Chapitre non corrigé, je préfère vous avertir :)
Chapitre 22 : Confusion et poupée de chiffon
Le plus compliqué, dans cette histoire d'amulette semblait de trouver par où débuter les recherches. Même en faisant preuve de bonne volonté, Adel ne voyait pas. « Trouver le descendant de Serdaigle » : facile à dire ! « Retrouver l'amulette », encore plus simple à dire ! Mais à faire ? Sans la moindre petite piste, entamer des recherches ne servirait pas à grand chose. Ce serait une pure perte de temps et d'énergie. Si Ady disposait du temps – plus ou moins- l'énergie, en revanche, lui faisait cruellement défaut.
Si seulement Hermione était là. Son génie naturel lui serait d'un secours non négligeable, il n'en doutait pas un seul instant.
En l'occurrence, Hermione n'était pas là. Par sa faute. Alors autant qu'il se fasse une raison et patiente bien sagement jusqu'au retour de ses amis. La semaine d'expulsion terminant dans quatre pauvres jours, d'ici là, il attendrait sans faire plus de bêtises. N'étais-ce pas une bonne résolution ?
Ady eut un sourire en coin, désabusé par l'éventualité que « ne plus faire de bêtises » ne soit pas quelque chose de possible pour lui. Après tout, il devait bien l'admettre, que ce soit en tant qu'Harry ou en tant qu'Adel, les ennuis venaient à lui plus rapidement qu'il ne le voulait.
Lucinda sifflota doucement, à des lieux des réflexions du jeune homme. Adel lui jeta un regard rapide puis replongea dans ses réflexions.
Il aurait pu demander aux fondateurs de l'éclairer, c'est vrai, mais là aussi Ady préférait attendre le retour d'Hermione et Ron. Leur trio – en plus d'être rassurant- était indéniablement efficace. Leur escapade chez les Dursley's, ces infâmes moldus idiots, lui avait fait l'effet d'une piqure de rappel, au sens où Ady reconnaissait désormais que ses amis lui avaient été -et lui seraient toujours indispensables face aux difficultés. Combien de fois s'en étaient-ils sortis ensemble ?
Pour la énième fois en trois misérables jours, Adel trônait sur le canapé du salon, les yeux dans le vague. En tailleur, au sol, Lucinda l'observait discrètement. Le cerveau englué par les potions de Pompom, Adel avait l'impression que chaque réflexion lui demandait un effort immense. Il n'aurait jamais cru que les médicaments l'abrutissent autant. A moins que ce ne soit l'excès de pensées. Sait-on jamais si cogiter ne nuisait pas à la santé...
– Dis Luce, qu'est-ce que tu ferais si tu avais une amulette maléfique dans les mains ? » Souffla Ady, brisant le silence. Oui, voilà, il débuterait ainsi, par envisager diverses solutions...
Lucinda le fixa, les yeux démesurément ouverts. Après un instant d'hésitation, la gamine osa répondre. « Je ne le dirais à personne... »
Ady soupira. « Ouai, ça n'aide pas. »
Lucinda rougit, désolée, et tenta de se rendre un peu utile. « Si j'étais un méchant, je détruirais... »
– Non. » Coupa Adel en se grattant le menton, l'air abruti. Lucinda cligna. « Je doute que ce soit un méchant qui l'ait volé à Voldemort. Honnêtement, quel intérêt ? Détruire Poudlard, Voldy pouvait très bien s'en charger... »
De ce côté là, Ady était certain de tenir le bon bout. L'homme -ou la femme- qui possédait l'amulette ne pouvait pas être du côté de Tom. Les mangemorts désiraient faire plaisir à leur maître, pas le rendre furibond...
– Qu'est-ce que tu ferais, toi ? » S'enquit Lucinda, curieuse.
C'est vrai ça, qu'est-ce qu'il ferait, lui ? Ady fronça les sourcils, songeur. « Je suppose que... » Il ne s'était pas posé la question, à vrai dire. Cela aurait du lui sembler évident. Il détruirait cet objet de malheur ! Adel soupira, non, il ne le ferait pas. D'abord parce qu'il ne savait pas faire un truc pareil (il n'y avait pas de notice pour sorciers demeurés souhaitant réduire en miettes des objets maléfiques), ensuite parce qu'il n'avait pas l'impression de le vouloir. « Je la mettrais entre les mains les meilleures. »
Ouai. Tout à fait. Il s'en débarrasserait ainsi, laissant la charge à quelqu'un de plus doué que lui.
Lucinda acquiesça, pensive. « Comme ça, Poudlard n'aurait pas de problème. »
– Reste à savoir qui a les meilleures mains. »
Malheureusement, Ady Snape n'avait rien de quelqu'un de clairvoyant.
Severus se prit la tête dans les mains et grogna. Assis dans le bureau de Dumbledore en compagnie des Malfoy au grand complet, il pressentait l'arrivée des ennuis. Ah, pardon, il étaient déjà là. La lumière venait de perdre ses derniers espions, après tout, en la personne de Lucius Malfoy et sa femme. Plus aucun atout dans les rangs ennemis, donc. Si ceci n'entamait pas le moral des troupes... Snape voulait bien se déguiser en bomba-latina.
Lucius lui serra l'épaule dans une tentative pour le rassurer. Comme si c'était lui qui en avait besoin ! Recouvert de bandages, le blond semblait le plus à plaindre. Au grand soulagement de Narcissa et Draco, cependant, il semblait aller bien mieux que quelques jours auparavant. Severus jeta un coup d'œil désabusé à son filleul. Celui-ci avait été mis dans la confidence, plus ou moins, mais Severus savait qu'il n'y avait pas plus abusé que Draco Malfoy, l'abruti congénital qui arrivait à côtoyer Harry Potter sans même en avoir conscience. Le blondinet semblait fier d'être ici, parmi eux, comme s'il était à égalité avec chacun des individus présents dans la pièce. Alors qu'il n'en était rien. Tout ce que Malfoy junior savait, c'est que Potter avait averti l'ordre de l'état de son père, lui sauvant la vie.
Severus eut envie de ricaner. Réunis autour d'un thé, les uns et les autres réfléchissaient aux derniers évènements. Et Severus ricanait, vous l'aurez compris. Ce devait être compulsif...
– Qu'est-ce qui a bien pu mettre Tom dans une colère pareille ? » Murmura Albus, préoccupé. Il n'avait certainement pas l'habitude d'être aussi ignorant. « J'ai l'impression qu'un détail m'échappe. »
Qu'il l'admette était suffisamment inquiétant pour que chacun, dans cette pièce, se sente aussi préoccupé que lui. Severus arrêta de ricaner un instant, d'ailleurs, se renfrognant.
– Avez-vous demandé à Potter ? » S'enquit Lucius, agacé. « Il semble tout savoir, celui là. »
Évidemment, personne n'avait pris le soin d'expliquer à Lucius Malfoy qu'Harry Potter partageait un lien mental avec le Lord Noir. Severus comprenait que Lucius soit confus quant au fait qu'Harry Potter ait pu le sauver sans même bouger. En fait, Lucius ne pigeait rien et il n'en faudrait pas beaucoup avant que ce point-ci l'énerve.
– Ne dis pas d'inepties, Lucius. » Avertit Severus avec une étrange animosité. « Que veux-tu que Potter sache ? »
– Lucius haussa un sourcil, surpris. « Aucun de nous n'ignore que dès que le Seigneur des Ténèbres perds son sang-froid, Potter est impliqué. »
Severus afficha un air méprisant qui fit grimacer Narcissa. « Un argument incroyable, Lucius. »
Personne ne manqua l'ironie de la déclaration. Lucius lui jeta un regard venimeux. « Le Lord m'a torturé à mort, Severus. Il m'a semblé très clair que Potter était à l'origine de sa colère. Tu n'étais pas là, mais moi si, malheureusement, alors ne remets pas en question mon avis sans arguments valables pour le contrer. »
Severus pinça les lèvres mais ne répliqua rien. Malfoy considéra ce silence comme significatif d'une victoire bien amère. L'implication de Potter dans la colère du Lord n'était pas à démontrer. Il savait pertinemment que ce morveux -même indirectement- était coupable. Pure logique. Selon un Malfoy, rien n'est plus énervant qu'un Potter. Sinon un Snape, mais cette fois, Severus était hors de tout soupçon. Il ne vient jamais à l'esprit de Lucius Malfoy qu'il existait un autre Snape...
