Merci à tous les reviewers! li, cel, pipersam, savannah12, ce chapitre est pour vous!

Je sais que beaucoup d'entre vous l'attendent alors notez bien : le retour de Sam dans sa réalité est pour le prochain chapitre. Et j'ai enfin mis un titre pour chaque chapitre.

En attendant, accompagnons Mel, Sam et Charlie lors d'une virée à jumper plutôt à sensations.


Chapitre 20 - Vol en jumper

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On est samedi soir. Je viens de rentrer de mon entrainement de baseball et Maman est en train de ranger son violoncelle dans son étui (elle a toujours voulu apprendre et elle se débrouille vachement bien!). Mel débarque à la maison en ronchonnant. Il s'est encore pris la tête avec les scientifiques de la base. Il n'a pas dit qu'il était le créateur de la porte des étoiles, mais un Ancien qui se trouvait à bord du Tria. Et entre les militaires qui le surveillent constamment, les futures équipes à briffer, les rats de laboratoires (ce sont ses propres mots) incapable de prendre des initiatives et les autres scientifiques à diriger, il a du mal à s'en sortir. La dernière en date, ils ont planté tout le système informatique de la base. Il a perdu quatre heures à réinitialiser, expliquer et engueuler.

La première équipe doit franchir la porte dans une semaine, il émet de sérieux doutes sur la tenue du planning. Surtout qu'ils sont incapable d'utiliser la porte malgré la présence du DHD, qu'il a relié au système informatique.

Vous trouvez ça compliqué? Et encore, vous ne les avez pas vu fabriquer des delmaks! Vous savez, les cristaux qui marchent comme des clés usb.

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Enfin, je reviens au sujet initial. Mel est arrivé en parlant de ses problèmes à la base dans un langage joliment fleuri. Au passage, j'ai appris deux ou trois insultes que je ne connaissais pas. Il fait des vas et viens dans le salon sans cesser de parler.

- Je te jure Sam, rage-t-il, il y en a un qui m'a demandé pourquoi je ne disais pas trou noir au lieu de trou de vers! Et ça se dit scientifique! Même une autruche a plus de cervelle que ce qui me sert d'assistant! On dirait des poissons rouges, dès qu'on leur a expliqué comment marche la porte, ils te demande comment ça marche!

- Mel.

La voix calme de Maman le sort de ses pensées.

- Oui?

- Un pique-nique en orbite ça te dirait?

- Un...

Le temps qu'il saisisse le sens de sa phrase et...

- Quand est-ce-qu'on part?

Vingt minutes plus tard, on gare la voiture en plein milieu de la forêt. Mel a planqué le jumper pas très loin. On le retrouve enfin. On enlève les branchages qui le cache.

- Là c'est mieux! sourit-il.

- C'est clair! dis-je.

La porte s'ouvre. Je n'en reviens pas.

- Waouh!

- Tu peux le dire, rit Mel.

On pénètre à l'intérieur.

Vous, vous savez à quoi ça ressemble, mais moi je n'en avais aucune idée. Et le moins que l'on puisse dire c'est que c'est impressionnant. Tout s'allume au fur et à mesure que l'on avance. Mel me désigne la place du pilote. Je le regarde incrédule.

- T'es sérieux?

- Un peu que je suis sérieux! Ça va te plaire de faire ça, tu vas voir. Et puis il faut bien que tu apprennes à t'en servir! Par contre, j'ai déconnecté l'hyperpropulseur. On verra ça plus tard.

- Je pense effectivement que c'est un peu tôt, sourit Maman.

- On y va alors?

- Quant tu veux!

La porte se referme. Je ferme les yeux et me concentre sur l'allumage de moteurs. Ils s'allument aussitôt. Je les rouvre ravis.

- C'est super! Dés que je pense à quelque chose ça se réalise.

J'affiche la carte des environs. Il n'y a que nos trois signes de vie.

- C'est vrai que c'est une de nos meilleures inventions, commente Mel.

Je me tourne vers Maman. Elle a un air étrange.

- Ça va?

- Oui, ne t'inquiète pas. Tu me rappelles seulement ton père.

J'acquiesce.

- Bon tu comptes nous faire décoller un jour ou tu préfère rester visser au sol? demande Mel.

- C'est parti!

Je reporte mon attention devant moi. Le jumper quitte lentement la terre ferme.

- Enclenche l'occulteur, ordonne Mel.

Je m'exécute, avant de poser une question.

- Comment être sûr que ça a marché?

- C'est marqué là.

Mel me montre une icône sur l'écran qui m'indique que nous sommes à présent invisibles.

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Nous gagnions l'orbite. La Terre apparaît. Elle est tellement belle! J'en ai le souffle coupé. Le silence s'installe dans l'habitacle.

- Va nous mettre en orbite autour de la Lune, me demande Maman. On la verra en entier et on n'aura pas à s'inquiéter des débris.

C'est à ce moment là que je remarque tous les déchets qui flotte dans l'espace. Maman répond à ma question muette.

- La conquête spatiale a laissé des traces.

- C'est nul, dis-je.

- Je sais.

Je gagne rapidement l'orbite lunaire et coupe les moteurs.

- Et maintenant?

- Il me semble que ta mère a parlé d'un pique-nique spatial tout à l'heure.

- Exact. Tout est dans le sac à dos.

On se précipite tous les deux dessus.

- Goinfres! se moque-t-elle.

- Et fiers de l'être! répond-on en chœur.

Maman éclate de rire.

Nous nous installons devant l'écran, vide de toute information dans lequel peine à s'intégrer notre planète. On ne se lasse pas de la voir.

Je pense soudain à quelque chose.

