Hello tout le monde !

Et voici l'avant-dernier chapitre, le dernier étant l'épilogue. J'espère qu'il va vous plaire, personnellement, je crois que c'est mon préféré. Je suis désolée pour ceux qui aimeraient voir un peu plus Hermione, Blaise et Pansy, ils n'apparaissent plus tellement...
Et merci encore une fois à ma bêta que z'aime sans qui mes chapitres seraient bourrés de fautes d'inatention...

Bonne lecture !

Chapitre 5 : Meaghan

J'ai l'impression de flotter, comme si j'étais sur un nuage, comme si tout le décor autour de moi était rose et bleu. Je ne me suis jamais sentie aussi heureuse… sauf peut-être le jour où Harry a su la vérité. Et encore, tout était différent. J'ai aussi ressenti le bonheur de mon frère quand Drago et lui se sont enfin déclarés, mais c'était si faible en comparaison de ce que je ressens maintenant… L'homme que j'aime se tient devant moi, il m'aime et il vient de m'embrasser. Que demander de mieux ?

Je suis tirée de ma contemplation des yeux de Severus par un bruit sec sur la vitre de la chambre (même si nous sommes dans les cachots, nous avons la chance d'avoir des fenêtres qui sont presque au niveau du sol à l'extérieur, avec cependant un sort interdisant aux élèves de les emprunter pour sortir du château). Il me suffit juste d'un coup d'œil pour me rendre compte de la nature de la tache blanche qui voltige devant les carreaux.

- Qu'est-ce que c'est ? me demande Severus.

Il semble intrigué. Je dois avouer que ça m'amuse de voir les différentes émotions passer ainsi sur son visage, lui qui est si impassible d'habitude !

- C'est Hedwige, dis-je en me levant, la chouette d'Harry.

J'ouvre la fenêtre sous le regard étonné de mon nouveau petit ami ? Bon, je m'interrogerai sur la façon de le nommer plus tard…

La jolie chouette me tend sa patte et j'y vois un paquet avec un petit morceau de parchemin que je me dépêche de détacher. Je laisse Hedwige repartir pendant que je commence à lire.

Mon adorable petite sœur,

Je sens que tu es heureuse, tu n'imagines pas à quel point ça me réchauffe le cœur ! Même si c'est avec Rogue… Je rigole, tu sais que je ne le déteste pas, malgré ce que je fais croire. Bref, je suppose que tu n'as pas envie que tout le monde vous découvre ensemble dans ta chambre… En bonne âme que je suis, je t'envoie la cape. Alors un conseil, dépêchez-vous d'aller dans les appartements de Rogue avant que quelqu'un ne débarque !

Quant à vous professeur (je sais que vous allez lire au-dessus de son épaule), je vous le redis, si vous la faites encore pleurer, je vous le ferai payer !

Bonne fin de soirée à tous les deux !

Harry

PS de Drago : soyez sages !

Je ris doucement en remarquant que Severus s'était effectivement déplacé derrière moi pour lire la lettre de mon frère.

- Je ne savais pas que tu étais si curieux, dis-je dans un sourire.

- Mais… Euh… Non, c'est…

- Je trouve ça mignon !

- Je ne suis pas mignon ! rétorque-t-il violement.

- Si, tu es mignon, mais juste pour moi !

Visiblement, cette version semble lui plaire un peu plus parce qu'il se penche pour m'embrasser. Maintenant que j'ai goûté à ses baisers, je ne vais plus pouvoir m'en passer !

- Bon, Harry a raison, on devrait y aller.

J'ouvre le paquet tout en sachant exactement ce que je vais y trouver. La cape d'invisibilité de papa. Harry me l'a déjà montrée, je l'ai même déjà essayée, mais je ne m'en suis jamais vraiment servie. C'est assez excitant de me dire que je vais l'utiliser la première fois pour couvrir ma relation secrète avec mon professeur.

- Qu'est-ce que… Ce n'est pas… ?

Je détache mes yeux du tissu fluide que j'ai entre les mains pour les poser sur mon amoureux qui est étonné.

- Oui, c'est une cape d'invisibilité. C'est celle de papa. Harry en a hérité en première année. Elle est belle, non ?

- Ca explique surtout beaucoup de choses…

- C'est pas le sujet, dis-je en riant devant l'air blasé de Severus. Si on y allait ?

