Merci à tous. J'ai déjà pris énormément de retard, donc je ne répondrais pas aux reviews dans ce chapitre, mais sachez qu'elles m'ont toutes touché. Et merci également pour les remarques, je les prends en compte. J'essairais d'éclaircir certains points, et d'en développer d'autres. J'ai conscience du fait que l'histoire manque parfois de logique, je vais tenter d'y remédier au maximum. Enfin, je suis réellement désolée pour l'attente (énorme, je sais). Il s'avère que finalement, le lycée était plus pratique pour l'écriture. Les études supérieures, ça demande beaucoup beaucoup de temps, et pour les fics, c'est la merdum totale. Ca ne m'excuse pas, ce n'est pas le but. Mais ça me permet de ne plus faire de promesses telles que "je ferais plus vite la prochaine fois", parce que je ne pourais pas forcément m'y tenir. (Embrasse tout le monde)


Chapitre 18 : Le Chinchilla Ursinus

- Oh, que tu es mignon !"

La petite bêbête frissonna violemment, ses yeux s'ancrant dans ceux du géant la tripatouillant joyeusement. Adel songea qu'Hagrid et lui ne devaient pas avoir la même définition du mot mignon, sans quoi le demi-géant n'aurait jamais prononcé une telle énormité.

Mignon.

- J'aurais jamais cru croiser un Chinchilla Ursinus ici !"

- Kuf kuf."

- Fais un poutou à Papa Hagrid..."

- Kuf Kuf Kyaaa..."

C'est la seule chose que réussi à baragouiner l'Ady-Animagi alors que le garde chasse de Poudlard le secouait -sans véritablement y faire attention- dans tous les sens, ses lèvres rugueuses se posant maladroitement et -oh dieu- affectueusement sur les poils fins et blancs du dit chinchilla. Quelle horreur. Vraiment, Ady n'avait rien contre Hagrid, mais le simple fait d'être enfermé (étouffé ?!) dans les énormes mains du garde-chasse, puis bisouillé impunément... ARG.

L'animal frissonna et se tortilla vaillamment dans une tentative de se dégager de la prise Hulkienne. Par chance, malgré sa force, Hagrid ne fut pas assez doué pour le retenir et la bêbête atterrit sur le sol en moins de dix secondes. Le temps de reprendre ses esprits (limités, n'en doutons pas) et la chose prit la fuite, le vent en croupe et les turbos réacteurs à fond.

- Revieeens !"

Les petites pattes engourdies de l'animal pressèrent l'allure. Il n'était plus question de trottiner gaiement maintenant, mais bien de filer comme une flèche. Et si la partie concernant la fuite n'était pas réellement difficile, celle de retrouver son chemin en pleine nuit l'était beaucoup plus. Quand à trouver une cachette jusqu'à que le danger soit écarté... Quand vous êtes une grosse bestiole blanche et poilue, pas évident de passer inaperçu. Oui, même à une heure pareille ! Oui, surtout aux yeux d'un demi-géant obsédé par toutes les bestioles existantes. Ceci dit, Ady ne perdait pas espoir...

- Viens par là mon mignon." La voix bourrue du garde-chasse hérissa tous les poils soyeux du dos de l'animagus.

Définitivement effrayé, Ady pressa le pas, embraqué dans une course folle...

Vite, vite, vite !

- Kuf kuf kuf kuf..."

¤¤¤¤¤¤

Ady respira profondément et repris sa forme humaine. Il avait bien cru mourir lorsque les mains du géant s'étaient refermées sur son animagus. Effrayant.

Mais il était sain et sauf, dans le hall de Poudlard, encore entier et probablement plus en sécurité que dans le parc de Poudlard, inter chambre de l'enfer pour tout chinchilla Ursinus stupide qui se respecte.

Chinchilla Ursinus.

Les mots tournèrent et retournèrent dans son esprit, effectuant même une valse et une parodie de hip-hop.

Chinchilla Ursinus.

Ady s'appuya contre le mur du hall et ferma les yeux. Le mot "Chinchilla" évoquait vaguement quelque chose. Ursinus... Eh bien, de toutes évidences, c'était un animal petit et moche qui courrait vite. C'est tout ce qu'il en savait. Le garçon porta une main à son front, frissonnant. Il avait chaud. Et froid. Et chaud...

