Inimité brûlante.
-Dis-moi Higgs, tu l'as fait exprès ou tu es aussi débile que tu en as l'air ?
Terence Higgs lança un regard peu amène à Pansy Parkinson, qui haussa un sourcil et expira sa bouffée de cigarette. Deux semaines plus tôt, il avait fait la connerie du siècle. Qui aurait été aussi débile, franchement ? ..Peut-être un Weasley, ou encore un Poufsouffle. Pansy se mit une main résignée sur son front, dégageant un peu sa frange.
-Ne remets pas cette histoire sur le tapis, Parkinson. Et ce n'est vraiment pas de ma faute si tu portes un héritier Higgs à présent, et pour l'amour de Salazar, arrête de fumer, ce n'est pas bon pour le bébé.
-Je vais me faire avorter, répliqua Pansy, revêche.
-C'est impossible. Tu sais très bien que ça ne m'enchante pas plus que toi.
-C'est pas toi qui va porter un mioche dont tu ne veux pas pendant neuf mois. C'est pas toi qui va voir ton ventre grossir de plus en plus. C'est pas toi qui va avoir des nausées toute la journée. C'est pas toi qui va avoir les hormones en furie. C'est pas toi qui va devoir se refaire une garde-robe. Et c'est pas toi qui va devoir arrêter de fumer et de boire comme un trou !
-Pour les hormones en furie, je me ferais le plaisir d'être à ta disposition, Parkinson.
Terence eut un sourire en coin, et Pansy enragea. Il fallait vraiment qu'elle consulte un médecin moldu malgré tout le dégoût qu'elle aurait à le faire. Peut-être y'avait-il une chance qu'il puisse faire quelque chose pour la débarrasser de ça.
Elle n'aurait jamais dû faire confiance à un as des potions bourré, car oui, Théodore Nott était bourré et elle, elle lui avait fait confiance pour préparer dans l'heure une Potion pour éviter d'être enceinte. Mais non. Théodore avait mélangé quelques ingrédients et elle s'était retrouvée avec une potion qui lui assurait d'être enceinte. Plus jamais elle ne ferait confiance à quelqu'un de bourré, aussi doué soit-il.
Maintenant elle se retrouvait avec dans le bide un mini-Higgs. L'horreur absolue. Comment avait-elle pu être aussi bête ? Comment, par Merlin ?
-Tu l'as annoncé à tes parents ? Demanda Terence en prenant une gorgée encore brûlante de son café.
Ils étaient tous les deux à la terrasse d'un petit café londonien dans le monde sorcier, en pleine réunion de crise.
-Non et je préférerais que ça ne se sache pas, répondit lentement Pansy en écrasant sa cigarette à peine entamée dans un cendrier.
-Et comment comptes-tu cacher ça, Parkinson ? La railla Terence.
Pansy le regarda droit dans les yeux pendant quelques secondes. Noir profond conte bleu intense.
-Partir. Je vais partir.
-Comment ça ?
-Tu me connais, je suis friande de scandales. Mais un de ce type, je n'en veux pas. On n'a pas le droit de jouer avec la vie d'un bébé. Je vais partir le temps de ma grossesse, et après l'accouchement, je refilerais le bébé à un orphelinat, je resterais encore quelques mois à l'endroit où je me serais réfugiée, puis je reviendrais en Angleterre ..ou pas.
Terence resta bouche bée, et sa tasse de café resta à quelques centimètres de sa bouche, où il l'avait amenée. Le choc, sans aucun doute.
-Si je n'arrive pas à m'en débarrasser chez un médecin moldu. Là où les Médicomages ont échoué, eux peut-être pourront réussir.
-T'es cinglée Parkinson. Je ne te laisserai jamais faire ça, c'est aussi mon enfant, débita Terence entre ses dents.
-J'ai tous les droits, Higgs, répliqua sans ciller Pansy. Si je veux l'abandonner, je l'abandonnerais.
-Donne-le moi.
-Jamais, je n'ai pas envie de voir ce mioche quand on se verra en me disant que c'est le mien, le contredit Pansy avec un rire sans joie.
-Tu n'auras qu'à partir, toi. Tu vas te cacher je ne sais où, et après l'accouchement, tu me donneras le bébé avant de repartir, si tu le souhaites.