Je ne lui laisse pas beaucoup l'occasion de répondre parce que je jette la cape sur nous deux. Nous disparaissons alors au regard de tous (même si, j'avoue, il n'y a personne d'autre dans le dortoir). Je prends la main de Severus et je me dirige vers la porte. Après un bref coup d'œil, je vérifie que la voie est libre. Nous avançons sans encombre jusqu'à la Salle Commune. Mais alors que nous passons près des fauteuils devant la cheminée, la porte de la salle s'ouvre, laissant entrer deux élèves de quatrième qui vont se vautrer dans le divan le plus proche. Ils ne sont pas passés à côté de nous, mais reste le problème de l'ouverture de la porte : comment expliquer qu'elle s'ouvre toute seule ?

Réfléchis Meg ! Réfléchis ! Il doit bien y avoir une solution ! Oh mais… Drago, je t'aime !

Mon meilleur ami vient de franchir la porte et s'arrête en plein milieu du chemin pour rattacher un lacet. Je tire Severus derrière moi et me lance par le passage. J'ai le temps de remarquer que le Prince des Serpentards sourit et que ses chaussures n'ont pas de lacets. Si ça ce n'est pas une diversion !

Quand nous arrivons dans le couloir, il n'y a personne, sauf Harry qui est appuyé contre le mur avec un parchemin en main… La Carte des Maraudeurs ! Il relève la tête. Son regard est dirigé dans notre direction, même s'il ne sait pas avec exactitude où nous sommes.

- Il était temps que vous sortiez, il y a pas mal de gens qui commencent à quitter la soirée ! Alors un conseil, dépêchez-vous ! Quant à moi, je crois que je vais aller prévenir Pansy de ton escapade. Eh, petite sœur ?

Il a toujours un œil sur la carte, donc il n'y a personne à l'horizon, je me permets donc de répondre.

- Oui ?

- Je t'aime, tu sais !

- Je t'aime aussi grand frère !

Puis je me laisse guider par mon professeur préféré vers ses appartements. Quand le portrait se referme derrière nous, j'enlève la cape d'un geste et je la laisse tomber par terre, trop impatiente d'embrasser à nouveau l'homme de mes rêves… qui est aussi pressé que moi. Après de longues minutes, il m'emmène vers le fauteuil dans lequel il était assis quand je suis venue un peu plus tôt. Je rougis à ce souvenir.

- Je suis désolée pour tout à l'heure… Je n'aurais pas du entrer comme ça dans tes appartements…

Il prend mon visage dans ses mains et il me fait un sourire que je juge le plus beau du monde.

- Est-ce que j'ai l'air de t'en vouloir ?

- Pas vraiment, non…

- Alors à partir de maintenant, on profite de la soirée !

OoOoOoOoO

- J'ai pas confiance…

- Franchement Severus ! Je sais transplaner !

- Tu es sûre que…

- Non ! Je ne veux pas que tu viennes avec ! J'y vais seule avec Harry ! Et si tu t'ennuies tant que ça, tu n'as qu'à aller retrouver ton neveu.

- Mais…

C'est assez amusant de voir comme Severus peut avoir l'air d'un enfant. Je ne sais pas si c'est moi qui ai déteint sur lui ou si c'est sa nature profonde qui ressort, mais c'est craquant ! Il me fait ses yeux de cocker pour essayer de me faire plier, mais je suis plus forte que lui à ce jeu-là !

- Mais… Il va être avec Pansy, Blaise et Granger et Weasley et…

- Pff… Tu appelles bien Pansy et Blaise par leur prénom, pourquoi pas Hermione et Ron aussi ?

Il grommelle quelque chose que je ne comprends pas.

- En français ça serait probablement plus clair…

- Ce sont des Gryffondors…

- Et mon frère aussi ! Et puis ce sont mes amis, alors tu devras faire avec ! J'ai failli y aller aussi d'ailleurs.

- Quoi ?

- Ben oui, le Choixpeau m'a fait une réflexion comme quoi j'irais bien à Gryffondor parce que j'étais très courageuse, ce que j'ai nié haut et fort alors il m'a envoyée à Serpentard. C'est assez ironique, cette vieille loque voulait envoyer Harry à Serpentard mais il a refusé… Bon, sur ce, moi j'y vais, Harry doit m'attendre depuis dix minutes. Si ça continue, il va partir sans moi.

Et je quitte rapidement les appartements de mon amoureux (qui doit être sous le choc, ce qui arrive relativement souvent d'ailleurs, notamment la fois où je lui ai dit qu'Harry ressentait mes émotions et moi les siennes) avec qui je viens de passer la matinée. Aujourd'hui a lieu la sortie à Pré-au-Lard et Harry et moi allons en profiter pour aller voir quelqu'un…

Quand j'arrive dans le hall, il y a pas mal d'élèves. La plupart d'entre eux font la file devant Rusard qui vérifie les accords de sortie, les autres attendent un ou plusieurs camarades. Je repère tout de suite Harry et je lui saute dessus, comme j'en ai pris l'habitude.

