Coucou !

Je passe rapidement par ici pour poster un nouveau petit OS sans prétentions (suis dans le boulot jusqu'au cou, et j'ai un peu de mal à me concentrer en ce moment). Cette fois, c'est My Sweet Prince de Placebo qui m'a inspirée. Oui, je sais, elle a déjà été utilisée et réutilisée. Mais j'y peux rien, je l'adore. Au-delà de son sens, je trouve la musique magnifique, tout en dièses et en bémols, un vrai bonheur. Et puis cette chanson a une véritable histoire pour moi.

Enfin bref, j'arrête de vous gaver...

Minia : merci encore pour tes coms depuis le début. J'espère ne pas t'avoir trop fait attendre.

Lethally Alive : whaouu... Je suis heureuse d'avoir réussi à te surprendre. Pour ma part j'adore me ''faire avoir'' par une fic et ne pas avoir pu en prévoir l'aboutissement. Donc c'est vraiment un magnifique compliment pour moi, merci.

Je sais que cet OS est encore court, mais il a été particulièrement douloureux à écrire, donc j'espère que vous ne m'en voudrez pas.


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My Sweet Prince

Placebo

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Cette nuit était somptueuse.

Loin devant lui, il y avait les lumières presque éternelles de la ville. Au-dessus de lui, il y avait les lumières presque immortelles des étoiles.

Harry se sentait bien. Il regardait les astres avec un sentiment ineffable de félicité et avait envie de leur crier tout le bonheur qu'il ressentait en cet instant.

La vie était dure, et pourtant il n'avait jamais eu autant envie de la vivre. Le monde était cruel mais il ne l'avait jamais trouvé aussi beau. Peut-être bien que l'amour rendait idiot... Mais après tout il s'en fichait. Oui il avait un coeur tendre, et après ?

Cette nuit il était en osmose avec le ciel et la terre. Debout dans l'obscurité, il n'avait plus peur de rien. Tant qu'il y aurait les étoiles pour lui sourire et la promesse d'un homme qui l'attendait et l'aimait, alors il se tiendrait toujours debout, droit et fier, et se battrait.

Le coeur palpitant de toutes ces émotions étranges, il regarda sa montre avec impatience. Plus que quelques heures... Ce matin il partirait le rejoindre. Après des semaines de séparation, il le serrerait à nouveau dans ses bras et s'enivrerait de sa présence jusqu'à en être saoul. Oui il était amoureux. Oui il était cinglé ! Il fallait l'avoir vécu pour le comprendre, ce sentiment si fort qu'il vous fait faire des folies sans même que vous vous rebelliez.

Folles folies... Draco lui en avait tant promis ! Non, Harry n'était pas obsédé par le sexe ! Il était juste obsédé par son blond, et toutes ces choses qu'ils faisaient ensemble n'avaient rien de dépravé. Qu'y avait-il de mal à faire l'amour à toute heure du jour et de la nuit ? Il n'y avait pas de planning national qu'il sache ! Et pourquoi se contenter d'un lit quand il y avait tant d'autres lieux à portée ? L'abondance d'imagination était-elle un crime ? Dieu, que les gens pouvaient être parfois coincés !

Lui s'amusait déjà à tenter de découvrir quelle pouvait être la surprise que Draco lui préparait. Plus que quelques heures. Ses oreilles résonnaient encore de la voix voluptueuse qui avait retenti dans le téléphone avant son dîner. Il était heureux, innocemment heureux, bêtement heureux... Encore 20 heures à tenir avant de savoir... Encore 20 heures avant de le revoir. Comment dormir dans ces conditions, franchement ?

Et si...

Et s'il faisait lui aussi des folies ? Et s'il le rejoignait ? Non, pas demain ! Là, tout de suite, enfin... dans la demi-heure. Et s'il s'offrait une nuit blanche sur les routes pour aller retrouver son amour ? Bon, bien sûr il n'aurait certainement pas sa surprise en débarquant aux aurores dans la maison du jeune homme, mais au moins il pourrait le voir, l'étreindre, l'embrasser. Rouler de nuit, voir le soleil se lever tout en pensant à l'autre, admirer le monde désert et calme durant quelques heures... C'était idiot et irrationnel, mais ses veines et son coeur vibraient d'excitation à cette idée.

Une demi-heure plus tard, les pneus de sa voiture s'élançaient sur l'asphalte et dans l'obscurité. C'était si bon de savoir qu'il allait le retrouver...

