Chapitre 20 : Plans foireux d'ici et d'ailleurs
Le petit groupe observait avec attention les petites pilules bleues et vertes que brandissaient les jumeaux Weasley. Même Ady qui, s'il avait été mis au courant du plan dans les grandes lignes, plus tôt, n'en était pas moins ignorant des détails. Et ceci était -justement- un détail.
- Ceci va nous faire franchir l'étape la plus difficile. » Explicita Fred, assez fier.
- Enfin, nous comptons aussi sur vos jambes en mode 'je cours vite' » Crut bon de compléter Georges.
Ah.
Airs sceptiques.
- Ces petites merveilles, nos créations, nous rendront invisibles durant 20 minutes. »
Ady déglutit, il n'avait pas considéré un temps aussi court. Ron lâcha un « euh… » lourd de sens. Et Ginny cligna plusieurs fois, comme essayant de faire le point sur les pilules en question.
- 20 minutes durant lesquelles nous devrons nous glisser… »
- … dans la cabane hurlante… »
- … et mettre les voiles… »
- … direction Pré-au-lard. »
Les deux jumeaux sourirent de concert, se gargarisant de leur « plan » tandis que les autres restaient silencieux, trèèès silencieux.
- Et c'est tout ?! » Réagit enfin Ron. « On mange une pilule, on cours vers la cabane hurlante ? C'est ça votre plan ? »
- Tutututut… » Fred balança son doigt de gauche à droite, tel un professeur réclamant que ses élèves se taisent. « Non, ce n'est pas tout. »
- Ensuite, nous aurons recours à ceci. » Georges sortit de sa poche un petit pendentif en forme de bus.
Adel comprit immédiatement, tout comme Ginny (qui s'en étouffa avec sa salive). Lui qui comptait sur des balais, ou des portauloins...
- Vous allez nous faire aller chez la famille à Harry en MAGICOBUS ?! » Couina cette dernière, incrédule. « Je rêve… »
Fred fit la moue.
- Quand vous cesserez de critiquer notre super et SEUL plan, faites signe, surtout ! »
Un nouveau silence à découper à la hache prit place. Ady, lui, était partagé entre sourire, rire, ou aller s'enfermer dans un placard.
- Les plans les plus simples sont parfois les meilleurs. » Argua Georges. « Où est-ce que vous voyez une faille ? »
- Oui hein ? » Renchérit Fred. « Dites nous voir… »
Hermione toussota, visiblement gênée. Ron et Ady ricanèrent de concert.
- Oui, Hermione ? » Le regard noir de Fred et Georges réunis fit presque hésiter la jeune fille. Mais on n'est pas Mademoiselle-je-sais-tout-et-je-vais-encore-vous-enquiquiner pour rien !
- En fait… Comment dire… » Mione ravala sa salive. « Eh bien, le magicobus va vite, c'est certain. Mais… »
- Comment vous voulez qu'on aille chez ces enfoirés, qu'on leur fasse payer, et qu'on revienne, en 1 NUIT ?! » Termina Adel pour elle. Après tout, les jumeaux lui avaient annoncé un plan sur un jour seulement. Voir 1 NUIT !
Les jumeaux sifflotèrent en se regardant les ongles.
- En réalité, nous imaginions le plan sur deux jours. »
Des regards ahuris convergèrent vers les deux imbéciles/génies.
- Pardon ? » Glapit Ginny. « Mais les cours ? »
- Ce que veut dire Ginny… » Intervint rapidement Hermione avant un commentaire mal placé de la part des jumeaux. « C'est que la disparition de six personnes ne risque pas de… »
- On s'en fout ? » Hésita Fred. « Ecoutez, il n'y a pas d'autres moyens. Sauf de transplaner, mais aucun de vous ne sait faire ça. »
Tous durent bien l'admettre.
- D'accord, donc on disparaît tous pour un jour. Brillant alors ! » Ironisa –étraaange- Ron.
- Deux jours. » Corrigea Fred.
Nouveau silence.
- Evidemment… » Souffla Hermione, toujours très vive. « Il nous faut agir la nuit, c'est plus prudent. En admettant qu'il nous faille la nuit entière pour nous rendre là-bas, il faudra que nous attendions une journée à Londres, puis que nous attaquions la nuit venue. »
Fred leva un pouce, bon public.
- Exactement ! »
- Pourquoi on ne part pas demain midi alors ? » Lâcha Ron, peu performant niveau branchement de neurones.
- C'est certain, là, on passera vraiment inaperçu. » Se moqua Fred. « Sous le nez des profs, des élèves. Midi est une bonne heure, tu as raison. »
Ron rougit jusqu'aux oreilles et bafouilla quelques lamentables excuses.
- Ok. Résumons… » Comptez sur Hermione pour résister à la confusion. « Six élèves disparaissent pendant deux jours. »
Elle bloquait visiblement…
- En réalité… non. » Essaya Fred. « Lee, notre meilleur ami, vous voyez qui c'est ? »
- Non non, nous sommes idiots. » Ré intervint Ron sous l'œil sévère d'une Hermione Granger peu amusée par son attitude. « J'ai rien dis, c'est bon… »
- Donc, Lee va avoir en charge de créer des illusions de nous tous pendant ces deux jours. Ainsi que de détourner l'esprit des professeurs, en sabotant leurs cours. »
- J'comprends pas. » Admit une Ginny rougissante. « Désolée… »
Adel, quant à lui, semblait avoir compris. En témoignait le rire fou qui lui échappa, bien vite stoppé par une toux sèche assez effroyable. Hermione vint lui taper dans le dos et Fred arbora un air furibond, qu'il tenta de cacher comme il le pu. Les autres, inquiets, attendirent qu'il se calme sous les gestes de sa meilleure amie.
- Donc… » Le mot sembla craché par Fred. « Très simple, pendant notre absence, Lee se chargera de créer de temps en temps des illusions, de manière à ce que plusieurs personnes nous aperçoivent au cours de la journée. Ainsi, Ginny, c'est très simple, des élèves ou des professeurs verront passer ta tignasse rousse, au loin. Capich ? »
La dite tignasse rousse de balança quasi frénétiquement d'avant en arrière.
- On voudrait que la ruse fonctionne durant deux jours. Cependant, dans le cas où il commencerait à y avoir trop de doutes… »
- Lee fera diversion. » Termina la voix enrouée d'Ady, qui écarta Hermione d'un geste sec, lui signifiant que ça allait. Cette dernière ne dit rien et se contenta de le lâcher.
- Exact, il mettra un tel bordel que les professeurs seront trop occupés pour réellement nous chercher ou quoi que ce soit… »
Hermione hocha et leva une timide main.
- Hermignonne, on n'est pas en classe… » Nota Ron.
Annonce qui fit doucement rire la populace.
- C'est très clair. » Hermione ignora superbement la remarque, en restant à l'essentiel.
- On a juste… un autre problème possible. » Se décida à faire remarquer Harry. « Il s'appelle… Sirius Black… »
Vive, Hermione se frappa le front et grimaça, autant sous la douleur causée par le geste que par la révélation.
- Tu veux dire qu'il est dans la cabane hurlante ? » Couina t'elle.
- En fait… Je n'en sais rien. Mais il y était cet après-midi, donc, il pourrait encore y être. »
Les jumeaux affichèrent un air ennuyé, songeant que, décidemment, jamais le plan ne prendrait effet.
- Ben on l'évitera. » Décida Ron, toujours très simpliste. « Suffira d'aviser. Après tout, ton parrain se transforme en chien, ok, mais il ne voit pas les gens invisibles. »
Hermione ricana, reconnaissant bien Ron dans ce genres de remarques.
- Bon alors, on les prend ces pilules ? » Sourit Ginny. « Si tout le monde sait courir. »
- Il est où Ady ?"
Voilà une question à laquelle Severus Snape aurait aimé pouvoir répondre. Son fils n'avait pas daigné lui faire l'honneur de sa présence en cours de potions. Et l'homme en était furieux. Visiblement, ce sale gosse allait lui faire faux bond pour la soirée aussi.
- Alors, il est où A-" Lucinda ne termina pas, muselée par le regard noir du spécimen Snapien Père.
La petite pinça les lèvres et baissa les yeux au sol. Ady n'était pas venu ce midi, ni ce soir. Pourtant elle l'attendait toujours sagement. Est-ce qu'elle avait fait quelque chose de mal ? A cette idée, les yeux de l'enfant se remplirent de larmes. Severus les vit et soupira, fataliste. Son fils avait disparu et la mioche squattant ses appartements était sur le point de chouiner. Magnifique.
Foutu destin.
Foutu Dumbledore. Lui et ses demandes saugrenues, telle que celle d'accepter une môme de 8 ans accrochée aux basques de son tout nouveau fils.
Et celle d'accepter son rôle de père, aussi...
Non - non et non. Severus n'en pouvait plus. La situation échappait totalement à son contrôle. Et le sentiment d'échec qui l'habitait, en cet instant précis (et depuis un moment) menaçait de l'engloutir à tout moment. La mioche renifla et vint poser sa tête sur ses genoux, comme s'il était... comme s'il avait la moindre importance à ses yeux. L'idée semblait ridicule. La seule raison poussant Lucinda à agir de la sorte était l'absence d'Ady. Il le savait.
Mais la gamine avait 8 ans, n'est-ce pas ? Plus ou moins. Severus lui caressa les cheveux et se mordit la lèvre, encore tellement rageur. Son fils ne l'aimait pas. Black avait cru bon de le lui lâcher durant l'après-midi, alors qu'il avait été convoqué dans le bureau du vieux fou glucosé. Ce chien galeux avait même poussé le vice jusqu'à lui demander s'il pouvait renoncer à l'enfant. Manière que Black l'adopte, plus tard, et qu'Ady soit réellement heureux.