- Tu es en retard !

Il essaie de prendre un ton menaçant, mais il ne peut s'empêcher de sourire.

- Je sais… J'ai eu quelques soucis pour partir.

- C'est pas grave, je te pardonne pour cette fois !

- Votre Seigneurie est trop bonne !

Il me prend par la taille en riant et m'entraine dans la file. Quelques minutes plus tard, après que Rusard ait regardé notre autorisation de sortie d'un air suspicieux, nous sortons au grand air. Nous cherchons rapidement une petite rue discrète pour transplaner. Il vaut mieux que personne ne sache que nous le faisons, même si nous sommes allés demander l'autorisation à Dumbledore il y a deux jours par mesure de précaution. J'ai d'ailleurs été médusée que le vieux fou accepte aussi facilement, mais Harry m'a dit que ce n'était pas étonnant… C'est vrai qu'il le voit beaucoup plus souvent que moi… N'empêche, pour moi, il reste un vieux fou drogué aux bonbons au citron. Vous avez jamais remarqué le nombre de ces trucs qu'il mange sur une journée ? C'est effrayant !

Nous nous arrêtons enfin et Harry me serre dans ses bras.

- Prête ?

- Prête.

Nous fermons les yeux et nous fait transplaner. Je déteste cette sensation… Et même si j'ai passé mon permis cet été, je préfère quand même le faire avec quelqu'un, j'ai toujours peur de me retrouver démembrée à la fin du trajet… Mais chut ! Il ne faut pas le dire à Severus, sinon il ne me laissera plus jamais partir sans lui.

Quand je rouvre les yeux, nous nous trouvons dans rue très peu animée de Londres. Je n'y ai jamais mis les pieds, et pourtant j'ai toujours habité dans cette ville… du moins avec mes parents adoptifs.

- 12 Square Grimmaurd, chuchote Harry à mon oreille.

Je lui lance un regard intrigué. Pourquoi me donne-t-il cette adresse ? Mais pour toute réponse, il me montre les maisons en face de nous du menton. J'ai alors la surprise de voir apparaitre une maison supplémentaire au milieu de la rue.

- Mais que… ?

- C'est la maison de mon parrain, elle est gardée par un sort de fidelitas et je suis le gardien du secret. Avant, c'était Dumbledore, mais à la mort de Sirius, j'en suis devenu le propriétaire et j'ai du refaire le sort. Et c'est aussi le quartier général de l'Ordre du Phénix.

Je hoche la tête. Je sais qu'Harry a souffert de la mort de son parrain et je regrette sincèrement de ne pas l'avoir connu. A l'époque, je croyais comme tout le monde qu'il était un criminel…

- Viens, entrons.

Je le suis tandis qu'il grimpe les marches et passe la porte d'entrée. L'intérieur est sombre et il faut quelques secondes avant que mes yeux ne s'habituent à l'obscurité. Je vois alors un grand rideau face à moi.

- C'est quoi ça ?

- Chut ! m'intime Harry. Viens ! murmure-t-il.

Je hausse les épaules et descends des escaliers à sa suite. J'entre alors dans une grande cuisine beaucoup plus chaleureuse que le hall d'entrée.

- C'était le portrait de la mère de Sirius. Quand elle entend du bruit, les rideaux s'ouvrent et elle se met à hurler à tout va. Une véritable horreur ! Et le pire, c'est que personne n'a jamais réussi à la faire taire ! En plus, elle a mis un sort de glue perpétuelle pour empêcher qu'on la décroche.

- Moi j'en suis capable ! dis-je, sûre de moi.

- Même Hermione n'y est pas arrivée… dit-il, blasé.

- Mais 'Mione n'est pas une Serpentard ! D'ailleurs, je parie que Severus n'a jamais essayé.

- Ca j'en sais rien mais… qu'est-ce que tu fais ? demande-t-il d'un air inquiet.

- Je vais aller m'occuper de l'autre en haut !

Il essaie de me rattraper, mais j'ai déjà une longueur d'avance et je cours en riant comme une enfant dans l'escalier. Evidement, le tapage que je fais réveille le portrait qui se met à crier à la mort. Je me plante devant elle pendant qu'Harry désespère derrière moi.

- Ta gueule espèce de vieille pie dégénérée ! dis-je dans un hurlement suffisamment sonore pour recouvrir le sien.

- Espèce de fille de sang-de-bourbe imp…

- Ta gueule j'ai dit !

Ma voix claque et stupéfie le portrait.

- Ecoute-moi bien vieille bique, c'est pas parce que les autres sont des incompétents que c'est aussi mon cas ! Ce n'est pas ton petit maléfice de glue perpétuelle qui va m'arrê…

- Elle est aussi ignifugée, dit Harry dans mon dos.

