Il s'était encore levé avec la gueule de bois. Seulement cette fois, il s'était dépêché à prendre des comprimés, car il voulait partir le plus tôt possible. Sans prendre le temps de se doucher, il ramassa ses affaires en vitesse et partit. Maintenant que le bassiste savait tout, il pouvait bien le déranger. Et puis, la veille, il avait parlé de partir chez ses parents pour le week-end. Tous deux pourraient sans doute s'arranger.
Il se réveilla tard dans la matinée et constata que le plus jeune n'était pas là. Et ses affaires non plus n'y étaient pas.
Lorsqu'il réalisa que le guitariste était partit sans l'intention de revenir, quelque chose se produisit en lui. Un sentiment qui ne l'atteignait plus depuis longtemps. De la déception, à ce qu'il lui semblait, ou peut-être même de la tristesse. Peut-être aussi que ce n'était que son imagination…
Il intercepta le bassiste alors que celui-ci allait pénétrer dans la bâtisse. Celui-ci fut étonné de le voir si tôt, surtout avec un sac de voyage. Il n'en laissa pourtant rien paraître.
-Qu'est-ce qu'il y a Jun?
Le guitariste lui dit ce qu'il avait à dire et, avant même qu'il n'ait fini son plaidoyer, Kisaki accepta. Sans mot dire, il prit le sac du guitariste et le jeta à l'arrière de sa voiture. L'autre était resté interdit face à la réaction de son ami, comme s'il s'attendait à ce qu'autre chose arrive.
Après la répétition, le bassiste l'avait gentiment installé dans sa chambre d'ami. Le guitariste eut donc la satisfaction de ne pas dormir sur un divan.
Kisaki l'avait laissé seul après l'avoir aidé à s'installer. Jun aurait préféré ne pas rester seul, car les images de son baiser avec Asagi lui revenaient en tête et ça le perturbait. Il ne s'était pas attendu à ça, même s'il était complètement saoul. Le chanteur aurait pu utiliser beaucoup d'autres façons pour lui faire lâcher prise, alors pourquoi celle-là? Peut-être avait-il voulu le perturber, mais ce n'était pas du tout son genre. À ce moment précis, il en voulait au brun de le troubler comme il le faisait, en plus de l'avoir trahi.
Il ne savait vraiment plus quoi penser.
S'asseyant dans sa voiture, le brun s'apprêtait à aller faire une tour chez Kaya. Avant même qu'il ait mis les clés dans le contact, une sonnerie retentit. Ce n'était pas la sienne. Il fouilla un peu et finit par trouver un cellulaire entre le siège passager et le boîtier de vitesse. L'afficheur indiquait Riku. Une seule personne qui connaissait intimement le blond était récemment monté dans sa voiture. Il abandonna dès lors son projet d'aller rendre visite à son ami et collègue vocaliste. Il démarra tout en composant le numéro du bassiste avec son propre portable. Lui saurait où le guitariste se trouvait.
Kisaki raccrocha et se tourna vers Jun. Il lui dit qu'il avait un truc important à régler et quitta, ne précisant pas à quelle heure il rentrerait.
Lorsqu'il eut atteint le hall, il retrouva Asagi, comme ceux-ci l'avaient prévu, quelques minutes plus tôt. Il lui tendit la clé et, comme celui-ci s'apprêtait à monter, l'empêcha d'aller plus loin.
-Je t'avertis, ne fais rien qui pourrait le perturber plus qu'il ne l'est déjà…
Le chanteur hocha la tête et le bassiste la laissa aller, partant de son côté.
Arrivant devant la porte, il introduisit la clé dans la serrure et déverrouilla la porte dans un brouhaha de cliquetis, lui sembla-t-il. Il poussa ladite porte et ne fut accueilli que par le silence. Pénétrant plus profondément dans l'appartement, il vit que je jeune musicien s'était enfermé dans la chambre que le leader de Phantasmagoria lui avait attribuée. Il s'en approcha lentement et y cogna lorsqu'il l'eut atteint.
Cela ne faisait même pas dix minutes que Kisaki était partit, peut-être avait-il oublié de lui préciser quelque chose. Il s'assit sur le bord du lit lorsqu'il entendit la poignée tourner. Il se leva et ouvrit lui-même.
Il faillit refermer aussitôt, mais se retint. Il la garde simplement entrouverte.
-Qu'est-ce que tu veux? Cracha-t-il.
L'autre sembla troublé par la manière dont les paroles avaient été prononcées.
-Ton téléphone est tombé dans ma voiture… je venais te le rendre. Sur ces mots, il sortit ledit téléphone.
Le plus petit lui arracha presque le téléphone des mains et le fourra dans ses poches. Son regard était si haineux que le vocaliste ne pu se résigner à partir.
Voyant que le non désiré restait planté là, le guitariste cru qu'il devait être plus explicite.
