Chapitre 27. Le calme avant la tempête.
POINT DE VUE BELLA.
La découverte des dons de la famille de Rachel avait rassuré tout le monde. Même sans les visions d'Alice, nous avions de bonnes chances de l'emporter. Enfin, étant donnée ma pauvre condition d'humaine, j'étais exclue du « nous »…
Eléonore avait tenté de nous expliquer le fonctionnement de son « radar ».
-C'est comme un radar sur une machine, avait-elle expliqué, je sais simplement où sont les gens et les objets autour de moi. Je sais quels mouvements ils font, et j'arrive parfois à anticiper leurs gestes. Je ressens les gens dans un rayon de plusieurs kilomètres, mais j'arrive à le… régler. Je peux surveiller les mouvements sur trois kilomètres aussi bien que sur deux cents mètres.
William fut le suivant à expliquer :
-Comme vous l'avez compris, je fais de la télékinésie, j'arrive à faire bouger des objets, et même des organismes vivants simplement par la volonté de mon esprit.
Rachel et Henry avaient expliqué à Jacob, Jared et Paul en qui consistaient leurs dons ; et les Cullen avaient pris la parole. Tour à tour, ils avaient énoncé leurs dons. Après cela, nous étions tous entrés dans la grande bâtisse blanche qui leur servait de foyer.
J'aidais Esmée à faire le repas. Elle était enchantée de pouvoir se servir de la cuisine et faire à manger pour un si grand nombre de personnes. Car, bien sûr, il fallait nourrir tous ces loups-garous. Si Sam, Jared et Paul avaient refusé de rester, Monica et moi avions convaincu Jacob de dîner avec nous. Seth, lui, s'était joint à nous de bon cœur. Nous étions une vingtaine à table, y compris les vampires qui assistaient au spectacle mi-amusés mi-dégoûtés. Il faut dire que les loups-garous n'étaient pas particulièrement élégants lorsqu'ils mangeaient, même s'ils avaient l'air de faire des efforts. Seule Monica, en grande discussion avec Rachel et Alice, mangeait à un rythme raisonnable.
Une fois le festin fini, les loups-garous rentrèrent à la réserve, Monica exceptée pour pouvoir rester avec Rachel.
-Bella ? Nous étions dans la chambre d'Edward, étendus sur son lit, éclairés par la petite lampe de chevet qui diffusait une lumière douce.
-Oui ?
-Tu sais, pour la transformation… Ne t'inquiète pas, je n'ai pas changé d'avis, ajouta-t-il en sentant mon pouls s'accélérer. C'est simplement, reprit-il, que nous avons, il y a longtemps, signé un traité de paix avec les Quileutes. Nous promettions de ne pas nous en prendre aux humains, en échange, les loups-garous nous laissaient tranquilles et ne révélaient pas notre véritable nature. Cela ne poserait pas de problème s'ils étaient aussi compréhensifs et tolérants que la meute de Calgary, mais à leurs yeux, mordre un humain, le transformer, c'est comme le tuer…
-Oh. Je commençais à comprendre le problème.
-Oui, comme tu dis. Mais cela ne m'empêchera pas de te transformer, à moins que tu ne changes toi-même d'avis. Tu dois également savoir que la douleur qui accompagne la métamorphose est intolérable. Une fois que le venin est entré dans ton organisme, tu ne ressens plus rien, sinon une douleur atroce, comme un feu qui brûle chaque millimètre de ton corps, en mille fois pire et ce pendant trois jours.
Bien sûr, la douleur me faisait peur, il m'avait déjà dit que ça serait très douloureux, mais ce n'étaient que trois jours contre l'éternité.
-Carlisle te donnera de la Morphine, mais ce sera la première fois qu'il essaie, nous n'avons aucune idée de son effet… Il m'est impossible de te décrire la douleur, elle est inimaginable. Mais, en plus, les premiers mois… Un vampire nouveau-né est très dangereux pour lui-même et pour les autres. La soif occulte presque tout. Bien sûr, nous serons là pour t'aider, tu t'adapteras plus vite que la moyenne, mais au début, ce sera difficile, et plusieurs années devront s'écouler avant que tu ne puisses évoluer au milieu d'humains, mais tu ressentiras toujours cette soif dévorante, qui te poussera à rechercher du sang humain. Il se peut que tu arrives un jour à atteindre un contrôle quasi-total sur ta soif comme Carlisle, mais cela lui a pris plus de trois siècles…
Incapable de dire quoi que ce soit, je me contentais d'opiner du chef pour montrer que j'avais compris… Il me fallait juste un peu de temps pour assimiler ce que je venais d'apprendre.
Mais pour le moment, je devais dormir. La journée de demain promettait d'être éprouvante, il fallait que je voie mon père, peut-être pour la dernière fois, que j'appelle ma mère, également… et que le combat se prépare.
POINT DE VUE JACOB.
