Merci à tous pour vos commentaires ! C'est super motivant ! ^^
Pour ce qui est du couple que je vais faire, ben... ça devient plus clair dans ce chapitre, de même que pour la relation entre Harry et Meaghan. Et pour répondre à Midna-88, je suis vraiment contente que tu accroches à ma fic, même si je trouve que Meaghan est plus le personnage principal qu'Harry.

Merci aussi à ma bêta préférée qui a le courage de lire tous mes délires et de corriger mes fautes grosses comme des maisons ^^

J'espère que ce chapitre va vous plaire ! ^^

Chapitre 2 : Harry

Pourquoi je réagis comme ça avec elle ? Je ne comprends pas… Ron m'a bassiné pendant des heures à cause de ce qu'il s'est passé ce matin, mais il n'y a rien à dire… Cette fille me fait me sentir bizarre. Quand je lui ai dit, il m'a regardé comme si j'étais un extra-terrestre et il m'a demandé si j'étais amoureux d'elle. Je lui ai répondu que non et j'en suis convaincu. Je ne suis pas amoureux d'elle et je ne le serai jamais. C'est autre chose… Son sourire me rend heureux, ses larmes me brisent le cœur. Et ces temps-ci, elle semble plus sûre d'elle… Je l'ai trouvée changée depuis la rentrée… Oui, je la regarde depuis longtemps, de loin. Elle m'a toujours captivé, mais elle semblait si discrète, si lointaine que je craignais de lui faire peur en allant lui parler. Je n'avais pas non plus envie que mes intentions soient mal interprétées… En plus elle est à Serpentard !

Le cours de potion de la semaine dernière m'a rendu vraiment heureux. Non seulement, j'ai réussi ma potion, mais en plus je travaillais avec elle. Oh, et son entrée dans la Grande Salle le lendemain ! Elle était tout simplement magnifique ! Je l'admire pour avoir su faire ça. Elle qui était restée invisible si longtemps… Elle m'impressionne !

Je ne me suis jamais senti aussi heureux que pendant ces quelques instants où nous avons dfiscuté, que ceux où je l'ai serrée dans mes bras.

Je n'ai pas pu m'en empêcher, même si je savais à l'avance que Ron allait m'en vouloir d'avoir fait ça. Je ne vais pas me cacher derrière des excuses du type : « C'était pour éviter que Ron se fasse démolir par Malefoy » parce que ce serait faux. La seule chose que je voulais, c'était faire cesser ses larmes que j'ai ressenties comme un poignard en plein cœur. Il fallait que je la protège, c'était presque comme si mon corps avait décidé à ma place.

- Harry ?

- Oui 'Mione ?

- Ma meilleure amie s'assied à côté de moi et me lance ce regard scrutateur dont elle seule a le secret.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé tantôt ?

Il n'y a aucun reproche dans sa voix, juste un besoin de savoir. Si elle savait à quel point je lui suis reconnaissant pour cette ouverture d'esprit dont elle fait toujours preuve ! Comme la fois où je lui ai avoué que j'étais homo. Ron est tout simplement tombé dans les pommes, mais Hermione m'a presque félicité. Ou encore la fois où je lui ai avoué de qui je suis amoureux… Elle m'a dit qu'elle s'en doutait depuis longtemps et m'a donné sa bénédiction. Ca, je n'ai pas encore osé le dire à Ron…

Je lui explique donc les évènements que notre meilleur ami lui a visiblement racontés. Elle m'écoute attentivement sans faire la moindre remarque et attend patiemment la fin de mon histoire. Je lui raconte tout, même ce sentiment étrange que j'éprouve à l'égard de Meaghan depuis… depuis que je la connais en fait, et dont je ne lui avais jamais parlé.

- C'est vraiment étrange… Tu es sûr que tu n'es pas amoureux d'elle ?

