Plusieurs petites choses, d'une je n'ai pas beaucoup de temps. J'ai réussie à tenir mon délais, j'ai lutté, mais c'est là, j'espère que vous aimerez –apparemment, ce n'est pas aussi mauvais que ce que je pensais. Merci au reviewers, à ceux qui on mise cette en fic en favorite ou en alerte, c'est pour moi, une petite fierté personnelle.
Le titre risque d'être changé la semaine prochaine, il ne me plait pas.
Une fois de plus, je ne peux pas vous garantir que je tiendrai le prochain délai, j'ai une masse de devoir en retard considérable. Mais je vais faire ce que je peux, promis –j'ai déjà le chapitre en tête.
Merci infiniment de me lire. Merci infiniment à ma bêta –et son code couleur qui me sauve la vie^^.
Lyzabeth
Gentille Fille
Chapitre 4 : Fatigue et Conspiration… Ou pas
Fatiguée, Hermione se laissa tomber sur le banc. Elle posa ses coudes sur la table, se frayant un chemin entre d'autres coudes, des couverts et des plats pour l'instant, encore vides. On était jeudi. En une semaine, le temps s'était considérablement rafraîchit et s'habillait de plus en plus souvent de gros nuages gris qui assombrissait et le paysage et l'humeur ambiante de l'école.
En fait, Hermione était un peu plus que simplement « fatiguée ». Elle était plus vers le terme « éreintée ». Le manque de sommeil, les dépenses physiques et intellectuelles de sa semaine surchargée, et le fait qu'elle n'avait plus adressé à ses amis une seule parole depuis ben…. Une semaine justement. Ces évènements enchaînés sur quelques jours ne lui laissaient aucun repos. Au point où elle en était, elle pouvait simplement remercier- voir louer- sa volonté de fer, mais aussi la présence de Ginny et Luna. Un peu Neville aussi, à son grand étonnement. Ces trois là étaient géniaux. Même si elle avait encore du mal avec Luna et son irrationalité parfois trop… Rationnelle. En apprenant- ou assistant- aux conflits qui avaient temporairement fissuré le « trio d'or », ils avaient tenté de réparer les dégâts. Puis avaient abandonnés en constatant que les deux camps opposés n'avaient aucune intention de reculer. Finalement, comme la majorité des gryffondors suivait presque aveuglément Harry-et donc Ron- et rejetait en bloc Hermione et ces sermons, eux trois avaient décidé d'épauler leur amie. Même s'ils n'étaient pas tous du même avis. D'abord Neville, qui gardait une rancœur plutôt coriace pour Malefoy. S'il était disposé à le laisser en paix, pour se concentrer sur « autre chose », il avait cependant clairement affirmé qu'il ne ferait jamais confiance à un Malefoy. Venait ensuite Ginny. Elle aimait sincèrement Hermione. Presque comme une sœur. Celle-ci l'avait aidé dans ses études, tout comme elle l'avait parfois couverte pour quelques infractions mineures au règlement. Et puis, elle était toujours partante pour tenir tête à son « abruti de frère » comme elle le nommait parfois elle-même. Ginny n'aimait pas particulièrement Malefoy. Histoire familiale obligeait. Cependant, si durant une longue période elle en avait énormément voulu à tous ceux qui arboraient ce nom, notamment à cause d'un journal qui avait failli la tuer à sa première année, aidée par les conversations avec Hermione, elle avait grandit. Mûrit plutôt. Elle avait compris qu'une famille ne faisait pas un individu. Même si –et il ne fallait pas se voiler la face- elle y aidait fortement. On changeait, on pouvait changer, et rien que ce fait suffisait pour introduire dans son jugement sur une personne une part de doute. Pour résumer : Ginny n'aimait pas particulièrement les serpentards, ni les Malefoy. Mais elle avait réalisé qu'elle n'en connaissait aucun réellement. Ainsi même si elle se rangeait du côté d'Hermione, elle ne pouvait s'empêcher de garder un soupçon envers les serpentards –Malefoy en particulier –déformation familiale, ça laisse des traces… Et puis Luna. Elle avait tout appris par rumeur et était venue simplement demander confirmation à Hermione en personne. Elle s'en fichait un peu. Mais voulait partager avec Hermione son hypothèse comme quoi Malefoy devait sûrement se faire vampiriser par les terribles Limaces à 4 dents. Inconnues de la plupart des gens, ces limaces super-intelligentes suçaient le sang de leur victime en petites quantités –pour en garder plus longtemps- mais les toxines qu'elles injectaient pendant la morsure rendaient la victime douce comme un agneau.