-Salaud.
-Je ne veux pas me dire en me regardant dans la glace le matin que j'ai un enfant quelque part, que je ne le connaîtrai jamais et qu'il aura peut-être une vie misérable. Jamais , tu m'entends ?
-Je t'entends Higgs. J'ai très bien entendu.
Pansy se leva, et Terence la regarda faire, intrigué. Qu'est ce qu'elle mijotait encore ? Il devait s'attendre à tout de la part de la brune sournoise.
-Adieu Terence Higgs, je savais que cette conversation ne mènerait nulle part.
Et sans prévenir, la jeune femme transplana, et Terence ne réalisa que quelques minutes plus tard qu'elle s'était lâchement enfuie. Une vraie Serpentarde ! Si elle croyait sans sortir comme ça, c'était qu'elle le sous-estimait vraiment. Non mais oh.
Terence jeta quelques pièces sur la table, et s'en alla aussi en transplanant, devant le manoir des Parkinson. Courant presque, il franchit la grille, et frappa furieusement à la porte. Ce fut un elfe de maison qui lui ouvrit, d'un air révérencieux.
-Amène-moi à Miss Parkinson. Tout de suite !
-Munie est désolé, Monsieur. Miss Parkinson est partie il y a à peine deux minutes, par Portoloin.
-La garce, murmura Terence entre ses dents. Où sont Monsieur et Mrs Parkinson ?
-Dans le petit salon, Monsieur. Munie peut vous conduire à eux si vous le souhaitez.
-Je le souhaite. Oh oui, je le souhaite, répondit Terence, le regard brûlant de colère.
Cette petite garce l'aurait cherché, il allait prévenir ses parents tout de suite, et à eux trois déjà, ils prendraient des mesures pour ramener cette petite cinglée à la raison. Terence Higgs allait l'épouser mais qu'importe, il aurait son enfant, ce qui ne lui déplaisait plus autant que deux semaines plus tôt.
-Monsieur Parkinson. Mrs Parkinson..Drago.
Le blondinet se tenait près de Mrs Parkinson, un air impassible scotché à son visage comme à son habitude, mais un sourire en coin, arrogant à souhait, ornait son visage si beau. C'était mauvais signe pour Terence. Pansy devait avoir tout prévu, la petite garce.
-Bonjour Terence, le salua Drago. Comment vas-tu aujourd'hui ?
-Mal, répondit sèchement Terence sans lui renvoyer la politesse élémentaire, sachant que Drago ne faisait ça que pour le mettre encore plus en rage. Qu'est-ce que tu fais ici ?
-Qu'est ce que vous faites ici Monsieur Higgs serait plus approprié, l'interrompit Monsieur Parkinson, toujours installé dans son fauteuil, l'air songeur.
Higgs se renfrogna et se racla la gorge. Il avait foncé sans réfléchir à comment aborder la chose avec les parents de la principale concernée. C'était la première fois que ça lui arrivait..cette histoire lui avait vraiment trop tourné la tête.
-J'étais venu voir Pansy, mais j'ai appris qu'elle venait de partir. Auriez-vous une idée de l'endroit où elle est allée ?
Mrs Parkinson ouvrit grand ses yeux aussi verts que ceux de sa fille étaient noirs, et mit une main devant sa bouche comme une marque de pudeur outragée.
« Elle ne vous a rien dit ? Pourtant, tout le monde était au courant, je crois. Pansy est partie faire un tour du monde, changer un peu d'air. »
Terence chancela. Mensonges, mensonges, hurlait son esprit.
-Après le scandale qu'il y a eu à Poudlard, la pauvre petite se morfond à Londres depuis. Nous aurions dû penser plus tôt à la faire voyager.
Drago le regardait d'un air menaçant, lui imposant du regard de ne rien dire aux parents de Pansy. Et Terence n'en fit rien, pas pour obéir à Drago, mais surtout parce qu'il n'en avait pas le courage. Il n'était pas un Gryffondor, et préféra laisser couler, malgré, surtout malgré la boule d'amertume et de frustration qui lui enserrait la gorge.
Et il se fit une promesse. Si il retrouvait un jour Pansy Parkinson, il la tuerait.