"Qu'est-ce qu'Harry ferait avec un bâtard comme toi de toutes façons ?!" avait craché Black. Un peu comme s'il était certain que jamais Adel ne l'aimerait, lui, sombre homme des cachots sans cœur.
Severus résista à l'envie d'hurler qui l'envahissait.
JAMAIS il ne laisserait Adel à ce foutu sac à puces en fuite ! C'était son fils. A lui. Le sien. Et le câlin du gosse lui avait été adressé. Et il en voulait même d'autres, de ces foutus câlins idiots. Et il voulait pouvoir agir, aussi, directement, sans pour autant risquer de perdre définitivement son fils. Les malades ont toujours le foutu reflexe de se retourner contre la main qui leur est tendue. Il- ne-pouvait- pas- prendre- ce- risque.
Et il était tellement -tellement, tellement, tellement- perdu...
Invisibles...
- C'est trop bon, mieux qu'avec la cape !" S'extasiait la voix d'un rouquin bien connu, meilleur ami d'un gars aux cheveux verts encore plus connu. "J'adooore ça - woup, j'fais la toupie, regardez ! Ah non, vous voyez pas… !"
- Ron, ta gueule..."
Un baragouinement enragé répondit. On pu juste y décerner un « S'pas drôle » totalement déformé.
Le passage sous le saule cogneur s'ouvrit sans beaucoup d'efforts, l'habitude d'enfreindre les règlements aidant. Nos comparses se faufilèrent par l'entrée sans anicroches.
Ce fut une fois à l'intérieur que l'avancée se corsa. D'abord, Ron marchait sur les pieds de sa sœur suffisamment régulièrement pour que des « aie » retentissent toutes les 3secondes et demi. Ensuite, des échos de pas ne leur appartenant pas leur indiquèrent la présence de Sirius Black.
- Aie… »
- Chuuut ! »
- Mais… » Tenta Ginny le plus bas possible. « Ron… »
- CHUT. »
Les pas stoppèrent, le groupe se tendit.
- On va passer un par un." Souffla Georges très très bas, une fois que reprit le bruit des pas. "En silence."
La troupe dans son intégralité se posa cette grande question existentielle : comment ouvrir la porte de la cabane hurlante sans se faire remarquer ? Et ce six fois, s'il vous plait.
- Je vais faire diversion..." Décida Adel. "J'ai une idée."
Sirius tendit l'oreille. Quelques secondes s'écoulèrent dans le silence. L'ex-prisonnier soupira et reprit sa marche. Rien. Il se faisait des idées. Il n'y avait aucun bruit suspect, sinon celui de son ventre qui semblait apprécier de grogner de plus en plus souvent.
Pourtant, il aurait juré...
- Patmol, version fol'oeil..." Plaisanta l'homme pour lui-même, un rictus désabusé (voir inquiet) aux lèvres. "Je tourne en rond, tu tournes en rond, il tourne en rond..."
Sirius fit un tour sur lui-même.
- ... nous tournons en rond... vous tournez en rond... ils tournent en..."
L'ex-bagnard cligna et stoppa tout mouvement. Il se frotta les yeux, se les étira dans tous les sens.
-... rond ?"
Se frotter les yeux n'eut visiblement aucun effet sur l'image qui lui parvenait. L'homme se pinça, vérifiant si -par ce biais- la vision d'une bêbête blanche et moche lui courant autour s'effacerait. Ce fut sans résultat. La bestiole cessa juste son manège pour le fixer une microseconde, avant de reprendre.
D'accord : une bestiole poilue galopait autour de lui sans perdre haleine.
Rien d'anormal.
- Qu'est-ce que..."
La bestiole restoppa et, lui offrant cette fois un coup d'œil qu'il aurait juré coquin, fonça sous un meuble... et commença à en ronger les pieds. Les yeux de Sirius s'écarquillèrent.
Et le meuble se fracassa sur le sol. Fière, la créature fonça sous un autre meuble miteux et reprit sa mastication.
- HEY !"
Sirius Black était très près de perdre l'esprit. Il avait été dans toutes sortes de situations étranges, mais jamais encore une bestiole poilue ne s'était amusée à détruire des meubles sous son nez.
Exception faite de Remus, en fait...
Adel observa du coin de l'œil l'ouverture de la trappe de la cabane hurlante. Il poursuivit son manège, orientant l'attention de l'homme à l'opposé de celle-ci, de façon à ce que Sirius ne calcule pas le passage des six suicidaires du jour.
L'une des vieilles commodes s'effondra. Le chinchilla cligna, déconcerté.
" Kuf Kuf..."
Ca n'était pas la commode dont il grignotait le pied. #Shit !#
Sirius se retourna.
Ron s'empêcha de jurer. Il était un triple idiot maladroit ! Adel allait le tuer; sauf si ses frères s'en chargeaient avant lui...
Le chinchilla afficha un air coupable. S'il se souvenait bien, c'est lui qui l'avait heurté en premier, le meuble fautif. Pendant sa course folle.
"Gloups."
Et le cabot bugga.
- Deux secondes Sirius, reste calme, mince, comment ça s'fait que ce soit ouvert ?!"
Le chinchilla amorça un sprint en direction du passage. Sirius fronça les sourcils. Une seule personne, à sa connaissance, avait la capacité de se rendre invisible.
- Harry ?" Bafouilla le maraudeur, ses neurones se connectant lentement.
Le chinchilla se figea un quart de seconde, le temps d'assimiler que Sirius venait de le griller. Purement et simplement. La pensée arrivée à destination, le plus jeune animagus s'engouffra par l'ouverture, laissant son parrain comme deux ronds d'flan.
- Merde, c'était tout juste." Couina Ron une fois qu'ils furent tous à l'abri des regards, c'est à dire à l'extérieur et regroupés dans un recoin de Pré-au-lard.
- A qui la faute !" Grogna Ginny. "On s'le demande, hein !"
- Ouch."
Adel eut un sourire mi-figue mi-raisin.
- Autant appeler le magicobus dès maintenant." Soupira Hermione. "Dépêchons nous, Pré-au-lard n'est pas forcément le lieu idéal pour faire une petite sieste."
Fred avait appuyé sur les roues du petit magicobus magique avant même qu'elle ait terminé sa phrase.
Sirius se remit lentement. Il n'était pas tout à fait certain de ce qu'il venait de comprendre. Mais il venait forcément de comprendre (ou surprendre) quelque chose d'important.
L'ex-bagnard s'assit à même le sol, peu sûr de ce qu'il convenait de faire. Un instant l'idée de prévenir Snape l'effleura. Après tout, il s'agissait sans doute de l'action la plus responsable qu'il puisse entreprendre.
Oui mais voilà, il s'agissait de Snape. Et Sirius n'était pas, à proprement dit, quelqu'un de spécialement responsable.
Le groupe discuta une bonne partie de la nuit puis décida de se reposer. Adel ne se fit pas prier, la fatigue le rattrapait. Il songea à Lucinda avec un léger pincement au cœur. Puis à Snape... Un autre pincement au cœur intervint.
L'homme devait probablement croire qu'il le détestait. Adel se retourna sur sa banquette, la gorge serrée. L'homme devait plus probablement encore le détester parce qu'il ne faisait aucun effort et compliquait toujours tout. Oui, le détester. Profondément. Plus encore que lorsqu'il était un Potter... Le jeune homme se re-retourna, crispé. Un poids fit plier son matelas de fortune et une main fraiche lui caressa le dos.
- A quoi tu penses ?" Souffla la voix d'Hermione.
Ady se sentit immédiatement rassuré. La voix de sa meilleure amie avait cet étrange pouvoir... celui de l'apaiser en une fraction de seconde seulement.
- A tout ça." Répondit vaguement le garçon.
Hermione hocha, feintant de comprendre avec exactitude de ce dont il lui parlait.
- Ady, je voulais te dire, tu sais, je pense que c'est important que tu saches que nous ne sommes pas ici pour t'aider à te venger des Dursley's." Déclara Hermione avec tact. "Nous sommes là -du moins JE suis là pour t'accompagner quand tu feras une croix sur tes anciens tuteurs."
Adel roula sur le dos et plongea son regard émeraude dans les yeux noisettes de sa meilleure amie.
- Tu sais, je pense que tu ne seras jamais réellement capable d'oublier tout ça." Continua Mione, cherchant ses mots. "Ce que je veux dire c'est que les risques que nous prenons, nous ne les prenons pas pour faire du mal à ton affreuse parodie de famille."
Ady acquiesça. Il le savait déjà. Ses amis (et lui aussi) pouvaient tout au plus être des farceurs, pas des tortionnaires.
- Le but de notre voyage est que tu puisses tourner la page."
- Ce sera comme un adieu en fanfare ! Un ciao moldus débiles !" C'était la voix de Ron cette fois. Hermione eut un sourire en coin. "Un 'salut et à jamais, je prends un nouveau départ qui va tout déchirer'."
Ady rit et saisit la main d'Hermione, la serrant au creux de la sienne en une sorte d'accord implicite.
- Alors, dis nous, à quoi tu pensais ?" Redemanda Hermione.
- A mon père." Chuchota Ady avec une moue. "Il me manque."
Hermione fronça les sourcils.
- J'ai séché son cours de potions et passé mon temps à l'esquiver." Ady roula des yeux. "Si c'est pas complètement stupide !"
La jeune fille secoua la tête, feintant d'être dépassée.