Hermione avait écouté la théorie sans rire. Elle y avait longuement songé. Elle voulait tellement trouver une réponse à l'énigme Malefoy qu'elle était prête à tout croire. Elle avait fait des recherches à la bibliothèque- n'avait rien trouvé. Et puis le soir, elle s'était couchée, et juste avant de s'endormir, un souvenir qu'elle avait tenté d'oublier de toutes ses forces était remonté. La sensation de ses lèvres sur les siennes. Elle ne l'avait pas rêvé ce baiser. Elle l'avait rejeté dans un coin de son cerveau. Elle n'avait pas non plus rêvé la fierté et l'orgueil de son regard. Non, il n'y avait pas de limace dans l'histoire. Elle était passée à autre chose. Luna n'avait plus rien dit à ce sujet. Mais elle était restée.
Son ventre gargouilla d'une force qui la fit rougir. Elle baissa la tête dans ses bras pour masquer son embarras. Mais une main potelée s'abattit sur son épaule. Elle se redressa dans un sursaut, prête à massacrer celui ou celle qui avait ruiné son mouvement de retrait d'une discrétion quasi-parfaite. Le poids disparu de son épaule mais elle ressentit une présence s'assoir à côté d'elle. Elle devina plus qu'elle ne vit qu'il s'agissait de Neville. Elle était trop fatiguée et il était trop près pour qu'elle puisse clairement voir quelque chose. Avant qu'elle n'ait pu dire quelque chose, une autre personne prit place à l'autre côté d'elle. Elle devina à la voix cette fois-ci :
-Salut Hermione ! Bonne journée ?
-Hein, ah…. Salut Ginny. Oui, oui, bonne journée et toi ?
-Plutôt bien. Dis, tu pourrais m'aider à réviser ?
-Oui oui, bien sûre !
-Ok, Alors je passe chez toi ce soir !
-Ah… Euh, non désolée Ginny, je ne peux pas ce soir. Samedi, ça te va ?
-Oui, mais… Dis, pourquoi tu ne peux pas ?
Hermione n'aimait pas vraiment le ton sucré que venait de prendre Ginny pour tenter de lui extorquer des informations. Elle ressemblait à un chat tendant un morceau de fromage à une souris avec un vieux sourire pervers. Genre : « regarde comme je suis tout gentil-mimi. Allez, n'aie pas peur, vient manger un morceau…. Avant que je ne te mette en morceau… Haha». Avant qu'elle ne s'extirpe de ce délire mental –probablement lié à la fatigue, ce n'était pas son genre de penser des choses pareilles- l'image de la tête de Pattenrond se superposa au visage de Ginny avec une telle réalité qu'Hermione ne put s'empêcher d'éclater de rire… Au beau milieu d'un silence de mort qui régnait dans la salle. Ce ne sont que les coups de coudes lancés en parfaite simultanéité dans ses deux flancs qui la firent se calmer un peu. Elle remarqua alors deux choses : le silence qui régnait ET la totalité des regards présents dans la Grande Salle posée sur elle. Même celui de Dumbledore, debout et qui l'observait en souriant gentiment. Elle eut soudain envie de vomir. Elle baissa la tête un bref instant pour montrer sa honte et la voix du directeur s'éleva comme pour détourner l'attention. Un peu comme pour la sauver :
-Chers élèves. Nous sommes aujourd'hui le 23 octobre, je tenais à vous rappeler que dans une semaine se tiendra un bal pour Halloween. Vous êtes libres de vous déguiser. J'espère que vous profiterez de cette occasion pour vous détendre et passer un agréable moment, si toutefois, vous ne mourrez pas de peur avant… Je plaisante, Miss McGonagall, je plaisante. Les première, deuxième et troisième années ne pourront pas être présentes à cette petite soirée. Exception faite aux troisièmes années qui seront invitées par les années supérieures. Mais elles auront un couvre feu de minuit. Bien, si vous avez des questions vous pourrez les poser au corps enseignant. Maintenant, bon appétit.
