Pas beaucoup de retour sur ma fic, sniff.

Mais je mets quand même la suite, en espérant que (pour les rares qui apparemment me lisent) elle vous plaira.


Chapitre 12 - L'inventeur de la Porte des Étoiles

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Dire que Sam est surprise est largement en dessous de la vérité. Elle n'en revient pas. Il lui faut du temps pour assimiler la nouvelle et tout ce qu'elle implique. C'est Liam, ou plutôt Amelius, qui reprend les rênes de la conversation.

- Je sais que vous avez beaucoup de questions à me poser, dit-il, mais je ne suis pas certain que se soit l'endroit approprié pour y répondre. Notre arrivée n'est pas passée inaperçue, il nous faut partir maintenant.

Sam acquiesce et elle entraîne Charlie à sa suite alors qu'Amelius quitte les lieux. Ils parviennent à sortir de la base de justesse et s'enfoncent dans la ville.

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La nuit tombe quand ils dénichent un hôtel. Ils prennent une suite avec deux lits de deux places. L'établissement est plutôt chic, mais Amelius se justifie en précisant que c'est lui qui paye.

Ils gagnent la plus grande chambre. Charlie s'effondre sur le lit tandis que le jeune homme commande des plateaux repas. Ils dînent avant d'en venir au sujet principal. Le groom vient de repartir quand Sam lance le débat. Charlie se contente de suivre la conversation, trop éreinté pour y prendre part. La nuit va être longue.

- Je ne sais même pas par où commencer! s'exclame la jeune femme.

- Par le début me semble être une bonne idée, répond Amélius.

Elle n'est pas d'humeur à plaisanter, il le comprend.

- Désolé.

- Comment dois-je vous appeler? reprend-elle.

- Liam est le nom que j'ai pris en reprenant mon enveloppe charnelle. Je me suis inspiré de mon prénom pour cela. Donc vous pouvez m'appeler Liam, mais je préfère Mel, le diminutif d'Amelius.

- Alors ce sera Mel entre nous et Liam pour les autres. Il ne faudrait pas ruiner votre couverture, n'est-ce-pas?

Le reproche est à peine voilé.

- Je sais que je n'aurais pas dû agir comme je l'ai fait, s'explique l'ancien. Si vous avez peur que je ne sois pas celui que je prétend être je peux vous le prouver. Je crois même qu'une seule chose sera suffisante.

- Ah oui!

- Oui. Le mot de passe pour ouvrir l'Armeria Verimas, c'est le nom de l'Arche de Vérité dans ma langue, est "origine". Il signifie vérité dans plusieurs de nos dialectes.

- Exact, mais je n'en ai jamais parlé. Alors?

- Vous avez raconté l'histoire des Anciens à Charlie, il me l'a rapporté. Vous n'avez évoqué que les grandes lignes, mais vous saviez pour la divergence d'opinion et donc pour les Oris. Cela signifie que vous êtes rentrés en contact avec eux, bien que j'ignore comment. Vous avez également dit que votre monde était en paix maintenant. J'en déduis que vous êtes entrés en guerre contre eux et que vous les avez vaincus. Or il n'y a qu'avec l'arche que vous avez pu réussir.

- Vous êtes très perspicace, je vous félicite.

- Donc vous me croyez?

- Oui.

Elle garde le silence quelques instants avant de reprendre.

- J'aimerai savoir, notre rencontre était-elle fortuite? Parce que vous êtes humain donc...

- Non. Je surveillais la porte. Aussi, lorsque vous l'avez franchie, je vous ai observée. Quand j'ai su que vous alliez aux funérailles, j'ai repris forme humaine pour vous rencontrer. Je n'avais absolument pas prévu ce qu'il s'est passé ensuite.

- Pourquoi redevenir humain? Vous pouviez tout aussi bien me rencontrer sans cela.

- Être immatériel et évoluer parmi des gens qui le ne sont pas, n'est pas quelque chose d'évident. De plus des règles régissent notre plan de d'existence.