Bref. Les symptômes classiques d'une bonne fatigue, hein ? Ady se mordit la lèvre et prit son courage à deux mains, se décollant du mur dans une sorte d'effort surhumain.

Dur dur d'être crevé. Malade. D'être juste lui.

Le garçon ouvrit les yeux, seulement pour plonger dans deux prunelles argentées le fixant silencieusement. Accrochées à ces prunelles, il y avait une tête, puis même un corps entier, avec deux pieds, deux mains, un buste, une robe de sorcier boutonnée négligemment...

Urg.

Adel cligna des yeux.

- Adel." Souffla une voix aux nuances clairement amusées.

- Malfoy..."

Evidemment... C'était bien sa vaine. Ady se sentit une envie de pleurer. Malfoy. Entre tous, il avait fallut qu'il tombe sur Malfoy. Ou plutôt que Malfoy lui tombe dessus. L'ange de Lucinda.

Adel adressa un léger signe de tête au blond et décida de prendre la fuite. Le contournant, le garçon aux cheveux verts retint sa respiration quelques secondes et fit quelques pas.

- Ce n'est pas une heure pour traînasser dans un hall." Nota Draco en marchant à sa hauteur, sans sembler le moins du monde dérangé par le fait d'avoir encore et toujours été esquivé. "Mais j'imagine que tu t'en moques, n'est-ce pas ?"

Ady se contenta de grogner.

- J'ai toujours rêvé de faire un bout de chemin avec l'homme des cavernes, à une heure indue." Plaisanta le blond. "C'est tellement excitant. Probablement autant que d'accompagner le Yeti des Neiges dans un périple Tibétain."

- HEIN ?" Adel envoya un rapide regard décontenancé à son camarade. "Qu'est-ce que tu déblatères Malfoy ?"

- Je rempli les blancs. Et puis, vraiment, est-ce si difficile de prononcer mon prénom au lieu de cracher Malfoy comme tu le fais depuis qu'on s'est rencontrés ?"

Ady fronça les sourcils et cessa de marcher. Le blond se mit face à lui et l'observa d'un œil critique.

- Vas-y, Adel, essais. DRA-CO."

Le dit Adel se contenta de hausser un sourcil.

- Malfoy..."

- Non. DRAAA-COOO."

- Mal..."

- DEUH-REUH-AH-CO."

- Draco..."

Malgré la mauvaise volonté évidente d'Ady, Draco parut content et afficha un léger sourire, avant de baisser la tête d'une façon coupable.

- Bien, merci, désolé pour..."

Adel haussa les épaules et reprit sa marche. Le blond soupira et le rattrapa encore une fois, visiblement assez tenace pour rester collé au brun-qui-avait-toujours-les-cheveux-verts.

- Pourquoi tu ne m'aimes pas exactement ? J'ai tué ton chien dans une vie antérieure ?"

Décidemment, l'aristo avait de ces questions idiotes ! Qu'est-ce que ça faisait s'il ne voulait pas faire l'effort de s'incliner devant sa suprématie de gosse de riche pourri gâté, hein ?

Ady grinça des dents et prit sur lui pour l'ignorer. D'abord, pourquoi Malfoy persistait à vouloir lui parler ? Lèche bottes !

- Je déteste les gamins méprisants qui font tout pour se mettre dans les petits papiers de leurs professeurs. Et en particulier ceux qui décident d'y parvenir au moyen d'une amitié factice avec le rejeton du dit professeur. Laisse béton Malfoy, ça ne m'intéresse pas."

- Draco." Corrigea le dit Malfoy avec une moue agacée. "Et je te conseille de revoir tes sources Adel, ou d'apprendre à juger les gens un peu moins hâtivement."

- Venant de Sieur Malfoy..."

- Va te faire voir."

Le blond, cette fois définitivement agacé, tourna à son tour les talons. Ady ne fit rien pour le retenir, mais fit en revanche tout pour éteindre la confusion qui l'envahissait. Tout paraissait finalement beaucoup plus simple avant. Il avait son placard, un quotidien, Snape père le détestait et Malfoy ne jouait pas au sociable sentimental.