Tant pis pour lui.
Draco se racla la gorge, intervenant pour la première fois. Sa mère lui sourit, encourageante.
– J'ai bien peur de ne pas comprendre. » Admit le jeune-homme en essayant de garder un air neutre. « Potter et le Lord sont en relation ? »
Non parce que si Potter et le Lord ne communiquaient même pas, Draco voyait mal comment le survivant pourrait énerver le mage noir. A moins d'avoir fait quelque chose de particulièrement atroce au Lord, sans même entrer en contact avec celui-ci. Hm...
Lucius le fixa avec un étonnement visible. « Au contraire. Le Lord ignore où est Potter, ce qui implique qu'aucun contact ne s'opère entre les deux. Du moins physique, je pense que nous ne devrions pas exclure... »
– Aucun contact. » Coupa sèchement Severus. « Potter est surveillé, de toutes façons. »
Oui, enfin, pas suffisamment, visiblement, puisqu'il avait réussit à quitter le château quelques jours plus tôt... Sale gosse.
– Alors comment Potter peut énerver le seigneur des ténèbres ? » Questionna Draco, naïf. « Je veux dire, plus que d'ordinaire. Au point qu'il essai de tuer mon père... »
Les yeux de Dumbledore pétillèrent d'un amusement mal placé. « Harry a beaucoup de ressources. » Le citronné semblait être prêt à rire d'une blague que lui seul pouvait comprendre. « Il était destiné à Serpentard, après tout. »
Draco ouvrit muettement la bouche, dépassé par la déclaration qui -en soi- n'avait rien à faire dans cette discussion. D'ailleurs, cette discussion ne servait à rien. Severus fronça les sourcils, Ady était certes à Serpentard mais la façon dont Dumbledore avait tourné sa phrase laisser presque supposer que...
– Il s'agit là d'un point qui fait cruellement défaut à Voldemort. » Les autres frissonnèrent alors que le vieux fou se resservait une tasse de thé, l'air de rien. « Allons, les enfants, ce n'est qu'un nom. »
Les enfants ? Lucius pâlit affreusement et Narcissa lui jeta un regard d'avertissement. Inutile de relancer une bataille.
– Potter n'a pas l'étoffe d'un Serpentard. » Trancha Draco, toujours choqué par l'idée même du Golden Boy dans la fosse aux serpents. « Franchement... »
Albus sourit un peu plus, si possible. « Un préjugé qui lui donne un certain avantage. Un loup frappe plus fort lorsque ses ennemis ne voient en lui qu'un agneau. »
D'accord, cette conversation ne menait vraiment à rien.
– Peu importe. » Lucius sortit de sa léthargie. « Le survivant est en cause, demandez-lui ce qu'il a fait. Et surtout comment il l'a fait. Et cessez surtout de dépenser votre salive pour rien.»
Draco s'empêcha d'être surpris face à l'attitude de son père. Sa présence ici résultait du seul souhait de sa mère qui jugeait -désormais que leur couverture était tombée- que son fils courrait un certain danger. Le tenir informé était une priorité, selon elle.
– Harry n'est pas disposé à parler de quoi que ce soit. » Déclara Dumbledore.
– Disposé ? » Répéta Lucius, brusquement menaçant. « Disposé ?! Dumbledore, j'espère qu'il s'agit là d'une blague et que nous ne dépendons pas des souhaits d'un morveux insipide. Tirez-lui les vers du nez, s'il ne veut rien dire. Fouillez son esprit, même ! Mais il est hors de questions que nous attendions qu'un sale gosse soit disposé à éclairer nos chandelles, vieux fou ! Nous ne pouvons pas agir contre le Seigneur des ténèbres sans rien saisir de la situation réelle ! »
Le vieux mage eut un sourire contrit alors que les autres fixaient Lucius, éberlués. De toutes évidences, les nerfs du blond craquaient. « Lucius, fouiller l'esprit des autres est interdit, vous devriez le savoir. »
–Comme si ce détail vous avait jamais arrêté ! » Siffla Lucius. « Faites le venir ici, à Poudlard, si vous n'êtes pas à la hauteur. Je lui ferais cracher le morceau moi-même ! »
– Cesse d'extrapoler ! » Rugit à son tour Severus en bondissant de son siège. « Le môme n'a rien fait Lucius ! »
Lucius se figea et adressa un regard ébahi à son meilleur ami. « Sev', serais-tu entrain de défendre le fléau même de ton existence ? Qu'est-ce qu'il t'arrive, bon sang ! » Ses poings se crispèrent. « Tu as toujours été le premier à dire que Potter n'était JAMAIS innocent ! »
Narcissa les jaugea du regard, inquiète, et se rapprocha de son fils. « Lucius n'a pas tort. Ton attitude est anormale, Severus. Alors... » La femme déglutit. « Il doit y avoir autre chose. N'est-ce pas ? On nous cache forcément quelque chose, et je veux savoir de quoi il s'agit. »
– Il n'y a rien à savoir, aucun secret Cissy. » Siffla Severus. « Seulement des idiots obtus et aveugles qui ne saisissent pas ce qu'on leur dit ! »
La déclaration jeta un froid et face au visage contracté de son meilleur ami, Severus s'en voulut immédiatement.
– Je suis de l'avis de Lucius. » Clama calmement Albus, à la stupeur de Snape. « Harry est impliqué. »
– Mais... »
– Je ne l'accuse pas. » Soutint Albus. « En revanche, je ne doute pas -comme Lucius- qu'Harry détient les informations qui nous font défaut, même sans en avoir conscience. »
Draco et sa mère grimacèrent simultanément. Sans en avoir conscience ? Les deux en doutaient. Surtout Draco... après tout, Potter n'était pas stupide. Oh ça non... contrairement à ce qu'il laissait croire. Draco n'avait jamais été dupe.
– Albus. » Soupira Lucius, visiblement fatigué par son éclat. « Étant donné les circonstances, je vous en conjure, laissez-nous interroger Potter. »
– A moins que... » Narcissa porta une main à sa bouche, une expressions d'horreur se peignant sur ses traits fins. « Est-ce que Harry Potter est... diminué ? »
Cela expliquerait la réticence de Dumbledore, mais aussi celle de Severus. Surtout celle de Severus, en fait. Elle ne l'avait jamais vu si tendu et furibond à la fois.
Un lourd silence s'installa. Draco blanchit alors que sa main attrapait celle se sa mère. Lucius écarquilla les yeux, frappé par l'éventualité. Ce fut Severus qui rompit l'instant. En ricanant...
– Cissa, quelle idée saugrenue ! »
La femme relâcha son souffle et se recomposa un air quasi-indifférent. Le soulagement, cependant, marquait ses traits. « Nous ne nous battrons pas pour Harry Potter sans être certains qu'il s'agit d'un garçon entier. S'il vous plait, Dumbledore, laissez-nous lui parler. Après tout, nous en avons le droit. »
– Bien. » Sourit Dumbledore, l'air vaincu. « Vous rencontrerez Harry à Poudlard, sous peu. Nous fixerons une date. »
Les Malfoy comprirent que le sujet était clos. Fatigué, Severus se résigna.
Ady étendit ses jambes et tourna distraitement une page de son « manuel de potions à l'usage des apprentis ». Un bouquin passionnant...
La porte d'entrée pivota, ouverte par Lucinda, libérant le passage à un blond aux yeux de glace et aux traits tirés. L'ange s'installa à ses côtés, ruminant, et jeta un coup d'œil au bouquin qu'il feuilletait. Adel lui adressa un regard en coin.
– Tu as l'air affreux. » Nota Snape junior, l'air de rien.
Ce qui n'était que la stricte vérité. Draco semblait ennuyé autant que fatigué.
– Et toi, tu tiens ton livre à l'envers. » Répliqua le blond.
Ady retint un sourire amusé. Ils n'avaient pas fait mention de leur réveil ambiguë et Ady remerciait le ciel pour cela. Il était toujours particulièrement mal à l'aise par rapport à ceci. Heureusement, le blond ne semblait pas avoir envie de mettre les pieds dans le plat. Ce qui l'arrangeait grandement... Leur relation amicale était déjà suffisamment étrange.
