Note : Vous en aviez marre de déprimer à cause des sentiments non partagés de ce pauvre Pi ? Vous vouliez de la joie ? Et bien, vous n'en aurez pas. Ou du moins, pas tout de suite ;) ça viendra ne vous inquiétez pas.
Note 2 : Comme vous le remarquerez sûrement, cette deuxième partie est racontée du point de vue de Tegoshi. Mais n'allez surtout pas penser "oh là là ! cette fille ne peut même pas se tenir à un seul personnage pour sa fic ! c'est pas bien !" parce que si vous pensez ça, ben vous serez déçus. En effet, je change de narrateur à quasiment toutes les parties, voire même parfois à tous les chapitres. Ce n'est pas parce que je ne peux me tenir à un seul narrateur, mais simplement pour que l'on puisse découvrir ce que pensent les autres personnages, parce qu'il s'en passe des choses dans leur tête ! Vous aurez donc bien entendu la très grande joie d'apprendre que nous explorons l'esprit de Teshi pour cette partie 2, et que la troisième sera segmentée en un chapitre Pi et un autre Tego (parce que sinon, on avance pas :P)
Note 3 : Pour ceux qui ont eu le courage de lire ma note 2, je les félicite, parce que je n'y raconte rien de bien intéressant... Bref, je vais vous laisser lire, et mettez des reviews s'il vous plait ! Enjoy ;)
Partie 2 : Tegoshi Yuya
Chapitre 3
Yamapi m'avait embrassé.
Et j'avais fui.
J'étais lâche.
Décider de disparaître ainsi pour ne pas avoir à supporter les regards était très lâche. Et immature.
Mais j'étais encore jeune, 22 ans, c'est peu pour pouvoir réagir convenablement, la tête froide.
Je soupirai. Je mettais encore la faute sur mon âge et ma naïveté. Oui, parce que je l'étais, naïf ! Beaucoup trop, d'ailleurs. J'avais trop vite tendance à croire que rien ne changerait, que tout le monde était gentil et le resterait.
Mais Yamapi m'avait embrassé.
Comment aurais-je dû réagir ? Avec un sourire ? Et lui donner ainsi de faux espoirs ?
Bon d'accord, disparaître n'avait pas été une bonne idée, j'aurais pu en parler avec lui, plutôt. Mais voir une personne que l'on admirait et en qui on faisait confiance montrer les sentiments qui l'animaient pour soi, c'était vraiment déstabilisant. J'avais été déçu du geste de Yamapi. Déçu, mais aussi flatté. Extrêmement flatté. Jamais je n'aurais pu penser que quelqu'un éprouverait des sentiments aussi forts pour moi, alors que j'étais essentiellement fait de défauts.
Où j'étais en ce moment même ?
Là, tout près.
Ils pensaient que j'étais parti loin, que j'avais quitté Tokyo, non ? Ils se trompaient, je ne faisais que les surveiller. Encore un caprice d'enfant empereur, bien sûr... Mais j'aimerais que vous ne leur disiez rien. Je n'avais pas encore vu ce que je cherchais.
Qu'est-ce que je cherchais ? Je ne savais pas exactement moi-même, j'avais plutôt agit sous la pression d'une sorte de pulsion que je ne comprenais pas bien.
J'étais naïf. Mais j'avais l'impression que mon cœur ne l'était pas autant que moi. Il avait comprit quelque chose, et il voulait que je les surveille... Allez savoir pourquoi.
En ce moment, j'étais assit dans un petit restaurant dont la façade était une grande baie-vitrée qui donnait sur la Johnny's Entertainment. Je pouvais ainsi vérifier les entrées et sorties de l'agence.
-Qu'est-ce que je vous sers ?
Je me retournai vers l'homme qui venait de me parler. Il était jeune, et avait un physique plutôt avantageux. S'il avait déposé sa candidature, il aurait pu devenir un Johnnys. Je réfléchi un instant à sa demande en fixant les grandes dalles grises de la boutique, puis répondis en levant les yeux vers lui.
-Un café au lait s'il vous plait.
Il acquiesça d'un signe de tête professionnel puis se retourna et se dirigea vers le comptoir, sortant de la poche de son tablier un carnet de notes pour y écrire ma commande. Il ne m'avait pas reconnu, et j'en étais heureux. J'avais disparu aux yeux des autres, alors je ne devais pas prendre le risque d'attirer les foules. Et pour que je reste incognito, je m'étais habillé très simplement, seulement d'un t-shirt blanc et d'un jean. J'avais enfilé une perruque aussi, dont les longs cheveux synthétiques noirs parsemés de mèches blondes me tombaient devant les yeux, chatouillant le bout de mon nez. Je portais aussi une casquette aux couleurs passées depuis longtemps, usée par endroits, ainsi que d'une paire de lunettes de soleil d'occasion, que j'avais remonté sur la visière de ma coiffe.
Le serveur m'apporta ce que j'avais commandé quelques minutes plus tard, accompagnant la tasse d'un petit assortiment de gâteaux. Il déposa le tout sur la table, s'inclina et repartit, en silence. Je fusillai les pâtisseries du regard. Je ne devais pas céder. Je ne devais pas céder. Je ne devais pas céder.
Les hommes n'aiment pas le sucré, ne mange pas ça ! C'est du poison, ne mange pas !
J'essayais de me convaincre de ne pas toucher à ces adorables amuses-gueules. La seule vraie raison était que je m'étais récemment blessé au pied lors d'un concert et que je n'avais pas fait de sport depuis des lustres.
Et j'avais pris du poids. Si je mangeais ça... Les membres allaient finir par remarquer ma légère perte de ligne.