Mais surtout, avant, Adel était moins malheureux. Parce qu'il savait à quoi s'en tenir et n'avait pas cette impression cuisante d'être à l'origine de son propre malheur...

¤¤¤¤¤

En constatant l'heure tardive qu'il était, Ady avait décidé de ne pas dormir du tout. Le réveil serait bien moins difficile comme ça. C'était sans compter l'horrible mal de crâne qui, finalement, à 5h du matin, l'avait contraint à regretter amèrement de s'être dispensé d'un peu de sommeil.

- Si je dors, j'me réveille pas." Grogna Snape Junior en s'arrachant quelques cheveux. C'était net, fermer les yeux s'apparenterait à quelque chose comme 'sombrer et ne plus jamais émerger', en peut-être moins dramatique que la mort.

- Je ne pense pas que ce soit possible Monsieur Potter." Intervint une voix sinistre aux intonations légèrement amusées.

- Oh pitié, ce serait tellement bien... dites moi que vous plaisantez..."

- Malheureusement pas. Vous finirez toujours par vous réveiller, quelle que soit votre fatigue."

Terrible réalité. Ady fit la moue et se retourna, faisant face à la présence fantômatiquement droite de Sieur Salazar Serpentard en personne. Stupidement, Adel siffla, appréciant la silhouette de l'ancêtre. Le dit ancêtre leva les yeux au ciel et plana quelques secondes autour du jeune-homme, le toisant, un sourire narquois au coin des lèvres.

- Vous êtes horriblement culoté, vous savez ?"

- Je porte des caleçons." Nota Ady avec un sourire en coin. "Alors..."

- Stupide Garçon."

Ady laissa échapper un léger rire, grimaçant à l'effet de cette simple manifestation gamine sur son pauvre crâne battu.

- Vous ne demandez même pas ce que mon auguste personne peut faire ici."

Ah, oui, effectivement. Ady se mordit la lèvre et échappa au regard du fondateur.

- Parce que ça m'est égal."

- Parce que vous avez peur, plutôt." Corrigea Serpentard, non sans une pointe de sarcasme.

- PEUR ?"

Le regard d'Ady alla foudroyer le sourcil haussé du fantôme.

- J'avais peur de Moired aussi." Le calma l'ancêtre. "Ce n'est pas un mal. Les fous sont toujours effrayants."

- Ah oui ?"

- Surtout ceux en possession d'une amulette maléfique digne des plus obscurs romans."

La bombe était lâchée. Ady ferma les yeux et croisa les bras, essayant de garder une contenance.

- Alors..."

- Les trouillards sont les héros les plus stupéfiants." Continua Salazar alors qu'Ady encaissait et analysait. "Le pouvoir vient toujours de là où on ne l'attend pas."

Voilà, que, maintenant, un fondateur mort supposé être acerbe et imbuvable se mettait à la philosophie...

- Vous avez trop fréquenté Dumbledore."

- Ouille."

Un pâle sourire gagna les lèvres d'Ady, son regard vert faisant sa réapparition.

- Alors ?" Persista Ady.

- Alors tu dois récupérer l'item." Le fondateur haussa les épaules, marquant l'évidence de sa réponse. "Et je t'y aiderais."

- Ah oui ? Et comment ?"

Salazar ne connaissait pas la réponse à cette question, ce qui ne l'empêchait pourtant pas de croire que c'était une chose possible.

- En commençant par te soigner. Un homme mort ne sert plus à rien."

Ady eut un sourire désabusé. Se soigner. Comme s'il savait comment faire. Même son père n'avait finalement pas réagi à son problème... Même ses amis n'apportaient aucun soutient. Ady chassa cette dernière pensée. Hermione devait probablement y porter de l'attention et passer du temps dans d'horribles bouquins. Et Ron...

Pauvre Ron. Quoi qu'il en soit, il était certain que sa meilleure amie cherchait quelques solutions, en cachette, visant à lui redonner une santé. Sans ça, Hermione ne serait plus digne d'être Hermione.

- Pas que tu serves à grand chose vivant non plus..."

