Note : Un chapitre bien plus court que le précédent ! Mais la suite arrivera normalement assez vite. D'ailleurs, ce sera la première partie de ma fic' à comporter plus de deux chapitres.
Partie 7 : Tegoshi Yuya II
Chapitre 13
Une douleur atroce à la tête.
Le noir devant mes yeux clos.
Une sensation désagréable dans tout mon corps.
Mon cœur marqua plusieurs battements plus forts qui me firent mal.
Je n'osai pas bouger, de peur de découvrir de nouvelles douleurs à la moindre contraction d'un muscle, au moindre mouvement. Mais j'avais déjà mal ! Et quelle douleur !
Je sentis que mon visage ne touchait plus le sol froid et inconfortable sur lequel il était tombé. Au contraire, la pression se faisait sur l'arrière de ma tête, le long de mon dos, mes épaules, mes reins et mes jambes. J'étais allongé ? Une lumière filtra à travers mes paupières fermées et ma vue devint couleur chair. Elle me faisait mal aux yeux.
J'essayai finalement de bouger un doigt, l'index de la main droite, pour voir ce qui allait se passer. J'avais peur de faire une mauvaise découverte. Mais quelle découverte ? Je ne savais pas où j'étais, je ne me souvenais pas de ce qu'il s'était passé, ni pourquoi je me réveillais allongé sur le dos. J'avais dormi ? Alors pourquoi avais-je mal ? Mon doigt resta immobile, je n'étais peut-être pas encore assez réveillé.
J'entendis des voix non loin de moi, plusieurs timbres que je ne connaissais pas. Qui étaient ces gens ? J'avais peur. Où étais-je ? Et pourquoi avais-je froid ? Et pourquoi avais-je mal ? Cette douleur lancinante dans mon crâne était insupportable. C'est alors que je les sentis. J'avais des pansements à la commissure droite de mes lèvres, ainsi qu'à l'un de mes sourcils. J'avais saigné... Je m'étais battu ? Impossible de m'en souvenir, la douleur était bien trop forte. La seule chose qui ne me faisais pas souffrir était d'écouter ces voix. Peut-être allais-je savoir ce qu'il se passait.
-Et ça fait combien de temps qu'il est inconscient, maintenant ? demanda l'un d'eux, plutôt vieux à en croire son timbre.
-Presque deux jours, répondit un autre avec une voix plus grave.
-Vous pensez qu'il va finir par se réveiller ? questionna un troisième, très inquiet.
-T'inquiète, il est résistant le petit, voulu plaisanter un quatrième avec une voix un peu tremblante.
-Ouais, mais c'est de ma faute, quand même...
-Normalement, reprit le premier, d'après ce que vous m'avez rapporté, il ne devrait plus trop tarder à reprendre connaissance. Je vais vous laisser le surveiller, prévenez moi s'il y a quoi que ce soit.
-Merci, docteur.
Docteur ? Mais j'étais où, bon sang ? A l'hôpital ? A cause de la douleur ? Qu'est-ce qu'il m'arrivait ? Qu'est-ce qu'il s'était passé ?
Je tentais de bouger de nouveau, et ma main gauche frémit. Je remarquai alors que quelqu'un me la tenait fermement. C'était une poigne douce et chaude, aimante et rassurante. Une main que je ne connaissais pas. A mon frémissement, la personne qui était à mon chevet sursauta, et commença à parler vite et fort, réveillant la douleur dans mon crâne.
-Il a bougé !
-T'en est sûr, Pi ?
-Certain !
