La Magie De Gaïa

Note Auteur : Ceci est, d'une certaine façon, un court interlude. Bien que montrant ce que Harry devient dans la communauté des chimères, le point n'est pas pour lui d'y rester mais de rencontrer certaines personnes. Je veux qu'il croise le chemin d'êtres particuliers, et ce faisant lance une chaîne de réactions. Il ne va pas lutter contre le méchant à la fin. Chacun de ses pas à travers l'histoire est son combat personnel.

P.S : je ne pense pas que quelqu'un ait proposé la créature que j'ai mise ici :) J'espère qu'elle va vous plaire.

Disclaimer: les personnages et histoire de Harry Potter ne m'appartiennent pas. Mais le reste est tout à moi (euh.. juste ma manière d'écrire et l'idée de la magie de Gaïa. Mais c'est déjà bien non ?)


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Chap.20: Interlude

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Le son d'un grognement irrité attirait sa conscience hors du cocon rassurant du sommeil. Harry se demanda s'il avait peu être marché sur la queue d'un chat… mais non, il n'était pas en train de marcher. Pendant qu'il réfléchissait à sa situation, essayant de comprendre les « où, qui, que, quoi, etc. », il attrapa la première chose qui passa devant sa main. Une queue, il avait donc raison pour le chat ? Il caressa le poil soyeux pour rassurer l'animal, au moins le temps de se rappeler ce qui se passait. Cela semblait très important. Le grognement devint ronronnement, puis très rapidement le grognement revint. Le chat semblait plus qu'agacé. Suffisamment pour retirer sa queue d'entre les mains du jeune sorcier, et fouetter son visage avec. Harry se réveilla totalement, étourdi par la vitesse à laquelle il s'était assis.

Ses yeux étaient à quelques centimètres d'un regard d'ambre dur. Il frissonna et glissa sur le matelas de mousse qui lui avait servis de lit, s'éloignant de la créature. Elle était un étrange mélange : tête de lion, ventre de chèvre, arrière de Lynx. Une grâce féline de chasseur né. Mais ses yeux étaient secs et effrayants. En quelques secondes Harry récupéra ses souvenirs. La dernière chose dont il se rappelait était son face à face avec Voldemort. Il ignorait où il était, ou pourquoi. Il parcouru son environnement de son regard vibrant d'émotions.

Le lit de mousse était à même la terre battue d'une hutte aux murs de feuillages secs. Comme de longues feuilles de palmiers, entrelacées les unes aux autres pour créer une couverture contre le vent et les éléments. Une magie entremêlait le tout, avec des sorts faits pour retenir quelqu'un prisonnier. Au moins sa cellule était plus agréable qu'un donjon poussiéreux. Le jeune sorcier n'avait donc pas été secouru par la créature… Etait-elle une alliée du mage noir ?

Un nouveau grognement s'éleva, le sortant de sa réflexion. Ce qu'il savait être une chimère, d'après les connaissances qui semblaient flotter dans son cerveau comme si placées là par une force supérieure, se tourna vers une porte de bois, seule ouverture de la hutte. D'un signe de tête elle lui fit signe de la suivre, et d'un grondement lui fit comprendre qu'il ne pourrait pas s'enfuir. Harry se leva avec difficulté, son corps tremblant non pas de peur mais de fatigue. Il lui semblait que sa magie était emprisonnée à l'intérieur de lui, retenu dans une cage, et cela l'épuisait sans qu'il en sache la raison. Il sortit de sa cellule et du fermer les yeux pour s'habituer aux vifs rayons de lumières qui tombaient d'entre la voûte des arbres au-dessus de lui.

Il cligna, re-cligna, et vacilla sous la surprise. Devant ses yeux ébahis, une multitude de créatures, de chimères, de manticores, et autres races innombrables, se mélangeaient dans une danse de vie quotidienne. Aller chercher de l'eau, apporter du bois, partir chasser, rentrer chez soi. Le chaos organisé était plus beau que tout ce que le monde magique lui avait montré jusque là. Bien qu'il soit le seul humain présent, personne ne le regardait, comme s'il était invisible. Et dans le brouillard que semblait être son esprit, il pouvait comprendre qu'il avait été jugé inoffensif. Aucun de ces êtres ne le voyait comme une menace et de fait ne lui prêtait aucune attention. Son garde lui laissa quelques instants pour reprendre ses esprits puis du museau le poussa en direction d'un chemin qui allait vers l'arrière de la cabane de feuilles. Harry ne protesta pas, non pas parce qu'il ne pouvait pas parler, mais parce qu'il fallait choisir ses batailles. Et le moment n'était pas venu encore de tenter de fuir.

Il se laissa guider sur le sentier, le long d'arbres centenaires. Admirant la façon dont ils créaient un toit au-dessus d'eux, laissant entrer la lumière par intermittence. Les sons de la forêt s'atténuaient faisant place peu à peu au gargouillement d'une source d'eau. Ce fut sans surprise qu'il s'arrêta enfin devant un petit lac. Ce fut avec surprise qu'il posa son regard sur la créature au milieu de l'eau, debout sur l'unique rocher.