- ça l'est."
- Les Snape nous font vivre de ces histoires de dingues..." Se plaint Ron. "Quelle drôle de famille, j'vous jure...!"
N'est-ce pas ?
7h30. Lee se mordit la lèvre et jeta un regard amusé à son ami, Wilfrid Banks. Le dit Wilfrid acquiesça silencieusement. Ils étaient dans une de ces merdes...
- Les sorts d'illusion sont trop difficiles à lancer." Bougonna Wil'. "J'me sens minable, là, tu pourrais au moins avoir l'air ennuyé."
Mais Lee ne l'était pas. Bon, peut-être un peu, mais il se savait capable de trouver des solutions à toutes les fâcheuses situations. C'était un bon exercice mental, au fond !
Lee essaya une nouvelle fois le sort (Illusium Ginny Weasley) et pinça les lèvres en voyant la copie crée de Ginny s'effacer au bout de quatre secondes.
C'est ce moment là que choisirent Dean et Seamus pour pénétrer dans la salle commune. Surpris, les deux jeunes hommes allèrent instinctivement voir leurs aînés.
- Qu'est-ce que c'était ?" Seamus fronça les sourcils. "Une illusion ?"
Lee allait les envoyer bouler quand il se souvint que Seamus et Dean étaient les amis de Ron, donc concernés aussi par la disparition des six autres idiots. Wil' et Lee échangèrent un regard, gagnés par la même idée saugrenue.
- Les gars, Gryffondor a besoin de vous." Jeta Lee avec un sourire en coin.
- Oh, et qu'est-ce qu'on peut bien faire pour l'aider...?"
Génial. Lee avait bien trouvé une solution au problème. Dieu qu'il aimait le courage (et l'ingéniosité) des Gryffy ! Dieu qu'il s'aimait...
7h45. Quinze minutes avant les cours. LES quinze minutes où tous les élèves (du moins une majorité) passaient dans les couloirs pour rejoindre leurs premiers cours. THE moment pour agir !
Ce matin là semblait comme les autres. Les élèves flânaient, retardant leur arrivée en cours. Les professeurs aussi, mais le cachant beaucoup mieux. Rien ne présageait ce qui allait suivre. Vraiment rien.
Un instant, tout était normal, les élèves se croisaient dans un brouhaha tantôt joyeux, tantôt ennuyé. Et l'instant suivant, tous se figeaient, les yeux braqués sur une espèce de folle aux cheveux roux cavalant les bras en l'air tout en hurlant au meurtre. A sa poursuite, un mec aux cheveux verts, sans cravate, voir totalement débraillé.
Comme si la scène n'était pas assez surréaliste, une fille aux cheveux touffus bondit de la salle commune et les ramena à l'ordre ("ARRETEZ BANDE DE TETARDS").
Les élèves se sentaient confus. Hallucinés. Prêts à mourir de rire. Ils n'arrivaient pas à mettre le doigt sur ce qui les gênait réellement dans toute cette scène. Les poils noirs sur les jambes de la rousse ? Le début de moustache de la brune ? Le teint bronzé du fils Snape...?
La fausse Ginny et le faux Adel repassèrent, courant et hurlant, puis re-rentrèrent dans la salle commune des Gryffondors. La fausse Hermione les suivit de peu.
Et dans le couloir, la confusion régnait toujours. Hermione Granger - Ginny Weasley - Adel Snape. Les élèves avaient des difficultés à se convaincre de l'identité des trois jeunes qu'ils avaient vu passer. La scène avait duré quelques secondes seulement, comme s'ils avaient tous rêvé à l'unisson.
Lee (en Adel) et Wil' (épargné) donnèrent une impulsion à leur baguette, murmurant en cœur le sort de confusion que Wilfrid essayait de maintenir depuis le début de cette mascarade. Dean (Ginny) et Seamus (Hermione) reprenaient leur respiration tant bien que mal, des larmes d'hilarité coulant sur leurs joues.
Au premier cours de la matinée, les élèves racontèrent joyeusement que Ginny Weasley ("tu sais, la rousse") avait une relation très ambiguë -visiblement- avec Adel Snape ("le mec avec les cheveux verts") et qu'ils se pourchassaient dans les couloirs sous les cris effarés de la préfète de Gryffondor ("tu sais, la Miss-je-sais-tout là").
Premier franc succès pour les quatre garçons concernés par la rumeur. Fred et Georges seraient fiers d'eux... Héhé.
- Looondres, Ô mooon amoooour !" Hurlait Ron en sautillant, gagné par l'ivresse d'être enfin tout proche du but.
Ses camarades cachèrent un sourire et Hermione lui frappa l'arrière de la tête.
Fred et Georges sifflèrent alors qu'ils passaient devant un magasin de costumes et farces et attrapes.
- Hey, on a une idée." Signala Fred. "Ady-chou, comment réagiraient des moldus..."
-... s'ils étaient attaqué par des zombis ?" Termina Georges en se frottant les mains.
Après un instant de battement, tous se laissèrent aller à rire et pénètrent dans la boutique, les yeux brillants d'une excitation propre aux jeunes idiots...
Seamus avala sa salive, tendu, et lança un sort à l'une des armures enchantées de Poudlard. Laquelle ne prit pas bien la chose, appela ses copines et fonça sur le pauvre Gryffondor.
- LES ARMURES SE SOULEVENT !" Hurla Dean, faussement hystérique. "ALERTE ! ALEEEEEEEEERTE !"
Peeves en profita pour voler dans tous les sens en hurlant également comme un taré.
- ALERTE, C'EST LA FIN DE POUDLARD ! Les armures vont dégommer tous les pauvres petits tétaaards ! POUR LA LUUUUTTE FINAAAALE ! ALLEZ LES MOMES, aux ARMEUH !"
Lee en siffla d'admiration et Wilfrid applaudit bruyamment.
Si la journée à Poudlard fut des plus mouvementée (tellement que Severus se sentit obligé de mettre Lucinda à l'abri dans le bureau de Dumbledore, sous la protection de Fumseck), la journée à Londres fut beaucoup plus guillerette. Il y eut d'abord l'achat des costumes, puis des discussions enflammées autour du repas de midi. L'après-midi, les six jeunes se contentèrent de monter des plans plus farfelus les uns que les autres, de se balader à l'air libre, de réfléchir au moyen de débarrasser Ady de ses horribles cheveux verts (mais il avait déjà son idée sur la chose, qu'il appliquerait dès son retour à Poudlard).
Ce fut le soir venu que tout devint plus intéressant.
Privet Drive. Numéro 4. Adel retint sa respiration. Ron sautilla d'un pied à l'autre, visiblement pressé d'en venir aux actes.
- Mettez vos masques." Souffla Fred.
Hermione posa le masque de sorcière qu'elle avait acquis sur son visage amusé. Elle observa avec impatience Adel mettre un masque de vampire, Fred de Zombie, Georges de diable, Ginny de squelette et Ron arborer un faciès d'orque.
Désormais que les masques étaient ajoutés aux costumes qu'ils avaient préalablement acheté puis enfilé, Hermione ressentait une certaine difficulté à retenir le fou rire qui menaçait de l'engloutir.
Ron grogna sourdement -comme un orque- et la jeune fille gloussa.
- Orque taper moldus débiles." Déclara Ron avec une grosse voix.
- Toiii me laisser leur sang. Beaaucoup de sang." Siffla Adel avec se frottant les mains.
Le rire des autres retentit avant que chacun ne redevienne suffisamment sérieux pour la suite des opérations.
- Le soleil se couche, c'est bon, on va pouvoir entrer." Annonça Fred. "Vous savez tous ce que vous devez faire, n'est-ce pas ?"
Ginny renifla. "Nous éclater, on sait."
Draco Malfoy représentait, probablement, tout ce 'qu'être un Serpentard' pouvait bien signifier. Avec une façade extérieure irréprochable, le jeune homme renvoyait -à ses condisciples- une image de grâce absolue et une impression de perfection intouchable. Sa beauté glaciale d'aristocrate aidait forcément à susciter le respect... Calme. Distingué. Blablabla...
Draco soupira.
Il y avait d'abord eu Potter. Le roi des Gryffondors, Monsieur-le-survivant-de-pacotille. Potter. Il suffisait qu'il ouvre la bouche pour que Draco perdre son légendaire sang-froid. Non, pire, il suffisait que cet insupportable golden boy pénètre dans son champ de vision pour que Draco ne se sente plus capable de faire preuve de self-control.
Malfoy pensait qu'il ne pouvait pas y avoir pire qu'Harry Potter. Jusqu'à qu'il rencontre Adel Snape.
En un sens, il ressemblait fortement à Potter. Tout d'abord, les deux le méprisaient ouvertement (-Adel s'était calmé, d'accord, mais leurs débuts avaient été difficiles). Ils sortaient le même genre d'âneries, présentaient des mimiques similaires (et troublantes). Mais surtout, ils possédaient tous deux le don de chambouler en Draco Malfoy (héritier du nom) ce quelque chosequi le faisait sortir de ses gonds.
Potter aux abonnés absents (- Le petit con, où s'était-il encore fourré ?!) Adel Snape se faisait un plaisir de prendre la relève. La différence notable, affirmait Draco en son for intérieur, résidait en le fait que le blond n'avait pas le droit de se ruer sur Adel Snape pour le tabasser. Les choses semblaient dès lors plus compliquées.
Parce que -BON SANG- avec Potter tout paraissait facile ! Le besoin de proximité du blond se satisfaisait des coups qu'ils échangeaient. Mais avec Adel Snape le blond se voyait obligé d'instaurer une autre forme de proximité dérangeante. Et Draco savait qu'il allait en baver...