-J'aimerais que tu quittes, s'il te plaît, siffla-t-il entre ses dents.
-C'est ce que j'avais cru comprendre, contra le plus grand. Mais j'aimerais d'abord savoir ce qui te pousse à avoir une telle attitude envers moi, tout à coup…
Le musicien aux cheveux roses inspira un bon coup.
-Tu n'en as vraiment aucune idée? Persifla-t-il.
C'est seulement à ce moment-là que le plus vieux comprit. Ça aurait pourtant du être évident. En plus, là où ils étaient, il n'aurait pas du s'en étonner.
-Kisaki... souffla le vocaliste.
Cela sembla enrager un peu plus le plus jeune.
-Ouais, le fait que tu m'aies trahi a une grosse part là-dedans. Mais il n'y a pas que ça, il fit une pause, cherchant ses mots. En fait, le fait que tu débarques dans ma vie pour me faire la morale, que tu me sauves avant et après m'avoir « employé » à ton service… et tu m'as embrassé par-dessus le marché, il hurlait presque. Va semer la zizanie dans l'esprit de quelqu'un d'autre, moi j'en ai assez! Si tu veux un jouet pour lui faire endurer toutes tes humeurs, va voir ailleurs! Sur ce, il poussa la porte, tentant de la refermer.
Le chanteur n'eut pas l'air d'accord, car il la poussa dans l'autre sens, avec beaucoup plus de force. La porte s'ouvrit d'elle-même, le plus jeune l'ayant lâchée sous le coup de la surprise.
C'était au tour de Asagi d'être de mauvaise humeur. Il se tenait dans l'embrasure de la porte et regardait Jun d'un air méprisant.
-Tu crois vraiment que j'aurais pu faire tout ça uniquement pour te mettre dans mon lit? S'exclama-t-il. C'est des conneries! Si j'avais vraiment tout fait ça juste pour coucher avec toi, j'en aurais profité quand j'en avais l'occasion, sois-en sûre!
-Ou bien j'aurais pu t'accuser de viol puisque j'étais totalement saoul et c'est pour ça que tu n'as rien fait! S'emporte le guitariste.
À peine les mots eurent-ils franchit le seuil de ses lèvres qu'il sentit le contacte du poing du chanteur sur sa joue. Sans lui laisser le temps de réagir, le brun l'attrapa par le col de sa chemise et le projeta sur le lit.
Ça n'avait aucun sens, le cadet ne comprenait plus rien.
L'aîné monta à califourchon sur le jeune homme déjà étendu sur le lit et lui maintint le mains de chaque côtés de la tête, l'empêchant de se libérer.
-Bon, maintenant, ça suffit, s'écria le dominant. Si tu as quelque chose à ajouter, dit-le maintenant, car c'est la dernière fois qu'on se parle toi et moi, et j'aimerais bien profiter des instants qui vont suivre cette conversation!
-JE TE DÉTESTE, d'accord? Maintenant, lâche-moi et va t'en, hurla le soumis.
Le chanteur se figea, le guitariste aussi. Tous deux trouvaient que les paroles sonnaient faux.
Encore une fois, le plus jeune avait menti.
Encore une fois, le plus vieux avait compris.
Ce fut comme si rien n'avait été dit.
Lentement, très lentement, Asagi desserra sa prise sur les poignets de Jun.
Doucement, tout doucement, Asagi se pencha et envoya ses lèvres à la rencontre de celles de Jun.
Ne recevant aucune réponse, il força lui-même le passage entre les lèvres du plus jeune.
Il lâcha l'un des poignets pour aller flatter la joue du cadet. Ce dernier mit sa main libre sur celle de son dominant. Leur yeux se croisèrent. Le guitariste abandonna, c'était beaucoup trop dur, alors que le chanteur séparait ses lèvres des siennes.
Mettant sa seule main libre sur la nuque du plus vieux, le plus jeune remis le contact entre leurs bouches, leurs lèvres, leurs langues.
Mais le plus vieux en voulait plus et le plus jeune ne savait pas quoi faire, il se laissa donc aller aux mains expertes du brun. Comme un air de guitare qui suit le chant, le guitariste se laissait entraîner par les manœuvres du chanteur.
C'était sans doute éphémère, mais pour l'instant, il était bien.
Il avait fuis, c'était prévisible. Dès que le chanteur avait quitté la chambre, le croyant endormis, il s'était rhabillé et, profitant du fait que ledit chanteur était dans la douche, était partit le plus silencieusement du monde. Lorsqu'il atteignit l'ascenseur, il rencontra le roux qui revenait chez lui.
-Où tu vas? Demanda Kisaki.»
Sans répondre, le plus jeune prit l'ascenseur. Seulement, au lieu de descendre, il monta. Il savait qu'il y avait un accès pour le toit et il savait que personne n'irait le chercher là.
