ATTENTION : lemon

21 janvier
matin

Il y a des jours où on se dit qu'on aurait mieux fait de rester couché. Et il y en a d'autres où les ennuis viennent vous chercher directement entre les draps sans qu'on ait même besoin de se lever.
Rétrospectivement, je me dis que mon "jour-sans" d'aujourd'hui était prévisible vue la soirée d'hier. Mais c'est facile de se dire après coup "si j'avais su"...
Le problème est purement physiologique. Ma petite discussion avec Mu m'avait mis dans un état suffisant pour me faire gagner n'importe quel concours caudal du Sanctuaire pour peu que les juges m'eussent cru au repos. Mais si cette tension était somme toute raisonnable elle était néanmoins persistante. Une envie floue, une arrière-pensée, comme un manque de nicotine ou un verre de Martini qui vous fait de l'oeil. J'avais presque envie de retrouver le responsable, de le mettre à genou, et de lui faire finir ce qu'il avait très volontairement commencé. Mais comme je n'avais absolument pas le temps de partir à la chasse au Mu, j'ai décidé de prendre
en main personnellement la solution du problème. Bien évidemment, j'avais à peine déboutonné mon jean et passé le pilotage en mode manuel que Shaka est arrivé. En avance. Là, à la réflexion, j'aurais du lui sauter dessus et lui demander son aide. Mais j'ai tout remballé, avec quelques difficultés et j'ai fais style que tout va bien. Sauf qu'à partir de là, j'étais clairement excité et franchement gêné. Ce n'est pas possible qu'il ne s'en soit pas
rendu compte! En tout cas, je me la suis mise sur l'oreille pour la fumer plus tard. On a mangé-je ne sais absolument plus quoi, on a parlé-je ne sais plus de quoi non plus. Je me rappelle très clairement que son sari glissait constamment sur son épaule gauche, ce qui nous énervait tous les deux mais pas de la même manière. On a regardé un film- dont je n'ai pas
suivi l'intrigue, durant lequel il a dû me trouver très collant, voire humide (j'ai mordillé le bord de son sari, entre autres humidités) et on s'est couché. Il s'est collé, nu, contre moi, son visage dans mon cou, son bras sur mon torse. J'ai suçoté son épaule, ça le chatouille, j'ai caressé
son dos, ses reins, mais il m'a empêché de toucher ses fesses ou de glisser ma main entre ses cuisses. Et il s'est endormi. Son sexe sur mon aine, sa cuisse entre mes jambes. Il respirait doucement, adorable et j'étais frustré comme jamais. Je ne pouvais même pas me pogner, il était sur moi. Je l'ai bien tripoté un peu, mais ça ne faisait que me chauffer un peu plus. J'ai eu beaucoup, beaucoup de mal à m'endormir.
J'étais au bas d'un escalier. C'était bizarre, les marches n'étaient pas régulières. Je savais que j'étais au Sanctuaire, mais pas dans un endroit précis. Je suis monté, et tout en haut, sur un genre de canapé ou plutôt un lit comme dans les orgies romaines, il y avait Shaka et Mu. A moitié nus, en plein câlin. Je les ai matés un moment, avant que Shaka ne me voit et ne me fasse signe de les rejoindre. A ce moment là, je me suis rendu compte que, moi, j'étais déjà nu et bien excité. Ils m'ont fait une place entre eux deux et ont commencés à me caresser et à m'embrasser partout, Shaka dans mon dos, mon cou et souvent il me prenait par les cheveux pour me tirer en arrière et prendre ma bouche et Mu s'occupait de mon torse, se frottait contre mes jambes, touchait les abdos, les cuisses, le sexe...J'ai senti Shaka entrer en moi, doucement, puis de plus en plus vite, il a fait un signe à Mu qui s'est mis à m'embrasser et me lécher le corps, ses mèches mauves sur le visages et les yeux brillants et affamés. Shaka me possédait et Mu m'appartenait...Shaka m'a mordu l'épaule et bougeait de plus en plus fort, il m'avait encerclé de ses bras et murmurait des choses douces dans mon cou. J'étais déjà très très loin et Mu m'a fait un clin d'œil et m'a pris dans sa bouche, entièrement. (En vrai, personne n'a jamais réussi à le faire, même pas Aphro). J'ai hurlé comme un malade et j'ai explosé.

Je me suis réveillé avec beaucoup de mal. J'avais taché les draps, et j'avais du sperme plein les mains, sur le ventre, un peu partout, en fait. J'avais même les larmes aux yeux. J'ai mis du temps à me rendre compte que Shaka était à côté de moi, assis sur le lit, et qu'il me regardait. Il m'a regardé dans les yeux avant dire "Mu?... L'enfoiré!" et de disparaître.
J'ai scanné tout le Sanctuaire. Soit il est parti, soit il ne veut pas qu'on le trouve.
Shak', si tu lis dans mes pensées, reviens.