- Draco..."
Le dit Draco leva les yeux sur son parrain, Severus Snape. Lequel grimaçait et haussait un sourcil en même temps. Etrange combinaison.
- J'aimerais tout autant que tu fermes ton esprit quand tu t'adonnes à ce genre de réflexions. Quand à Adel et tes comparaisons douteuses..." Le roi des serpents sembla vouloir divulguer quelque chose mais se ravisa. "... s'il te vient l'envie de tripoter mon fils, épargne moi."
Malfoy rougit doucement, une moue coupable s'inscrivant sur son charmant faciès. Severus s'abstint d'en rajouter une couche.
- Je suppose que tu n'es pas ici pour rougir comme une écolière."
Ici, c'était dans les appartements du Maîtres des Potions de Poudlard. Comme beaucoup de soirs, Lucinda qui faisait un puzzle sorcier, plus loin, lui jeta un coup d'œil intéressé.
Draco afficha un air ennuyé. "Adel n'était pas en cours aujourd'hui."
Severus fronça les sourcils. "Les autres professeurs me l'auraient signifié, Draco."
- Parrain..." Et cette utilisation de son "titre" laissa présager à Severus que la suite n'allait pas lui plaire du tout. "Adel est introuvable. Je ne l'ai pas VU de la journée et pourtant, je le suis à la trace ton cher fils."
Et sous le regard ébahi du petit prince des Serpentards, Severus (THE maître de l'impassibilité !) se décomposa. Lucinda vint saisir les doigts fins de Draco et unit son regard au sien.
- Mione et Ronron sont avec lui hein ?"
Draco cligna. "Qui ça ?"
- Draco." Severus se contrôlait visiblement. "Granger et Weasley étaient ils en classe aujourd'hui ?"
- Maintenant que tu le dis Sev"... Non. Je ne les ai pas vus non plus pendant nos cours communs. Mais quel est le rapport ?"
Et tandis que Lucinda soupirait de soulagement, Severus sentit monter en lui une vague de lassitude (oh oui, laaas, très très laaas était le Snape !).
- Papa Severus, ils sont allés s'occuper des monstres, hein ? Mione et Ronron le ramèneront à la maison après."
La bombe était lâchée. Paf...
Vernon, Pétunia et Dudley Dursley regardaient la télévision, comme tous les soirs de leur misérable existence. Ce soir-là, l'une des chaînes repassait pour la énième fois un film américain débile qui les faisait rire comme des baleines. Une histoire de blonde stéréotypée qui essaye de prouver qu'elle est une grande fille.
Aucun n'entendit la porte d'entrée s'ouvrir, ni se refermer. Comme aucun ne fit attention aux ombres qui prenaient place derrière le canapé familial où ils siégeaient tous, affalés.
Dudley hurla de rire pour la énième fois consécutive, lorsqu'une grosse main verte vint se poser sur son épaule.
- OH OH OH." Rit une grosse voix, essayant manifestement d'imiter le moldu. Lequel moldu vira au blanc, en même temps que ses tendres et cheeers parents.
Dudley se retourna, clairement effrayé, et son regard échoua sur l'énorme tête d'un orque placée à 3 centimètres de la sienne. Un cri purement inhumain s'échappa de sa bouche alors que ses parents découvraient -derrière eux- un zombie. En décomposition...
Deux hurlements supplémentaires se mêlèrent au premier.
L'orque se boucha les oreilles et le zombie cria avec eux.
Un rire machiavélique attira leur attention en direction de la porte - et donc de la pièce entière. Ils prirent conscience, à ce moment là seulement, des flammes rouges vives et noires qui se propageaient dans le salon. Partout, des flammes. Un autre éclat de rire les figea. Avec stupéfaction, les trois moldus virent un diable sortir des flammes.
Dudley manqua défaillir. L'orque lui donna -automatiquement- une grosse baffe qui lui fit voir des étoiles.
- Mais qu'avons-nous là ?" Le diable se planta sur ses jambes et leur octroya un regard malsain. "Serais-ce nos futures victimes, mes amis ?"
Dudley glapit et Pétunia trembla fortement, collée à l'armoire qui lui servait de mari.
- Qui... qui êtes vous ?!" Beugla Vernon dans un élan de courage. "Sortez de MA MAISON !"
Le diable grimaça et se boucha les oreilles. "Zork, fais taire ce crétin."
- Zork taper fort ? Zork pouvoir manger jambes après ?" Ron était à fond dans son rôle. "Zork arracher tête et ronger os ?"
Le diable se gratta le menton alors que Vernon virait progressivement au vert.
- Tu as si faim que ça ?" Questionna le diable.
- Zork gargouille avec son ventre."
- Bien, Zombak, donne à Zork le plus petit de ces cachalots."
Le zombie ne bougeait pas d'un poil depuis le début de toute cette scène. Il sembla se réveiller à cet instant là. Ses dents crasseuses répétèrent "petit cachalot pour zooork" en une sorte de litanie infernale qui fit éclater Dudley en sanglots.
- MAMAAAAAAAAAAN !"
Ce fut le signal pour Vernon qui refusait de laisser son rejeton se faire bouffer par une parodie d'orque. L'homme attrapa la première chose qu'il trouva (un vase) et le brandit au dessus de la tête de l'orque.
- LAISSEZ MON FILS !"
A cet instant, une petite pastille rose roula à ses pieds, libérant des lianes qui serrèrent les chevilles de l'homme. Pétunia hurla en le voyant s'immobiliser, le vase toujours prêt à rejoindre la tête de l'orque, lequel se contenta de reculer hors de portée.
Le diable poussa un cri abominable et un vent furieux gagna la pièce.
- Comment osez-vous ?!" Le diable fut entouré d'une flamme noire. "COMMENT OSEZ-VOUS VULGAIRE HUMAIN ?! J'en appelle aux plus sombres esprits siégeant aux portes de l'eeenfer !"
Hermione comprit le signal et jeta une potion violette au sol. Bientôt, un épais brouillard empêcha quiconque de distinguer ce qu'il se passait dans la pièce. Lorsqu'il disparut (enfin, en partie), la famille Durlsey put aviser la présence -toute nouvelle- d'un vampire, un squelette et une sorcière aux côtés du diable.
Le vampire tapait du pied, l'air furieux, du sang étalé sur ses vêtements et autour de ses lèvres.
- Satan, j'étais en plein repas." Siffla le monstre. "J'ose espérer que c'est important."
La sorcière approuva. "J'étais en pleine tuerie !"
Le diable leva les mains en signe de rédemption et fit un mouvement de menton en direction des moldus. "Vamp, tu n'as qu'à manger la femme. Le petit cachalot est pour Zork."
Le vampire se lécha les lèvres et fonça sur Pétunia, qui -comme c'est surpreeenant- hurla à s'en déchirer les cordes vocales.
- Mais avant..." Dit le diable. Le vampire soupira, coupé en plein élan. "Amusons-nous. Je déclare ouvert le procès d'une famille de crétins."
Les concernés blêmirent plus encore si c'est possible. L'orque et le zombie tournèrent le canapé face au diable et y assirent -de force- les moldus.
- J'appelle devant moi la femme au cou de girafe."
- Attends." Interrompit la sorcière de sa voix nasillarde. "Ils ont le droit à un avocat."
Le diable fit la moue alors que Pétunia tremblait comme une feuille.
- Bien, Zork, tu défends le cachalot. Le petit. Zombak, tu n'as qu'à défendre la girafe." Le diable hésita et haussa les épaules. "Un volontaire pour le dernier ? Vamp ? Squellate ?"
Un grognement lui répondit. "Allez, faites un effort."
Squellate se proposa, de mauvais cœur.
- Zork pourra manger petit gros cachalot après procès bidon ?"
Ahahahaha... Hermione gloussa. Vamp se mordit la lèvre. "Laisse moi lui sucer le sang avant, tu auras des morceaux de ma proie aussi."
- Zork ok. Mais Zork très faim, alors procès très vite fini."
Le diable ricana et le squelette tapota l'épaule de l'orque, l'air compatissant.
- Ne t'inquiètes pas. C'est bientôt l'heure du dîner."
Lucinda caressait doucement la tête de Fumseck, essayant de se détendre du mieux qu'elle pouvait. Helga Poufsouffle (la gentille dame fantôme) lui parlait de temps en temps, lorsqu'elle s'ennuyait. La dernière fois -se rappela l'enfant- Helga avait supposé qu'il valait mieux que son "papa de substitution" sache que son fils était chez "les monstres moldus". Parce que c'était dangereux. Et puis, avait ajouté Helga, si Severus allait aider Adel là-bas, alors le père et le fils se rapprocheraient.
Lucinda ne comprenait pas tout, à son âge. Alors Helga expliquait -chaque fois- plus simplement : Lucinda devait aider Adel en faisant en sorte que son papa lui montre qu'il l'aime fort fort fort. Pour cela, elle devait le vendre à Severus.
Ainsi résumé... Lucinda leva son regard gêné sur le vieux papi à la barbe blanche et sourit faiblement. Le vieil homme eut un sourire chaleureux qui la rassura immédiatement. Il lui semblait gentil...
- Lucinda, peux-tu nous expliquer ce que tu sais ?" L'incita Dumbledore d'un ton doux.
Lucinda cligna.
- A propos d'Adel." Précisa le vieil homme.
Lucinda acquiesça mollement et essaya de visualiser le visage doux et souriant de sa gardienne, Helga, y puisant un peu de courage. "Ady c'est le petit garçon de Severus, et ses meilleurs amis c'est Ronron, Mione et 'Gin."