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Une cigarette non allumée à la bouche, les mains enfoncées dans les poches de son manteau hors de prix, les yeux vitreux, les cheveux ébouriffés, Terence fixait la vitrine du magasin de sport sorcier du Chemin de Traverse.
On pouvait distinguer à l'intérieur, un gosse de deux ans avec son père. Le gosse était tout sourire, admirant le dernier balai sorti, sous les commentaires joyeux de son paternel.
..Son gosse à lui aurait eu deux ans cette année. Deux ans et dix mois que Pansy Parkinson était partie, partie enceinte de lui, et qu'elle n'avait toujours pas réapparu à Londres. Ni en Angleterre, d'ailleurs. Il n'avait pas cherché, mais les journaux auraient parlé de Pansy si elle était encore un Angleterre, sauf si elle s'était fait discrète. Ce qui était possible, mais Terence croyait dur comme fer qu'elle était partie à l'étranger.
Avait-elle avorté ? Avait-elle abandonné le bébé ? L'avait-elle gardé ? Qu'est-ce qu'elle était devenue ?
Terence aurait tellement voulu avoir les réponses à ses questions. Tellement.
Depuis ce jour, il se morfondait dans son manoir, ne sortait que très rarement, et surtout, surtout il pensait à cet hypothétique gamin. Comme aurait-il pu être ? Aurait-il eu les cheveux noirs fins de sa mère et ses yeux bleus ? Ou encore ses cheveux châtains et les yeux de Pansy ? Ou bien aurait-il été un mini-lui ? Ça le tuait de ne pas le savoir. Le tuait à petit feu.
Drago Malefoy, il en était persuadé, avait des nouvelles de Pansy, et refusait catégoriquement de lui en donner, et d'ailleurs niait même qu'il en avait ! Impardonnable de sa part. Lui dépérissait, et l'autre blond décoloré ne pensait qu'à protéger sa garce de meilleure amie pendant que lui-même filait le bonheur presque parfait avec la petite Greengrass. Le connard.
Adrian Pucey, son meilleur ami, essayait de le faire sortir, avec l'aide de Marcus Flint. Mais aucun résultat de ce côté, Adrian et Marcus s'étant tous les deux casés, Terence ne voyait pas pourquoi ils s'acharnaient à l'aider. Après tout, ils avaient tout pour eux, eux. Une femme aimante et surtout, surtout, des gosses. Leur chair, leur sang.
Théodore Nott n'arrivait plus à soutenir son regard. Ce n'était pas sa faute à lui, mais Théodore, malgré le fait que Terence lui ait assuré à plusieurs reprises que ce n'était point de sa faute, s'auto-flagellait mentalement à chaque fois qu'il voyait l'état déplorable de Terence.
Et puis, il y avait Katie. Katie Bell. Une ancienne Gryffi, contre qui il avait eu l'occasion de jouer à Poudlard. Cette brune à l'air doux et gentil était entrée dans sa vie comme une vraie tornade, renversant tout sur son passage. Il ne savait même plus comment. Ses yeux d'un vert aussi clair que l'eau des lacs, ses cheveux lourds bruns, son si beau visage..Tout en elle l'avait séduit, et pourtant..il n'arrivait pas à nouer quelque chose avec elle. Lui était trop occupé à être un fantôme hantant son manoir, et elle était trop occupée avec son poste de Poursuiveuse titulaire dans les Faucons de Falmouth.
Il pensait toujours à Pansy et à son hypothétique gosse. Toujours hanté par des images fictives que son cerveau avait créé. Lui et son gosse en train de s'amuser dans le parc de son manoir. Son gosse sur la balançoire et lui en train de le pousser. Si ça avait été un garçon, il l'aurait initié très tôt au délices du Quidditch, et si ça avait été une fille, il l'aurait aidée à cueillir des fleurs au printemps dans les champs qui bordaient son manoir.
-Dis donc beau gosse, qu'est-ce que tu regardes comme ça ?
Katie. Avec un sourire, Terence se tourna vers elle, et l'embrassa sur les deux joues. Ils n'étaient qu'amis. Mais avant qu'il ne détourne le regard du petit garçon et son père dans le magasin, Katie l'intercepta, et eut un sourire. Elle n'était pas au courant de l'histoire avec Pansy.
