Au treizième temple
Il faisait jour et le chevalier de la balance ouvrait péniblement les yeux. Il avait un mal de tête affreux. Que s'était-il passé ? Il essaya de se remémorer les évènements de la veille. La soirée, Shion dans sa magnifique tunique Tibétaine qu'il adorait tant, l'alcool… puis un grand trou noir. Amnésie post-cuite. Mince alors, il n'arrivait pas à ce souvenir de cette pétillante soirée et ce mal de tête…
« Dohko (les mains entre la tête) : Bon sang…
Shion : Alors, enfin réveillé ? Il est plus de midi je te signale.
Dohko : Shion, par pitié, pas de morale. T'es déjà debout toi ? »
Le grand Pope était déjà effectivement dans sa tenue officielle, bien réveillé et en forme, ce qui interloqué la balance mais qui ne réfléchit pas longtemps, son mal de tête le reprenant. Shion s'approcha de lui avec un verre à la main :
« Shion : Pour ton info, oui, je suis debout et en forme car moi, je n'ai pas bu. Et être Grand Pope, ce n'est pas de tout repos.
Dohko : A t'entendre, t'es la seul à bosser ici.
Shion : Ah oui, et dis moi ce que vous faites vous les golds depuis la fin des guerres ?
Dohko : Pour les autres je sais pas mais moi, je me dois de supporter le grand Pope du sanctuaire. C'est bien assez crevant.
Shion (vexé) : Je ne te permet pas.
Dohko : Roooh, ça va. T'as quand même un sale caractère, t'es pas un bélier pour rien. »
Shion ne fit pas attention à la dernière remarque et s'approcha de son amant et lui tendit le verre rempli d'un liquide avec une étrange couleur :
« Dohko : C'est quoi ça ?
Shion : Un vieux remède atlante et c'est très efficace contre la gueule de bois.
Dohko (pas convaincu) : Et y a quoi dedans ?
Shion : il vaut mieux pas que tu saches. D'ailleurs, je te conseille de te boucher le nez en buvant. »
Dohko but le liquide à contrecœur et faillit vomir puis s'étouffer. Il avait l'impression d'avoir encore plus mal qu'avant. Shion sourit en voyant sa réaction et en s'asseyant au bout du lit :
« Dohko : Qu'ai-je donc fait pour mériter ça ?
Shion : Ce n'est pas ma faute si t'a trop bu.
Dohko : Comment ai-je pu me laisser aller comme ça.
Shion : On peut être intelligent toute sa vie et stupide un instant.
Dohko : Heeey ! D'habitude c'est moi qui les sors les proverbes chinois… Ouille.
Shion : Ca va ?
Dohko : Pfff, me souviens de rien. Y s'est passé quoi ?
Shion : Dans ton intérêt, vaut mieux pas que tu saches.
Dohko : Comment ça, j'ai fait quoi ?
Shion : la même chose que la dernière fois.
Dohko : C'est-à-dire ?
Shion : Dohko, je t'aime. Et je ne veux pas te briser dans ton honneur de chevalier. Alors je préfère ne rien dévoiler.
Dohko : Cachottier, à t'entendre on dirait que c'est le truc très honteux et très contraire à moi.
Shion : Je ne dirai rien.
Dohko : Et les autres ?
Shion : Par respect pour eux je dirai rien. »
Dohko sembla bouder puis mit rapidement une main sur sa tête pas encore guérie quoique mieux. Le remède de Shion semblait efficace. Ce dernier sourit de voir son homme avec cette mine déconfite et son air allure boudeuse du moment. Il ne put résister à lui caresser ses pieds découverts, pieds qui reculèrent brusquement et qui s'accompagnèrent d'un petit rire de la part de leur propriétaire. Shion regarda malicieusement la Balance, content de sa découverte. Ce dernier, pas rassuré, s'empressant de protéger ses pieds et s'asseyant en tailleur. Shion ne fit rien, il enregistra l'information puis se leva et embrassa Dohko avant de laisser ce dernier se remettre de cette foudroyante cuite :
« Dohko (perplexe) : Quand même, qu'est-ce que j'ai bien pu faire pour qu'il ne veuille rein me dire ? »
Il ne réfléchit pas longtemps tellement il avait mal. Il se coucha, regarda l'heure sur le réveil : 12h35. Soudain il entendit deux cris provenant du temple en dessous.