Dans un tableau, Salazar et Rowena échangèrent un regard amusé. Helga sourit doucement, complètement mièvre quand il s'agissait de Lucinda.
- Lucinda, explique nous où est Adel." Intervint Severus, grognon.
- Normalement, je ne sais pas." Nota Lucinda avec simplicité. "Pourquoi vous ne demandez pas aux fondateurs ?"
De quoi clouer le bec aux deux hommes. "Aux fondateurs...?"
Salazar leva les yeux au ciel et croisa les bras, fâché. Son attitude signifiait clairement "Tu n'es même pas capable de manipuler un enfant", à l'attention d'Helga qui s'en mordit les lèvres.
- Oui, Madame Rowena, Helga, Monsieur Salazar et Godric... ils le savent eux, ils m'ont dit..." Lucinda s'interrompit lorsqu'elle avisa l'air éberlué de Dumbledore. "Vous les connaissez Monsieur ?"
Dumbledore se secoua les neurones et essaya un autre sourire bienveillant. "Oui, bien sûr. Donc, ce sont tes amis hein ?"
Lucinda approuva. "Oui. Surtout Helga."
Severus posa une main sur l'épaule de l'enfant, les sourcils froncés. "Et qu'est-ce qu'ils savent, alors, pour Adel ?"
Les fondateurs échangèrent un regard alarmé. La question était trop vague, Lucinda risquait fort de répondre à côté (et à leur désavantage). Godric croisa les doigts, Salazar croisa les bras (moins puéril).
Mais Lucinda semblait -cette fois ci- tout à fait consciente de ce qu'on lui demandait. "Ady est partit avec Mione et Ronron. Ce sont ses amis, ils sont gentils et courageux. Ils l'ont sauvé une fois déjà, quand Papa Severus n'était pas là."
Papa Severus pinça les lèvres. "Sauvé de quoi ?"
- Les monstres." L'éclaira Lucinda. "Ils lui faisaient du mal, maintenant, Ady est malade."
Dumbledore décryptait -tout comme Severus. Ceci dit, les deux auraient préféré des explications plus claires, moins décousues. Severus s'impatientait. Il voulait savoir où était son fils, voir -au passage- la raison pour laquelle l'école ressemblait à un joyeux bordel.
- Qui sont les monstres ?" Relança Dumbledore, attentif.
Le visage de Lucinda se ferma. Elle butait visiblement sur la question, ou bien n'osait-elle pas répondre. D'un coup, elle avait l'impression de trahir Ady. De vendre ses secrets. Severus s'agenouilla à sa hauteur et passa une main dans ses cheveux blonds.
- Ma puce, qui fait du mal à Ady ?" Souffla l'ex-mangemort avec douceur. L'effet fut immédiat, Lucinda prit un air grave et lui fit un rapide câlin, manifestant qu'elle lui accordait sa confiance parce qu'il était "le papa d'Ady" et qu'un Papa protégeait ses enfants, comme le sien (le vrai) le faisait avant... avant... Lucinda baissa les yeux.
- Mione et Ronron disent que c'est des monstres moldus. Ils s'occupaient d'Ady avant. Ils sont très méchants et à cause d'eux, Ady est vraiment beaucoup malade. Des fois il pleure."
Vendu. Severus acquiesça et laissa l'enfant se blottir contre lui. "Alors ils sont allés les voir, c'est bien cela ?"
- Moui." L'enfant tripota le col de Severus et Dumbledore s'empêcha de glousser devant la scène juste surréaliste. "Parce que sinon, Ady ne t'aime pas, parce qu'il a peur."
Elle répétait ce qu'elle avait entendu d'Hermione ou de Ron. Saisir les tenants et les aboutissants de la situation lui paraissait difficile. Parfois, son frère et ses amis discutaient de choses sérieuses -comme celle ci- dont elle n'enregistrait que des brides. Du moins, quand ils étaient au chaudron baveur, à l'époque, ils le faisaient.
Dumbledore et Severus avaient compris qu'elle parlait des Dursley's. Ils auraient pu s'en contenter... mais Severus sentait sa curiosité (et une sourde angoisse) grandir en lui. Voilà un moment qu'il désirait comprendre le mystère entourant son fils. L'opportunité se présentait maintenant, il devait la saisir.
- Qu'est-ce qu'ils disaient d'autre ? Que faisaient les monstres à Ady ?"
Lucinda le dévisagea et lui caressa la joue. "Ils le punissaient."
- Quand il était méchant ?"
- Non, tout le temps, parce qu'ils pensaient qu'Ady est un monstre, alors que ce n'est pas vrai. Ady voulait son papa, comme moi quand le monstre avec les yeux rouges est venu et que j'étais toute seule après." La gamine ravala sa salive et ré-agrippa les vêtements de Severus. "Ronron et Mione sont avec lui, alors c'est bon, hein. C'est finit les questions ? Tu vas le chercher et lui faire un câlin maintenant, Papa Severus, il faut que tu montres à Ady que son papa est là et qu'il l'aime fort."
Severus cligna des yeux alors que la gosse s'extirpait de son étreinte et s'éloignait de lui. Fumseck sautillant à ses côtés (gnah ?!) Lucinda alla ouvrir la porte du bureau de Dumbledore puis planta son regard sérieux dans l'ébène de Papa Severus.
- Alors ? Qu'est-ce que tu attends ?"
Dans le tableau, Salazar s'inclina face à Helga, laquelle bomba la silhouette. "Mon héritière est la meilleure, vous me devez tous un service - celui que je veux. Il s'agissait bien des termes de notre Pari, n'est-ce pas ?"
Seul Dumbledore les entendit, Severus Snape avait déjà quitté la pièce. Tout comme Lucinda, emportée par Fumseck.
Le groupe de monstres occupant Privet Drive n'était pas peu fier. Question procès bidon, il s'en sortait avec les honneurs !
Notre diable avait changé d'avis. Le premier accusé était un bébé cachalot, plus une girafe. Pour la énième fois consécutive, le squelette (Ginny) contesta ce fait, argumentant que si le bébé cachalot passait en premier, Zork allait -ensuite- faire un bruit d'enfer, à mastiquer et avaler les membres de "la chose", pourrissant le reste du procès.
Et plus le choix quant au premier accusé changeait, plus les Dursley viraient au blanc.
Ady souffla quelque chose à l'oreille d'Hermione et disparut par la porte du salon. Il grimpa quatre à quatre les escaliers menant au grenier, désireux de ne pas manquer le réel début des festivités.
Se trouver ici, à nouveau, ne l'horrifiait pas tant qu'il l'avait cru de prime abord. En fait, revoir ces murs lui semblait presque libérateur. Son regard émeraude s'attarda sur les tapisseries. Il y transposa les murs des cachots puis ceux de sa chambre - chez son père.
Un sourire gagna ses lèvres. Il réalisa enfin : plus jamais, après ce procès, il ne serait obligé de venir ici. Terminé. Plus d'étés affreusement longs ou douloureux. Plus d'air méprisant typiquement Vernonien au petit matin. Plus de monstre, plus de "Potter dégage de là", ni même de "Potter dresse les couverts !".
Plus de petit garçon effrayé blottit sur un matelas miteux, au fond du placard sous l'escalier, parmi les araignées.
Terminé. Le garçon se mordit la lèvre et ouvrit la porte du grenier. Il jurerait qu'Hermione avait levé les yeux au ciel, plus tôt, lorsqu'il lui avait parlé du merveilleux miroir de sa tante, qu'aucun membre de cette affreuse famille n'était autorisé à approcher.
Le garçon alluma l'interrupteur et fit un tour sur lui-même, cherchant le précieux objet. Il le vit dans un coin, placé à l'opposé des affaires de sa mère, couvert d'un drap blanc.
Se frottant les mains, Snape Junior n'eut pas à se faire prier pour approcher, arracher le drap et poser son regard sur l'antiquité.
Il ne s'attendait pas à y voir le reflet de son père, Severus Snape. Oh non, certainement pas... Le souffle d'Ady se bloqua dans sa gorge alors qu'il prenait conscience de la présence de Lucinda aux côtés de l'homme. Et d'un autre enfant dont elle serrait la main.
Un môme aux cheveux de jais, aux grands yeux verts, sur le front duquel se dessinait une fine cicatrice en forme d'éclair. Ady sentit le trouble s'insinuer en lui.
Que pouvait bien faire ce miroir ici ? De toute évidence, il s'agissait d'un miroir magique, donc de conception sorcière. L'esprit vif du jeune homme en déduit que le miroir devait appartenir à sa mère. La tante Pétunia refusait sûrement de le déplacer par crainte.
Les yeux verts observèrent le petit Harry du miroir changer d'apparence en même temps qu'il lâchait la main de Lucinda pour s'agripper à la jambe de Severus Snape. Ady secoua la tête, ahuri. Il ignorait quel scène jouait ce miroir, quel en était le but, la raison, le sens. Mieux valait recouvrir le miroir, le recacher. Peut-être en parler à son père plus tard. Ou à Lupin. Un adulte responsable.
C'est ce qu'il comptait faire quand un élément de la scène le figea. Un petit élément. Le Harry Potter du miroir venait de sortir de sa poche un anneau noir couvert de runes luisantes. Le reflet de l'enfant qu'il était fit un geste du menton en direction de la Lucinda du miroir. Celle-ci tendit une main et l'échange s'effectua. L'anneau passa d'une main à l'autre, presque naturellement.
