J'ai finalement réussi à vous mettre la suite aujourd'hui!


Chapitre 10 - Sur le départ

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Sam prépare le repas tandis que Charlie prend sa douche. Elle est dans un état second. Les propos de Liam l'ont remuée, plus qu'elle l'aurait pensé possible.

Le Jack de cette dimension est finalement différent de la sienne. Elle pensait qu'il serait resté s'occuper de son fils puisqu'il ne lui restait plus que lui. Et pourtant il est reparti en mission dès qu'il a pu. Il est vrai que les explications de Charlie se tiennent, mais elles sont difficiles à accepter.

Tout cela la ramène à ses propres problèmes. Elle va devoir repartir. Oh, ce ne sera pas compliqué, pas plus qu'en 1969 finalement. Brancher une batterie sur la porte et la faire pivoter, évidemment seule ce ne sera pas évident, mais elle s'en sortirait. Il suffisait de l'activer au moment de l'éruption solaire, voilà tout. Pour ce qui était de pénétrer dans la base, elle avait toujours son uniforme et puis elle saurait improviser en cas de soucis.

Alors pourquoi ce pincement au cœur? Pourquoi cette impression de trahison? Pourquoi ce sentiment de tristesse?

Et puis la réponse qui déboule devant elle, les cheveux en bataille et encore humides. Charlie. Charlie dont elle a promis qu'elle lui trouverait une famille. Liam est pour l'instant le candidat idéal. Encore faut-il que les deux concernés soient d'accord.

Sam passe sa main dans ses cheveux lui demandant s'il a faim et ils passent à table.

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Après le repas ils passent sur le toit. Sam y a installé le télescope. Ils s'assoient sur les sièges.

Ils contemplent le ciel pendant plus d'une heure. Finalement la jeune femme prend une des deux couvertures qu'elle a amené et dit au garçon de s'emmitoufler dedans. Une fois confortablement installés Sam prend la parole.

- Tu n'es pas trop fatigué?

- Non, ça va.

- Tant mieux, parce que j'ai une histoire à te raconter.

- Quel genre d'histoire?

- Une histoire d'extraterrestres et d'aventuriers.

- Comme dans Starwars?

- À peu près oui.

- Génial! Mais elle est longue ton histoire?

- Oui, plutôt.

- Alors commence!

Sam sourit face à son impatience et entame son récit.

- Il y a longtemps, dans une autre galaxie, vivait un peuple au savoir immense, les Alterans. Suite à une divergence d'opinion, une partie d'entre eux la quitta, en vaisseau spatial, pour venir trouver refuge dans la Voie Lactée, notre galaxie. Nous les appelons les Anciens.

Ils mirent au point un appareil permettant de rejoindre deux points très éloignés en quelques secondes, la porte des étoiles. Ils placèrent des portes sur des milliers de planètes de la galaxie, formant ainsi un véritable réseau. Il y a environ cinq millions d'années, ils quittèrent la Voie Lactée pour la galaxie de Pégase et s'y installèrent.

Je ne vais pas te raconter ce soir ce qu'il leur est arrivé, je vais te parler de d'autres êtres qui prirent possessions des portes, les Goa'ulds.

Ils ressemblent à des serpents et prennent des humains comme hôtes. Ils sont originaires d'une autre planète et se font passer pour des dieux. Ils avaient la galaxie toute entière sous leur joug, dont la Terre. La porte se trouvait en Égypte. Il y a trois mille ans les hommes se rebellèrent. La porte fut enfouie et les Goa'ulds quittèrent la planète.

Et puis, en 1928, une équipe d'archéologue découvrit la porte...

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Elle lui raconte ensuite la première mission d'une équipe composée de militaires et d'un archéologue. Elle lui parle de SG-1 et rapidement de la chute des faux-dieux. Elle révèle d'identité du chef d'équipe, pour le plus grand plaisir du garçon. Elle fait de son père plus qu'un héros, une véritable légende. Elle s'abstint toute fois de donner son nom et se contente de son grade.

Mais elle ne peut pas résumer plus de dix ans en quelques heures. Aussi elle n'évoque leur histoire que dans les grandes lignes, allant à l'essentiel et ponctuant son récit d'anecdotes le rendant plus vivant.

Elle parle près de trois heures, s'arrêtant parfois pour répondre aux questions de Charlie.

Il finit par tomber de sommeil. La jeune femme l'aide à gagner son lit. Alors qu'il se glisse sous les couvertures, l'enfant lui glisse à l'oreille :

- Merci pour l'histoire Sam. Elle était géniale. Tu me raconteras la suite, dis? Parce que je veux savoir ce que...

Il ne terminera jamais sa phrase, déjà dans les bras de Morphée.

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Les jours suivants Sam les passe à prendre des renseignements sur Liam Jorensen.

oOo

Attendez une seconde, je ne vous ais pas dit à quoi ressemble Liam! Alors je vais le faire maintenant. Enfin, dans la mesure de mes capacités!

Liam est légèrement plus grand que Sam, pas très costaud. Il a l'allure du scientifique. Il est plus jeune qu'elle, pas de beaucoup, mais plus jeune quand même.

Il a les cheveux bruns. Ils ne sont pas coupés très courts. Ses yeux sont marrons. Il ne porte pas la barbe, et même s'il se rase, on n'en a pas l'impression.

Il n'a pas franchement de charisme, mais il donne l'impression de toujours avoir un temps d'avance sur les autres, comme s'il savait des choses que les autres ignorent et qui paraissent évidentes. Dans ces moments là, il a un petit regard un coin. Paraît que les filles trouvent ça sexy. Moi je trouve ça... irritant! Restons polis s'il vous plait. Mais c'est vrai qu'il n'est pas moche. Bon moi c'est les filles qui m'intéresse, alors pour en savoir plus dans ce domaine, il faut demander à des femmes.

