pendentif en or d'un caméléon, charmé pour chauffer en cas de danger.

James ouvrit un cadeau joint de Lili et Harry. Dans son choc il laissa tomber l'album photo qu'il avait découvert. Les autres se penchèrent pour mieux voir les pages grandes ouvertes et furent rapidement secoués de fou rire incontrôlables. Il s'agissait de photographies prises lors des meilleures blagues dont ils avaient tous étés victimes. Sur l'une d'elle on voyait James endormi sur le bras droit de Severus, sur un lit au milieu de la grande salle. William et Elise qui avaient entendus parler des évènements n'en revenaient pourtant pas. Comme Elise se fit un plaisir de le dire : ils étaient si mignons comme ça. Severus c'était enfoncé sous sa couverture, et James avait caché sa tête sous ses bras.

William et Elise avaient eut la joie de voir apparaître un portrait de tous leurs garçons au-dessus de la cheminée. Et cela leur suffisait amplement.

Sirius et Harry eurent le plus beau des cadeaux. Sans le savoir, ils s'étaient achetés le même objet. C'était un pendentif circulaire, gravé de fleurs avec un phénix émeraude au centre, qui s'ouvrait sur un minuscule miroir. Pas plus large qu'une pensée (je précise la fleur !), il avait la particularité d'afficher le visage de la personne à laquelle on pensait. Quand Harry, pour tester, pensa « famille », une image du groupe fit son apparition. Avec deux étranges particularités : Lili était avec eux, et un phénix vert émeraude était posé sur le cadre du miroir. Un mystère de plus avait fait son entrée.

Les quelques jours qui suivirent ne furent en rien différents de l'enchantement qui s'était installé dans la grande famille. Quoique si les adolescents avaient fait attention, ils auraient vu William se glisser dans une aile inoccupée du manoir. Et parfois, à l'une des fenêtres, un homme aux yeux d'ambre observait leurs jeux dans le jardin enneigé. Mais les jeunes gens pleins de vies profitaient de leurs vacances avec trop d'entrain pour remarquer cela. Chaque seconde servait à créer des souvenirs heureux pour ceux d'entre eux qui n'en avaient pas assez.

Aussi libre étaient-ils du reste du monde, ils ne pouvaient cependant échapper plus longtemps à la société. Le soir du nouvel an, les familles nobles se rendaient au bal du ministère, durant lequel se jouaient les plus grandes décisions politiques de l'année. C'était aussi l'occasion d'emmener les héritiers qui un jour leur succèderaient.

William et Elise avaient décidés de n'emmener que James, Harry et Severus. Etant donné que les adoptions de leurs frères étaient un secret bien gardé. Remus, Peter et Sirius promirent de rester sagement au manoir. Avec de la chance aucune destruction massive ne prendrait place en l'absence des adultes.

Severus était étonné de devoir les accompagner, jusqu'à ce que James lui explique que son adoption était largement connue grâce aux journaux. Le fait qu'il soit aussi le dernier héritier des Prince (la famille de sa mère), le rendait politiquement très important dans la société. Le sorcier n'avait accepté de venir que parce que Harry aurait besoin de lui pour survivre à la soirée. Son jeune frère était encore très fragile, et ne supportait qu'avec difficulté les foules comme celle qu'ils allaient affronter.

Ils étaient vêtus de leurs plus belles robes, bleu foncé pour le couple, bleu et argent pour James, vert sombre pour Severus, vert émeraude pour Harry. Ce dernier avait eut la malchance de devoir enlever une nouvelle tournée de fleurs, cadeau des fées, pour la seconde fois de la journée. Elles avaient décidé qu'il avait besoin d'un peu plus de protection pour cette journée. James avait passé un long moment plié en deux, les larmes aux yeux. Mais bien sûr, pour Harry cela importait peu car il comprenait l'importance de l'action des fées. La terre tremblait sous ses pieds, l'encourageant à la prudence. Le jeune sorcier défroissa sa longue robe et vérifia sa chevelure une nouvelle fois, pour être certain qu'aucune fleur n'avait échappé à ses recherches. Il rejoignit sa famille devant la cheminée qu'ils allaient utiliser pour voyager. Après avoir jeté la poudre verte et avoir clairement énoncé sa destination, il disparu à leur suite dans les flammes.

