Note 1 : Après un chapitre 10 fois trop long, place au chapitre 10 fois trop court ! XP On va enfin savoir ce que veux Tego, entre son baiser avec Massu et son coeur qui le tiraille vers Pi... Mais quel camp va-t-il choisir ?

Note 2 : Bonne nouvelle ! c'est le dernier chapitre de cette partie ! On repasse à Pi au suivant ! =D

Partie 7 : Tegoshi Yuya IV

Chapitre 15

J'étais allongé sur le dos sur quelque chose de confortable.

J'ouvris peu à peu les yeux et découvris le regard soulagé de Yamapi et de Massu. Leur adressant un soupir que je voulu détendu, je me redressai, avant d'être brutalement pris de vertige, et les mains de Massu me rattrapèrent avant que je tombe du canapé sur lequel je me trouvais. Je regardai autour de moi. Mon appartement.

-Tu devrais manger quelque chose, dit Yamapi, ça doit bien faire vingt-huit heures que t'es resté inconscient.

-Combien ?

-Vingt-huit heures, environ. On t'as ramené ici Massu et moi pendant que les autres se chargeaient de remercier et de rassurer tout le monde.

-Merci au fait. Pour ce que vous avez fait pour moi.

-On pouvait pas te laisser comme ça, fit Massu en me tendant une barquette de takoyakis que je me mis à engouffrer sans pitié tellement j'étais affamé.

-Tu t'es souvenu de quelque chose ?

-Voui... NEWS, tout ça.

-Vraiment tout ? demanda Yamapi avec espoir.

-Ben, tout ce qui concerne le groupe, donc notre formation en novembre 2003, les concerts, les Johnnys... enfin, tout quoi.

-J'ai bien l'impression qu'il te manque encore quelques passages, fit remarquer Massu. Tu te souviens de ce qui a causé ton amnésie ?

-Ah... ben non.

-Bon, c'est pas très grave. Pour le moment, le principal, c'est que tu ailles bien et que tu te souviennes de qui tu es.

-Je comprends mieux pourquoi Ryo ne voulait pas me donner la boîte du CD. C'est parce que j'étais en photo dessus, avec vous tous...

-Exact, fit Massu en souriant.

Par sécurité, ce fut lui qui resta pendant la nuit. Après avoir partagé un repas joyeux et animé où il me racontait ses impressions durant les jours précédents et sa peur de ne jamais me retrouver, nous nous installâmes l'un à côté de l'autre sur le canapé. Une question commença ensuite à me brûler les lèvres et je me tournai vers lui.

-Dis, Massu.

-Voui ?

-Pourquoi tu m'as embrassé ?

-Hein ? Mais je t'ai pas embrassé ! répliqua-t-il en tournant un regard d'incompréhension vers moi.

-Si. Avant que je me fasse tabasser par Shige.

-Tu t'en souviens ?

-Oui, mais j'allais pas en parler devant Yamapi. Après tant d'efforts pour retrouver ma mémoire, imagine si je redevenais amnésique...

-De toutes façons, c'est toi qui m'a embrassé ce jour là.

-Je sais, mais t'y as répondu. Pourquoi ?

Mon meilleur ami baissa alors les yeux, semblant rechercher ses impressions de ce moment passé. Mais en réalité, il cherchait plutôt sa façon de l'exprimer. Il releva ensuite vers moi un regard brûlant qui fit démarrer mon cœur au quart de tour.

-Je... je t'ai toujours aimé, Teshi. Toujours. Mais Yamapi t'aimait aussi et je ne voulais pas déclencher de bagarres dans le groupe, alors je n'ai rien dit. Avec le temps, j'ai commencé à éprouver des sentiments forts pour Shige. Je me suis donc tourné vers lui, c'était plus facile pour nous tous comme ça.

-Ça n'explique toujours pas pourquoi tu m'as embrassé. Tu aimes Shige en ce moment, non ? Alors pourquoi ?

-C'est vrai, j'aime Shige, admit-il avec une voix de plus en plus tremblante et faible tandis que ses yeux se chargeaient petit à petit de larmes. Je l'aime, mais moins que toi. Tu as toujours été le premier dans mon cœur. Toujours.

Comme contagieuses, les larmes qui roulaient maintenant silencieusement sur les joues de Massu montèrent aussi en moi. Le cœur battant, la gorge nouée, je ne trouvais qu'une chose à faire pour le remercier de sa franchise et des sentiments qu'il éprouvait pour moi. Je le pris dans mes bras, le serrant contre mon cœur et posai ma tête contre la sienne. Il se mit alors à sangloter sans retenue, répondant à mon étreinte en enfouissant son visage dans le creux de mon épaule. Ses mains se posèrent sur mon dos avec timidité, puis se resserrèrent peu à peu. Nos torses se rapprochèrent et je sentis son cœur battre contre ma peau. Les sentiments qu'il éprouvait pour moi étaient vraiment forts, peut-être autant –voire plus– que ceux de Yamapi, et je commençai à ressentir de la culpabilité vis-à-vis de mon meilleur ami. Il m'aimait tant, alors que je ne lui avais jamais accordé cette importance que je réservai à notre leader. Pendant un instant, je me sentis perdu, je ne savais plus trop où aller. J'aimais Yamapi, mais laisser Massu dans cet état derrière moi me brisai le cœur. Après plusieurs minutes, il relâcha son étreinte et se redressa, essuyant ses larmes avec un revers de main.