C'était vraiment trop tentant ! En plus d'être beaux, ces gâteaux avaient tout simplement l'air succulents ! Quelle torture !
Je devais boire une gorgée de café pour oublier. C'était le mieux que je puisse faire.
Trop tard. Au lieu de saisir la tasse, je venais d'engouffrer l'une des pâtisseries. Excellent. C'était vraiment trop bon. M'extasiant sur ce goût inhabituel, je fermai les yeux, oubliant un instant ce pourquoi je me trouvais dans ce restaurant.
Ah ! Mon dieu ! Qu'est-ce que j'aimais ça, les gâteaux !
Comme pour me rappeler à la réalité, mon téléphone portable se mit à vibrer. Je le sortis vivement de ma poche, me hâtant d'avaler ma bouchée de pâte et de sucre, et vérifiait le nom de celui qui m'appelait.
Numéro inconnu.
Il n'était pas masqué. Seulement inconnu.
Je pris la communication, m'apprêtant déjà à devoir modifier ma voix.
-Allô ?
La voix de l'appelant me semblait inconnue. C'était un timbre plutôt grave, donc sûrement un homme, et originaire d'Osaka, si j'en croyais son accent.
-Oui ? Qui est à l'appareil ?
J'entendis un brusque grésillement, et plusieurs voix que je n'identifiai pas. Que se passait-il de l'autre côté ? L'homme reprit le combiné.
-Excusez-moi, ça ne capte pas très bien.
-Il n'y a pas de mal. Mais je peux savoir qui vous êtes ?
-Euh... Oui... Je m'appelle Takada Ryutaro, je travaille dans une entreprise qui crée des motifs pour certains vêtements taillés sur mesure... Si j'en crois le registre, vous avez déjà commandé à l'entreprise mère par le passé.
-Peut-être... Quel est le nom de cette entreprise ?
-Ah. Oui, euh... C'est, euh... Kurokin Design.
Kurokin Design ? Jamais entendu parler. Le gars à l'appareil semblait extrêmement nerveux, était-ce un canular ? Une escroquerie ? On essayait de me faire acheter quelque chose ?
-Je ne m'en souviens pas.
-Dans ce cas... Pourrait-on se voir ? Pour vérifier votre numéro ainsi que le registre ? Où êtes vous en ce moment ?
-Euh... Shibuya.
J'avais répondu naturellement, mon interlocuteur ne semblant pas avoir reconnu ma voix. Et puis je voulais être sûr de ce que je risquais, de ce qu'il voulait, et m'assurer qu'on ne m'embêterait plus avec ça.
Dans le combiné, j'entendis ces mêmes grésillements, et encore des voix. Ils étaient plusieurs. Ses amis peut-être ? Ou son entreprise ? Je sentis de l'autre côté que le téléphone changeait de main tandis qu'on remerciait chaleureusement quelqu'un. La voix que j'entendis ensuite me raidit brusquement, hérissant chacun de mes poils et de mes cheveux.
-Grillé.
C'était Massu. Je compris alors toute la mise en scène. Ça sentait un plan made in Shige, ça. Il était le seul à réussir à me surprendre autant. Ce type était épatant.
-On vient te chercher, Tego.
-Mais je veux pas vous voir, moi !
-C'est pas très sympa, ça. On est tes amis, non ?
-Oui mais je ne veux pas !
-Arrête tes caprices, merde ! C'est sérieux cette histoire !
-Yamapi est avec vous ?
-Non, il déprime trop. Tu le verrais, je suis sûr que tu lui pardonnerais tout. Je l'ai jamais vu dans un état pareil.
-Quel genre ?
-Genre, t'as déjà vu Pi pleurer ? Pour de vrai je veux dire.
-Pas que je sache.
-Là, ça n'arrête pas. Kei-chan est resté avec lui pour le consoler mais je suis certain que ça ne sert pas à grand-chose. Il s'en veut trop.
Tout ça prenait trop d'ampleur. Je n'ai pas demandé à ce qu'on m'aime ! Et encore moins par un membre du groupe !
Je passai la main dans mes faux cheveux.
-Massu, je peux te demander une faveur ?
-Quoi donc ?
-J'aimerais que tu ne dises pas à Yamapi que tu sais où je suis.
-Mais c'est salaud, ça !
-S'il te plait. Comprends moi. Je dois vérifier quelque chose avant de revenir.
-Ça prendra combien de temps, ta comédie ?
-Je ne sais pas. Ça dépendra de vous cinq, et surtout de Yamapi.
-Tu sais que t'es vraiment démoniaque quand tu le veux ? Tu veux faire mourir Pi de chagrin, c'est ça ? Il est bien partit pour se vider de toute son eau avant la fin de la journée, là.
-Bon, alors dis lui que je vais bien mais que j'ai besoin de réfléchir.
-Je lui dis que t'es à Tokyo ?
-Non, surtout pas. Il va me chercher sinon.
-Ok, on fait comme ça. Mais tu ne perds rien pour attendre. Ah ! N'oublie pas le Countdown ! Ja ne !
Il raccrocha, me laissant seul avec mes pensées et mes plans improvisés.
Mais je cherchais quoi, bon sang ? Qu'est-ce que je voulais voir ? Que voulais-je de Yamapi ? Que voulais-je du groupe ?
Rien. Je ne savais pas.
Je suis Tegoshi Yuya, 22 ans, membre de NEWS...
Je doute.
Parce que Yamashita Tomohisa est amoureux de moi.
PS : J'espère que vous aurez aimé cette partie Tego. J'ai essayé de rendre son esprit plus léger et enfantin que celui de Yamapi, mais je ne sais pas si ça a bien fonctionné...