Harry atterrit à la manière habituelle, titubant et tombant. Mais fut heureusement retenu par ses deux frères qui travaillaient merveilleusement en équipe. Son petite sourire malicieux lui valu une tape légère derrière la tête de leur part, et un rire cristallin d'Elise. William leur lançant un regard faussement réprobateur les rassembla et les guida vers la salle de bal. Des tables rondes parsemaient l'immense pièce, présentant des buffets riches de variétés. Des fauteuils d'un bleu royal bordés de fils d'argents étaient disposés le long des murs, et des alcôves fermées de rideaux argentés permettaient à ceux qui le voulaient de s'isoler. La salle était emplie d'une foule colorée et gracieuse, les membres de la haute société étaient venus afficher leur fortune. L'air était parcouru de voix, quoique ça et là des bulles de magie entouraient certains groupes, gardant leurs discussions privées.

William attira sa femme contre lui, tandis que Severus et James entouraient leur jeune frère discrètement. Les premiers regards curieux qu'on leur lançait se faisaient de plus en plus insistant. Bien entendu les récents évènements avaient mis les Potter au devant de la scène politique. Le début de la soirée passa rapidement et plus ou moins tranquillement. Le couple veillait sur ses enfants avec rigueur et tournait toute attention sur les adultes. Severus fut quelque peu poussé par des personnes avides d'approcher le reste de sa famille. Il semblait avoir moins de valeur qu'eux ce soir-là. Pas que cela le gêne le moins du monde. Cela lui donna l'occasion de saisir l'ampleur de l'amour fraternel de Harry. Son jeune frère jetait des regards noirs aux malotrus et sa fureur muette gelait l'air autour d'eux. Les murmures indignés se figeaient dés les premiers tourbillons d'air qui semblaient naître près du jeune garçon. Tous savaient que des mages élémentaux s'étaient intéressés à lui après tout, ils avaient du avoir une bonne raison pour cela. Bientôt, la plupart des invités s'étaient passés le mot d'éviter de bousculer Severus Rogue. Cela leur valut un accueil un rien plus amical.

La famille Potter n'était plus entourée que des sorciers les plus riches et importants, les plus contenus aussi dans leurs interactions avec les autres invités. Dés qu'ils atteignirent des eaux moins troubles, où les requins bien que plus dangereux étaient le moins à risque d'attaquer (pense très fort aux dents de la mer dés qu'il y a de la foule…), William fit signe aux adolescents de se mélanger aux autres jeunes gens. Ils eurent la chance de croiser quelques uns de leurs camarades de classes et furent rapidement étroitement entourés. La plupart des élèves de Poudlard s'étaient attachés à Harry et tenaient à le protéger des gens trop bien intentionnés qui voulaient l'approcher. Le fait que James et Severus soient ensemble ne les dérangeait pas réellement, et leur laissait l'occasion de leur rappeler ces merveilleux réveils dans un lit dans la grande salle de l'école. L'un des sorciers avait même sur lui une photo des deux sorciers endormis avec une peluche rose. James et Severus n'échapperaient jamais à cette blague. Leurs compagnons se rassurèrent sur l'état de santé de Harry et commencèrent la fatigante tâche de se mêler à la société, comme le voulait la coutume du bal du ministère. Ils mirent en place un tour de garde pour les jeunes Potter, afin qu'ils soient toujours accompagnés d'au moins deux d'entre eux.

Toute ce passait pour le mieux, et Harry continuait courageusement à suivre ses frères lorsqu'il fut saisi d'un malaise. Des bras le saisirent légèrement par les épaules et le guidèrent vers une alcôve proche. Il lui fallut quelques minutes pour reprendre ses esprits et s'apercevoir que son sauveur n'était pas l'un de ses frères. Face à lui se tenait un sorcier soucieux. Ses cheveux étaient bruns, son visage jeune marqué par une peine secrète. En tout et pour tout, il était la parfaite image de Sirius Black mais en bien plus jeune et plus calme. Et aussi ses yeux gris contenaient ce bleu d'encre pâle que Sirius n'avait pas.

« Est-ce que ça va ? » Demanda la voix inquiète.

Incapable de répondre avec des mots, Harry secoua la tête affirmativement avec un sourire de remerciement. Son compagnon sembla surprit pendant quelques secondes.

« Tu ne parles pas ? »

Réponse négative.