-Moi aussi, je rêve d'avoir des enfants un jour.
Ce fut un déclic. Il ne sut jamais qu'est-ce qui le poussa à faire ça, mais il le fit quand même.
Terence Higgs attira Katie Bell à lui, et l'embrassa.
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-Terence, une femme souhaite te voir, lui annonça Katie, blême, en entrant dans le petit salon des Higgs.
Paresseusement, Terence se leva du canapé, mais quand il croisa le regard choqué et la pâleur du teint de Katie, il fut pris d'un espoir fou, et la peur lui tenailla le ventre. Et si c'était Pansy Parkinson ? ..Leur gosse aurait trois ans environ aujourd'hui.
Courant presque vers la porte, ne se préoccupant pas plus de Katie, il l'ouvrit..et tout le soulagement du monde afflua vers ses veines.
Pansy était là. La sale garce était là. Il pourrait enfin la tuer après avoir enfin découvert ce qui s'était passé ces presque quatre dernières années. Mais son corps réagit de lui-même, ses mains enserrèrent le cou de la brune, au sourire cynique, et il la colla contre le mur sans se préoccuper d'autre chose.
-Higgs, Higgs, toujours aussi brute hein, murmura Pansy.
-Espèce de petite pétasse. Qu'est-ce que tu as fait de l'enfant ? Qu'en as-tu fait hein ? Qu'as-tu fait de mon enfant ? Hurla Terence, se contrôlant à peine, des éclairs dans ses yeux bleus qui avaient passé à la couleur de l'orage, tant ils s'étaient assombris de colère.
-Terence ! Calme-toi ! Intervint Katie en essayant de défaire la prise de son petit ami sur l'héritière Parkinson.
-Me calmer ? Jamais Katie. Dis moi Parkinson ? Qu'as-tu fait de lui ? Tu l'as abandonné dans un caniveau ? Tu l'as laissé chez des moldus ?
La brune renifla d'un air dédaigneux, comme si les mains de Terence sur son cou et les pierres froides du mur s'enfonçant dans son dos n'étaient rien. Elle n'avait pas vraiment changé, si ce n'était qu'elle avait pris quelques courbes voluptueuses. Sinon, elle avait toujours son éternelle coiffure en carré avec une frange, ses yeux toujours aussi sombres, son visage toujours aussi fin, et la courbe de sa nuque toujours aussi fragile sous ses doigts, que Terence resserra un peu plus pour le plaisir, se satisfaisant de voir Pansy hoqueter légèrement.
-Papa ?
..Papa ? Terence se tourna violemment vers la droite, d'où venait l'appellation, et il faillit en pleurer. Lâchant brusquement Pansy, qui se massa le cou négligemment, Terence s'agenouilla devant le petit garçon qu'il n'avait pas vu sur le côté du perron. Un vrai mélange de lui et de Pansy, un pur mélange.
Deux grands yeux bleus, des cheveux noirs légèrement ondulés -comme les siens-, un nez droit et fier, des joues pleines de gosse, des lèvres un peu pleines, un menton rond, des sourcils un peu arqués, un corps un peu fin mais semblant solide.
Son garçon. Son héritier.
-Elle ne t'a pas abandonné. Elle t'a gardé..oh Merlin, elle ne l'a pas fait, déblatéra Terence en caressant le visage du petit garçon, qui avait légèrement l'air effrayé face à la démonstration de violence de Terence envers sa mère.
Lui avait imaginé plutôt des embrassades entre ses deux parents, des explications trop confuses pour lui, mais il aurait eu une vraie famille. Et même si sa mère l'avait prévenu que son papa ne serait pas très content de la voir, mais fou de joie de le voir, lui, il ne l'avait pas crue. Il aurait dû. Papa en effet ne semblait pas très content de voir Maman, même pas du tout content.
-Terence, Terence, ne me dis pas que..c'est ton fils ? Murmura Katie, d'une voix suppliante.