Kisaki était en colère. Le brun avait fait tout le contraire de ce qu'il lui avait demandé, c'était clair comme du cristal1. Lorsqu'il entra chez lui il vit le chanteur torse nu qui se séchait les cheveux.
Il comprit enfin ce qui s'était passé.
« Merde! T'as couché avec lui? Hurla le bassiste.
Asagi sursauta, ne l'ayant pas vu arriver. Il haussa les épaules comme si de rien n'était.
-Oui, et? Se contenta-t-il de répliquer.
Le bassiste soupira.
-Je viens de le croiser dans le couloir et il avait l'air plus que perturbé…
Le yeux du chanteur s'agrandirent.
À en juger par sa réaction, le bassiste su que son ami ne s'était pas rendu compte du départ du plus jeune. Asagi alla jusqu'à la chambre qu'ils avaient occupé ensemble quelques instants plus tôt et la trouva vide. Il laissa la serviette au sol, attrapa son t-shirt et l'enfila. Il quitta ensuite le logement en coup de vent, sous le regard exaspéré de Kisaki.
Son téléphone sonna. Il regarda l'afficheur et vit le nom d'Asagi. Il le laissa sonner.
Il était assis à côté de la porte, à l'extérieur, sous la pluie battante, le dos contre la tôle.
Il n'arrêtait plus de penser, mais son esprit était si embrouillé qu'il ne comprenait pas tout ce qui lui passait par la tête. Il venait de coucher avec un homme qu'il n'était pas capable de comprendre. Il avait ressenti autre chose que de la haine pour lui, plusieurs fois, mais n'avait pas saisit et ne saisissait toujours pas ce qui se déroulait devant lui. Il était complètement dépassé par les événements.
La porte à côté de lui s'ouvrit.
Il ne tenta pas de savoir qui était là, il le savait. Il tourna la tête pour regarder au loin, empêchant à l'arrivant, qui s'était accroupi, de croiser son regard.
-Va t'en… murmura Jun, lasse.
-J'en ai pas envie, répondit une voix lourde.
Prenant son temps, le jeune homme aux cheveux roses fini par regarder le brun droit dans les yeux. On pouvait y lire la tristesse.
-Mais, toi aussi… sa voix cassa. Toi aussi, tu vas me laisser tout seul… finit-il par dire.
Asagi mit son bras autour des épaules de Jun et l'appuya contre son torse. Il savait que le plus jeune pleurait.
-Jamais… souffla-t-il.
Le plus petit agrippa les pans de la veste du plus vieux et enfouit son visage dans le t-shirt qu'il y avait en dessous. L'aîné se mit à lui flatter les cheveux et attendit patiemment qu'il se calme.
Lorsqu'il avait fini par arrêter de pleurer, tous deux s'étaient levés, en silence, et étaient rentrés. Le chanteur avait pris les devants et se dirigeait vers l'ascenseur. Quelque peu amorphe, le guitariste s'était aussitôt précipité vers lui et avait agrippé un pan de la manche du vocaliste. Celui-ci s'était retourné vers lui, ce qui fit hésiter le plus jeune. Comprenant le geste, Asagi lui prit la main et la serra fort.
Il ne la lâcha plus.
Ils retournèrent chez le bassiste, qui avait fait un peu de ménage derrière eux, et prirent les quelques affaires du benjamin.
Durant ce temps-là, Jun était resté le plus prêt possible de Asagi, ne laissant jamais plus d'un mètre de distance entre eux. Il ne dit pas un mot, il n'avait pas l'air lui-même. Il donnait l'impression de sortir du coma. Il prouva pourtant qu'il était totalement réveillé. Au moment de partir, il enfila ses chaussures et sa veste à une vitesse fulgurante. Il s'inclina bien bas devant Kisaki après quoi il quitta, suivit par le vocaliste.
Lorsqu'il s'installa dans l'auto, ses vêtements firent un bruit humide et c'est à ce moment-là qu'il se souvint qu'il était mouillé. La tête sur l'appui-tête, il la tourna vers le côté conducteur où Asagi était assis. Lorsque ce dernier lui jeta un coup d'œil, Jun lui sourit, après quoi il ferma les yeux.
Enfin, il se sentait bien.
Il avait passé ses deux jours de vacance enfermée chez le chanteur, tous deux se fermant au reste du monde. Peu de paroles furent échangées, ils n'avaient besoin que de se toucher et de se regarder.
Ensuite, il était parti en tournée durant un mois, comme il avait été prévu plusieurs mois plus tôt. Il avait eu du mal à partir, mais avait quitté sans aucun regret.
Il s'était particulièrement amusé durant ce mois, mais dès qu'il était laissé à lui-même, il retournait à ce week-end. Il était impatient de rentrer. Pour la première fois, quelqu'un l'attendait. Il avait maintenant un vrai chez lui.
Pourtant, quelque part au fond de lui, il doutait que le chanteur l'attende. Il était si peu prévisible, il pouvait bien s'être déjà lassé.