« Ça ne sera pas pratique pour la discussion que je souhaitais avoir avec toi. »

Harry pencha la tête avec curiosité, pas le moins du monde inquiet face à cet inconnu. Ce dernier le regarda avec encore plus d'étonnement et un semblant de respect.

« Tu sais qui je suis. » Affirma-t-il. La réponse positive le fit sourire imperceptiblement. « Je t'ai observé toute la soirée, mais je ne pouvais pas t'approcher tant que ma mère me gardait avec elle. Je voulais te remercier. Même si je n'ai pas les mêmes idéaux que mon frère, je voulais qu'il soit heureux. Sirius a un esprit bien trop libre pour notre famille. »

Harry lui demanda à travers un échange de regard une question que personne d'autre n'aurait osé poser.

« Tu es étrange. Même pas effrayé par un Black. Je ne suis pas d'accord avec mon frère sur les purs sangs. Et je ne suis pas entièrement pour l'avis de ma mère. Mais c'est le plus proche des deux qui me convient. Tu es le premier à solliciter mon avis, sans intention de l'utiliser contre moi. »

Harry tourna ses yeux vers le rideau fermé, avec un air légèrement coupable.

« Non. Je sais que tu voudrais me convaincre de rejoindre mon frère. Mais ce ne serait pas pour lutter pour la lumière. Ce serait seulement par amour. Tu ne veux pas que je choisisse un camp particulier. Tu veux que je n'abandonne pas mon frère. Pourtant, il a fait son choix, celui de cette dite lumière. Et cela me mettrait du même côté. Je ne peux pas prendre cette décision. Mais merci de m'offrir cette possibilité. Cela me fait un troisième bord dans la guerre. »

Harry le contempla à nouveau, empli de peur. Non pour lui mais pour ce jeune homme du même âge que lui. Un garçon sans voie de sortie.

« Ne t'inquiète pas. Je suis solide. Et puis aller à Dumstrang m'a endurci. Et je suis bien plus mature que Sirius aussi. »

Harry sourit malicieusement. Ses yeux verts émeraudes emprisonnant les yeux bleu gris métalliques de son compagnon.

« Tu es réellement étrange. Comment tu arrives à te faire comprendre sans aucune parole est un vrai mystère. Ne dis pas à mon frère que tu m'as parlé, ce serait trop dangereux… pour moi plus que pour lui. Et prend soin de lui. »

Le sorcier se releva et quitta l'alcôve avec empressement, abandonnant Harry à ses pensées. Il venait de rencontrer Regulus Black, et n'avait aucun moyen de l'aider comme il l'avait fait pour Sirius. Car à la différence de son frère, Regulus devait encore faire son choix. Harry se demandait si l'école Dumstrang ne forcerait pas le jeune homme à joindre les mangemorts. Ou même si sa propre mère ne l'y pousserait pas. Pour la première fois depuis qu'il s'était réveillé à Poudlard sans mémoire, Harry était perdu. Il y avait des personnes qu'il ne pouvait pas protéger, des gens qui seuls pouvaient changer leur destinée. Mais peut-être… peut-être que cette seule rencontre avait eu un effet. Peut-être étais-ce tout ce qui pouvait être fait. Harry reposa sa tête contre le dos du fauteuil, fermant les yeux sur la douleur qui y avait pris place. Il soupira et se laissa aller quelques secondes. Quant il fut certain que personne ne relierait Regulus à sa présence ici, il quitta la niche de tranquillité, prêt à retrouver ses frères.

Harry observait la salle avec impatience. Il n'avait pas réussi à voir les membres de sa famille, et sa fatigue grandissante embrumait son cerveau. Ses yeux se concentraient avec difficulté sur les groupes dispersés près de lui lorsqu'il enregistra la terrible scène qui prenait place non loin de là.

Severus était à terre, serrant sa main droite contre son cœur, un masque de douleur accroché à son visage habituellement impassible. James se tenait défensivement devant lui, dans une posture d'attaque à peine masquée. Harry se faufilât à travers les grappes de sorciers pour les atteindre. Il ne compris pourquoi personne n'intervenait que lorsqu'il franchit la magie qui bloquait la scène de la vue des autres invités. Un jeune homme aux cheveux blond pâle et à l'air aristocratique tenait ses frères en joue du bout de sa baguette. Un sourire vicieux tirant ses lèvres. Harry passa la barrière magique et s'agenouilla près de Severus, prenant sa main blessée avec douceur. Une pâle lueur argentée quitta ses propres mains vers celle qu'il tenait. Severus eut un air abasourdi et soulagé quand la douleur disparut. Le sang séché restait la seule trace de sa blessure. Harry se releva et lança un regard plein de reproche au sorcier inconnu, qui eut un mouvement de recul face à cette juste colère.