- Hermione, je te jure que ce n'est pas ça. Je suis amoureux, je sais ce que c'est. Elle a quelque chose de spécial… C'est difficile à exp…

Une douleur fulgurante dans ma cicatrice me coupe le souffle. Ma vision se brouille déjà. Je commence à voir des images, à entendre ce qu'il entend. Mon monde a disparu au profit de cette horreur sans nom. Il est furieux. Sa dernière tentative est visiblement tombée à l'eau. Il se venge. Du sang, de l'horreur, des cris. Plus les cris augmentent, plus il y a de sang plus sa bonne humeur revient. Le pire est que je ressens aussi cette joie malsaine à voir tous ces gens souffrir. J'ai mal, si mal…

Soudain, je sens une douce chaleur à côté de moi et j'ai l'impression de me détacher légèrement de la scène. Mais ce n'est qu'un répit de courte durée. La douleur et l'horreur reviennent à la charge tandis que cet espèce de mégalomane prend son pied, encore et toujours, en torturant et en tuant. Si je n'étais pas dans sa tête, je vomirais à coup sûr !

Tout à coup la douceur, la chaleur reviennent… Mais, comment ? Pourquoi ? Je vois la scène comme si j'étais loin, je ne ressens plus l'horreur et la douleur, et comble du bonheur, je n'entends plus les cris ! J'ai l'impression d'être un spectateur derrière un écran de cinéma. J'ai enfin la possibilité de ne plus regarder ce qu'il y a sous mes yeux. Je tourne alors la tête vers la source de tout cela.

Je comprends alors tout… L'évidence était pourtant sous mes yeux depuis le début, j'aurais pu deviner plus tôt. Un sourire éclaire mon visage.

Quand je reprends connaissance, je me redresse d'un mouvement brusque. Il ne me faut qu'un coup d'œil pour voir que je suis à l'infirmerie. Ma crise a dû être plus forte que les autres fois pour qu'ils m'aient emmené ici. Mais je n'ai pas le temps de me tracasser.

Je tourne la tête et je la vois, comme dans ma vision. Elle aussi s'est redressée. Quand je croise son regard, je sais qu'elle est au courant. Elle a deviné que j'avais compris… On se saute presque dans les bras.

- Meaghan.

Je murmure son prénom dans son oreille, comme une litanie. Tout a maintenant un sens puisqu'elle est auprès de moi.

- Désolé de vous déranger dans cette étreinte émouvante, mais si on pouvait m'expliquer ce qu'il se passe, ça m'arrangerait !

Ron… Il a toujours ce besoin de savoir ce qu'il se passe. Bon, j'avoue qu'à sa place, je ferais pareil. Mais ce n'est pas à moi de décider, Meaghan a aussi son mot à dire. Je me sépare à regret d'elle et je plante mes yeux dans les siens, cherchant son accord. Je m'étonne moi-même de la facilité que j'ai à pouvoir comprendre ses émotions quand je vois son regard me dire « oui, vas-y ». Je me tourne alors vers mon meilleur ami. C'est là que je me rends compte qu'il y a pas mal de monde dans l'infirmerie. Hermione est juste à côté de Ron. C'est normal qu'elle soit là puisqu'elle était là quand la crise a commencé. Mais il y a aussi Parkinson, Zabini et… Malefoy. Etrangement, il a le même air que ce matin quand Meaghan pleurait, il a l'air inquiet (comme les deux autres d'ailleurs). Peut-être qu'il est amoureux d'elle…

Mais ce n'est pas le moment de penser à ça. Il y a des questions en suspend qu'il faut éclairer au plus vite avant qu'un certain rouquin de ma connaissance ne pique encore une crise de nerf.

- Malefoy, si tu pouvais te barrer, ça nous arrangerait ! rétorque mon meilleur ami.

Evidemment, il faut toujours que Ron interprète mal mes longs regards appuyés… Il faudrait vraiment que je pense à lui dire que j'en pince pour le prince des Serpentards… Ca lui évitera de penser que je veux qu'il s'en aille alors que je pense exactement l'inverse…

- Ils n'ont pas besoin de partir, dit gentiment Meaghan, ils sont déjà au courant.