Outré, Ady ouvrit de grands yeux choqués. Quoi ? Non mais, pour qui il se prenait ?!

C'est sous les yeux éberlués d'un Adel Snape au bord de l'apoplexie que le fantôme de Salazar s'effaça, disparaissant dans un rire fou, visiblement fier de sa boutade.

Une fois remis, Ady couina et un sourire amusé gagna ses lèvres.

Il aimait définitivement beaucoup Salazar Serpentard.

Oh...

¤¤¤¤¤

Marre des regards fixes de Snape Père. Marre des yeux plissés d'Hermione. Marre des pas traînant de Malfoy le suivant PARTOUT depuis le début de la journée... Adel songeait voilà bien huit bonnes heures à une mort rapide et efficace. Il était presque prêt à aller s'étouffer avec un quelconque oreiller du château quand il bifurqua au détour d'un énième couloir.

Vraiment, l'étouffement ne dérangerait personne, non ? Et comme il n'avait pas cours, ça tombait bien, il avait le temps.

Si seulement... Que dirait Lucinda ? Et Voldy ?

C'est sur cette pensée qu'Adel continuait à marcher, le regard tourné vers le sol, les pas de Malfoy résonnant derrière lui. Il leva seulement quelques secondes la tête avant de croiser le regard de l'unique clampine à attendre l'ouverture de la bibliothèque, dans ce même couloir.

Hermione. Hermione qui continuait à... à...

- Tu lui as fait quoi exactement à Granger..."

... à l'analyser... à l'épier... à le décortiquer... de quoi faire douter les serpentards. De quoi laisser penser des trucs pas nets. De quoi faire imaginer à Malfoy de ces choses inquiétantes...

- ... pour qu'elle ait envie de te lapider ?"

... comme des envies meurtrières réfrénées de la part de la studieuse Hermione Granger, à son encontre.

Mais Hermione ne voulait pas le tuer. Adel connaissait ce regard : elle observait, réfléchissait, s'arrêtait sur chaque petit détail lui prouvant que, non, Ady ne mangeait pas assez et que, oui, il ne pétait pas la forme.

Il fallait qu'il se débarrasse de Malfoy (qui semblait avoir complètement écarté la discussion de la veille) et qu'il discute fermement avec sa meilleure amie.

Chance ou malchance, quelqu'un lui arrangea le problème...

¤¤¤¤¤

- Vous... êtes fous !"

Et ce n'était pas peu dire. En moins de 30 secondes, Adel avait assisté à la rencontre chaleureuse de Malfoy et de son ami le sol, observé le regard choqué et démesurément grand d'une brunette Gryffondorienne bien connue, et fait la connaissance directe avec la porte close d'une classe abandonnée, moche et poussiéreuse de Poudlard.

Les deux rouquins farceur du château affichèrent un air outré et portèrent une main au cœur de l'autre.

- Fous ? Nous ?!"

Adel ferma les yeux quelques secondes, re-visualisa la chute de Malfoy avec une sorte de pincement au cœur, se laissa envahir par une joie malsaine et moqueuse... et ricana.

- Oui, c'est certain ! Sans blagues, si quelqu'un vous avait vu m'enlever, qu'est-ce que j'aurais fais hein ?!"

- Tu aurais tout avoué, Ady-chou..." Commença Fred.

- ... dans les moindres détails..." Continua son frère alors qu'Ady haussait un sourcil douteux.

- ... la séquestration..."

- ... la passion..."

- ... les caresses..."

- ... les prouesses..."

- ... toute l'excitation..."

- ...d'une pén-"

- STOOOP !" Ady musela fermement Georges, ne voulant pas en entendre plus. "Bande de... de..."

- De crétins ?" Proposa Fred, un sourire amusé et tendre aux lèvres.

- Oui, c'est ça, et de..."

- De pas grand chose si tu ne lâches pas Georges, il est tout vert, un peu comme tes cheveux." Nota son ancien amant, mine de rien.

Adel lâcha prestement Georges, navré. Celui-ci reprit laborieusement sa respiration, les yeux brillants.