Il n'en avait pas parlé à personne, même pas à Kisaki, qui savait pourtant toute l'histoire, car cette crainte l'empêchait d'avoir totalement confiance. Il ne voulait pas que les autres le sache si jamais son cœur venait à être brisé.
Ce fut ce qui cause sa surprise lorsqu'il descendit de l'avion.
En entrant dans l'aéroport, il fut accueilli, non pas par une, mais bien par deux personnes. Asagi, qui le serra dans ses bras de manière provocante, et Kaya, qui avait l'air un peu étonné par autant de démonstration affective de la part du brun.
Les autres membres de Phantasmagoria regardaient la scène avec un ahurissement plus qu'évident. Ce fut Riku qui osa parler, encore plus perturbé que les autres.
-Euh… Jun? Est-ce que j'ai manqué un chapitre? Demanda-t-il.
L'interpellé se détourna de son amant. Il avait redouté de faire face à son meilleur ami, de devoir tout lui expliquer.
-Je suis désolé, s'entendit-il dire. Je t'ai tenu à l'écart… Mais je te promet que je vais tout t'expliquer, mais pas ici, ni maintenant… Et surtout pas devant tout le monde.
Le blond n'insista pas. Il savait que le plus jeune tiendrait parole.
-D'accord, soupira-t-il. Appelle-moi! Et il partit rejoindre sa femme qui l'attendait plus loin.
Le guitariste le regarda partir. Il se tourna ensuite vers Asagi et Kaya.
-Pourquoi Kaya est ici? Dit-il, interrogeant le chanteur.
Celui-ci haussa les épaules.
-Il ne croyait pas que je puisse être vraiment amoureux… lui chuchota-t-il à l'oreille.
Tournant son regarde cers le vocaliste aux cheveux noirs, qui se tenait un peu à l'écart, il ignora le malaise que la phrase de son compagnon avait créé en lui.
Il alla voir Kaya et s'inclina devant lui, décidant qu'il pouvait taquiner Asagi.
-Nous vous en faîtes pas, Kaya-san… ça m'a surpris autant que vous!
Il partit ensuite, ne souhaitant pas s'attarder en ces lieux bondés de gens qui les regardaient avec désapprobation. Il chercha la Mercedes des yeux en arrivant dans le stationnement, mais ne la vit pas. Il sentit alors une main se glisser dans la sienne et le tirer vers la gauche. Il suivit le brun qui le mena jusqu'au bout du stationnement. Il vit Kaya, du coin de l'œil, se diriger vers la droite.
Au mois, il n'auraient pas à l'avoir avec eux toute la journée.
Après être allés porter les bagages du plus jeune, ils s'étaient rendus au restaurant où ils avaient mangé la dernière fois. Ils eurent droit au même salon privé, ce qui leur fit plus que plaisir.
Tous deux étaient silencieux, le plus jeune étant intimidé et le plus vieux sans expression apparente, comme à son habitude.
Asagi avait, encore une fois, commandé pour les deux.
Le silence s'éternisait et le guitariste se sentait de moins en moins confiant. Il aurait aimé que le chanteur parle, qu'il dise quelque chose pour le rassurer.
-Tu n'as pas besoin d'être aussi nerveux… dit le brun, comme s'il avait lu dans ses pensées. Il n'y a aucune raison…
Il lui sourit, de ce sourire discret mais incroyablement envoûtant. À son tour, Jun sourit, beaucoup plus léger, tout à coup.
-Alors… quoi de neuf? Dit finalement le plus jeune.
Il avait eu peur d'être rejeté. Lorsque le guitariste s'était approché de lui, il avait eu peur que ce soit pour lui dire qu'il n'y aurait aucune suite. Le temps qu'ils avaient eu ensemble avant le départ du plus jeune avait été si court qu'il avait cru un instant que ça ne durerait pas, que tout ça n'avait été qu'éphémère.
Au moment où il l'avait serré dans ses bras, il avait été automatiquement rassuré. Il avait pu le serrer contre lui. Habituellement, il n'en aurait rien fait, mais il avait été si heureux de le voir que, pendant un instant, lui seul avait existé à ses yeux, dans cet aéroport noir de monde. Maintenant qu'ils étaient seuls tous les deux, cette envie inexplicable de sentir la peau de Jun sous ses doigts le démangeait. Celui-ci était à quelques centimètre du chanteur, en train d'ôter ses bottes. Il se fit surprendre en sentant les bras de Asagi enserrer sa taille. Étant penché, il se redressa, mais le brun avait déjà resserré son étreinte, empêchant le prisonnier de se retourner. Il sentit la respiration du plus vieux dans son cou tandis que ce dernier déposait un baiser sur la jugulaire.
Le plus jeune se libéra.
-Qu'est-ce qu'il y a? demanda le chanteur.
Jun s'était retourné et lui faisait face. Il avait une drôle d'expression sur le visage lorsqu'il répondit.