J'étais épuisé. Etant donné que nous devions surveiller la possible arrivée de Victoria, j'avais fait la ronde toute la nuit. A l'aube, Seth vint prendre la relève et je pus m'écrouler sur mon lit où je sombrais dans un sommeil profond.
-Jacob ? Jake ! On m'appelait. Mais je ne voulais pas ouvrir les yeux, pas maintenant. J'étais trop fatigué.
-Réveille-toi, Jake ! Génial, maintenant, on s'était mis à me secouer.
-Jacob ! Décolle, les sangsues arrivent ! Ce fut cette phrase qui me donna la volonté de soulever une paupière. Puis l'autre.
-Allez, grouille !
-Oui, Jared, deux minutes, grognai-je.
-Ouais, ben si on avait le choix, on serait tous en train de dormir…
Après avoir poussé un nouveau grognement, je rassemblai toute la volonté qui me restait pour me redresser.
Après m'être frotté le visage pour tenter d'en chasser la fatigue, je me levai.
-J'arrive.
-Ok, je t'attends dehors.
Il fallait que je dise au revoir à Billy. Il me l'avait fait promettre. J'étais certain qu'il ne m'arriverait rien, mais il tenait à me dire au revoir.
-Papa ?
-Jake ! Il faut que tu t'en ailles ?
-Ouais. Je m'approchai de son fauteuil pour le prendre dans mes bras.
-Tu me laisseras de côté une part de pizza, demandai-je. C'était ma façon de le rassurer, de lui promettre que je rentrerais sain et sauf.
-Je doute qu'une seule part te suffise !
Je souris avant de lui annoncer :
-Je dois y aller. Je ne sais pas combien de temps ça va durer, mais on va les écraser !
Après un dernier regard, je me dirigeai vers la porte, l'ouvris, et m'élançai.
POINT DE VUE BELLA.
Je n'avais pas réussi à dormir. Comment aurais-je pu sachant que certains d'entre nous seraient peut-être morts dans quelques heures ? J'avais le cœur au bord des lèvres et mon ventre n'était plus qu'une énorme boule de stress. Je devais aller chez mon père, mais je ne devais rien laisser transparaître. Mais avant, j'appelai ma mère :
-Allo ?
-Oui, maman, c'est Bella.
-Oh ! Ca va, ma chérie ?
-Oui, très bien. Tu parles, j'étais à deux doigts de rendre le peu de chose que j'avais réussi à avaler.
-Et Alice ? Elle ne souffre pas trop ?
-Ca peut aller. Ca lui fait un mal de chien, mais elle souffre en silence…
Je ne mentais pas vraiment. Je savais que la perspective de perdre un membre de sa famille, en particulier Jasper, la faisait frémir d'horreur, mais elle n'en montrait rien.
-L'accident ne l'a pas trop traumatisé ?
-Eh bien, ça l'a pas mal ébranlée, mais elle devrait s'en remettre, aussi bien physiquement que mentalement.
Nous avions ensuite discuté de choses et d'autres, de la météo en passant par le baseball.
-Bien. Je vais te laisser, ma belle.
-D'accord, maman. Je t'aime.
-Moi aussi, ma Bella. Je t'embrasse.
Puis il avait été l'heure d'aller chez Charlie. Quand j'étais entrée, il m'avait prise dans ses bras. Je l'avais serré contre moi.
J'étais restée à la maison près de deux heures avant de retourner chez les Cullen. En partant, je l'avais de nouveau pris dans mes bras, comme pour lui dire adieu. J'avais un pressentiment désagréable. Comme si je ne le reverrai plus. Je frissonnai avant de le relâcher et de retourner dans ma camionnette. Edward m'attendait déjà à l'intérieur.
Alors que nous approchions du foyer des Cullen, mon ventre se tordit encore plus. Je descendis de la voiture, Edward à mes côtés.
-Edward, il faut que tu ailles chasser. Pourquoi Alice voulait-elle m'enlever Edward alors que j'en avais besoin plus que jamais ?
-Non, je reste avec Bella ! Dieu que j'aimais cet homme !
-Je reste avec elle, ca ne prendra pas longtemps, il s'agit simplement de faire le plein pour…
Comme il semblait hésiter, je lui dis :
-Vas-y !
-Tu es sûre ?
-Oui, il vaut mieux que tu prennes des forces. Bien sûr, j'avais tout sauf envie qu'il s'éloigne, mais si cela pouvait l'aider à s'en sortir indemne, alors je préférais passer quelques heures loin de lui plutôt que passer le reste de ma vie en sachant qu'il était définitivement…
-D'accord, mais je reviens vite. Il se pencha et m'embrassa avant de disparaître dans la forêt.
Alice m'entraîna à l'intérieur et proposa de me faire à manger.
-Alice, je n'ai pas faim du tout, c'est même le contraire…
-Oh. Bien, veux-tu regarder la télévision ?
-Non plus. Je ferais peut-être mieux d'essayer de dormir. Je savais que je n'arriverais pas à fermer l'œil, mais cela empêcherait au moins Alice d'essayer de me distraire.