- Je crois pas que je t'ai demandé ton avis ! claque Ron.

- Ron, je t'interdis de parler comme ça à ma sœur !

Eh ben voilà… La bombe est lâchée… Et à voir Ron, c'est-à-dire par terre et sans connaissance, j'aurais peut-être dû dire ça avec plus de diplomatie… Et puis tant pis ! Il n'avait pas à agresser tout le monde comme ça !

Bizarrement, quand je regarde Hermione, elle me fixe avec un sourire sur le visage qui signifie « je le savais ! ». Heureusement, elle répond directement à ma question muette. Elle est affreusement gentille ma 'Mione !

- Vous avez les mêmes yeux, des portes sur votre âme. Quand vous êtes l'un à côté de l'autre, ça semble tellement évident ! Et si personne n'a rien remarqué jusqu'ici, c'est parce que Meaghan – je peux t'appeler Meaghan ?(celle-ci approuve d'un hochement de tête) – s'est arrangée pour être invisible jusqu'à la semaine passée.

Je tourne alors vers elle et je la regarde attentivement. Hermione a raison (comme toujours), et c'est d'ailleurs ça qui a été l'élément déclencheur. Mais Meaghan n'est pas seulement ma sœur, je le sens au fond de moi… Elle est une partie de moi, la deuxième moitié d'un tout, la partie manquante qui a laissé un vide en moi pendant si longtemps.

- Vous n'êtes pas seulement frères et sœurs, ajoute Parkinson. Vous êtes jumeaux.

Elle ne fait que confirmer mes doutes. De toute façon, nous n'aurions pas pu être dans la même année si nous n'avions pas été jumeaux, c'est techniquement impossible.

- Mais comment est-ce possible ? demande alors ma meilleure amie.

Ce n'est pas ma jumelle (j'aime ce mot, c'est douce musique à mes oreilles, un écho si joyeux dans mon cœur) qui lui répond mais Malefoy. La conversation se passe sans nous. J'écoute et je suis sûr qu'elle aussi, mais nous sommes trop concentrés à lire en l'autre à travers le regard pour répondre.

- Les Potter ont eu des jumeaux et pas seulement un fils. Mais le jour de l'attaque où ils ont été tués, Meg n'était pas là, elle était chez son parrain, ce qui fait que Vous-Savez-Qui n'a jamais été au courant de son existence. Dumbledore a confié Potter à ses moldus et Meg à des amis à lui qui l'ont adoptée. Ils lui ont toujours caché toute l'histoire jusqu'à cet été. Le jour de ses dix-sept ans, ils lui ont tout raconté. Personne n'a été mis au courant, sauf nous trois et maintenant toi et la belette. Et ça doit rester secret, pour la sécurité de Meg !

Je devine le regard noir de Malefoy envers Hermione. Et elle, elle doit lui sourire avec ce calme qui lui est devenu habituel ces derniers temps. Mais avant même qu'elle le dise, je sais qu'elle ne dira rien.

Soudain, je n'écoute plus la conversation. La main de Meaghan fait le trajet jusqu'à ma joue. Ses yeux sont embués. Je sais, je sens son besoin d'être rassurée. Elle a peur que je la rejette, je le lis dans ses yeux. Mais jamais je ne l'abandonnerai ! Elle est ma moitié, celle qui m'a manqué toute ma vie. Maintenant que je l'ai trouvée, je ne la laisserai plus partir et je la protégerai coute que coute !

Je l'attire contre moi. Ma petite sœur… Moi qui ai toujours rêvé d'avoir un frère ou une sœur, d'avoir une famille. Je ne sais pas combien de temps nous restons ainsi, blottis dans les bras l'un de l'autre, mais la conversation des autres ne nous intéresse plus.

- Potter ! la voix de Malefoy m'interpelle et me sort de mes pensées. J'espère que tu n'as pas l'intention de lui faire du mal, sinon je te jure que tu auras affaire à moi !

