Titre : Adel Ô Adel

Auteur : Akas ( ou plutôt Ak)

Avertissement : Il y aura du Slash dont, certainement, du lémon. Attendez vous aussi à devoir supporter mon humour débile. J'avertis donc les homophobes (qui, soit disant, existent encore oO) que cette fanfiction ne leur conviendra pas. Oh, et ceux qui s'attendent à un peu de sérieux, désolée, il y en aura mais pas énormement. Disons que ça dépends de votre façon de lire.

Couple : Ah ah vous aimeriez le savoir, hein ?

Disclaimer : Les personnages appartiennent à JK Rowling, évidemment, moi je joue seulement avec l'histoire, comme bon nombre d'auteurs en herbe. J'ai pris la liberté d'insérer des chansons à quelques endroits de la fanfics, des chansons qui ne m'appartiennent pas non plus. Même si, parfois, j'aimerais bien... Je ne retire rien de cette histoire, mis à part une certaine satisfaction lorsque je vois que des lecteurs prennent plaisir à me lire. Bien, j'en retire aussi beaucoup d'amusement, j'avoue...

NDA : Laissons un peu le côté foufou hm ? Harry Potter reste Harry Potter, après tout. De quoi revenir sur terre, un peu. Oh, et merci à Dalou qui m'a aidé en corrigeant mes fautes. Ca détends un peu de savoir que le texte est lisible...


¤ AdelÔAdel ¤

Chapitre 12

Harry se laissa tomber sur le lit et ferma douloureusement les yeux. Le plaisir à deux était une chose plaisante mais éreintante. C'était un fait. Il ne regrettait pas pour autant. La fatigue était une bien petite punition. Un sourire presque cruel naquit au coin de ses lèvres quand Harry songea que de ça, son père ne saurait rien. Faire les choses dans le dos du Severus Snapus était encore plus jouissif que n'importe quelle relation approfondie.

Harry était content de lui, tout en étant honteux. Son honneur et ses envies luttaient constamment, mais aujourd'hui bien plus encore. Il avait aimé tout ça, pourquoi s'en voudrait-il ? Il n'était, après tout, pas le seul à faire ces choses-là. Si Ginny avait découvert ce lieu lorsque sa mère y était venue récupérer ses frères, alors c'est que les garçons Weasley avaient eux aussi fait ces choses-là. Non ?

#Oui mais moi, je ne suis pas un Weasley# Se rappela-t-il tristement. #Mais bien Harry Potter. Ou Adel Snape.#

Et ni l'un, ni l'autre, n'aurait dû faire ça. Harry Potter, parce qu'il était un héro, le symbole de la lumière et qu'un tel comportement allait à l'encontre de son image. Adel Snape parce qu'il était, justement, un Snape.

Harry sentit une larme se perdre sous son menton, remarquant avec horreur qu'il pleurait. Pourtant, le jeune homme ne savait pas bien pourquoi il pleurait. Pour ce qu'il avait fait ou simplement parce qu'il ne savait même plus qui il était ?

#Je suis Harry Potter.# Cria-t-il intérieurement.

Harry Potter, le Gryffondor. Le saint porteur de lumière, prophète de ce siècle et vainqueur du plus grand mage noir de tous les temps. Harry Potter,fils de Lily Evans et James Potter, Gryffondors aussi et...

Tout ça sonnait faux. Harry Potter était un rôle, un simple rôle.

Etait-il Adel Snape ? Un jeune homme sans grande morale, profitant de tout, découvrant un peu l'adolescence. Le fils de Severus Snape, l'odieux Maître des Potions. L'enfant perdu qui se découvre, qui se cherche. L'individu loin de tout. Loin de la guerre. Loin de la violence familiale. Loin des espérances.

Il était Adel Snape, sans l'être.

Alors il était Ady, simplement Ady. Le mélange de ces deux personnages. Un peu naïf, un peu haineux, en totale contradiction. Sans réelle famille, sans but. Sans enfance. Il était Ady, parce que quoi qu'il fasse, il ne pourrait jamais être Adel. Harry Potter était une partie intégrante de sa vie à laquelle il avait l'impression de ne jamais pouvoir échapper. L'un sans l'autre n'existerait pas. La haine d'Adel venait de l'enfance d'Harry. Adel aurait pu avoir Severus comme père si celui-ci n'avait pas détesté avec autant de force Harry Potter. Sans Harry, pas d'Adel.