Ady haussa les épaules. « Pour faire semblant de m'instruire, je n'ai pas besoin qu'il soit dans le bon sens. »
De toutes façons, il ne comprendrait jamais les potions. Draco grogna mais se détendit. Lucinda s'assit à leurs pieds et replongea dans le livre d'images qu'elle parcourait tout le temps, en ce moment. Ady supposait que la magie ne cesserait jamais de la fasciner. Parfois -souvent- il l'enviait.
– J'étais à un rendez-vous. » Lâcha Draco, l'air maussade. « Avec mes parents, ton père et ce vieux cinglé de Dumbledore. »
Ady haussa les sourcils, surpris, mais lui prêta enfin toute son attention. Draco sembla se détendre un peu plus encore sous son regard. « Mon père était espion pour Dumbledore. Il y a quelques jours, il a été démasqué. » Confia Draco. Ady ne parut pas surpris (il n'avait jamais su feindre la surprise). « Saint Potter l'a sauvé, plus ou moins. Nous avons parlé de lui... »
Et ce fait semblait profondément l'agacer. Le blond affichait un air confus et ennuyé.
– Vous n'avez que ça à faire ? » Grogna Ady, lui-même agacé. Il n'appréciait que moyennement qu'on parle de lui dans son dos. Ce n'était jamais bon.
– Tu aurais préféré que nous parlions de toi ? » Se moqua le blond avec un sourire charmeur. « Tu me diras, le sujet aurait été beaucoup plus intéressant. »
Ady grimaça mais évita de le contredire. Ou même de simplement exprimer son point de vue. Oui, mieux valait qu'il se taise et ne se compromette pas. Le sujet ne le mettait pas particulièrement à l'aise, ce qui restait compréhensible. Et en fait, réalisa t'il, la supercherie ne tenait pas à grand chose. En réalité, Ady ne comprenait pas comment Draco ne pouvait pas avoir déjà compris qui il était -ou avait été. Mince, il ne savait plus lui même..
– Je suppose que tu n'as jamais rencontré Potter. » Lâcha Draco, dans son idée. Ady résista à l'envie de lui dire de la fermer et de changer de sujet. « Crois-moi, tu ne perds rien. Ce mec est loin d'être aussi classe que le disent les journaux. »
– En fait... » Ady s'empêcha de grincer. « Lui et moi sommes très liés. »
Voilà qui ferait une belle jambe à Malfoy ! Ce petit con n'avait pas le droit de le rabaisser ainsi. Que ce soit lui ou son ancien lui n'y changeait rien ! Il avait la classe. Un point c'est tout. Et surtout, il n'était pas prêt à entendre son- l'ange de Lucinda l'insulter. Parce que ceci ne manquerait pas d'arriver, il en était certain.
Le blond le toisa, se crispant brusquement alors que la déclaration rejoignait son cerveau. « Toi et... Potter ? C'est une blague ? » Ady ne démentit pas. « Laisse le tomber ! Ce crétin est destiné à mourir jeune, tu n'y gagneras rien ! »
Ady se figea, inexplicablement secoué par l'affirmation. Draco avait lâché ça méchamment, comme si ce fait avait une quelconque importance dans leur discussion et le convaincrait de quelque chose. Ceci dit, Ady n'était pas en mesure de saisir ce quelque chose. Bien au contraire. Son cerveau ne tenait plus la route. Ce crétin est destiné à mourir jeune.
– Destiné à quoi ? » Souffla Ady, vert.
– C'est marqué sur son front. A côté de « je suis un paquet à emmerdes ». Potter se fera liquider par le Lord, alors autant t'en tenir éloigné ! »
– Par... Quoi ? »
C'était comme une gifle. Même pire. De savoir que quelqu'un pensait qu'il allait mourir rapidement avait de quoi perturber. Le penser soi-même était une chose. Mais que Draco Malfoy affirme sans trembler ni sembler préoccupé que vous alliez crever en était une autre.
Comment pouvait-il dire une chose pareille, avec autant de mépris ?
– C'est méchant ce que tu dis. » Bégaya une petite voix sanglotante.
Ady acquiesça aux mots de Lucinda. L'enfant se retenait difficilement de pleurer, les yeux rivés avec inquiétude sur Ady, comme si ce dernier allait mourir d'un instant à l'autre. Mais ce n'était pas le cas, putain !
– Tu es un abruti, Malfoy ! » Cracha Ady.
– Je suis réaliste, Adel ! » Contrecarra l'autre avec agressivité. « Reste loin de lui ! Il n'a rien d'extraordinaire et ne vaincra jamais Tu-sais-Qui ! Même si nous le souhaitons tous très fort ! Ce crétin a juste de la chance et accès à des informations. »
Ady lui offrit un regard incrédule. Reste loin de lui ? Mais pour qui se prenait ce petit connard prétentieux, exactement ?!
– Je ne lâche pas mes amis, moi, Malfoy. Je doute que tu puisses comprendre. »
En soi, la déclaration pourrait ne rien vouloir dire. Harry Potter n'était pas son ami. Mais Ron et Hermione l'étaient et Ady pouvait parfaitement se mettre à leur place et répéter ce qu'eux-même lui disaient, lorsqu'il voulait les éloigner et les protéger. « Nous sommes tes amis ! Nous resterons là jusqu'au bout. » Lucinda reniflait au sol, le regard toujours rivé sur Adel. Il lui adressa un sourire réconfortant et tenta de comprendre pourquoi Draco prononçait de pareilles conneries. Le fait qu'il n'aime pas Harry Potter pouvait l'expliquer. Évidemment.
– Tu es méchant. » Lucinda se releva et se posta devant Draco, une lueur assassine dans le regard. « Tu n'as pas le droit de dire ça. »
– Toi aussi, tu t'es entichée de ce demeuré ? » Grinça Draco.
– Elle est juste sensible aux conneries. » Répliqua Ady en attirant Lucinda à lui. « Alors la ferme Malfoy. »
– Si tu ne veux pas que je réagisse, fais aussi attention à ce que tu sous-entends ! » S'énerva Draco. « Tu me dis être très lié à Potter. Qu'est-ce que ça signifie exactement, hein ? J'ai très bien saisi, Snape, que tu t'envoyais en l'air avec lui. »
– Et quand bien même, qu'est-ce que ça ferait ? Ça n'explique pas que tu puisses sortir des trucs pareils devant une enfant ! »
Draco respira profondément, reprenant le contrôle. Journée de merde ! Ce n'était pas le moment de se disputer avec Ady. « Je retire ce que j'ai dis, c'est bon. »
Ady s'empêcha de signaler que non, ça ne l'était pas. Autant calmer le jeu et y réfléchir plus tard. « Pourquoi parliez-vous de lui ? »
Draco se rassit correctement. Ceci dit, il était visible qu'il était extrêmement tendu. « Le Seigneur des Ténèbres est d'une humeur massacrante et a tenté de tuer mon père pour une obscure raison. Dumbledore est incapable d'expliquer pourquoi le Lord est furieux. Il suppose -et mon père le soutient- que ça concerne Potter. »
–Je vois. » Baragouina Ady en reposant Luce au sol et lui indiquant de retourner jouer sans s'inquiéter.
En fait, il ne voyait pas, non. Personne ne lui avait rien demandé à propos de Voldemort. Ni Dumbledore, ni son père. Ni même Remus ou Sirius. Techniquement, il ne cachait rien. Toutes les personnes dignes de confiance qui s'étaient intéressé au sujet possédaient la plupart des éléments de cette histoire d'amulette. Jusqu'alors, Ady n'avait pas considéré tellement nécessaire d'en avertir Dumbledore. Le garçon soupira. Il n'avait plus envie d'être Harry Potter depuis un moment maintenant, se contentant d'être Adel Snape. Il avait bêtement pensé, quelque part, qu'il pourrait feindre la mort d'Harry Potter et que cette histoire d'amulette maléfique disparaîtrait avec lui.
Merde, c'était tellement confus...