L'ancien Serpentard ne prit même pas la peine de se retourner face à celle avec qui il avait partagé un an de sa vie. Son fils était là, alors elle importait peu, ce que la concernée comprit indubitablement, se réfugiant dans le manoir pour ranger ses affaires et partir, ne désirant pas savoir exactement ce qui se passait. Terence avait eu un fils avec Parkinson, un pékinois de leurs années Poudlardiennes, et il ne lui avait toujours pas dit après deux ans qu'ils se connaissaient, et un an qu'ils partageaient leur vie. Cela suffisait pour la motiver à partir, plus que le regard condescendant et sadique que lui lançait Pansy Parkinson, une cigarette à la main.
-Comment tu t'appelles ? Demanda Terence d'une voix émue, toujours en tenant entre ses mains le visage du petit garçon, qui s'éclaira d'un sourire, dévoilant de petites dents blanches.
-Donaghan, répondit-il.
Là, Higgs, Serpentard chevronné, lâche, fier et indiscutablement viril, eut des larmes au coin des yeux.
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-Pourquoi maintenant ? Questionna Terence, un verre de Whisky Pur Feu à la main, observant la cheminée.
Il avait couché lui-même Donaghan dans une des chambres de son manoir, et il était temps qu'il ait une discussion avec la mère de son fils, qui avait une de ses éternelles cigarettes à la bouche.
-Donaghan a eu l'âge de réclamer un « Où il est mon père ? ». Voilà pourquoi.
Terence fut agité d'un rire sans joie. Pansy était toujours fidèle à elle-même, son caractère était toujours aussi pourri.
-Dis-moi, Malefoy était au courant ?
-Non, il ne savait rien, même pas si j'avais encore le gosse ou pas.
-Tu le protégeras jusqu'au bout, hein ? La railla Terence, d'un air entendu, ce à quoi Pansy ne répliqua pas.
A la place, elle alluma la cigarette qui pendait à sa bouche.
-Pourquoi tu ne l'as pas abandonné finalement ? Lui demanda Terence, la question lui brûlant les lèvres.
Il était inimaginable pour lui d'imaginer que Pansy ait pu penser à quelqu'un d'autre qu'elle-même, et qu'elle ait pu décider d'élever un enfant toute seule.
-Neuf mois donnent à réfléchir, répondit-elle évasivement, en exhalant de la fumée.
-Raconte-moi Pans', lui susurra Terence en s'agenouillant devant elle, assise dans un de ses fauteuils moelleux à souhait, hérité d'un quelconque ancêtre.
L'entendre prononcer son surnom troubla la jeune femme, qui décida qu'après tout, Terence avait le droit de connaître l'histoire. D'ailleurs, il connaissait beaucoup trop de choses sur sa vie, ce qui était totalement improbable. Mais elle se lança quand même.
-Je suis partie me réfugier en Irlande. Là-bas, mes parents avaient un modeste cottage qu'ils avaient mis à mon nom, et dans lequel ils n'allaient jamais. J'ai consulté un moldu, mais il n'a pas réussi. Le bébé était comme accroché à moi. Théo avait fait du bon boulot avec sa potion : si le bébé mourrait, je mourrais tellement il faisait partie intégrant de moi. Donc je l'ai gardé, je n'avais pas d'autre choix..Si tu savais combien je l'ai maudit, combien je t'ai maudit. Les Higgs avaient vraiment décidé de me pourrir la vie, j'avais pensé, quand j'ai eu les premières nausées..Tu n'imagines pas. Pendant ces neufs mois, j'étais mal, vraiment mal. Les six premiers mois, je le détestais pour prendre autant de place dans mon ventre, de me faire sentir mal. Puis les hormones aussi jouaient..Je pleurais pour un rien, horrible. Tu sais bien combien nous, on déteste pleurer. Puis..j'ai réfléchi. J'avais décidé de le laisser à une famille de moldus respectable, et riche qui n'arrivait pas à avoir d'enfants. Je m'étais renseignée à leur sujet, ils étaient ouverts d'esprit et puis quelle joie ils auraient eu de voir un soir un bébé posé devant leur porte.
Pansy prit une inspiration, et Terence lui caressa le genou tendrement, pour l'inciter à continuer.
-J'ai accouché avec une Guérisseuse à la retraite, dans mon cottage. Tout s'est bien passé, et j'allais déposer moi-même le bébé à la porte de ces moldus. Mais.., s'étrangla la brune, âgée maintenant de vingt-quatre ans.
-Mais..? demanda doucement Terence.