Oui, simplement Ady... mais il n'avait pas l'impression que ce soit assez.

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Une plaquette indiquant "15 Rue Steeling". Un frisson d'anticipation.

L'entrée. Ce couloir sombre. Des pas, plusieurs, s'éternisant sur le plancher. Une lumière, des voix, des rires. Le rire d'une petite fille.

Ce sentiment jouissif, cette envie de tuer cruellement.

Des mots en fourchelangue, un rire. Des frissons d'horreurs, le parfum de la peur. La terreur dans les yeux d'une femme. Le désespoir dans les yeux d'un homme.

Un sourire déchirant deux lèvres inexistantes, le regard glisse. Une petite fille. Ses yeux écarquillés d'incompréhension.

- As-tu déjà vu la mort ? » Susurre l'être des ténèbres.

Des larmes. Un regard s'accrochant à la silhouette de deux parents torturés. Des sanglots.

Le silence. Seulement des hoquets de terreur.

- Je ne te tuerai pas. » Il lève son menton. Ses yeux rouge sang s'encrent dans les siens, terrorisés. « Harry Potter viendra te chercher. N'est-ce pas... Potter ? Il a vu, tu seras là pour lui rappeler. »

Un rire machiavélique résonnant.

- Tu seras ce qui lui rappellera que des gens meurent, par sa faute. » Une masse qui se recroqueville. « Et qu'il n'y peut rien. »

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Réveillé en sursaut, Harry laissa l'horreur parcourir ses veines. Un haut le coeur le secoua et son dernier repas finit gracieusement sur le plancher. Tremblant, il se leva doucement avant de retomber mollement au sol, un goût horrible dans la bouche.

Voldemort était un être abject et monstrueux. Harry frissonna. L'horreur de la situation lui apparaissait clairement; Une petite fille avait assisté à la mise à mort de sa famille. Un enfant... Harry laissa échapper un sanglot. Il avait peur. Tellement peur.

Hurlant, le jeune garçon s'avachit sur lui-même et tenta de reprendre ses idées. Ginny, alertée, entra en trombe dans la chambre et observa, effarée, son ami.

- Ady ! » appela-t-elle en se penchant sur lui. « Calme toi. Qu'est-ce qu'il y a ? »

Harry ne répondit pas, trop enfoncé dans le cauchemar auquel il avait assisté. A cet instant, Ginny regretta l'absence prolongée de Ron et Hermione, tous deux à l'extérieur pour la journée. Sans Harry. On était en soirée mais ils n'étaient toujours pas revenus. Mais Ginny savait que c'était normal. Ce qu'Hermione voulait organiser pour Harry était long à préparer.

- Ady... » Geignit-t-elle. « Reviens avec moi.»

Harry ré ouvrit les yeux et serra Ginny dans ses bras, désespérément. Celle-ci laissa échapper un hoquet de stupeur puis l'entoura de ses bras.

- Voldemort... » Bégaya-t-il. « Il... la petite...»

La petite fille l'attendait. Elle attendait qu'il arrive, elle n'avait plus personne. Harry se calma et lâcha sa camarade, tentant de faire cesser ses tremblements.

- Il faut que tu viennes avec moi. Gin', le magicobus... elle m'attend. » Bredouilla-t-il, pas calmé du tout.

Ginny acquiesça sans comprendre et l'aida à se relever. Tous deux, cachés sous la cape d'invisibilité, sortirent et actionnèrent le même porte-clef que précédemment. Le bus violet s'arrêta face à eux, les invitant à prendre place. Harry fut heureux de ne pas avoir remis son bracelet, il voulait tout sauf de l'attention. Tous sauf se souvenir qu'il était Harry Potter.

- 15 Rue Steeling »

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Lucinda était une moldue de 8 ans. Elle vivait, avec ses parents, dans un petit patelin tranquille et commun. Sa mère et son père l'aimaient plus que tout. Elle était leur précieux trésor, leur unique enfant.