- Moi si on me pose pas de questions, je dis rien. » Délivra Lucinda, toujours bouleversée. « Mais moi je dis pas des trucs méchants aux gens. Alors ils me disent leurs secrets. Alors moi on me dirait tout, mais pas à toi ! »
La réplique, décousue, venait du cœur. Adel jeta un regard attendri à Lucinda. Draco pinça les lèvres mais fit mine de comprendre où elle voulait en venir. Mieux valait aller dans le sens d'Adel. En fait, l'idée d'une autre dispute avec Snape Junior le terrifiait. Il devait l'avouer. Il était hors de question qu'une histoire à propos de Saint Potter les sépare.
– Admettons. » Lâcha le blond. « Potter va venir au château, je lui poserais des questions gentiment, et il me répondra. »
– Pardon ? » Releva Ady. « Il va venir ? Comment ça ? »
Lucinda les fixa sans comprendre. « Mais il est déjà là... »
Draco pâlit affreusement. Comment ça, il était déjà là ? Le blond envoya un regard à Ady et releva que celui-ci avait pâlit. Très liés. Est-ce que ça signifiait que... Draco secoua la tête. Il ne voulait pas savoir quelle relation Ady entretenait avec sa Némésis. Étrangement, l'idée même d'une quelconque proximité lui donnait envie de hurler. Ce n'était pas comme si Adel n'avait pas compris. Il venait d'avouer qu'il était jaloux, plus ou moins. Draco savait qu'Ady avait compris.
– Parfois, il passe nous voir. » Souffla Ady. Ou avoua.
Draco ferma douloureusement les yeux. « La ferme Adel. »
Lucinda se mordit la lèvre et se sentit presque de trop. Elle venait de faire une bourde, elle le sentait. Et en même temps... La gamine décida que c'en était assez. Trop de tension. Trop de cruauté. Trop de confusion...
Trop.
– Vous savez fabriquer une poupée ? » Son ton suppliant ne passa pas inaperçu.
Les deux garçon se quittèrent du regard et l'évaluèrent silencieusement quelques secondes. Puis décidèrent de tourner le dos à cette fin de discussion... dérangeante. Et à ce qu'elle impliquait. Et à ce qu'elle semblait impliquer, en fait. Pour eux deux. « Alors vous me montrez ? »
Très bien, une poupée. Lucinda espéra que son rêve de famille aimante et soudée n'était pas déjà éteint.
Quand Severus revint dans ses appartements, le soir, Draco était déjà partit. Adel chuchotait quelques paroles à Lucinda, dans un coin du salon. Severus remarqua l'air désolé de la jeune-fille et sentit sa curiosité s'éveiller. Ceci dit, une fois qu'Ady l'eut remarqué, il songea qu'il ne saurait probablement rien de la discussion qui rendait Lucinda si misérable.
Adel le salua mollement et détourna le regard. En fait, chaque fois que Severus croisait le regard de son fils, celui-ci s'esquivait.
– Vous avez été sage ? » Questionna l'homme en se laissant tomber dans un fauteuil.
Lucinda baissa les yeux. « Oui. »
Mais Severus ne fut pas dupe. « Quel est le problème ? »
– Luce a dit à Malfoy qu'Harry Potter était dans le château. » Balança Ady en lui tournant le dos.
Severus soupira mais garda le silence. Il ne voyait pas en quoi la révélation était un problème. Son filleul était suffisamment intelligent pour ne pas répandre l'information. Et de ce que Severus en voyait, il était dans l'intérêt d'Adel que Draco comprenne enfin qu'il était Harry Potter.
Son fils devait arrêter de mentir à l'autre jeune-homme. Il s'agissait d'une évidence. Même lui, Severus Snape, en avait conscience.
– Ils se sont disputés. » Renifla Lucinda. « Et Draco a été méchant. »
– Adel haussa les épaules. « Passons, c'est sans importance. »
Le ton enroué du garçon lui prouva que ça ne l'était pas. Mais Severus ne savait pas exactement comment prendre Ady. Était-il censé le réconforter ? Le pousser à parler ?
– Donc Draco a découvert la vérité. » Résuma Severus. « Ady ? »
– Non. » Rectifia Ady en se tournant enfin vers lui. « En fait, il est juste persuadé que je... » Ady rougit. « Que... avec moi-même. »
Severus fronça les sourcils avant d'enfin comprendre où voulait en venir son fils. Ce fut probablement la première fois qu'Ady vit son père éclater de rire.
– Ce n'est pas drôle. » Râla Ady. « Papa ! »
– Si, ça l'est. » Contra Severus. « Je savais mon filleul tordu, mais pas à ce point-là ! »
Ady soupira et s'assit au sol, à ses pieds. « Il a essayé de me convaincre de ne plus approcher Harry Potter. »
Severus continuait à rire. « Et de quelle manière ? »
Ady lui lança un regard furibond. « En m'expliquant qu'Harry Potter allait mourir jeune et que le fréquenter causerait également ma mort. Un truc de ce genre ! »
Severus cessa immédiatement de rire. Il lança un regard à son fils et remarqua que plus qu'en colère, Ady était triste. Oh mon dieu...
– Il n'a probablement pas tort. » Souffla Ady. « N'est-ce pas ? »
L'homme remarqua à peine que sa propre main tremblait désormais. « Il a tort. Je t'interdis de penser le contraire. »
– Arrête de me mentir. » Soupira Adel.
Severus captura son regard. « Je ne mens pas. »
– Alors, tu es entrain de m'assurer que je ne mourrais pas de la main de Voldemort ? » Souleva Ady avec ironie. « Et je devrais te croire, c'est ça ? »
– Exactement. »
Ady cligna et secoua la tête. « J'espère que tu as raison. Je suis fatigué, je vais dormir. »
Severus ne lui fit pas remarquer qu'il était à peine 19h30. Au diable Draco Malfoy. Au diable Harry Potter. Et au diable Voldemort...
– Est-ce que tu sens quelques améliorations ? » Questionna Poppy, le lendemain, attentive.
L'infirmière semblait décidée à le suivre de près. Ceci passait, manifestement, par des rendez-vous réguliers dans son bureau, pour des discussions plus ou moins approfondies. Ady ne s'en plaignait pas, au contraire. Dans ce monde confus et oppressant, il lui semblait avoir trouvé une alliée, une confidente.
Ady lui sourit vaguement, assis sur l'un des lits de l'infirmerie. « J'ai beaucoup moins de nausées et j'arrive à manger des repas plus complets. »
– C'est un mieux non négligeable. » Reconnut Poppy. Elle laissa un silence apaisant s'installer. « Qu'en est-il du mental, Harry ? »
Ady ferma les yeux et se mordit la lèvre, brusquement anxieux. « Mes amis me manquent. Ils sont les seuls avec qui tout est limpide... » Chuchota le garçon. « Parfois, j'ai l'impression que moi-même, je n'arrive plus à suivre. Mais Ron et Hermione semblent toujours sereins. Du moins... Ils comprennent. »
L'infirmière acquiesça doucement et le fixa avec attention. « Qu'est-ce que tu as du mal à suivre ? »
– Tout. » Ady eut un sourire amer. « Voldemort. Malfoy. » Poppy l'encouragea à développer. « D'un côté, il y a le survivant et le grand méchant. De l'autre, il y a Adel Snape et le maître des potions de Poudlard. Et Malfoy. Je passe de l'un à l'autre tout le temps. »
– Et toi, où te situes-tu ? » Chercha à comprendre Poppy. Il lui semblait étrange que le garçon s'obstine à considérer Adel Snape et Harry Potter comme deux personnes distinctes. Ce n'était pas bon.
– Je ne sais pas. » Avoua Ady.
L'infirmière soupira. « Le professeur Dumbledore m'a fait part de ta vision. Je présume que ça te perturbe ? »
– Oui. » Ady se mordit la lèvre une fois de plus. « J'avais presque oublié Voldemort. Je veux dire, avec les Dursley et tout ça, je l'avais... » Le garçon secoua la tête. « … envoyé au second plan. »
– Et ? » L'encouragea Poppy.
