Note 1 : Contrairement à mon autre fic', celle-ci est encore en cours d'écriture donc la publication ne sera pas aussi rapide. J'espère que vous aimerez celle-là et que vous mettrez des reviews, rien ne me ferait plus plaisir que de savoir ce que vous pensez de ma deuxième fic yaoï. Enjoy, donc ;)
Note 2 : J'espère réussir à bien caractériser mes personnages, pour rendre l'histoire plus probable. J'ai fait pas mal d'essais ici, donc il y aura peut-être quelques maladresses. Veuillez m'en excuser !
Partie 1 : Yamashita Tomohisa
Chapitre 1
Les autres membres ne tardèrent pas à arriver et nous commençâmes la répétition, revoyant une à une nos chansons et nos chorégraphies, faisant le point sur les costumes, et l'ordre des titres, synchronisant ainsi notre programme avec ceux des autres groupes invités au concert. J'essayai tant bien que mal de ne pas le regarder, pour rester concentré et en rythme. En effet, la moindre baisse d'attention pouvait me faire frôler la catastrophe. Imaginez : mes yeux se posent une seconde de trop sur son corps svelte et je perds le rythme. Dans le meilleur des cas, je le retrouve rapidement et les membres ne se doutent de rien. Dans le pire, je percute un ou deux de mes coéquipiers, attirant ainsi l'attention sur moi, voire tout simplement je tombe sur lui, mon cœur s'emballe et je n'arrive plus à détourner mon regard de ses yeux d'enfant. A ce moment, plusieurs choix s'offrent à moi. Ou j'arrive à me contrôler et je me relève, m'excusant poliment d'avoir interrompu la répétition, ou je n'y arrive pas, et la proximité de son corps me fait perdre la tête, les membres apprennent ce que je suis, et me rejettent, voire décident de dissoudre le groupe ; je suis ainsi forcé de quitter NEWS, et d'arrêter ma carrière solo, et je me barre en Abkhazie pour le restant de mes jours.
N'importe quoi !
Complètement absurde.
Il ne devait y avoir que très peu de chances qu'un tel scénario se produise, non ?
Me concentrant d'avantage pour ne pas penser à ce genre de chose inutile, je tournai sur moi-même tandis que Snow Express résonnait dans la salle. Je gardais le plus possible mes yeux rivés sur les murs ou les autres membres, pour éviter de croiser ceux de Teshi. J'avais peur. Cela faisait maintenant très longtemps que j'éprouvais des sentiments pour lui et j'avais acquis des techniques et des stratégies de « love-défense », pourtant, je sentais qu'au fond de moi la frustration de ne pas pouvoir le toucher rendait tout exercice difficile. Je voulais satisfaire mon cœur qui me brûlait l'âme, jours après jours et nuits après nuits. J'espérais aussi de toutes mes forces que cet amour interdit disparaisse avant que les flèches ardentes d'Éros ne m'aient complètement anéanti l'esprit, tant qu'il en était encore temps, tant que cette passion n'était pas encore assez ancrée dans chaque cellule de mon corps. J'espérais si fort, si ardemment, que tout redevienne comme avant, que tout redevienne normal, que je guettais chaque nuit sa présence dans mes rêves. Si une fois, une fois seulement, il n'y apparaissait pas, alors je saurais que j'ai peut-être une chance de vivre une vie normale, à nouveau.
La répétition s'acheva enfin, après plusieurs heures, et chaque membre partit de son côté. Deux d'entre nous décidèrent de prendre leur douche avant de rentrer chez eux, car ils habitaient plutôt loin. C'était Kato Shigeaki, et Teshi. Le premier se doucha vite et quitta la salle juste après tandis que le deuxième semblait vouloir passer le reste de ses jours sous l'eau chaude... J'étais encore là, dans la salle, à ranger des paroles de chansons, des listes de noms, et des partitions, quand il sortit de la douche. Je ne tournai pas la tête vers lui, espérant lui montrer ainsi que je ne lui portai aucun intérêt particulier, même si mon cœur était follement parti dans une danse rythmée et scandée par de puissants battements lorsque je sentis sa présence à quelques mètres de moi.
Teshi : Bah, ils sont tous partis ?
Je levai les yeux au ciel, laissant tomber sur la table une liasse de feuilles blanches et me tournai vers lui pour répliquer.
Mauvaise idée. Très mauvaise idée.
Il était seulement recouvert de sa serviette, nouée autour de la taille, sa bouteille de shampooing à la main, la peau encore parsemée de gouttelettes translucides. Je sentais d'ici le parfum de son gel douche, odeur que j'affectionnais tout particulièrement puisqu'il était le seul dans le groupe à l'utiliser. Ses cheveux, ébouriffés après avoir été vaguement séchés, lui tombaient devant les yeux mais il ne semblait pas y attacher d'importance. Teshi s'approcha de moi, rangea son shampooing dans son sac qui se trouvait à côté de la table à laquelle j'étais assis, et posa sa main sur mon épaule. Contact en apparence anodin. Mais il ne fallait pas s'y fier. Les battements de mon cœur redoublèrent d'intensité et je sentis le feu monter peu à peu vers mes joues tandis qu'il se mit à me sourire, comme fier de l'effet qu'il me faisait.
Teshi : C'est cool que tu m'aie attendu.