-Je veux juste m'assurer que je ne rêve pas…
Ces paroles déclenchèrent un tel élan d'amour de la part du brun qu'il plaqua le plus jeune au mur dans un baiser passionné.
Il était partit tôt, ce matin-là, car ils avaient un tournage de l'autre côté de la ville et qu'il ne pouvait pas se permettre d'arriver en retard. Il avait demandé à Riku de venir le chercher, celui-ci ayant récemment emménagé dans les environs avec sa fiancée. Tout semblait vouloir encourager la situation dans laquelle il était.
Il devait seulement s'expliquer auprès du blond à qui il n'avait rien dit. Celui-ci ne lui en voulait pas, il le savait, mais il voulait comprendre et Jun croyait également qu'il en avait le droit puisque c'était son meilleur ami.
Lorsque le chanteur arriva dans sa petite Toyota, il lui fit signe de se dépêcher pour pouvoir éviter les embouteillages qui débutaient vers 8h30, même s'il n'était que 7h50. Ils avaient du temps pour discuter.
Le plus dure fut de commencer la conversation. Le plus jeune finit par se résigner, sentant que le blond attendait après lui.
-Tu sais, ça s'est fait bizarrement, en fait, Asagi et moi… souffla-t-il. En y repensant, il se trouva trop direct, mais c'était dit.
-J'avais cru le comprendre, se contenta d'affirmer le conducteur.
Jun soupire. Le plus petit n'était pas très ouvert.
-Je ne rentrerai pas dans tous les détails, ça ne servirait à rien… La seule chose que tu dois savoir, c'est que je l'aime et lui m'aime aussi et que je suis heureux comme ça… il s'arrêta là, ne voulant rien dire de plus, attendant le verdict de son ami.
Celui-ci prit tout son temps, cherchant la bonne chose à dire. Enfin, sa voix se fit entendre.
-Si c'est comme ça, je t'approuve entièrement… mais je ne peux pas affirmer que je vais réussir à l'aimer… conclut-il, ce qui déclencha le rire du guitariste.
Intrigué, le blond lui demanda ce qu'il y avait de si drôle. La réponse du plus jeune le fit rire à son tour.
-Asagi m'a dit exactement la même chose… répondit ce dernier.
Le reste du trajet se passa dans les rires et la bonne humeur qui agrémentaient habituellement leurs rencontres.
Ils atteignirent les studios toujours aussi hilares. Lorsque Kisaki les vit, il fut soulager de constater que Jun avait de nouveau l'air sincèrement heureux et que lui et le chanteur riaient comme avant. Il n'aurait donc plus besoin de materner le guitariste, qui avait Asagi pour le faire, et il pourrait mieux gérer son groupe et son label.
L'enregistrement du clip se fit sans problème, tout le monde prit du bon temps et tous furent satisfaits des résultats.
Jun avait une nouvelle force qui le rendait encore plus énervé et bruyant qu'il ne l,avait jamais été, étourdissant quelque peu le leader et les membres du staff.
À la fin de la journée, Riku et Jun repartirent ensemble dans la Toyota noire, le blond allant reconduire le jeune homme aux cheveux roses chez lui. Avant qu'il ne descende de l'auto, le vocaliste lui proposa quelque chose.
-Ça vous dirait, à Asagi et toi, de venir manger chez moi, dimanche soir? Juste pour m'assurer que tout va vraiment bien?
Le plus jeune accepta automatiquement, après quoi il salua son ami et sortit de la voiture.
En y repensant, il réalisa qu'il aurait peut-être un peu de difficulté à convaincre son hautain de petit ami de dîner avec le commun des mortels. Pourtant, le plus jeune était bien décidé à l'emmener avec lui et il utiliserait tout les moyens de persuasion possibles pour que le chanteur accepte.
Le mépris que se portaient les chanteurs était réciproque, ce qui donna du fil à retordre au guitariste. Le première fois qu'il lui en avait parlé, le chanteur refusa catégoriquement, prétextant ne pas vouloir étranglé « cette enfoirée de blondasse », pour reprendre ses termes. Ils en avaient reparlé plusieurs fois, mais la réponse du vocaliste était restée la même. Puis, il finit par céder. Le plus jeune s'était préparé toute une tirade pour le convaincre, mais avant même qu'il n'ait pu commencer à la débiter, Asagi avait accepté, sans dire pourquoi il avait changé d'idée.
Le jour du dîner était finalement arrivé et tous deux s'étaient rendus chez le blond, l'un avec un appréhension grandissante, l'autre se préparant mentalement à sa soirée. Arrivés chez le blond, ils furent accueillis par le visage souriant de la femme du Riku, Aoi2. Elle les invita chaleureusement à entrer, les devançant dans le hall. Ses cheveux châtains lui arrivaient au côtes flottantes et elle portait un bustier avec des jeans, ce qui agençait tout son élégance et sa simplicité.