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Dans le temple des Poissons
Angelo se réveilla et exprima de façon très harmonieuse son ressenti actuel :
« Angelo : #{$£*% de $£ , je t'ai un de ces $£&# de mal de crâne. Aphro, aspirine et que ça saute.
Aphro : Bonjour à toi aussi mon bel ange.
Angelo : &$£µ§ Aphro, je t'ai déjà dit de pas m'appeler comme ça.
Aphro : Hier tu me disais rien.
Angelo : Hier ? Qu'est-ce tu me parles d'hier toi ?
Aphro : Tu ne te souviens pas ? La soirée ?
Angelo : La soirée ? Ah oui, ma génialissime idée. Ouais et alors ?
Aphro : … Rien.
Angelo : Quoi rien ? Toi tu me caches quelque chose.
Aphro : Tu ne te souviens pas de cette soirée ?
Angelo : Attend, la bouffe, le vieux et les coincés qui veulent pas boire. Que des lopettes. Et ensuite… Pff j'ai mal, j'ai pas envie de réfléchir.
Aphro : C'est mieux ainsi.
Angelo : Mais quoi %&#+ ? Qu'est-ce que j'ai fait ?
Aphro : Oh rien d'intéressant. Occupe toi pour le moment de ta gueule de bois. Tien bois ça (lui tend un verre d'aspirine), moi je vais voir mes chéris.
Angelo : Pfff, toi et tes roses, pitoyable. »
Aphro ne releva pas, habitué à la façon de s'exprimer du cancer et de son humeur si morose le matin au réveil, encore plus les matins de gueule de bois. Il sortit donc dans son immense jardin. Angelo regarda l'heure : 12h34. Il se leva après avoir pris son cachet, réalisant qu'il n'avait pas eu son baiser du matin. Il arriva en titubant au jardin, derrière Aphro, quand soudain… 12h35 :
« Aphro : MES ROSES.
Angelo : MA TETE. »
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Au temple du Verseau
Milo sortit de brumes du sommeil et chercha son amant à tâtons. Personne, rien d'étonnant. Camus avait toujours été un matinal. Il tendit l'oreille et entendit l'eau de la douche couler. Il se décida à aller le rejoindre sous la douche pour un petit câlin matinal mais il se rendit vite compte que ses capacités physiques étaient diminuées et qu'un marteau semblait taper sur son crâne. Il puisa au plus profond de lui pour rejoindre son amant, se promettant comme après chaque cuite de ne plus jamais boire. A la porte de la salle de bain, il entendit comme un corps tomber à terre :
« Milo (paniqué) : CAMUS. »
Milo entra comme un barjot dans la salle de bain mais il ne se souvenait plus qu'il était en pleine crise de migraine post-cuite. Aussi cet effort lui fit perdre l'équilibre, il trébucha sur Camus qui avait glissé en sortant de la baignoire et entra la tête la première dans le bain d'où venir de sortir Camus :
« Milo : C'EST FROID.
Camus : MILO, LA FERME J'AI MAL AU CRANE.
Milo : bobo… froid.
Camus : La ferme.
Milo : … Glaglagla ;
Camus : LA FERME.
Milo : Hier tu parlais plus. Maintenant on dirait que t'es redevenue comme avant, le mal de crâne et la mauvaise humeur en plus.
Camus : Je parlais plus ? De quoi tu parles ? La seule chose dont je me souviens c'est toi qui… »
Camus s'arrêta net de parler. Il se souvenait de Milo qui lui donne un verre, qui insiste, qui le menace… Oui, il l'avait menacé de révéler son secret et Camus avait cédé. Et ensuite, qu'avait-il dit, fait ?