- Ne pas interférer avec les êtres humains, etc. Oui, je suis au courant. Pourtant vous perdez beaucoup en faisant cela.

- Pas tellement non. Je regrette parfois d'avoir fait l'Ascension. Être un simple observateur est terriblement frustrant. J'ai passé des milliers d'années à observer, attendre, alors votre arrivée a été une distraction.

- Merci pour moi.

- Ne le prenez pas comme ça, je suis sûr que vous comprenez ce que je veux dire. Pour vous aussi je suis une distraction.

- C'est vrai, avoue-t-elle. Je n'arrive pas à imaginer ce que cela doit faire de rester aussi longtemps à regarder sans avoir le droit d'agir.

- C'est pour cela que je ne suis pas resté à rien faire.

- C'est à dire?

- Après mon Ascension, j'ai passé 10 000 ans à observer la galaxie. Seulement, tout aussi intéressant que cela puisse être, je me suis rapidement ennuyé. Étrange, n'est-ce-pas? Mais imaginez que vous ne puissiez que regarder la télévision toute la journée, sans interruption. Même si ce qui est diffusé est captivant, vous finirez par vous lasser de ne rien faire d'autre. C'est ce qu'il s'est passé pour moi en tout cas.

- Alors qu'avez vous fait?

- J'ai mis la télé en veille et j'ai fermé les yeux pour une longue sieste. Je me suis réveillé quand le programme a affiché de grands changements.

- Métaphore originale.

- Merci, je trouve aussi. Ça évite également les longues explications. Enfin, je continue. À mon réveil, j'ai découvert que mon peuple était décimé par la peste. J'ai fait un rapide tour d'horizon de la Voie Lactée avant qu'ils ne la quittent pour Pégase.

- Atlantis.

- C'est cela. Vous savez beaucoup de choses à ce que je vois.

- Nous sommes en guerre contre les Wraiths.

- Nous avons perdu la guerre contre eux, contre les Asurans également.

- Nous avons vaincu les réplicateurs.

- Je ne regrette pas de m'être présenté à vous. Votre réalité s'en est assurément mieux sortie que la mienne. J'ai passé beaucoup de temps dans la galaxie de Pégase. En fait, je ne me suis endormi que pendant de courtes périodes, de quelques milliers d'années tout de même, suffisantes néanmoins pour ne pas me sentir frustré et aller à l'essentiel. Et puis après une longue période de sommeil, j'ai rouvert les yeux. C'était il y a dix mille ans, et de loin mon pire réveil, le déclin de ma civilisation.

Il marque une pause plongé dans ses souvenirs. Il reprend finalement son récit, d'une voix mélancolique.

- J'y ai tout de même eu une bonne surprise. J'ai rencontré un excellent scientifique, Janus. Si j'avais fait faire un bon énorme à ma civilisation grâce à la porte des étoiles, lui avait pour objectif d'une machine permettant de voyager dans le temps.

- Le jumper temporel.

- Vous connaissez aussi!

- Oui. Nous l'avons déjà utilisé, mais continuez.

- Entendu. C'est sur Janus que j'ai essentiellement concentré mon attention. Je l'ai vu abandonné Atlantis avec les autres et je l'ai suivi sur Terre. Il a conçu la machine et l'a testée sur une planète, notant tous les grands évènements sur une stèle de pierre. J'ai eu des doutes quant au bien fondé de sa démarche, mais je l'ai laissé faire. Il a finalement abandonné le jumper sur la planète et il est revenu sur Terre. Vous y êtes déjà allée je suppose.

- C'est exact.