Puis Lucinda brilla -fort, très fort. De plus en plus fort même. Adel ferma bientôt les yeux, incapable de soutenir l'intensité qui se dégageait du reflet de sa protégé puis du miroir lui-même.
Un fracas assourdissement l'incita à ré-ouvrir les yeux. Ady déglutit. Plus de lumière blanche et insupportable. Mais surtout, plus de reflet magique. Le miroir s'était brisé.
Le garçon remarqua seulement qu'il tremblait. Encore une chose qu'il lui faudrait raconter à Hermione. Ou à son père...
Adel secoua la tête et sortit en courant de la pièce, dévalant les escaliers plus vite encore qu'il ne les avait monté. Il se calma rapidement, ramenant son attention sur la vengeance en cours, vis à vis des Durlsey.
Une vague de soulagement le gagna, au moins pour cela. Il s'agirait d'un poids en moins (et quel poids !). Probablement la fin de toutes ses conneries, même, s'il faisait le deuil de son enfance ce soir.
Il en avait envie.
Le "vampire" pénétra donc dans la pièce et signala vaguement à Hermione que tout ne s'était pas déroulé comme prévu. Puis examina la situation...
Dudley -tremblotant de toute sa graisse- semblait couiner. Son avocat -Zork- se tenait à ses côtés. Ce qui expliquait son premier constat, en fait. Ady ressentit de la pitié pour Dudley.
- Vous parliez d'un cousin, n'est-ce pas ?" Le diable, le torse droit, déambulait devant le cachalot. "Vous vous entendiez peu, qu'avez-vous à avouer ?"
- Harr... Harry. Je- je l'ennui-yai" Lamentable. "Des fois je-je..."
- Zork ordonne de tout dire. ZORK FAIM !"
Dudley sanglota. "Je-je veux pas ê-être man-mangé."
Ady soupira de soulagement. Il n'avait visiblement rien manqué.
- Avouez tout. Rapidement. Je vais commencer à m'ennuyer, plus vous parlerez, plus vous vivrez."
- Paaarler. Viiivre. Paaarler. Viiivre..." Répéta Zombak. "Paaarler ? Viiivreuh...!"
Ady retint un gloussement. N'importe quoi. Juste du grand -du gigantesque !- n'importe quoi.
Dudley sembla cependant saisir le message. En résulta un débit de paroles impressionnant. "Harry, je le poursuivais. Un monstre mon père disait. On le tapait, souvent, beaucoup, on pensait que c'était bien, papa disait que..."
Et blablabla....
Ady leva les yeux au ciel.
- Une fois j'ai inondé son placard, et il a dormit dans l'eau et... dans..."
- La pisse." Termina Ady en un grognement. "Un récit passionnant !" Le pseudo vampire sortit une pastille de sa poche et alla l'enfoncer dans la gorge du cachalot. "Voilà, une punition, ensuite Zork te dévorera. Qu'on passe au suivant, celui-là ne vaut pas grand chose, j'aurais tendance à me lasser."
Hermione éclata de rire en voyant Dudley se transformer en une espèce de gros tas de morve. Zork fit semblant de sangloter. "Zork pas aimer morve."
- Je lui donnerais l'antidote tout à l'heure. Rassure-toi." Le calma le vampire.
- SEVERUS !"
Snape accéléra le pas, désireux de ne pas rendre la traversée du château plus longue que nécessaire. De ce fait, il ignora l'appel de Lupin, lequel courrait désormais derrière lui.
- SEVEEERUS !" Réessaya Remus en le rattrapant.
Snape grogna et accéléra encore, dans l'espoir de semer l'autre. Plus vite il serait aux cachots, plus vite il pourrait égorger son soi-disant fils, plus vite la tension qui l'habitait redescendrait.
Remus lui accrocha le bras, le souffle cours. Severus lui envoya un regard noir mais ne dit rien, poursuivant sa route, tirant le loup-garou (toujours accroché à son bras) en direction de ses appartements.
- Il se passe quelque chose ?" Questionna Lupin. "Tu as l'air défait."
Snape grogna encore une fois et s'abstint de répondre.
- C'est Harry ?"
Severus serra les dents et la porte de ses appartements s'ouvrit devant eux. Il s'y engouffra, tirant Lupin avec lui.
- Enfin Ady ?" Se corrigea Remus. "Sev' ?"
Le dit Sev' grinça. "Remus, lâche-moi."
Le loup-garou obéit, desserrant sa poigne. Profitant de son bras à nouveau libre, le maître des potions attrapa une poignée de poudre de cheminette -posée parmi ses potions- et rejoint la cheminée.
Cheminée devant laquelle Lucinda et Fumseck jouaient, l'un feintant de béqueter le sol alors que l'autre riait aux éclats. Draco, en retrait, secouait la tête d'un air dépassé.
- Comment..." Incrédule, Severus porta un regard ahuri sur la jeune fille.
- Fumseck l'a amené." Expliqua Draco, sceptique. "Elle a dit que tu allais chercher Adel. Ceci dit, j'aimerais bien être mis au courant. Pourquoi Adel n'est plus au château ? Et puis qu'est-ce que Granger et Weasley font avec lui ?"
Le garçon fronça les sourcils. Severus également. Remus se contenta d'hausser les épaules en signe de parfaite ignorance.
- Donc Ady a disparu ?" Le loup-garou essayait de grappiller quelques éclaircissements. "Où est-il ?"
- Mêlez vous un peu de vos affaires." Cracha Snape, ce qui eut au moins le don de court-circuiter le cerveau de Draco. Son parrain devait être de très méchante humeur pour s'adresser à lui d'une façon aussi brutale. Sagement, le blond ferma la bouche et baissa les yeux au sol.
Lucinda cligna et suivit Fumseck dans un coin à part, lui libérant le passage.
Severus jeta la poudre dans l'âtre et annonça sa destination. Remus ne résista pas à l'envie de le suivre, même en sachant pertinemment que le Maître des cachots ne lui avait pas donné son autorisation.
Quand le voyage par cheminée cessa, la première chose que le regard de Remus croisa fut celui d'une vieille femme de sa connaissance. Et ce fut avec surprise que le loup-garou comprit où était Ady.
Arabella Figg le foudroya du regard et croisa les bras sur sa poitrine, l'air furibond. "Monsieur Lupin, je vous croyais mieux élevé que Monsieur Snape."
Remus afficha un air gêné. "Désolé, Arabella."
- Désolé ?" Répéta la femme, surprise. "Vous pensez que ça va suffire ?"
Severus leva les yeux au ciel, agacé. "Arabella, s'il te plait, ce n'est pas le..."
- N'ose même pas finir cette phrase, vilain garçon !" Claqua la vieille femme. "Dites moi si se pointer à l'improviste chez les gens, à pas d'heure et sans frapper, est une nouvelle mode. Je pourrais débarquer chez Albus au milieu de la nuit, voir s'il goûte la plaisanterie !"
Remus baissa les yeux au sol, comme un môme pris en faute, ce qui eut pour conséquence de détendre Madame Figg. "Vous venez pour la bande de monstres ?"
- La bande de monstres ?" Répéta Remus, sans comprendre. Severus ne paraissait pas plus au courant de lui.
- Oui, la bande de monstres qui se dirigeait vers Privet Drive. Dites leur qu'ils sont en avance, ou en retard, pour Halloween. Et ramenez-les moi, leurs costumes m'ont semblé très intéressant, je rêve de les voir de plus près."
Severus grogna, dépassé. "Arabella, soit un peu plus claire."
- Tu n'es pas en position d'émettre des exigences." Le rabroua la femme. "C'est la seconde fois que tu débarques ici de cette façon, sans y être invité. Etant donné qu'une vieille peau dans mon genre n'intéresse personne, j'en déduis que tu cours encore derrière Harry."
Le ton de reproche permit au moins à Arabella de faire son petit effet. Severus parut -pour une fois- mal à l'aise.
- Et Harry Potter est passé devant ma maison, habillé en monstre. Je sais reconnaître son aura pour l'avoir épié pendant de longues années. Non voyons, ne me remerciez pas pour toutes ces informations..."
Severus leva les yeux au ciel tandis que Remus bégayait deux ou trois "merci merci merci" comme un gamin attardé.
- Tu devrais te reposer Remus." Chuchota Arabella. "Ta stabilité mentale semble se dégrader."
Le loup-garou rougit mais ne répondit rien. Arabella eut un sourire en coin puis se résigna à ôter les 13 verrous de sa porte d'entrée, avec une lenteur toute étudiée. Ceci fait, elle libéra le passage, rappelant une dernière fois qu'elle souhaitait voir les costumes de plus près.
Après tout, une vieille femme comme elle ne dirait jamais non à un peu de distraction...
Lentement mais sûrement, la tension engendrait en Vernon une fureur brute. Cette dernière n'attendait qu'un mot de trop pour éclater au faciès des pauvres imbéciles qui les retenaient prisonniers, lui et sa famille, sous leur propre toit.
Sa Pétunia tremblait si fort, lorsque les monstres décidèrent que son tour était venu, que l'infâme Vernon Dursley sentit sa gorge se nouer plus encore, si c'était possible. Personne n'avait le droit de toucher à sa famille. Personne !
- Pétunia Dursley." Siffla le vampire. "Comment allez-vous ?"
- Tout pourrait aller mieux." Avoua la concernée, démolie. "Pourquoi fais-tu ça ?"
Le vampire se figea et plongea son regard émeraude dans les prunelles, embuées, de sa tante. Cette dernière le reconnaissait, contrairement aux deux autres. Ces yeux, si semblables à ceux de sa sœur, qui l'avaient hanté pendant de si nombreuses années... comment pourrait-elle ne pas savoir qui les punissait ce soir ?