Elle avait de longs cheveux d'un bleu pale et lumineux qui cascadaient jusqu'à ses pieds. Sa peau blanche chatoyait de nuances azurées, une danse sans fin de couleurs. Ses grands yeux améthyste avaient cette qualité envoûtante qui pouvait vous retenir des heures durant. Et seul un maillot de fleurs d'eaux couvrait son corps autrement dénudé. Les fleurs étaient d'un rare bleu, entre la couleur du ciel par un jour d'été et l'eau des plus belles mers sous un jour sans vent. Aux yeux de Harry, elle était la plus belle nymphe qu'il verrait jamais. Il pouvait lire le pouvoir qu'elle exultait. Son lien à la terre était ancien et puissant. Sans aucun doute la plus vieille des nymphes.

Amathéa, son esprit lui assura-t-il. Première de la lignée des nymphes. Veillant sur le lac de la vie, où la première goutte d'eau tomba sur la terre. Créature de légende depuis longtemps oubliée. Elle lui sourit alors, elle aussi reconnaissant en lui ce qu'il était vraiment. Harry savait qu'elle avait vu ce que lui-même ne savait pas encore. Et il avait raison, la nymphe savait d'où il venait, de quand, et pourquoi il était là, et ce en quoi il se transformait lentement mais sûrement.

La chimère qui l'accompagnait alla s'asseoir entre le chemin et le lac, bloquant le seul espoir d'échappe. Le sourire de la nymphe s'agrandit et d'un signe de main elle invita le jeune humain dans son domaine. Un simple reniflement avait suffit à Harry pour comprendre qu'il avait besoin d'un bon bain. Il n'était pas sûr combien de temps il avait dormi, autrement que son odeur dépassait largement trois jours sans aucune hygiène. Peut-être même plus. Ses gardiens n'avaient sans doute pas voulu lui donner l'occasion de détaler. Et un prisonnier éveillé est un prisonnier qui cherche à se libérer. Donc autant le garder endormi.

Le jeune homme se déshabilla, encore tremblant de sa magie retenue captive en lui. Gêné de sentir sur lui les yeux des deux autres êtres présents. Rouge jusqu'à la racine des cheveux, il avança dans l'eau, la trouvant étonnamment rafraîchissante, ni froide ni chaude. Il releva la tête qu'il n'avait pas remarqué avoir baissé, à la respiration étonnée qu'avait prise la nymphe. Elle avait l'air paralysée, ses yeux un mariage de respect, de surprise, et de savoir tout à la fois. Il nagea vers elle et laissa ses émeraudes plonger dans les améthystes. Ce qu'il y vit le fit frissonner. Il ne se reconnaissait pas dans ce qu'elle voyait de lui.

Il fallait dire qu'il avait changé depuis son arrivée sans mémoire à Poudlard. Ses cheveux flottaient autour de lui, assez long pour atteindre ses pieds hors de l'eau. Ils avaient pris une teinte verte profonde, presque noire mais brillante. La couleur des forêts par moment à la lumière du jour et d'autre à la tombée de la nuit. Ses yeux émeraude étaient aussi sombres que ses cheveux, mais plus vivants encore. Sa peau n'avait plus le blanc fragile d'avant (causé par l'abus puis la maladie), mais la légère coloration vive d'un enfant en bonne santé. Rosée, dorée, peu importe. Mais c'était le pouvoir qui collait à son corps qui apportait le plus de changement. Dés l'instant où il était entré dans le lac, les liens qui retenaient sa magie avaient disparus. Tel était le souhait de la nymphe, que son invité soit libre au moins en ces lieux. Et libre il était, elle voyait en lui la vie sauvage parcourant les terres, les oiseaux virevoltants dans les airs, les créatures marines nageant dans les océans. Elle apercevait des fées et des licornes, des griffons et des sirènes… des êtres magiques dansant autour de lui, joyeux et affranchis. Elle discernait ce que la terre elle-même représentait. La vie, la mort, la lumière, les ténèbres. Un ballet éternel. Enchanté et enchantant.

Derrière l'enfant, la nymphe croisa le regard d'ambre de la chimère. Elle n'avait pas été la seule à « voir ». Quoique la chimère secoua la tête et ferma les yeux, mettant cette vision sur le compte de la fatigue.

Harry secoua la tête et plongea sous l'eau. Quand il remonta, la tension avait disparue et la nymphe avait à nouveau ce sourire mystérieux, plein de savoir.

« Il semblerait que j'ai pour mission de t'informer de ta situation. Il faut dire que je suis la moins effrayante des habitants de ces lieux. Le meilleur choix pour apaiser un prisonnier. »

Harry sourit gentiment. Il aimait son honnêteté.

« Hmhm. En quelques mots : Le sorcier noir nous a demandé de te garder, nous avons accepté. »

Harry pencha la tête dans un mouvement pensif.

« Nous pouvions refuser, mais ta présence peut nous apporter quelque chose ». Chantant la voix mélodieuse.

Harry cligna des yeux à l'aveu. La nymphe éclata d'un rire harmonieux.