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o0o0o0o

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C'était une torture.

Harry leva les yeux au ciel et se cogna la tête sur le mur qui le soutenait. Assis, ou plutôt affalé sur le béton, il regarda encore les étoiles et eut de nouveau envie de pleurer.

Monde de merde !

Vie de merde !

Coeur de...

Coeur de rien ! Extinction des feux ! C'était plus la peine de rêver, plus la peine d'attendre que les heures passent plus vite. Le téléphone avait sonné tout à l'heure, et une voix à la fois sombre et tremblante lui avait dit « je te quitte ».

Certes il ne l'avait pas dit comme ça...

Mais franchement, vu la souffrance que ça créait, les mots qu'il avait utilisé n'avaient aucune importance.

Et Harry se rappela combien il était heureux il y avait encore deux semaines, lorsqu'après une nuit passée à parcourir les routes désertes jusqu'à sept heures du matin, il avait débarqué chez son amant pendant son petit-déjeuner. Toute l'excitation qu'il avait ressenti en chantant à tue-tête dans sa voiture, armé seulement d'un thermos, d'un paquet de cigarette et d'un tas de Cds... C'était con... Il avait été con ! Croire que toute sa vie il pourrait retenir un être aussi particulier que Draco ''Serpentard'' Malfoy...

Et le pire c'est qu'il n'arrivait même pas à lui en vouloir à ce tortionnaire. Draco n'avait été ni vache ni sournois. Il était juste... lui, à se chercher des raisons tordues et complètement raciniennes pour s'empêcher d'être heureux. Et voilà que leur couple se brisait dans la douleur, comme dans une tragédie grecque.

En temps normal, Harry n'aurait jamais fait un truc comme ça. Mais en temps normal Harry n'aurait jamais été amoureux. Alors tant pis. On allait dire que ça irait pour cette fois. De toute façon, à part sa conscience, il n'y avait plus personne pour l'engueuler maintenant. Et encore... Il soupçonnait cette dernière d'avoir autant envie de se barrer de la réalité que lui. Trop mal ! Ca faisait vraiment trop mal ! Enfermé dans sa bulle, il avait hurlé, pleuré, frappé le sol pendant des heures et des heures. Il avait invoqué puis maudit presque tous les dieux de la Terre.

C'était pas juste, merde ! Pourquoi lui ?

C'était pas juste.

Il regarda encore une fois la seringue luisante en se demandant ce que ça faisait. Pas difficile de se procurer de la drogue dans les milieux estudiantins. Il suffisait d'être un peu observateur et on savait vite à quelle porte frapper en cas de besoin. Et là il en avait désespérément besoin.

Besoin d'oublier.

Besoin d'arrêter.

Besoin de ne plus avoir envie de hurler.

Qu'est-ce qu'il ressentirait lorsque le Dragon se mettrait à courir dans ses veines ?

Putain de vie. Putain de lui. Pourquoi est-ce qu'il ne pouvait pas être heureux ? Qu'est-ce qu'il avait fait pour mériter ça ? L'amour, quelle chose étrange... Capable de vous hisser au sommet avant de vous précipiter dans les bas-fonds... Souffrir pour un autre ou par un autre, voire les deux en même temps...

Autant ne plus souffrir du tout.

Harry frappa résolument le creux de son coude pour sentir le sang battre tout contre sa peau. Une dernière pensée cohérente, un dernier sanglot, et il enfonça doucement l'aiguille dans son membre avant d'appuyer sur le piston sans marquer d'arrêt. La seringue retomba à côté de son emballage quelques instants après, et il releva encore une fois les yeux en direction des étoiles.

La dernière fois qu'il les avait contemplé d'ici, debout et fier, il était l'homme le plus heureux au monde.

Maintenant il en était l'homme le plus seul.

S'il survivait à cette nuit, le regard qu'il poserait sur l'univers depuis ce balcon ne serait plus jamais le même.


My Sweet Prince... La première fois que j'ai écoutée cette musique j'étais aux anges. Maintenant elle ne fait que me rappeler de mauvais souvenirs. Mais elles reste magnifique.

J'espère que ça vous a plu, malgré la courtitude du texte (sisi, ça existe, mais uniquement en Aliyelaland - et peut-être aussi en Segoland selon certains historiens en politique. Ok, je sors °D)

A bientôt !