« Camus : MILO. »
Ce cri augmenta encore plus le mal de tête du scorpion mais il n'en tint pas rigueur. Il tremblait de peur devant un Camus affichant une rage incroyable, jamais vu chez lui. Le verseau avait des flammes dans les yeux. Un chevalier des glaces avec des flammes dans les yeux, étrange pensa Milo.
Il voulut sortir du bain glacé (car Camus prenait des bains froids) mais il constata qu'il ne pouvait plus bouger. L'eau s'était transformé en glace et coinçait Milo dedans. Il grelotta et regarda Camus toujours en fureur :
« Camus : Milo, tu vas illico me raconter les détails de tout ce que j'ai pu dire ou faire hier soir et n'essaie pas de me mentir, je m'en apercevrai.
Milo : Euh… Là maintenant ?
Camus : Allez raconte. TOUT.
Milo : Mais… Ca risque d'être un peu long. Tu veux pas me libérer qu'on puisse bien s'installer après avoir pris de l'aspirine. »
Camus le regarda d'un mauvais œil mais accepta. Et après un réchauffage, une aspirine et un bisou que le Verseau refusa net, les deux amants s'installèrent sur le canapé. Camus gardait son regard froid et sévère braqué sur Milo pas encore trop remis de sa gueule de bois. Ce dernier savait qu'il allait passer un sale quart d'heure après qu'il aurait tout raconté. Et ce n'était pas la peine de faire des impasses, Camus s'en apercevrait. C'était fini les bons moments de la veille.
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Shura du Capricorne fut réveillé par un tas de vêtement jeté sur lui. Il se releva en sursaut mais se recoucha aussitôt, assailli par un affreux mal de crâne :
« Shina : Debout paresseux, il est midi. Tu vas pas dormir toute la journée. Lève-toi, habille-toi, tu as du pain sur la planche. »
Shura mit quelques minutes à tout enregistrer et à analyser la situation. Il se trouvait dans son salon, allongé sur le canapé et sa femme devant lui, les poings sur les hanches et l'air pas commode. Il pensa un instant qu'elle s'était levée encore une fois du mauvais pied. Pourquoi tant de colère dans ce regard ? Et pourquoi il n'était pas dans son lit. Son cerveau rembobina lentement la bande et il voyait… Oui, il voyait la fiesta, la cuite, le mal d'Aldé et lui… Lui qui avait cru que Shina était un homme et cette dernière l'avait chassé du lit pour la nuit.
Se rendant compte de tout ça, Shura se laissa tomber du canapé et s'agenouilla devant la belle italienne :
« Shura : Shina… Pardon.
Shina : C'est facile de dire pardon. Tu vas faire une soirée entre pote et tu me laisse seule, tu bois comme une éponge, tu rentres ivre à pas d'heure, tu gueule comme un putois, me réveille au milieu de la nuit et tu me prend pour un mec. Tu crois qu'un simple pardon peut excuser tout ça.
Shura (honteux) : Tu as raison, je ferai tout ce que tu voudras. Shina, je t'en supplie, pardonne-moi et ne me quitte pas.
Shina (plus calme) : J'y ai déjà réfléchi figure-toi. Je te pardonnerai et oublierai tout si tu exauces un de mes souhaits.
Shura : Tout ce que tu veux.
Shina : Alors je veux que dès maintenant et jusqu'à demain matin, tu sois mon esclave.
Shura : Quoi ?
Shina : C'est un de mes fantasmes, je veux que tu m'appelles maîtresse, sauf devant les autres, et que tu obéisses au moindre de mes ordres.
Shura : C'est tout ?
Shina : Ne crois pas que ce soit si simple. Alors tu acceptes ?
Shura : Oui maîtresse, ma vie vous appartient.
Shina (contente) : Parfait, si tu travailles bien jusqu'à demain, je ne tiendrai plus jamais rigueur de ce que tu as fait hier soir.