- Bref, ce ne sont pas les petits sorts qu'il y a sur ton tableau pourri qui vont m'arrêter ! J'en connais un auquel tu n'as probablement pas pensé et qui te ferait révéler tous tes petits secrets…

- Tu n'oserais pas, espèce de raclu…

- Oh si ! Et plutôt deux fois qu'une ! Alors on va passer un marché : tu te tais et je te promets de ne pas utiliser ce sortilège sur toi et de ne le donner à personne.

- Espèce de petite peste démoniaaaaque !

Alors elle veut jouer à qui sera la plus forte ? Bien, c'est moi qui vais gagner ! Je lui lance un sourire sadique en sortant ma baguette de ma poche.

- Aischrov mnemeiov ! (1)

La vieille folle hoquète. Je ris devant sa réaction tandis qu'Harry semble assez… stupéfait. J'entends soudain des bruits de pas et une voix tonne, demandant ce qu'il se passe. Mais je dois avouer que je préfère écouter ce que l'autre machin a à dire.

- … Kreattur était bien plus intéressant que mon mari. En plus cette petite chose me vénérait ! Elle le fait toujours d'ailleurs. Quant à mon crétin de…

Ca existe les Elfophiles ? Parce qu'elle m'a tout l'air d'en être une… Un frisson de dégoût me parcours la colonne vertébrale. Beurk… Je la regarde encore un peu se débattre avec elle-même sans parvenir à ne pas dévoiler ses petits secrets, qui sont heureusement moins dégoûtants. Pendant ce temps, Harry s'est éloigné dans le hall avec la personne qui est arrivée. Ils sont silencieux, peut-être choqués par les propos de la vieille bique, qui sait ?

- Finite Incantatem.

Le portrait se dépêche alors de fermer la bouche, heureuse de ne plus laisser filtrer aucune information.

- Alors, tu acceptes mon marché ? dis-je, sournoise.

- Espèce de…

- Attention... dis-je en jouant négligemment avec ma baguette.

Elle ouvre la bouche… Puis la referme… Elle semble peser le pour et le contre. Je suis heureuse de voir que mon petit chantage fait effet. Qu'ils viennent tous dire que je suis un ange après ça !

- A condition que tu dégages de ma vue, petite mor… petite fille !

- Laisse le rideau fermé et tu ne verras plus personne !

- … D'accord…

Je referme le rideau d'un coup de baguette et je me retourne vers mon frère avec un sourire victorieux.

- J'avais raison ! Je t'avais dit que j'y arriverai !

- Oui, je sais, tu as toujours raison…

- C'est la détermination de James ou je ne m'y connais pas ! dit la personne à côté de mon frère.

- Merci parrain ! C'est la première fois qu'on me compare à papa.

Je dédie le plus beau de mes sourires à Remus Lupin. Je le reconnais facilement pour l'avoir eu comme professeur en troisième année. Déjà à l'époque, je l'appréciais beaucoup. Il était toujours gentil avec moi. Je me souviens qu'il m'a un jour demandé de rester à la fin d'un cours. Il m'avait demandé si tout allait bien, si je m'en sortais dans mes cours. Je n'avais pas vraiment compris pourquoi il voulait savoir cela, surtout que je n'avais pas de problèmes. Mais quand j'ai appris qui il était pour moi, tout s'est éclairé. Il s'inquiétait simplement pour la filleule qu'il n'avait pas vue depuis si longtemps.

- Alors comme ça tu sais tout… me dit-il avec ce sourire bienveillant qu'il m'a si souvent dédié.

- Attendez avant de vous lancer dans une grande conversation, nous ferions peut-être mieux d'aller nous installer dans la cuisine, non ?

Harry qui se lance dans le pragmatisme, c'est nouveau ! A moins que… Cuisine = nourriture… C'est peut-être Ron et son estomac qui ne déteignent sur lui…

Attablés à la grande table, nous discutons d'abord de tout et de rien. Je découvre mon ancien professeur sous un autre jour. Il m'était déjà sympathique, mais là je découvre un homme plein d'affection et d'humour. Je sais qu'Harry le considère comme un second parrain depuis qu'il a perdu Sirius, et Remus prend son rôle très à cœur.

J'apprends aussi qu'il est marié. Harry me fait une description assez cocasse de Tonks, comme elle veut visiblement qu'on l'appelle. C'est vrai que si je m'appelais Nymphadora, je n'apprécierais peut-être pas beaucoup non plus… Mon parrain nous apprend par la même occasion à tous les deux qu'il va bientôt être papa. Mon frère saute de joie et serre Remus dans ses bras. Pourtant je vois bien que le futur père n'est pas aussi joyeux.

