Note : Juste pour dire à ceux et surtout celles qui me lisent de ne pas passer une fois par semaine, sinon vous risqueriez de trouver une fic complète... J'écris assez vite en fait, parfois trop, donc je poste vite. De votre côté, passez vite alors !
Note 2 : Je suppose que vous aurez remarqué la très grande inutilité de ma note 1... Aussi je ne vais pas vous embêter plus longtemps.
Partie 2 : Tegoshi Yuya
Chapitre 4
J'avais compris. J'avais enfin compris ce que je cherchais.
C'était juste là, sous mon nez, et je ne l'avais pas vu...
La vérité, c'était que je m'ennuyais beaucoup trop ces derniers temps. Entre les répétitions, bien sûr. Et pour m'occuper, j'avais pondu cette idée de recherche. Je sais, c'était vraiment nul. Mais chercher quoi ? Il n'y avait rien à chercher !
Baka ! Tu le sais pourtant !
Oui je le savais... Mais c'était embarrassant rien que d'y penser.
La vérité, la véritable vérité, c'était que j'admirais Yamapi depuis que j'avais intégré le groupe. J'avais une chance formidable d'avoir été choisi pour l'accompagner. Il était surprenant, doué, et aimé. Tout ça semblait impossible pour moi à cette époque là.
Mais ce que j'éprouvais pour lui étaient des sentiments un peu étranges. Il m'arrivait parfois d'avoir le désir de le prendre contre moi, et de plonger mon visage au creux de ces bras. A d'autres moments, je ne le voyais que comme un simple ami. J'avais d'ailleurs longtemps espéré être une personne de confiance pour lui. Est-ce que j'avais atteint ce but ?
Et donc, ces recherches étaient faîtes pour que je sache si je l'aimais ou pas. Yamapi. J'entends par « aimer » le sens de l'amour profond et passionné qu'entretiennent en général un homme et une femme. Sauf que là, nous étions deux hommes. Peut-être allais-je découvrir que j'étais gay, en fin de compte.
Et alors ? Ce n'est pas une tare, non ? L'amour est le plus beau sentiment qui puisse exister en ce monde, peut importe vers qui il est dirigé. Je ne veux pas mourir naïf, je veux connaître l'amour pur et passionné. Je veux sentir cette flamme en moi, ce désir, cette jouissance aussi. Je veux sentir les mains de mon amour sur mon corps, je veux pouvoir toucher ses lèvres et les embrasser. Je veux aimer !
La nuit était déjà noire et froide alors que je me dirigeai vers un hôtel pour aller me reposer. Je suivis de mes yeux émerveillés un couple de fiancés heureux, qui se tenaient par la main. Je les enviai. Mes mains et mon cœur étaient froids. Mais l'amour était chaud, brûlant. Vous allez sûrement penser « ce petit est amoureux, ça ne fait aucun doute ! », mais je n'en suis pas si sûr. Lorsqu'on aime une personne, on la voit dans ses rêves, on la désire, on souhaite la regarder, lui parler, la toucher.
Moi, je ne savais pas où j'en étais. C'était comme si je me trouvais dans un immense désert glacé avec deux panneaux devant moi, indiquant des lieux opposés. Celui de gauche montrait « amitié », tandis que celui de droite pointait « amour ». J'avais l'impression que le premier sous-entendait un retour en arrière, une régression dans mes sentiments, la lâcheté... Que pouvais-je comprendre à ça, moi qui étais si naïf ?
Alors que je marchais, lentement, dans les rues animées de Shibuya, je vis une silhouette chancelante que je ne connaissais que trop bien entrer dans un bar poussiéreux situé en contre-bas dans une ruelle. Instinctivement, je la suivis, et pénétrai moi aussi dans ce lieu enfumé où régnait une immonde odeur de vinasse, de tabac, et de défaite. Mal famé, comme bar... Les épaisses volutes de fumée de cigarette qui rendaient l'air opaque et lourd engloutit celui que je suivais. J'accélérai le pas, ne voulant pas rester seul, alors que j'étais encore un jeune Johnnys sans expérience. L'homme s'assit au comptoir et commanda un alcool fort, que le barman lui servit sans un sourire, le dévisageant avec insistance. Je m'installai sur le tabouret se trouvant sur sa gauche, et commandait une boisson un peu plus raisonnable. Celui qui était assit à côté de moi semblait avoir passé une bien trop longue soirée dans les bars de Shibuya. Il sentait l'alcool et il avait le regard lourd et vitreux.
