Bella PDV

« Bella, je dois fermer ! »

Je soupirai, me dépêchai de ramasser mes notes pour les fourrer dans mon sac et de ranger les livres sur les étagères. Je lançai un sourire contrit à Leah qui avait déjà son manteau et piaffait sur place devant l'entrée de la bibliothèque. Comme d'habitude j'étais la dernière. Leah ferma derrière nous et je constatai que le campus était désert. Rien de plus normal pour un vendredi soir à 21 heures, je jetai un coup d'œil à ma montre ; non 21h24.

« Eh Bella ! » Me salua Seth appuyé contre le mur. Aussi charmant que sa sœur, une honte que les filles ne soient pas son genre !

« Désolé Seth, je n'ai pas vu l'heure passer » je lui tapai la bise.

« C'est rien, je viens juste d'arriver. Tu veux qu'on te dépose ? » proposa t'il.

« Non, c'est juste à côté et j'ai besoin de me dégourdir les jambes.» et je n'ai aucune envie d'affronter trop tôt les filles et leur plan pour me dégotter un homme. « Bon week-end ! »

« Ok, à lundi ! » Ils se dépêchèrent de rejoindre leur voiture. « Euh, Bella ! », me lança Leah, je me retournai surprise. « Je sais que demain c'est un grand jour, fait moi plaisir, trouve toi un mec ! » Seth donna une tape à sa sœur pendant que mes joues s'enflammaient.

Je n'étais pas encore sortie de l'enceinte de l'université lorsque j'entendis le couple se disputer. Pour atteindre la sortie je devais malheureusement passer devant eux et je n'en avais aucune envie. Tiens des compatriotes, le mal du pays me revint et je me rapprochai inconsciemment.

« …Je ne veux pas rentrer pour jouer ce rôle stupide ! » lança une voix féminine.

« Tu veux dire que tu ne veux pas rentrer à cause de lui ! » Malgré la colère je ne pus m'empêcher de remarquer que la voix de l'homme était belle.

Je fus bientôt suffisamment proche pour me rendre compte que la femme, une blonde était une réelle beauté, presque aussi belle que Rosalie. L'homme était de dos, il était grand et avait des cheveux brun décoiffés, la lumière artificielle du néon y rajoutait des reflets auburn.

Ils ne ressemblaient pas à des étudiants, j'en déduisis qu'ils étaient plutôt de mon âge. Peut-être des nouveaux collègues professeurs.

La fille dû me voir car son regard s'attarda sur moi et elle leva un sourcil interrogateur, je me figeai sur place, rougissante. Je n'y peux rien moi s'ils se donnent en spectacle !

L'homme comprenant qu'ils étaient observés se retourna et son regard d'un vert incroyable me transperça. Pendant une seconde j'oubliai de respirer ; ça existe en vrai des hommes aussi beau ! Comment cette poupée pouvait-elle mettre un tel morceau en colère ?!

Je revins sur terre en voyant qu'ils ne me lâchaient pas du regard et sentit tout mon corps devenir cramoisi de mortification. Je passai devant eux toute raide en regardant mes pieds, jetai un faible « excusez-moi » et m'enfuis. Je réussis à le faire, par je ne sais quel miracle, sans m'étaler.

Je me tournai, puis me retournai. Il fait trop chaud ! Je jetai ma couette et regardai pour la énième l'heure, 4h12 soit exactement deux minutes de plus que la dernière fois ou j'ai regardé ce foutu réveil.

Ce n'était pas la peine d'insister. Je me levai et me dirigeai vers la salle de bain. Le miroir me renvoya l'image sans grande surprise d'une fille ordinaire aux longs cheveux bruns ébouriffés, aux grands yeux noirs chocolat dans un visage surchauffé.

Je soupirai, qu'est-ce que je ne donnerais en ce jour d'anniversaire pour avoir le physique de rêve de la blonde Rosalie Hale et son magnifique visage aux yeux violets où encore la beauté brune piquante de la petite boule d'énergie d'Alice Brandon. J'aurais ainsi pu affronter Mike Newton et après l'avoir mis à mes pieds je l'aurais écrasé comme le vulgaire serpent qu'il était.

Il faut être masochiste pour vouloir célébrer le jour de son plus grand échec sentimental ! Ok, les filles envisagent cette soirée plutôt comme la célébration de la création de l'agence, mais cela ne change rien.

Je me douchai, me rendis dans la cuisine pour préparer le déjeuner pour la bande et pris un livre en attendant que les autres me rejoignent.

Le téléphone sonna exactement à cinq heures vingt trois. J'entendis les filles gronder des « fait chier ! », « Ils ont vu l'heure ! » et autres mots doux avant que je me précipite pour répondre.