- J'ai vu le paradis." s'extasia le roux malmené. "C'était magnifique, il y avait plein de bomba Latina et de lapins farceurs."

Allons donc... Ady secoua la tête (de son camarade) et soupira tragiquement.

- Je pense que nous l'avons perdu..." Fataliste, le garçon aux cheveux verts se laissa tomber au sol et renifla piteusement. "Saurais-je un jour ce qui m'amena en ces lieux ?"

Les roux s'envoyèrent un regard et, comploteurs, se laissèrent tomber en face d'Ady.

- En réalité, cher Ady-chou, nous t'avons enlevé pour une conversation de la plus haute importance..."

- ... qui aurait eu lieu plus tôt si tu avais daigné ne pas finir parmi les serpents..."

-... maintenant que nous nous sommes débarrassé de Malfoy et t'avons pour nous..."

-... il est possible de te révéler la grande nouvelle que tu attends sûrement..."

-... la vengeance est pour très bientôt..."

- La vengeance ?" Ady encra ses yeux dans ceux de Fred, alerte et curieux. "Vous voulez dire, contre les Dursley ?"

- Tout à fait." Répondirent à l'unisson les jumeaux. "Tout est prêt."

Un large sourire envahi le visage du jeune Snape. Enfin une bonne nouvelle ! Encore fallait-il qu'il ait quelques précisions...

- Dans deux jours, à la nuit tombée, nous tous nous envolerons pour Privet Drive."

- Et le lendemain, à l'aube venue, trois moldus comprendront leur douleur..."

- ... es tu avec nous ?"

- Et comment !" S'écria Ady, gagné par l'excitation. "Expliquez-moi tout !"

¤¤¤¤¤

Quand Ady entra dans les appartements à l'heure du dîner, il y trouva une Lucinda rayonnante engagée dans une partie d'échec junior avec un maître des potions. Rien d'anormal, donc, puisque Snape semblait pris d'une folle passion pour la petite fille. Sûrement pour plus tard la blesser et s'en désintéresser, jugea cruellement Ady. Comme il l'avait fait pour lui. Severus ne lui adressait, après tout, presque plus la parole depuis la scène des WC's. Quel père !

- Ohhh, Ady, t'es enfin là !"

Le dit Ady réceptionna l'enfant dans ses bras, l'étreignant fortement, un sourire aux lèvres. Le plan contre les Dursley était si machiavélique et parfait qu'Adel ne parvenait plus à réfréner le frémissement de joie et d'anticipation qui le gagnait. Deux jours. Deux maigres jours seulement et il aurait une vengeance digne de ce nom.

- Alors ma puce, cette journée ?"

L'enfant sortit de son étreinte d'ours et grimaça un sourire désabusé.

- Dobby triche aux échecs."

- Les elfes ne savent pas perdre..." Ady secoua la tête, faisant rire la fillette. "Je le gronderais pour ça."

- Oh non, il a perdu, justement !" S'emporta la fillette. "Il faisait exprès de déplacer son roi là où il allait mourir."

Ady haussa un sourcil. Kwa ?

- Il a même sauté 6 cases pour pouvoir mettre son Roi en face de ma reine. Les pions criaient, t'aurais vu !"

- Hum... oui... j'aurais vu..."

Donc, Dobby trichait aux échecs.

- Les elfes ne savent pas gagner, alors ?" Tenta Ady avec un sourire en coin.

- ... Ben... ils ne savent juste pas jouer, sûrement..."

Un raclement de gorge termina cette conversation hautement philosophique et profonde. Ady plongea directement son regard dans celui de son père. Sans succès puisque ce dernier fronça les sourcils et tourna la tête.

- Le jeune Malfoy est à l'infirmerie." La voix sèche résonna dans le cachot et Ady déglutit.

- Vraiment...?"

- L'ange est malade ?" S'étonna Luce en se mordant une lèvre. "C'est grave ?"

- Ton ange est résistant." La rassura Ady avec un sourire contrit. "Ce n'est pas un sol qui va lui faire du mal."

Sa bourde volontaire faite, Ady envoya un regard éloquent à son père et rejoint sa chambre. Lucinda le suivit de près.