« Harry. Où étais-tu ? Nous t'avons cherché partout ! » S'inquiéta James, oubliant provisoirement ses autres ennuis.

Harry lui jeta un regard coupable épuisé. Et s'appuya délicatement sur son aîné, lui faisant comprendre qu'il ne se sentait pas bien. Entre temps, Severus s'était relevé et avait enlacé la taille de son jeune frère, ce qui lui permettait de cacher sa main encore sanglante dans la robe verte.

«Ce fut un plaisir de te parler Lucius, mais je crains que notre frère ne se soit pas encore remis des évènements récents qu'il a du subir. Nous allons nous retirer. Bonne soirée. »

En quelques mots, James avait rappelé à Lucius Malefoy que Harry avait été poussé dans un jeu politique dont il avait été sauvé par des mages puissant. Le tout avec une finesse qui les autorisait à quitter le sorcier sans qu'il puisse protester. James et Severus guidèrent Harry hors de la salle et l'installèrent sur un fauteuil près du point d'apparition et de cheminées. James demanda à un auror qu'il connaissait de passer un message à son père le plus vite possible. L'homme revint après une vingtaine de minutes avec un mot en main.

James, Severus

Nous ne pouvons pas quitter la soirée, mais personne ne remarquera votre absence. Rentrez à la maison. Prenez bien soin de votre frère.

Vos parents.

P.S : Embrassez Harry pour nous.

L'auror, qui semblait avoir été donné des instructions précises, les accompagna vers une cheminée et les fit traverser un par un, leur souhaitant une bonne nuit.

A leur retour au manoir, James rattrapa Harry de justesse lorsqu'il tomba évanoui contre lui. Severus trébucha et les aurait bousculés si Remus n'était pas apparu soudainement pour le soutenir.

« Qui est blessé ? » Grogna le loup garou.

« Severus a reçu un sort assez violent, mais Harry l'a soigné. Encore une surprise de notre petit frère, il est un soigneur naturel. »

« Avec un grand talent. » Ajouta Severus pour détourner l'attention un peu plus sur Harry. Il ne voulait pas qu'on s'occupe plus de lui. Et leur frère avait bien plus besoin d'eux en ce moment.

Remus souleva Harry sans difficulté, et entraîna les autres vers la chambre du jeune homme. Ensemble, ils retirèrent ses robes et l'allongèrent sous des draps magiquement réchauffés. Harry ne reprit pas connaissance une seule fois, ce qui les inquiéta grandement. Remus s'installa contre son jeune frère pour le réchauffer et s'endormi sans gêne devant ses deux autres frères.

« Fais confiance à un loup garou pour sentir du sang, nous secourir et s'endormir juste après ! » S'indigna Severus.

« Est-ce que sa condition te dérange vraiment ? » Demanda James.

« Non. » Répondit doucement l'autre. « J'aurai réagi différemment si Harry ne m'avait pas adopté et libéré. Mais non. Cela ne me pose aucun problème. Surtout si le loup en lui a décidé que Harry était à protéger plus que tout autre. Etais-ce ce que tu redoutais tant de me demander depuis quelques temps ? »

« Oui. Depuis ces blagues stupides de Harry, (rappelle moi de me venger quand il s'y attendra le moins), je te considère comme un membre de ma famille. Nous ne serons probablement jamais aussi proche qu'avec Harry, mais c'est suffisant pour que je m'inquiète. Pour que ton avis compte dans cette famille. Notre famille. »

« James… merci. » Pour la première fois de sa vie, Severus faisait réellement parti d'une famille. Et il était vrai que cela suffisait.

Les deux jeunes gens se séparèrent pour la nuit, avec un dernier regard vers les deux endormis. Ils savaient qu'il était naturel pour le jeune garçon d'avoir été autant affaibli par cette soirée. Et Remus les préviendrait si Harry était malade.