Dumbledore ouvrit les bras, les plats se remplirent et la Grand Salle fut de nouveau dans une cacophonie insupportable. Mais cette fois-ci, il s'agissait d'un furieux mélange de claquements de couverts, de petits cris excités, de rires agaçants. Hermione allait se servir quand Ginny se manifesta par un nouveau coup de coude:
-Dis, t'as un cavalier ? Et c'est quoi ton costume ?
-Tu verras Ginny.
Hermione était fatiguée, Ginny voulut revenir à la charge, mais l'air de son amie l'en dissuada. La peau blanche, les traits tirés et les valises qu'elle se trainait sous les yeux inquiétaient la rouquine. Mais elle avait confiance en Hermione. Elle avait compris qu'elle avait une sorte de secret. Si Hermione ne voulait pas en parler, elle ne chercherait pas à la forcer. Tout le monde avait droit à son jardin secret. Après une petite grimace, elle s'incrusta dans la conversation à côté d'elle. Hermione avait besoin de solitude, ça se voyait, mais elle, elle voulait faire comme les filles de son âge. S'exciter tranquillement sur la soirée promise et tant attendue, sur les déguisements, et sur les cavaliers d'une telle.
Hermione n'avait pas oublié cette soirée, elle avait déjà prévu son déguisement depuis longtemps. Il reposait bien sagement dans un coin de son armoire. Elle ne savait toujours pas si elle allait y aller. Quand elle avait appris la nouvelle, elle en avait presque sauté de joie avec Ginny. Mais depuis –allez savoir pourquoi- elle avait le sentiment que la soirée ne serait pas aussi géniaaaaaaale que ça –pour reprendre le qualificatif qui courait sur les lèvres des filles. Elle mangea en vitesse et sortit la première sans un regard derrière elle.
Elle marcha à pas rapides dans les couloirs silencieux. Direction son « studio ». Dès qu'elle eu franchi le portrait, elle se précipita dans le canapé. Elle savoura un instant la chaleur qui se dégageait du feu allumé avant de prendre son sac, et de terminer ses devoirs.
Elle avait mis un peu de temps à s'adapter à son rythme. Mais elle y était parvenue. Grappillant des minutes à droite à gauche, elle parvenait à quasiment finir ses devoirs dans la journée. De toute façon, elle n'avait pas le choix.
Un ou deux parchemins plus tard, complètement vannée, elle rangea ses affaires, et entra dans sa chambre. Elle posa son sac, farfouilla dans sa garde robe, trouve un pantalon assez ample et un débardeur. Elle enleva son uniforme, s'habilla de ses nouveaux vêtements, jeta sa cape sur ses épaules, prenant bien garde à ce qu'elle masque complètement son corps. De retour dans l'autre pièce, elle se servit un énième café, respira profondément, le bu presque d'une traite – ouaouch, ch'est chaud !- et sortit de sa chambre. Son insigne agrippa un dernier rayon du feu, puis ce fut le silence. Plus personne dans les couloirs. Elle devait néanmoins être prudente. Ce n'était pas à elle de monter la garde, par conséquent, elle était réduite au même couvre feu que tout le monde. Elle ne devait en aucun cas se faire prendre, sinon, tant pis pour elle. Elle serra les dents, et se glissa entre les murmures du vent, aussi discrète que possible. Quand enfin, elle eut atteint la porte qu'elle recherchait, elle baissa sa garde, la main sur la poignée, elle avait réussit. Une voix morne la fit sursauter :
-Gentille Granger, que fais-tu ici ?