- Et toi, pourquoi as-tu fais ça ?" Rétorqua Ady sans se démonter. Pétunia baissa les yeux.
- Qu'est-ce que vous racontez ?!" S'écria Vernon, n'y tenant plus. "Laissez là tranquille tas de vermines !"
- Alors Pétunia ?" Insista Ady. "Réponds-moi."
- Je ne sais pas."
Ady ferma les yeux. "Dis-le. Dis que tu as peur de la magie. Dis que tu détestais Lily, que tu la jalousais, que tu as perdu toute humanité à cause de cette haine."
Lily. Ce fut ce nom qui fit sauter la soupape de Vernon, libérant sa colère et sa grossièreté légendaire.
- Vous êtes des monstres, tous autant que vous êtes, enflures de sorciers d'mes deux, à vous sentir supérieurs, bande de bons à rien ! Vous savez ce que j'lui ai fais au morveux de cette trainée de Lily Potter ? A votre graaand héros tellement fort hein ?" Vernon sembla cracher ces propos et ni le tressaillement du tas de morve qu'était son fils, ni le regard suppliant de Pétunia ne purent l'arrêter. "J'en ai fais mon esclave, mon larbin, il a rampé à mes pieds comme le vermisseau qu'il est. PARCE QUE je suis le plus fort ! J'ai gagné !"
Les prunelles d'Hermione s'écarquillèrent tandis que chacun des jeunes sorciers posait sur Vernon un œil mi-bovin mi-horrifié. Un peu comme si cet éclat de Vernon suscitait en eux l'ahurissement le plus total. Ady ne faisait pas un geste, le regard dans le vide, analysant le flot d'injures proférées par son soit disant oncle.
- J'ai gagné. Je l'ai écrasé, exploité, brutalisé, affamé, humilié. J'ai prouvé que j'étais supérieur à votre pauvre sauveur. Oh oui j'ai gagné !"
Ady cilla. "Non Vernon... Regarde, aujourd'hui, c'est moi qui gagne."
Vernon sembla assimiler la prise de position du vampire. Après quelques secondes de battement, il éclata d'un rire gras quasi démentiel.
- Potter ! J'aurais dû me douter. Je me demande encore pourquoi je ne t'ai pas noyé dès que Pétunia t'a ramené ici. C'est ma plus grosse erreur. J'aurais mieux fait de te réduire au néant, d'écraser ta tête de bâtard dans une porte, de t'éventrer avec-"
La suite mourut dans sa gorge, à l'endroit même où appuyait l'extrémité d'une baguette magique. La masse de graisse suspendit son souffle, transpercée par les orbes ténébreux et brûlants du détenteur de l'arme.
Brusquement, face à un Severus Snape hors-de-lui, Vernon Dursley fut gagné par l'envie puérile de disparaître de la surface de la terre. Sans douleur... De mourir de la main de n'importe qui. N'importe qui sauf l'homme qui le paralysait de son regard ébène et meurtrier. N'importe qui sauf lui.
- Ne - vous - avisez - plus - jamais - de - menacer - mon - fils." Prévint Severus d'une voix dangereuse. "Où vous souffrirez tant que vous en viendrez à rêver que la mort vous emporte."
La bande de monstres n'osait faire un seul geste. Hermione revoyait-en boucle- l'entrée de Snape dans la pièce. La façon dont il avait surgit par l'entrée, vif et rapide, entouré d'une aura noire assez terrifiante. De quoi calmer n'importe quel individu, sorcier comme moldu. Ady avait la bouche grande ouverte, nota bêtement Ron. Si son masque n'avait pas recouvert que le haut de son visage, personne ne l'aurait vu. Surtout pas lui. Ginny et les jumeaux se contentèrent de déglutir péniblement, réfléchissant déjà aux conséquences de la présence de Snape ici.
Le silence s'éternisa un moment, jusqu'à qu'un sanglot déchirant de Vernon le brise, annonçant la fin des festivités. Les épaules d'Ady s'affaissèrent et il baissa la tête lorsque son père de tourna vers lui.
Remus Lupin toussota, signalant sa présence, et leur fit signe de suivre le mouvement vers la sortie. Aucun ne protesta. Seul Ady ne bougea pas, se contentant de fixer un Vernon sanglotant au sol. La scène lui paraissait surréaliste. De toute son enfance, Ady n'avait jamais vu Vernon pleurer. C'était comme si un monument venait de s'effondrer sous son regard vert... Le garçon plongea une main dans sa poche et en sortit une petite pilule rouge. Il la fixa une demi-seconde avant de la jeter en direction du tas de morve caché dans un coin de la pièce. Une fois que son cousin eut repris une apparence humaine, le garçon aux cheveux verts sortit de sa transe et réalisa enfin qu'une main siégeait sur son épaule.
- Allons-y." Ordonna Severus. "Madame Figg nous attend."
Ady ne s'étonna même pas en reconnaissant la vieille Madame Figg qui les attendait sur le perron de sa maison. Il lui sourit, penaud, et déposa juste une légère bise sur sa joue. Si la femme en fut surprise, elle ne le montra pas, se contentant de savourer le moment. Severus entra, suivit de Lupin et des enfants. Ady ferma la marche, derrière Arabella.
Ce fut une fois à l'intérieur que tous les monstres enlevèrent leurs masques, sous l'air gourmand de l'aïeule.
- Quel look, les enfants, j'aime beaucoup, surtout l'orque." Dit Arabella. Ron afficha un air fier. "Asseyez-vous, j'imagine que vous avez eu beaucoup d'émotions. Sinon les rouquins ne ressembleraient pas tant à des cachets d'aspirine ! Je vais vous faire un peu de thé. Harry, tu viens m'aider s'il te plait ?"
Severus ne se sentit même pas la force de protester. Il se laissa tomber dans le canapé, ne s'offusquant même pas lorsque Miss Granger s'y assit aussi, mais à une place de lui... comme s'il allait la manger. Les autres prirent place au sol ou dans les fauteuils, silencieux.
Dans la cuisine, Arabella mit de l'eau à chauffer sous l'œil intéressé d'Ady. Au vu du nombre de personnes présentes, le garçon fit lui-même chauffer de l'eau dans une autre casserole. Arabella lui sourit doucement, attendrie.
- Albus m'avait prévenu que tu avais changé mais je ne t'imaginais pas avec des cheveux verts."
Ady toussota, gêné. "C'est une farce des jumeaux Weasley. Normalement ils sont noirs, un peu comme avant..."
- Comme Severus." Nota Arabella. Un silence prit place, les laissant s'observer. "Tu as tellement grandi."
Ady acquiesça, ne sachant que faire d'autre. Désireux de s'occuper les mains, il prit l'initiative d'ouvrir le placard pour en sortir les sachets de thé.
- Parfois je m'en voulais." Avoua subitement Arabella. "Je voyais que tu allais mal, tu étais tellement petit, un peu craintif, négligé... mais je ne pouvais rien faire. Si ce n'est te dégoûter de tes visites chez moi pour que tu puisses revenir de temps en temps. Si tu t'y étais plu, je doute que les Dursley..."
- C'est compréhensible." La coupa Ady. "Vous n'avez pas à vous excuser."
- Si." Arabella soupira. "J'ai toujours eu envie de le faire. Te dire que je veillais sur toi, que je serais venu les assommer à coup de sac si j'avais pu. Mais je suis une Cracmol et..."
- C'est fini." La rassura Ady. "Vous avez reçu..."
Arabella lui fit un clin d'œil. "Alors c'était toi, hein." Ady rougit. "Merci beaucoup mon garçon, je le porte tout le temps tu sais ?"
Ady eut un sourire gêné. "Oh... eh bien..."
- Regarde." La vieille femme passa la main sous sa veste et en sortit un collier en forme d'étoile, sur lequel se lisait "Mme Figg". Un chat endormi entourait l'étoile, la veillant. "C'était un cadeau de noël inattendu, mais il m'a beaucoup touché, surtout le sort de protection que tu as placé dessus."
L'eau suffisamment chaude, les deux comparses la sortirent du feu.
- Je t'ai entendu chanter une fois, tu voudrais le faire pour moi ?" Quémanda Arabella, pourtant attentive à ce qu'elle faisait. "Tu étais dans le jardin quand je t'ai surpris, j'ai été jusqu'à me cacher derrière une poubelle pour en profiter ! La peine vaut bien un petit concert privé."
Ady rit de bon cœur et attrapa les sachets de thé. "D'accord."
- Je pense que, vu la tête de tous tes amis et de ton père, tu devrais faire en sorte qu'ils en profitent aussi. D'ailleurs..." La femme s'arrêta à la porte. "Severus est quelqu'un de bien, sous son air revêche, et il était mort d'inquiétude. Ne laisse pas passer ta chance."
- Message reçu." Rougit Ady.
La grand-mère pénétra dans le salon, une casserole à la main qu'elle posa sur la petite table qu'entouraient ses convives. Ady fit de même avec la seconde casserole. Sa seconde main lâcha sans douceur les sachets de thé, provoquant un gloussement de la part de Ron.
- J'en ai entendu deux ou trois crier de douleur." Indiqua Ron. "Reste les sachets masochistes qui ont adoré et en redemandent, tu les entends non ?"
Ady lui tapa sur la tête, outré. "Idiot."
- Oh oui merci, tant de tendresse à mon égard !" Remus secoua la tête et Hermione cligna. De toutes évidences, Ron tentait -assez maladroitement- de faire baisser la tension, jugeant qu'il n'avait plus rien à perdre. "On boit à même la table ?"