Seule dans sa grande bâtisse, la jeune fille ne comprenait pas. Pourquoi ses parents restaient-ils au sol dans de la peinture rouge ? Le monsieur méchant, que leur avait-il fait ? Quand allaient-ils se réveiller ? Jamais encore ils n'avaient joués à un jeu comme celui-ci.

- Papa... » Murmura t'elle en rampant jusqu'à son père. « Réveille-toi... j'ai faim, je veux plus jouer. »

Mais son papa ne se réveillait pas.

Une ombre la surplomba alors qu'elle laissait échapper un sanglot douloureux. Ses yeux d'ambre se levèrent craintivement vers la silhouette.

C'était un jeune garçon aux cheveux verts. Il était un peu étrange. Lui aussi pleurait.

- Tu es Harry Potter ? » Demanda-t-elle, observant ses larmes se mêler aux siennes. « Tu sais comment les réveiller ? »

Ginny, à l'entrée, se laissa glisser le long de la porte et pleura silencieusement. La scène était horrible. Du sang, tellement de sang.

- Pardon. » Murmura Harry à la petite. « Comment t'appelles-tu ? »

- Lucinda... » Répondit elle doucement. « Alors, tu sais les réveiller ? »

- Je ne peux pas Lucinda. » Harry la prit dans ses bras et se leva. « Personne ne le peut. Je suis désolé. »

- Pourquoi ? Maman et Papa, on ne peut pas les laisser ici. »

- Ils ne risquent plus rien. Mais le méchant monsieur pourrait revenir. » Lui confia-t-il en enfouissant sa tête dans ses cheveux blonds. « Il faut qu'on parte. »

- Le monstre va les réveiller ? On a joué, maintenant... »

- Ca n'est pas un jeu... » La coupa-t-il. « Ils sont loin, dans un monde très beau maintenant. Ils ne reviendront pas. »

- Ils m'ont abandonnée ? » De nouvelles larmes coulèrent tandis que la petite éclatait en sanglots bruyants.

- Non... » Répondit Harry en lui caressant doucement le dos. Lui aussi avait cru pendant son enfance que ses parents étaient juste partis. Mais la vérité, bien que cruelle, était qu'il n'y avait plus d'espoir pour les morts. « Ils n'ont pas eu le choix. Ils sont heureux, leur coeur est monté dans le pays des merveilles. Tu sais, là où il y a des lapins roses qui courent partout. Je dois prendre soin de toi maintenant. »

Ginny, qui s'était reprise, posa une main sur le bras du garçon et lui fit signe de sortir.

- Allons au chaudron baveur. Il va falloir qu'on sache quoi faire d'elle. »

Les trois remontèrent dans le bus et s'assirent sur le lit le plus éloigné.

- Chut. Pleure autant que tu veux... » Murmura Harry à la petite forme blottie contre lui. « Je vas te chanter une chanson, d'accord? »

Ginny laissa sa tête tomber sur un coussin et ferma les yeux. Elle aussi avait besoin d'une belle chanson...

- C'est au bout du regard

Là où les bateaux quittent la mer
Là, où l'horizon est tellement plus clair
Sous la belle étoile celle qui te dit que la vie ici
ne sera jamais rien que ton amie

C'est au fond de tes yeux
là, où le monde effleure tes rêves
Là, où le bonheur n'est plus un mystère

C'est là que je t'emmènerai sur la route
et si le soleil le savait
mais j'en doute, il viendrait
Là, où je t'emmèneraiAucun doute, il s'inviterait
pour nous éclairer

Nous longerons la mer
nos vie couleront sans un hiver
comme un matin d'été, un courant d'air
Et tout au long de ta vie
que s'écartent les nuages
je serais là à chaque fois que tu auras besoin de moi
Regarde là-bas