Son ton est menaçant. Si je ne m'étais pas déjà juré que jamais je ne la ferai souffrir, j'aurais eu peur.

- Rien que la voir triste équivaut à un poignard en plein cœur, lui dis-je tout en caressant les cheveux de Meaghan. Il me serait impossible de lui faire du mal. Comment peut-on vouloir faire du mal à un ange ?

- Je ne suis pas un ange… murmure-t-elle dans mon cou.

- Si ! Tu es mon ange, ma moitié, ma sœur. Je ne pourrais plus vivre sans toi.

- Tu as très bien réussi jusqu'ici, me répond-elle du tac au tac.

- Non, jusqu'ici, je survivais. Maintenant que tu es là, je me sens enfin entier.

Elle se blottit encore un peu plus contre moi et je la sens sourire dans mon cou.

- Moi aussi, chuchote-t-elle.

Notre conversation s'est faite en murmurant. Elle ne concerne que nous, les autres n'ont pas besoin de savoir.

Je regarde ensuite Malefoy. Pour la première fois, je le vois avec sur le visage un vrai sourire qui m'est destiné, pas ce sourire mesquin et sarcastique qu'il me réserve habituellement. Il semble apprécier ma réponse à sa menace de me trucider si je fais du mal à ma sœur. Je ne l'en aime que plus… Il a l'air de tenir énormément à Meaghan…

C'est à cet instant que Ron reprend ses esprits. Il a l'air complètement sous le choc. Il nous regarde fixement, ma sœur et moi, en cherchant à trouver l'erreur. Mais je sais déjà que, même s'il a du mal à l'accepter, il sera forcé d'admettre la vérité.

- Harry… dit-il d'une voix suppliante. Dis-moi que ce n'est pas vrai…

- Ca ne servirait à rien de mentir Ron et tu le sais…

- Je… Je crois que je vais aller me coucher…

Il part lentement vers la sortie. Une bonne nuit de sommeil lui remettra les idées en place… du moins j'espère. Mais j'ai confiance, il n'est pas mon meilleur ami pour rien !

- Potter, je peux savoir comment tu l'as appris ? demande soudainement Zabini alors que Ron vient à peine de franchir la porte.

- Ben…

Je les regarde tous tour à tour. Puis-je vraiment leur faire confiance ? Leur confier ses visions qui m'assaillent ? Leur confier l'horreur de la situation ?

Quand mon regard se pose sur ma jumelle que je serre toujours dans mes bras, la réponse me saute aux yeux. Comment pourrais-je ne pas leur faire confiance alors qu'elle les considère comme ses meilleurs amis ?

- Ce que je vais vous révéler doit rester entre nous. Très peu de personnes sont au courant et j'espère bien que ça restera ainsi.

Je m'arrête le temps de les laisser approuver d'un hochement de tête.

- J'ai décidé de vous faire confiance parce que Meaghan le fait.

- Qui te dit qu'elle a bon goût en matière d'ami ? demande Malefoy.

- Je le sais, c'est tout.

- C'est bancal comme réflexion, Potter.

- C'est pourtant la stricte vérité. Je n'ai jamais pu vous détester aucun des trois. Même si vous êtes souvent odieux avec moi, même si je fais croire le contraire à tout le monde. Je ne dis pas que je serais capable de vous sauter au cou à chaque détour de couloir, mais j'ai un minimum d'estime pour vous et je suis certain que c'est parce que Meaghan vous considère comme des amis proches.

Ah ben là, on peut dire qu'ils sont étonnés les petits serpents. Ma jumelle qui a relevé la tête en entendant mon « discours » se met à rire devant leur air de poisson sorti de l'eau. C'est vrai que c'est assez hilarant.