-Gomen, murmura-t-il d'une voix étranglée.

-Ne t'inquiète pas. Tu as toujours été là quand je n'allais pas bien, c'est normal que je fasse pareil pour toi.

-Merci Teshi.

Je lui adressai un sourire rassurant tandis qu'il baissait les yeux sur ses mains jointes et nerveuses. Il se mordilla les lèvres pendant un instant, incertain, puis se lança.

-Je suppose que tu iras vers Yamapi, non ?

-Je suis désolé.

-Si c'est le cas, j'aimerai que tu fasses une derrière chose pour moi.

Il leva alors des yeux d'une brûlante intensité et me vrilla du regard. Mon cœur s'emballa aussitôt, tandis que mes joues s'enflammaient à grande vitesse. Redoutant le pire, je tentai de me calmer.

-Quoi donc ? demandai-je après avoir dégluti.

-Je veux que tu m'embrasses.

-Eh ?

Je fus à la fois soulagé et gêné. Je m'étais attendu à ce qu'il me demande une nuit, mais sa retenue était impressionnante. En même temps, lui offrir un baiser, là, alors que j'étais relativement calme et parfaitement conscient de mes gestes, était très embarrassant. Je rougis jusqu'aux oreilles, me pinçant les lèvres avec anxiété, pesant le pour et le contre. Mais il demandait si peu pour me laisser partir vers celui que j'aimais, je ne pouvais pas refuser.

-D'accord, répondis-je enfin et je fus certain d'avoir vu son regard s'illuminer.

Je m'approchai alors de lui, le cœur battant, plongeant mon regard dans le sien, et avançai mon visage. Nos lèvres se rencontrèrent avec timidité, et je les pressai ensuite un peu plus fort. Je pris ses joues dans mes mains et passai mes pouces sur ses pommettes en un geste que je voulais doux et délicat. Gardant malgré tout les yeux ouverts, il poussa un très léger gémissement de plaisir par ce contact, et je séparai ensuite nos lèvres rougies par la pression tandis qu'il m'adressait un regard un peu frustré.

-C'était pas un baiser ça, répliqua-t-il. Je sais que tu peux faire mieux que ça.

Lui répondant avec des yeux rageurs mais amusés, je saisis le col de sa chemise et le tirai vers moi. Mes lèvres percutèrent les siennes avec force, et je forçai déjà le passage en introduisant ma langue entre ses dents. Mes doigts glissèrent ensuite vers ses joues et s'y cramponnèrent tandis que je m'approchai de lui jusqu'à m'assoir sur ses genoux. Avant de fermer les yeux, je vis les siens s'agrandir de surprise avant qu'il ne pose ses mains sur mes épaules, fébrile. Il répondit ensuite à mon baiser et plaqua sa langue contre la mienne, jouant en même temps des lèvres, ce qui faillis me faire gémir de plaisir sous les sensations qui m'envahissaient. Il était doué pour embrasser, nul doute que Shige était passé avant moi. Mais j'y mis tout te ma fougue, toute ma passion, tout ce que je ressentais pour mon ami dans ce baiser. Tout ce que je donnais, il me le renvoyait au centuple, et je dus lutter pour ne pas perdre pied. Lorsqu'enfin, rassemblant toute ma volonté, je nous séparai pour la seconde fois, j'espérai qu'il était satisfait. Tous deux haletants, les lèvres et les joues brûlantes, le front perlé de sueur et le cœur battant à tout rompre, nous échangeâmes un regard fiévreux.

-Waow, lâcha-t-il avec un sourire. T'es doué.

-Pas autant que toi.

Nous nous regardâmes avec des yeux et un sourire complices, puis nous reprîmes une position plus normale sur le canapé, tournés vers la télé toujours éteinte.

-Tu seras heureux, ne ?

-Je pense que oui.

-Fais le pour moi. Sois heureux. Je me sentirai moins coupable de ne pas t'avoir gardé avec moi.

-Ça devrait aller. Je commence à plutôt bien comprendre les sentiments de Pi, et il ne fera rien de méchant.

-Mais toi, tu l'aimes ?

-Oui.

Le silence s'empara alors du salon et pour le couper, Massu proposa de regarder un film. Son regard tomba sur un DVD qu'il m'avait offert pour mon anniversaire, et le lança aussitôt. Aucun de nous n'était vraiment attentif aux images qui défilaient, mais elles permettaient de briser le silence.

La nuit fut tranquille et je dormis vraiment bien jusqu'au petit matin. J'avais tout mis au clair. Les questions « Massu » étaient terminées, je devais maintenant affronter plus difficile. Yamapi.

Mais cette amnésie avait eu du bon. Je me sentais changé, grandi. Je savais que j'avais passé un cap et mes enfantillages n'étaient plus d'actualité. J'allais me battre et faire de mon mieux pour accéder à ce bonheur dont je rêvais tant.

Ou presque. J'avais encore un peu envie de jouer.