Chapitre 16 - Le Tria, les Anciens et Atlantis

.

Ils rejoignent l'Asgard.

- Le vaisseau ralentit, annonce-t-il.

Bientôt un hologramme apparaît. Un homme se présente.

- Vaisseau non identifié, je suis le commandant Teran du vaisseau de guerre lantien Tria. Notre vaisseau a subi des dégâts. Nous avons scanné le votre et constaté qu'il était capable de voyager dans l'hyperespace. Nous avons entamé la manœuvre pour ralentir. Acceptez-vous de nous transporter dans l'hyperespace pour nous porter assistance?

Lher ouvre un canal. Sam se charge de répondre.

- Ici le colonel Samantha Carter à bord du vaisseau Asgard Bilken. Nous acceptons volontiers de vous porter assistance commandant.

Bientôt la délégation Ancienne est téléportée à bord. Sam s'avance vers le commandant du vaisseau.

- Commandant Teran. Je suis ravie de vous rencontrer.

- Moi de même colonel Carter. Votre venue est salutaire et inespérée.

- Je comprend. Je vous présente...

- Mel. Et voici Charlie et Lher.

- Enchanté. Notre vaisseau est endommagé...

- Je suis déjà en train d'effectuer les réparations nécessaires, annonce Lher.

- C'est un rapide, commente Mel.

- Lher, demande Sam, y aurait-il un endroit où nous pourrions parler plus à l'aise?

- Oui. Je vous y téléporte tout de suite.

Sans leur laisser le temps d'ajouter quoique se soit, ils se retrouvent dans une salle avec table et chaises. Ils s'installent. La discussion s'engage entre la terrienne et l'ancien.

- Nous connaissons votre histoire, dit-elle, c'est ce qui nous a amené à vous rechercher.

- Comment?

- Je viens d'une autre réalité où nous vous avons rencontré.

- Une autre réalité?

- Et une autre époque aussi, ajoute Mel. Précise bien que tu es revenue treize ans en arrière!

Le ton cinglant du jeune homme dissimule sa nervosité. Seule Sam y voir clair.

- Mais ce n'est pas cela le plus important je crois.

- Non, c'est ce qu'on sait.

- Mel! gronde-t-elle.

Il se tait, conscient d'aller trop loin. Teran reprend la parole

- La réalité d'où vous venez est-elle très différente de la nôtre?

- Les faits sont à peu près les mêmes, pas les gens. Dans ma réalité, explique Sam, c'est le capitaine Elia qui avait le commandement du Tria. Elle ne doit pas exister dans votre réalité.

- Effectivement, je n'ai pas connaissance d'une personne portant ce nom. Mais parlez-moi de votre réalité. Comment vous avez nous rencontré?

- Par hasard. Nous croisions dans cette zone lorsque nous vous avons détecté.Vous aviez livré bataille contre des croiseurs wraiths, mais ils étaient trop nombreux pour vous. Alors vous êtes revenus vers Atlantis. Sur le trajet, vous avez appris que l'évacuation finale de la cité avait déjà commencé. Le capitaine Elia a donc décidé d'aller jusqu'à la Terre rejoindre les réfugiés. Votre hypernavigateur est tombé en panne et vous n'avez pas voulu faire demi tour. C'était il y a dix mille ans. Vous aviez un peu plus de cent survivants à bord du Tria. Avec notre aide vous avez pu repartir pour Atlantis. D'ailleurs à votre arrivée, il vous faudra absolument alimenter la cité si vous ne souhaitez pas finir engloutis.

- Si dix mille ans ont passé, les Wraiths doivent être en sommeil.

- Dans votre réalité oui.

- Vous voulez dire que vous les avez réveillés?

- Par inadvertance.

- Vous les avez réveillé!