Il me fit pitié. Comment le grand Yamashita Tomohisa pouvait-il se rabaisser à tel comportement ? Pourquoi Yamapi avait-il bu autant ? Pour oublier ? Mais pour oublier quoi ? Ses malheurs ? Pour m'oublier, moi ?
Alors que je ne faisais que l'observer, mon cerveau imagina seul un plan étrange auquel je ne vis aucun avenir. Il contrôla ensuite mes gestes et ma voix, sans que je puisse l'arrêter. Ma main se leva vers l'épaule du pauvre Yamapi, et lui fit remarquer ma présence. Celui-ci se tourna vers moi et, les épaules voûtées, me dévisagea quelques instants. Ses yeux s'attardèrent sur mes lèvres ainsi que sur les trois grains de beauté sur ma joue gauche, chose que je n'avais pu faire disparaître. Il se retourna ensuite vers son verre à peine entamé et voulu poser son coude sur le comptoir, manquant de peu de le poser dans le vide. Il essaya de prendre un air détaché et la voix qui sortit de sa bouche était pâteuse et désordonnée.
-Q-Qu'est-ch'que vous m'voulez ?
-Je vous ai prit pour quelqu'un d'autre, veuillez m'excuser.
Je faillis éclater de rire après mes propres mots. Comment pouvait-on confondre le célèbre Yamapi avec quelqu'un d'autre ? Celui-ci m'observa de nouveau, à travers un fin rideau de cheveux châtains qui lui tombaient devant les yeux.
-V-Vous z'aussi. 'z'avez un vizage qui m'rapelle que'qu'un...
-Qui donc ?
-Un ami. T-Tegoshi Yu-Yuya...
-Ah, je crois voir de qui il s'agit.
Pfff... N'importe quoi ! C'est moi, idiot !
Mais comme si cela ne suffisait pas, Yamapi se retourna d'avantage vers moi.
-Z'm'appelle Y-Yamasshita T-Tomohisa.
-Takano Yuya.
J'avais menti sur mon propre nom, bien sûr. Mais, allez savoir pourquoi, je ne pus me résoudre à modifier mon prénom. Mon ami prit alors un regard un peu plus sévère, lorgnant toujours sur mes lèvres avec une étonnante avidité, mes yeux étant en grande partie camouflés par les mèches de ma perruque. Ses pupilles posés ainsi sur moi me rendirent peu à peu plus nerveux, mais lui continua la conversation.
-Z'avez le même prénom que ce crétin de T-Teshi...
-Vous ne l'aimez pas ?
Pourquoi poser pareille question ? Il m'avait embrassé, il avait pleuré toute la journée, et il m'avait appelé Teshi, surnom seulement utilisé par ma famille proche et mes meilleurs amis, une marque de grande affection, en quelque sorte.
-S-Si. Beaucoup trop, en fait...
-Serait-ce un sentiment amoureux ?
-Oui. Z-Z'en suis sûr...
Impressionnant. Yamapi bourré était une véritable passoire à secrets. Il me racontait tout. Sans se préoccuper de qui il était ni des conséquences de ses paroles si son interlocuteur avait été une autre personne.
-Z-Ze l'ai embrassé.
-Eh ? Sur la bouche ?
-Vi... Et pis il m'a repoussé et il est partit... Et maintenant il a disparu... Ah! Qu'est-ch'que z'm'en veux ! Pourquoi z'ai fait ça ?
-Il reviendra certainement, ne vous en faites pas. Si vous êtes amis, il comprendra et reviendra.
-Vous z'en êtes sûr ?
Ses yeux à ce moment étaient emplis d'une profonde tristesse. Il regrettait amèrement son geste, et ça se voyait. Massu avait raison. Le voir dans cet état me noua l'estomac et je résistai pour ne pas le prendre dans mes bras et m'excuser d'avoir agit aussi durement. Non, je devais résister.