- Ton papa est triste." Nota l'enfant en s'asseyant sur le lit de son frère. "Tu es méchant avec lui."

- Méchant ?" Ady renifla et haussa les épaules. "Je ne suis pas méchant."

- Alors pourquoi tu ne vas pas lui faire un câlin ?"

- Parce que... eh bien... parce que je ne fais des câlins qu'aux enfants ! Voilà !"

Pour appuyer ses mots, Ady entoura ses bras autour de Lucinda et la serra doucement contre son torse. Tout aussi doucement, alors que Lucinda fermait les yeux, Ady commença à chanter quelques mots, prenant une des mains de la jeune fille dans la sienne.

- Prendre un enfant par la main
Pour l'emmener vers demain
Pour lui donner la confiance en son pas
Prendre un enfant pour un roi
Prendre un enfant dans ses bras
Et pour la première fois
Sécher ses larmes en étouffant de joie
Prendre un enfant dans ses bras."

La jeune fille eut un reniflement et se serra plus encore contre lui. Contre son grand frère, celui qui la faisait avancer...

- Prendre un enfant par le cœur
Pour soulager ses malheurs
Tout doucement sans parler, sans pudeur,
Prendre un enfant sur son cœur
Prendre un enfant dans ses bras
Mais pour la première fois
Verser des larmes en étouffant sa joie
Prendre un enfant contre soi"

... celui sans qui elle n'était rien, désormais...

- Prendre un enfant par la main
Et lui chanter des refrains
Pour qu'il s'endorme à la tombée du jour
Prendre un enfant par l'amour
Prendre un enfant comme il vient
Et consoler ses chagrins
Vivre sa vie des années, puis soudain
Prendre un enfant par la main

En regardant tout au bout du chemin
Prendre un enfant pour le sien."

Lucinda sortit la tête du giron de son frère, soufflant à son tour quelques mots qui amèneraient Ady à faire une chose que jamais avant il n'aurait fait.

- Prendre un parent dans ses bras
Mais pour la première fois
Verser des larmes en étouffant sa joie
Prendre un papa contre soi"

Vaincu, Ady soupira et ferma les yeux. La demande était claire. Soulevant Lucinda, Adel ressortit de la chambre et avança dans le salon, en direction du fauteuil dans lequel son père était assis, parcourant vaguement un manuel de potions.

#Peut-être que je ferais mieux de faire demi-tour.#
Malheureusement, l'enfant était là pour veiller à ce que ce n'soit pas le cas. Preuve en était son regard lourd d'attente. Ady reposa Lucinda au sol et alla se planter face à Severus, le cœur subitement affolé et partant pour une course de folie.

#Je ne peux pas. Oh mon dieu.#

Ca allait à l'encontre de tout. C'était... Snape allait en mourir de frayeur. Ady de honte.

Severus fronça les sourcils et leva le regard vers Adel, un tantinet soupçonneux. Brutalement gêné, Ady retint sa respiration et sentit ses jambes trembler.

Il ne pouvait pas faire ça, si ? Est-ce que Lucinda était folle ?

La dite folle toussota doucement et sourit.

#A trois... un... deux...#

Jetant sa fierté au diable, Ady ferma les yeux et se jeta sur son père, l'étouffant dans un énorme câlin d'ours polaire puissance dix. Câlin qui ne dura que quelques secondes et fut suivit de la fuite, à toute vitesse, d'un Ady mortifié et bouleversé par ce qu'il venait de faire et ce qu'il avait ressentit en le faisant. Mais un câlin quand même.

Qui ravit Lucinda. Qui traumatisa à vie Severus Snape. Qui provoqua la rencontre inopinée d'un manuel de potions avec le sol. Qui accéléra le souffle d'un homme froid. Qui déchira le cœur d'un prétendu insensible. Qui laissa une légère larme sur le col d'un maître des potions chamboulé. La larme qu'un enfant aux cheveux verts avait abandonnée.

Un câlin.

- Preeendre un Parent dans ses bras..." Chantonna fièrement Lucinda et faisant face à la partie d'échecs abandonnée plus tôt. "Reine en D6"

Prendre un papa contre soi


[Chanson : Prendre un enfant par la main


A suivre...