- Enfin bref, il est resté au pôle sud tandis que d'autres choisissaient la méditation ou l'avancement de futures grandes civilisations. Il n'a pas réalisé l'Ascension, je lui ai parlé au crépuscule de sa vie. Il m'a expliqué qu'il ne pourrait pas supporter d'être un simple observateur et je le comprend, moi même j'ai beaucoup de mal. Je crois que c'est le lot de tous les scientifiques. Nous avons partagé nos connaissances et nos souvenirs, ainsi il n'a pas disparu totalement. Après sa mort, je me suis replongé dans le sommeil. J'en ai été tiré par celui que vous appelez Merlin. Laissez-moi deviner, lui aussi vous l'avez rencontré?

- Oui. Il est mort, mais grâce à sa machine nous avons pu détruire les Ori.

- Morgane ne l'avait pas détruite?

- Si, mais elle avait laissé Merlin en stase. Nous l'avons réveillé et elle a été reconstruite. Mais terminez d'abord votre histoire, ensuite ce sera mon tour.

- Bien. Suite à la disparition de Merlin, j'ai fait un tour d'horizon des deux galaxies. Mon peuple avait stocké toutes nos connaissances dans des machines. La disparition des Alterans était totale. Les Goa'ulds dominaient peu à peu la Voie Lactée, pendant que les Wraiths étaient en sommeil et continuaient à faire régner la terreur dans Pégase. J'ai aussi vu les Asgards et les Nox, toujours aussi pacifiques ceux-là d'ailleurs. Ça m'a fait mal de voir tous ces gens sous le joug d'ennemis dont ils ne pouvaient pas se défaire. Une des deux portes avait été enfouie, l'autre était inatteignable pour les populations, Merlin venait d'être arrêté dans son but d'aider les gens, je me suis senti impuissant face à tout ça, alors je suis reparti aux pays des rêves. J'espérais qu'à mon prochain réveil la situation aurait changé. Ce n'était pas le cas, mais vous, vous étiez là. Ma réalité a à présent des chances de s'en sortir.

- Encore faudrait-il que les gens apprennent l'existence de la Porte des Étoiles.

- Avec l'agitation causée sur la base, ils vont bien se poser des questions.

- Peut-être, mais il est hors de question de leur révéler tout ça de but en blanc, sans leur donner des précisions. Aller à l'essentiel c'est bien, mais pas suffisant. Il me faudrait des mois, pour tout raconter dans les détails. De plus des choses diffèrent de mon monde. Si je suis la logique qui m'a amené ici, il n'y a personne que je connais de vivant dans cette réalité. Tout est similaire et en même temps très différent. Les faits sont les mêmes, pas les protagonistes.

- Je comprend. Nous y reviendrons plus tard dans ce cas.

- C'est mieux, en effet. Vous avez commencer votre histoire en parlant de votre ascension. J'aimerai avoir ce qu'il s'est passé avant. Après tout, c'est vous le créateur des portes, non?

- Chose qui va me coller à la peau pour l'éternité, mais je ne vais pas m'en plaindre.

- Je sais que lorsque vous êtes arrivé dans la Voie Lactée, Dakara est la première planète que vous avez occupée. Vous avez semé la vie dans la galaxie. Nous avons trouvé un ouvrage racontant l'histoire de votre peuple dans la grotte de Glastonbury. Il y était dit que les Alterans avaient appelé leur nouveau monde Avalon et construits de nombreuses Astria Porta. Ce n'est qu'à la fin de votre vie que vous avez fait l'ascension, je me trompe?

- Non, vous avez raison.

- Bien que ce qu'il s'est passé à votre arrivée m'intéresse au plus haut point, j'aimerai d'abord en savoir plus sur votre départ de votre galaxie. Vous avez fuit les Oris, vous n'avez pas utilisé l'Arche. Même si nous avons des hypothèses quant à ce qu'il s'est passé, j'aimerai entendre le récit de votre bouche.

- J'ai conservé quelques-uns de mes pouvoirs en reprenant corps. Aussi, si vous êtes d'accord, j'aimerai vous faire revivre les souvenirs précédents notre départ.

- Ce serait avec joie.

Charlie se contente d'un hochement de tête.

- Alors allons-y.