- Bon, pour répondre à ta première question Malefoy, ça a été pour moi comme une évidence…

- Ca ne m'explique pas c…

- Attends, j'y arrive. Je suis relié à Voldemort (frisson de la part des trois Serpentards, ma sœur par contre ne réagit même pas) et quand il ressent des émotions vraiment fortes, je vois à travers ses yeux et je ressens ses émotions. Il parait que quand ça arrive, je me tords dans tous les sens et je crie. Mais même si je ne suis jamais vu, ça ne m'étonne pas. Je le vois tuer des gens, je ressens sa joie de voir les gens se tordre de douleur. Puis il est heureux, plus j'ai envie de vomir… C'est pire encore pour moi que de souffrir moi-même… Mais cette fois-ci, j'ai eu soudain le pouvoir de me détacher de tout ça. Je n'entendais plus les cris, je me réjouissais plus des horreurs que j'avais sous les yeux et je pouvais même ne plus voir. Quand j'ai regardé autour de moi, elle était là. J'ai senti qu'elle était comme une partie de moi, la partie qu'il me manquait pour être enfin entier. Et j'ai compris…

Ils m'écoutent tous dans un silence religieux. Mais c'est ma sœur que je regarde. C'est elle qui compte à cet instant précis. Quand je termine ma tirade, un long silence tombe sur la pièce. Je décide finalement de le briser, juste pour elle.

- Tu ressembles à maman.

Elle semble étonnée de ce que je lui dis, alors je précise un peu mes propos.

- J'ai beaucoup de photos de papa et maman qu'Hagrid, Sirius et Remus m'ont données. Tu es son portrait craché, mais tu as les cheveux de papa. Moi je ressemble à papa avec les yeux de maman.

Le sourire qu'elle me fait est si lumineux qui serait capable de faire fondre le pôle nord.

La conversation reprend, se fait plus légère. Nous parlons de tout et de rien. De ses matières préférées, des miennes, de nos passe-temps,… Les autres nous regardent en silence et je leur en suis reconnaissant.

Mais le temps nous rattrape et nous sommes toujours dans l'infirmerie qui n'est pas mon lieu de prédilection.

- Je crois qu'il vaudrait mieux retourner dans nos dortoirs respectifs, suggère Hermione. Demain nous avons une après-midi libre, on pourrait se retrouver dans la Salle sur Demande, non ?

- Pourquoi « nous » ? demande Parkinson.

- Parce que nous sommes les meilleurs amis respectifs d'Harry et Meaghan. Ca serait bien qu'on apprenne aussi à se connaitre puisqu'on va être amenés à se fréquenter, non ?

Hermione, tu es merveilleuse ! Bon, ce n'est peut-être pas totalement désintéressé de sa part… J'ai remarqué quelques regards appuyés en direction de Zabini… Regards de plus en plus fréquents…

- Je propose qu'on s'appelle tous par nos prénoms, non ? risque Meaghan.

- C'est une bonne idée ! dis-je.

Ma petite sœur (bon, d'accord, je ne sais pas qui de nous deux est né en premier… mais on s'en fout, non ?) a raison. Quoique je suis tellement heureux pour le moment que je l'aurais tout autant approuvée si elle avait proposé qu'on danse nu sous le Saule Cogneur… Enfin peut-être pas…

Je ne sais pas si l'idée réjouit tout le monde mais en tout cas, ils approuvent. Nous sortons alors de l'infirmerie et empruntons une série de couloirs tous plus sombres les uns que les autres. Normal à cette heure de la soirée, non ? Puis vient l'heure de se séparer. Je n'ai pas envie, je voudrais pouvoir rester auprès de Meaghan que je tiens par la main depuis que nous marchons. Au regard qu'elle me lance, je sais qu'elle pense la même chose.

Je la prends à nouveau dans mes bras. Je sais d'ors et déjà que je ne pourrai jamais me lasser de cette étreinte fraternelle… Puis je chuchote à son oreille.

- Le mot de passe des Gryffondors est Sincérité. Si jamais quelque chose ne va pas ou que tu as simplement envie de me voir, n'hésite pas.

- Farces et Malices, comme ça toi aussi tu pourras me rendre visite.