- Pourquoi tu n'as pas fait la thérapie génique? Ça t'aurait permis d'avoir le gêne des Anciens et de pouvoir utiliser leur technologie. Je sais qu'il y a des chances que ça ne marche pas, mais ça vaut le coup d'essayer, non?

Maman laisse passer un temps avant de répondre.

- Pendant toutes ces années au sein du programme Stargate, mon ADN a été modifié, manipulé à plusieurs reprises. Je suis morte et j'ai été ressuscité de trop nombreuses fois. Tenter d'avoir le gêne serait encore modifier ce que je suis à la base. Je n'en ai vraiment pas envie. D'ailleurs Daniel et Cameron ont eu la même réflexion que moi. Et puis, ça évite de penser à nous en tant que personne capable d'utiliser la technologie ancienne. On compte sur nous pour tellement de choses, ça fait déjà ça en moins. De plus avec le naquadah et la protéine que m'a laissé Jolinar les chances que ça marche sont quasi nulles.

- Mais tu ne le regrettes pas?

- Charlie, je suis une des trois seules personnes pouvant utiliser la technologie goa'uld sur Terre. Hormis moi, seule Vala et le colonel Caldwell en sont capable. Vala est terrienne d'adoption et, avec son passé, cela n'incite pas le haut commandement à lui faire confiance. Quant à Steven, il n'a jamais essayé d'utiliser un bracelet goa'uld.

- Et tu es la seule à avoir été l'hôte d'un Tok'ra, j'ai compris. Mais ça ne répond pas à ma question. Quand tu étais sur Atlantis, tu n'y a jamais pensé?

- Si, bien sûr, mais de toute façon il y en avait d'autres qui avaient le gêne, ça ne m'aurait pas avancé à grand chose. Tu sais, le major Lorne n'a jamais tenté d'avoir le gêne et pourtant il est sur Atlantis depuis un moment déjà. Et il n'est pas le seul dans ce cas là.

- Je comprend ton point de vue, mais ce que je veux savoir c'est si tu le regrettes.

- Parfois oui. Avoir accès à toute la technologie ancienne est attirant.

- Si tu venais juste d'intégrer le programme et qu'on te proposait d'avoir le gêne, questionne Mel, tu accepterais?

- La question ne se pose pas.

- Mais moi je te la pose. Alors, tu accepterais?

- Oui.

Mel se plonge dans ses réflexions. Nous terminons notre repas en silence, chacun dans nos pensées. Puis notre ami Ancien reprend la parole.

- Charlie.

- Oui?

- On passe à la suite de ton apprentissage.

Je le regarde incrédule.

- Et c'est quoi?

- La dernière seconde.

- Je ne comprend pas.

- C'est simple. Tu fonces en piquet vers la surface de la Lune et au dernier moment tu remontes en chandelle. Ensuite on verra le slalom.

Nous nous attachons aux sièges et après quelques recommandations et conseils de Mel et Maman, je m'élance, moyennement rassuré.

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Je rentre d'abord dans l'atmosphère et me met à une hauteur raisonnable de la surface de notre satellite. 2000 mètres. Au signal de Mel, je pique vers le sol.

1000 mètres. Il se rapproche à toute vitesse.

700 mètres. Je raffermis ma prise sur le manche.

500 mètres. On va vraiment vite, trop vite.

200 mètres. Je n'y arriverai jamais.

100 mètres. Je nous vois nous cracher.

70 mètres. Je ferme instinctivement les yeux.

50 mètres. Je lâche le manche.

Je sens la main de Maman sur mon épaule.

- Je suis là, souffle-t-elle.

Je les rouvre, il ne me reste qu'une fraction de seconde pour redresser et vingt mètres avant l'impact. Un sourire apparaît sur mes lèvres tandis que je reprends les commandes. Je tire sur le manche et le jumper se redresse. Nous frôlons le sol, seul un petit mètre nous en sépare. J'entame une remontée rapide. Nous filons vers le ciel. À ma droite, Mel se décrispe. Il est blanc comme un linge. Maman lui tapote l'épaule. Elle est sereine, moi j'ai le cœur qui bat à cent à l'heure.

- Tu vois, ça a été.

Il déglutit avec difficulté.

- Le fils a décidé d'être pire que la mère, ce n'est pas possible!

J'interroge Maman du regard. Elle sourit.

- On a été faire un petit tour en F-15. Je lui ai montré ce qu'est « la dernière seconde ». C'est comme ça qu'il a décidé de l'appeler.

Je me stabilise en orbite et stoppe le jumper.

- Et ça t'a plu?

- Sam n'a pas lâché le manche!

- Ça veut dire oui, sourit-elle.

- On rentre, décide-t-il.

- Et le slalom?

- Et bien oui Mel, et le slalom? Tu lui as promis!

- Je n'ai rien promis du tout. Vous êtes complètement fous tous les deux!

- C'est pour ça que tu nous aimes! dis-je avec un air angélique.

Il soupire en voyant nos mines décidées.

- Je capitule!

- Ouais!

Je relance les moteurs, puis demande :

- On va où?

- Sur Terre. On va faire ça dans les Rocheuses.

Le visage de Mel se décompose de nouveau à la réponse de Maman.

- Oh, non! Pitié!

- Et c'est parti! Direction les Rocheuses!

Je gagne la Terre, notre appareil toujours invisible.

Maman se charge de m'expliquer comment faire et le slalom se passe mieux. Il donne en tous cas moins de sueurs froides à notre compagnon Ancien. J'éviterai des obstacles au dernier moment seulement une ou deux fois. Vu la tête de Mel, je n'ai préféré pas faire plus.

Nous rejoignons la voiture tranquillement, puis la maison. Mel clame haut et fort qu'il ne me laissera plus jamais les commandes. Seulement nous savons très bien tous les trois que ce ne sera pas le cas.


Verdict ?