- Qu'est-ce qui te tracasse ? dis-je doucement.

Harry le lâche et le regarde lui aussi attentivement. Remus baisse la tête.

- J'ai peur qu'il ne soit comme… comme moi…

Je m'approche de lui et relève sa tête d'une main. Je plonge mon regard dans le sien.

- Ce serait même le cas, est-ce que ça t'empêcherait de l'aimer ?

- Bien sûr que non !

- Si tu l'aimes de tout ton cœur et que tu fais tout pour lui, alors il n'y a aucune raison pour que ça se passe mal.

- Mais les gens comme moi ne sont pas acceptés par la société et…

- Et les choses auront changé d'ici là ! Ce n'est pas parce que tu as un petit problème de fourrure que tu n'es pas comme tout le monde, ce sera pareil pour ton enfant. Après tout, on ne rejette pas les gens parce qu'ils ont des problèmes de vue ou un accent plus prononcé. Alors je me battrai pour vous, et je suis sûre que je pourrai demander l'aide d'Hermione aussi. C'est une promesse !

Les yeux de mon parrain brillent de plus en plus, je vois bien qu'il se retient de pleurer.

- Ce que tu me dis me va droit au cœur Meaghan… Tu sais… James m'a tenu à peu près le même discours quand il a appris ce que j'étais. Et juste après ça, il a décidé de devenir animagus…

Il nous regarde ensuite alternativement, Harry et moi, avec un doux sourire aux lèvres.

- Vous êtes tous les deux les dignes enfants de vos parents.

Je crois que c'est le plus beau compliment qu'on m'ait jamais fait… Je sens des larmes de joie me monter aux yeux.

Durant mon enfance, j'ai toujours eu l'impression de ne pas aimer mes parents adoptifs autant que j'aurais dû. Je ne leur ressemblais pas vraiment non plus, contrairement aux autres enfants que je côtoyais qui étaient les portraits crachés de leur père ou de leur mère. Maintenant que je sais tout, c'est plus clair. Mon cœur était déjà pris par mes vrais parents à qui je ressemblais. Je n'en aime pas moins ma famille adoptive. Je leur serai toujours reconnaissante pour tout ce qu'ils ont fait pour moi et ils feront toujours partie de ma famille. Mais grâce aux paroles de Remus, je sais que j'ai enfin trouvé ma place.

- Est-ce que ça vous plairait d'être le parrain et la marraine ?

OoOoOoOoO

- Moi je vous dis que ça va avoir un super effet ! dis-je.

- Mais on saura tout de suite que c'est nous. Il faudrait être plus discret ! répond Hermione.

Aujourd'hui, c'est la grande réunion au sommet dans la chambre de Drago et Blaise. Depuis peu, les Serpentards se sont fait une raison et ils laissent entrer les Gryffondors (et aussi Luna). Qui irait contre les ordres de leur Prince bien aimé ? Surtout quand il les menace de les mettre à poil au milieu de la Grande Salle…

Bref, nous sommes tous installés sur ou autour des différents lits, Hermione dans les bras de Blaise, Harry appuyé contre les jambes de Drago, Luna la tête sur les jambes de Ron et Pansy et moi à plat ventre sur un lit. Pour s'occuper un peu, nous avons décidé de reprendre la vieille tradition des maraudeurs, c'est-à-dire, faire des farces ! Enfin… Tout le monde n'est pas vraiment d'accord, dont notre voix de la raison nationale, j'ai nommé Hermione. Elle n'a pas trop l'air d'accord avec ma fabuleuse idée de teindre les cheveux de tous les élèves en fonction de leur maison…

- Ben vu qu'on va mettre la potion dans le jus de citrouille et on n'a qu'à en boire aussi. Comme ça on fera aussi partie des victimes et donc on ne sera pas soupçonné ! dis-je victorieuse.

- Et si…

Mais la phrase de la préfète des Gryffondors est interrompue par l'entrée fracassante de mon amoureux qui semble assez essoufflé… ce qui ne lui ressemble pas tout…

- Severus ? Mais que…

- Vous-Savez-Qui ! Il attaque ! Il est à l'extérieur de Poudlard mais il ne tardera pas à traverser les barrières de protection… Tous les élèves de sixième et de septième année sont autorisés à venir se battre. Les autres doivent rester cloitrés dans les dortoirs.

Mon frère se lève et fait un signe de tête à notre professeur de potion. Celui-ci s'approche de moi et vient me donner un tendre baiser avant de repartir. Il doit prévenir le reste des élèves.