– Et il m'a rappelé à l'ordre. » Déclara Ady avec une moue ennuyée. « Je croyais que ça, au moins, semblerait clair. Je dois lui manquer... Il fallait bien que ça arrive. »
Poppy ne parut pas convaincue. « Non, Harry, ça ne devrait pas arriver. »
Ady approuva mollement. « Je suppose que pour Adel Snape, ça ne devrait pas arriver. Mais pour Harry Potter, c'était presque à prévoir, non ? Voldemort veut me tuer. Ce n'est pas parce que je change de nom et d'apparence, qu'il me laissera tranquille. En fait, j'ai fais une erreur. »
– Une erreur ? » Poppy plissa les yeux. « Quelle erreur ? »
– J'ai joué les ignorants. » Lâcha Ady. « J'ai fais comme si je n'étais finalement qu'Adel Snape, comme si c'était le plus important. Alors que c'est faux. J'ai été Harry Potter pendant bien plus longtemps. J'ai fermé les yeux, mis Voldemort à la fin de ma liste des priorités, alors que j'ai Lucinda tous les jours sous les yeux, et qu'elle n'a plus ses parents à cause d'Harry Potter. »
– Pardon ?! » Poppy faillit bondir de sa chaise à l'affirmation.
– Laissez-moi finir. » Ordonna sèchement Ady. « Je présume que le seul véritable coupable est Voldemort. Lui et sa foutue obsession de vouloir me faire du mal. Mais le fait est qu'il a tué les parents de Lucinda pour que j'aille la récupérer. Ce que j'ai fais. Et après ça, je me suis contenté de m'occuper d'elle, je ne l'ai pas vengé, ni rien, non, j'ai juste obéis à Voldemort en allant la chercher et en la gardant avec moi. » Le flot de paroles était hallucinant, surtout de la part d'Ady. « Je n'ai pas pensé aux autres morts qu'il ferait pendant que je me comportais comme un gamin. Pourtant, j'avais ce rappel sous les yeux. Lucinda ! Mais j'avais choisis d'être Adel, pas Harry. Comme si le fait d'être un Snape allait effacer tout le reste. En fait, j'ai non seulement mentis aux autres sorciers, en leur enlevant leur élu, mais je me suis mentis à moi-même. Le pire, c'est que mes amis me rappellent fréquemment qui je suis, ou qui j'ai été, mais je n'y faisais plus attention. »
– Comment ça ? » S'enquit Pompom, curieuse.
– Ils m'appellent Ady. » Sourit le garçon. « C'est la contraction d'Adel et Harry. Ils gardent à l'esprit que je suis le survivant. »
L'infirmière pensa à lui signaler que la diminutif impliquait surtout qu'il était toujours le même garçon, qu'importe son prénom. Au milieu d'Adel et d'Harry, il y avait Ady. Le surnom était judicieux.
– On en vient à l'autre erreur. Voldemort veut tuer Harry. Il rumine de plus en plus à ce propos. C'est son erreur. Il se concentre sur la mauvaise cible. A mon avis, il ne sait même pas qu'Adel Snape existe. »
– Où veux-tu en venir Ady ? » Chuchota Poppy, inquiète. Étais-ce normal qu'elle n'arrive plus à comprendre ce que déclarait le garçon ? Un pressentiment lui dit que non.
– Hier, quand Malfoy a insulté Harry, je me suis vexé. Et puis j'ai compris qu'il était dans l'ignorance totale, qu'il pensait vraiment que je pouvais fricoter avec Harry Potter. »
Poppy cligna, stupéfaite. Ady continua sans songer un seul moment à l'étrangeté de sa déclaration. « Il ne pouvait pas savoir que c'est moi qu'il insultait. Personne ne lui a dis. Et visiblement, même le prince des serpentards, qui me côtoie aussi souvent, ne peut pas faire le rapprochement entre Adel et Harry. Parce que les deux images ne correspondent pas. »
Poppy le disséqua du regard. « Ady, il n'y a pas d'Harry Potter, ni même d'Adel Snape. Il n'y a que toi. Il n'y a pas deux garçons, il n'y a que toi. Éclaircis ton esprit et essais de comprendre ceci. Il n'y a pas Harry d'un côté et Adel de l'autre. Il y a seulement Ady. »
Le garçon fronça les sourcils. « Mais Adel n'est pas le survivant. »
Poppy secoua la tête, dépassée. « Bien sûr que si. Le lord noir n'en a pas conscience, certes, mais Adel est le survivant. Comme Harry est le fils de Severus. Tu n'es qu'une seule personne ! »
– C'est ça ! » Contrairement aux attentes de Poppy, le garçon semblait ravi de sa déclaration. « C'est aussi ce que j'ai compris ! »
Bien, nous étions dans la troisième dimension. Les mots précédents d'Ady prouvaient le contraire : non, il n'avait pas compris. Alors pourquoi donc le garçon s'emballait de cette façon ?
– C'est évident que Voldy n'a pas conscience d'où est passé Harry ! » Ady eut un large sourire. « J'ai un pouvoir non négligeable, pour le coup, parce que je suis en position de prendre Voldemort par surprise. Poppy, je vais duper Voldemort avec Harry et je l'achèverais avec Adel ! »
– Tu devrais te reposer. » Conseilla Pompom. Ady était dans un état d'agitation inquiétant, selon elle.
Le jeune-homme balaya l'air de la main, comme s'il chassait une mouche. « Non, non, je ne suis pas fatigué. J'ai même l'impression que tout s'éclaircit, maintenant, alors que nous parlons. » Poppy s'empêcha de lui faire remarquer qu'il était le seul à véritablement parler. « Je cumule deux identités. Nous sommes d'accord ? »
Poppy secoua négativement la tête. « Non, tu ne cumules pas, tu es un seul garçon. »
– Non, j'ai deux noms. » Rectifia Ady. Poppy se passa une main dans le cou, mal à l'aise. Une étincelle étrange semblait illuminer les prunelles vertes du garçon qui lui faisait face. Elle ne parvenait pas à saisir en quoi cette expression la rendait nerveuse, mais la sensation ne la quittait pas.
– Ça fait toute la différence. » Expliqua Ady. « Prenons Draco par exemple. Adel l'a quasi embrassé l'autre matin. Mais je n'avais pas le droit. C'est abominable ce que j'ai fais, parce que c'est comme si Harry l'avait embrassé. Puisque je suis une seule personne. Il me haïra quand il le saura. »
Poppy chercha le rapport, sans succès. Elle voulut dire quelque chose mais Adel se leva et marcha tout autour de sa chaise, renforçant cette idée d'agitation. « Je lui mens, Pompom, je ne veux pas qu'il me haïsse. Et j'ai la solution. »
L'infirmière, voyant son air décidé et serein, décida que le pire était encore à venir. Elle se prépara mentalement. « Quelle te semble être la solution, Ady ? »
– Il faut supprimer Harry Potter de l'équation. »
La femme eut un frisson d'horreur. « Ne dis pas de choses comme ça ! »
– C'est lui qui est en trop. » Lança Ady avec amusement. « Évidemment, je ne peux pas le tuer. C'est ce qui exprime l'existence du survivant qu'il faut éliminer. Les Dursley c'est déjà fait, même si ce n'était pas le but. Il reste Voldemort et ses sbires. Ensuite, il ne restera plus qu'Adel, Harry n'existera plus. Il retournera dans les livres d'histoire des petits sorciers. Et Draco n'en saura rien. »
Complètement absurde. Poppy sentit sa gorge se nouer. C'était le moment de réagir, elle le savait. Mais, face à ce garçon déterminé, elle ne trouvait pas ses mots. Elle avait presque peur, en réalité.
– Une fois qu'Harry Potter et Voldemort seront éliminés, je pourrais construire un monde parfait pour Adel et Lucinda. »
La nervosité de l'infirmière augmenta, si possible, en même temps que les yeux d'Adel -vert émeraude, comme ceux d'Harry- brillaient d'une lueur d'excitation qu'elle ne leur avait encore jamais vu.
Au diable le secret professionnel, elle devait parler à Severus et Albus. Ils allaient avoir un problème...
Ady était confus. Certes, il avait dis à Pompom qu'il fallait supprimer Harry Potter. Sur le moment, il le pensait, il s'était sentit presque... plus puissant, plus heureux à la perspective d'un Harry Potter mort.
Là apparaissait le problème majeur. Comme il l'avait dis à Poppy, il ne pouvait pas tuer Harry, puisqu'il s'agissait de lui-même. Il fallait donc éliminer les choses liées à Harry. Le garçon saisit un parchemin et se concentra. Il fallait qu'il liste ce qui témoignait de la présence d'Harry Potter sur terre.
Le vent lui fouetta la figure mais Ady ne broncha pas. Il était à l'extérieur, sans en avoir l'autorisation. Mais il avait besoin de respirer, de faire le point.
