Désolée pour le retard mais j'ai eu pas mal d'exam et d'évènements.
Enfin bonne lecture ^^
Chapitre 3
Bom
…
Bom
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Bom
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Bom
Elle sentait son cœur. Son cœur qui battait si faiblement. Elle avait de plus en plus de mal à l'entendre malgré le silence. Il battait de plus en en plus lentement. Elle sombrait de plus en plus dans le noir. Un noir froid, qui l'entraînait dans un glacial néant. Elle se sentait seule. Si seule. Elle avait perdu conscience, oublié la notion du temps. Elle voguait dans l'obscurité la plus totale. Avait-elle les yeux fermés ? Etait-elle évanouie ? Endormie ? Morte ?
La dernière option lui parut la plus plausible. Elle n'aurait pas du donner tant de chakra à Kiba. Mais après avoir commencé, elle n'avait pas pu s'arrêter. Parce qu'elle avait eu peur. Peur de le perdre comme elle avait perdu son senseï. Alors elle avait laissé couler son chakra dans son corps inanimé, la totalité de son chakra. C'était du suicide, elle le savait bien. Mais elle l'avait quand même fait. Parce qu'elle ne pouvait pas laisser mourir l'homme qu'elle aimait et qui lui avait sauvée la vie. Encore une fois, c'était à cause d'elle s'il s'était fait grièvement blessé.
Tout avait été de sa faute. Comme toujours.
Pourtant, tout avait bien commencé, Shiru s'était avérée être une jeune femme d'une vingtaine d'année, à l'allure dynamique et enthousiasme. Elle avait des cheveux si blonds qu'ils paraissaient blancs, décolorés par le soleil, et des yeux noisette rieurs. Un corps élancé et fin que dévoiler le peu de vêtements qu'elle portait. Ino et elle s'étaient bien entendues même si la fleuriste avait remarqué que leur cliente tournait un peu trop autour d'un Kiba aveugle de ses charmes. Ce qui n'avait pas vraiment enchanté la konoichie… Heureusement l'Inuzuka n'avait pas eu l'air intéressé par son décolleté et ses longues jambes. Shiru avait abandonné rapidement au grand soulagement d'Ino.
La mission s'était bien déroulée jusqu'au village de la Pluie. Kiba et Akamaru avait réussit à leur fait éviter d'éventuelles attaques et embuscades, Ino grâce à ses technique d'emprise d'esprits avait quant à elle put repérer celles que Kiba n'avait pas pu détecter à cause du vent. Les soirées, rythmées par leurs rires, s'étaient enchaînées sous un ciel étoilé sans nuage. Et autour du feu pendant leur tour de garde elle et le maître chien avait parlé et rit, partageant leurs impressions et leurs avis sur la situation du village et sur leurs amis. Parlant des dernières nouvelles de l'Akatsuki, blaguant beaucoup et même quand le silence s'installait, il ne refroidissait pas l'ambiance. C'était un silence doux et discret, qui liait encore plus les deux jeunes gens. Leur faisant prendre conscience du bien être qu'il avait à être l'un à côté de l'autre. Que la simple présence de l'autre les calmer, les rassurer. Comme dans un rêve. Tout avait été si simple, la jeune fille n'avait pas eu à se forcer à sourire ou à être heureuse. Elle l'avait été réellement. Ino avait retrouvé la saveur du rire.