- Je dois y aller, dit Harry. C'est mon destin. Mais vous n'êtes pas obligés de m'accompagner.

- Comme si on allait te laisser aller affronter le plus grand sorcier noir de tous les temps sans nous ! réplique Ron.

Tout le monde approuve. Et nous décidons de nous rendre le plus vite possible dehors pour apporter notre aide. Mais alors que tout le monde sort, Harry me retient.

- Je peux te parler deux minutes avant d'y aller ?

J'acquiesce et je m'approche de lui. Mon frère me prend tendrement dans ses bras avant de me regarder.

- Petrificus totalus !

Quoi ? Non mais qu'est-ce qu'il fait ? Merde ! Je ne peux plus bouger… Enfin, c'est normal… c'est le but du sort, mais pourquoi ? Il doit voir la question dans mes yeux car il me répond avec un sourire triste.

- Je suis désolé Meg… Je ne veux pas que tu y ailles. Tu es ma sœur, ma seule famille,… Je ne veux pas te perdre… J'en ai discuté avec Drago en sachant que ce jour arriverait. J'ai réussi à lui soutirer la promesse de faire attention à lui, de ne jamais rester à découvert, de ne rien faire d'inconsidéré et de ne surtout pas venir à mon secours. Mais je sais que toi tu ne pourrais pas la tenir. Alors je préfère t'enfermer ici… Je te laisse la Carte, comme ça tu pourras suivre de loin ce qu'il se passe… Je sais que tu sauras la voir puisque tu ne vas pas tarder à venir à bout de mon sortilège.

Il vient poser un baiser sur mon front et part vers la porte.

- Je t'aime petite sœur.

Triple idiot ! Crétin ! Abruti ! Non mais ça va pas la tête ? Comme si j'allais le laisser faire ! Il ne perd rien pour attendre ! Je suis tout simplement FU-RI-EU-SE. Je souris légèrement en pensant que les colères de maman étaient redoutées. Je crois que je ne suis pas la digne fille de ma mère pour rien !

Il faut absolument que je sorte de là ! Il est hors de question que je laisse se battre toutes les personnes que j'aime pendant que moi je suis à l'abri. Et comment vais-je faire pour aider Harry si je ne peux pas être sur place ? J'aurais peut-être dû lui parler de mon idée avant tout compte fait…

Bon, Meaghan, concentre-toi ! Le sort petrificus totalus est heureusement un sort basique, et ça fait longtemps que je suis à même de m'en défaire. Certes, ça ne se fait pas en un claquement de doigts, mais avec un peu de patience, c'est largement possible.

Au bout de cinq minutes, je réussis à en être quitte. Tant mieux ! J'en profite pour jeter un coup d'œil à la carte des maraudeurs. Ils sont déjà tous dehors et je vois un grand nombre de noms inconnus approcher depuis la grille d'entrée. Les combats ne vont pas tarder à commencer…

Bon, maintenant que je suis libre de mes mouvements, il faut que je sorte… C'est impossible par la fenêtre à cause du sort anti-escapades-nocturnes. Dommage, ça aurait été bien pratique… Il ne me reste donc que la porte. Je tente un ou deux contre-sort, mais Harry semble avoir trouvé quelque chose d'assez efficace pour m'empêcher de sortir… Réfléchissons… Il ne peut avoir trouvé ça qu'à la bibliothèque. Et si c'est bien là qu'il l'a trouvé, je dois forcément l'avoir lu aussi puisqu'en troisième je cherchais un moyen de fermer la porte du dortoir de la manière la plus hermétique possible pour que nos réunions restent secrète (pas besoin que des gros lourdauds viennent nous interrompre ou viennent surprendre nos secrets). A la fin de mes recherches, j'en avais retenu un pour sa simplicité et son efficacité, mais j'avais quand même consigné quelques autres dans un cahier au cas où… peut-être que… Mais oui ! Je dois toujours avoir ce carnet quelque part dans ma valise !

J'ouvre alors la fenêtre et lance un sort d'attraction et je ne tarde pas à voir voler le petit livre dans les airs. Je le rattrape au vol et fais une recherche rapide. Je sors à nouveau ma baguette, et à la cinquième tentative, la porte s'ouvre enfin.

- Je suis géniale ! dis-je en levant le poing en l'air en signe de victoire.

Maintenant, direction le parc ! Soudain, j'ai un éclair de génie : et si je prenais la cape d'invisibilité avec ? Ca ne coûte rien de la prendre et en plus je serai plus efficace puisque personne ne me verra. Je jette un nouveau sort d'attraction. J'attends un peu plus longtemps avant de la voir arriver, mais c'est tout à fait normal puisqu'elle vient du dortoir des Gryffondors.