Je fronçai les sourcils, m'apprêtant à ouvrir les yeux, et à me cramer les pupilles par la même occasion tellement la lumière était forte. Je fis une grimace lorsqu'elle perça à travers mes paupières entrouvertes, puis cillai pendant un moment. Lorsque je me fus habitué à la forte luminosité, je remarquai le regard surpris et soulagé de cinq jeunes hommes sur moi. Que me voulaient-ils ? Je tentai de me redresser, récupérant au passage ma main qui fila facilement entre les doigts qui la tenaient et pris mon visage dans mes mains. A part les pansements et quelques douleurs, rien d'inhabituel. Je me tournai ensuite vers eux, espérant obtenir les réponses à mes questions. L'un d'entre eux, avec les cheveux assez longs pour qu'ils lui tombent devant les yeux, s'approcha de moi avec un regard inquiet. Je plissai légèrement les yeux, prudent, mais me laissai faire.
-Est-ce que ça va ? Tu as mal quelque part ?
-Je pense que ça devrait aller, si j'arrive à oublier mon mal de tête.
-Vraiment vraiment navré pour ça, fit un autre avec ses cheveux noirs dressés sur sa tête.
-Tu es resté inconscient quasiment deux jours ! s'exclama le plus grand d'entre eux. On a vraiment eu peur, tu sais.
Je ne répondis pas. Passant pensivement ma langue sur mes lèvres. Ces types me connaissaient. Alors pourquoi je ne me rappelais pas d'eux ? Aucun des cinq assis devant moi ne raviva de souvenirs en moi. C'était comme si mon passé avant mon réveil était noir. Il n'y avait rien, pas de lumière, pas d'odeur, pas de sons. Rien. Le néant absolu.
Les fixant les uns après les autres, j'inspirai doucement, tentant de mettre des noms sur leur visage. Mais rien ne vint. Je me tortillai alors sur le lit d'hôpital sur lequel j'étais assis.
-Dîtes, commençai-je, la voix faible.
-Oui ? répondit celui avec les cheveux trop longs.
-Je suis qui ?
Ils ouvrirent tous de grands yeux effarés, comme choqués par ma question. Oui, qui étais-je ? Celui qui m'avait tenu la main sembla sur le point de fondre en larmes tandis que les autres restaient bouche bée, sûrement en train de penser que je plaisantais. C'était frustrant de ne pas se souvenir. C'était si frustrant que j'avais envie de hurler, de me frapper la tête jusqu'à ce que ma mémoire revienne. L'un des cinq, sûrement le plus courageux, se leva et quitta la salle en courant, annonçant précipitamment qu'il ramenait un médecin. L'attristé se tourna vers le plus grand et se mit à sangloter sans retenue sur son épaule, serrant le t-shirt de son ami dans ses poings qui lui caressa le dos pour le réconforter. Mon estomac se noua à ce moment là, sans que je sache pourquoi, et mon cœur s'accéléra.
Le courageux revint quelques minutes plus tard avec un médecin qui s'avança vers moi, alerté. Il me saisit le poignet et prit mon pouls. Je me laissai entièrement faire, ne sachant pas quoi dire de toute façon. Il vérifia ensuite mes pupilles et prit un air sérieux et professionnel.
-Tu te rappelles de quelque chose ?
-Une seule. Mon nom.
-Dis-le, s'il te plait.
-Tegoshi Yuya.
-C'est ça. Rien d'autre ?
-Rien, c'est le noir complet.
Le médecin, un air embêté et navré sur le visage, se retourna vers les cinq autres, assis, qui avaient tous des attitudes différentes. L'attristé pleurait toujours pendant que le grand lui massait le dos. Le courageux était silencieux, aussi impassible que choqué. Celui avec les cheveux longs ne me quittait pas des yeux, comme s'il cherchait à m'envoyer des souvenirs par la pensée, tandis que le dernier se morfondait en fixant ses mains croisées sur ses cuisses.
-Vraiment navré, continua le médecin à leur intention, mais on ne peut rien faire. Il faut attendre.
-Et vous pensez qu'on a le temps pour ça ? s'exclama l'attristé avec colère, son visage ruisselant de larmes.
-Vous pouvez toujours essayer de tester sa mémoire, en retraçant des périodes marquantes de sa vie, ça peut l'aider à se souvenir.