Shura : Merci maîtresse, vous êtes trop bonne. »
Shina sourit, Shura était capable de ça. Elle avait trouvé là la bonne occasion de réaliser son fantasme inavoué :
« Shina (ton ferme) : Bien, alors lève-toi, habille-toi et soigne-toi cette gueule de bois. Ensuite met ce tablier qui est sur la chaise et prépare-moi des spaghettis à la bolognaise pour midi. Met la table et décore là comme bon te semble. Et fait le lit aussi. Moi je vais voir mon amie Marine. Que tout soit prêt dans une heure quand je reviendrai.
Shura : Oui maîtresse. »
Et Shura s'exécuta. Après s'être habillé. Il se fit fondre un cachet d'aspirine et attendit, appuyé contre le comptoir de la cuisine. Il n'avait que ce qu'il méritait. La tête entre les mains, il tenta de rembobiner encore la bande : Avant le mal d'Aldé, Saga qui fait un streap-tease, le tango avec Aphro, les roses… Les roses, il en avait offert aux huit chevaliers aux longs cheveux… Mais d'où venait-elle ? Il regarda l'heure : 12h36, il entendit au loin :
« Aphro : MES ROSES.
Angelo : MA TETE. »
Shura pâlit, les roses venaient bien sûr du jardin du poisson. Son si précieux jardin et il venait de s'apercevoir que huit avait été coupées. Il reconnaîtrait sans doute la coupure de l'Excalibur. Shura était fichu, il allait passer à coup un sale quart d'heure avec le poisson en furie. Il ne pouvait même pas mettre ça sur le compte de Shiryu qui était eau Japon. De toute façon, il n'était pas malhonnête comme ça notre Capricorne.
Il se demanda cependant où étaient passé les huit roses.
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Au temple de la Vierge
Mü se réveilla et grimaça. Il était assailli par un horrible mal de tête et tout le reste de son corps était engourdi et courbaturé. C'est comme s'il s'était battu toute la nuit. Ses mouvements étaient limités et quelque chose pesait sur son corps.
Il ouvrit les yeux et constata que son bel amour Shaka était allongé sur lui complètement nu et que ses bras étaient attachés au montant du lit avec un drap. Mü était perplexe mais se souvint soudain des multiples ébats de la veille et de la violence inhabituelle de la vierge. Ce dernier ne s'était pas gêné pur le frapper mais sans grande méchanceté. Mais quand même, Shaka était un chevalier d'or et sa force avait laissé plusieurs marques sur la peau du bélier.
Le bélier sourit à ces souvenirs, car même s'il avait bu, il était tout à fait conscient de la situation. S'il aurait voulu, il aurait arrêté l'hindou. Mais il n'avait rien fait, il avait apprécié ces étreintes brutales. Il n'avait jamais osé le dire mais c'était un de ses fantasmes. L'alcool avait inhibé sa timidité habituelle et il avait poussé Shaka à continuer. Ce dernier était normalement si doux, qu'aurai-il pensé de lui s'il lui avait avoué ça ? Non pas qu'il n'aimait pas la tendresse, loin de là.
L'atlante tenta de se dégager mais il n'y arriva pas, trop migraineux et trop engourdi. Shaka choisit ce moment pour se réveiller. Il releva sa tête lourde et douloureuse et croisa le regard crispé de son amant :
« Shaka : Mü, ça va ?
Mü : Tu me fais mal. »
Shaka se relava et regarda choqué son amour attaché et couvert d'ecchymoses et de griffures. Il s'empressa de le détacher et d'aller à la salle de bain chercher de quoi le soigner. Il arriva au pied du lit et s'effondra, ces efforts soudain étant trop brutaux pour son corps pas vraiment en état, sa migraine le reprenant de plus belle :
« Mü : Shaka, doucement, tu n'es pas en état.
Shaka : Qui t'as fait ça ?
Mü : Hein ?
Shaka : Qui a bien pu te faire ça Mü?
Mü : Mais tu ne te souviens pas, c'est toi. »
Shaka ne bougea plus, il était abasourdi. Jamais il n'aurait fait de mal à son mouton, il l'aimait trop. Comment ? Il ne comprenait pas et restait figé, ses beaux perdus dans le vide.