Putain de Malefoy. Il ne causait pas assez de problème celui là ? Pourquoi il apparaissait tout le temps quand elle ne voulait pas le voir. Bon, elle ne voulait jamais le voir. Mais là, elle voulait encore moins le voir ! Sérieux, il la suivait ou quoi ? C'était pas très sain ça, comme manière de faire ! Ouch, elle avait oublié qu'elle l'avait suivi(t) il y avait à peine plus d'une semaine… Mais là, c'était différent, elle le suivait parce que c'était son devoir. Voilà, son devoir ! Alors que Malefoy non. Est-ce qu'il avait pas des tendances de maniaque à moitié pervers ? En plus d'être complètement indifférent… Tiens, en parlant d'indifférence, si elle lui balançait un coup de pied bien placé, est-ce qu'il aurait une toute petite réaction ? Hermione y réfléchit, elle doutait qu'il réagirait, néanmoins, ça aurait le bon côté de la défouler. Elle commençait à faire une overdose de blond platine… :
-Tiens Malefoy, encore en train d'enfreindre le règlement ?
-Qu'est-ce que tu fais ici ?
-Et toi ?
-J'ai posé la question le premier.
-Moi ? Je fais ma ronde !
-Tu mens.
-Laisse-moi deviner, mes sourcils ?
-Non, je sais juste que ce n'est pas toi ce soir.
Aaaarg ! Impossible ! Un Malefoy en vadrouille nocturne, c'était déjà pas rassurant, mais un Malefoy plus plat que plat, qui ne réagissait même plus à l'ironie, c'était flippant. Et pas marrant en plus. Et déconcertant encore en plus :
- Ça ne me dit(s) pas ce que tu fais dans les couloirs. Même si je ne suis pas de ronde, je reste une préfète-en-chef.
- J'ai été envoyé une lettre.
Il se foutait de sa gueule. Avec le plus grand sérieux du monde, il se foutait de sa gueule. Il existait plusieurs raisons à cette conclusion logique qu'elle avait trouvée. D'une, c'était pas l'heure pour le courrier. De deux, ces yeux hurlaient le rire contenu. De trois, il pouvait envoyer Nuit depuis une fenêtre près de son dortoir. Enfin et surtout, Nuit était sur l'épaule du serpentard. Aussi immobile et silencieux que la dernière fois. Une fois de plus, Malefoy sortait de son état végétatif. Et une fois de plus, c'était pour se moquer d'elle. Elle s'en sentait à la fois et émue et désabusée. Quel honneur d'être la seule à redonner vie à un légume… Pour peu, elle se sentirait comme le Christ. Après tout pourquoi pas… Lui était bien capable de changer l'eau en vin. Elle, elle transformait un truc sur pilote automatique en serpentard presque digne de ce nom… Demain, elle parviendrait peut être à scinder le lac en deux… Elle se promit de trouver un trou de son emploi du temps pour tenter le coup, après tout, on ne savait jamais :
-Mais bien sûr…
-C'est agaçant, n'est-ce pas.
-De quoi ?
-De savoir qu'on se fait prendre pour un idiot.
-Malefoy, on ne te prend pas pour autre chose que ce que tu es, rassure toi.
Il ne répliqua rien, et presque par un geste automatique, il porta sa main aux plumes noires de son hibou. Celui-ci hulula doucement. Hermione les regardait, fascinée. Elle crut un instant entrevoir un micro-sourire sur les lèvres du blond. Son espoir parti en fumé quand il reposa son regard sur elle. Toute trace de vie l'avait complètement déserté. Elle frissonna. Elle n'aimait pas ça :
-Bon, Malefoy, maintenant, tu rentres à ton dortoir directement, c'est clair ?
-C'est clair.
-Bien. Bonne nuit.
Hermione passa la porte et la referma derrière elle. Elle dessina sur le cadran en pierre le symbole qu'on lui avait apprit. Il y eut une faible lumière jaune, puis tout redevint normal. Elle poussa un petit soupir puis s'avança au milieu de la pièce :
-Veuillez m'excuser, je suis en retard.