« Ne soit pas si surpris, une nymphe ne ment pas. Elle n'a aucun besoin de prendre des détours ou de manipuler la vérité. Car une nymphe ne s'adresse aux autres êtres vivants que dans de rares occasions. Avant de demander ta présence à mon lac, je n'avais jamais parlé. Les manticores et chimères ne m'ont entendue que parce que je voulais que tu viennes ici. Tu es précieux cher enfant. »

La nymphe l'encouragea muettement à s'approcher avant de lui murmurer.

« L'eau de mon lac a la propriété de révéler les choses. Non pas juste montrer une image de la vérité en chacun de nous, mais de libérer ce qui est enfermé en nous. En entrant dans ce lac, tu as été délivré des liens qui retenaient ta magie. Voilà pourquoi je voulais te voir. Aucun de tes gardiens ne se doute de ça, aucun d'eux ne sauras que tu n'es plus en leur pouvoir non plus. Mon cadeau pour toi est que la vérité reste cachée à leurs yeux. Sais-tu pourquoi tu es dans cette communauté ? Quelle est la vraie raison de ta présence ? »

Le jeune sorcier laissa ses paupières se fermer pour se concentrer sur la réponse. Les créatures de cet endroit voulaient quelque chose qu'elles pouvaient obtenir en rendant service à Voldemort. Donc une chose à laquelle il avait accès. Il n'y avait aucun humain dans la communauté, donc le fait qu'il y soit retenu révélait que l'objet était important. Mais étrangement, cela ne semblait pas « important ». Pas pour lui néanmoins. Il était là parce que cela faisait parti de la voie du moindre danger pour les siens. Il avait choisis d'être capturé, et ce qui le guidait l'avait mené là. Pourquoi cet endroit, à ce moment ? Harry secoua la tête sans rouvrir les yeux. Il sentit Amathéa se pencher un peu plus vers lui, afin qu'aucun autre ne l'entende.

« Ce que recherche la reine manticore des chimères a été volé à son peuple par les sorciers lors de la guerre où les créatures les ont aidés. C'est le cœur de la précédente reine. Vois-tu… le cœur de chaque reine se transforme en pierre précieuse après sa mort, et est transmis à son héritière. La pierre est insérée dans un collier avec toutes les pierres. Chacune a un pouvoir inhérent à la reine décédée : contrôler le feu, l'eau, la terre, l'air. Guérir, blesser, faire pousser les plantes, faire naître la vie. Les manticores ont une légende, lorsque la dixième pierre sera récoltée, la reine manticore deviendra le lien entre la terre et les créatures, elle deviendra l'un des gardes de la terre. La terre est très importante dans leur culture, car elle est notre mère, notre protectrice, notre berceau. Etre béni d'un tel devoir par sa main est la plus belle récompense que l'on puisse rêver. La pierre volée n'est que la septième, et même s'il faudra de longs siècles pour atteindre leur but, les manticores et les chimères feraient tout pour la récupérer. Voldemort leur a promis cette pierre, en leur disant que tu es ce pour quoi il va pouvoir la recouvrer. Tu as été guidé ici, pour leur permettre d'avoir ce bijou. Mais pas uniquement. »

Harry ouvrit les yeux et fixa la nymphe. Il pouvait lire en elle l'amusement et la joie enfantine. Soudain le chemin parcouru pour atteindre le lac était devenu bien plus long dans son souvenir. Il imaginait la route s'allonger, il y avait posé le pied lorsqu'il était apparu chez ses parents adoptifs et les avait sauvés. Le lac n'était que l'un des arrêts qu'il devait faire. La pierre des manticores n'était qu'un minuscule point dans ce qu'il devait accomplir. Harry sentit son cœur s'arrêter lorsque Amathéa lui dit à nouveau :

« Tu as sauvé les Potter, adopté tes frères, sauvé Peter d'un destin de servitude, sauvé Severus de sacrifices et de peines, sauvé Sirius d'une prison d'éternelle terreur, sauvé James et Lili d'une mort certaine. Et par chacun d'eux transformé bien plus encore. William Potter a croisé le chemin d'un loup garou messager. Par lui, tu es allé dans une soirée et a rencontré le frère de Sirius. Et Regulus selon son choix accomplira ou non sa part dans les changements à venir. Elles sont tellement nombreuses ces conséquences de ta seule présence en cette terre, en ce temps. »

Harry avait des larmes aux yeux. Chaque mot touchant son cœur, comme ajustant un instrument de musique, lui rendant toute sa musicalité, sa raison de vivre. Les pièces se mettaient en place en lui et autour de lui.

« Précieux enfant. Tu es là pour tellement plus. Et à mon tour j'ai choisi de faire ma part en libérant ta magie. Va ! Il est temps. Tu seras parti bien avant que tes gardiens ne jugent bon de te donner un autre bain. »

La nymphe l'embrassa sur la joue et le poussa d'une main. Harry se laissa faire et retourna vers la chimère. Le brouillard provoqué par le choc de cette conversation avait une autre utilité : la chimère ne se rendit pas compte que son prisonnier était lucide et hors des liens placés là auparavant.