Moi : Te fais pas d'idée, j'étais en train de ranger votre bazar.
Ça allait. J'arrivais à rester normal. Il ne se douterait sûrement de rien.
Alors que je revenais vers ma paperasse, il enleva sa main de mon épaule et planta son index en plein milieu de ma joue, toujours en arborant son merveilleux sourire.
Teshi : Tu dis ça mais je suis sûr que tu m'attendais en fait.
Ça n'allait plus du tout. Ne pouvant me contrôler plus longtemps, je bondis de ma chaise et le saisis par le bras. Emporté dans mon élan, nous tournâmes sur nous même pendant un court instant, jusqu'à ce que j'arrive à le plaquer contre le mur de la salle. De mon autre main, j'attrapai son poignet libre et fixai les deux à hauteur de ses épaules. Son regard avait changé du tout au tout. Il avait été amusé, rieur. Il était devenu apeuré et effrayé. Qu'est-ce que je lui voulais ? Mon cœur et mon corps parlèrent pour moi. Ainsi immobilisé, j'approchai mon visage et appuyai mes lèvres contre les siennes. Je vis ses yeux s'ouvrir encore plus grand et il essaya de m'échapper. Mais il ne pouvait rien faire, j'étais plus fort et plus grand que lui, et mes sentiments étaient impossibles à arrêter. Je pressai d'avantage ses lèvres charnues et douces comme un fin velours, et fermai les yeux, appréciant la pure sensation de sentir mon cœur se réchauffer par ce contact.
Non ! Je devais me reprendre ! Je m'étais juré de ne rien lui révéler ! Comment avais-je pu céder à la tentation, après tant d'années passées à me retenir ? Comment avais-je pu tout briser en cet instant si court ? Je devais le lâcher et me retourner. J'aurai dû renoncer à lui dès le début, ne pas vivre dans l'espoir de voir mes rêves se réaliser. J'aurai dû le fuir dès le commencement.
Mais il y avait un problème de taille.
Je n'arrivais pas à faire bouger mon corps, il ne me répondait plus, comme si satisfaire ce maudit coeur était plus important que tout le reste. Je voulais hurler, crier ma rage et ma frustration d'avoir anéanti ma vie en seulement quelques secondes. Finalement, le pire scénario que j'avais imaginé allais peut-être se réaliser. Je serai obligé de quitter le Japon, et un pays paumé serait le meilleur des refuges. L'Abkhazie, c'était bien. Pas trop de monde, pays seulement reconnu par quatre autres états, aucune chance donc de croiser quelqu'un qui avait entendu parler de moi. Oui, l'Abkhazie était une bonne destination...
Soudain, Teshi rassembla ses forces et me poussa violemment en arrière. Ses yeux étaient sombres et meurtriers, son sourire avait disparu. A la place, un rictus énervé était apparu sur son beau visage. Il se passa les mains sur les lèvres, comme si j'y avais déposé une substance répugnante et me toisa avec sérieux tandis que je me relevai.
Teshi : Nan mais ça va pas la tête ?
Je ne répondis rien. Il n'y avais rien à dire, aucune excuse n'était valable. Furieux, il retourna dans les douches pour s'habiller, et ressortit quelques minutes plus tard, les sourcils froncés, ne m'adressant même pas un regard, pour se diriger vers la porte de la salle de répétition. Elle claqua violemment derrière lui, faisant trembler les fenêtres de la pièce. J'étais seul et déprimé, une profonde lame transperçant mon coeur de part en part, laissant s'écouler un épais torrent de larmes. J'avais envie de pleurer, parce que j'avais mis en colère la seule personne que je voulais voir sourire à chaque instant, et parce que j'avais détruit ma vie en seulement un geste incontrôlé. Je voulais pleurer, et les flammes me brûlaient affreusement les yeux. Sauf que rien ne vint. J'étais si attristé que mon corps ne réagissait plus à rien. J'étais mort, mon âme s'était envolée avec ce brusque retour à la réalité. Tandis que la salle devenait progressivement sombre à mesure que le soleil se couchait, je me laissais partir dans ce monde parallèle où tout est déprime, mort, tristesse, chagrin, trahison, déception, honte et frustration. Tout est trop noir, trop froid, trop mort. Je me laisse tomber à genoux sous le poids de la défaite, prenant mon visage dans mes mains. Enfin, les larmes commencèrent à couler tel un torrent interminable et silencieux, semblable au funeste Styx et à ses âmes à l'abandon... Mes pleurs étaient gris et empoisonnés, salés et brûlants, amères et âcres. J'en avais mal. Mal au coeur, comme si une multitude de lames l'avaient lacéré. Mal aux yeux, comme si de puissantes torchères irritaient mes pupilles. Mal à l'âme, ne voulant pas admettre la fin, ne voulant pas voir la vérité, ce qui s'était passé.
Je me recroquevillai sur moi-même, au milieu de cette salle si sombre, si froide, si noire. Je voulais disparaître de la surface de cette terre, j'aurai voulu n'avoir jamais existé.
Je suis Yamashita Tomohisa, 25 ans, ex-membre et leader de NEWS...
La mort dans l'âme.
La mort dans la peau.
La mort dans le coeur.
Je voudrais disparaître.
Parce que j'aime Tegoshi Yuya.