-J'ai croisé le regard de Donaghan. Il hurlait à plein poumons, et pourtant il gardait son regard fixé sur moi. Voyant que j'étais stupéfaite, la Guérisseuse m'a mis Donaghan dans les bras, et là..j'ai su que je ne pourrais pas le laisser. C'était..mon bébé. Je l'avais mis au monde. Mais j'ai eu peur, je ne savais pas comment m'occuper de quelqu'un d'autre que moi-même, je connaissais mon égoïsme.
-Et pourtant, tu l'as élevé.
Pansy ne répondit pas, le regard dans le vague, sa cigarette brûlante à sa main.
-Allez, va te coucher Pans'. Prends n'importe quelle chambre, ..même la mienne, ajouta Terence avec un petit sourire, qui arracha un rire sarcastique à la brune.
-Je ne dormirais jamais dans un lit qui a accueilli une Gryffi, Higgs, répondit-elle simplement avec un sourire sadique avant de monter à l'étage du manoir Higgs, qu'elle connaissait encore un peu, après les soirées entre serpents qu'ils avaient passé ici avec les autres.
-Garce, siffla Terence d'un air amusé, avant de se rendre compte que Katie était partie.
Ah oui, Katie Bell s'était fait la malle. Il allait lui devoir quelques explications, et décida de ne pas attendre jusqu'au lendemain, et de passer chez elle dès ce soir.
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-Katie, s'il te plaît, laisse-moi m'expliquer.
-J'ai pas envie d'écouter tes explications, Terence ! Nous deux, c'est fini, entendit-il hurler derrière la porte d'entrée.
-Casse-toi pauvre con ! Entendit-il aussi derrière la porte.
Alicia Spinnet s'en mêlait. Génial. Mais quand même, pour une publicitaire, elle aurait pu trouver mieux comme réplique hein.
-Spinnet, ne te mêle pas de ça ! Katie, s'il te plaît, laisse-moi m'expliquer. Nous deux c'est fini ok, mais je te dois des explications.
Il entendit un hoquet d'indignation, et la porte s'ouvrit sur une Katie Bell furieuse, les yeux rouges, et des sillons de larmes encore visibles sur ses joues roses.
-Tu ne venais pas pour t'expliquer et ensuite me supplier de revenir à tes côtés parce que tu m'aimes ? S'indigna-t-elle, les mains sur les hanches.
Terence secoua la tête. Les Gryffis se faisaient beaucoup trop de films à l'eau de rose.
-De un, je ne t'ai jamais dit que je t'aimais Katie, mais j'ai pour toi plus d'affection que pour aucune autre femme, et de deux, je n'allais pas te demander de revenir. Je trouvais ça fair-play de t'expliquer tout ça, parce que je te dois ça.
Katie devint rouge de colère et d'indignation, et après une bonne gifle retentissante sur la joue de Terence, elle le planta devant sa porte, et claqua celle-ci à son nez, pendant que Terence se massait sa joue douloureuse.
-Tant pis pour le fair-play, déclara Terence avant de tourner le dos, et de transplaner.
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Devant un verre au Drinkwizard, un bar branché qui venait de s'ouvrir sur le Chemin de Traverse, et une cigarette rougeoyante à la main, Terence réfléchissait, son visage posé au creux de sa main. Il se devait de faire le point sur la situation.
Son fils était bien vivant, élevé par une Pansy frustrée dans son rôle de mère, mais aimante quand même. Il avait réclamé un père et sa mère avait enfin décidé de le lui faire rencontrer. De ce qu'il savait, Donaghan savait déjà qu'il avait un père depuis qu'il était en âge de comprendre, et qui il était, mais ne l'avait réclamé que récemment. Pourquoi, alors ? Que lui était-il passé par la tête pour réclamer un père que maintenant ? Bon d'accord, il avait trois piges, mais bon. A deux ans, on peut aussi demander non ?
Non, on ne peut pas quand on a toujours vécu avec sa mère. Le gamin avait dû aller jouer au parc, ou quelque chose dans le genre, et avait vu d'autres gosses avec leurs pères, avec eux. Il s'était sûrement demandé pourquoi lui n'en avait pas.