Elle appela son fiancé qui était déjà là et qui la fit sursauter lorsqu'elle se retourna pour constater sa présence. Il eut une petit moue moqueuse, après quoi il alla saluer ses invités.
-Jun-kun, Asagi-san, soyez les bienvenus chez nous! Dit-il d'un ton amical, même s'il s'était refroidi un instant en mentionnant le nom de l'autre chanteur.
Ils pénétrèrent plus profondément dans la maison qui offrait une vision tout à fait charmante avec son style mi-traditionnel, mi-actuel, le bois franc des cadres de porte s'agençait parfaitement aux panneaux coulissants qui servaient de porte eux-même, ainsi qu'aux fleurs bien entretenue qui emplissaient le logement d'odeurs apaisantes.
Ils s'installèrent au salon pendant que Aoi finissait de préparer le repas, Riku et Jun discutant activement pendant que Asagi écoutait, ne répondant que quelques fois, lorsque le guitariste lui demandait son avis.
Lorsque le dîner fut prêt et qu'ils se levèrent, l'homme aux cheveux roses retint son compagnon quelques secondes, le temps de mettre les choses au point.
-Fait un effort de conversation, s'il te plaît… Montre-lui que tu n'es pas aussi apathique que ça! Le supplia-t-il à voix basse.
Le brun s'était attendu à cette requête.
-Je ne te garantis rien, mais je vais essayer… répondit-il, après quoi il pénétra dans la salle à manger, son amant à sa suite.
Ils mangèrent en silence, savourant le repas qui était plus savoureux que ce à quoi le brun s'était attendu. Il levait souvent les yeux sur le plus jeune, qui fixait son bol silencieusement en mangeant, et les rabaissaient chaque fois que le blond le surprenait.
Après un moment, il se dit qu'il devait briser ce silence et essaya de parler avec un ton plein d'entrain, se basant sur celui du guitariste.
-C'est délicieux Aoi-san! Où avez-vous appris à cuisiner aussi divinement? Demanda-t-il. Il pensait ce qu'il venait de dire et espérait une bonne réaction de la part de la jeune femme.
Ce fut évidemment le cas, celle-ci rougissant face aux compliments qui venaient de lui être adressés.
-Merci, Asagi-san, mais je ne crois pas que ce soit aussi merveilleux que vous le prétendez…
-Voyons Aoi, tu cuisines comme une reine! S'exclama Jun à son tour.
Elle rougit davantage, le plaisir paraissant sur son visage. Le brun décida qu'il avait envie de discuter avec cette jeune femme.
-Au fait, dîtes-moi, que faîtes-vous dans la vie? La questionna-t-il.
-Je suis maquilleuse chez Under Code Production…
Le plus jeune des hommes ricana un peu tout seul, après quoi il ne put retenir la pensée qui lui avait traversée l'esprit.
-Eh ouais, on a tous été esclaves de Uma-sama à un moment ou un autre de notre vie!
Riku, qui était entrain de prendre un gorgée de sake, faillit la recracher dans son plat, ce qui fit rire les gens qui étaient déjà quelques peu hilares de la mauvaise blague de Jun. La soirée s'annonçait plus divertissante que ce que les trois musiciens avaient redouté. Les deux chanteurs avaient tout à coup l'air moins tendu, même s'ils ne se parlaient pas plus qu'avant. Ils se mirent à se raconter quelques anecdotes qu'il avaient vécu avec Kisaki. Soudain, Riku et Aoi se lancèrent un regard et le couple demanda l'attention de ses invités.
-Je ne voulais le dire qu'à toi, dit le blond en regardant son meilleur ami, mais Aoi-chan m'a fait changer d'idée en me disant que les amoureux n'avaient pas de secrets.
Le plus vieux et le plus jeune eurent l'air perplexes durant quelques instants, jusqu'à ce que Riku mette une main sur le ventre de sa fiancée. Une vague d'excitation traversa le guitariste, ayant trouvé de quoi il s'agissait.
-Non!? S'écria-t-il, le sourire aux lèvres.
La réponse était, à cet instant, gravée dans les traits du chanteur de Phantasmagoria tant son sourire était grand.
-Eh ouais! S'exclama ce dernier. Tu as devant toi un nouveau futur papa!3
Le plus jeune se mit à rire euphoriquement tant la nouvelle le rendait heureux. Il aurait pu danser de bonheur.
Son regard dévia sur Asagi, à quelques pas de lui, qui avait un minuscule sourire en coin, ce qui lui fit plaisir.
-Et vous le savez depuis quand? Demanda le brun.
Riku tourna son attention vers lui, sa joie paraissant diminuée d'une infime quantité.
-Deux jours, dit ce dernier, reprenant contenance. Se tournant vers son meilleur ami, il ajouta, nous aimerions que tu en sois le parrain.