Harry. Éliminer Harry.
Ady frissonna, mais une voix l'encourageait, le poussant à chercher comment faire, comment régler ceci. Pour Draco. Le garçon mâchonna sa plume, distrait. Harry Potter, c'était de longues et nombreuses années d'existence, en comparaison d'Adel Snape. Ce ne serait pas simple. Il ne devait rien oublier.
Voldemort.
Au moins, le premier mot de sa liste semblait logique. Voldemort. Il devait se débarrasser de Voldemort. Mais Harry, c'était aussi beaucoup d'autres amis, Hermione, Ron, Ginny, Neville, Luna... Mais aussi, les personnes qui avaient été là pendant toutes ces années. Hagrid, MacGonagall, Dumbledore. Et Hedwige, aussi. La chouette blanche significative d'Harry Potter. Il y avait aussi son éclair de feu. Sa cape d'invisibilité. La carte des maraudeurs.
Les maraudeurs ! Remus et Sirius.
Le garçon leva les yeux vers le ciel. Il ne pouvait pas réellement agir sur autant de personnes. Que ferait-il, d'abord ? Leur lancer un sort d'oubli ? Ady fronça les sourcils, agacé. Ce qu'il pensait n'avait aucun sens.
Son regard émeraude fixa le parchemin, pensant y retrouver le nom de Voldemort. Mais un autre mot s'y était ajouté.
Le garçon sentit l'horreur l'envahir et suffoqua. C'était impossible. Il n'avait pas pu écrire une chose pareille. La liste mentale qu'il érigeait plus tôt était inutile, il ne ferait jamais de mal à aucun d'entre eux ! Ady frissonna violemment. Il ne ferait jamais une chose pareille ! Il n'avait pas pu écrire ce mot. Pas sur cette liste. Pas en dessous de Voldemort.
Mais tout semblait tellement confus, depuis sa vision. Depuis la disparition de l'amulette. Il savait, avant ceci, qu'il était une seule et même personne. Qu'il était Harry. Qu'il était devenu Adel, en même temps qu'il gagnait un père. Mais que ça n'avait pas d'importance, tant qu'il pouvait coupler les deux et être Ady, juste Ady. Tant que ses amis l'aimaient et le soutenaient, même alors qu'il avait des cheveux verts et était le fils de l'irascible maître des potions.
Une seule personne. Il n'en doutait pas, avant. Le garçon haleta et secoua la tête. Quelque chose n'allait pas. Il se sentait presque misérable, désormais, alors que quelques instants plus tôt, il était certain qu'éliminer Harry Potter serait incroyable, libérateur !
Il n'avait pas pu écrire ce mot. Pas sur cette liste. Pas en dessous de Voldemort.
Ady ferma les yeux et froissa furieusement le bout de parchemin. Personne ne devait savoir. Personne.
Personne ne devait jamais savoir que Voldemort côtoyait de près Poudlard, sur sa liste de malheur. Lui-même ne voulait plus le savoir.
Son père n'avait rien dis à propos de son escapade dans le parc. Ady lui en était reconnaissant. Quand il avait pénétré dans les appartements, Severus l'avait seulement observé en silence, attentif à ses mouvements, à ses expressions.
Son air défait et nerveux n'avait pas pu lui échapper, Ady en était certain. Lucinda vint l'enfermer dans une étreinte aussitôt qu'elle le vit et Ady l'en remercia mentalement, parce que l'étreinte dura longtemps et qu'il en avait besoin.
Severus fit un geste en direction de la table. « Le goûter. »
Lucinda le lâcha aussitôt et bondit en direction des gâteaux et fruits dispersés sur la table du salon. Ady la suivit de près. Étrangement, il se sentait affamé. Son père lui tendit une pomme et lui offrit un sourire doux, perçant ses défenses.
– Est-ce que tu te sens bien Ady ? » Le ton concerné réchauffa le garçon. Beaucoup plus qu'il ne l'aurait cru.
– Non. »
Lucinda acquiesça. « Moi aussi, je me sens fatiguée. »
C'est à ce moment seulement qu'Ady remarqua que la jeune fille paraissait plus pâle et que de petites cernes soulignaient ses yeux. Comment avait-il pu ne pas voir que Lucinda était malade ?
– C'est peut-être un virus. » Déclara Ady en s'agenouillant face à elle. « Tu n'as pas l'air d'avoir de fièvre. Tu as mal quelque part ? »
– Je suis juste fatiguée. » Répondit Luce. « Je n'ai pas mal. »
– Je lui ai déjà donné une potion. Pompom l'a vue aussi, mais il semblerait qu'elle ne soit pas malade. Elle n'a rien trouvé. » Souffla Severus, sérieux. « Peut-être as-tu une meilleure idée de ce qui peut la fatiguer ainsi ? »
– Mis à part qu'elle ne dorme pas la nuit ? » Ricana Ady. « Je ne vois pas, Papa. »
– Je dors. » Souleva Lucinda. « Je promet. »
Severus acquiesça. « J'ai demandé à Dobby. L'elfe m'a assuré que Lucinda dormait, voir faisait trois siestes dans la journée. » L'homme évalua Ady du regard. « Et toi, dors-tu ? »
Ady approuva. « Il n'y a pas de problème de mon côté. »
– Ce n'est pas ce que pense Pompom. » Souleva Severus. Et Ady fut presque frappé par l'inquiétude qui perçait dans la voix de son père. « Elle m'a raconté qu'elle était incertaine quant à ton équilibre mental. Au sens où le Seigneur des ténèbres te perturbe. »
– Papa. » Soupira Ady. Mais cela ressemblait étrangement à un gémissement de douleur. « Voldemort perturbe tout le monde ! »
Severus le transperça du regard. « Tu peux m'en parler, si tu as des soucis. Je suis là pour ça. »
Ady acquiesça piteusement. « Lorsque j'essaie de parler, les choses s'embrouillent d'elle-même. »
– Si tu veux, je peux te prêter ma poupée. » Proposa Lucinda en allant se vautrer sur Severus. L'homme ne broncha pas, visiblement habitué à ce que la gamine prenne ses aises.
– Ta poupée ? » Répéta Ady.
– Oui, Papa Severus m'a aidé pour la faire. Comme ça mon ami reste près de moi quand je suis fatiguée et que je veux parler. Et que je veux un câlin. »
Le dit Papa Severus leva les yeux au ciel. « Et quel ami ! »
Ady allait signaler qu'il ne voyait pas de poupée lorsque Lucinda bondit au sol et fonça dans sa chambre. Elle revint, une minute plus tard, avec une poupée de chiffon qu'Ady jugea effroyable.
– Je te présente mon Harry de mon rêve. » Et Lucinda lui tendit la chose. Une foutue poupée Harry Potter.
– Je crois que je vais me sentir mal, là. » Souffla Ady. « En fait, j'en suis sûr. »
– Il ne te plait pas ? » Lucinda sembla confuse. « Moi je l'aime beaucoup... »
Mais Ady ne l'écoutait plus. Sa tête lui tournait. Pourquoi Lucinda avait-elle demandé à son père à lui une poupée Harry ? La situation lui semblait déjà confuse avant, mais désormais, il lui semblait que tout empirait.
Poudlard.
Poudlard. Poudlard. Le garçon ferma fortement les yeux, essayant d'échapper à l'image du mot sur le bout de parchemin. Mais une poupée de chiffon Harry Potter remplaça cette vision, plus terrifiante encore.
– Ady ! »
Le garçon cligna et leva la tête vers la voix. Severus le tenait pas les épaules et encra immédiatement son regard au sien. « Ady, tout va bien. Il ne s'agit que d'une poupée de chiffon à laquelle ta sœur veut se raccrocher quand tu n'es pas là. Est-ce que tu comprends ? »
Ady acquiesça. « Je crois. »
Mais Severus savait qu'il n'en était rien. « Je vais te donner une potion calmante, viens. »
L'homme le souleva jusqu'au canapé, puis alla saisir l'une des potions enfermées dans l'armoire. Après l'avoir bu, Ady se sentit beaucoup mieux, plus clair, moins anxieux.