Quelques minutes plus tard, invisible aux yeux de tous, je sors enfin du château pour découvrir la bataille qui fait rage. Je sauve Hermione d'un doloris grâce à un bouclier, j'aperçois Drago qui fait face à un mangemort masqué, Luna ligote un peu plus loin une personne dont le visage m'est inconnu. Mais les autres sont hors de vue. J'aide encore une ou deux personnes mais je commence à m'inquiéter… Où sont Harry et Severus ?

Soudain, je sens le désespoir m'envahir… Une douleur lancinante me parcoure le corps… J'en ai les larmes aux yeux et mon cœur se serre… mais ce n'est pas mon désespoir, ce n'est pas ma douleur. Harry… Il faut absolument que je le retrouve, il a besoin de moi ! Mais comment faire pour le retrouver ? Il y a tellement de monde ici… tellement de combats… Soudain, j'ai un éclair de génie… Ou plutôt je me rappelle que j'ai mis la carte dans ma poche après l'avoir regardée la dernière fois. Un coup d'œil me suffit pour repérer le point Harry James Potter qui est juste à côté de celui Tom Elvis Jedusor.

Je cours à travers le parc, évitant au mieux les sorts qui fusent de partout, et je fonce vers le lac. Quand j'arrive enfin, la vision qui m'apparait me brise le cœur. Harry est là, étendu par terre, juste devant l'espèce de monstre difforme qui ne peut être que Voldemort. Celui-ci ricane, ce qui le rend encore plus laid (pourtant, c'était difficile d'imaginer que ça puisse être possible). Je me précipite alors sur mon frère et enlève la cape d'un mouvement rapide.

- Harry ! Harry ! Je t'en prie, Harry réponds-moi !

Je le secoue et il finit par rouvrir les yeux en grimaçant de douleur.

- Meg…

- Tu n'es qu'un idiot !

- Comme c'est mignon, susurre une voix derrière moi. Ta petite amie qui vient te regarder mourir.

Je me retourne. Evidemment, c'est l'autre face de serpent avec son sourire machiavélique. Comme j'aimerais pouvoir lui faire ravaler cet air supérieur !

- J'aimerais bien savoir le nom de celle qui est suffisamment idiote que pour s'enticher de quelqu'un de si faible.

- Je m'appelle Meaghan Potter, abruti !

Il me lance un regard noir qui me fait frissonner des pieds à la tête. Bon, j'avoue, il est effrayant…

- Je ne savais pas qu'on pouvait se marier si jeune… Mais après tout ça n'a aucune importance puisqu'elle va mourir pour son insolence ! siffle-t-il à Harry.

- Je suis sa sœur jumelle, sombre crétin !

J'ai alors la joie de voir les yeux du crétin en question s'écarquiller de surprise. Je remarque alors que mon frère me regarde de la même manière.

- Quoi ? dis-je en me tournant vers lui.

- Tu parles Fourchelang ?

- Oui, mais on s'en fout !

Ce n'est vraiment pas le moment de discuter, l'autre mégalomane reprend ses esprits et il nous menace maintenant tous les deux de sa baguette.

- J'aurais du me méfier et me renseigner un peu mieux. Je ne savais pas que les Potter avaient des jumeaux. Mais ça ne changera rien. Vous allez tous les deux mourir !

Il nous offre alors son rire démoniaque qui fait plus penser à une vieille scie rouillée et lance un Avada Kedavra dans notre direction.

Harry s'apprête à sauter pour l'éviter mais je le prends rapidement par la main et murmure à mon tour un sortilège. Un grand bouclier bleu apparait autour de nous et repousse le sortilège facilement. Mon frère se tourne vers moi et me regarde l'air de dire « Mais qu'est-ce qui se passe ? Et c'était quoi ça ? » auquel je réponds par un simple sourire.

Voldemort s'acharne sur notre bouclier, lançant sort sur sort, mais notre protection ne faiblit pas.

- Mais c'est impossible ! s'écrie-t-il soudain.

- Rien n'est impossible.

Ma voix est calme et je souris. Je sais d'ors et déjà de quel côté va être la victoire.

- Un Protego ne peut pas être aussi puissant ! Je devrais pouvoir vous écraser comme des mouches !

- Tu n'y arriveras pas, simplement parce que tu as la plus grosse erreur de ta vie en désignant Harry comme ton égal.

- Ce mioche n'est pas mon égal ! ricane-t-il. Personne ne m'arrive à la cheville.

- En parlant de tes chevilles, elles enflent ! Tu es au courant de la prophétie comme nous. Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche... Il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois... Et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal, mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore... Et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun ne peut vivre tant que l'autre survit...