Je pose un baiser sur son front et lui sourit.

- Bonne nuit petite sœur !

- Bonne nuit grand frère !

Je la regarde s'éloigner dans le couloir, entourée de ses amis. Malefoy… Non, Drago (puisque je peux l'appeler ainsi, autant en profiter !), passe un bras autour de ses épaules et poser un baiser sur sa tête. Même si je ressens un pincement au cœur, je souris. S'il l'aime elle, je n'ai aucune raison d'être jaloux. Si elle n'était pas ma sœur, je pourrais tomber amoureux d'une fille comme elle…

Hermione me prend par le bras et me tire à sa suite.

- C'est bizarre que vous ne vous rendiez compte de ça que maintenant, me dit-elle après un long silence.

- Elle était si discrète que je craignais toujours de lui faire peur si je venais lui parler… Mais je l'ai toujours observée à distance.

- Tu es heureux ?

- Plus que je ne l'ai jamais été !

Je suis sincère, je n'ai jamais été aussi heureux, même si l'homme que j'aime aime ma sœur et non pas moi.

- Drago n'est pas amoureux d'elle.

- Pourquoi tu me dis ça ?

- Parce que je vois sur ton visage que c'est à ça que tu penses !

- Même pas vrai !

- Menteur !

- …

- …

- Bon, peut-être… Mais tu as bien vu sa façon de la regarder et de la prendre dans ses bras !

- Il agit comme toi avec elle, en grand frère.

Je hausse les épaules. Elle peut dire ce qu'elle veut, je suis convaincu que j'ai raison… Et ce ne serait même pas le cas, pour qu'il soit amoureux de moi, il faudrait déjà qu'il soit homo et qu'elles sont les chances que le prince des Serpentards le soit ? D'ailleurs, maintenant que j'y pense, il n'est plus avec Park-Pansy ? Elle qui est toujours accrochée à son bras en temps normal…

Je dis bonne nuit à Hermione puis je monte me coucher. Contrairement à ce que je pensais, je m'endors immédiatement, avec certitude de ne plus être seul qui a fait taire toutes mes peurs.

OoOoOoOoO

J'ai l'impression que la nuit a été courte, pourtant je n'ai jamais aussi bien dormi ! Je me suis réveillé tôt pour une fois. Ca doit être l'impatience de revoir Meaghan ! Ma jumelle ! Merlin, que ce mot sonne bien ! Je bondis littéralement hors de mon lit et je me précipite dans la salle de bain. Je me dépêche de prendre ma douche et de m'habiller. Quand j'en ressors, je remarque que Neville se réveille à peine et que les autres dorment toujours à poings fermés… Je crois que je suis vraiment très matinal… Rempli d'un peu trop de vitalité, je saute sur le lit de Ron en riant. J'avoue, c'est très puéril, mais je suis tellement heureux que je ne peux pas m'en empêcher.

- Debout Ronnie !

Bon, je le reconnais aussi, lui crier dans les oreilles n'est pas beaucoup plus intelligent, en plus de ne pas être très sympa… Je crois que j'ai réveillé tout le monde là… Oh et puis tant pis ! Il faudra bien qu'ils se lèvent aussi !

Oh tient, Ron bouge… Mouais… Il se retourne dans son lit et rabat les couvertures sur sa tête… Pas vraiment un signe de réveil imminent… Tant pis !

Je me lève de son lit où je me suis gentiment affalé pour tenter de le réveiller et je sors de la chambre.

- Salut Harry !

Hermione se tient devant moi avec un sourire jusqu'aux oreilles.

- Je t'aime 'Mione ! dis-je en lui sautant au cou.

- Qu'est-ce qui me vaut autant d'enthousiasme ? me répond-t-elle une fois que je la laisse respirer.