..Qu'est-ce qu'il avait ressenti quand il avait appris qu'on pouvait avoir un papa ? Qu'avait-il pensé de lui ? Avait-il pensé que peut-être son papa ne l'aimait pas ? ..Stupide Parkinson.
Il lui en voulait indiscutablement, il aurait voulu assister à la naissance de son fils, il aurait voulu le voir sourire pour la première fois, il aurait voulu entendre ses pleurs, le réconforter dans la nuit, il aurait voulu l'entendre rire d'un rire juvénile, de bébé, unique, il aurait voulu assister à ses premiers pas, à ses premiers mots. Bon sang, Parkinson l'avait privé de tellement de moments avec son enfant.
Et maintenant, seulement maintenant, avec son fils devant se yeux, il avait des pulsions paternelles. Être père était vraiment très étrange, et ..étrangement grisant. Oui, c'était grisant de se dire que c'était son sang qui coulait dans les veines de Donaghan, et qu'il était issu d'une union charnelle entre lui et Parkinson. Ça lui faisait étrange de se dire qu'il avait un gamin, même si il en doutait depuis le début. Mais avoir en face de vous la preuve était différent, et détruisait tout ce que vous aviez pu imaginer avant. Donaghan était unique, et Terence se félicita inconsciemment ; après tout, c'était lui, le père de cette merveille.
Être père, c'était avoir la responsabilité d'un gosse, lui apprendre tout ce qu'il doit savoir, lui enseigner ses limites, lui faire comprendre la vie, et le préparer du mieux que l'on peut à la dure réalité, pensa Terence, en posant son visage entre ses mains.
Il avait vingt-six ans, presque vingt-sept, et se considérait comme un homme assez mûr pour élever un gosse. Mais était-il vraiment prêt ?
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Pendant que Terence se questionnait amèrement sur sa nouvelle condition de père, Pansy s'occupait de border son fils dans une des chambres du Manoir Higgs. Ce manoir si froid, si glacial, si grand, pour un gosse de trois ans, apeuré, qui avait réclamé sa mère dès que la discussion entre ses deux parents avait été terminée.
La jeune femme à la beauté presque sauvage, sur laquelle tout le monde avait son avis personnel, soupira en rangeant une mèche noire bouclée des cheveux de Donaghan qui traînait sur son front, derrière son oreille.
-Maman, tu crois que Papa il m'aime ? Demanda Donaghan, d'une voix inquiète.
Ses grands yeux bleus étaient plissés d'inquiétude, d'interrogations, et de concentration mêlés. Sa jeune mère lui fit un sourire tendre, en lui caressant toujours les cheveux. Elle savait que le retour aux sources allait être dur, elle savait qu'elle devrait se présenter à ses parents après trois ans de disparition complète -et eux pensaient qu'elle avait besoin de temps et de solitude, mais étaient bien contents au fond de ne plus avoir près d'eux celle qui avait entraîné la disgrâce de la famille-, qu'elle devrait dire à Drago qu'elle était finalement venue alors que celui-ci le lui avait fermement déconseillé, qu'elle devrait s'afficher de nouveau dans la société sorcière londonienne avec un enfant de trois ans à charge. Elle savait que le retour à Londres serait éprouvant, même pour elle. Et surtout pour Donaghan.
Qu'allait faire Terence ? Allait-il lui enlever son enfant ? Allait-il les garder tous les deux dans son manoir ? Salazar, qu'allait-il faire ?
-Bien sûr mon chéri. Il attend de te voir depuis que tu es né..et même quand tu étais dans mon ventre, il voulait te voir.
-Alors pourquoi il n'est jamais venu ?
Elle avait l'habitude. Depuis qu'il savait qu'on pouvait avoir un père, Donaghan lui posait les mêmes questions tous les soirs. Mais là, c'était différent. Il avait vu son père en chair et en os, et disons que ce père avait eu des réactions controversées, il engueulait sa mère et prenait son fils dans ses bras. Donaghan ne comprenait plus.
-Tu dors avec moi ce soir, Maman ? Demanda en murmurant le garçonnet, presque comme il s'attendait à ce qu'elle refuse.