C'est là que je t'emmènerai sur la route
et si le soleil le savait
mais j'en doute, il viendrait
Là, où je t'emmènerai
Aucun doute, il s'inviterait
pour nous réchauffer
pour nous accompagner
Là où je t'emmènerai
Aucune peur, ni aucun doute
Le monde est toujours en été
Pas de douleur et pas de déroute
C'est là que je t'emmènerai
Sur ma route
pour te réchauffer et te protéger
Sans t'étouffer
Je t'emmènerai »

¤¤¤¤¤¤¤¤

Dès son arrivée au chaudron baveur, Harry avait demandé une chambre et le silence complet sur leur venue à Tom. Le gérant, pas aveugle du tout, avait remarqué le sang étalé sur les cheveux de la petite. Il n'avait posé aucune question, pressant simplement le pas et les aidant à coucher l'endormie.

Puis, avec un sourire doux pour Adel, il avait quitté la pièce, faisant promettre aux jeunes de l'appeler au moindre besoin.

Sur l'instant, Ginny et Harry regardaient silencieusement le soleil décliner par la fenêtre de la petite chambre, chacun plongé dans ses pensées.

Il était tard, tous les Weasley devaient être à leur recherche. Harry pensait, à juste raison, que son père, une fois averti, courrait ici. Et, par conséquent, leur tomberait dessus. Tom était un bon bonhomme, mais il était difficile de ne pas faire le rapprochement entre Adel et Severus. Ainsi, même s'il taisait leur présence aux inconnus, il ne garderait certainement pas le secret longtemps face au maître des potions.

- Que vas-tu faire ? Tout le monde va nous chercher. » Murmura Ginny pour ne pas réveiller l'enfant.

- Je dois la garder avec moi. » Adel paraissait assez déterminé pour qu'elle abandonne l'idée de lui proposer de confier l'enfant à quelqu'un d'autre. De plus, il lui avait finalement raconté l'histoire durant le trajet de retour et elle savait pertinemment qu'il s'en voulait, même s'il ne l'avouait pas.

- Ce n'est pas de ta faute. » Chuchota-t-elle en posant une main sur son épaule. « Vraiment. »

- Je sais. » Soupira t'il, conscient de mentir. « Je vais rester avec elle, mais pas au terrier. Ce serait apporter des problèmes et risquer ma couverture. »

- Ne t'en fais pas pour ça. » Lui assura Ginny.

- Sincèrement Ginny, je refuse que ta mère approche cette môme. Je refuse de devoir lui raconter pourquoi elle sera très certainement traumatisée. » Asséna-t-il sèchement. « Je ne veux pas qu'elle mette un pied là bas. »

Ginny accepta l'explication. Il était vrai que laisser une enfant déséquilibrée dans les mains de sa mère était assez dangereux. Il faudrait expliquer à tous les autres pourquoi tous deux se retrouvaient avec une enfant sur les bras et la chose viendrait aux oreilles de Dumbledore trop vite. Harry n'avait pas confiance en Dumbledore, il le lui avait déjà dit. Dumbledore avait, après tout, été celui qui l'avait laissé chez les Dursley. Il était hors de question qu'il permette à cet homme de décider quoi faire de l'enfant…

- Pour l'instant, et jusqu'à qu'elle aille mieux, je vais demander à rester ici. » Dit-il d'un ton déterminé. « Je... je l'expliquerai à mon père... »

- Calme Ady... » Le réconforta-t-elle. « Alors tu laisserais tomber l'idée de séduction de Fred ? »

- Plus besoin. » Rit-il doucement. « J'ai déjà une gamine maintenant. »

Et c'est sur cette note légère que les deux s'endormirent finalement. Plus tard, Severus les retrouvera tous deux blottis contre une petite fille, dans cette chambre. Il passera du temps à observer son fils dormir, serré contre une enfant inconnue. Il ne les réveillera pas, profitant juste du spectacle, bougeant seulement quelques heures après son arrivée, lorsque deux enfants pleureront dans leur sommeil.

Quand Lucinda pleurera les mots "papa" et "maman".

Quand Ady tremblera doucement, ravagé par des larmes coupables.

Seulement à cet instant, il cessera de veiller silencieusement sur eux.

Seulement à cet instant, il les réveillera.


Chanson : "Là où je t'emmenerai" de F. Pagny

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