– Je ne pensais pas que cette poupée aurait cet effet sur toi. » Admit Severus en s'asseyant à son tour sur le canapé, ramenant aussitôt Ady contre lui. Lucinda hésita à peine avant de s'accroupir aux pieds du canapé, sa poupée contre elle.. « Pompom dit que tu es perturbé. Mais je n'ai pas besoin d'elle pour le voir. Dis moi ce qu'il se passe. »
Ady secoua la tête. « Il y a des moments où je me sens vraiment... confus. »
– Par rapport à quoi ? » Insista Severus en lui passant une main dans le dos. « Dis moi. »
– Je ne sais plus. » Avoua Ady. « Tout semble confus, en fait. Je sais qui je suis, je suis Ady. Je suis Harry Potter et Adel Snape. En règle générale, je me sens bien comme ça. Et puis, parfois, tout perds son sens. »
Severus lui prit le menton et l'obligea à plonger dans son regard dans le sien. « Ady, je veux que tu saches une chose, et j'espère honnêtement que cela t'aidera de le savoir. Je ne suis pas un grand sentimental, tu le sais je suppose. Mais puisque cela semble nécessaire, je veux que tu m'écoutes attentivement. Je t'aime. »
Les yeux du garçon s'écarquillèrent démesurément mais Severus garda le contrôle de lui même. Bien sûr, il se sentait complètement mis à nu, mais au vue des évènements il lui semblait primordial de le dire. « Comprends moi, j'aime Ady. Je n'aime pas Adel en particulier. Je t'aime toi, foutu gryffondor intrépide pour qui j'ai tremblé de peur chaque fois qu'il t'arrivait quelque chose. Que ce soit lorsque Quirell essayait de te faire tomber de ton balai ou bien lorsque Sirius Black te pourchassait. Lorsque seul Harry Potter existait. Lorsque je ne savais pas encore que tu étais mon fils. J'ai été jaloux pendant des années de James, à regretter que l'enfant de Lily soit son fils et non le mien. Je t'ai fais du mal pour ça, par jalousie. »
Severus lui sourit doucement. « Et finalement, tu étais mon enfant... pas le sien, et je ne le savais même pas. La raison pour laquelle j'étais si inquiet quand tu te mettais en danger apparaissait enfin claire. Je t'aimais déjà mais je refusais de l'accepter. Je savais que tu étais à moi...même si tu portais d'affreuses lunettes rondes et ressemblais à James Potter. »
Ady cligna. « Tu... »
– Je n'aime pas avec plus de force Adel que je n'aime Harry. J'aime Ady, je t'aime toi, Harry Potter insolent, Adel Snape fouteur de merde. »
Le garçon respira profondément. « Je... »
– Chut. Ne dis rien, on ne réponds pas à une déclaration telle que celle-ci. » L'arrêta Severus. « Maintenant, j'exige au moins une preuve de ton affection pour le monstre des cachots que je suis, sale gosse. »
Ady ne se fit pas prier, quelques secondes plus tard, Severus avait son fils accroché désespérément à son cou.
– Moi aussi je vous aime. » Signala Lucinda avec une moue déçue.
Ady se détacha de son père et lança un regard amusé à la petite. Un sourire espiègle gagna ses lèvres et – avant même qu'elle ne comprenne ce qu'il se passait- son frère avait bondit sur elle et l'étouffait contre lui.
–Je veux pas mourir sous ton amour ! » Hurla la petite. « Aaaaaaaaaah ! »
Severus rit doucement et pencha la tête sur le côté, les étudiant attentivement. « De sacrés numéros. »
Ady la lâcha et lui ébouriffa les cheveux. « On devrait au moins le manger, ce goûter, non ? »
Lucinda approuva bruyamment. « A moi l'éclair au chocolat ! »
Une fois repus, les enfants ne trouvèrent rien de mieux que de s'allonger au sol, les bras écartés et l'impression d'être un mollusque bien présente dans leur esprit. On frappa à l'entrée et Severus alla ouvrir. Il revint quelques secondes plus tard, Draco à ses côtés.
– Les enfants, on dit bonjour à ses invités. » Indiqua Severus avec un sourire en coin.
– J'peux pas, j'suis une larve. » Expliqua Lucinda.
L'argument manquait singulièrement de sérieux mais Severus ne dit rien. Draco se contenta de rire doucement.
La petite se redressa et chercha quelque chose, les sourcils froncés. Severus indiqua à Draco qu'il pouvait s'assoir et goûter aussi, s'il le voulait, tandis que lui-même reprenait place dans le canapé.
– Ady l'écrase. » Indiqua Severus à l'enfant.
– Quoi ? » S'étonna Lucinda.
– Ta poupée Harry. »
La petite rugit et se jeta férocement sur son frère. « Méchaaaaaaaaaaant ! » Ady explosa de rire.
– Sa poupée Harry ? » Répéta Draco.
– Lucinda m'a demandé de lui faire une poupée Harry Potter. » Severus eut un sourire en coin. « Adel tente désespérément d'écraser cette chose. »
– Il m'a dis qu'il connaissait Potter. » Soupira Draco. « C'est la vérité ? »
– Oui. » Severus posa une main sur l'épaule de son filleul. « Draco, il faut que tu dépasses tes préjugés. Ouvre les yeux. »
– Tu parles du fait que je... suis jaloux ? » Draco se massa les tempes, regardant du coin de l'œil Ady et Lucinda se battre comme des demeurés, roulant au sol. « Je ne peux pas arriver à imaginer... quelqu'un avec Ady, autre que moi. »
– Alors cela ne concerne pas seulement le survivant ? » Souleva Severus avec intérêt.
– Non. Potter est Potter, Sev'. C'est mon ennemi, mon meilleur ennemi même. J'arrive à comprendre que des gens l'apprécie, parce qu'il est gentil, c'est vrai. Même s'il a refusé mon amitié. Ma rancune par rapport à Potter n'a rien à voir avec... » Draco soupira. « En fait, Potter ou un autre, ça ne fait aucune différence. J'aimerais être le seul à exister pour Ady. »
Severus ricana ouvertement. « Voilà qui sonne fleur bleue. Tu tournes poufsouffle Draco, ou est-ce une impression ? »
– Severus, ce n'est pas drôle. »
Décidément, on ne le laissait jamais rire...
– De quoi vous parlez ? » Ady – Lucinda accrochée à sa jambe droite- leur lança un regard curieux.
– De tes problèmes sociaux. » Indiqua Severus.
– Ouch. Il y en a beaucoup ? Attendez, ce sont les gênes Snape qui posent problème et vous cherchez un moyen de lutter contre cette désastreuse ascendance ? C'est ça ? »
Severus lui frappa les fesses. « Idiot. »
– Nous parlions des excuses que je dois te faire. » Intervint Draco. « Par rapport à ce que j'ai dis, au sujet du survivant. »
– Tu veux dire le truc par rapport à sa mort ? » Adel serra les lèvres.
– Entre autres. Je ne le pensais pas, j'étais jaloux Ady. » Lâcha Draco, virant au rouge. « Je ne veux pas que tu m'en veuilles... »
Ady soupira. « D'accord. Tu n'aimes vraiment pas Harry ? »
Draco grimaça. « J'avoue que... je n'en sais rien. Ady, Potter est mon ennemi ! Évidemment, que je ne l'aime pas. Mais si tu veux savoir, je le déteste beaucoup plus lorsqu'il est absent que lorsqu'il est là. Les couloirs sont moins intéressant quand Potter et ses amis ne sont pas entrain de s'attirer tout un tas d'ennuis. Heureusement, tu rattrapes son niveau, question ambiance. Vous vous ressemblez, au fond. »
Ady rit doucement. « N'est-ce pas... »
Le brun sourit et le blond se sentit beaucoup plus tranquille. Ady lui ébouriffa les cheveux et déposa un rapide baiser sur sa joue. « Tu es trop mignon, l'ange. »
Lucinda approuva. « Bon on joue encore ? »
– Ehh... je suis un peu fatigué là. » Indiqua Ady avec un air de pure horreur. « Tu es aussi fatiguée, d'ailleurs ! C'est pas l'heure d'une sieste, par hasard ? »
– Ok. Je dors sur le canapé avec Harry. » Décida Luce.
Ady fronça les sourcils, confus. Elle voulait dormir avec lui ? Ici ? Mais... Draco allait soupçonner quelque chose !