Mü lui prit la main et l'emmena s'asseoir sur le canapé après lui avoir enfilé une robe de chambre. Il prépara lui aussi ce remède atlante qu'ils burent en faisant la grimace puis il se mit à raconter la soirée de la veille : le coup monté d'Aiolos, le comportement soudain violent de la vierge et leur multiples ébats. Shaka le regarda avec intensité, ses magnifiques yeux bleus s'agrandissant au fur et à mesure du récit. Quand il eut terminé, Shaka éclata en sanglots en ne cessant de demander pardon. Mü était abasourdi de voir le fier et calme chevalier de la vierge agir de la sorte. Jamais il ne l'avait vu ainsi.
Le bélier prit son tendre amour dans ses bras et lui murmura des paroles apaisantes. Mais rien ne calmait le bel hindou jusqu'à ce que l'atlante dise :
« Mü : J'ai aimé tout ça. »
Shaka cessa brusquement de pleurer et regarda Mü droit dans les yeux. Ce dernier décida de se jeter à l'eau :
« Mü : Mon amour, j'aurai pu t'en empêcher si je l'aurai voulu. Mais je t'assure que j'ai aimé et que je t'ai laissé faire.
Shaka : Tu as aimé ?
Mü : Shaka, tu es si doux avec moi, surtout quand nous faisons l'amour. Je ne savais pas comment te dire que ce que nous avons fait hier soir était un de mes fantasmes.
Shaka : Pourquoi ? Si je suis doux c'est parce que tu l'es dans la vie. Je n'aurai jamais imaginé que tu aimais plus de fougue. Tu sais, je suis ouvert à toute proposition nous concernant.
Mü : Vraiment ?
Shaka (soudain taquin) : Tu en as d'autres des fantasmes ?
Mü (chuchote à l'oreille) : Pssssssss
Shaka : Tu veux jouer ? A quoi ?
Mü (chuchote à l'oreille) : Psssssss
Shaka (surpris) : Au petit chaperon rouge et au grand méchant loup !
Mü (chuchote à l'oreille) :Psssssss
Shaka (perplexe) : Au coquin infirmier et au séduisant médecin !!
Mü (chuchote à l'oreille) : Psssssss
Shaka (choqué) : A SAORI ET SEIYA
Mü : Euh… non, oublie la dernière. »
Le remède atlante semblait vraiment fonctionner car la migraine s'en alla bien vite. Le couple passa la journée lovés l'un contre l'autre à s'imaginer des scénarios pas possible et Shaka massa le corps endoloris de Mü de façon… sensuel… Une première pour lui.
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Au temple du Lion
Aiolia se réveilla en sentant un linge humide sur son front douloureux et une main apaisante sur sa poitrine. Il attrapa cette main, une main fine, une main de femme, la sienne. Il ouvrit les yeux et découvrit le visage rayonnant de Marine qui lui souriait et l'embrassait tendrement pour lui dire bonjour. Il voulut comme à son habitude la renverser sur le lit et prendre la position du maître mais cet horrible mal de tête… Maudit alcool et maudit Aiolos. Enfin, il n'avait plus cet esprit de vengeance comme la veille, il lui pardonnerait à son grand frère, il le savait déjà.
L'attitude de Marine le laissait quand même perplexe. Si douce après ce qui s'était passé cette nuit… Ca pas normal. Elle devait sans doute manigancer quelque chose car elle n'était pas du genre à oublier comme ça :
« Marine : Bonjour mon beau chevalier. Bien dormi ?
Aiolia : A tes cotés, toujours.
Marine : Tu m'en voies ravie. Je t'ai préparé de l'aspirine. Tu devrais te reposer le temps que je te prépare un bon repas anti-gueule de bois avec plein de bons légumes.
Aiolia : Merci ma belle. J'ai vraiment de la chance de t'avoir.
Marine : Par contre. Je voulais savoir. Hier soir j'étais fatiguée et je t'ai pas laissé le temps de t'expliquer. Tu me disais que c'était la faute à Aiolos si t'as trop bu ?