Sa mère était une maman spéciale. Elle ne lui montrait pas beaucoup ses sentiments, et n'était pas non plus câline. Les seuls moments où elle restait avec lui étaient quand il était malade, et même si il ne l'avouerait jamais à sa mère, il faisait exprès de se rendre malade juste pour l'avoir près de lui, à lui caresser les cheveux, à lui murmurer des mots dont il ne comprenait pas le sens, doucement, tendrement. Comme une vraie mère..Et dès qu'il était rétabli, elle recommençait à fumer, et à ne se contenter que du strict minimum pour les contacts avec son fils.
Pansy regarda le garçon, légèrement interloquée. Donaghan ne lui avait jamais demandé de dormir avec elle, et elle ne savait pas comment réagir. Devait-elle commencer à former Donaghan à être un homme dur, qui ne se laisserait pas marcher sur les pieds, et qui n'aurait pas besoin des autres ? Ou au contraire, devrait-elle lui montrait qu'au fond, même si elle ne le montrait pas, elle l'aimait ..à sa manière ?
Le choix fut vite fait.
-Ok, Donaghan.
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Terence rentra chez lui, tard. Vraiment tard. Un coup d'œil à sa montre lui indiqua qu'il était trois heures et demi du matin, et il travaillait le lendemain..enfin dans cinq heures. Le truc qui fait plaisir à savoir, et le pire c'est qu'il ne pouvait même pas se faire porter pâle, travaillant pour l'équipe des Faucons de Falmouth, niveau administration, et que c'était la saison des matchs inter-clubs anglophones, et que c'était à lui d'organiser certaines rencontres.
..Et puis merde, il allait pas aller bosser, et allait déléguer tout ce boulot à sa nouvelle stagiaire, Su Li, ça allait pas lui faire de mal de prendre de l'expérience, et elle avait les épaules assez solides pour faire ça. Les chinois sont censés être de très bons travailleurs non ? ..Si si.
Titubant un peu, -enfin un peu, c'était un euphémisme après s'être enfilé cul-sec des shooters préparés par le barman du Drinkwizard-, Terence déposa son manteau noir sur un des canapés du salon, et se débarrassa de son pull noir, restant torse nu à contempler les flammes de la cheminée du salon malgré la fraîcheur de l'automne.
Et pris d'une envie de vérifier que tout ce qui s'était passé dans la journée n'était pas un rêve, il monta vers la chambre qu'il avait assignée pour l'instant à son fils et y trouva un drôle de spectacle. Une scène qu'il n'aurait jamais crue possible.
Pansy Parkinson dormait dans le même lit que son fils, blotti étroitement contre sa mère. Ses cheveux noirs habituellement raides comme tout étaient un peu désordonnés, sa respiration était régulière, et Terence se surprit à admirer le corps de Pansy caché par une sorte de petite robe de nuit en coton blanc. Quant à Donaghan, il avait un sourire aux lèvres, ses cheveux noirs bouclant à leur guise sur son front, et son père eut un pincement au cœur.
Dès demain..tout à l'heure, se corrigea mentalement Terence, il devrait prendre une décision, et accessoirement aller voir Adrian et Marcus. Et il savait déjà dans le brouillard de son esprit, laquelle.
Hop, deuxième et avant-dernier chapitre de cette mini-fiction. Je ne pense pas faire un quatrième chapitre, et donc essaierai de boucler tout ça dans le prochain chapitre. Happy-end ou pas, je ne sais pas encore. Qu'est-ce que vous en pensez ?
Décidément, je commence à m'attacher à Terence, et à Pansy. Et à beaucoup d'autres Serpentards d'ailleurs. C'est étrange, mais bon. Je m'attache aussi à certains Poufsouffles, .. Un recueil d'OS arrive bientôt sur la génération d'HP après-Guerre, ou pendant, je ne sais pas encore. Y'aura sûrement de tout. J'espère que vous allez aimer :)
Ah oui, j'ai pris la fâcheuse manie d'appeler mes fictions par des raccourcis, genre celle-ci IB, Petite lionne, PL, enfin bref, quand j'en parlerai , voilà. x) Donc pour PL, l'épilogue arrive doucement. Je bosse sur plein de trucs en même temps u_u.
Reviews ? *.*
Gros bisous à tous (l). Et merci à eu que je ne peux pas remercier directement. Merci ! Et bien sûr, un énorme merci aux autres, à qui j'ai déjà répondu. MERCI !
Valouw