- Je vous rappelle que vous n'êtes pas des saints non plus, rétorque Mel. Vous êtes responsable de l'apparition des Wraith en tant qu'espèce. La création des Réplicateurs n'est pas non plus une de vos meilleures idées! La preuve, dans sa réalité, vous êtes restéss vivants six semaines avant que les Asurans ne vous détruisent! Oh, et ils les ont vaincu l'année suivante.

- Tu as fini? gronde Sam.

- Je...

- Au moins vous êtes honnête, dit Teran, mais j'apprécierai à l'avenir que vous fassiez preuve d'un peu plus de...

- Compassion? suppose Mel. Subtilité?

- C'est à peu près ça.

- Ne lui en veuillez pas, continue Sam, ces derniers temps ont été plutôt éprouvants.

- Je peux comprendre.

La suite de la conversation se passe dans le calme. Mel n'ouvre plus la bouche. Sam met au courant les Anciens de la situation dans leur réalité et dans la sienne, notamment de l'existence de l'Aurore et de ses occupants. Bien qu'elle doute qu'ils aient la solution contre les Wraiths et qu'ils puissent être sauvés.

Une fois les grands faits rapportés, elle leur confie un autre cristal similaire à celui remis aux Asgards.

- Il contient les éléments nécessaires pour détruire les Asurans, explique-t-elle, ce qui est relatif à Pégase dont je me souviens et tout ce qui concerne la Voie Lactée.

- Ce sont des données conséquentes.

- Il y a également autre chose.

- Quoi?

- La solution pour vaincre les Ori.

La stupéfaction dans le rang des Anciens est flagrante.

- Vous les avez vaincus! s'exclame Teran.

- Oui. Tout ce dont vous avez besoin se trouve dans ce cristal.

- Je sais que cela fait beaucoup de choses à assimiler, mais j'aimerai savoir... Qu'allez-vous faire? interroge Mel.

- Nous n'avons pas encore décidé. Nous vous le ferons savoir d'ici quelques heures.

Ils demandent à Lher de les faire regagner leur vaisseau.

.

De nouveau les heures s'égrainent, puis Teran revient à bord du Bilken.

- Nous avons décidé de la marche à suivre, annonce-t-il. Nous allons gagner Atlantis et détruire les Asurans. Par la suite, nous nous chargerons des Ori. Nous avons pris en compte les mondes menacés, tel Sateda. Nous leur porterons secours dans la mesure de nos moyens.

- Et les Wraiths?

- Nous n'avons aucune solution pour l'instant. De plus nous ignorons si l'Aurore pourra nous aider. Nous allons donc les laisser en sommeil. Quand bien même nous lancerions une attaque préventive, ils sont trop nombreux pour nous.

- C'est tout? éclate Mel. Vous ne comptez rien faire de plus? Même avec tout ce qu'on vient de vous donner! Et les habitants de Pégase, alors? Vous comptez les laisser seuls face à ces vampires?

- Qu'attendez-vous de nous?

- Laissez-le vous accompagner, demande Sam.

- Quoi? s'exclame son compagnon.

- Pardon? s'étonne Teran.

- Laissez Mel vous accompagner, répète Sam, il pourra vous être utile.

- Sam!

- Tu en as besoin.

- Je suis navré, coupe Teran, mais cela ne va pas être possible.

- Pour quelle raison? interroge la militaire.

- Je ne vois pas ce que vous pourriez nous apporter, répond l'Ancien en regardant Mel. Nous allons être occupé, nous ne pouvons pas nous permettre de devoir surveiller quelqu'un en plus.

- Façon élégante de dire que vous ne voulez pas vous encombrer d'un poids mort, rétorque Mel sarcastique.

- Tu n'es pas un poids mort!

- Merci Charlie.

- Je n'ai pas dit ça! se récrie Teran.

- Vous n'êtes qu'un homme borné, stupide et imbu de lui-même, débite Charlie.

- Je ne te permets pas!

- Y a que la vérité qui blesse, sourit Mel.

