ATTENTION : lemon

17 janvier.

Matinée

Bon, j'y vais ou j'y vais pas? D'accord, je lui ai quasiment laissé un ultimatum. D'accord, peut-être qu'il m'attend. D'accord, Aphrodite va m'arracher les yeux, et peut-être autre chose, si je laisse passer cette chance. Mais, Shaka...c'est un Dieu, le plus grand des Chevaliers, combien
il y a t'il de chances pour que se soit autre chose que l'envie de Sainte Mère Térésa de Calcutta de se dévergonder un peu, pas longtemps, juste pour voir et retrouver le camp des "gentils" après. Et puis, il y a Mu. Mu et Saga. Et le dépit au coeur.
J'y vais.

Extrême fin de soirée.

Sainte Marie Mère de Dieu. Je relis ce que j'ai écris ce matin, et j'ai l'impression que ça fait des lustres, des millénaires, une autre vie.
Je suis arrivé chez Shaka, jean/T-shirt, sexy et classe, sourire vainqueur et lingot de fonte en fusion dans l'estomac. Pitié, Maître, je peux pas aller à l'école, j'ai mal au ventre. Il n'a pas ouvert les yeux, et m'a laissé entrer. Il portait son sari, comme d'habitude. J'avais l'impression
de subir un jugement suprême, Paradis ou Enfer, pas d'Appel possible. (Même pas à un ami.) Au bout d'un moment, d'un long, très long moment, il a fini par parler. Il a dis je crois pas que ce soit une bonne chose. Ca ne mène à rien. N'insiste pas. Nous n'avons rien à voir l'un avec l'autre. J'en suis resté scié. Il me fait courir comme une chienne, profite d'un moment de faiblesse pour abuser de mon innocence (enfin...), viens me relancer chez moi, me gifle, fais en sorte que c'est moi qui fasse les avances, et, finalement, m'envoie paître! Avec ce ton qu'il a pour refuser les faveurs et les offrandes des fidèles de Bouddha.

Je l'ai regardé, bouche bée, son attitude royale, son sari et ses yeux clos et j'ai senti mon aura gronder autour de moi. J'avais envie de l'étrangler, de mettre mes mains sur son cou pâle et de serrer. Envie de le frapper ou de le prendre par les épaules et de secouer. Qu'il me regarde, au moins, pour me dire que je n'avais aucun intérêt. Mon cosmos a flambé, comme avant. A chaque fois, ça finit comme ça quand on est face à face. Il me snobe et je le déteste. Je le déteste et, généralement, je pars humilié. Mais là, je suis resté, et j'ai laissé enfler. J'étais près à déclencher un duel, je crois. Mais quand mon cosmos l'a atteint, il ne s'est pas mis en position de défense. Il a penché la tête en arrière, a entre ouvert les yeux et a dis Arrête ça! Arrête! Et il a murmuré mon nom. Enfin, « Masque de Mort ». Il s'est approché. Il a sourit un
peu. Et il s'est accroché à mes lèvres. Ses mains sur mes épaules m'ont brûlée la peau.

Je crois que Shaka est encore plus compliqué qu'une femme.

Mais il doit y avoir quelque chose en moi qui l'excite. Je ne sais pas quoi, je ne sais pas pourquoi. Je me suis laissé guider. Il m'a traîné dans sa chambre et nous a jeté sur son grand lit orange. Je l'ai embrassé comme un malade. Shaka aime les baisers interminables et débordants au visage et au cou. Des baisers plus érotiques et plus intimes que biens des actes que font les autres. J'ai arraché son sari, enfin, je l'ai déroulé, et je l'ai dévoré. (Pas le sari).
J'ai mangé sa gorge et j'ai glissé sur son torse mes mains et mes lèvres. J'ai adoré son nombril, j'ai mordu ses flancs j'ai léché ses mamelons.

Je suis descendu. J'ai lapé son aine chaude et j'y ai plaqué ma langue pour sentir son sang pulser. J'ai mordillé ses cuisses, à l'intérieure, Dieu comme elles sont douces et puissantes. J'ai enfoui mon visage entre ses jambes, dans son odeur de mec et de sexe, il n'est pas rasé, tout blond, je préfère, sa queue chaude déjà mouillée contre mon visage et ses mains dans mes cheveux. Il m'a rappelé à ses lèvres, un peu, et j'ai recommencé mon voyage sur sa peau. Je jure sur la Vierge Marie que lorsque je l'ai pris dans ma bouche, il planait. Au moins dix centimètres au dessus du lit. Il lévitait et me faisait grimper avec lui. Il a joui fort, cambré et en sueur sur mon visage et mon T-shirt. Il est retombé sur le lit essoufflé et souriant. Je me suis rendu compte que j'étais encore trop habillé. J'ai enlevé mon T-shirt taché et j'ai bloqué. Il me regardait, plutôt, il me détaillait. Les yeux grands ouverts, brillants et affamés, il suivait le dessin de mon corps, les muscles peut-être, la peau aussi, les marques et les cicatrices. Si j'avais cru oublier mon appétit en satisfaisant le sien, être désiré comme ça m'a rapidement réenflammé. J'ai essayé de me débarrasser de mon jean, mais ses mains ont évincé les miennes. Il s'est battu contre les boutons et s'est impatienté sur le boxer. Il se mordait les lèvres et j'étais fou. Dès qu'il a posé ses mains sur moi, j'ai perdu le contrôle. Il a suffit de quelques caresses, juste ses mains, aucun artifices, pour que je vienne. Il a souri franchement et s'est allongé sur le lit, m'accueillant. J'ai rapidement fini de me désaper et je l'ai rejoint. On est resté plusieurs minutes, une éternité, enlacés et immobiles.

J'ai pensé à Mu. A Aphrodite. Et puis à Blanche.
Au bout d'un moment, Shaka s'est placé sur moi, lourd, encore humide et m'a embrassé légèrement. Et puis ses jambes se sont imposées entre les miennes. J'ai hésité un peu, et je lui ai demandé où il avait appris ça. Il m'a répondu c'est toi qui me l'a appris, tu ne te souviens vraiment pas? J'ai dis non, et j'ai souri, sûrement un peu tristement. Il m'a embrassé et j'ai
remonté mes jambes autour de son torse, il était déjà prêt à nouveau. J'étais fille dans les bras du Dieu Apollon.

Il m'a fait l'amour. Longtemps. En me regardant.
Il s'est endormi, et je suis parti.
C'est si soudain.
Il me faut un café. Saloperie de machine.