Au retour, elle était montée sur Akamaru avec Kiba pour rentrer plus vite au village. Ivre de joie, elle s'était serrée contre le corps musclé de son coéquipier sans remord, appréciant son odeur. Ino avait toujours aimé les animaux alors entre Akamaru et elle une certaine complicité s'était installée grâce à leurs jeux et à leur mutuelle affection pour Kiba. Et apparemment, si son maître n'avait rien remarqué l'animal avait quant à lui bien comprit que les sentiments de la fleuriste pour le maître chien étaient plus profond que de l'amitié. Tout avait été parfait et puis il y avait eu cette fameuse nuit. Cette nuit de cauchemar. Toujours le même qui la torturait. Agissant comme une piqûre de rappel pour lui dire qu'elle n'avait pas le droit au bonheur après ce qu'elle avait fait. C'était toujours le même scénario qui se déroulait. Elle se retrouvait au dessus de la tombe d'Asuma les mains couvertes de sang. De son sang. Le regard triste de son senseï posé sur elle, l'implorant de l'aider. Au loin les pleurs de Kurenai et les cris d'un bébé appelant son père. Une brume s'épaississait entraînant avec elle les regards désolés de Shikamaru et de Chôji. Ses compagnons s'éloignaient la laissant seule. Et sa voix. Cette voix. Sa voix à lui. Senseï…
Pourquoi m'as-tu laissé mourir ? Tu n'étais pas assez forte, pas autant que Sakura… Comme j'aurais voulut qu'elle soit là… Elle au moins aurait pu me sauver. Tu n'es pas un ninja digne de ce nom !
« Noooon ! »
Elle n'avait pas pu s'empêcher de hurler en se réveillant. Un cri rauque avait déchiré la nuit, réveillant Kiba qui somnolait devant le feu de camp. Elle avait tenté de cacher ses larmes mais ça avait été peine perdue, des torrents s'étaient déjà échappés de ses yeux bleus. Ino se rappelait parfaitement les instants qui avaient suivit son réveil. Tandis qu'elle cachait son visage, deux bras avaient serré son corps. Son regard avait croisé le sien. Ils n'avaient échangé aucune parole, Ino savait qu'il avait comprit. Elle s'était laissée allée contre lui, avait relâché sa tristesse la laissant s'échapper, se libérant de son désespoir sur l'épaule de Kiba. Elle ne se rappelait plus ce qu'il lui avait murmuré à l'oreille, seul son souffle contre son cou restait gravé dans sa mémoire. Elle ne se souvenait plus des paroles prononcées mais se rappelait parfaitement du ton réconfortant de sa voix. Elle avait oublié combien de temps ils étaient restés l'un contre l'autre mais cet instant lui avait semblé éternel. Ses tremblements et ses pleurs avaient cessé mais il ne l'avait pas lâchée comme s'il craignait qu'elle ne se brise à nouveau. Et puis…
Il avait plu toute la journée, Ino, Kiba et Akamaru avait avancé péniblement à cause de la montée du fleuve et des marais grossissant du pays de la Pluie. Kiba s'était enrhumé et Akamaru ne s'était pas méfié. Quant à elle… Ino s'en voulait d'avoir ainsi baissé sa garde. Ce n'était pas digne d'un ninja d'oublier qu'il est en mission même si celle-ci était tranquille.
Idiote !
Idiote !
Ino revoyait la scène. Le bruit de la pluie avait été si assourdissant qu'aucun d'eux n'avait remarqué les bruits de pas derrière eux. C'est pourquoi ce ne fut qu'au dernier moment qu'ils s'étaient aperçus de la présence du mercenaire. Kiba n'avait capté le pas qu'à l'instant où celui-ci s'était élancé vers eux. Droit sur elle. Elle était de dos, et n'avait compris ce qu'il se passait qu'au moment où Kiba l'avait poussée au sol. La protégeant en s'exposant. Et le kunai s'était enfoncé, et le sang avait giclé éclaboussant la terre, se mêlant à l'eau et la boue. Et Kiba s'était effondré, incapable de se défendre lui-même. Ino avait hurlé, l'homme s'était approché d'elle, son arme rouge du sang du maître chien. Cette vision avait décuplé une fureur dans le ventre de la jeune femme, la colère et l'horreur s'étaient déversées dans son corps. Le mercenaire ne s'était pas attendu à une attaque de face, il avait pensé que la konoichi userait de ses techniques plutôt que de risquer un combat direct. Il n'avait pas cru que cette blonde avait autant de force. Ino s'était jetée sur lui en un hurlement sauvage le kunai à la main. Tout c'était bousculé dans son esprit : la vue de Kiba à terre par sa faute, le sang qui s'écoulait de sa plaie, l'arme ensanglantée, son amour pour le jeune homme, tous ces instants avec lui, ses bras autour de son corps, son odeur de terre et de forêt, son souffle dans son cou… Le mercenaire avait esquivé au dernier au moment, profitant de cela il lui avait asséné un violent coup de poing dans la nuque l'envoyant, de ce fait, bouler dans la boue. Bien que sonnée, Ino avait contre-attaqué sans faire attention à sa tête qui semblait tourner plus qu'il n'aurait fallut. C'était avec l'aide d'Akamaru que finalement Ino avait triomphé. La tête de l'homme avait volé, mais la monstruosité du spectacle du cadavre sans crâne se vidant de son sang n'avait pas touché Ino. La jeune fille s'était précipitée vers Kiba. Elle se rappelait son faible sourire tandis que la vie s'échappait de lui.