Mais le laisser dans cet état était impossible pour moi. La vision d'un Yamapi aussi misérable me donnait l'envie de pleurer. Je ne voulais pas qu'il soit malheureux à cause de moi, à cause de ma naïveté, à cause de mes défauts. Mais, tandis que je répondais à sa dernière question avec un hochement de tête que je voulus sûr et décidé, je sentis une larme perler au coin de mon œil droit.
C'est alors qu'elle vint, cette sensation toute nouvelle. J'en avais souvent entendu parler, mais je ne l'avais jamais vraiment vécu. Elle me vrilla l'estomac, et entama comme une symphonie. Mon cœur commença à battre plus fort, comme s'il marquait les temps, tandis que ma respiration se fit légèrement saccadée, semblable à une mélodie pesante et sourde, allant et venant, incessamment, et un feu se mit à monter vers mes joues.
Je le sentis en moi. Non. Plusieurs choses en fait. Je voulais vraiment prendre Yamapi dans mes bras, pour le réconforter. Je voulais le toucher, et lui parler en tant que Teshi. Et surtout, surtout... Je voulais...
J'avais enfin tout compris. J'étais moins naïf que la veille.
Je l'aimais. Yamapi. J'aimais Yamashita Tomohisa tel qu'il était en ce moment mais aussi avant et ce qu'il serait après. Chaque cellule de mon corps l'aimait. Mon cœur battait pour lui. Mes poumons se remplissaient d'air pour lui. Mes joues brûlaient pour lui.
Cette fois-ci, je contrôlai parfaitement mes gestes et mes pensées. Je le pris par l'épaule alors qu'il fixait sans le voir son quatrième verre, et le tournai vers moi. Il se laissa faire, très docile, et ses yeux se posèrent de nouveau sur mon visage. Ils semblèrent s'y accrocher, comme si un étrange désir de le goûter s'emparait de lui. Je n'y fis plus attention et m'approchai. Je n'avais pas peur, je savais ce que je voulais. Aller lentement était inutile. Prenant son visage moite dans mes mains, je le dirigeai vers moi tandis qu'il commençait à tourner de l'œil, et posai mes lèvres sur les siennes. Elles étaient souples, douces et leur rondeur était agréable au toucher. Je fermai les yeux et profitai de cet instant tandis qu'il répondit, sûrement sans trop le savoir. Sa langue vint titiller mes commissures et je lui laissai alors la voie libre jusqu'à son homologue. Instinctivement, je donnai de brefs coups de mâchoire, cherchant à rendre ce baiser plus excitant qu'un simple contact. Ses bras se resserrèrent autour de moi, se posant l'une sur mon dos et l'autre sur mes fesses.
Peut-être devrais-je arrêter là ma comédie enfantine... Mais je ne le voulais pas.
Je fis presque de même avec lui, passant plutôt mes mains sous son t-shirt noir pour toucher sa peau douce. Les courbes de ses muscles étaient belles sous mes doigts.
Soudain, comme piqué par un quelconque insecte, Yamapi se leva brusquement de son tabouret et sépara ses lèvres des miennes qui n'étaient pas encore satisfaites. Ne cherchant pas à se débarrasser de mes mains sur son torse, il me désigna le verre que j'avais commandé à mon arrivée et auquel je n'avais pas touché.
-Bois donc z'un verre, mon ami !
J'eus peur un instant, mais il était toujours bel et bien bourré. Je souris, cherchant sûrement à avoir l'air confiant en mes compétences très peu fiables et saisis le verre qui contenait une substance qui devait être une sorte de saké. Je le vidai cul sec puis le reposai en le faisant claquer sur le comptoir avant de me tourner de nouveau vers celui que j'aimais. Il replongea aussitôt vers mes lèvres tandis que je perdis toute notion de ce qui se passa ensuite, déjà sous l'effet de cette boisson louche.
PS : J'espère que ça vous aura plus, malgré le fait que Yamapi parle vraiment bizarrement quand il est bourré (j'espère aussi que ça ne vous aura pas empêché de comprendre ce qu'il disait...)