Bon, d'accord, ma réaction était peut-être un peu excessive, mais je suis tellement heureux et elle semble me comprendre (elle est du moins au courant, ce qui n'est pas rien vu que cette histoire est un secret). Alors je me suis un peu laissé aller à ma joie… certes… Heureusement, elle ne semble pas m'en vouloir et elle rit avec moi quand je lui raconte. N'est-elle pas géniale ma meilleure amie ?

Finalement, je l'entraine à ma suite dans vers la Grande Salle. Je suis vraiment très impatient de voir ma sœur !

Bon, j'avoue… je suis un peu déçu en entrant de voir qu'elle n'est pas encore là… Mais c'est vrai à sept heures trente, alors qu'on n'a pas cours avant huit heures trente, il n'y a pas grand monde… Je dirais même qu'il n'y a personne…

Je m'assieds donc tranquillement devant Hermione. Manque de bol, je n'ai pas fait attention et je suis dos à la porte… Mais bon, je ne vais pas faire tout le tour de la table et aller m'asseoir à côté de ma meilleure amie alors que nous sommes les seuls Gryffondors dans la salle… Résultat, je me retourne toutes les trente secondes pour vérifier qu'elle n'arrive pas. Je sais, c'est un peu pitoyable dit comme ça… Ca fait d'ailleurs rire Hermione (encore)… J'ai vraiment l'air si idiot que ça ? C'est vrai que regarder vers la porte avec la bouche grande ouverte et la cuillère de céréales à deux centimètres de la bouche (d'ailleurs j'ai failli une ou deux fois m'en mettre partout), ce n'est pas de la plus grande élégance…

- 'Mione…

- Oui, Harry ?

- Je suis en plein désespoir…

- Je vois ça.

- Tu ne pourrais pas compatir ?

- On est ici depuis même pas dix minutes…

- Mais j'ai envie de la voir !

Nouvel éclat de rire. Bon, d'accord, j'ai l'air d'un gamin. Mais est-ce ma faute si j'ai envie de voir ma sœur ?

- Tu as vraiment tant envie de me voir que ça ?

Elle a à peine le temps de commencer sa phrase que je me lève d'un bond (et ma cuillère atterrit violement dans mon bol avec un grand SPLOUTCH). Je m'extirpe tout aussi vite du banc sur lequel j'étais assis, je soulève son poids plume et je la fais tourner. Ses yeux brillent, elle aussi a l'air heureuse de me voir. Sa seule présence me donne envie de sourire niaisement.

- Tu vois, je t'avais bien dit que tu ne devais pas te tracasser ! dit une voix dans mon dos quand je repose Meaghan par terre.

Pansy (c'est étrange de l'appeler par son prénom…) se tient près de nous avec aux lèvres un sourire que je ne lui avais encore jamais vu. Pour une fois, elle a simplement l'air d'une jeune fille et elle est loin la garce qui en fait voir de toutes les couleurs aux Gryffondors. D'un seul coup, je comprends un peu mieux pourquoi tous les mecs de l'école lui courent après, et surtout pourquoi Meaghan l'apprécie tant.

Je lance à ma sœur un regard interrogateur. Elle regarde ses pieds et a l'air un peu gênée.

- Ben en fait… J'avais peur que tout ça ne soit qu'un rêve...

- Elle m'a réveillée il y a au moins une heure…

Drago vient de faire son apparition à côté de Pansy et il sourit à Meg qui est en train de lui lancer un regard noir.

- Et j'ai été le dernier éveillé, continue-t-il. Il a fallu qu'on réfrène ses ardeurs sinon elle serait dans la salle depuis bien plus longtemps. Mais elle était intenable.

- C'est pas ma faute si j'avais envie de voir Harry !

Tiens, elle aussi elle est douée pour la moue enfantine ! Elle est vraiment trop adorable comme ça ! Et voilà, je deviens complètement gaga de ma petite sœur ! Mais qui ne le serait pas ? Avec ses deux couettes, ses bras croisés et sa moue d'enfant, on ne peut qu'avoir envie de la prendre dans ses bras ! Ah… Ma sœur est un ange !

A suivre...