« Ne…ne t'inquiète p…pas. Je…je vais bi…bien, avait-il déclaré pour la rassurer.
- Je t'interdis de parler !
- I…I…Ino…
- Tais-toi ne dit plus rien ! s'était-elle écriée en commençant son sort de guérison. »
Il s'était tu, un dernier sourire accroché sur ses lèvres pourpres de sang. Ses yeux moqueurs s'étaient alors fermés.
« Non ! Non ! Nooon ! Ne meurt pas ! »
Elle avait jetée toutes ses forces, tout son chakra et toute son énergie en lui, sous les yeux d'Akamaru qui avait léché en gémissant le visage de son maître. Ino avait alors confondu les traits du jeune homme avec ceux d'Asuma, elle avait tremblé de désespoir. Il ne devait pas mourir, non il ne devait pas. Pas comme Asuma. Et pas par sa faute. Les larmes lui avaient piqué les yeux et dans un dernier soupir elle avait projeté tout dans le corps du ninja. Elle s'était ensuite écroulée à ses côtés et avait fermé ses yeux azurs en emportant le ciel gris, la pluie et le sang dans son esprit. Puis c'était devenu les ténèbres.
Et maintenant elle était là, à mi chemin entre la vie et la mort. Dans un noir effrayant. Ino se laissait bercer par le silence. Son cœur se serra à la pensée que Kiba était mort. Mort par sa faute. Sans prévenir, les pleurs s'échappèrent et elle se recroquevilla sur elle-même poussant des gémissements de bête blessée. Son corps était secoué de spasme et un visage enveloppé l'air.
Kiba…
La jeune fille hoquetait, le prénom du maître chien accroché sur ses lèvres, se morfondant sur elle-même et essayant de se réchauffer, les bras entourant de son torse. Pourquoi n'était-elle pas capable de protéger les êtres qui lui étaient chers ? Pourquoi n'avait-elle pas pu sauver l'homme qu'elle aimait ? Pourquoi n'avait-elle pas augmenté ses capacités suite à la mort d'Asuma ? Pourquoi ? Pourquoi ? De sa faute. Tout était de sa faute. Les sanglots redoublèrent et elle hurla de désespoir. Si elle avait fait plus attention, si elle avait été plus forte, si elle s'était entraînée avec plus d'acharnement, si elle n'avait pas tourné le dos, si… si… Mais maintenant c'est trop tard pensa-t-elle. Sans Kiba, mort par sa faute, mieux valait mourir. Elle n'était pas capable de sauver des vies.
Excusez-moi sensei, si j'avais pu vous sauver, Kurenai et votre enfant auraient un foyer complet. Pardonne moi Kiba, pardonne moi, pardonne moi…, son visage se crispa sous les larmes elle se noyait dans ses propres pleurs, Je suis désolée… Je t'aime tellement ! Je t'aime, je t'aime, je t'aime... Je vais te rejoindre…
« Arrête ! »
Le silence se brisa, le néant vola en éclat et Ino cessa de pleurer. C'était sa voix.
Alors ? Quand pensez-vous ? A qui est cette voix ?
Un petite commentaire serait apprécié ^^