Heureusement, Harry passa la nuit dans un profond sommeil. Remus l'observa durant de longues minutes avant de se décider à quitter la chambre au matin. Il entra dans la cuisine au moment où une assiette fut projetée contre un mur. Devant ses yeux, un Sirius rouge de colère avait laissé retomber son bras avant de se tourner vers James, sans avoir vu l'arrivée de Remus.

« Tu veux dire que Malefoy vous a attaqués en pleine vue ? Qu'il a profité d'un des sorts de la salle pour vous cacher à la vue de tous ? Et que vous avez perdus Harry juste avant que ça arrive ? » Sa rage montait d'un cran à chaque question.

« Sirius… je ne sais pas encore où était Harry, mais son retour nous a permis d'échapper à Malefoy. Il n'a pas été blessé. Nous ne pouvions rien contre ce qui est arrivé. Et Severus était seul quand il a été blessé.»

« Que voulait Malefoy ? Quel était son but ? » Demanda Remus, faisant sursauter les autres.

« Est-ce que Harry va bien ? » Interrogea James. Visiblement satisfait par un hochement de tête positif il reprit. «Severus et moi nous étions séparés pour chercher Harry. Apparemment Lucius pensait qu'un demi-sang comme Severus n'avait rien à faire à cette soirée. Quand il a vu Severus il l'a poussé dans l'une des bulles magiques et l'a attaqué. Il voulait le rabaisser et je cite « lui faire comprendre que sa place était aux pieds de ses supérieurs ». Avant, Lucius aurait ignoré la situation familiale de Severus, mais le fait qu'il ait été adopté par nous l'a mis dans une mauvaise position. Severus est devenu un traître aux yeux de Malefoy et sa clique. D'après ce que Severus m'a dit hier soir, Lucius voulait l'introduire à quelqu'un d'important et tous ses plans ont étés détruits par l'adoption. »

« Il n'est pas difficile d'imaginer qui Severus devait rencontrer. Ce qui est surprenant est qu'il t'en as dit tant. » Dit Remus.

« Et que tu le prenne aussi bien… » Continua Sirius.

James lui jeta son meilleur regard « et tu réagis comment toi ? »

« D'accord, j'ai vaguement causé la disparition prématurée de quelques artefacts fragiles depuis le début de la conversation. »

James éclata de rire et se laissa rouler par terre sans retenue. Même pas touché par le regard noir de Sirius.

« Si je comprend bien, Sirius n'a pas si mal réagi à ces nouvelles. Et toi James tu as décidé d'accorder ta confiance à Severus. Donc la soirée n'a pas été une si mauvaise expérience. »

« Toujours à voir le bon côté des choses remus. » Fit une voix amusée derrière lui.

« Monsieur Potter ! Je ne vous avais pas entendu. »

« Étonnant avec les sens que tu as Remus. Néanmoins, j'ai écouté votre discussion. Nous allons devoir parler sérieusement avec Severus. Si Voldemort était assez intéressé en lui pour demander à le voir, je ne sais pas si l'adoption suffira à le protéger. Quant aux évènements de hier soir, nous n'en saurons pas plus étant donné que Harry ne peut pas parler, et que je suis sûr qu'il refusera d'écrire sa version des réjouissances. Ce jeune homme a une sacrée tendance à garder ses secrets jusqu'au dernier moment. Et non, je ne le forcerais pas à parler (ou du moins écrire). »

« Papa, que pouvons-nous faire pour Severus en attendant ? » James savait depuis longtemps qu'il ne fallait pas protester. Quand son père décidait quelque chose, il s'y tenait.

« Et bien s'est assez simple… »

Ils passèrent le reste de la matinée à prévoir des moyens de protection efficaces. Pendant ce temps, Elise veillait sur Harry. Le jeune garçon était toujours plongé dans cet étrange sommeil. Les quelques examens qu'elle avait effectués ne le montraient pas en danger. Et l'apparition des fées et leurs fleurs avait allégé son inquiétude. Elise pensait qu'il souffrait juste d'exhaustion, et qu'un peu de repos le remettrait sur pied. Elle ne pouvait s'empêcher cependant de voir que les récents évènements étaient plus sérieux, dangereux. Passant sa main dans les cheveux noirs couverts de fleurs de Harry, elle se laissa rassurer par la douce magie qui débordait de lui.