La personne visée battit des paupière un instant, laissant tranquillement l'information prendre place dans son cerveau.
Quelques secondes plus tard, il se jetait sur Aoi pour l'embrasser sur chaque joues et étreignait affectueusement le petit chanteur.
Sur ces excellentes nouvelles, ils continuèrent à boire à la santé de ceux heureux événements. En fait, c'était plutôt les membres de Phantasmagoria qui buvaient, la femme du chanteur ne pouvant plus boire à cause de l'enfant et le vocaliste de D ne pouvant pas non plus, car il devait être sobre pour le trajet du retour jusqu'à chez eux. La nuit étant bien entamée et les deux membres de Phantasmagoria complètement ivres, quelque chose vint troubler l'esprit du chanteur de D. Il regardait les deux hommes tandis qu'Aoi se levait pour aller se coucher, elle avait quelque chose le lendemain de bonheur et devait se lever à six heures du matin.
Une chose dérangeait le brun dans la manière d'être qu'avait le blond envers son amant. D'accord, tous deux étaient saouls, mais il ne pouvait empêcher la jalousie de monter. Sans qu'il ne sache ni comment ni pourquoi, il fut tout-à-coup sur ses pieds et alla arracher Jun des griffes de l'autre chanteur. Le tirant par le bras, il décrocha leurs vestes et lui tendit la sienne. Le plus jeune n'en sembla pas enchanté.
-Pourquoi t'es si pressé de partir, koibitooo?Dit-il en essayant d'avoir l'air aguicheur.
Cela déstabilisa un instant le plus vieux qui ne l'avait jamais entendu l'appeler ainsi. Mais ça ne parut pas, évidemment.
-Parce que tu es trop saoul et que tu vas encore avoir la migraine demain, déclara-t-il froidement.
Riku décida alors qu'il voulait, lui aussi, être de la partie.
-Allez Asagiii! Restez encore un peu… shiouplé! Tu plombes l'ambiance là!
L'interpellé jeta un regard dégoûté au chanteur à percings.
-Toi, la blondasse, je t'ai rien demandé! Cracha-t-il.
Il regretta aussitôt ses paroles. Ce ne fut pas le nain, mais bien son acolyte qui se fâcha. Il prit son manteau des mains de son « koibito » et quitta sans même un au revoir, cause de son ivresse. Il fut suivit, en silence, par ledit « koibito », qui ne savait que dire, trop fier pour demander pardon. Le guitariste attendit que l'autre déverrouille la porte, mais s'abstint de dire quoi que ce soit, ce qu'il faisait depuis les dernières paroles du conducteur. À deux reprises, ce dernier tenta de lui faire dire un ou deux mots et, à deux reprises, il échoua lamentablement. Et ça continua lorsqu'il furent à l'intérieur et dans leur chambre aussi. Le plus jeune s'installa à l'opposé du plus vieux et resta dos à lui, l'empêchant tout de même de le toucher lorsque l'autre s'y tentait. Finalement, l'ivresse eut raison de lui et Jun s'endormit. À cet instant, Asagi alla passer un bras autour de sa taille et le pressa contre lui amoureusement. Il s'endormit à son tour, bien plus confortable qu'il ne l'était quelques minutes auparavant.
Le lendemain, le cadet boudait toujours. Bien sûre, Asagi avait eut raison, il avait une forte migraine au levé, mais il n'en laissa rien paraître. Tous deux avaient congé ce jour-là, un coup de chance s'étaient-ils dit quelques jours plus tôt, mais à ce moment-là, Jun s'ennuyait beaucoup de se faire exploiter par le leader de son groupe. Chaque fois que Asagi était trop près de lui à son goût, il changeait de place. Il savait qu'il réagissait comme un enfant gâté, mais il voulait des excuses et, aussi, la vraie raison de leur départ précipité, ce que l'autre ne semblait pas prêt d'admettre. La journée se passa donc dans un silence pesant, sauf quand Asagi décida de faire des vocalises, histoire de passer le temps. Bien sûre, sa voix eut un effet apaisant sur le jeune guitariste qui fumait dans l'encadrement de la porte menant au balcon. Il finit sa clope après quoi il tourna son regard vers l'heure. Quatre heure de l'après-midi. Se dirigeant vers le réfrigérateur, il en sortit un piment deux tomates, un oignon et quelques autres légumes. Il sortit ensuite des lanières de porcs. Il se mit à hacher les légumes, la voix du brun en arrière plan. Il perdit bientôt la notion du temps, absorbé par sa cuisine comme il l'était, et n'entendit pas lorsque Asagi cessa son chant. Il ne le sentit pas non plus approcher et eut la peur de sa vie lorsque ce dernier mis ses mains sur ses hanches. Et avant qu'il ne se souvienne qu'il boudait, il se mit à lui crier dessus.
-T'es inconscient ou quoi? J'aurais très bien pu me tourner et t'enfoncer ce couteau dans le ventre! Il se tût aussitôt, se rendant compte qu'il venait de se faire avoir.