Une fois sur le lit d'Edward, je m'allongeai, tentant en vain de me calmer.
Après une demi-heure, voyant que ça ne servait à rien, je me redressai. La tête me tournait et j'avais plus que jamais mal au cœur. Je me levai et me dirigeai d'un pas chancelant vers la salle de bain. J'arrivai juste à temps pour vomir sans endommager le carrelage.
Alors que je tremblais de tous mes membres et prise d'un nouveau haut-le cœur, je sentis deux mains froides me tenir les cheveux et passer sur ma nuque. Ce contact me fit du bien et m'aida à ma calmer. Au bout de quelques secondes, je me sentis beaucoup mieux. En me redressant, je vis Jasper appuyé contre le chambranle de la porte de la salle-de-bains. Je bredouillai un « merci ». Alice me lâcha les cheveux et m'apporta une brosse à dents accompagnée de dentifrice.
Jasper et Alice restèrent avec moi jusqu'à ce qu'Edward reviennent. Jasper m'envoyait régulièrement des ondes de bien-être, et je lui en fus très reconnaissante.
-Edward arrive, m'avait soufflé Alice. Aussitôt, je m'étais levée et précipitée à l'extérieur pour l'attendre.
Lorsqu'il m'avait vue, l'un de ses sourires en coin que j'aimais tant avait illuminé son visage. Il m'avait rejoint et m'avait pris dans ses bras. Nous étions sur son lit, à nous embrasser et essayer de nous rassurer quand Alice frappa de légers coups à la porte.
Elle entra pour nous annoncer ce que je redoutais :
-Ils arrivent. Ils seront ici dans un peu moins d'une heure.
Aussitôt, mon cœur bondit dans ma poitrine et ma main se serra autour de celle d'Edward. Ses yeux d'or liquide accrochèrent mes prunelles pour ne plus les lâcher.
A contrecœur, nous nous levâmes et descendîmes. Les loups-garous venaient d'arriver. Nous étions au complet. Et sur le qui-vive. La tension était palpable. Je ne savais même pas comment Jasper pouvait rester au milieu de toute cette angoisse.
-Peut-être devrions-nous sortir ? La voix de Monica était tendue par l'anxiété. Tous approuvèrent sa suggestion. Comme Alice les avait vus dans la clairière, nous pénétrâmes dans la forêt, à vitesse humaine. Il avait finalement était décidé que je ne pouvais pas rester seule, ni avec Edward, ni même avec un petit groupe. Je les avais donc accompagnés.
Après quelques minutes, le regard d'Alice se fit lointain. A mes côtés, Edward se figea. Moins d'une minute après, elle murmura :
-Plus que trois minutes, mais je ne suis pas certaine. Je pense avoir réussi à contourner les loups…
Je me tendis instantanément. Edward me chuchotait des paroles rassurantes et me serrait contre lui. Partout autour de nous, les couples s'embrassaient, peut-être pour la dernière fois, les frères, sœurs et amis s'étreignaient. Edward prit mon visage entre ses mains, se pencha vers moi et posa ses lèvres sur les miennes. Je me laissais emporter par ce baiser, alors qu'Edward faisait preuve de moins de retenue que d'habitude. Il me pressait contre lui et laissait sa langue caresser mes lèvres. Soudain, Eléonore grogna.
-Ils sont à deux kilomètres. Ils seront ici dans trois minutes vingt-cinq.
Je me mis à compter mentalement. 205, 204, 203, 202, 201, 200… 10, 9, 8, 7, 6, 5,4, 3, 2, 1…
Un feulement. Victoria. Elle s'avançait, le visage fermé, plus féline que jamais. Un frisson me traversa le corps. Ses yeux parcoururent l'assemblée, puis se posèrent sur moi, incendiaires. Une lueur de victoire éclaira un peu plus ses iris rubis.
Plusieurs lignes de vampires la rejoignirent. Le combat pouvait commencer.
Alors ???? Comment trouvez-vous ce chapitre ??? Je pensais écrire plus, écrire LE combat, mais j'ai préféré le poster maintenant pour vous laisser un petit quelque chose avant de partir en VACANCES !!XD
J'espère que ça vous a plu ! Je prie pour trouver un réseau là-bas… Alors, croisons les doigts, mes amis, croisions !!^^
Maintenant, passons…aux REVIEWS !!! 391 reviews jusqu'ici ! Je compte sur vous pour m'aider à dépasser les 400 !!!! Alors… Le petit bouton vert vous attend !
En parlant de ça, merci, encore et toujours, aux reviewers du chapitre précédent, j'ai nommé…
Edgounette, Bellardtwilight, Yayalia, Clarocque, Emy299, 25lilou27, Butterflied75, Maggy123456789, PrincetonGirl818, CarlieCullen (Merci beaucoup pour ta super reviex et ton enthousiasme !!), Bosoleil1979 (pour tes 2 reviews XD) et ma ptite Anna !! Merci beaucoup pour vos reviews motivantes et adorables et à bientôt ! En attendant…BISOUS !!!