Aiolia : Oui, mon frère m'a torturé jusqu'à ce que je cède.
Marine : Il t'a torturé ? Et toi le vaillant chevalier tu as cédé ?
Aiolia : Tu ne t'imagines même pas ce que c'était. Je ne peux pas résister à ça.
Marine (intéressée) : Et je peux savoir ce que c'est ?
Aiolia : Ah non sinon tu vas en profiter.
Marine : Tant pis. Bref ce n'était pas de ta faute mais celle d'Aiolos. Quand même celui-là, ne peut-il pas te laisser tranquille. Ok, c'est ton grand frère mais faut lui expliquer que t'es plus ce gamin de sept ans qu'il a laissé derrière lui mais bien un homme de vint et un ans.
Aiolia : On en a déjà parlé Marine. Ce n'est pas facile pour lui, n'oublie qu'il a perdu treize ans de vie. Je ne me sens pas de lui dire de ne plus envahir notre vie.
Marine : Je ne te demande pas de ne plus le voir mais d'arrêter d'être mère-poule avec toi et de s'en faire pour rien. Il y a une limite à tout et je n'en peux plus. J'ai besoin de plus d'intimité. Hier soir a été celle de trop. Sers toi de ça, dis-lui que je te fais la tête parce que t'es rentré soul.
Aiolia : Je ne peux pas…
Marine (ton dur) : Tu le feras sinon je vais vraiment te faire la tête et crois-moi que tu vas en baver.
Aiolia : Ma chérie…
Marine : Ne m'appelle plus comme ça tant que tu ne lui auras pas parlé. Et le plus tôt sera le mieux.
Aiolia : Tu as raison, il faut que je le fasse sinon ce sera encore plus dur après. J'espérais qu'il se calmerait avec le temps, avec Saga dans sa vie mais non.
Marine : Bien. Tu iras plus tard, laissez vous quand même le temps de vous remettre et à toi de te préparer. Bon, je vais te le préparer ton repas. »
Marine s'en alla toute contente, laissant Aiolia encor plus mal qu'à son réveil. En plus de la migraine, une boule s'était formée au creux de son ventre. Il appréhendait depuis longtemps cette discussion. Son frère était si sensible, ça n'allait pas être une partie de plaisir.
Dans la cuisine, Marine fit un clin d'œil à Shina qui avait suivi toute la conversation.
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Au temple des Gémeaux
Malgré son mal de tête probablement du à l'excès d'alcool, Aiolos ouvrit les yeux sur une vision de rêve : une longue chevelure bleue, deux yeux fermés… le chevalier des gémeaux était paisiblement endormi. Le sagittaire s'approcha, colla son nez à celui de Saga et au moment où ses lèvres allaient frôler celle de son amour, ce dernier ouvrit ses yeux verts et le regardait durement :
« Kanon : Qu'as-tu l'intention de faire stupide centaure ? »
Surpris, Aiolos se retira brusquement, perdit l'équilibre et sa tête heurta le sol dur en premier. Il hurla de douleur sous le choc et Kanon hurla de douleur sous le cri.
Saga, le vrai Saga, était en train de faire fondre un cachet d'aspirine quand il entendit les bruits en direction de la chambre. Il avait passé un horrible nuit mais il trouva la force de se précipiter, ayant peur pour les deux personnes qu'il aimait le plus au monde. En voyant le spectacle, il ne sut vers qui aller en premier. Il opta pour Aiolos qui avait quand même fait une chute :
« Aiolos : Saga, il m'a fait tomber.
Kanon : Saga, il a voulu m'embrasser.
Aiolos : Saga, il m'a trompé en prenant ta place.
Kanon : Saga, il a crié si fort que mon crâne va exploser.
Aiolos : Saga…
Kanon : Saga…
Saga : SILENCE.