- Stop! coupe Sam. Ça suffit! Teran, je vous demande de laisser Mel vous accompagner. Au vu de ce que je vous ai fourni, je crois que vous me devez bien ça! Je peux vous garantir qu'il ne sera pas inutile comme vous le pensez.

- Je ne vois pas ce qu'il peut nous apporter! Ce n'est qu'un terrien!

- Je vous rappelle que je suis terrienne, pourtant je vous offre de quoi vaincre vos ennemis. Ennemis qui vous ont toujours tenu en échec!

- C'est vrai, mais...

- De toute façon, Mel n'est pas terrien.

La surprise se peint sur son visage. Mel se place devant lui, le regard froid.

- Sam, je ne suis pas sûr que se soit une bonne idée que je les accompagne. Je ne pense pas que j'arriverai à me retenir.

- Vous retenir?

- Oui. J'ai une féroce envie de vous mettre mon poing dans la gueule!

Il fait quelques pas vers la console où Lher a assisté impassible à tout l'échange.

- Lher, vous qui les connaissez, ils ont toujours été comme ça ou c'est juste lui? Parce que là, je commence à avoir des doutes sur ce que j'ai vu.

- Vos compatriotes ont des difficultés à accepter le passage du temps. Je ne crois pas que se soit un trait de caractère propre à votre espèce. Vous en êtes la preuve Amelius.

- Merci. Mais appelez moi Mel, je préfère. Ça fait moins pompeux à cette époque.

- J'essaierai Amelius.

- Rhaa! Je n'aurais jamais dû vous donner mon nom complet!

Teran s'approche de Mel. Il ne cesse d'aller de surprise en surprise et affiche un air de circonstance.

- Vous êtes l'un des nôtres?

- Il paraît.

- Teran, présente Sam, voici Amelius, l'inventeur de la Porte des Étoiles.

- Sam! s'écrie Mel.

- Il aurait fini par l'apprendre.

- Maintenant vous êtes d'accord pour qu'il parte avec vous? demande Charlie.

- Je ne vois aucun obstacle à cela. De plus vous ne me laisserez pas tranquille tant que je n'aurais pas accepté.

- Exact, sourit Sam.

- Dans ce cas, bienvenue à bord Amelius.

- Lher, je vous retiens!

- Je ne comprends pas.

- Laissez tomber. On part quand?

- Dès que vous serez prêt.

- Entendu.

- Colonel Carter, Charlie, Lher, ce fut un plaisir de vous rencontrer.

- Plaisir partagé Teran, dit Sam. J'espère que nous aurons l'occasion de nous revoir.

- Je l'espère également.

Il s'écarte du groupe.

- Sam, commence Mel, merci pour tout ce que tu as fait pour moi. Je ne pourrais peut-être jamais te le rendre.

- Ce n'est pas important.

- Au contraire! J'aimerai pouvoir te remercier comme il se doit.

- Sois heureux, c'est tout ce qui compte.

- Je te le promets.

Il la prend dans ses bras pendant plusieurs secondes. Lorsqu'il se détache, elle le regarde avec gratitude. Il s'accroupit ensuite pour se mettre à hauteur du garçon.

- Charlie, tu vas me manquer bonhomme.

- Tu ne pars pas pour toujours?

- Non. Je reviendrais, mais je ne sais pas quand.

- Toi aussi tu va me manquer. Au revoir Mel.

- Au revoir Charlie.

Il enlace le garçon, avant de se redresser et de rejoindre Teran. Il leur adresse un dernier signe de la main tandis que l'habituel halo blanc les enveloppe.

.

Par la suite, Lher les ramène sur Terre. Ils découvrent que la porte des étoiles a été transférée à la base de Cheyenne Moutain. Ils se sont finalement rendus compte qu'il se passait quelque chose. Ce qui n'est pas trop tôt et en même temps assez embêtant puisque, dorénavant, il n'est plus possible d'y avoir accès.

Ils reprennent le cour de leur vie, bien que l'absence de Mel se fasse cruellement ressentir.

Et puis, il y a ce jour de juillet...