- Mais... tu veux dormir avec moi ?! »
Severus se massa le front, dépassé par la lenteur de son fils.
– Non. » Lucinda cligna et lui mit sa poupée à hauteur des yeux. « J'ai dis que je veux dormir avec Harry. »
– Oh. »
– Mais tu devrais aussi dormir, parce que tu comprends plus rien on dirait. »
Draco saisit Ady par la taille et le poussa vers le canapé. « Elle a raison. »
Ady s'empêcha de frissonner. Draco...
– Lucinda, couche toi et dors. » Asséna brutalement Severus. L'enfant gigotait dans tous les sens, faisant le pitre.
La petite déglutit mais cessa enfin de faire n'importe quoi. « Je peux avoir une berceuse ? »
Ady s'assit confortablement et la laissa s'installer sur ses genoux. Draco vint s'appuyer contre l'accoudoir, les yeux rivés aux mèches ébènes de la jeune fille. Les mains d'Ady y plongeaient avec affection et le blond se surpris à penser qu'il donnerait beaucoup pour que le geste lui soit adressé.
Severus ouvrit un livre et fit mine de plonger dans sa lecture. Il fallait que l'enfant dorme, de toutes façons, elle semblait plus éreintée que jamais et cela n'allait pas en s'arrangeant. Il avait vu son état se dégrader ces derniers jours, à vrai dire.
Depuis la vision d'Ady. Le fait qu'Ady ne s'en soit pas rendu compte témoignait simplement du fait que son fils lui-même n'était pas au mieux de sa forme.
– Tu as une préférence sur ta berceuse ? » Questionna Ady.
– Une chanson pour Harry. » Exigea Lucinda. « Pour Harry et pour Draco aussi. »
Ady rougit violemment et Draco cligna, surpris. « C'est une idée étrange. »
– Pas tant que ça. » Marmonna Severus avant de se souvenir qu'il serait dans son intérêt de se faire discret, s'il voulait un peu de spectacle.
Ady saisit la main de Draco dans la sienne. « Ne réfléchis pas, ça ne te va pas. Contente toi d'écouter les paroles. »
Luce lui jeta un regard perçant. « Elle est douce sa main ? »
– Luce ! » Glapit Ady.
– Celle d'Ady est très douce en tous cas. » Répondit Draco avec une moue.
– Oh taisez vous ! » Ragea le bun, rouge de gêne.
Severus s'empêcha de signaler à Ady qu'il était toujours accroché à la main du blond...
Le silence religieux qui suivit sonna la début de la chanson. De toute évidence, personne ne souhaitait remettre le bordel avant qu'il n'ait au moins réussis à endormir Lucinda.
Merlin merci...
Ady inspira et chercha les bonnes paroles. Elle lui revinrent rapidement, tellement significatives aujourd'hui, alors même qu'ils avaient évoqué le sujet Harry Potter. Il espérait que Draco se souvienne de cette chanson, pour au moins y penser lorsque la vérité éclaterait. Parce qu'Ady savait qu'il n'y couperait pas, et ce malgré tous ses plans idiots.
– Vous, vous êtes et nous, nous sommes
Des hommes pareils
Plus ou moins nus sous le soleil
Mêmes cœurs entre les mêmes épaules
Qu'est-ce qu'on vous apprend à l'école
Si on y oublie l'essentiel ?
On partage le même royaume
Où vous, vous êtes et nous, nous sommes... »
Ady sourit à Draco, confiant.
- Moi, j'ai des îles, j'ai des lacs
Moi, j'ai trois poissons dans un sac
Moi, je porte un crucifix
Moi, je prie sur un tapis
Moi, je règne et je décide
Moi, j'ai quatre sous de liquide
Moi, je dors sur des bambous
Moi, je suis docteur-marabout
Et nous sommes
Des hommes pareils
Plus ou moins loin du soleil
Blancs, noirs, rouges, jaunes, créoles
Qu'est-ce qu'on vous apprend à l'école...
S'il y manque l'essentiel ?
Semblables jusqu'au moindre atome
Vous, vous êtes et nous, nous sommes. »
Cette fois, ce fut Lucinda qui sourit, serrant fort son Harry de chiffon.
- Moi, je me teins et je me farde
Moi, mes chiens montent la garde
Moi, j'ai piégé ma maison
Moi, je vis sous des cartons
Moi, j'ai cent ans dans deux jours
Moi, j'ai jamais fait l'amour
Nous, enfants neveux et nièces
On dort tous dans la même pièce »
Severus leva les yeux au ciel et lança un regard ironique à Ady. Quel choix. Ceci dit, il était touché qu'Ady soit si à l'aise en sa présence, en cet instant. Qu'il chante à portée de ses oreilles. Qu'il lui sourit doucement, comme pour se faire pardonner -chaque fois- d'avoir été un sale môme revanchard.
- Quelque soit le prix qu'on se donne
On nage dans le même aquarium
On partage le même royaume
Où vous, vous êtes et nous, nous sommes
Où nous sommes des hommes pareils
Plus ou moins nus sous le soleil
Tous tendus vers l'espoir de vivre
Qu'est-ce qu'on vous apprend dans les livres
S'il y manque l'essentiel...?
S'il y manque l'essentiel...?
J'aime mieux ce monde polychrome
Où vous, vous êtes et nous, nous sommes...
Des hommes pareils... »
- Des hommes pareils. » Répéta Lucinda en chantonnant.
- J'aime mieux ce monde polychrome où nous sommes... » Souffla Ady avec un sourire amusé.
- Des hommes pareils. » Répondit Lucinda. « Des hommes pareils... »
Ady lui embrassa le font et jeta un regard à Draco. Le blond le fixait étrangement, comme s'il cherchait la réponse à une question qu'il n'osait pas se poser. Ady lui sourit doucement et lâcha enfin sa main.
- Des hommes pareils , hein ? » Souffla le blond. « Essais tu de me réconcilier avec les Gryffondors ? J'ai vu que tu avais beaucoup d'amis parmi eux. »
- J'aimerais bien. » Avoua Ady en penchant la tête sur le côté. Draco lui caressa la joue, les yeux brillants.
- Je verrais alors. Mais ne t'imagine pas que... »
- Je n'imagine rien. » Coupa Ady avec tranquillité.
Le blond se mordit la lèvre, les yeux rivés sur la joue d'Ady, la façon dont celui-ci se laissait aller sous sa légère caresse. Insouciant.
- Moi si. » Soupira la blond. « J'y vais. Sois sage. »
- Je suis toujours sage. »
- Mais oui, c'est ça... »
Severus approuva malgré lui lorsqu'un ricanement lui échappa. Voir Ady et Draco se comporter ainsi le rendait particulièrement... hilare. Il n'avait jamais eu autant envie de rire, de toute sa misérable vie. Son fils et son filleul flirtaient ensemble sous ses yeux... Oh, il voulait absolument voir la tête de Lucius face à une scène semblable. Peut-être serait-il bon d'inviter les Malfoy à dîner ? Ne devait-il pas leur présenter Ady, après tout ? Ce serait une occasion parfaite...
Sous le regard incrédule de son fils, Severus Snape -professeur es potions, terreur des cachots- fut saisit d'un fou rire effrayant...Oh oui... il voulait absolument voir ça.
Cabrel : Des hommes pareils
Nda / Bon, eh bien... ma meilleure amie ricane chaque fois qu'un auteur en herbe fait un laïus en fin de chapitre. Je ne peux pourtant pas m'en empêcher...
Je poste ce chapitre, mais je dois avouer que je suis très peu satisfaite. A croire qu'écrire sur une simple feuille, quand je suis pas dans mon petit cocon, n'aboutit pas à grand chose. J'ai beau essayer de corriger, compléter... rien n'y fait. Espérons que le prochain chapitre rattrapera un peu ceci. Dans la mesure du possible ! Certaines choses se mettent en place, au moins :)
Je croule sous le travail en ce moment. Et pourtant, je sais que ce n'est qu'un début. Après tout j'ai un livre à faire pour mon BTS, et j'ai vraiment pas choisis le sujet le plus simple. J'espère récupérer du temps à moi prochainement ! :p
Merci à tous pour vos commentaires, ze vous aimeuh ! Même ceux qui n'en postent pas. Même ceux qui détestent Adel. Biiisouus !