Aiolos (coi) : …
Kanon (coi) : …
Saga : Sérieux, j'ai affaire à des gosses ou des chevaliers ? Reprenons les choses calmement. Kanon, tu as tellement bougé cette nuit que tu as fini par prendre ma place. Et n'oublie pas que tu es mon jumeau donc ma copie conforme, cela veut dire qu'Aiolos n'a pas voulu t'embrasser mais qu'il t'a confondu avec moi. Il est tombé, il aurait pu se faire très mal, c'est normal qu'il ait crié.
Aiolos (tout content) : HAHA. C'est toi qui a tous les tords.
Kanon (pleure) : Pardon Saga…
Saga : Et toi Aiolos, même si tu ne te sens pas bien, je suis franchement déçu que tu nous ai confondu. C'est tout ce que je représente pour toi, au point de ne plus me reconnaître.
Aiolos (pleure) : Pardon Saga… »
Saga soupira, au lieu de deux adolescents en dispute, il recueillait sur chaque épaule deux gosses qui pleuraient. Il n'avait pas toujours été bon mais il pensait s'être assez repenti pour ne pas avoir à subir ça. Que les Dieux sont cruels ! En plus les pleurs ne faisaient qu'accroître son mal de tête. Il consola ces deux êtres si chers à son cœur et les embrassa sur la tête avant de leur préparer de l'aspirine à eux aussi :
« Saga : Je vous propose de passer une journée peinarde. Je me sens pas de m'entraîner aujourd'hui et je pense que c'est pareil ailleurs.
Kanon : C'est clair. Moi je bouge pas. Je téléphonerai à Sorrente tout à l'heure.
Aiolos : Et moi, j'irai voir Aiolia, pour voir s'il a bien dormi et s 'il ne m'en veut pas de lui avoir forcé la main hier soir.
Kanon : Va-y maintenant le voir ton matou de frangin, et laisse moi avec Saga.
Aiolos : Que dalle, je te laisserai jamais seul avec MON chéri.
Kanon : je te rappelle que c'est MON frère. »
Enième soupir, ces deux-là n'étaient pas les meilleurs beaux-frères du monde. Saga aspirait à un peu de tranquillité mais comment avec ces deux pseudo boulets dans les jambes et qui ne lui laissaient pas une minute de répit.
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Au temple du Taureau
Aldébaran fut réveillé par une délicieuse odeur de café. Il se releva et alla dans la cuisine. Il avait un peu mal à la tête mais c'était supportable. Son immense foie avait sans doute déjà fait la plupart du boulot.
Dans la cuisine, Scylia préparait un bon café brésilien comme Aldé les aime. En le voyant, elle sourit, l'embrassa en se mettant sur la pointe des pieds et lui tendit un verre où avait fondu deux cachets d'aspirine (un seul c'est dose pédiatrique pour notre taureau). Ce dernier la remercia et s'installa devant son délicieux café. Scylia était douée en tout, même au lit, surtout au lit. Aldé en avait même été perplexe, elle si petite, si douce, semblant si fragile devenait une vraie tigresse une fois la porte de la chambre fermée.
Scylia parlait peu mais son regard en disait beaucoup. Aldé était simplement heureux avec elle à ses cotés. Avec elle il oubliait tout, même son mal de tête actuelle. Il s'en voulait d'ailleurs de ne pas l'avoir emmenée hier… Hier !!! Aldé ne se souvenait pas être rentré chez lui. Le plus loin qu'il se souvienne c'est lui qui faisait la java avec Dohko, puis le streap de Saga, une petite douleur à l'estomac… Et ensuite… Plus rien, le trou noir. Il faudrait qu'il demande à ses collègues.
Scylia n'était au courant de rien mais avait compris en voyant la tête des deux collègues de son amour (Shura et Aiolia) que son taureau avait dépassé la limite niveau alcool que son corps puisse supporter. Une limite bien précise qu'elle connaissait bien. Mais elle n'était pas là pour l'arrêter… Tant pis, il ne valait mieux pas qu'il sache les conséquences que peuvent avoir cet excès.
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Voila, j'espère que ça vous a plu. A prévoir encore deux chapitres je pense. J'espère ne pas vous souler avec cette histoire. N'oubliez pas les coms.