- Tu le dis toi-même, gamine. L'un de nous deux doit mourir, mais rien dans ta prophétie ne dit que ce sera moi !

- Tu te trompes ! Deux personnes pouvaient être l'Elu, mais tu as choisi Harry et par là, tu as toi-même choisi ta perte.

Il ricane et continue à lancer des sorts, pourtant je remarque qu'il a l'air moins sûr de lui… Il doit avoir senti la puissance que nous dégageons Harry et moi. Moi-même je la sens dans tout mon corps, je la sens passer entre mon jumeau et moi, nous envahir et grandir de plus en plus.

Harry ne voit pas trop où je veux en venir… Je me contente de lui adresser un sourire. Il ne tardera pas à comprendre.

- Je ne me ferai pas battre par un morveux dans son genre ! clame Voldemort.

- Laisse-moi éclairer ta lanterne. Nous sommes jumeaux, liés à tout jamais, presqu'une seule entité dans deux corps. Tu as choisi comme ton égal une moitié de ce tout. A nous deux, nous sommes deux fois plus forts que toi.

Je lève rapidement ma baguette et lance un sort qui érige un mur autour de nous trois. Il sera ainsi incapable de s'échapper. Puis je tourne vers Harry.

- C'est à toi de le faire, lui dis-je doucement.

Voldemort essaie de s'échapper et évite les trois premiers sorts, mais il se fait toucher par le quatrième, un Petrificus totalus. Quelle ironie… Il ne lui faudrait probablement que deux ou trois minutes pour s'en défaire, mais il n'en aura jamais l'occasion.

- Il est temps que toute cette horreur se termine… murmure Harry. Avada Kedavra.

Les yeux apeurés du Seigneur des Ténèbres s'éteignent. C'est fini…

Autour de nous, certains combats continuent. Peu sont ceux qui ont remarqué que le plus grand mage noir de tous les temps a été vaincu par un adolescent. N'est-ce pas un peu ironique ? Lui qui a tant fait parler de lui depuis si longtemps est mort d'une manière si banale, si silencieuse, comme n'importe qui.

Je regarde le cadavre sur le sol, comme pour m'assurer qu'il ne bouge vraiment plus, qu'il est bien mort. Je sais qu'il nous faudra, à Harry et moi, pas mal de temps avant de pouvoir nous enlever cette image atroce de la tête. Nous avons commis un meurtre, même s'il prétendra haut et fort que je n'y suis pour rien vu que c'était lui qui tenait la baguette, et ce n'est pas quelque chose qu'on peut oublier… Pourtant, malgré tout, j'en ressens du soulagement.

Tandis que je pose ma tête sur l'épaule de mon frère, je vois quelques flocons de neige tomber doucement du ciel…

- Et la neige effacera l'impureté… dis-je dans un murmure.

- Qu'est-ce que tu dis ? me demande Harry.

- Rien, ne te tracasse pas…

- Menteuse.

- Pff…

- Et je ne sais pas non plus comment tu as su tout ça.

- L'Egal n'est que moitié. Le tout sera bientôt rassemblé et là les Ténèbres seront surpassées. Et la neige effacera l'impureté…

- Qu'est-ce que c'est ?

Je prends quelques secondes avant de répondre, me remémorant les évènements avec un sourire.

- C'est une prophétie que Trelawney m'a faite pendant mon examen en cinquième année. Je crois d'ailleurs que c'est pour ça que j'ai continué à suivre ses cours alors que je trouve ça ennuyant au possible. Bref… Je n'avais pas compris à l'époque et je n'en ai parlé à personne, mais j'ai toujours gardé ses paroles en mémoire. J'ai tout compris il y a trois jours. Mais j'attendais de voir Dumbledore pour t'en parler… J'avais rendez-vous avec lui demain, je t'aurais tout dit juste après.

Il reste à son tour silencieux pendant un instant, assimilant mes paroles.

- Je comprends le début, mais c'est quoi cette histoire de neige ?

- Tu vois cette neige qui tombe ? C'est un symbole de pureté et lui, il est ce qui est impur par excellence.

Harry me prend dans ses bras et enfouit sa tête dans mes cheveux.

- Tu as un courage de Gryffondor, me dit Harry en me serrant contre lui.

- C'est parce que tu es là. Et c'est toi qui l'as achevé.

- Je n'y serais jamais arrivé si tu n'étais pas intervenue.

- Bon, ben alors nous y sommes arrivés parce que nous sommes les meilleurs !

- Oui, parce que c'est nous…

A suivre...

OoOoOoOoO

(1) Aischrov mnemeiov : souvenir honteux, en grec ancien

Et le dernier chapitre (l'épilogue) arrivera incessament sous peu !