Enfin je m'égare, reprenons notre histoire.

oOo

Sam l'a au téléphone à plusieurs reprises, invitant Charlie à converser avec lui à chaque fois. Elle sonde chacun d'eux, pour savoir si ils accepteraient de vivre ensemble. Le résultat est plutôt encourageant, puisque à la fin chacun réclame l'autre pour discuter.

Chaque soir, Sam raconte à Charlie une des aventures de SG-1. Elle en vient à lui raconter comment elle, où plutôt le colonel, a remonté le temps et changé de réalité. Elle lui explique qu'elle est la solution pour qu'il puisse repartir, mais jamais elle ne dit qu'il s'agit d'elle. Si l'enfant à des doutes quand à la véracité ou non de ses propos, il ne lui en fait pas part. Cela ne changerait rien car il l'a bien compris, Sam, comme le colonel, doit repartir.

Chaque jour elle se rapproche de lui. Et puis la semaine passe rapidement. Il ne reste bientôt plus que trois jours avant l'éruption solaire.

Sam décroche le téléphone. La ligne serait active jusqu'à la fin du mois, une chance. Elle compose une nouvelle fois le numéro de la base de Liam et demande à lui parler. Elle patiente quelques minutes au bout du fil avant qu'il ne prenne l'appel.

- Allo?

- Liam? C'est Sam.

- Eh! Salut Sam! Ça va?

- Oui, très bien.

- Et Charlie?

- Aussi.

- Bien. Alors quoi de neuf?

- Je repars bientôt.

- Oh! je vois. Charlie m'en a touché deux mots l'autre jour. D'ailleurs il faudra que vous m'expliquiez comment vous avez réussi à me joindre tous les jours à l'autre bout du monde sans que cela ne gêne personne!

- Désolé, mais c'est un secret!

Liam: D'accord! En tout cas je dois bien être le seul de la base à passer plus d'une heure au téléphone tous les jours!

- Et c'est un problème?

- Tant que ça ne gêne pas mon travail, non. Mais j'ai droit à pas mal de remarques!

- Navrée!

- Ne le soyez pas, pour Charlie je suis prêt à tout!

- Vraiment?

- Je crois. Et puis, je peux toujours essayer!

- Essayer?

- Vous voulez que je m'occupe de Charlie, non?

- Oui.

- Et bien je suis prêt à tenter l'expérience.

- Vraiment?

- Vraiment.

oOo

Que se sont-ils dit ensuite? J'aimerai bien le savoir! Je suppose qu'ils se sont mis d'accord pour la garde de Charlie et qu'ils en ont défini les modalités, puisque qu'il débarque le lendemain à la maison O'Neill, avec une permission exceptionnelle d'une semaine.

Sam l'interroge lui et le garçon pour savoir s'ils sont d'accord et leur réponse est positive. Les démarches pour officialiser sont en cours. Ils évoquent les modalités pour savoir où il vivra, comment se passeront les changements...

Raconter ce qu'ils se sont dit pour tout mettre au point ne m'intéresse pas. Sachez simplement que tout s'est déroulé au mieux.

Une fois que tout a été réglé les deux futurs colocataires sont partis jouer au baseball dans le jardin, pendant que Sam allait faire quelques courses en ville. Ils n'ont pas parlé de son départ ce jour là. Mais à son retour, ils ont pu voir qu'un billet de bus dépassait de son sac. Le départ est fixé au lendemain 20h.

Je pense qu'elle l'a laissé délibérément en vue. Ainsi ils étaient au courant sans qu'elle ait à leur annoncer, repoussant l'échéance du moment où elle devrait en parler.

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Le lendemain, ils passent la journée à s'amuser, à se rapprocher pour mieux se dire adieu.

Enfin vient l'heure du départ. Liam les conduit tous les trois à la gare. Ils descendent. Sam à un sac sur le dos.

- Il est temps que je m'en aille, annonce-t-elle.

- Oui, répond Liam.

- Tu reviendras un jour? demande Charlie.

- Je l'ignore.

- Tu reviendras, tu dois me raconter la fin de l'histoire!

C'est une affirmation. La jeune femme s'abaisse à sa hauteur.

- Et si cette histoire n'avait pas de fin?

- Elle en a une, elles ont en toutes une!

- Non Charlie, parfois il n'y a pas de fin, juste du rêve.

- Non!

- Mais le rêve c'est mieux que rien, tu sais.

- Ce n'est pas la vérité.

- Les deux peuvent être proches.

- Ce n'est pas la vérité.

- Préfèrerai-tu ne rien savoir? N'avoir absolument aucune idée de ce qu'il va se passer?

- Non!

- Alors le rêve c'est bien.

Le garçon fait la moue. Cette réponse ne lui plait pas mais il n'aura pas mieux, il en a bien conscience. Alors il fixe Sam droit dans les yeux.

- Un jour ce ne sera plus du rêve, déclare avec assurance, ce sera la vérité, peut importe l'époque ou la réalité.

Elle est stupéfaite de sa réponse, il peut le voir. Et puis un doux sourire vient illuminer son visage, elle acquiesce et le prend dans ses bras. Elle l'étreint longuement.

Enfin le chauffeur appelle les derniers retardataires. Elle se détache de lui, l'embrasse et se redresse.

- Au revoir.

- Au revoir Sam, à bientôt.

Elle ne relève pas le « à bientôt » de Liam et s'approche du bus. Elle jette un denier regard vers eux et y monte. Elle s'installe près de la vitre. Le bus démarre, elle leur adresse un dernier signe de la main tandis qu'il s'éloigne.