Le plus vieux riait, tandis que lui s'empourprait, vexé. Voyant que Jun se fâchait davantage, le brun cessa de rigoler.
-Allez! Tu ne vas pas me faire la tête jusqu'à la fin de tes jours pour si peu…
Se détournant, le guitariste continua à couper ses légumes. Bien décidé à ce qu'ils discutent, le plus grand tenta de lui ôter le couteau des mains, délicatement. Il en résultat une coupure au doigt chez le plus petit, celui-ci ayant tenté de reprendre son arme de manière trop brusque. Son réflexe fut de pousser un juron et de mettre son doigt dans sa bouche. En fait, il tenta de la faire, car le vocaliste prit le doigt ensanglanté avant qu'il n'atteigne les lèvres du guitariste et le fourra sous un mince jet d'eau du robinet, de manière à ne pas lui faire mal avec. Jun tenta de lui faire lâcher sa main, mais il empira son cas, gémissant à cause de sa coupure. Quant à lui, Asagi profita de cette seconde d'inattention pour l'enlacer par derrière. Au début, l'autre se débattit, tenant dur comme fer à son parti, mais le chanteur de D l'embrassait dans le coup et le caressait, lui faisant ainsi perdre peu à peu ses moyens. Alors que le plus jeune s'y attendait le moins, son amant lui murmura des excuses à l'oreille.
-Je suis désolé, commença ce dernier, resserrant son étreinte. Je crois que j'ai eu un instant de jalousie à l'égard de Riku…
Tous deux savaient que c'était vrai, Asagi ayant eu beaucoup de mal à l'admettre.
Sentant toutes ses résistances tomber, le guitariste de Phantasmagoria se tourna vers son amant, le regardant dans les yeux pour la première fois de la journée. Il déposa un baiser sur ses lèvres.
-Mais qu'est-ce qui pourrait tant te menacer chez ce nain blond? Plaisanta le plus jeune.
Redevenant soudainement sérieux, Asagi appuya ses mains sur le comptoir, de chaque côté du cadet, et se pencha sur lui, l'obligeant à reculer.
-J'ai du lui en vouloir d'être plus près de toi que je ne l'étais à ce moment-là… souffla-t-il, un certain ton d'espièglerie dans sa voix laissant voir qu'il avait une idée derrière la tête.
Avant que Jun ait pu faire quoi que ce soit, Asagi le coinça entre lui et le comptoir, de manière à pouvoir profiter de lui le plus longtemps possible. Le baiser qu'il prodigua démontra clairement qu'il voulait beaucoup plus que ce à quoi il avait eut droit ce dernier jour, ce à quoi le jeune homme aux cheveux roses répondit avec empressement, oubliant le dîner qu'il préparait quelques instants plus tôt.
Ils mangeaient leur repas tranquillement, assis sur le sol de la cuisine, laissant la paix et le silence envahir la pièce après leurs derniers ébats, quand le téléphone sonna. Étant tous deux sous un drap, que Asagi était allé chercher, le plus jeune, qui était le plus proche du téléphone, dut, à contre-cœur, s'en débarrasser pour aller décrocher.
-Moshi moshi… Jun desu!
Il se figea en entendant la voix à l'autre bout du fil. Un peu refrogné, il acquiesça à plusieurs reprises après quoi il raccrocha sous le regard intrigué du chanteur de D, toujours sous la couverte. Le jeune homme à la chevelure rose ses dirigea vers leur chambre et en ressortit dix minutes plus tard, portant un complet noir que le brun ne lui avait jamais vu4. Le guitariste, toujours raide, s'approcha de lui et s'accroupi à quelques centimètres de son amant toujours nu.
-Qu'est-ce qui se passe? Demanda ce dernier.
L'autre soupira et l'embrassa.
-Je t'expliquerai lorsque je serai de retour… je vais rentrer tard… Tu n'as pas besoin de m'attendre…
Sur ce, il se redressa et quitta l'appartement.
Il se demandait encore comment ils avaient fait pour avoir le numéro lorsqu'il atteignit la grille. Il ne sonna pas tout de suite, tentant de se faire une carapace d'indifférence avant l'entretient. Il redoutait de devoir révéler certaines choses, sachant très bien qu'il n'avait pas le droit de posséder ce qu'il avait de plus précieux à ce moment-là.
Après cinq bonnes minutes de préparation mentale, il sonna et attendit qu'on lui ouvre, ayant décider d'imiter Asagi et de ne garder qu'un masque impassible.
OWARI
1 Crystal Final HAHA!
2 Aoi, Aozora, la pognez-vous?
3 Et dans ma tête, ça donne un croisement entre Riku et moi!
4 Avouez que, maintenant que j'ai inséré cette image dans votre esprit, vous avez envie de savoir ce que ça donnerait en vrai XD!