Ady renifla, faussement agacé. "Justement, toi qui a l'ouïe si fine, tu devrais avoir entendu les tasses scander ton nom depuis le placard de la cuisine !"
- Aaah, c'était donc ça ! Moi qui pensait qu'il s'agissait des fans de Zork..."
- Orque débiiile, bouge ton illustre derrière de demeuré si tu veux un peu de restes." Siffla Ady, reprenant son rôle de vampire. Fred explosa de rire alors qu'un sourire en coin étirait les lèvres de Remus. Severus haussa juste un sourcil et Arabella gloussa.
- Zork écraser ta tête. Zork se faire servir. Zork le plus fort !"
- En attendant, les tasses ne viennent pas toutes seules." Souleva Arabella d'un air faussement sévère.
- Je vais les chercher." Répondirent Remus et Ady d'une même voix.
- Si vous insistez." Rit Arabella. "Vous savez tous deux où elles se trouvent."
Ady tira la langue à Ron et fonça vers la cuisine, ouvrant automatiquement le bon placard. Il salua la précision de ses souvenirs, assez fier. Remus lui ébouriffa les cheveux et sembla sur le point de lui dire quelque chose.
- Ne te fatigue pas." Indiqua Ady. "Mon père va sûrement me gronder comme il faut. Et Madame Figg m'a déjà donné ses recommandations. Tiens, prends ces tasses là."
Remus s'exécuta, non sans avoir l'air hébété. Ils regagnèrent ensemble le salon, offrant gracieusement à chacun l'une des tasses. C'est ainsi que Severus se trouva avec deux tasses tendues dans sa direction, l'une de la part d'Ady, l'autre de la part de Remus. Le maître des potions haussa les sourcils, surpris.
- La mienne." Bouda Remus. "Elle est mieux."
- Non la mienne." Ady fit la moue. "Elle n'est pas rose au moins, contrairement à la tienne."
- Elle est plus grande." Contra Remus. "Et toc !"
- Tu rigoles, il aurait l'air d'un parfait crétin avec une grosse tasse rose dans les mains !" Développa Ady. "ET TOC !"
Remus se trouva à court de mots. L'air vaincu, il jeta un regard désespéré à Severus. "Au nom de l'amitié qui nous lie... accepte cette tasse."
Ady afficha un air outré, conscient que la scène avait re-déclenché l'hilarité de Ron - mais aussi d'Hermione et de Ginny. "JE suis son fils je te rappelle ! Ca pèse plus lourd !"
Remus sourit, attendri. "J'admets. On dirait que tu as gagné. Severus, tu peux prendre sa tasse."
Ady vira au rouge sous le regard intense de son dit père. "Ahem. Tenez."
Arabella lui tapota la tête et lui signala qu'il ferait mieux de s'assoir. Ady en profita pour fuir les yeux ébène de Severus à la recherche d'une place. Il en restait deux. L'une à côté de Ginny, l'autre entre Hermione et son père. Hermione lui envoya un regard insistant.
Ady plia. Sans avoir à se forcer. Son royal popotin se cala entre Hermione et Severus, l'air de rien. Fier de lui, Remus lui tendit... la tasse rose.
- Il m'en restait justement une pour toi. Ne me remercie pas, c'est tout naturel."
- ...." Ady pinça les lèvres, boudeur. "Tu es mesquin en fait."
- Tu crois ?" L'air angélique, Remus alla se rasseoir, laissant l'honneur à Madame Figg de servir tout le monde.
Severus se gronda mentalement alors que ses yeux glissaient de façon quasi-compulsive vers son fils, si proche. Lequel fils s'enfonça plus profondément dans le canapé, allant même jusqu'à se coller à lui. Probablement n'en avait-il pas conscience, décida Severus, ou alors était-ce un moyen de l'amadouer pour éviter le savon qui suivrait dans la soirée. Après tout, chacun des mômes allait en prendre pour son grade. Et pas qu'un peu...
Ceci dit, Ady était un peu tendu, il le voyait. Donc l'action devait être volontaire... et au vu de la façon dont il rougit lorsque leurs regards se croisèrent, en plus d'être volontaire, l'action semblait profonde, voir signifier un pas de l'enfant vers lui. Severus retint sa respiration et décida de répondre au geste. Décision qui se concrétisa lorsqu'il posa sa main sur la jambe de son fils, comme si de rien n'était, lui aussi.
- Vous aimez mon thé ?" Questionna Arabella.
Ady approuva vivement. "Il est -euh..."
- Sans goût hein. C'est normal mon chéri, parce que tu bois de l'eau chaude, si je ne m'abuse. Ton sachet est toujours sur la table..."
Tous les gamins éclatèrent de rire, sauf Ady, trop gêné. Severus attrapa le sachet et le lui tendit, un sourire étirant le coin de ses lèvres. "Je ne ferais aucun commentaire, pas de soucis."
Ce à quoi Ady grommela, se ratatinant sur place.
- Au fait, tu me dois toujours ce concert privé." Signala Arabella. "Après tout, nous n'allons pas nous voir pendant un moment."
- Pourquoi pas ?" Répondit Ady, confus. "Vous pouvez venir par cheminette, ou moi, non ?"
Arabella sembla secouée par la supposition d'Ady. "C'est gentil..."
- C'est normal. Et puis, votre thé est délicieux, surtout après avoir mis le sachet dans l'eau..."
Arabella rit. "N'est-ce pas ? Alors ce concert ?! Ne détourne pas mon attention."
Ady se leva et se plaça devant le divan, adressant au passage un clin d'œil à Hermione, laquelle comprit immédiatement qu'une fois de plus son choix de chanson ne serait pas innocent. Arabella s'assit et le toisa d'un air complice, comme si elle se doutait que la suite allait bien la faire marrer. Le garçon fit la moue et s'humecta les lèvres, touché par le silence religieux qui l'entourait désormais. Il ferma les yeux et débuta.
- Qui voudrait être à ma place ?
Qui saurait comment faire face,
A ce rôle qui me fait peur ?
Je vous laisse juges et complices,
Vous en laisse le bénéfice
Pour jouer en coulisses."
A chacun sa place, à chacun son impasse..."
Le garçon rouvrit les yeux et croisa le regard hilare d'Hermione. Une fois boosté, de façon implicite, par sa meilleure amie, il se plongea tout entier dans les paroles, tournant toute son attention vers son père.
- Pas la peine de me chercher
Non pas la peine de me proposer
A vos rêves m'attacher
Je suis fait pour ne rien faire
Mais surtout pour bien le faire
Pas envie de me lever
Non je n'ai pas envie de m'encombrer
Ni d'avis à donner
Je suis fait pour la fête
Pas pour la prise de tête, non."
Puis faisant profiter Remus cette fois...
- A qui la faute ?
La vie est trop sérieuse pour m'y ennuyer
A qui la faute ?
Non non c'est pas de ma faute, non.
Pas de quoi se relever
Non pas de quoi en rajouter
Ni de quoi s'en venter
Je suis fait pour la fête
Pas pour la prise de tête, non.
A qui la faute ?
La vie est trop sérieuse pour m'y ennuyer.
A qui la faute ?
C'est pas de ma faute
Les envies trop nombreuses pour y résister
Non non c'est pas de ma faute, non."
Puis s'adressant à tous, un léger sourire flottant sur ses lèvres.
- Je suis comme je suis
Je suis comme je vis
Je fais tout ce que je peux
Je vis comme je vis
Tout ce qu'on me dit
Ne me rend pas,
Ne me rend pas heureux...
A qui la faute ?
La vie est trop sérieuse pour m'y ennuyer
A qui la faute ?
Non ce n'est pas de ma faute
A qui la faute ?
Les envies trop nombreuses pour y résister
A qui la faute ?
Non non c'est pas de ma faute, Non !"
Arabella se permit d'applaudir, à fond dans un délire connu d'elle-seule. Severus acquiesça en direction de son fils et se leva, plaçant une main sur l'épaule du plus jeune.
- Il est tard Arabella, merci pour le thé." Signala-t-il.
- Oh non merci à eux, je revois bientôt Harry de toutes façons, n'est-ce pas ?" Arabella ne perdait pas le nord. Severus renifla, amusé. "Bonne nuit à tous. Enfin... bonne nuit, nous nous sommes compris. Passez le bonjour à Albus."
Sur ce, chacun s'engouffra dans la cheminée en utilisant -bien évidemment- la poudre de Madame Figg, laquelle en eut beaucoup moins d'un coup... Direction Poudlard.
Chanson : A qui la faute, Christophe Mae (issue du Roi Soleil)
Pour les reviews : Etant donné qu'elles datent, j'imagine que répondre individuellement serait un peu bizarre. Je ne sais même pas si vous vous souvenez en avoir laissé ! Ceci dit, je tiens à vous remercier à toutes et à tous pour ces messages d'encouragement. Je m'excuse auprès de chacun d'entre vous (en fait, je ne m'excuserais jamais assez je pense). Vos commentaires sont une source de plaisir sans limite. Je tiens à rassurer Mini-Yuya et Snapi Snapo : non, je n'abandonne pas. Disons que la fic était en hiatus...
Merci à Victoria également qui m'a fait l'immense surprise de souhaiter un joyeux nowel à Adel (ça restera gravé ça :)). Et puis merci à tous, en fait, qui avez lu, lisez et/ou lirez encore. Bref bref.
Oh... et un immense merci à Laeticia, qui a corrigé ce chapitre de... 28 pages ! (N'importe quoi mes chapitres franchement xD) Ce qui a demandé du temps et du courage ! J'ai compatis chaque seconde...