« Allo ? » La voix était celle d'un homme avec un accent prononcé. Quelle coïncidence, constatai-je, un autre compatriote anglophone en moins de vint-quatre heure.

« Oui, Sos Cœur fragile ? » Le mien pour être plus précis.

« Voilà je suis sûr que mon épouse vous a… »

« Je suis désolé, Monsieur » le coupai-je, «mais nous ne nous occupons pas de couples mariés… ». Ni d'hommes non plus, rajoutai-je dans ma tête.

« Dis lui d'aller voir un conseiller conjugal » proposa Alice qui se jeta encore endormie sur le canapé.

« Où d'emmener son chéri dans un sex-shop… » Rajouta Rosalie furieuse avant de se mettre à côté d'elle.

Je posai la main sur le combiné. « Chuuut ! Et ce n'est pas une femme ! » Je ramenai le combiné sur mon oreille. « Ecoutez monsieur, je ne pense pas être en mesure de vous apporter l'aide que vous souhaitez… » Rosalie se leva, mis le haut parleur et retourna sur le canapé.

« Je croyais que vous aidiez les couples ? » Je rougis de honte. Il venait de soulever l'un des principaux désaccords entre nous trois.

« Disons qu'on préviens les éventuels futurs obstacles à votre bonheur marital. »

« Alors précisez-moi en quoi consiste exactement vos compétences ».

Oh mon dieu, il ne va pas aimer ce qu'il va entendre !

« Hum…Nous aidons les gens…femmes plutôt, à tester la véracité de l'engagement de leur futur conjoint » Je terminai en chuchotant presque et en évitant soigneusement de regarder vers le canapé.

« C'est discriminatoire et insultant ! Vous n'avez même pas le courage d'assumer… » Rosalie m'arracha l'appareil des mains.

« Ecoute-moi bien grande gueule ! 1, ce sont les hommes qui ont plus tendance à allez vérifier que le gazon est plus vert ailleurs, que ledit endroit soit accessible ou non. 2, on n'en a rien à faire de ce que tu penses. 3, je te conseille d'aller plutôt voir ta moitié pour comprendre pourquoi elle ne veut plus de popol ! Oh, au plaisir de ne plus vous entendre ! ». Elle raccrocha le téléphone brutalement.

« Rose, il est samedi, cinq heure et demi du matin, par pitié… »

La sonnette de la porte arrêta Alice. On se regarda un moment abasourdi. Puis j'allais ouvrir la porte.

« Oh ! Bella, je suis tellement contente que tu sois déjà levée ! » J'ouvris les bras pour l'accueillir.

« Angela, que fais tu là ? L'essayage de ta robe devait bien avoir lieu à quinze heures ? »

« C'est Taylor…Il…Je l'ai vu embrasser Sophie hier soir… » Elle éclata en sanglot.

Après notre petit déjeuner où on s'évertua à consoler Angela, on s'installa dans le salon pour mettre au point notre plan d'attaque.

Il fut décidé qu'Alice soit la victime, Taylor ne la connaissant pas. Le lieu du rendez-vous, le restaurant « Oh ! Loup » ; Seth, le patron, étant un excellent ami si la situation était amenée à dégénérer, on pouvait toujours compter sur son soutien. Angela présenterait Alice à Taylor lors d'un brunch et s'éclipserait après un coup de fil urgent de Rose.

Je proposai aux filles d'aller faire les courses pour notre nuit de folie pendant qu'elles partaient avec Angela au resto, je les rejoindrais plus tard.

Je pris le temps de m'habiller confortablement et étais sur le point de m'en aller quand le téléphone sonna à nouveau.

Bonjour, Miss Swan?

Docteur Cullen ?!

Miss Swann, que savez-vous la guerre de Sécession ?

« Euh…Eh bien, c'est une guerre civile américaine entre 1861 et 1965 » ânonnais-je bêtement en me rappelant de mes bribes d'histoire américaine et en me demandant si le magnifique dieu qui était en charge de la chaire de médecine et mon docteur attitré n'était pas malheureusement devenu fou.

« Magnifique ! Je savais que vous étiez la personne qu'il me fallait. Vous serez surement d'un grand secours pour le fils d'un de mes plus vieux amis, … »

Mais…

Que dîtes vous que nous nous rencontrions dans mon bureau… disons à 9 heure 30, je sais que vous vivez prêt du campus.

Oui, mais…

Ah, j'ai vraiment hâte de vous voir !

Il raccrocha. Je regardai le combiné pendant quelques secondes puis le déposai lentement. Cette journée promettait d'être très très longue.