Après ces mots, il quitta la chambre, décrétant qu'il avait du travail. L'autre était toujours debout, pleurant en silence, la tête baissée. Mon estomac se noua à nouveau, et plus fort cette fois. Mon corps réagit alors instinctivement et je quittai subitement mon lit pour me diriger vers lui. Les quatre autres me suivirent des yeux sans un mot, alors que je le prenais contre moi, appuyant ma tête encore douloureuse sur son torse secoué par les pleurs. Ses bras se refermèrent sur moi, et il me serra contre son cœur apparemment souffrant.
-Tu ne te souviens vraiment de rien ? chuchota t-il.
-Je suis désolé.
-Dans ce cas, ajouta le grand, arrêtons de nous morfondre et essayons de te faire te souvenir d'un maximum de choses !
-C'est vrai, reprit celui qui m'avait longuement fixé. Soyons positif ! Il a reprit connaissance, non ?
-Commençons par le début, continua le précédent tandis que l'attristé relâchait son étreinte pour se rassoir. Faisons donc les présentations, ce sera plus facile pour la suite. Je m'appelle Koyama Keiichiro.
-Masuda Takahisa, ajouta celui qui me regardait toujours.
-Kato Shigeaki, fit celui qui se morfondait.
-Nishikido Ryo, continua le courageux.
-Yamashita Tomohisa, termina celui qui se trouvait près de moi.
-Est-ce que je peux vous donner des surnoms ou vous appeler par vos prénoms ? Si je ne me trompe pas, nous étions plutôt proches, non ?
-Oui, très proches, acquiesça Yamashita.
-Alors ça sera Kei, énumérai-je en me tournant à chaque fois vers l'intéressé, Ma...ssu ?
-C'est parfait.
-Pour toi... Aki ?
-Shige, c'est mieux, me reprit l'intéressé avec un sourire penaud et un coup d'œil discret au précédent.
-Alors va pour Shige. Ensuite... Ryo ?
-Ça me va.
-Et pour toi, terminai-je en me tournant vers le dernier, réfléchissant sur le nom et ses sonorités. Ya...
Rien ne vint. C'était plus difficile pour lui. Pourquoi ? Ça faisait appel à mes souvenirs ? Je fronçai les sourcils, fermant les yeux en réfléchissant d'avantage. Mon crâne me fit de nouveau souffrir. Ah ! C'était dur ! Pourquoi n'arrivais-je donc pas à lui trouver un surnom ? Ma gorge se noua. C'était tellement frustrant. Mais je cherchai toujours, bien décidé à retrouver mes souvenirs, et avant tout, un surnom pour ce jeune homme.
-Yama... hésitai-je. Yama, Yama, Yama... Yama-chan ? Non.
-C'est pas grave, dit l'intéressé avec une voix faible, ça me va.
-Mais à moi non, le repris-je. Yama, Yamashita...
Je baissai de nouveau la tête. Mais qu'est-ce que c'était difficile ! J'ouvris les yeux, et aperçu mon jean sombre et mon t-shirt, d'un rose pâle. Rose... Quelle couleur étrange pour un homme...
Je relevai brutalement les yeux, un élancement me prenant à la tête, et hurlai à moitié.
-Je sais ! Yamapi ! Ça sera Yamapi !
-Eh ?
-Attends, tu viens de trouver ça maintenant ? me demanda Kei.
-Ben oui... pourquoi ?
-C'est comme ça que tout le monde m'appelle ! Mais y a aussi-
-Tais-toi, n'en dis pas plus ! Il faut qu'il trouve tout seul.
-Gomen.
-L'autre, reprit-je, c'est Pi ?
-Eh ? Tu t'en souviens ?
-Pas vraiment, c'est plutôt comme une intuition, en fait.
-Et ben, fit Massu, espérons que tu en auras souvent, des intuitions.
-J'espère aussi, avouai-je.
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